déforestation

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 m à j : 10 Avril 2013

 





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5.

 








1. Définition(s) :
 wiki  La déforestation est le phénomène de régression des surfaces couvertes de forêt.

brûlage déforestation par brûlage (Sud Mexique)

Elle résulte des actions de déboisement puis de défrichement, liées à l'extension des terres agricoles, à l'exploitation des ressources minières du sous-sol, à l'urbanisation, voire à l'exploitation excessive ou anarchique de certaines essences forestières. La déforestation n'est pas un phénomène récent. Du Moyen Âge au début de la révolution industrielle, le défrichage et les coupes opérés pour accroître les surfaces agricoles et fournir des bois d'œuvre et de chauffage font passer le territoire de l'ancienne Gaule d'un taux de boisement de 90 % à moins de 15 % seulement.

La déforestation actuelle concerne essentiellement les forêts tropicales. En 2005, elle a été qualifiée d'"alarmante" par la FAO.

La destruction de la forêt serait responsable de 18 à 20 % des émissions de gaz à effet de serre. C'est un des éléments importants qui causent le réchauffement climatique.



RaoniLe chef Raoni, un des principaux opposants à la déforestation de la forêt amazonienne.

Quelques chiffres

Selon la FAO, environ 13 millions d’hectares de forêts disparaissent annuellement sur Terre. C'est l'équivalent de la surface de l'Angleterre, soit 1 terrain de football toutes les quinze secondes. C'est l'équivalent en surface de 86 % de la forêt française qui disparaît ainsi chaque année.

KhoratImage satellite montrant l'état relativement déboisé du plateau du Korat et de la plaine centrale de Thaïlande par rapport aux territoires voisins.


Recul des forêts primaires : sur la base des chiffres officiels envoyés par chaque états, le rapport FRA 20057 de la FAO conclut qu'à la suite de la déforestation ou de coupes sélectives, les plantations artificielles d'arbres ont encore augmenté, couvrant en 2005 près de 5 % des superficies boisées du monde ; les forêts primaires ou faiblement anthropisées ne constituent plus en 2005 que 36 % de la superficie forestière mondiale, continuant à disparaître ou être modifié à raison de 7,3 millions d’hectares par an.

Devenir des terrains : une partie des coupes sera suivie d'une régénération forestière, souvent lente ou médiocre, une autre partie sera plantée d'arbres de rentes (eucalyptus, palmier à huile, hévéa, cacaoyer, théier, caféier..)

3Culture de caféiers, au détriment de la jungle australienne du Queensland, ici à Kuranda, vers 1900;

mais en Amazonie, la plus grande partie est transformée en culture de soja et ailleurs en champs (environ 75 % des pertes forestières sont dues à l'expansion agricole). En zone tropicale, ces champs se dégradent rapidement, pour évoluer vers une savane ou la désertification.

Perte de biodiversité : Olfield suggérait en 1998 que près de 10 % des espèces d'arbres connues, soit environ 7 000 espèces, sont menacées d'extinction à court ou moyen terme (essentiellement en zone tropicale), et pour chaque espèce, c'est une richesse génétique plus grande encore qui est perdue.

Une enquête de la FAO portant sur les ressources forestières mondiales montre que, même si la déforestation reste préoccupante, son rythme a ralenti ces dix dernières années : 5.2 millions d'hectares de surfaces boisées ont disparu entre 2000 et 2010 contre 8.3 millions entre 1990 et 2000.


Historique

En Europe, le déboisement a été important autour des grandes villes médiévales et de la Renaissance.

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Accumulation de bois en amont du Pont Charles de Prague, en 1872.

Les fleuves ont été les principaux axes de transport du bois (en radeau), contribuant pour une part à la déforestation de zones situées très en amont au profit des villes, des forges et des fonderies.

La déforestation est ancienne. Elle a commencé selon Williams dès la fin de la Préhistoire, avec une nette corrélation spatio-temporelle entre le recul des forêts et la densité de la population humaine en zone tempérée, même si des populations assez denses ont aussi pu localement vivre dans la forêt sans la détruire, en zone tropicale (ex : Amérindiens, populations d'Afrique noire et de l'actuelle Indonésie). Un cas historique étudié et médiatisé a été celui de l'île de Pâques dont la surexploitation par les Pascuans a provoqué la chute de leur culture et de leur population. Un modèle mathématique a établi que leur population n'aurait pas dû dépasser 2 000 habitants pour qu'ils puissent durablement survivre sur l'île sans épuiser la ressource forestière qui leur était indispensable, le palmier.


En Europe

La déforestation a accompagné l'homme presque partout où il s'est sédentarisé, l'agriculture restant encore aujourd'hui la principale cause de déforestation suivie de près par le besoin en bois de chauffage. Elle est ancienne. Les feux de défrichement y ont beaucoup contribué. Les haches de silex reconstituées par les préhistoriens se montrent très efficaces, mais c'est surtout le travail des bûcherons et scieurs du Moyen Âge, ainsi que les techniques de transport par flottage du bois qui ont fait reculer la forêt médiévale pour alimenter les forges, les cheminées, les fours, les charbonniers et la construction.

La déforestation menée en Europe durant le Moyen Âge afin d'étendre les terres agricoles, fit passer la France de Jules César, boisée à plus de 90 % à moins de 15 % à la fin du xixe siècle. En 1850, le défrichement gagne les pentes, jusqu'aux sommets de moyenne montagne. Rapidement les forêts de plaine des zones tempérées d'Asie et d'Europe se dégradent en de pauvres taillis et séparées par de nombreux kilomètres.

6 En Europe, le déboisement a été important autour des grandes villes médiévales et de la Renaissance.

La déforestation européenne s'est arrêtée lorsque des recherches ont permis de rentabiliser l'extraction du charbon et d'utiliser les énergies fossiles, ce qui favorisa la Révolution industrielle et permit des gains de productivité agricole : la fin du xixe siècle marque alors un tournant, la forêt reprogressant en surface et en volume de bois sur pied.


Déforestation et reboisement en France

On estime qu'à l'époque de Vercingétorix, la France était couverte de forêts à plus de 90 %, soit environ 400 000 km². Aujourd'hui seuls 23 % sont enforestés. Le taux de boisement augmente depuis plus d'un siècle, surtout en moyenne montagne et montagne, mais avec des forêts souvent moins naturelles et écologiquement fragmentées.

En France, Colbert (1619-1683) a donné un coup d'arrêt à la déforestation et ordonné la plantation de forêts pour la construction navale, mais les besoins en bois ont causé une exploitation soutenue de la forêt qui au début du XIXe siècle, en tant qu'écosystème était presque totalement détruite. Il a fallu de sévères mesures réglementaires (code forestier de 1827, et les grands reboisement du second Empire 1825-1880, et une loi sur la restaurations des terrains de montagne (1860) pour changer ce que (Chateaubriand) qualifiait d'un "semblant de désert"


Aux Amériques

Avant l'arrivée des Européens aux États-Unis, près de la moitié de la surface des États-Unis était couverte par une forêt primaire. Dès les débuts de la colonisation, certains s’alarmaient des effets d’un déboisement anarchique dont les effets pèseraient sur les générations futures. Dans la colonie fondée par William Penn en 1681 qui deviendra la Pennsylvanie, l’un des tout premiers États des États-Unis, il était prévu "de laisser un hectare d’arbres pour cinq hectares défrichés ".

Ces sages préceptes n’ont pas été écoutés. Le 3 avril 1789, le Dr. Nicholas Collin, recteur des Églises suédoises de Pennsylvanie intervint devant la Société philosophique de Philadelphie et donna lecture d’un "Essai sur les recherches de Philosophie naturelle qu’il serait de l’intérêt des États-Unis d’entreprendre à présent" d’où il ressort que : "nos majestueuses forêts sont un trésor national qui mérite toute la sollicitude du philosophe et de l’homme politique patriote. Jusqu’ici, elles ont été abandonnées à la hache de bûcherons brutaux et sans prévoyance (…) N’est-il pas déplorable de voir que tant de cultivateurs américains détruisent ce dont leurs descendants regretteront amèrement l’absence ? ".

La forêt américaine commença de décroître vers le début du XIXe siècle. Un constat des conséquences d’une surexploitation des forêts sera établi notamment par deux Français :
  • François André Michaux (1770-1855) se plaint dans un ouvrage traitant des arbres forestiers de l’Amérique du Nord que, ni le gouvernement fédéral, ni ceux de chaque État, n’aient conservé des zones boisées. Il en est résulté des effets désastreux, notamment pour l’alimentation en bois de chauffe des villes et la fourniture de bois de construction (raréfaction de la ressource et augmentation des coûts).
  • Jacques-Gérard Milbert (1776-1840) après avoir parcouru les États-Unis de 1815 à 1822 confirme les réflexions précédentes : "Mais il est un point où dans chaque canton le défrichement doit s’arrêter, si l’on veut, en peu d’années, voir se succéder à un pays verdoyant et fertile, une terre aride et dépouillée.
Exceptée dans sa partie ouest, la forêt était presque effacée de la carte et du paysage au début du XXe siècle.

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Répartition mondiale

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Même sur de fortes pentes, les cultures de thé et de café ont contribué au recul de la forêt (Malaisie)

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les 3 grandes zones de déforestation active, par taille décroissante de surfaces concernées sont : l'Amazonie, l'Afrique équatoriale et la zone Malaisie/Indonésie en Asie.

Selon la FAO, c'est en Amérique du Sud que la perte nette de forêts a été la plus élevée de 2000 à 2005 (environ 4,3 millions d’hectares par an).

Les deux premiers pays destructeurs de forêts pour 2000-2005 sont:
  • Le Brésil, avec 3,1 millions ha/an détruits (0,6 % de déforestation)

  • L'Indonésie, avec 1,8 million ha/an détruit (2 % de déforestation)
Près des deux tiers des forêts du monde sont concernées par une forte déforestation depuis deux siècles (le siècle étant un "pas de temps" court pour la reconstitution d'un écosystème forestier qui s'effectue sur plusieurs siècles, voire plus de 1000 ans sur les sols les plus difficiles), avec une aggravation du phénomène principalement dans 8 pays : Australie, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Fédération de Russie, Pérou, République démocratique du Congo.

Les États-Unis et le Canada ont stabilisé la déforestation, mais la forêt y a souvent été très artificialisée. Ailleurs, comme en Europe et au Japon, la forêt est stable ou gagne de la surface (en Suisse et en France notamment), mais elle perd de sa qualité en termes de biodiversité et surtout d'intégrité écologique, en particulier à cause de la fragmentation écologique par les routes et des plantations d'essences de rentes. Par ailleurs, ces derniers pays contribuent à la déforestation en étant parmi les premiers importateurs de bois tropicaux et de soja (cultivé à la place de forêts tropicales détruites).


Evolutions récentes et déclarations contradictoires :

À titre d'exemple, mi-2007, le ministère brésilien de l'environnement annonçait un "net recul" de la déforestation amazonienne (d'un tiers au cours des douze mois précédents, pour retrouver un niveau plus bas (équivalent à celui depuis les années 1970), mais 6 mois plus tard, l’Institut National Brésilien pour la Recherche Spatiale, concluait de l'analyse des images satellitaires que le rythme de la déforestation s’est à nouveau fortement accéléré les six derniers mois de 2007 en Amazonie, avec une perte d'au moins 3 200 km2 d'août à décembre 2007. Les analyses provisoires donnent les pertes ci-dessous :

Déforestation mesurée par images satellitaires en Amazonie :
  • août 2007              243 km2
  • septembre 2007    611 km2
  • octobre 2007         457 km2
  • novembre 2007     974 km2
  • décembre 2007     948 km2

C'est la première fois qu'une déforestation si rapide est mesurée à cette période de l'année.

S

L'explication en serait l'explosion de la demande en agrocarburants. Selon le gouvernement brésilien, 80 % de la déforestation de l'Amazonie serait imputable à l'élevage de bétail. Quant à la déforestation de l'Indonésie, elle serait plutôt liée à la demande en huile de palme.


Causes

8Les routes principales, puis secondaires, plus faciles que les fleuves sont les premiers axes de pénétration et de déforestation (ici en Amazonie). Les trouées suivent un motif caractéristique en "arêtes de poisson "


9Images satellites montrant la déforestation en Bolivie entre 1986 et 2001.


10 Production de charbon de bois, en forêt tropicale

Les causes principales de la déforestation actuelle sont humaines. Un rapport du député Jacques Le Guen estime que la crise forestière mondiale est avant tout une crise de surconsommation : la mondialisation de l’économie expose les forêts tropicales à la pression du marché international. La conversion actuelle des forêts tropicales pour des cultures d’exportations constitue un accaparement indirect des terres par les pays industrialisés et ceux en transition (Chine, Inde).


Les activités humaines

L'utilisation agricole des surfaces

Dans les années 1990, près de 70 % des zones déboisées ont été transformées en terres agricoles :

La déforestation en zone tropicale est causée principalement par :
  • l'élevage de bétail. En 1990, 75 % des terres déboisées, en Amazonie, était utilisées pour l'élevage.

  • la culture du soja. 16 % de la forêt amazonienne a été convertie en surface de culture pour le soja;

  • la culture du palmier à huile comme c'est le cas dans la région de Riau en Indonésie.

Toutes ces cultures ont pour destination l'industrie agro-alimentaire.

Le surpâturage est également en cause : le bétail détruit la végétation et empêche sa régénération. Les bœufs brésiliens, par exemple, empiètent de cette façon largement sur la forêt.

Ruth DeFries (en), professeur au Earth Institute (en) de l’Université Columbia, et son équipe ont étudié les facteurs qui peuvent avoir un impact direct sur la déforestation. À partir de caractérisations d’images satellites d’étendues forestières situées en Afrique, en Amérique latine et en Asie, ils ont mis en lumière une corrélation assez évidente entre le phénomène de la déforestation et l’expansion urbaine ainsi que l’exportation agricole dans ces régions. Selon l’analyse faite par DeFries et son équipe du Earth Institute, la croissance de la population en milieu rural n’a, à aucun moment, montré de lien évident avec la déforestation. En fait, l’amélioration continuelle du niveau de vie dans les grands villes favorise grandement la déforestation, puisque davantage de terres sont consacrées à l’élevage et à la production de nourriture nécessaire pour nourrir les animaux.


Les concessions minières dans des zones forestières

L'exploitation des ressources minières (provoquant l'empoisonnement de la terre, avec les conséquences imaginables sur la végétation : la mine de Serra dos Carajás au Brésil a ainsi détruit 150 000 km² )

L'exploitation non durable des ressources forestières

L'absence de plans de gestion à long terme entraîne la disparition des forêts : l'exploitation du bois se fait souvent à une vitesse très supérieure à celle de la régénération naturelle. Dans les pays en voie de développement les trois quarts du bois exploité servent de combustible. C'est ce qui a causé la déforestation quasi totale de Haïti.

L'exploitation des ressources forestières du Sud est encouragée par les besoins en bois de construction et en papier au Nord.

La part de responsabilité de l'exploitation du bois fait débat. La contribution directe du marché international des bois tropicaux n'est pas dominante en termes d'impact direct en Amazonie, Asie et Afrique.

Développement d'infrastructure (urbanisation)

Enfin, l'urbanisation, le mitage des zones naturelles, les travaux d'aménagement (remembrements parcellaires) et les infrastructures (autoroutes, chemins d'accès…), l'exploitation des ressources minières (provoquant l'empoisonnement de la terre, avec les conséquences imaginables sur la végétation : la mine de Serra dos Carajás au Brésil a ainsi détruit 150 000 km² de forêt) et les barrages hydroélectriques ont un fort impact sur les forêts.

Les incendies comme ce fut le cas à Kalimantan (Bornéo) où 3,5 millions d'ha ont brûlé.

Causes indirectes
  • La guerre et l'afflux de réfugiés dans les zones forestières

  • Difficultés sociales, pauvreté.

  • Explosion démographique

  • Absence de réglementation au sein des pays concernés, qui découle de l'ignorance et du désintérêt des acteurs et des consommateurs.

  • Consommation dans les pays développés, de bétail ou de volaille, nourris par le soja cultivé au Brésil.

  • Consommation de mobilier en bois ne respectant pas une bonne gestion forestière.

  • Développement des agrocarburants (Brésil notamment).


Les facteurs naturels




12  Déforestation au Honduras, exacerbée par le cyclone Mitch d'octobre 1998

De nos jours, les facteurs naturels ayant une influence sur le couvert forestier sont :
  • Les maladies et les champignons sont aidés par la présence de cultures mono spécifiques, voire de cultures composées d'arbres clones. En effet lorsqu'un arbre est atteint tout le peuplement suit car chaque arbre dispose de la même vulnérabilité.
La graphiose de l'Orme (Ceratocystis ulmi) est ainsi responsable de la mort de la quasi-totalité des Ormes d'Europe durant les années 1980.

  • Les proliférations d'espèces comme les grands herbivores (favorisés par la disparition de leurs prédateurs) ou les insectes phytophages (favorisés par les cultures mono spécifiques et le réchauffement climatique) peuvent être extrêmement destructrices, comme au Québec où la Tordeuse des bourgeons de l'épinette a provoqué entre 1938 et 1958 la mort de 60 % des sapins (Abies balsamea) et de 20 % des épinettes (Picea glauca) bien que ces épidémies se produisent dans des forêts naturelles gigantesques et non dans des plantations monospécifiques. En 1975, 35 millions d'hectares étaient touchés. Ces épidémies sont récurrents en forêt boréale car elles sont sources de rajeunissement de la forêt mais on estime que le réchauffement de la planète pourrait accélérer ce processus. Dans le Sud de la France, les années 2003-2006 ont été très chaudes et sèches provoquant des épidémies dévastatrices dans les peuplements d'épicéas communs. Les forestiers locaux estiment que l'épicéa, introduit dans le Sud Massif Central et dans les Pyrénées dans les années 1950-60, pourraient devenir un reliquat d'ici quelques années créant une pénurie de bois résineux dit "blancs" utiles pour la papeterie.
Orages secs : qui créent avec leurs éclairs et vents induits des feux de forêts spectaculaires dans les forêts boréales (Canada, États-Unis, Sibérie Orientale et Nord de la Chine) ainsi que dans les forêt tropicales sèches lors de phénomènes macroclimatiques ( El Nino en Indonésie). La tempête de 1999 par exemple détruisit 160 millions m³ de bois rien qu'en France.

11  L'éruption du Mont Saint Helens provoqua la destruction de nombreux arbres et la destruction massive de plusieurs dizaines de kilomètres carrés de bois


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Déforestation agricole sur les Monts Usambara (District du Lushoto, région Tanga, Tanzanie).



Conséquences sur le sol, les milieux et la biodiversité

Les sols

La déforestation expose quelquefois les sols aux rigueurs du climat : lessivage par les pluies non-freinées par la végétation emporte l'humus et découvrant la roche-mère. Sans racine pour retenir le sol, les glissements de terrains sont souvent favorisés en bordure de falaise, etc.


La biodiversité


La déforestation cause la destruction d'habitats de milliers d'espèces animales et végétales, souvent condamnées à disparaître. Elle est aussi un facteur de fragmentation écopaysagère qui diminue la résilience écologique des forêts. Une évaluation porte à 3 le nombre d'espèces disparaissant ainsi chaque heure (soit 72/jour et 26 280/an).

La forêt est en effet le milieu terrestre qui abrite et nourrit le plus d'êtres vivants.

Une distinction est à faire entre la déforestation brute, où les plantations ne sont pas prises en compte, et la déforestation nette où celles-ci sont prises en compte. Un mécanisme de contrôle ne portant que sur la déforestation nette aura tendance à privilégier la fonction de stockage de carbone, et à négliger la perte de biodiversité liée aux destructions des forêts naturelles.

Cependant, il convient de rester prudent sur les effets de la déforestation car l'extension des surfaces forestières comme celle de la déforestation ne sont pas des données scientifiquement établies et indiscutables.


Le cycle de l'eau

Les forêts ont une action importante sur le cycle de l'eau, notamment avec l'évapotranspiration.


Hygrométrie

Les arbres contribuent plus que le reste de la flore au phénomène d'évapotranspiration et ce qui influence la pluviométrie. Ils créent une hygrométrie locale importante en zone tropicale. Leurs racines vont chercher l'eau jusqu'à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, ou de distance.

Le ruissellement

Elles retiennent la majorité de l'eau de pluie qu'elles interceptent ou l'infiltrent en rechargeant la nappe phréatique (dix fois plus environ qu'une pâture ; elle même beaucoup plus efficace qu'un champ labouré).

Le recul des forêts (surtout sur les pentes) favorise les glissements de terrains, avalanches et coulées de boues, en augmentant la turbidité et la pollution des cours d'eau, au détriment de la flore aquatique, et de la faune piscicole, jusqu'à l'estuaire et au-delà.

L'humus fixe dans ses complexes argilo-humiques de nombreux métaux lourds et polluants (dont eutrophisants naturels). Il limite le ruissellement et l'érosion, tout en favorisant l'infiltration vers les nappes. Sa disparition aggrave les problèmes d'inondations, de sécheresse, et de pollution de l'eau.

L'eau filtrée par les forêts alluviales est épurée : 30 mètres de forêt riveraine retiennent la quasi totalité des nitrates agricoles. La déforestation augmente encore les problèmes de manque d'eau potable.

C'est pourquoi de nombreuses législations ont créées des forêts dites "de protection", théoriquement intouchables.

La déforestation entraîne inexorablement des crues, inondations et coulées de boue de plus en plus coûteuses et dévastatrices. Les sédiments emportés et pollués lors de leur transport par l'eau doivent être coûteusement curés et posent des problèmes de gestion jusque dans les estuaires et en mer où elles exacerbent les phénomènes de zones mortes.

Cette eau qui ruisselle emporte avec elle le sol, qui se retrouve dans le lit et l'embouchure des rivières. Le Rhône a ainsi perdu deux mètres de profondeur en amont de Lyon à cause de la déforestation des alpages de montagne et du labour excessif de son bassin versant.

La rivière encombrée étend donc son lit, aggravant encore les inondations et provoquant des coulées de boue meurtrières, comme ce fut le cas en Chine qui a compris à ses dépens l'utilité des forêts. La déforestation en Chine est stoppée et des dizaines de milliers d'hectares sont reboisés, mais le problème a été simplement déplacé car la Chine est devenue un des plus grands importateurs de bois tropicaux et européens.

La désertification menace 900 millions de personnes (dont 450 000 paysans dans le sud-ouest de Chine) et touche 3,5 milliards d'hectares, soit le quart des terres émergées.

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Conséquences climatiques

La déforestation provoque une modification du climat à l'échelle mondiale aussi bien qu'à l'échelle locale.


Conséquences sur les climats locaux

La forêt absorbe la lumière, là où le sol nu renvoie l'énergie du soleil vers l'atmosphère (albédo). La température ambiante moyenne peut localement augmenter de plus de 10 °C après une déforestation en zone tropicale. Ce réchauffement local modifie la pression atmosphérique, qui elle-même influe sur le déplacement des masses d'air et des cellules de tempêtes. Les cycles pluviométriques sont donc modifiés à l'échelle mondiale, provoquant sécheresse et inondations anormales.

La déforestation diminue l'évapotranspiration, ce qui pourrait diminuer les précipitions en Amazonie.


Le réchauffement climatique global

La biomasse forestière emmagasinait de 1990 à 2005 environ 283 Gigatonnes (Gt) de carbone, mais avec une diminution enregistrée à l’échelle mondiale de 1,1 Gt par an. La somme des stocks de carbone de la biomasse forestière, du bois-mort, de litière et de l'humus et du sol est supérieur de 50 % au carbone présent dans toute l’atmosphère.

Si les forêts représentent 40 % de la quantité de carbone de la biomasse sur Terre, on comprend que leur dégradation puissent faire doubler le taux de CO2 de l'atmosphère. Bien que les arbres absorbent jusqu'à 20 % de CO2 en plus du fait même de l'augmentation du taux de CO2 atmosphérique, la déforestation rejette 1,1 Gt de carbone chaque année. L'effet sur le réchauffement climatique est donc considérable.

> Articles détaillés :

réchauffement climatique > http://fr.wikipedia.org/wiki/Réchauffement_climatique

cycle du carbone > http://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_du_carbone

cycle co2

puits de carbone  > http://fr.wikipedia.org/wiki/Puits_de_carbone

gaz à effet de serre > http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_à_effet_de_serre

et rejets de CO2. > http://fr.wikipedia.org/wiki/Rejets_de_CO2

rejets CO2 2007


Conséquences pour les activités humaines

13  Rio de Janeiro - Brésil

Une étude scientifique rapporte que la déforestation n'améliore l'IDH des populations que temporairement, elle entraîne un déclin de productivité des activités économiques à cause, par exemple, de l'épuisement des ressources en bois ou la dégradation des pâturages.

En Amérique du Sud, notamment au Brésil, les populations locales sont menacées par la déforestation dans leur mode de vie traditionnel. Disparition de patrimoines culturels liés à la forêt, et souvent la mort des populations autochtones : au vingtième siècle, au moins 90 tribus dépendantes de la forêt ont disparu avec leur langue, leur savoir et leur culture.

L'économie forestière, mais aussi rurale sont détruites là où la désertification ou les plantations industrielles suivent la déforestation. La déforestation au profit des cultures industrielles de soja ou de palmier à huile entraîne, outre un effondrement de la biodiversité, de graves problèmes sociaux et culturels. Dans les pays où le tourisme est la principale source de revenus le recul de la forêt peut le compromettre.

Dégradation du cadre de vie et des fonctions aménitaires du paysage.

Le contrôle de la déforestation

Consommation de bois

Pour utiliser du bois en évitant la consommation abusive d'essences menacées, il existe différents moyens : Les bois éco-certifiés : des bois exotiques bénéficiant d'une éco-certification (PEFC, FSC…) garantissent une provenance de forêts dont la ressource est gérée de manière durable.

Le boycott des bois exotiques non menacés pourrait ralentir le développement des pays concernés et paradoxalement provoquer un effet inverse : la forêt, devenue non rentable, serait défrichée et mise à disposition de l'agriculture.

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2. Enjeux :
 

 

 


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4. Presse :
 

 

 

 

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