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Croissance et climat : la schizophrénie politique
    Date :     31 mai 2012 11:45:35 HAEC


C'est dans l'indifférence quasi générale que les négociations internationales sur le climat ont repris à Bonn, cinq mois après la conférence de Durban qui avait fini par entériner le fiasco de Copenhague. En effet, loin d'avoir sauvé le protocole de Kyoto, Durban l'avait vidé encore un peu plus de sa substance, renvoyant à la prochaine conférence, au Qatar (26 novembre -7 décembre 2012) la définition du contenu d'une nouvelle feuille de route. Dans le même temps, les financements promis par les pays du Nord ne sont toujours pas là et le réchauffement global s'accélère. Et le G8, dans sa bulle, parle croissance mondiale au nom du monde entier !

Entamées suite à la conférence de Rio de 1992, les négociations internationales sur le climat sont dans l'impasse. Il y a tout juste deux ans se tenait le sommet de « la dernière chance » à Copenhague. Depuis, un nouveau record d'émissions de gaz à effets de serre est battu quasiment chaque année : + 6 % en 2010. Les niveaux d'émissions sont aujourd'hui plus hauts que le pire des scénarios publiés par les scientifiques il y a à peine 5 ans. Nous allons vers plus de 4°C de réchauffement climatique global et la consommation d'énergie carbonée s'accroît. Les conséquences à travers le monde sont désastreuses : sécheresses en Australie et en Afrique, inondations au Pakistan et en Thaïlande, feux de forêts en Russie, montée des eaux qui menacent les îles du Pacifique, changement des saisons des pluies dans les Andes ou en Asie du Sud-Est, etc. En Europe, la dépendance aux énergies fossiles et aux matières non renouvelables s’accroît. Elle alourdit la dette extérieure et menace encore un peu plus la stabilité de la zone euro.

A Bonn, puis au Qatar, il sera seulement question de trouver un accord sur la façon de négocier lors des trois prochaines années, le négociateur américain considérant que nous sommes dans une « phase conceptuelle » (sic). Déjà vidé de sa substance depuis Copenhague, le principe de responsabilités communes mais différenciées, qui devait guider les négociations en intégrant un critère de justice, est aujourd'hui purement et simplement abandonné par les pays du Nord dans le cadre des négociations préalables à la conférence internationale de Rio+20 (20-22 juin). Ces derniers s'opposent en effet à ce que la déclaration finale comporte tout langage prescriptif, toute référence à des principes qui pourraient quelque peu les engager, toute référence aux droits des populations pour l’accès aux ressources vitales.

Certes le climat est bien considéré comme « un des plus grands défis de notre temps » et sont reconnus ses « effets négatifs (...), y compris les évènements climatiques extrêmes, les sécheresses, la montée du niveau des mers, l'érosion des côtes et l'acidification des océans », le tout « compromettant gravement la sécurité alimentaire, les efforts pour éradiquer la pauvreté et parvenir à un développement soutenable, menaçant l'intégrité territoriale, la viabilité et l'existence même de petits Etats insulaires ». Mais face à ces constats partagés, aucune mesure ou objectif contraignant n’est en vue.

Les mécanismes de marché et la compensation carbone mis en œuvre depuis 2005 ont échoué, comme le montre le marché du carbone européen. Ils sont pourtant cités en exemple pour la mise en place de nouveaux dispositifs visant à protéger la biodiversité et plus largement l'ensemble des services écosystémiques que la nature nous fournit gratuitement. Alors que l’industrie financière est en train de provoquer un chaos économique et politique en Europe, c’est  son extension qui est proposée par la voie de la financiarisation des ressources naturelles, au nom d’une économie  et d’une croissance vertes.

Pour Attac France, cette « économie verte », largement décrite dans de nombreux rapports d'institutions internationales, transcrit la volonté de soumettre tous les cycles vitaux de la vie aux règles du marché et à la domination de la technologie. Pour sortir de l’alternative suicidaire austérité ou croissance, une transition écologique est urgente, notamment en matière énergétique. Créatrice d’emplois et ouvrant les possibilités d’un avenir commun entre les peuples du monde, elle pourrait faire de l’Europe un continent moteur pour ces transformations. C'est dans cette optique qu'Attac France, en lien avec ses partenaires français, européens et internationaux participera et contribuera au Sommet des Peuples qui se déroulera en parallèle de la conférence de Rio+20 (15–23 juin) ainsi qu'aux initiatives des 9 juin (débat public à Paris) et 20 juin (journée d'actions globale).

Attac France, le 24 mai 2012.

Publications d'Attac France sur le sujet :
    ⁃    un livre Attac : La nature n'a pas de prix, les méprises de l'économie verte, éd. Les Liens qui Libèrent, publication en librairie le 30 mai, envoi presse et interviews possibles.
Voir :
http://www.france.attac.org/livres/la-nature-na-pas-de-prix-les-meprises-de-leconomie-verte
    ⁃    4 pages : La nature est un bien commun, pas une marchandise. Non à leur économie verte !
Voir : http://www.france.attac.org/articles/la-nature-est-un-bien-commun-pas-une-marchandise-non-leur-economie-verte

Non à l’austérité en Europe, non au Pacte budgétaire !
04.05.2012

Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique rassemble une trentaine d’organisations du mouvement social[1], dont Attac, la Fondation Copernic, la CGT, la FSU et Solidaires. Son objectif est d’ouvrir le débat sur les vraies alternatives à la crise de la dette pour sortir de la pensée unique de la rigueur budgétaire en France comme en Europe.
 
Fort des 60000 signatures de son appel constitutif, et de plus d’une centaine de collectifs unitaires locaux, le Collectif lance une vaste campagne d’éducation populaire sur le nouveau traité européen, le Pacte budgétaire, sur la base d’un document d’explication disponible en ligne (cliquez ici).
 
Quelle que soit l’issue du scrutin présidentiel, le mouvement social doit faire pression pour que ce traité d’austérité soit rejeté. L’ajout d’un volet de croissance, appelé des vœux de M.Hollande, ne sera d’aucune utilité sans le rejet des dispositifs coercitifs et technocratiques qui visent à imposer de force l’austérité en Europe.
 
Partout en Europe, les peuples se lèvent contre ces politiques injustes qui plongent l’Europe dans la crise. Les dirigeants européens ne peuvent pas continuer à bafouer leurs droits démocratiques et sociaux !
 
Attac France,
Le 4 avril 2012
 
[1] Voici les organisations signataires de l’appel constitutif du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique :
 
Membres du collectif : Act Up-Paris, Agir ensemble contre le chômage (AC!), AITEC, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CEDETIM, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif Richesse, Confédération CGT, Convergence SP, Coopérative DHR, Economistes Atterrés, Emmaüs International, Fakir, Fédération Syndicale Unitaire, Finances CGT, Fondation Copernic, Indecosa-CGT, L’Appel des Appels, Ligue des Droits de l’Homme, Marches Européennes, Marche Mondiale des Femmes France, Mouvement Utopia, Réseau Education Populaire, Résistance Sociale, SNESUP, Sud BPCE, Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, Union syndicale Solidaires.
 
En soutien : Alliance Ecologiste Indépendante, Alternatifs, Association Nationale des Élus Communistes et Républicains, Démocratie & socialisme, Europe Ecologie Les Verts, FASE, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, M’PEP, NPA, Parti Communiste Français, PCOF, Parti de Gauche, Parti pour la décroissance
Eau source de vie, pas de profit !

 
Avec le soutien du gouvernement français, les multinationales de l'eau tiendront un Forum Mondial de l'Eau (FME) du 12 au 17 mars 2012 à Marseille. Ce FME est, en réalité, un forum des marchands d'eau, qui se retrouvent pour discuter des modalités de la privatisation d’un élément essentiel à la vie et du contrôle de grandes firmes sur sa distribution.  Face à lui se tiendra un Forum Alternatif Mondial de l'Eau (FAME) du 14 au 17 mars, organisé par Attac et de nombreux partenaires, où les acteurs des mouvements de l’eau discuteront des alternatives à la marchandisation de l’eau (voir le programme).

Partout dans le monde, la marchandisation de l’eau par les multinationales a aggravé la crise de l’eau. Il est désormais clair que les « objectifs du Millénaire », fixés par l’ONU en matière d’eau potable et d’assainissement, ne seront pas atteints. La principale raison n’est pas le manque d’eau, mais l’accaparement, le gaspillage et l’exploitation de l'eau par les multinationales selon le principe de maximisation des profits.

Les géants de l’eau, dont les français Suez et Veolia, privilégient systématiquement la rentabilité des investissements et les technologies fortement consommatrices, au détriment de l’accès à l’eau pour tous, qui a pourtant été reconnu comme un droit humain fondamental par l'ONU. Ils utilisent leurs réseaux d’influence et des techniques de lobbying brutales pour obtenir gain de cause auprès des gouvernements et des collectivités locales contre l’intérêt du plus grand nombre.

Contre la marchandisation de l’eau, il existe pourtant des alternatives. Il est désormais essentiel de lutter pour la préservation de l’eau comme un bien commun de l’humanité et pour une gestion commune et publique de l’eau. Cette lutte rejoint toutes celles contre la financiarisation des ressources naturelles, qui convergeront notamment au moment du Sommet de Rio + 20 pour dire non à l'économie verte qui nous est proposée. Cette lutte  est globale : partout, en France, en Italie et jusqu’en Bolivie, des luttes populaires et des alternatives citoyennes démontrent que l'emprise des multinationales sur l'eau n'est pas une fatalité. Le FAME se présente ainsi comme un lieu où ces luttes pourront converger et où s'échangeront les expériences, afin que les peuples reprennent en main leurs biens communs.

Attac France,
Le 12 mars 2012

n°44 (31-01-2012)
   Un Traité pour enfoncer l’Europe dans la crise

"Tourner la page de la crise de la dette", c’était le mot d’ordre du Sommet européen qui s’est achevé lundi à Bruxelles. Tout porte à croire qu’il s’apprête au contraire à enfoncer d’un cran supplémentaire l’Europe dans l’austérité, la récession, la crise économique, sociale et démocratique.

A l’issue du Sommet, les chefs d’Etat et de gouvernement  sont tombés d’accord sur le nouveau Traité. Ce "Pacte fiscal" est censé peaufiner un arsenal anti-crise dont on a jusqu’à présent pu  constater l’efficacité avec le naufrage sans fin de la Grèce. Il s’apprête en fait à en imposer et en généraliser les « potions amères » à l’ensemble de l’Europe.

L’austérité s’avère-t-elle à la fois destructrice et injuste, partout où elle est mise en œuvre ? Elle sera désormais gravée dans le marbre d’un Traité qui organise la surveillance des budgets nationaux par des instances technocratiques, au mépris de principes démocratiques élémentaires. Et qui impose, au prétexte de « rassurer les marchés », l’inscription dans les législations nationales d’une politique économique qui mène l’Europe droit dans le gouffre.

 Inutile de préciser que l’adoption de ce nouveau Traité ne fera pas l’objet d’une consultation démocratique. Il faut dire que les dirigeants européens ne semblent plus faire grand cas de la démocratie. En témoigne l'arrivée au pouvoir, dans les pays en crise, de dirigeants ayant la confiance des marchés pour leur capacité à imposer la mise en œuvre de plans d'austérité… ou encore les déclarations récentes du ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, qui évoque une nécessaire mise sous tutelle européenne de la Grèce avec droit de véto sur les décisions de politiques économiques.

 "Tourner la page de la crise de la dette" ? C’est tout le contraire. Véritable krach démocratique, le nouveau Traité de Sarkozy et Merkel enferme l’Europe dans un cercle vicieux et destructeur, qu’il est désormais urgent de rompre. A cet effet, les mouvements sociaux, porteurs de véritables alternatives économiques, sociales, écologiques et démocratiques, doivent se mobiliser massivement en France et en Europe pour changer la donne.

C’est pourquoi Attac développe en France, avec le collectif d’audit citoyen de la dette, une vaste campagne d’éducation populaire pour avancer de véritables alternatives à la crise, et c’est pourquoi Attac sera au côté des mouvements sociaux européens, réunis la deuxième quinzaine de Mai à Francfort, pour protester devant la BCE contre les politiques iniques de l’austérité généralisée.

Attac France,
A Paris, le 31/01/12

 
En savoir plus sur la campagne d’Attac sur l’audit citoyen de la dette publique : http://www.france.attac.org/sortir-du-piege-de-la-dette

  "Leur dette, notre démocratie" : un succès qui donne des idées.

Ce dimanche 15 janvier, malgré un soleil radieux, environ 1300 personnes ont assisté (ou tenté d'assister, car on a dû limiter les entrées) à la "journée des alternatives", organisée par Attac en partenariat avec Médiapart, sur le thème "Leur dette, notre démocratie". Bref résumé des débats, pour donner envie de regarder les vidéos qui seront bientôt en ligne sur le site d’Attac.

Une salle bondée de 9h30 à 18h sans interruption, des participants des mouvements d'indignés provenant de plusieurs parties du monde, des débats passionnants et passionnés, animés par des journalistes décapants, mais aussi des intermèdes culturels hilarants : une conférence gesticulée d'Etienne Leconte sur la dette, des clips satiriques de Rafaele Arditi, et le Tribunal populaire des banques monté par la Compagnie Naje et Attac... tout a contribué au succès de cette initiative. En introduction Aurélie Trouvé a ironiquement remercié Standard & Poors d’avoir donné de la publicité à la conférence en dégradant la note de la France, et souligné que cette conférence internationale était une première en France; Edwy Plenel s’est félicité de la collaboration étroite et prometteuse entre Attac et Médiapart.

La table-ronde du matin, animée par Martine Orange de Médiapart, rassemblait les partenaires de l'Audit citoyen de la dette publique en France, ainsi que deux participants étrangers.
  • Raquel Freire, du Mouvement du 27 mars au Portugal, a indiqué comment, après la gigantesque manifestation de précaires convoquée via Facebook le 27 mars 2011 contre l’austérité, les mouvements sociaux portugais avaient abouti à la création d'un collectif pour un audit citoyen de la dette publique portugaise qui a tenu sa conférence constitutive le 19 décembre dernier.

  • Chafik Ben Rouine, de l'ACET (Auditons les Créances Européennes envers la Tunisie), a montré combien les dettes du régime Ben Ali pesaient aujourd'hui sur le budget de la Tunisie nouvelle, et prôné la coopération des mouvements sociaux de part et d’autre de la Méditerranée.

  • Eric Toussaint, du CADTM, a confirmé l’importance de construire un mouvement international de contestation de la dette et de l’austérité,

  • tandis que Annick Coupé (Solidaires) insistait sur l’urgence, pour les organisations syndicales, de soulever la chape de la résignation face au rouleau compresseur de l'austérité.

  • Marie-Laurence Bertrand (CGT) soulignait la nécessité d’ancrer l'audit dans l’expertise des citoyens et des salariés afin de créer une véritable dynamique de contestation du discours fataliste et culpabilisateur sur la dette.

Ces interventions des acteurs de l'Audit illustraient les riches analyses introductives présentées par Dominique Plihon sur l'origine véritable de la dette publique (défiscalisation des riches et austérité) et Geneviève Azam sur le dévoiement de la notion de dette ramenée à son seul aspect financier pour mieux nier la dette sociale, non contractuelle, qui rend les individus capables de faire société.

La première table-ronde de l’après-midi, animée par Ludovic Lamant de Médiapart, était consacrée aux mouvements sociaux émergents.
  • Isham Christie, d’Occupy Wall Street, montrait comment ce mouvement des assemblées populaires avait pu en quelques mois transformer profondément le débat politique aux USA, pesant y compris sur la campagne électorale en cours.

  • Patricia Susial, d’Attac Espagne,  rappelait comment les agissements d’élites "indignes" avaient transformé des milliers d’électeurs "résignés" en citoyens "indignés",

  • tandis que Katerina Kitidi, réalisatrice grecque du film Debtocracy, décrivait la puissante dynamique mais aussi les limites du  "mouvements des places" qui a marqué la Grèce l’été dernier.
     
  • Katrin Oddsdottir, membre de l’Assemblée constituante islandaise, a décrit comment l’insurrection citoyenne contre la dette des banques islandaises a abouti à l’écriture d’une nouvelle Constitution à travers une procédure démocratique inédite combinant tirage au sort et élection.

  • Yves Sintomer, politiste, relevait la radicalité démocratique potentielle du tirage au sort des citoyens, et suggérait une Assemblée constituante européenne tirée au sort.

  • Jean-Baptiste Eyraud (DAL) a expliqué qu'il faut maintenant passer, en France aussi, à l'offensive, notamment sur la question du logement, en lançant un mouvement de contestation du logement cher.

  • Cécile Stratonovitch, des Indignés parisiens, a fait état des actions menées en France et annoncé de nouvelles initiatives, notamment autour du 15 mars, du 15 mai et des élections.

  • Nicolas Haeringer, d’Attac, a montré comment les mouvements indignés prolongent et enrichissent le mouvement altermondialiste du tournant des années 2000, et Thomas Coutrot, d’Attac,  a insisté sur le divorce aujourd’hui patent entre capitalisme et démocratie, au cœur d’une crise de civilisation.

Après l’intermède ludique du Tribunal populaire des banques, la dernière table-ronde, sous la houlette de Laurent Mauduit (de Médiapart), s’est interrogée sur les issues à la crise européenne.
  • Max Bank, d’Attac Allemagne, a prôné la construction d’un agenda commun des mouvements sociaux contre l’austérité en Europe pour éviter les replis nationalistes, et proposé un grand rendez-vous européen le 15 mai à Francfort devant la BCE.

  • Noël Daucé, de la FSU, a souhaité que le développement des mobilisations citoyennes en Europe pousse le mouvement syndical européen à plus d’initiatives et d’audace dans l’action.

  • Pierre Khalfa, pour la Fondation Copernic, a prôné une stratégie de rupture européenne avec le néolibéralisme, par l’alliance des mouvements sociaux et citoyens et des initiatives de ruptures pouvant passer par le niveau national mais sans s’y arrêter ;

  • Frédéric Lordon, lui, juge plutôt que l’opinion publique allemande étant irrémédiablement attachée à une croyance monétaire néolibérale, une issue démocratique européenne à l’actuelle crise est hautement improbable : pour lui, le niveau national demeure aujourd’hui le seul où la souveraineté populaire pourrait trouver à s’exercer.

  • Philippe Corcuff a plaidé pour une stratégie "cosmopolitique" européenne et internationaliste, pariant sur la profondeur de la crise et des redéfinitions politiques et culturelles qu’elle va impliquer pour parvenir à hisser la politique démocratique au niveau international où elle est aujourd’hui requise.

  • Edwy Plenel, introduisant la conclusion de la journée en s’appuyant sur une phrase de Walter Benjamin, a estimé que les révolutions qu’on voit aujourd’hui émerger ne sont peut-être pas la "locomotive de l’histoire"  mais "le geste de l’espèce humaine voyageant dans ce train pour saisir le signal d’alarme".

  • Susan George a souligné avec gravité la portée historique des enjeux et des dangers actuels, et appelait à une lutte sans merci contre le fanatisme religieux du marché.

  • Stéphane Hessel, dans une intervention poignante, nous a exhortés à rejeter toute tentation de résignation et à faire preuve de courage face aux difficultés et aux luttes à venir.

  • Jean-Marie Harribey concluait en rappelant les grands axes d’une politique alternative au néolibéralisme et en indiquant que pour Attac la démocratie est à la fois le but et le chemin.

Alors que les élites européennes s’affairent sur le nouveau traité, dit "Pacte fiscal", pour graver dans le marbre les politiques d’austérité, la riposte des mouvements sociaux doit être à la hauteur de l’enjeu. Les mouvements populaires français, européens et internationaux sauront construire leurs convergences et leurs agendas communs dans les mois à venir pour imposer un coup d’arrêt à l’austérité et commencer à reconstruire leur pouvoir sur les affaires publiques, le pouvoir de la démocratie. Le succès inespéré de cette conférence a montré que les attentes sont fortes.

Attac France,
Paris le 18 janvier 2012


n°43 (05-01-2012)
TVA=13, TTF=1 : les mauvais comptes du président-candidat

Nicolas Sarkozy a tranché : avec la hausse prévue de la TVA, les patrons verront leurs coûts salariaux diminuer de 13 milliards d'euros. En revanche, la fameuse taxe Tobin à la française ne rapporterait qu'1 milliard d'euros. Même en y ajoutant la hausse de la CSG sur les revenus du capital (qui devrait rapporter moins de 2 milliards), le compte n'est pas bon pour la justice fiscale.

En effet qui va payer la hausse de la TVA ? Pour l'essentiel, les consommateurs. Certes, le candidat-président s'est dit « prêt à prendre tous les paris » qu'il n'y aurait pas de hausses de prix. Malheureusement, il est vraisemblable que les entreprises en profitent pour améliorer leurs marges en ne baissant pas les prix hors taxes. Telle est sans doute l'intention des chefs d'entreprise ou du Medef, qui réclament depuis bien longtemps cette mesure à cor et à cri.

La TVA « sociale » réduira donc la consommation et aggravera la récession dans laquelle la France est engagée depuis quelques mois. C'est la première raison de la rejeter. La deuxième tient à son injustice : en augmentant la TVA, on réduit encore la progressivité du système fiscal. Car la TVA pèse plus lourdement sur les ménages populaires, qui consomment tout leur revenu, que sur les ménages aisés qui en épargnent une bonne partie.

Cette stratégie de TVA « sociale » s'inscrit dans la logique de dumping social et fiscal  caractéristique de l'Union européenne et de la mondialisation néolibérale : or c'est précisément la course vers le bas des coûts salariaux qui entraîne l'Europe et son modèle social  vers le gouffre. La hausse de TVA, déjà pratiquée en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, n'est qu'un volet des plans d'austérité qui sont en train d'enfoncer l'Europe dans la dépression.

Quant à la taxe sur les transactions financières, elle rapportera certes plus que le dérisoire impôt de Bourse, qu'avait supprimé le même Nicolas Sarkozy en 2008. Mais elle ne s'appliquera ni aux transactions sur les obligations, ni à celles sur les devises, et de façon marginale aux produits dérivés, qui sont surtout échangés à Londres et à Francfort. Le produit servira à combler les déficits et pas à financer les politiques de solidarité et de préservation de la planète : ce qui sera prélevé à la finance lui sera redistribué en intérêts de la dette publique. On est bien loin d'un projet crédible et efficace, qui suppose une  réelle volonté de désarmer la finance et de redistribuer les richesses.

Attac France, le 30 janvier 2012

Pour plus d’information :
- Le dossier d’Attac France sur la TVA Sociale >  http://www.france.attac.org/dossiers/la-tva-sociale-inutile-et-injuste
- Le dossier d’Attac France sur la TTF > http://www.france.attac.org/desarmons-les-marches-financiers