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En guerre – pour la préemption salariale ! - Les blogs du "Diplo" - La pompe à phynance, par Frédéric Lordon, 21 mai 2018

Stéphane Brizé, En guerre, 2018, 113 minutes, actuellement en salles.

On ne résiste à la puissance suffocante du film de Stéphane Brizé (En guerre) qu’à y discerner une place vide, la place du discours manquant. Il faut absolument y voir cet espace inoccupé, et la possibilité de le remplir, l’espace d’une réponse, c’est-à-dire d’un discours à déployer, opposable aux impossibilités montrées par le film, capable d’en faire sauter un mur, sinon c’est insupportable.

C’est insupportable, car ce que montre le film, c’est la force d’un ordre institutionnel capable de se donner raison à lui-même, un ordre qui mure portes et fenêtres, qui bouche toutes les issues pour ne laisser subsister que sa vérité. Lorsque les économistes stipendiés, les experts de service, les éditorialistes débiles et les patrons odieux disent qu’"il n’y a pas d’alternative", c’est vrai. C’est vrai parce que les structures ont été aménagées pour que ce soit vrai. Lorsqu’ont été installés la déréglementation financière et le pouvoir actionnarial, le libre-échange commercial au mépris de toute norme sociale et environnementale, la libéralisation du régime des investissements directs, c’est-à-dire de la localisation des sites industriels (à laquelle on ajoutera celle des sièges sociaux), il est exact que tout est joué ou presque, et qu’en effet il n’y a plus d’alternative. En somme, la disparition des alternatives, ça s’organise.

Essayez de regarder cette vidéo sur www.youtube.com

C’est là par excellence le point répugnant de l’époque. La plupart des personnages qui la dominent en actes et qui triomphent en mots savent à peine à quoi ils doivent de la dominer, et de triompher (la plupart – certains savent très bien). Ils en tiennent le discours comme des automates, mots inhabités, phrases mécaniques – "l’environnement de la mondialisation", "dont nous ne pouvons nous abstraire", "le marché", "qui s’impose à nous", "l’agilité", "pour être plus compétitif" – grumeaux de pensée dont Brizé prend soin de nous donner des échantillons atterrants, plus consternants encore quand ils viennent dans la bouche des conseillers ministériels, représentants de l’État mentalement colonisés par la langue du capital. Le plus terrible de ce que montre Brizé, ça n’est pas tant la situation même, que les mots dégoûtants opposés par les triomphateurs pour imposer leur triomphe, et faire toucher terre à ceux dont ils triomphent, à qui ils refuseront tout – mais avec des mots.
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Other People’s Money - Make bosses pay for the disasters they cause - 29th May 2018, by George Monbiot, published in the Guardian, 24th May 2018

Once more, they walk away. The senior bosses at Carillion, like those at RBS, Northern Rock and a host of other corporate zombies, went home to count their undiminished millions. The pain they inflicted was felt by others. Reckless greed paid out again.

The Commons report on this fiasco1 is one of the most damning assessments of corporate behaviour parliament has ever published. But it’s still pathetic. While it scorches the company’s executives and board and laments the weakness of the regulators, it scarcely touches the structural causes that make gluttony a perennial feature of corporate life.

The problem begins with an issue the report does not once mention: the extreme nature of limited liability. To allow the owners of a limited company to risk nothing but the money they have spent on shares is to grant them free, uncapped indemnity against the risks they impose on others. It’s the equivalent of permitting drivers to take to the roads without buying insurance, knowing that if they cause a crash they will carry no more than the cost of replacing their own car, regardless of the expense, injury and death they might impose on others.

The current model of limited liability allowed the directors and executives of Carillion to rack up a pension deficit of £2.6 billion2, leaving the 27,000 members of its schemes to be rescued by the state fund (which is financed by a levy on your pension – if you have one). This indemnity permitted the owners of the company to walk away from the £2 billion it owed to its suppliers and subcontractors.

The same free pass landed the cost of rescuing the public services so foolishly entrusted to this company back on the government.
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Natacha Polony : "La décroissance est le stade ultime de l’émancipation" - Politique - par Ludivine Bénard - le 6 mai 2016

On ne présente plus Natacha Polony. Tour à tour chroniqueuse chez Ruquier puis au “Grand Journal”, chargée de la revue de presse d’Europe 1 et éditorialiste au “Figaro”, la rousse la plus connue du Paf est désormais à la tête de sa propre émission, “Polonium”, diffusée sur Paris Première.

Là, elle est enfin libre d’aborder les thèmes qu’elle veut, sous l’angle qu’elle désire et avec des invités triés sur le volet. Car c’est là sa principale qualité, Natacha Polony refuse de se soumettre au diktat du buzz et de l’instant, et garde en tête cette phrase d’Orwell : "Être journaliste, c’est imprimer ce que quelqu’un d’autre ne voudrait pas voir imprimé. Tout le reste n’est que relations publiques." C’est donc tout naturellement qu’elle a accepté de présider le Comité Orwell, un collectif de journalistes qui souhaite défendre la souveraineté populaire et les idées alternatives dans les médias. Anti-libérale revendiquée, souverainiste assumée, républicaine et décroissante, cette agrégée de lettres modernes s’est longtemps spécialisée dans l’éducation, notamment chez “Marianne”, avant d’ouvrir ses horizons aux questions politiques et sociales. Également essayiste amoureuse de la langue française, elle a signé en octobre 2015 “Nous sommes la France”, un ouvrage pour faire le point sur cette France morcelée d’après les attentats de “Charlie Hebdo”. Le Comptoir, qui se retrouve fréquemment dans les déclarations de la journaliste, avait toutefois très envie de débattre avec elle sur les quelques points de discorde pour tenter de distinguer, ensemble, les grands chantiers à venir de la République. La première partie de cet entretien se consacrait aux questions de république, de souverainisme et de laïcité. La seconde partie s’intéresse à l’école, au journalisme et à la décroissance.


Dans Nous sommes la France, vous faites remarquer que selon l’enquête internationale Pisa, l’école française est devenue la plus inégalitaire parmi les pays de l’OCDE. Vous avez-vous-même été prof et, si on en croit vos propos face à Philippe Bilger, la lecture de L’enseignement de l’ignorance de Jean-Claude Michéa a pour vous été décisive. Sa thèse, grosso modo, voudrait que le progrès de l’ignorance, loin d’être l’effet d’un dysfonctionnement regrettable de notre société, soit devenu au contraire une condition nécessaire de sa propre expansion. Avec Jaime Semprun, n’êtes-vous pas inquiète quant aux enfants que nous allons laisser au monde ?

▶︎ Bien sûr. J’ai même les deux inquiétudes : nous sommes à la fois en train de détruire la planète et de fabriquer des enfants totalement inconscients du monde dans lequel ils sont. Ils sont là pour subir, pour accepter passivement et ne répondre qu’à leurs pulsions. Le marché a tout intérêt à ça : l’individu dont la réflexion ne vient pas limiter les pulsions achète davantage. Aujourd’hui, l’école crée ce genre d’individus.
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Natacha Polony : "Il ne s’agit pas tant de se révolter contre le système que de s’en libérer" - Politique - Par Kévin "L'Impertinent" Boucaud-Victoire, le 12 février 2018

Ancienne professeure agrégée de Lettres modernes, journaliste, essayiste et chroniqueuse à la télévision ainsi qu’à la radio, Natacha Polony est la décroissante la plus célèbre de France. Nous l’avons rencontrée afin de discuter de son dernier livre Changer la vie : Pour une reconquête démocratique (Éditions de l’Observatoire), ainsi que de démocratie, de décroissance et de son rôle paradoxal au cœur de la société du spectacle, qu’elle critique. Une interview sans langue de bois.

Le Comptoir : "Le révolutionnaire a la volonté de “transformer le monde” (Marx) alors que le révolté veut “changer la vie” (Rimbaud)", expliquait Albert Camus1. Par contre, pour André Breton "ces deux mots d’ordre […] n’en font qu’un". Qu’en est-il pour vous ?

▶︎ Natacha Polony : Oui, les deux mots d’ordre n’en font qu’un, bien sûr. Je pense que la révolution véritable viendra à la fois d’un bouleversement de l’ordre collectif, de la façon dont on va organiser la société, et de la façon dont chaque individu va pouvoir s’émanciper pour participer à cette reconquête collective. Il faut mêler les deux. Il ne s’agit pas tant de se révolter contre le système que de s’en libérer, c’est-à-dire de construire les moyens de sa propre autonomie. Ce projet d’autonomie doit être au cœur de toute la réflexion aujourd’hui. Je pense que nous avons créé une société profondément aliénante. Petit à petit, elle crée de plus en plus d’aliénations, en interdisant toute remise en cause profonde du système par des tas de biais différents. On ne peut faire la révolution sans réfléchir d’abord à la manière dont chaque individu peut être libre. Sinon, on se rêve en avant-garde éclairée qui va mener les prolétaires. Mais je n’y crois pas. C’est par un équilibre très complexe de l’action individuelle et de l’action collective – et de la pensée collective avant l’action – que nous pourrons remettre en cause tout ce qui nous enferme.
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Régis Debray : “Désormais, gouverner, c’est suivre et gérer les émotions collectives” - 23.mai.2018, Les Crises - Propos recueillis par Anne Rosencher et Alexis Lacroix

Très intéressante interview, que je vous recommande de lire en entier

Source : L’Express, Anne Rosencher et Alexis Lacroix, 29/04/2018 -  (à lire ci-après)


Le philosophe et écrivain Régis Debray proclame avec malice, dans son nouveau livre, sa banqueroute intellectuelle et politique. Explications.
 
[…]

Cela veut-il dire que vous avez renoncé à votre projet d’influence ?

▶︎ Complètement. Le lien entre la pensée et l’action politique s’est rompu, et je m’en veux d’avoir passé tant de temps à le nier. Aujourd’hui les hommes d’influence, c’est Monsieur Bern ou Monsieur Bourdin. Le perçu tient lieu de conçu. Voyez la Libye en 2011, l’ambassadeur à Tripoli, un arabisant expert, n’a même pas été consulté. Il y avait, à l’École des hautes études en sciences sociales, deux ou trois spécialistes de la région, de son histoire, de ses tribus. Inconnus au bataillon. Les leaders d’opinion d’abord. En ce moment, on parle beaucoup de 68, c’est inévitable, il faut endurer [il rit de nouveau]. Mais en 68 la révolte respirait la littérature et la philosophie Sartre, Deleuze, André Breton, Althusser. Ils étaient sur les murs, dans les slogans et les discours. Je peux me tromper mais je ne sache pas qu’à Tolbiac on cite Edgar Morin, ou Arthur Rimbaud chez les zadistes. C’est peut-être mieux, le romantisme ne paye pas. Et le temps de lecture moyen a été divisé par trois en trente ans.
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Debray: "Mon bilan de faillite"  - Actualité - Culture - Propos recueillis par Anne Rosencher et Alexis Lacroix, publié le 29/04/2018

Le philosophe et écrivain Régis Debray proclame avec malice, dans son nouveau livre, sa banqueroute intellectuelle et politique. Explications.

"Je n'écris plus que des testaments", nous a-t-il lancé un jour, avant de s'esclaffer devant la pompe - funèbre - de sa saillie. "Mais bon, j'ai appris avec l'affaire Johnny1 qu'on pouvait en écrire plusieurs, alors..."

Alors, voici le premier tome. Et c'est peu dire qu'il est réussi. Bilan de faillite, de Régis Debray, qui paraît chez Gallimard le 3 mai, est un bijou d'écriture ciselée, où l'humour et la mélancolie s'enroulent autour des aphorismes du ci-devant intellectuel-guerillero devenu Candide à sa fenêtre. Dans ce livre écrit à la deuxième personne du singulier, Régis Debray s'adresse à Debray Antoine, son fils de 16 ans, pour qui il s'improvise conseiller d'orientation dans une époque déboussolée.  

"Tous les bilans de faillite, sache-le, ne sont pas délictueux, écrit-il, et le mien se nomme le train du monde."

En ces temps qui vibrent au rythme des smartphones, des images en direct-live, et du coeur battant de de l'opinion, celui qui fut un temps conseiller de François Mitterrand déclare sa banqueroute personnelle, mais aussi celle des intellectuels de sa génération qui prétendaient encore changer les choses et la vie.

"On ne nous avait pas préparés au culte du gagnant. On ne nous avait pas prévenus que les footballeurs deviendraient des demi-dieux feuilletés d'or comme des bouddhas birmans ; ni que chanteurs, acteurs et actrices, avec oscars, noces, et obsèques en direct, seraient les phares de nos étés, les héros de nos hivers et les mentors de nos mentors"...
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  Les 2 articles ci-dessus en 1 PDF







     



François Ruffin : "L’enjeu est de sortir les gens de la résignation" - Entretien - 25 mai 2018, Entretien avec François Ruffin

À la veille de la grande manifestation nationale, Reporterre s’est entretenu avec François Ruffin. Clair et incisif, il analyse l’état du mouvement social, la politique, la recomposition de la gauche.

❐ François Ruffin est député de la 1re circonscription de la Somme. Il siège à l’Assemblée nationale dans le groupe La France insoumise.


Reporterre — Comment analysez-vous la situation politique, le mouvement social en ce printemps 2018 ?

▶︎ François Ruffin — Macron a été élu il y a seulement un an. Et, au bout d’un an, on en est déjà là ! Dans le cas de Hollande, il a fallu quatre ans pour que se produise un vrai mouvement social autour de la loi El Khomri et de Nuit debout. Il y a donc quelque chose qui se produit rapidement. Après, Macron tape fort, et va sur plusieurs secteurs : la fac, les lycéens, la loi Travail numéro 2, les cheminots…

Peut-on parler de "convergence des luttes" ? Au fond, aujourd’hui, on a peu de secteurs qui sont vraiment en lutte. En revanche, le concept de "convergence des causes" me paraît bien plus intéressant. Parce qu’il y a aujourd’hui des tas de causes qui ne sont pas en lutte.


Il y a aussi une mobilisation peu visible sur les violences policières et les banlieues, qui propose de parler d’alliance plutôt que de convergence. Le mot serait-il plus juste ?

▶︎ Oui. Et surtout, tout cela se joue dans la durée. Pour moi, le projet est de réduire un premier divorce de classe entre la classe intermédiaire et les classes populaires. C’est ce qu’Emmanuel Todd1 appelle le "divorce des deux corps sociologiques de la gauche". En gros, les profs et les prolos. Il faut trouver le moyen de les allier soit dans les urnes, soit dans la rue.

En 1789, le Tiers État était représenté à l’Assemblée par des propriétaires terriens et par des petits avocats, Robespierre, Danton… C’était la petite bourgeoisie intellectuelle. Et ils se sont appuyés sur les classes populaires des villes et des campagnes. En 1936, le Front populaire regroupait des intellos opposés aux fascismes, et les classes populaires qui voulaient les quarante heures et les congés payés. Tous les grands moments de la gauche sont des moments qui parviennent à cette alliance.
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La sécession des "élites" ou comment la démocratie est en train d'être abolie - Vox Société - Par  Coralie Delaume, publié le 20/04/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE - Coralie Delaume analyse les raisons de la fracture qu'elle observe entre les "élites", une classe minoritaire de privilégiés, et la masse qui n'a pas accès aux études prestigieuses ou qui n'a pas son mot à dire dans les orientations économiques de l'Union européenne.

❐ Coralie Delaume est essayiste, co-auteur de La fin de l'Union européenne (Michalon, 2017) et animatrice du site L'arène nue.

La Révolte des élites et la trahison de la démocratie est le titre d'un livre du sociologue américain Christopher Lasch, publié à titre posthume en 1995. Bien sûr, l'ouvrage analysait l'Amérique de son temps. Pourtant, il s'applique parfaitement à la France et à l'Europe d'aujourd'hui, dont il semble avoir anticipé l'évolution des classes favorisées avec une acuité visionnaire.

Le livre pose l'hypothèse que ce n'est plus la "révolte des masses" qui menace désormais la vie démocratique, mais la coupure de plus en plus prononcée entre le peuple et les "élites". Une coupure tant économique et matérielle qu'éducative et intellectuelle, dont résulte le repli sur eux-mêmes des privilégiés.

Ces derniers ne parlent plus qu'à leurs pareils, c'est-à-dire non seulement à ceux qui bénéficient d'un même niveau de richesses, mais également à ceux qui partagent le même niveau d'instruction. Ils adorent mettre en scène leur pouvoir et le font de mille façons: exhibition des signes extérieurs de richesse, bien sûr, mais également - et de plus en plus - de leur patrimoine culturel. Le discours, ahurissant de cuistrerie, du président Macron sur l'intelligence artificielle (29 mars 2018) en est un exemple qui confine au grotesque.

En revanche, ils n'assument plus que de mauvaise grâce les charges et responsabilités qui devraient leur incomber, et préfèrent le service de leur intérêt bien compris à celui d'un "intérêt général", dont ils ne conçoivent même plus qu'il pût exister.
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Décret du 3 août : propos "raciste" en privé ? 3000 euros, stage citoyen, travaux d’intérêt général… - A ne pas manquer, Liberté d'expression, Loi, Macron, - République et laïcité - 13 Août 2017, Christine Tasin

Un nouveau décret paru en catimini le 3 août et publié dès le 5 au journal officiel punit plus sévèrement les propos "racistes" etc. tenus en privé

Macron avait prévenu, les patriotes, il n’en ferait qu’une bouchée…

Vous n’aviez plus le droit de dire ce que vous pensez en public depuis longtemps, mais, jusqu’à présent, les propos privés étaient considérés avec une certaine mansuétude…

Un propos injurieux, même tenu dans une réunion ou un lieu publics, ne constitue le délit d’injure que s’il a été "proféré" au sens de l’article 23 de la loi sur la presse, c’est-à-dire tenu à haute voix dans des circonstances traduisant une volonté de le rendre public ; à défaut, il constitue une contravention qui ne permet pas aux associations habilitées d’exercer les droits de la partie civile.


La relaxe était bien souvent la règle pour des propos tenus en privé :

On se souvient de la relaxe de Brice Hortefeux  pour ses propos sur "les Auvergnats"…

La cour infirme donc le jugement de première instance mais retient que, sur le fond, les propos sont "méprisants et outrageants" et témoignent d’un "manque évident de culture". De fait, M. Hortefeux n’échappe à la condamnation que parce que les propos ne sont pas considérés comme publics et que l’association plaignante n’est donc pas recevable.


Récemment, un tribunal a même relaxé un individu pour ses propos faisant l’apologie du terrorisme au  motif qu’ils étaient privés.

Ce jeune Saint-Amandois est-il un provocateur averti ou un radicalisé en cours de formation ?

Toujours est-il qu’il a été relaxé par le tribunal correctionnel de Bourges. "Propos inquiétants" oui, mais dans une conversation qualifiée de privée.
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Why We Have to Go Back to a 40-Hour Work Week to Keep Our Sanity - By Sara Robinson / AlterNet - April 25, 2018,

One hundred fifty years of research proves that shorter work hours actually raise productivity and profits -- and overtime destroys them. So why do we still do this?

If you’re lucky enough to have a job right now, you’re probably doing everything possible to hold onto it. If the boss asks you to work 50 hours, you work 55. If she asks for 60, you give up weeknights and Saturdays, and work 65.

Odds are that you’ve been doing this for months, if not years, probably at the expense of your family life, your exercise routine, your diet, your stress levels, and your sanity. You’re burned out, tired, achy, and utterly forgotten by your spouse, kids and dog. But you push on anyway, because everybody knows that working crazy hours is what it takes to prove that you’re “passionate” and “productive” and “a team player” — the kind of person who might just have a chance to survive the next round of layoffs.

This is what work looks like now. It’s been this way for so long that most American workers don’t realize that for most of the 20th century, the broad consensus among American business leaders was that working people more than 40 hours a week was stupid, wasteful, dangerous, and expensive — and the most telling sign of dangerously incompetent management to boot.

It’s a heresy now (good luck convincing your boss of what I’m about to say), but every hour you work over 40 hours a week is making you less effective and productive over both the short and the long haul.

And it may sound weird, but it’s true: the single easiest, fastest thing your company can do to boost its output and profits -- starting right now, today -- is to get everybody off the 55-hour-a-week treadmill, and back onto a 40-hour footing.

Yes, this flies in the face of everything modern management thinks it knows about work. So we need to understand more. How did we get to the 40-hour week in the first place? How did we lose it? And are there compelling bottom-line business reasons that we should bring it back?
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The thinking error at the root of science denial  - 8 mai 2018, Jeremy P. Shapiro

❐ Auteur : Jeremy P. Shapiro
Adjunct Assistant Professor of Psychological Sciences, Case Western Reserve University

❐ Déclaration d’intérêts
Jeremy P. Shapiro ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.
Partenaires : Case Western Reserve University apporte des fonds en tant que membre fondateur de The Conversation US.

Could seeing things in black-and-white terms influence people’s views on scientific questions? Lightspring/Shutterstock.com

Currently, there are three important issues on which there is scientific consensus but controversy among laypeople: climate change, biological evolution and childhood vaccination.

On all three issues, prominent members of the Trump administration, including the president3, have lined up against the conclusions of research.

This widespread rejection of scientific findings presents a perplexing puzzle to those of us who value an evidence-based approach to knowledge and policy.

Yet many science deniers do cite empirical evidence. The problem is that they do so in invalid, misleading ways. Psychological research illuminates these ways.
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Le philosophe et le drone de guerre : dans les théories de Grégoire Chamayou - Philo-web - mai 16, 2018

Publié en 2013, Théorie du drone, du philosophe Grégoire Chamayou, n’a pas pris une ride. A l’heure où la France a pris la décision d’armer ses drones en 2019, il est d’utilité publique de rouvrir cet essai critique et polémique à l’endroit d’une nouvelle forme de guerre qui rebat les cartes de l’entendement. En une formule choc : la guerre par les drones n’est plus la guerre. Plutôt une opération de police mondialisée. Une traque du mal à n’en plus finir qui emprunte les caractéristiques des univers virtuels en les appliquant au monde physique : la notion même de frontière vole en éclat, tout comme disparaît l’humanité dans l’ennemi qui se trouve réduit à quelques ersatz de data. Dans un monde du tout-numérique qui semble obsédé par la sécurité, ce changement de paradigme est-il si surprenant ?


"Le véritable avantage des systèmes d’aéronefs sans pilote, c’est de permettre de projeter du pouvoir sans projeter de vulnérabilité"

Théorie du drone est un essai à charge et Grégoire Chamayou ne s’en cache pas. La critique, acerbe et argumentée nous est jetée en plein visage dès les premières lignes quand le philosophe retranscrit une conversation entre un pilote de drone et son équipe, dévoilée par le Los Angeles Time en 2013. Moments d’effroi quand après un tir du drone les soldats, au chaud dans le Nevada, se demandent si ce sont bien des femmes et des enfants que les caméras imprécises laissent deviner au sol. Un début poignant qui annonce un ouvrage franc et soucieux d’opposer à la violence du sujet un contre-discours au moins aussi percutant.

Pour Grégoire Chamayou, la théorie du drone est le règne de l’irresponsabilité. La mort donnée depuis le ciel par un marionnettiste quasi-aveugle à ses actes mais persuadé d’être omniscient. Contre lui rien n’est possible. On ne lutte pas contre un drone : l’ennemi n’a plus d’ennemi, ni moyen de riposter, de venger, d’attaquer. Le drone permet de "projeter du pouvoir sans projeter de la vulnérabilité" énonce David Deptula, officier de l’Air Force.
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Refusant de travailler avec le Pentagone, des salariés de Google démissionnent - #Géopolitique - #Technologie - 16/05/2018, Phane Montet

En mars dernier, Google rendait public son implication dans un projet militaire du Pentagone batpisé Maven. Depuis, des salariés de l'entreprise ne cessent de protester contre cette collaboration. Pour les soutenir, plus de 90 universitaires spécialisés en intelligence artificielle, éthique et informatique viennent de publier une lettre ouverte1 pour exiger que Google arrête de travailler sur le projet. Reste à savoir quelle ligne éthique se fixera la plus grande entreprise technologique du monde.

2018 rime avec scandales technologiques : pendant que Mark Zuckerberg tente de s’excuser encore et toujours du vol de données personnelles effectué par Cambridge Analytica, Google se noie dans les multiples scandales qui frappent sa plateforme vidéo YouTube2.

Et doit maintenant gérer les protestations de ses employés contre le projet Maven.

Un projet qui consiste à appuyer l'armée américaine dans le traitement des données récoltées par ses drones. Et pour ce faire, la firme offre ses services au Pentagone sous la forme d’un "accès spécial" à Tensorflow3, son système d’apprentissage automatique.
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Idée reçue - L’Europe doit sa liberté aux États-Unis - "Manuel d’histoire critique" • 2014, IV. Les alliances noires (1934-1945) • pages 66 et 67 - par Serge Halimi

Du rôle des États-Unis pendant la seconde guerre mondiale on retient souvent le débarquement allié de Normandie, qui permet de consacrer le pays comme "libérateur de l’Europe". On oublie ainsi qu’entre 1939 et 1941 Washington préférait la neutralité et l’isolationnisme au "combat pour la liberté".

Au fil des victoires idéologiques de la droite, deux idées reçues se sont enracinées. La première postule l’existence d’une complicité historique entre "les deux totalitarismes du XXe siècle", fasciste et communiste.

➤ lire "Tous les totalitarismes se valent".

D’elle découle le sentiment (erroné) que l’armée américaine, pas soviétique, le débarquement en Normandie, pas les batailles du front de l’Est, auraient joué un rôle décisif dans l’écrasement du IIIe Reich. Hollywood a amplifié cette illusion : Sergueï Eisenstein eût-il vécu à l’époque de Steven Spielberg, avec un public comparable, les images et les perceptions auraient sans doute été transformées.

L’autre idée reçue décrète qu’un lien d’airain existerait entre les "démocraties occidentales" et le combat universel pour la liberté. C’est en raison de ce mythe historique que chaque crime de masse commis sur la planète suscite l’interrogation rituelle des grands médias et des puissants esprits :

"Mais que fait l’Occident ?"

En vérité, il fait ce qu’il a toujours fait : il défend ses intérêts au moment précis où ceux-ci sont directement mis en cause.
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A broken idea of sex is flourishing. Blame capitalism  - US news - Ideas for America - Rebecca Solnit, Saturday 12 May 2018

In this world, women are marketed as toys and trophies. Are we surprised when some men take things literally?

‘Feminism and capitalism are at odds, if under the one women are people and under the other they are property.’ Photograph: Gabriel Bouys/AFP/Getty Images

Since the Toronto bloodbath, a lot of pundits have belatedly awoken to the existence of the “incel” (short for 'involuntary celibate') online subculture 1 and much has been said about it. Too often, it has been treated as some alien, unfamiliar worldview.

It’s really just an extreme version of sex under capitalism we’re all familiar with because it’s all around us in everything, everywhere and has been for a very long time.

And maybe the problem with sex is capitalism.
 
What’s at the bottom of the incel worldview: sex is a commodity, accumulation of this commodity enhances a man’s status, and every man has a right to accumulation, but women are in some mysterious way obstacles to this, and they are therefore the enemy as well as the commodity. They want high-status women, are furious at their own low status, but don’t question the system that allocates status and commodifies us all in ways that are painful and dehumanising.

Entitlement too plays a role: if you don’t think you’re entitled to sex, you might feel sad or lonely or blue, but not enraged at the people who you think owe you. It’s been noted that some of these men are mentally ill and / or socially marginal, but that seems to make them only more susceptible to online rage and a conventional story taken to extremes. That is, it doesn’t cause this worldview, as this worldview is widespread.
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Oligopoly : comment une poignée de grandes entreprises peuvent soumettre des secteurs entiers à leur loi - Concentration - 27 avril 2018, par Mathieu Paris, Olivier Petitjean

Du commerce alimentaire aux médias, en passant par l’eau, l’électricité ou les services bancaires, la plupart des secteurs de l’économie sont désormais dominés par une poignée de grandes entreprises multinationales. Ces nouveaux oligopoles sont souvent en mesure d’imposer leurs intérêts face aux autres acteurs économiques, aux consommateurs... mais aussi aux pouvoirs publics. Ce qui explique, entre autres, que l’"ouverture à la concurrence" se traduise rarement par des baisses de prix, contrairement à ce qui nous est promis aujourd’hui une nouvelle fois à propos de la SNCF.

Si vous êtes comme la plupart des Françaises et des Français, il y a de fortes chances que pour allumer la lumière le matin et préparer votre café, vous utilisiez du gaz ou de l’électricité commercialisés par EDF ou Engie, ou à la limite par Direct Energie (désormais racheté par Total).

Sauf si vous avez la chance d’habiter une commune qui a préservé ou repris la gestion directe de son eau, celle que vous ferez couler pour prendre une douche et vous brosser les dents vous sera facturée par Veolia ou Suez – entreprises souvent également chargées de ramasser vos poubelles.
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En Occident, contestation de gauche... et de droite - Bouillonnement anti-système en Europe et aux États-Unis - Mars 2017, pages 1, 10 et 11
par Perry Anderson

Pas de flonflons pour célébrer le soixantième anniversaire du traité de Rome et du Marché commun, le 25 mars. La bannière européenne a perdu son éclat, tant les politiques de l’Union se sont révélées désastreuses. Partout ont fleuri des mouvements antisystème. Dans quelques pays, ils se situent résolument à gauche. Mais nombre d’entre eux font de la xénophobie leur fonds de commerce.

Emily Eveleth. – "World Bank" (Banque mondiale), 2010 - © Emily Eveleth - Miller Yezerski Gallery, Boston

Il y a vingt-cinq ans, l’expression "mouvement antisystème" était fréquemment employée, notamment par les sociologues Immanuel Wallerstein et Giovanni Arrighi, pour décrire les diverses forces de gauche hostiles au capitalisme. De nos jours, elle reste pertinente en Occident, mais sa signification a changé. Les mouvements contestataires qui se sont multipliés au cours des dix dernières années ne se rebellent plus contre le capitalisme, mais contre le néolibéralisme — c’est-à-dire la déréglementation des flux financiers, la privatisation des services publics et le creusement des inégalités sociales, cette variante du règne du capital mise en place en Europe et aux États-Unis depuis les années 1980. L’ordre politique et économique qui en découle a été accepté presque indistinctement par des gouvernements de centre droit et de centre gauche, consacrant le principe de la pensée unique illustré par la maxime de Margaret Thatcher :

"Il n’y a pas de solution de rechange" (There is no alternative , ou TINA).

Deux types de mouvements se sont développés en réaction à ce système. De droite ou de gauche, ils sont stigmatisés par les classes dirigeantes, qui les présentent comme une menace unique : celle du populisme.

Ce n’est pas un hasard si ces mouvements sont d’abord apparus en Europe plutôt qu’aux États-Unis. Soixante ans après le traité de Rome, l’explication est simple. Le Marché commun de 1957, qui prolongeait la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) — conçue par Robert Schuman à la fois pour éviter le retour d’un siècle d’hostilités franco-allemandes et pour consolider la croissance économique d’après-guerre en Europe de l’Ouest —, était le produit d’une période de plein-emploi et de hausse des salaires moyens, d’ancrage de la démocratie représentative et de développement des systèmes de redistribution. Les accords commerciaux découlant du Marché commun empiétaient peu sur la souveraineté des États membres, qui s’en trouvaient renforcés plutôt qu’affaiblis.
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La vérité en sous-traitance - Décembre 2017, page 2, par Pierre Rimbert

Pour rétablir le crédit du journalisme, il fallait un électrochoc.

Lancer un mouvement pour soustraire la presse aux griffes des oligarques ? Décupler les budgets consacrés à l’international et aux enquêtes sociales ? Thomas Legrand, éditorialiste politique à France Inter, a son idée. Le 25 septembre dernier, il lance sur les ondes un appel.

"Affluence aux manifestations : il faut que la presse se donne les moyens de publier les vrais chiffres."

"Oui, nous avons pris la déplorable habitude de donner le chiffre des organisateurs et celui de la police. (…) Pourtant il ne s’agit pas d’opinion, mais d’un fait !" Thomas Legrand exhorte alors ses confrères à "décider, collectivement (télés, radios, Agence France-Presse et le plus de journaux possible), de mutualiser [leurs] moyens pour fournir un troisième chiffre. Pas une vérité de plus, mais la réalité".

Le propos rappelle celui des Décodeurs, cette équipe du Monde qui s’évertue depuis février dernier avec son Décodex à évaluer la fiabilité des sources d’information afin de lutter contre les "fausses nouvelles".

Dans une société où s’affrontent des visions du monde antagoniques, les dirigeants éditoriaux prétendent produire une vérité neutre, factuelle, indiscutable, située au-dessus des rapports sociaux. Or l’excellence de l’information se mesure non seulement à la rigueur des faits, mais aussi au pluralisme des points de vue qui président à la sélection de ces faits. Le journalisme dominant n’a retenu que le premier aspect. En a-t-il seulement les moyens ?
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Comment la grande distribution s’approprie l’image sympathique du petit producteur local - Local washing - par Anne-Lise Havard et Juliette Jacquemin, 29 mai 2018

L’attrait du "local" n’aura pas mis longtemps à aiguiser les appétits de la grande distribution. L’argument marketing du "petit producteur", destiné à redorer l’image des supermarchés, était connu. Voici maintenant qu’apparaissent des magasins spécialisés dans les circuits courts, lancés par Auchan ou de grandes coopératives agricoles. Une sorte de "local washing". Les véritables magasins de producteurs, en plein essor, voient leur avenir menacé par la concurrence de ces hyper-marchés dont ils essayaient justement de se débarrasser. Mais ils résistent et lancent leur propre label. Enquête.

Sur le territoire de Frelinghen, à une dizaine de kilomètres de Lille, les yaourts artisanaux de Marie-Odile Smets ont acquis une certaine renommée. Confectionnés avec le lait de ses vaches, ils plaisent à ceux qui lui achètent directement… mais aussi aux acheteurs de la grande distribution.

"Auchan m’a contactée en 2013", raconte l’agricultrice. "Le magasin cherchait des producteurs locaux pour les approvisionner directement. J’ai donné mon accord."

Marie-Odile Smets accepte d’autant plus volontiers qu’elle doit fournir le magasin d’Englos, l’un des plus grands du pays. La productrice entame les formalités, et signe enfin un contrat au bout de quelques semaines.
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"profils" de "survivalistes"


     





Cantines bio : ça marche et c’est moins cher - Alternative - 9 février 2018, Maxime Lerolle (Reporterre)

La loi n’a pas encore permis d’installer le bio et le local au menu des cantines. Mais des villes pionnières, dont le documentaire "Zéro Phyto 100% Bio" raconte l’expérience, ont lancé le mouvement, et des communes toujours plus nombreuses les suivent dans cette voie. Qui se révèle ne pas être plus coûteuse que la cantine conventionnelle, comme s’en est rendu compte Reporterre.

De nombreuses communes transforment les menus de leurs cantines scolaires pour les faire passer au bio, et cela sans attendre la loi, qui avance lentement. Exemple, la petite commune bretonne (Ille-et-Vilaine) de 600 habitants de Langouët1 dispose depuis 2004 d’une cantine scolaire de ce type.

"À l’époque, nous avions décidé de rompre avec la cantine concédée, en raison de prix élevés pour une qualité médiocre. Un repas à base de boîtes de conserve revenait à 5,39 euros, alors qu’aujourd’hui, il coûte 5,12 euros…" explique à Reporterre Jocelyne Perier, adjointe au maire chargée de l’école.

Comment expliquer cette baisse des prix, alors que l’agriculture bio coûte en moyenne plus cher que la conventionnelle ? L’essentiel se joue au niveau de l’approvisionnement. À Langouët, la municipalité a choisi de passer par le groupement d’intérêt économique (GIE) Manger bio 35, un groupement d’agriculteurs locaux qui fournit tous les jours la cantine en légumes frais. Sur place, la légumerie municipale s’occupe de la préparation des produits. En raison de cette régularisation des frais de transport,

"faire du bio tous les jours coûte moins cher que d’en faire une fois par semaine", s’amuse Jocelyne Perier.
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La Pêche, monnaie locale et citoyenne, débarque le 12 mai à Paris - Alternatives - par Mathieu Paris, 11 mai 2018

La Pêche, monnaie locale citoyenne lancée à Montreuil en 2014, franchit un pallier et s’implante dans huit arrondissements parisiens. Échanger ses euros contre des Pêches, puis faire ses achats dans cette monnaie complémentaire et citoyenne, doit permettre de favoriser les échanges locaux, et de soutenir des projets écologiques, sociaux et culturels. Fête de lancement le 12 mai à Paris.






La Pêche, une "monnaie locale complémentaire citoyenne" créée à Montreuil en 2014, prend une nouvelle dimension en se lançant le 12 mai dans huit arrondissements du nord, de l’est et du sud de Paris. Une monnaie

"utilisée par des particuliers, entreprises, associations et institutions, qui adhèrent à l’association gestionnaire, en s’engageant à respecter une charte de valeurs éthiques, écologiques et solidaires", explique l’association Une monnaie pour Paris (Moppa).

Le but est de permettre une réappropriation de la monnaie par le citoyen, tout en donnant du sens à son usage
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Why Silicon Valley can’t fix itself  - The long read - By Ben Tarnoff and Moira Weigel, Thursday 3 May - Main illustration by Lee Martin/Guardian Design

Tech insiders have finally started admitting their mistakes – but the solutions they are offering could just help the big players get even more powerful.

Big Tech is sorry. After decades of rarely apologising for anything, Silicon Valley suddenly seems to be apologising for everything. They are sorry about the trolls. They are sorry about the bots. They are sorry about the fake news and the Russians, and the cartoons that are terrifying your kids on YouTube.

But they are especially sorry about our brains.

Sean Parker, the former president of Facebook – who was played by Justin Timberlake in The Social Network – has publicly lamented the “unintended consequences” of the platform he helped create:

“God only knows what it’s doing to our children’s brains.”

Justin Rosenstein, an engineer who helped build Facebook’s “like” button and Gchat, regrets1 having contributed to technology that he now considers psychologically damaging, too.

“Everyone is distracted,” Rosenstein says. “All of the time.”

Ever since the internet became widely used by the public in the 1990s, users have heard warnings that it is bad for us. In the early years, many commentators described cyberspace as a parallel universe that could swallow enthusiasts whole. The media fretted about kids talking to strangers and finding porn. A prominent 1998 study2 from Carnegie Mellon University claimed that spending time online made you lonely, depressed and antisocial.
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"Time well spent" : quand les repentis de la Silicon Valley renforcent l’esprit de la Silicon Valley - Sceptico-net - mai 5, 2018

Dans leur excellentissime article "Why Silicon Valley can’t fix itself"1, les journalistes et chercheurs Ben Tarnoff (@bentarnoff) et Moira Weigel (@moiragweigel) posent un regard acéré sur le pseudo-revirement éthique en cours dans la Silicon Valley. On le sait, les géants du numérique et autres monétiseurs d’attention sont désolés. Désolés pour nos cerveaux, désolés pour les fake-news, désolés pour la démocratie. Devant les sénateurs2, même Mark Zuckerberg est désolé. Tellement désolés que certains d’entre eux se sont réunis en initiatives comme le "Center for Humane Technology"3 à San Francisco. La grande idée : "remettre de l’humain dans la technologie", ce qui revient à dire qu’ils n’ont rien compris ni de l’homme ni de la technique, nous disent les auteurs de l’article.


Incompréhension autour des relations entre homme et technique

Une multitude de gaillards ont déserté la Silicon Valley récemment. En première ligne Tristan Harris (ex "philosophe produit" chez Google) découvert en France dans cet article "Des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens"4. Tristan Harris a eu le mérite de mettre sur la place publique la fameuse question de l’économie de l’attention, c’est à dire le modèle de rémunération des sociétés du numérique basé sur le temps de cerveau disponible des utilisateurs (reposant notamment sur cette "science" qu’on appelle "captologie"5). Pour en finir avec ce mode de fonctionnement, il crée son label "Time well spent" et engage les designers à construire des technologies "plus humaines".
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The amount of carbon dioxide in the atmosphere just hit its highest level in 800,000 years and scientists predict deadly consequences - Kevin Loria, 8 May 2018,

The average concentration of carbon dioxide in Earth's atmosphere just topped 410 parts per million, according to measurements from Mauna Loa Observatory in Hawaii.

It's the highest CO2 level in the 800,000 years for which we have good data.

This is expected to have a catastrophic effect on human health and the planet itself.

We have a pretty good idea of what Earth's atmosphere has looked like for the past 800,000 years.

Humans like us — Homo sapiens— evolved only about 200,000 years ago, but ice-core records reveal intricate details of our planet's history from long before humans existed.

By drilling more than 3 kilometers deep into the ice sheets over Greenland and Antarctica, scientists can see how temperature and atmospheric carbon-dioxide levels have changed since then.

From that record, we know the atmosphere and the air that we breathe has never had as much carbon dioxide in it as it does today.
 
For the first time in recorded history, the average monthly level of CO2 in the atmosphere exceeded 410 parts per million in April, according to observations at the Mauna Loa Observatory in Hawaii.
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This Water War Will Decide the Fate of 1-in-8 Americans - By Eric Holthaus / Grist.org, May 6, 2018

The Colorado River sustains about 40 million people and millions of acres of farmland.

❐ This post originally appeared on Grist.


View of Colorado River, Page, Arizona, US - Photo Credit: Nfoto/Shutterstock

Lake Mead is the country’s biggest reservoir of water. Think of it as the savings account for the entire Southwest. Right now, that savings account is nearly overdrawn.

For generations, we’ve been using too much of the Colorado River, the 300-foot-wide ribbon of water that carved the Grand Canyon, supplies Lake Mead, and serves as the main water source for much of the American West.

The river sustains one in eight Americans — about 40 million people — and millions of acres of farmland. In the next 40 years, the region is expected to add at least 10 million more people, as the region’s rainfall becomes more erratic.

An especially dismal snowpack this past winter has forced a long-simmering dispute over water rights to the fore, one that splits people living above and below Lake Mead.
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Avec Macron et Hulot, "nous sommes entrés dans une ère de régression" de la politique d’environnement - Tribune - 31 mai 2018, Corinne Lepage

L’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, qui avait appelé à soutenir Emmanuel Macron en 2017, reconnaît dans cette tribune s’être trompée : le gouvernement nous a fait entrer en matière écologique "dans une ère de régression d’autant plus dangereuse qu’elle s’accompagne d’une communication permanente et habile directement contraire à la réalité des choix qui sont opérés".

❐ Corinne Lepage est présidente de Cap21/Le Rassemblement citoyen.

Lorsque j’avais décidé à la fin de l’année 2016 de soutenir la campagne d’Emmanuel Macron1, je ne l’avais pas fait en raison de ses convictions écologistes mais parce que je pensais sincèrement que son intelligence lui avait permis de percevoir la gravité des défis auxquels nous sommes confrontés et la nécessité d’entreprendre dans ce domaine comme dans les autres des réformes de structure permettant de changer de logiciel. La nomination de Nicolas Hulot numéro trois du gouvernement était d’excellent augure.

Malheureusement, je me suis trompée car la politique menée aujourd’hui par M. Macron est différente de celle de ses prédécesseurs, mais au mauvais sens du terme. Nous sommes en effet entrés dans une ère de régression d’autant plus dangereuse qu’elle s’accompagne d’une communication permanente et habile directement contraire à la réalité des choix qui sont opérés.

Les discours sont brillants, qu’il s’agisse de ceux du président de la République, qui se veut le chantre mondial de la lutte contre le dérèglement climatique, ou de ceux du ministre d’État, qui défend d’autant mieux une vision écologique du monde qu’elle concerne le très long terme et permet donc de passer sous silence les décisions catastrophiques et contre-productives qui sont prises. À ceci s’ajoute le fait que le ministre d’État s’est vu imposer de présenter lui-même comme de bonnes décisions les arbitrages qu’il a perdus, donnant ainsi le sentiment que plus personne ne défend l’environnement.
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À Vittel, Nestlé privatise la nappe phréatique - Reportage - 26 mai 2018, Lorène Lavocat (Reporterre)

À Vittel, dans les Vosges, Nestlé Waters et les habitants pompent la même eau. La ressource se réduisant de façon préoccupante, les autorités locales veulent la faire venir des environs pour abreuver la population. La multinationale, elle, pourra continuer de puiser dans le sous-sol.

Vittel (Vosges), reportage - Une longue file de camions coule à travers les rues de Vittel en direction de l’autoroute A31. Dans leurs immenses bennes, des milliers de bouteilles d’eau attendent de se déverser dans les rayons des supermarchés français et européens… D’Allemagne au Japon, on s’abreuve d’eau vosgienne. Qu’elles s’appellent Hépar®, Contrex®, Vittel®, chaque goutte provient de ces sous-sols vosgiens riches en minéraux. Et chaque centime revient dans le portefeuille de Nestlé Waters, propriétaire des marques.

Des centaines de millions de litres du précieux liquide sont ainsi extraits, chaque année, des profondeurs lorraines. Tant et si bien qu’une de ces nappes souterraines, la plus profonde et la plus importante, est menacée d’épuisement. Mais plutôt que d’exiger de la multinationale qu’elle réduise ses prélèvements, élus et industriels envisagent ni plus ni moins de serrer la ceinture hydrique des habitants. Bientôt, à Vittel, l’eau des robinets ne proviendra peut-être plus du sous-sol, mais sera acheminée par pipeline sur des dizaines de kilomètres.

"Le géant international s’est approprié la ressource locale pour commercialiser l’eau en bouteille", dénonçait France nature environnement en mars dernier. "L’entreprise s’octroie un réel monopole sur une ressource qui n’est censée appartenir à personne, si ce n’est aux populations locales pour subvenir à leurs besoins vitaux."
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Les forestiers se mobilisent contre l’industrialisation de la forêt - Reportage - 18 mai 2018, Gaspard d’Allens (Reporterre)

Jeudi, près d’un millier de personnes ont défilé dans plusieurs villes de France pour dénoncer la "privatisation rampante" de l’Office national des forêts et la disparition des missions de service public.

Toulouse (Haute-Garonne), reportage - Ce jeudi 17 mai, les forestiers sont sortis du bois à l’appel de l’intersyndicale représentant près de 90 % des professionnels de l’ONF — l’Office national des forêts. Ils ont manifesté dans cinq villes en France pour dénoncer "la privatisation rampante" de l’établissement et l’industrialisation qui menace les forêts publiques. Les différents cortèges ont rassemblé, à l’échelle nationale, près d’un millier de personnes. 300 à Nancy et à Mâcon, 120 au Mans, 170 à Avignon et près d’une centaine à Toulouse.

Dans la Ville rose, la marche a débuté au niveau de la gare SNCF. Un symbole vu le troublant parallèle entre le sort des hommes du rail et ceux de la forêt.

"Notre situation est moins visible que celle des cheminots mais ce sont les mêmes logiques à l’œuvre", témoigne Philippe Canal, secrétaire national du Snupfen (Syndicat national unifié des personnels des forêts et de l’espace naturel) Solidaires, en début de cortège. "La direction utilise le prétexte d’un déficit creusé par une série de décisions gouvernementales pour remettre en cause le statut d’établissement public de l’ONF et tenter de faire passer en force une convention collective qui revoit à la baisse les rémunérations de nombreux salariés."
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Price Less - 18th May 2018 - By George Monbiot, published in the Guardian 15th May 2018

The “natural capital” agenda is morally wrong, intellectually vacuous, and most of all counter-productive
 
Never mind that the new environmental watchdog1 will have no teeth2. Never mind that the government plans to remove protection3 from local wildlife sites. Never mind that its 25-year environment plan is all talk and no action4. We don’t need rules any more. We have a pouch of magic powder we can sprinkle on any problem to make it disappear.

This powder is the monetary valuation of the natural world. Through the magic of the markets, we can avoid conflict and hard choices, laws and policies, by replacing political decisions with economic calculations.

Almost all official documents on environmental issues are now peppered with references to “natural capital” and to the Natural Capital Committee5, the Laputian6 body the government has created to price the living world and develop a set of “national natural capital accounts”7. The government admits that8

“at present we cannot robustly value everything we wish to in economic terms; wildlife being a particular challenge.”

Hopefully, such gaps can soon be filled, so we’ll know exactly how much a primrose is worth.

The government argues that without a price, the living world is accorded no value, so irrational decisions are made. By costing nature, you ensure that it commands the investment and protection that other forms of capital attract.

This thinking is based on a series of extraordinary misconceptions. Even the name reveals a confusion: natural capital is a contradiction in terms.
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"Le colibri ne suffit pas, c’est à grande échelle que les choses doivent changer" - 15 mai 2018 - par Laurie Debove

"Bienvenue dans Présages, le podcast qui questionne l’état de notre monde, les risques d’effondrement de notre civilisation industrielle, et les façons de se préparer à vivre différemment."

Avec ces mots, Alexia Soyeux débute chaque épisode de son Podcast "Présages".


Présages sur l’effondrement

Le podcast est ce média de plus en plus populaire sur Internet, le plus souvent audio, que l’on peut télécharger et écouter à sa guise sur ordinateur ou téléphone. Comme de nombreux podcasts, celui d’Alexia Soyeux est un média indépendant proposé gratuitement à l’écoute, il ne s’agit ni d’une émission de radio, ni d’un contenu sponsorisé.

A force de lectures et conférences, Alexia Soyeux a fait le lien entre tous les problèmes sociétaux (croissance, climat, inégalités, migrations) avec un concept : l’effondrement. La lecture du livre "Comment tout peut s’effondrer" de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, et la web série NEXT du réalisateur Clément Monfort l’ont particulièrement marquée. Le livre et la web série traitent d’une nouvelle discipline : la collapsologie, une recherche interdisciplinaire sur les ressorts d’un possible effondrement de notre civilisation industrielle.

Forte de toutes ces connaissances et ces questionnements, elle a eu envie de recueillir un témoignage plus personnel de ceux qui travaillent sur le sujet avec une question : comment arrivent-ils à garder le cap et à rester joyeux ?
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Un destin animal symbole de la biodiversité - Ce que les abeilles murmurent à l’oreille des humains - Décembre 2017, pages 22 et 23, par Raúl Guillén, Journaliste et ouvrier apicole.

Les abeilles ne disparaissent pas sur tout le globe, et leur extinction ne menacerait pas nécessairement toute l’agriculture. Tordre le cou à ces croyances alarmistes doit permettre en revanche de mieux comprendre ce que révèlent les pertes sans précédent que subissent les apiculteurs dans certaines régions du monde, et les lourds dangers que portent les mutations profondes des systèmes agricoles.

Dès les premières journées ensoleillées qui précèdent le printemps, les abeilles mellifères (Apis mellifera) sont de sortie. Distincte des autres abeilles sociales ou solitaires, cette espèce originaire d’une région très vaste, qui englobe l’Europe, le Proche-Orient et l’Afrique, a été domestiquée sur toute la planète, avec de nombreuses variétés locales. Serrées en grappe, les butineuses ont traversé les périodes les plus froides dans leurs ruches, ne comptant que sur leurs réserves de miel. C’est le moment pour l’apiculteur de faire ses premières visites... et de constater l’hécatombe.

"Quand j’ai commencé, j’avais 5 % de pertes hivernales. Aujourd’hui, j’en ai 30 % !", raconte M. Bernard Tiron après trente-cinq ans de métier dans le Valgaudemar (Hautes-Alpes).
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Paris doit se désintoxiquer de la publicité - Tribune - 3 mai 2018, Jacques Boutault, Jérôme Gleizes et Léa Vasa

Grenoble a tourné le dos à la publicité et Paris devrait suivre son exemple, selon les auteurs de cette tribune. Qui s’inquiètent de la révision du règlement local de publicité : il ouvrirait les rues de la capitale à la publicité lumineuse.

❐ Jacques Boutault est maire (EELV) du 2e arrondissement de Paris et conseiller de Paris ; Jérôme Gleizes conseiller (EELV) du 20e arrondissement de Paris et conseiller de Paris ; Léa Vasa est adjointe (EELV) à la maire du 10e.

Aujourd’hui, à Paris comme à Grenoble, il n’y a plus de publicité dans l’espace public municipal, et c’est une excellente nouvelle.

Mais si comme le pensent les écologistes le fruit est dans la graine, il convient de regarder de plus près comment nous en sommes arrivés là.

Au contraire de Grenoble, à Paris, où un autre contrat entre la ville et JCDecaux se terminait le 31 décembre 2017, l’Hôtel de Ville avait décidé de passer un nouveau marché avec pour objectif d’imposer la publicité numérique dans l’espace public. Les écologistes ont été les seuls à s’y opposer en rappelant l’interdiction par le règlement local de publicité (RLP) des écrans numériques. Le Conseil d’État nous a donné raison une première fois en confirmant l’invalidation de ce marché.

Malgré ce fiasco juridique et sourde aux nouveaux avertissements des écologistes, la mairie de Paris s’est entêtée à vouloir sauver les meubles de la publicité en concluant avec JCDecaux une concession provisoire sans mise en concurrence.

Résultat, un second fiasco et une seconde invalidation, cette fois pour non-respect de la procédure des marchés publics.
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POUR MAXIME, MUTILÉ SUR LA ZAD LE 22 MAI 2018 - LETTRE DE ROBIN, MUTILÉ À BURE LE 15 AOÛT 2017. - André Larivière, 26 Mai 2018

❐ Robin est un jeune père de famille blessé grièvement à Bure en Août dernier par une grenade explosive GLI-F4. Il nous a fait parvenir une lettre qu'il a transmis à Maxime, dont la main a été arrachée par une grenade explosive GLI-F4 hier sur la zad. "Il est tombé près de 4000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les gendarmes mobile". Elles avaient déjà fait plusieurs centaines de blessés depuis le début de l'opération.


Mettre des mots sur l'horreur.

Ne pas céder à la résignation. Au terrorisme d'État.

Malgré le stylo qui tremble, écrire. Témoigner.

Ne pas se laisser écraser par le concert d'opérations sémantiques, de propagande préventive et de censure qui cherche à nous couper de notre empathie et de la révolte qu'elle devrait spontanément engendrer.

Maxime vient de perdre sa main. Sa main droite. Pour toujours. Il rejoint bien plus gravement encore, l'enfer que j'ai vécu durant 9 mois. Le 15 août 2017, à Bure, l'explosion d'une grenade GLI-F4 tirée par les gendarmes mobiles creusait mon pied gauche sur un diamètre de 13cm et jusqu'à 3cm de profondeur arrachant peau, veines, nerfs, muscles et pulvérisant les os. C'était pendant une manifestation contre le projet Cigéo d'enfouissement de déchets radioactifs à 500m de profondeur. Il y a eu 30 blessés dont 4 graves.

Contrairement à ce que leur nom indique, les grenades GLI-F4 contiennent de la TNT et explosent ! Leurs déflagrations font 1m de diamètre et peuvent tuer si elles touchent une partie vitale. Les appellations de "lacrymogènes" ou d'"assourdissantes" que la préfecture et les ministres leur donnent dans les médias servent à masquer la vérité à leur sujet : CE SONT DES ARMES DE GUERRE !

L'État utilise des armes de guerre pour terrasser le peuple. Dans le cas présent, les conséquences sont bien pires qu'un tir à balle réelle.
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Des collectifs et familles de victimes demandent l’arrêt de l’emploi de grenades explosives contre les manifestants - ça bouge ! Maintien de l’ordre - par Rédaction, 29 mai 2018

Il y a une semaine, Maxime, 21 ans, a eu la main arrachée par une grenade lancée par les forces de l’ordre à Notre-Dame-des-Landes. L’enquête se poursuit pour définir les circonstances exactes de cette blessure grave. En août dernier, à Bure, un manifestant a eu un pied arraché par une grenade similaire. Il y a quatre ans, un étudiant, Rémi Fraisse, était tué par une grenade offensive lors d’une manifestation dans le Tarn... Des familles de victimes et des collectifs exigent que "soient retirées aux forces de l’ordre ces armes qui mutilent nos chairs et celles de nos enfants". Des rassemblements sont prévus dans plusieurs villes ce 30 mai à 18h. Voici leur appel.

Les mois d’avril et mai dernier, les expulsions sur les terres de la zad à Notre-Dame-Des-Landes signifiaient des milliers de gendarmes, de tirs tendus, et d’affrontements.

Mardi 22 mai, Maxime, un jeune de 21 ans étudiant à Lille, a eu la main littéralement arrachée par l’explosion d’une grenade, tirée par les forces de l’ordre.
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  Les 2 articles ci-dessus en 1 PDF






                 



"Je vois Maxime se tenir l'avant-bras, il n'a plus de main..." - Info'Com-CGT - 30 Mai 2018

Pourquoi la grenade GLI qui a mutilé un étudiant de 21 ans en sciences politiques à Lille, le 22 mai vers midi et demi, a-t-elle été lancée par les gendarmes ? Maxime Peugeot a perdu sa main droite dans l’explosion de cette arme, l’une des plus dangereuses utilisées par les forces de l’ordre.

Selon le rapport de l’IGPN-IGGN, les grenades GLI F4, telles que celle qui a mutilé Maxime Peugeot, appartiennent à la même catégorie de "grenades à effet de souffle" que la grenade offensive F1 qui tué Rémi Fraisse.

La France exerce le triste privilège d’être le seul pays en Europe à utiliser des munitions explosives en opération de maintien de l’ordre. Malgré le nombre important de blessé-e-s sur la ZAD et dans les manifestations depuis les mobilisations contre la loi Travail, on attend toujours un véritable débat sur les armes de la police.


L’explosion de la grenade, un acte inutile et excessif.

❐ Selon Mediapart, les témoignages directs sur l’explosion d’une grenade qui a coûté sa main à un jeune homme, la semaine dernière dans la ZAD, contestent la première version des gendarmes. Des manifestations ont lieu mercredi 30 mai pour demander l’interdiction de l’usage de ces armes contre les civils.

Hospitalisé depuis, Maxime Peugeot a été opéré et amputé de la main détruite par le souffle de la grenade. Sa main gauche est grièvement blessée, avec une possible atteinte à la pince, ainsi que le côté droit de son torse. Il ne souhaite ni s’exprimer publiquement ni faire connaître son visage, alors que des photos de son corps mutilé ont été diffusées sur les réseaux sociaux.

Il a été entendu, jeudi 24 mai, en tant que victime, par les gendarmes dans le cadre des enquêtes ouvertes en flagrance sous l’autorité de la procureure de la République de Saint-Nazaire : une investigation administrative, par l’inspection générale de la gendarmerie nationale ; et une procédure pénale.
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Blessé grave sur la Zad : nouvelle controverse sur le recours aux grenades par les gendarmes - Notre-dame-des-Landes - par Nolwenn Weiler, 25 mai 2018

Que s’est-il passé le 22 mai sur la Zad de Notre-dame-des-Landes avant que Maxime, 21 ans, ne perde sa main, arrachée par l’explosion d’une grenade "GLI-F4" à triple effet (lacrymogène, assourdissante, et explosive) ?

Dans un communiqué1 publié le jour même, le ministère de l’Intérieur affirme qu’

"une cinquantaine d’opposants radicaux cagoulés se sont attaqués aux forces de l’ordre (présentes pour "sécuriser" les travaux de déblaiement des habitations détruites, ndlr) en leur jetant notamment des cocktails molotov et des projectiles". Les gendarmes mobiles auraient alors répliqué en lançant des grenades. "Selon les premiers éléments de l’enquête, affirme le communiqué, un des opposants aurait tenté de ramasser une grenade tombée au sol en vue de la relancer sur les gendarmes".

De nombreux médias reprennent le communiqué ministériel, évoquant même une simple grenade lacrymogène.
Les gendarmes pris à partie ?

Les zadistes réfutent la version du ministère, expliquant qu’il est impossible que le jeune homme ait tenté de relancer volontairement la grenade : celui-ci était en train de fuir sous les tirs des gendarmes au moment où la grenade a explosé.
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Armes chimiques : les gaz lacrymogènes utilisés par le régime Macron interdits par la convention de Genève - 25 avril 2018 - Source : Initiative communiste

En août dernier, le régime Macron commandait pour 22 millions de grenades lacrymogènes et explosives1. Assurément pas la position d’un gouvernement ouvert au dialogue et à la concertation, mais bien celui d’un régime minoritaire, autoritaire et pour tout dire totalitaire prévoyant de gouverner par ordonnances afin de traduire au plus vite les directives imposées par l’Union Européenne du Capital qui constituent son programme de gouvernement. Ces grenades ne seront pas restées dans les armureries de l’armée.

Mais gendarmes et CRS bombardent par milliers les travailleurs en lutte, des cortèges syndicaux à l’occupation pacifique par les agriculteurs de la ZAD de Notre-Dame des Landes. De l’aveu même des gendarmes, en quelques jours d’opération militaire contre la ZAD de Notre-Dame des Landes, l’armée a utilisé plus de 11 000 grenades lacrymogènes. Bilan 270 blessés dont 10 graves parmi les manifestants, 4 gendarmes blessés gravement par leur propre grenade2.

Au moment où Macron justifie par une attaque chimique dont il n’a apporté aucune preuve, violant le droit international, le bombardement de la Syrie, il est utile de rappeler que cette débauche de violence contre le mouvement social, déversant des grenades lacrymogènes par dizaines de milliers sur les travailleurs de France, jeunes, étudiants, infirmières, agriculteurs, cheminots défendant leurs droits, est en fait une utilisation massive d’armes chimiques interdites par la convention de Genève, convention internationale interdisant les armes chimiques.
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Des tranchées de 1914 à Notre-Dame-des-Landes - Gaz lacrymogène, des larmes en or - Mai 2018, page 3 - par Anna Feigenbaum, Chercheuse à l’université de Bournemouth (Royaume-Uni). Auteure de Tear Gas. From the Battlefields of World War I to the Streets of Today, Verso, Londres, 2017.

Comme les manifestants français — ceux de Mai 68, mais aussi ceux qui se mobilisent pour la "zone à défendre" de Notre-Dame-des-Landes ou contre la sélection universitaire à Nanterre —, les protestataires du monde entier font une expérience commune : l’inhalation de gaz lacrymogène. En un siècle, cette arme présentée comme inoffensive s’est imposée comme l’outil universel du maintien de l’ordre.

Contrairement à d’autres marchés, l’industrie du maintien de l’ordre ne craint ni les troubles sociaux ni les crises politiques — bien au contraire. Les révoltes du "printemps arabe" en 2011 et les manifestations qui ont ébranlé le monde ces dernières années ont fait exploser les ventes de gaz lacrymogène et d’équipements anti-émeute.

Carnets de commandes en main, les commerciaux sillonnent la planète. Des armées d’experts se tiennent à l’affût du moindre frémissement populaire pour conseiller fabricants et acheteurs sur les bonnes affaires du jour. Le gaz lacrymogène est sans conteste leur produit-vedette : universellement considéré par les gouvernements comme le remède le plus fiable et le plus indolore à la contestation sociale, comme une panacée contre le désordre, il ne connaît ni frontières ni concurrence.

Quels dommages cause-t-il à ses victimes ? Quels problèmes pose-t-il en matière de santé publique ? Nul ne le sait, car personne ne s’en soucie. Dans aucun pays il n’existe d’obligation légale de recenser le nombre de ses victimes. Aucune obligation non plus de fournir des données sur ses livraisons, ses usages, les profits qu’il génère ou sa toxicité pour l’environnement. Depuis presque un siècle, on nous répète qu’il ne fait de mal à personne, que ce n’est rien de plus qu’un nuage de fumée qui pique les yeux. Quand des gens en meurent — l’organisation Physicians for Human Rights a par exemple comptabilisé trente-quatre morts liées à l’usage de gaz lacrymogène lors des manifestations à Bahreïn en 2011-20121 —, les pouvoirs publics rétorquent qu’il s’agit simplement d’accidents.
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Notre-Dame-des-Landes : des zadistes expliquent leur démarche - Tribune - 16 mai 2018, Des habitant.e.s de la Zad

Dans cette tribune, des habitantes et habitants reviennent sur la stratégie de leur lutte depuis l’intervention militaire lancée le 9 avril et la "normalisation".

❐ Les auteurs et auteures sont des habitants et habitantes du Moulin de Rohanne, de la Rolandière, des 100 Noms, de la Hulotte, de Saint-Jean-du-Tertre, des Fosses noires, de la Baraka et de Nantes réunis dans le CMDO (Conseil pour le maintien des occupations).

Au fil de cette "trêve" qui a des accents d’occupation militaire, la vie quotidienne a, de-ci de-là, repris timidement quelques-unes de ses habitudes. Flics ou pas, il faut semer, soigner les bêtes, tenir les lieux publics. Si une certaine hésitation se fait parfois sentir au moment de mettre les graines en terre, elle est vite balayée par cette certitude que les blindés n’ont su faire vaciller : nous resterons là. Nous verrons les fruits de nos vergers, nous goûterons nos récoltes à l’automne, peut-être même verra-t-on les arbres de haute futaie constituer les charpentes des cabanes de ceux qui sont encore des enfants. Nous n’avons pas attendu les propositions de régularisation pour nous projeter ici sur un temps long, au-delà même de notre propre existence. Ce jalon-là nous fait tenir en cette veillée d’armes, alors que l’on attend la nouvelle opération de destruction qui va frapper la Zad.

Durant celle initiée le 9 avril, nous avons eu l’occasion de mesurer nos forces. Le mouvement, qu’on disait gangrené par les querelles internes depuis l’abandon du projet, a démontré qu’il était encore vivace. En face, la gendarmerie a prouvé qu’elle pouvait sans grande difficulté raser un tiers de la Zad en moins de trois jours. Ainsi, si l’arrivée de milliers de personnes, les tirs de Molotov sur les blindés, les actions de solidarité et la détermination générale nous ont redonné de l’allant, les manœuvres écrasantes de la plus grosse opération policière depuis mai 68 nous ont un peu glacés.
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Reprise de l’opération militaire sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes - Info - 18 mai 2018

Les gendarmes ont repris leurs opérations d’expulsions et de destruction ce vendredi. Nos reporters sur zone vous racontent en continu les événements, alors que des habitants vont demander à l’Unesco de classer la Zad sur la liste du patrimoine de l’humanité.

❐ 11 h 28 - Les gendarmes ont interdit à Reporterre l’accès au lieu-dit La Gare, à l’est de la D81. Notre reporter sur place souhaitait voir le chantier de destruction,

"dont on entend le fracas de tôles à quelques dizaines de mètres de là". "Officiellement, c’est pour des “raisons de sécurité" qui n’ont pas été invoquées jeudi au milieu des engins détruisant la Châteigne ou Pui Plu", indique notre journaliste.

❐ 11 h 24 - Saint-Jean-du-Tertre invite les zadistes à un "repas du quartier encerclé, contre l’occupation policière du quartier et la destruction des maisons", à 13 h, avec lectures de Damasio, relaie Radio Klaxon.

❐ 11 h 10 - Retour en force des gendarmes mobiles au lieu-dit Les Domaines, selon Télénantes. Quinze camions de gendarmes sont autour de la maison et trois occupants viennent de quitter les lieux dans le calme.

❐ 10 h 59 - Le hameau de Saint-Jean-du-Tertre est encerclé par les gendarmes mobiles, selon Zone à défendre. Les activités agricoles sont suspendues.

❐ 10 h 54 - Un camion de gendarmes mobiles qui était stationné devant la Noë Bernard se dirige vers le Ker Terre, selon Radio Klaxon. La dépanneuse repart du Ker Terre avec la caravane.

. Gendarmes et machines repartent aussi de l’Isolette avec une petite voiture blanche.

. Le Phoenix est en train d’être muré.

. Les deux véhicules de pompiers sont repartis de la Pré-Faillite vers Le Temple de Bretagne.

. Les habitants ont rendez-vous à 13 h à la Châteigne pour récupérer les matériaux qui peuvent être sauvés et les mettre en lieu sûr.
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L’intervention militaire sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes saccage la nature - Reportage - 17 mai 2018, Lorène Lavocat (Reporterre)

L’opération militaire lancée contre la Zad de Notre-Dame-des-Landes le 9 avril a saccagé l’environnement. Sols écrasés, arbres abattus, nature polluée par les gaz et les résidus de plastique, animaux perturbés en pleine saison de reproduction… les Naturalistes en lutte listent les dommages faits à cet écosystème exceptionnel.

Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage - À quelques pas de la "route des chicanes", le chemin de la Noue bruisse d’un chant printanier. Sur une branche de chêne bourgeonnante, un rossignol tonitruant tente d’attirer sa belle.

"Cette opération militaire brutale au printemps, en pleine période de reproduction pour de nombreuses espèces, c’est un crime !" s’indigne Jean-Marie.

Botaniste amoureux du bocage, cet habitant de la Zad s’inquiète des dégradations irréversibles causées par l’intervention des gendarmes sur l’écosystème sensible et unique de Notre-Dame-des-Landes.

Une alerte relayée par plusieurs Naturalistes en lutte.

"Comme chacun le sait, ou devrait le savoir, (mais cela ne semble pas être le cas pour quiconque dans ce gouvernement), avril est un mois décisif pour la plus grande partie des populations d’espèces animales et végétales," écrivent-ils sur leur site1. "Décisif, car c’est à cette époque de l’année que les végétaux déploient leur feuillage et se couvrent de fleurs accueillantes pour les butineurs. Décisif car, pour la faune, c’est le temps des amours et de la naissance des jeunes, qui assureront le maintien et la survie de l’espèce pour les années futures."
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Violences contre les femmes : leurs terribles conséquences sur la santé toujours insuffisamment prises en compte - Santé publique - par Audrey Guiller, 7 mai 2018, Photo : CC onesecbeforethedub






Chaque année, en France, 225 000 femmes subissent des violences au sein de leur couple. Ces terribles statistiques ne sont que la partie visible de ces violences : troubles anxieux, alimentaires ou du sommeil, dépression, impact sur la sexualité, tentative de suicide... les effets psychologiques sont tout autant dévastateurs. Et une grande majorité des femmes concernées ne sont pas accompagnées. Une véritable écoute, une meilleur formation des soignants, la création de réseaux de professionnels et l’attribution de moyens financiers adéquats permettraient d’améliorer considérablement leur situation. Enquête sur un problème majeur de santé publique.

L’ampleur des violences commises contre les femmes commence – enfin – à apparaître au grand jour.

Et le constat est terrible.

À l’échelle européenne, une femme sur trois est victime de violences physiques ou sexuelles au moins une fois dans sa vie, depuis l’âge de quinze ans 1.

Une étude récente de la fondation Jean Jaurès, menée en France par le psychiatre Michel Debout, professeur de médecine légale et de droit de la santé, observe que 43% des répondantes ont subi des caresses ou attouchements sexuels sans leur consentement. 12% des femmes ont été violées, et 225 000 subissent des violences dans leur couple 2. La plupart des femmes concernées subissent ces violences de manière répétitive, quand 53 000 Françaises ont également été victimes de mutilations sexuelles.
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Enquête 1/5 - Le passage en force de Linky suscite la révolte - 30 mai 2018, Moran Kerinec (Reporterre)

Déploiement accéléré, passages en force, ignorance des questions des usagers… Enedis, le promoteur du compteur communicant Linky, provoque des levées de boucliers dans les communes, des débats au Parlement et une forte opposition. Dans une enquête en cinq volets, Reporterre passe au crible le dossier : méthodes de pose, santé, protection des données, utilité écologique... Premier volet.

❐ Cet article est le premier d’une enquête en cinq volets que Reporterre consacre au compteur Linky.

"Enedis m’a obligée à barricader mon compteur. Maintenant, il est scellé."

Dans un café d’Oullins, en bordure de Lyon, Sandrine est venue accompagnée d’autres membres du collectif anti-Linky Sud-Ouest lyonnais (SOL). Autour de la table, chacune feuillette son propre dossier pour vérifier les informations qu’elles partagent : extraits de presse, documents d’Enedis, notes et études s’y mélangent. À tour de rôle, elles racontent leur première expérience avec le compteur controversé.

"Des installateurs m’ont appelé un jour : ils étaient en bas de chez moi, garés dans la rue. Je n’ai pas voulu les faire entrer. Ils m’ont expliqué que c’était obligatoire, que j’allais devoir payer des frais supplémentaires si je refusais l’installation d’un compteur Linky", raconte Jocelyne en sirotant un thé.

"Quand des installateurs viennent chez vous, sans avertissement, poser un Linky, ça peut donner l’impression d’une intrusion dans la vie privée. Ça touche au foyer, à l’intime", ajoute sa voisine Marie-France.

Pourtant, selon ses défenseurs, le Linky serait un bond en avant : véritable outil de la transition énergétique, le compteur communiquant pourrait mieux informer ses usagers de leur consommation électrique, permettre une connaissance plus fine du réseau et de ses besoins pour les fournisseurs d’énergie, raccorder plus facilement les installations d’énergies renouvelables chez les particuliers…
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Nicolas Duvoux : "La tendance est à la sortie des compromis égalitaires mis en place après 1945" - Société - Par Alizé Lacoste Jeanson, le 23 mai 2018

❐ Nicolas Duvoux est professeur de sociologie à l’université Paris-VIII et écrit pour le site La vie des idées, dont Le Comptoir relaie régulièrement les publications. Il est également membre de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Il a publié plusieurs ouvrages sur le sujet1 et porte un regard critique sur les politiques sociales menées en France depuis les années 1980 notamment. Des mesures qui, plutôt que de renforcer le système de Sécurité sociale, annulent le principe de solidarité qui présidait à sa mise en place et font s’accroître l’ostracisation des plus vulnérables.

"Les dénégations sur l’existence ou la permanence des inégalités visent à justifier un ordre social inégalitaire."


Le Comptoir : On entend souvent des éditorialistes ou des “experts” dire que les inégalités n’augmentent pas tant que ça en France. Pour appuyer leurs propos, ils se réfèrent au coefficient de Gini2 qui indique qu’elles auraient même baissé entre les 10 % les plus pauvres et les 10 % les plus riches. On assiste cependant à une remontée générale des inégalités dans les pays dits “développés” qui, pourtant, n’ont jamais été aussi riches3. Que penser de cette ambivalence ?

▶︎ Nicolas Duvoux : Elle renvoie assez directement aux problèmes de définition et de mesure des inégalités. Il y a plusieurs indicateurs (Gini, rapport entre plus riches et plus pauvres, taux de pauvreté). Il y a aussi plusieurs ressources : revenus mais aussi patrimoine (beaucoup plus inégalitaire que les revenus), ressources non monétaires (diplômes, santé, etc.) L’important est de saisir la dynamique et celle-ci est assez claire, quel que soit l’indicateur.
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Evidence mounts that vitamins might not do anything for your health - By Nicole Karlis / Salon - May 30, 2018

Vitamins are to health as music is to dancing — or at least that is what the multi-billion dollar vitamin and supplement manufacturing industry wants you to think. Yet in the past few years, medical research has started to question that tenet.

As many debates are in science and health, there are plenty of varying opinions, but according to a new study published1 in the Journal of the American College of Cardiology, the most popular vitamin and mineral supplements provide zero health benefits.

The study, which was conducted by researchers at St. Michael's Hospital and the University of Toronto, analyzed data and single randomized control trials published in English from January 2012 to October 2017. The systematic review found that multivitamins, vitamin D, calcium and vitamin C showed no benefit, or added risk, in the prevention of cardiovascular disease, heart attack, stroke or premature death.

The review looked at the aforementioned vitamins using the National Health and Nutrition Examination Survey data (from 1999 to 2012), which found supplement use in the U.S. reached a high in 2012. Multivitamins were taken by an estimated 31 percent of the population, vitamin D by 19 percent, calcium by 14 percent, and vitamin C by 12 percent, according to the report2.

“We were surprised to find so few positive effects of the most common supplements that people consume,” said Dr. David Jenkins3, the study's lead author, in an announcement4. “Our review found that if you want to use multivitamins, vitamin D, calcium or vitamin C, it does no harm – but there is no apparent advantage either.”
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Benjamin Griveaux, pêcheur à la dérive - 27 mai 2018, par Romaric Godin - Blog : Le blog de Romaric Godin

Benjamin Griveaux avance Confucius pour prouver qu'Emmanuel Macron est le président de "l'homme pauvre". Une plaisanterie parlante.

C’est l’histoire du sparadrap du capitaine Haddock. Cette histoire de "président des riches" qui colle aux doigts d’Emmanuel Macron et dont il ne parvient pas à se débarrasser. D’abord, il a tenté de vendre à l’opinion une version légèrement modifiée de la théorie du ruissellement selon laquelle les milliards d’euros accordés aux plus riches allaient spontanément se transformer en investissement puis en emplois. En vain. Alors, voici que ce président à prétention littéraire tente autre chose : la philosophie. Mardi il a ainsi tenté d’enterrer le plan Borloo sur les banlieues par la proposition d’une "philosophie" qui pourrait résumer comme ceci : les riches vont investir en banlieue grâce à notre politique. Merci donc d’être patient.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a, ce dimanche dans Le Parisien1, remis une couche de cette justification philosophique. Dans une tribune où, selon une technique de communication bien connue, il inverse l’accusation à son profit et déclare que "l’homme pauvre est au cœur du combat" du gouvernement et où donc, par la grâce de son bras droit, Emmanuel Macron devient le "président des pauvres", il s’appuie sur une citation de Confucius.

Cette citation est un lieu commun de la pensée libérale. Elle déclare que si un homme a faim, il lui est plus utile de lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. En termes modernes, ceci remet en cause la perte sèche que représenterait tout transfert social, qui ne serait guère qu’une façon de maintenir les "nécessiteux" dans la dépendance et la paresse. La dépense sociale n’est donc alors pas seulement coûteuse, elle est contre-productive. Ce qu’il faut, c’est remettre le pauvre au travail, lui apprendre à satisfaire à ses besoins par lui-même.

C’est cette pensée que Benjamin Griveaux développe dans sa tribune, attaquant un "État-providence sans boussole" qui arrose une population et la maintient dans d’improductifs délices de Capoue, lesquels promettent à la France la même triste fin que la décadente Carthage. Il fustige une "aumône républicaine" qu’est pour lui la solidarité nationale. Et que veut alors notre président ? En finir avec cela et rétablir l’homme pauvre français dans sa dignité en lui redonnant le goût du travail et de la responsabilité !
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Au nom de la concurrence (1/3) - Dans les télécoms, l’emploi et les conditions de travail sacrifiés sur l’autel de la libéralisation - par Alexis Moreau, 23 mai 2018

La promesse est toujours la même. En brisant les monopoles publics au profit d’un marché concurrentiel, la dérégulation permettrait de faire chuter les prix, d’améliorer la qualité pour les usagers, devenus des "clients", et de booster l’emploi et la croissance. L’argument est de nouveau ressorti par le gouvernement dans le cadre de la réforme ferroviaire, dont l’examen au Sénat est prévu le 23 mai. Et si on jugeait sur pièces ? Basta ! fait le bilan de deux décennies françaises d’ouverture à la concurrence, en visualisant ses effets sur les tarifs, sur l’emploi, ou encore sur les investissements. Premier volet : la téléphonie.

Le processus a démarré à la fin de la décennie 90 avec la téléphonie, s’est poursuivi notamment dans l’énergie et dans les postes, avant de s’attaquer au cœur du transport ferroviaire.

Conformément aux préceptes libéraux et aux orientations fixées par les gouvernements européens, tous les grands secteurs publics doivent être ouverts à la concurrence.

"La concurrence, ça marche : regardez les télécoms !"

L’argument revient souvent dans la bouche des défenseurs de ces dérégulations, qui présentent la transformation du secteur de la téléphonie comme une réussite éclatante. Depuis la fin du monopole de France télécom en 1998, et l’arrivée en force de concurrents privés, la dérégulation aurait réalisé un carton plein1 : des tarifs en chute libre, un regain d’investissement, et même un surcroît d’emplois. Confronté à la réalité du "nouveau monde" des télécoms selon SFR, Bouygues ou Orange, un tel optimisme n’est-il pas exagéré ?
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Questions-clés sur un "désastre financier" - L’épouvantail de la dette publique - Juillet 2008, pages 6 et 7, par Bruno Tinel & Franck Van de Velde

Chaque fois qu’un gouvernement veut comprimer les dépenses sociales, il tire argument du niveau trop élevé de la dette. En mai, le déficit des caisses de retraite françaises a servi à légitimer l’allongement du temps de travail ; en juin, celui de l’assurance-maladie a justifié le projet gouvernemental de réduire les remboursements de médicaments pour certains traitements prolongés (diabète, cancer, etc.). La dette publique existe bien. Mais est-elle aussi menaçante que certains le prétendent ?

La dette publique a mauvaise réputation. Elle aurait atteint un tel niveau qu’il importerait de réduire, drastiquement et sans tarder, les dépenses de l’Etat et des autres administrations publiques. Fardeau pour les générations futures, elle risquerait par ailleurs d’asphyxier notre économie. Enfin, si elle continuait à croître ou si les taux d’intérêt venaient à augmenter, sa charge deviendrait insoutenable, et la défiance des prêteurs rendrait l’Etat incapable de se financer.

La rengaine catastrophiste, reprise fin juin par la Cour des comptes, n’épargne pas le registre des causes : l’endettement de nos administrations résulterait de la faillite morale des gouvernements précédents, laxistes à force de capituler devant les caprices des électeurs. Pour se racheter de ces condamnables facilités, il conviendrait de prescrire une longue pénitence : les responsables politiques devraient donc avoir le courage d’imposer la rigueur à leurs administrés, pour leur bien et celui de leurs descendants. Examinons une à une ces assertions assénées comme autant d’évidences.


La situation est-elle si grave ?

En valeur nominale, la dette publique ("au sens de Maastricht" — lire "Quelques définitions") s’élève à 1 209,5 milliards d’euros en 2007. Souhaitant frapper les esprits, certains acteurs de la vie publique n’hésitent pas à calculer cette somme par individu ou par ménage. Ainsi, en 2005, M. Michel Pébereau, à l’époque président de BNP Paribas et président de la commission sur la dette publique, prévenait que

"chaque ménage supporte sans le savoir une dette d’environ 41 000 euros. C’est le double [de ce] qu’il a, en moyenne, à titre privé, pour l’ensemble de ses crédits ".
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Les "agents dormants cybers", nouvelle menace pour la France - High-Tech - Par Vincent Lamigeon, le 17.04.2018

L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) traque des pirates informatiques de très haut niveau, qui pénètrent et cartographient les réseaux français sans y faire de dégât. L’activation de ces "agents dormants" pourrait avoir des conséquences catastrophiques, prévient l’Anssi.
 
Kacper Pempel

Dans la salle de conférences de l'hôtel des Invalides, Guillaume Poupard dégaine un livre de poche. "Tension extrême", par Sylvain Fore, une histoire de cyber-attaques qui transforme les objets connectés en armes mortelles.

"Je n'avais pas lu de polar depuis vingt ans, mais là, sincèrement, ça vaut le coup", insiste le patron de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi). "Ce n'est pas un bouquin d'anticipation ou de science-fiction. C'est ce qui va nous tomber dessus dans les mois et les années à venir !"

Et de citer le cas, réel celui-ci, d'un casino dont les bases de données ont été piratées... par le biais du thermomètre connecté dans un aquarium.

Discours anxiogène ? Guillaume Poupard le reconnaît volontiers. Il n'en est pas moins nécessaire vu l'augmentation de la menace, assure le patron de l'agence de cybersécurité française.

"2017 a vu se concrétiser des attaques graves en termes de renseignement, de vol d'informations, avec des attaquants toujours plus forts, toujours plus agiles, et qui ont manifestement des moyens considérables", résume le patron de l'Anssi. "C'est ce que me disent les industriels : le jour où ils découvrent, sur tel ou tel salon, leur prototype présenté par leur concurrent, ils ont un éclair de lucidité. On est dans un domaine où, contrairement à ce qu'on dit souvent, la meilleure défense, c'est la défense."
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L’isoglucose : Le nouveau poison alimentaire en provenance des Etats-Unis, approuvé silencieusement et secrètement en Europe - 15 mai 2018 - sources : fisch+fleisch, traduit par Sott.net

L’industrie ne semble pas avoir eu beaucoup de difficulté à faire approuver une nouvelle substance toxique. Les entreprises essaient depuis des années et soudain, comme par magie, l’isoglucose, nommé sirop de maïs, a été approuvé par l’UE ! Ainsi, à l’insu du public, le marché du sucre et l’industrie des édulcorants a obtenu une nouvelle réglementation.

L’isoglucose est officiellement approuvé comme additif alimentaire depuis octobre 20172.

En fin de compte, il s’agit d’un sucre produit artificiellement, même si le maïs en est un composant.

L’industrie alimentaire européenne s’efforce de ne pas porter cette information au public afin que les entreprises ne soient pas aussi malmenées que leurs concurrentes aux États-Unis.

Dans ce pays, les clients achètent de plus en plus souvent leurs boissons gazeuses au Mexique, car le sucre de canne, beaucoup plus cher que l’isoglucose, y est encore utilisé. C’est probablement la raison pour laquelle tout a été adopté discrètement et secrètement à Bruxelles. Toutes les restrictions sur ce sucre artificiel ont été levées par l’UE ! A l’avenir, cette substance sera utilisée dans la crème glacée, le chocolat, le pain, les produits de boulangerie… et et et. Des études récentes montrent que l’isoglucose est particulièrement nocif pour la santé.

La Commission européenne prévoit de tripler la production d’isoglucose en Europe, qui passera de 0,7 million de tonnes à 2,3 millions de tonnes.
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'CEOs don't want this released': US study lays bare extreme pay-ratio problem  - US income inequality - Edward Helmore in New York, Wednesday 16 May 2018

The first comprehensive study of CEO-to-worker pay reveals an extraordinary disparity – with the highest gap approaching 5,000 to 1
 
Companies singled out for criticism in the report include Marathon Petroleum, a gas station operator, whose CEO took home an astonishing 935 times more pay than an average employee in 2017. Photograph: Marathon Petroleum Corporat Handout/EPA

The first comprehensive study of the massive pay gap between the US executive suite and average workers has found that the average CEO-to-worker pay ratio has now reached 339 to 1, with the highest gap approaching 5,000 to 1.

The study, titled Rewarding Or Hoarding?, was published on Wednesday by Minnesota’s Democratic US congressman Keith Ellison, and includes data on almost 14 million workers at 225 US companies with total annual revenues of $6.3tn.

Just the summary makes for sober reading.

In 188 of the 225 companies in the report’s database, a single chief executive’s pay could be used to pay more than 100 workers; the average worker at 219 of the 225 companies studied would need to work at least 45 years to earn what their CEO makes in one.
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"L'hyper-consommation crée l'insatisfaction permanente" - Sylvia Revello, publié jeudi 10 mai 2018 - Interview

Le philosophe Gilles Lipovetsky raconte les travers de nos sociétés hyper-modernes, où le désir frénétique de posséder et de plaire confine à l'obsession

❐ Donald Trump, président milliardaire dans sa tour dorée. Kim Kardashian, icône d’Instagram et reine des selfies depuis sa salle de bains. Voilà deux des plus célèbres ambassadeurs d’un monde où, au miroir déformant des réseaux sociaux et des émissions de télé-réalité, la richesse, la séduction, le désir de gloire et le bling-bling semblent avoir été érigés en valeurs cardinales. Pour penser ce nouveau monde "hyper-moderne" – qu’il puisse nous effarer ou nous fasciner, Le Temps a choisi de croiser les regards d’une photographe et d’un philosophe.

Lauren Greenfield est photographe. Son livre Generation Wealth, fruit de vingt-cinq ans de travail, est sorti l’an dernier et sera décliné en film cet été. Cette Américaine a arpenté et documenté les outrances et la démesure des nouveaux riches, mais son œuvre raconte plus largement "le désir de richesse à tout prix" comme mal de ce début de siècle.

Depuis près de quinze ans, le philosophe et sociologue Gilles Lipovetsky explore ce même monde, avec curiosité et sans nostalgie. En 2004, le Français publiait ses Temps hypermodernes, concept qu’il n’a jamais cessé d’approfondir depuis. L’an dernier, il signait Plaire et toucher, essai incisif sur la "société de séduction".


Le Temps: Que vous inspirent ces photographies de Lauren Greenfield?

▶︎ Gilles Lipovetsky: Ces photos exhibent une richesse matérielle, outrancière portée par une élite économique bling-bling, adepte du show off. L’or s’exhibe par kilos autour du cou, sur les dents, au point de flirter avec la vulgarité.
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The spectacular power of Big Lens  - The long read - Thursday 10 May 2018, By Sam Knight

How one giant company will dominate the way the whole world sees.

If you have been wearing glasses for years, like me, it can be surprising to discover that you perceive the world thanks to a few giant companies that you have never heard of. Worrying about the fraying edge of motorway lights at night, or words that slide on the page, and occasionally spending a fortune at the opticians is, for many of us, enough to think about. And spectacles are unusual things. It is hard to think of another object in our society which is both a medical device that you don’t want and a fashion accessory which you do.

Buying them, in my experience anyway, is a fraught, somewhat exciting exercise that starts in a darkened room, where you contemplate the blurred letters and the degeneration of your visual cortex, and ends in a bright, gallery-like space where you enjoy the spry feel of acetate in your fingers, listen to what you are told, pay more than you were expecting to, and look forward to inhabiting a new, slightly sharper version of your existing self.
 
The $100bn (£74bn) eyewear industry is built on feelings such as this. In the trade, the choreography that takes you from the consulting room to the enticing, bare-brick display of £200 frames is known as “romancing the product”. The number of eye tests that turn into sales is the “capture rate”, which most opticians in Britain (or optometrists, as they are known in the rest of the world) set at around 60%.

During the 20th century, the eyewear business worked hard to transform a physical deficiency into a statement of style. In the process, optical retailers learned the strange fact that for something that costs only a few pounds to make (even top-of-the-range frames and lenses cost, combined, no more than about £30 to produce), we are happy, happier in fact, when paying 10 or 20 times that amount. “The margins,” as one veteran of the sector told me carefully, “are outrageous.” The co-founder of Specsavers, Mary Perkins, is Britain’s first self-made female billionaire.
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Comment mettre fin à l’impunité des multinationales - Jeunes chercheurs - Anne Fairise, 04/05/2018

Banques, industriels du pétrole ou du gaz, sociétés militaires privées… Nombreuses sont les grandes entreprises qui alimentent des guerres civiles meurtrières. Face à l’impunité de ces multinationales, Jelena Aparac, jeune doctorante à l’Université Paris Ouest - Nanterre La Défense pose la question fondamentale de leur responsabilité en droit international.

"Beaucoup de ceux qui ont connu la violence des guerres de Yougoslavie ont choisi de tourner la page, pas moi", explique Jelena Aparac.

Plus de vingt ans après les événements, les plus meurtriers d’Europe depuis la Seconde guerre mondiale, la jeune Croate née à Osijek, à vingt kilomètres de la Serbie, n’a rien oublié.

La responsabilité internationale des multinationales est aujourd’hui
non fondée juridiquement


Surtout, le conflit a fondé sa vocation. La trentenaire a choisi de se consacrer au droit des conflits armés et à son applicabilité aux nouvelles formes de guerre, particulièrement les guerres civiles.

Pour cela, la jeune femme a choisi un angle mort du droit actuel, celui de la responsabilité internationale des multinationales, aujourd’hui non fondée juridiquement.
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Les parfums, l’une des plus belles arnaques au monde - 2 mai 2018 - par Antoine Puig

Le marché pèse 1,9 milliard d’euros en France ; les produits dépassent fréquemment les 100 € ; pourtant, il ne s’agit que d’alcool parfumé dans un flacon ciselé. En réalité, le prix des parfums est une construction artificielle, qui n’est justifiée que par le besoin de renvoyer une image de luxe, et des coûts externes au produit lui-même.


Un marché stagnant

La France, c’est bien connu, est le foyer du luxe ; dans le secteur du parfum, c’est aussi le foyer d’une guerre commerciale sans merci.

Alors que les ventes en volume stagnent d’année en année 1 (0,5% de croissance en 2014, Noël exclu), la concurrence fait rage entre les principaux acteurs du secteur, dont les noms font rêver la planète entière : l’Oréal (21,3 milliards d’euros de chiffre d’affaire), Chanel (6,86 milliards) ou encore Dior (près de 30 milliards).

Pourtant, la tendance sur les étiquettes est à la hausse. Selon un panel de NPD2, le prix d’un flacon moyen a bondi de 26% entre 2006 et 2015.

Désormais, un consommateur doit s’acquitter de 59 € en moyenne pour se parfumer.

Un prix très loin du coût de production du "jus", comme on dit dans le jargon.
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America is more diverse than ever — but still segregated - National - Analysis - By Aaron Williams and Armand Emamdjomeh, May 2, 2018

The United States is on track to be a majority-minority nation by 2044. But census data show most of our neighbors are the same race.



Since 1990, more than 90 percent of U.S. metro areas saw a decline in racial stratification, signaling a trend toward a more integrated America. Yet, while areas like Houston and Atlanta have undergone rapid demographic changes, cities like Detroit and Chicago still have large areas dominated by a single racial group.

Some 50 years ago, policies like the Fair Housing Act1 and Voting Rights Act were enacted to increase integration, promote equity, combat discrimination and dismantle the lingering legacy of Jim Crow laws.

But a Post analysis shows that some cities remain deeply segregated — even as the country itself becomes more diverse.

To explore these national changes, The Post analyzed census data from 1990, 2000, 2010 and the latest estimates from the 2016 five-year American Community Survey.

Using this data, we generated detailed maps of the United States using six race categories: black, white, Hispanic, Asian/Pacific Islander, Native American and multirace/other for the available years.
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85% des passagers d'avion méconnaissent leurs droits et cela leur coûte cher - Consommation - Par Le figaro.fr, publié le 30/04/2018

C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par le site de récupération d'indemnité AirHelp. Une directive européenne peu connue permet pourtant une compensation financière allant jusqu'à 600 euros par personne en cas de retardement ou d'annulation de vol.

Lors d'un voyage en avion, connaître ses droits peut permettre de ne pas perdre trop d'argent.

Pourtant, selon une étude réalisée auprès de 7000 voyageurs européens par le site de récupération d'indemnité AirHelp, reprise par BFM Business1, 85% des passagers aériens ne connaissent pas leurs droits en cas de retard ou d'annulation de leur vol.


Une directive européenne méconnue

Sous certaines conditions, la loi européenne EC 2612 permet d'obtenir une compensation financière allant jusqu'à 600 euros par personne. Une information sur laquelle les compagnies aériennes semblent se garder de communiquer. En effet, interrogés à ce sujet par Airhelp, deux passagers sondés sur trois répondent ne pas avoir reçu d'information du transporteur qui n'a pas tenu ses engagements de ponctualité.

Seule la moitié des voyageurs concernés par une annulation ou un retard rédigent une demande d'indemnisation
Source : étude AirHelp

Dès lors, seule la moitié des voyageurs concernés par une annulation ou un retard rédigent une demande d'indemnisation. 42% disent ne pas connaître leurs droits, 36 % pensent ne pas avoir droit à une indemnisation et 24% ne savent pas comment s'y prendre pour porter plainte.
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Sur la haine de Mélenchon - Posted by Léonard Vincent, journaliste - Mai 16, 2018

❐ Attention ! Il faut comprendre la haine que l'on porte à Mélenchon, plus que. celle qu'il affiche des journalistes "éditocrates"

Toutes sortes de voix mettent gravement les Français en garde depuis quelques semaines contre le danger que court la démocratie. La restriction des libertés publiques, la banalisation de la violence d’Etat, les lignes de fracture élargies de la société, les coups de force politiques, le rang grossissant des indigents et des humiliés ? Non : une citation tronquée de Jean-Luc Mélenchon sur une évidence banale que nous, les journalistes, refusons de regarder en face.

Branle bas de combat, la liberté de la presse est en danger en France, paraît-il. Un homme politique est, depuis le 3 mai dernier, au centre de la croix de tir du secrétaire général de l’association Reporters sans frontières : Jean-Luc Mélenchon.

"La haine du journalisme menace les démocraties", lisait-on en bannière un peu partout, sous le logo de RSF.

On a de nouveau glosé avec beaucoup d’ardeur émancipatrice, on a encore proclamé la main sur le cœur la valeur supérieure de la liberté, on a grondé de peur un peu partout dans Paris. On a mis en garde, on a exhorté.

"Mélenchon favorise une société de propagande et de manipulation", s’est même enflammé le week-end dernier l’insistant surveillant général de l’organisation dans le tabloïd Le Parisien-Aujourd’hui en France.

Attention : les prédateurs sont partout. Les coups risquent de pleuvoir, voici venir le temps des assassins.
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RSF et critique des médias : Aude Lancelin accuse - Posted by Aude Lancelin, journaliste - Mai 15, 2018

Lors du journal du 15 mai, Aude Lancelin a tenu à revenir sur les propos de Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, qui voit dans la critique des médias un danger pour la démocratie.

Je souhaiterais revenir sur le dernier rapport de la fameuse ONG, ou plutôt sur l’usage curieux qui en est fait depuis quelques semaines par les dirigeants de Reporters sans frontières eux-mêmes, et par certains de nos confrères.

Le 25 avril, paraissait donc le rapport annuel de l’organisation1, censée observer l’état de la liberté de la presse dans le monde.

La France y apparaît une fois encore en mauvaise posture, entre la Slovénie et le Chili cette année, en 33e position. Une légère remontée tout de même, de 6 places par rapport à l’an dernier, mais une remontée qui n’est en réalité qu’une correction mécanique, du fait de la dégradation générale de la situation des médias dans le monde, au sein de l’Union européenne notamment où deux journalistes ont été assassinés l’an dernier dans le cadre de leurs enquêtes sur la corruption et les paradis fiscaux.


La liberté de la presse en danger

Les causes de cette altération de la liberté des médias en France, on les connaît depuis des années déjà, ces causes qui précipitent régulièrement notre pays dans les profondeurs du classement. Je me contenterai du reste de citer le rapport 2016 du même “Reporter sans frontières” sur ce point: si la France est si mal classée c’est à cause

"d’une poignée (je cite) d’hommes d’affaires ayant des intérêts extérieurs au champ des médias qui ont fini par posséder la grande majorité des médias privés à vocation nationale."

Donc, vous l’avez compris, on parle ici des Vincent Bolloré, des Xavier Niel, des François Pinault, des Bernard Arnault, des Patrick Drahi, qui possèdent 90% des médias en France, une situation sans précédent depuis les lendemains de la seconde guerre mondiale.
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How to Wrestle Your Data From Data Brokers, Silicon Valley — and Cambridge Analytica - by Jeremy B. Merrill, April 30, 5 a.m. EDT

It can be done but it’s not easy.

Cambridge Analytica thinks that I’m a “Very Unlikely Republican.” Another political data firm, ALC Digital, has concluded I’m a “Socially Conservative,” Republican, “Boomer Voter.”

In fact, I’m a 27-year-old millennial with no set party allegiance.

For all the fanfare, the burgeoning field of mining our personal data remains an inexact art.

One thing is certain: My personal data, and likely yours, is in more hands than ever. Tech firms, data brokers and political consultants build profiles of what they know — or think they can reasonably guess — about your purchasing habits, personality, hobbies and even what political issues you care about.

You can find out what those companies know about you but be prepared to be stubborn. Very stubborn. To demonstrate how this works, we’ve chosen a couple of representative companies from three major categories: data brokers, big tech firms and political data consultants.

Few of them make it easy. Some will show you on their websites, others will make you ask for your digital profile via the U.S. mail. And then there’s Cambridge Analytica, the controversial Trump campaign vendor that has come under intense fire in light of a report1 in the British newspaper The Observer and in The New York Times that the company used improperly obtained data from Facebook to help build voter profiles.

To find out what the chaps at the British data firm have on you, you’re going to need both stamps and a “cheque.”

Once you see your data, you’ll have a much better understanding of how this shadowy corner of the new economy works. You’ll see what seemingly personal information they know about you … and you’ll probably have some hypotheses about where this data is coming from.

You’ll also probably see some predictions about who you are that are hilariously wrong.
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Le Père Daniël Maes, prêtre flamand vivant en Syrie, expose la vérité, que la presse occidentale ignore - B. Azizi, Sott.net, mercredi, 25 avril 2018

Père Daniël Maes.

Vivant en Syrie dans le monastère Mar Yakub du sixième siècle dans la ville de Qara, à 90 kilomètres au nord de la capitale Damas, le père flamand Daniël Maes a été témoin de l'invasion des terroristes soutenus par l'Occident depuis le tout début. Aujourd'hui encore, lui et ses amis continuent d'aider le peuple syrien non seulement en les secourant directement, mais aussi en diffusant la vérité sur ce qui se passe réellement dans le pays.

Chaque semaine, le Père Daniël publie un bulletin d'information1 dans lequel il décrit ses expériences et ses réflexions sur la situation en Syrie. Après la libération de Ghouta Est, avec l'aide de dons bien nécessaires et d'ONG comme Hand in Hand voor Syrië qui ont fourni des conteneurs remplis de biens de secours - le Père Daniël et d'autres ont donné un grand coup de main aux personnes libérées de la région.


Dans son bulletin publié le 6 avril, il écrit :

Indépendamment de tout, les festivités de Pâques 2018 ont été grandement célébrées. Les gens dansent et chantent, parce que la partie orientale de Ghouta a finalement été (presque complètement) libérée par l'armée syrienne et ses alliés. La vraie horreur revient maintenant à la surface : Des milliers d'hommes ont dû creuser des tunnels de dizaines de kilomètres de long, comme des esclaves, jusqu'à ce qu'ils soient épuisés, puis tués. Voyez ce que l'armée syrienne a trouvé : Prisons et salles de torture, grandes réserves de nourriture et de fournitures médicales appartenant à l'aide humanitaire internationale, toutes gardées par les terroristes, un hôpital entièrement équipé, une quantité importante d'armes, de munitions et même d'usines, également pour les armes chimiques, des communications sophistiquées....
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La journaliste sort un bouquin sur la "Porn Valley"  - Portraits - par Nina Guérineau de Lamérie, 11 Avril 2018

Correspondante pour plusieurs médias en Californie, Laureen Ortiz s'est plongée dans le monde du porno. Elle le raconte dans un bouquin, en attendant la série.

Au Monte-en-l'air. / Crédits : Nina Guérineau de Lamérie

À la librairie Le Monte en l’Air, Laureen Ortiz claque des bises. Ses amis arrivent au compte-gouttes, ce mercredi 28 mars, pour découvrir son nouveau livre Porn Valley1 publié aux éditions Premier parallèle.

La journaliste de 35 ans y relate ses trois mois passés dans la vallée du porno de Los Angeles. Les blagues sexuelles fusent.

"J’aurais dû mettre le costard et rien en-dessous", sourit un homme aux cheveux brun, à peine arrivé.

"Le nom de la librairie est en accord avec le thème !", se marre un autre.

Un livre sur le porno ? Journaliste indépendante pour Libération, Le Monde ou encore l’AFP depuis 11 ans, Laureen Ortiz s’explique :

"Dans mon métier, il arrive très souvent que l’on ne choisisse pas ses sujets. Ce sont eux qui vous tombent dessus, comme des pommes, en fonction des lieux et des circonstances."

Ainsi c’est en 2009, alors qu’elle est correspondante pour Libé à Los Angeles, que le porno lui "tombe" dessus. Un matin de juin, à l’heure du petit-déj, elle lit un article évoquant une actrice porno testée positive au VIH le soir, et repartie en tournage le lendemain :

"Je trouvais ça dingue qu’on laisse des gens choper le sida sans s’en inquiéter."

La jeune auteure n’a jamais maté un porno de sa vie (dit-elle) mais, intriguée, part à la rencontre des acteurs et actrices porno.
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Des générateurs de vapeur défectueux dans les centrales nucléaires françaises : délicieuse audience au Conseil d'Etat - Observatoire du nucléaire - Publication du mardi 29 mai 2018

Lundi 14 mai 2018, saisi par l'Observatoire du nucléaire à propos des générateurs de vapeur défectueux1 en service dans le parc nucléaire français, situation aussi sidérante que dangereuse mais à laquelle personne (ou presque) ne semble porter attention, le Conseil d’État a organisé une "enquête à la barre".

Il s'agit d'une procédure fort ancienne et tombée depuis longtemps en désuétude, mais

"qui vit une nouvelle jeunesse, le Conseil d’État y recourant de manière accrue depuis quelques années en particulier pour éclairer la résolution des contentieux économiques et financiers les plus complexes." 2

Sans nourrir d'espoirs excessifs sur le résultat final de notre démarche, pourtant parfaitement justifiée, nous ne pouvons que nous féliciter de voir que le Conseil d'Etat a pris cette affaire avec le sérieux qu'elle mérite au vu de la gravité des conséquences possibles, à savoir tout simplement un Fukushima français, contrairement à l'ensemble des médias3 qui n'avaient dépêché personne mais qui, il est vrai, avaient des affaires autrement plus importantes à traiter : succession de Johnny Halliday, mariage princier en Grande-Bretagne, etc.
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Armes chimiques en Syrie : des entreprises européennes visées par une plainte - Guerres - par Rachel Knaebel, 28 mai 2018

Le 16 mai dernier, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé, suite à une mission d’inspection en Syrie, qu’elle avait constaté que du chlore avait été "vraisemblablement utilisé comme arme chimique le 4 février 2018" dans la ville syrienne de Saraqib1.

Contrairement au "Mécanisme d’enquête conjoint" – supprimé fin 2017 suite à un véto de la Russie après avoir conclu à la responsabilité du régime syrien dans l’attaque au gaz sarin de Khan Cheikhoun le 4 avril 2017 2 –, l’OIAC n’a pas pour mission d’examiner quel belligérant l’a utilisé. Une enquête de l’OIAC est également en cours3 concernant l’attaque de Douma le 7 avril dernier, dans le cadre de l’offensive du régime contre la Ghouta orientale, près de Damas.

Dans son rapport sur l’attaque de Saraqib, localité située dans la province d’Idlib, l’organisme a précisé avoir établi

"des analyses environnementales démontrant la présence inusuelle de chlore dans l’environnement local" et constaté qu’un "nombre important de patients présentaient peu après l’attaque des symptômes d’irritation des tissus cohérents avec l’exposition au chlore".

Pourtant, en 2014, la même organisation avait annoncé que le stock syrien d’armes chimiques, déclaré un an auparavant par le pouvoir syrien, avait été livré aux forces internationales chargées de les détruire.
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Réprimés pour l'exemple - Sur le vif - Publié le 24 mai 2018, par Agathe Mercante 

Interpelés pour avoir tenté d'occuper le lycée Arago, à Paris, 40 mineurs ont été arrêtés mardi par les forces de police. Relâchés jeudi, 14 d'entre-eux seront présentés devant un juge pour enfants. Un traitement radical.

"Sois jeune et tait-toi". Le slogan soixante-huitard, cinquante ans plus tard, sonne encore douloureusement juste. Arrêtées, maintenues dans des véhicules de Police durant 4 heures, gardées à vue… Le sort réservé aux 102 personnes interpelées mardi dans et devant le lycée Arago, dans le 12ème arrondissement de Paris, n’a rien d’enviable.

Et la suite non plus.

Après 48 heures de garde-à-vue, ces dernières ont été déférées ce jeudi devant le Tribunal de grande instance de Paris. Parmi eux, 40 mineurs.

"Ils sont sortis à l’instant", affirme Louis Boyard, président de l’Union nationale lycéenne (UNL).

Plus d’une centaine de personnes – lycéens, parents d’élèves – étaient venues manifester contre la mise en examen de ces derniers, accusés de

"participation à un attroupement en vue de commettre des dégradations et/ou violences" et "intrusion non-autorisée dans un établissement scolaire commis en réunion".

"Ils ne veulent pas raconter ce qu’ils ont vécu, ça a dû être très difficile pour eux", avance le représentant du syndicat lycéen.
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Pour vendre des Rafale à la Malaisie, la France autorise l’huile de palme dans le carburant - Info - 17 mai 2018, Pierre Isnard-Dupuy (Reporterre)

À Bruxelles, le gouvernement français s’oppose à l’interdiction de l’importation d’huile de palme. En France, il autorise la "bioraffinerie" de Total à La Mède, qui va augmenter de moitié les importations de cette huile aux conséquences désastreuses sur les forêts tropicales et le climat mondial.

Marseille (Bouches-du-Rhône), correspondance - Feu vert pour la "bioraffinerie" Total de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône. C’est ce qu’a décidé la préfecture avec l’assentiment du ministère de la Transition écologique et solidaire, ce mercredi 16 mai. La production de 500.000 tonnes de "biodiesel" devrait donc démarrer à l’été1. Pourtant, le projet, parce qu’il va induire une importation massive d’huile de palme, suscite de sérieuses inquiétudes à cause de ses conséquences sur la déforestation des forêts tropicales.

Pourtant, le ministre Nicolas Hulot s’était prononcé à l’été 2017, lors de la présentation de son plan climat2, pour la fin des importations de produits agricoles ou forestiers contribuant à la déforestation des "trois plus grandes forêts tropicales du monde".

"La déforestation est responsable de 10 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales", avait-il alors considéré.

L’huile de palme, un produit miracle pour les industriels : peu cher et facile à transformer. Source de graves atteintes à l’environnement, il perd de plus en plus de crédibilité auprès des consommateurs. Ainsi, son utilisation dans l’agroalimentaire chute (- 1,1 million de tonnes de 2010 à 2014). Mais son intégration dans les agro-carburants ne cesse d’augmenter, de 8 % à 45 %3. En France, 75 % de l’huile de palme consommée l’est sous forme de carburant. L’Indonésie et la Malaisie sont les principaux producteurs d’huile de palme. Dans ces pays, une déforestation massive conduit au remplacement de la forêt tropicale par des plantations de palmiers à huile4. Des plantations prennent également place sur les tourbières, des écosystèmes d’une grande biodiversité et qu’il est nécessaire de sauvegarder face à l’enjeu climatique car ils captent une grande part du carbone qui ne finit pas en gaz à effet de serre.
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Quand le PIR rejoint les "Black blocs"… à Saint-Denis - Infos locales - par Suger, 12 mai 2018
 
Les 4, 5 et 6 mai se tenait à la Bourse du Travail de Saint-Denis une réunion indigéniste et  islamiste, organisée notamment par le PIR (Parti des Indigènes de la République), dont  "Saint Denis Ma Ville" a rendu compte par ailleurs1.

Une intervention, le dimanche 6 mai, retient particulièrement l’attention. Nous avons pu nous procurer le verbatim de l’enregistrement de l’intégralité de cette intervention qui a duré une trentaine de minutes (voir le lien pour ce document en fin d’article).

En voici une présentation des extraits les plus significatifs sur la nouvelle orientation du PIR qui fait un constat d’échec de sa stratégie d’infiltration des organisations de gauche pour se réorienter vers une alliance avec les groupes violents des "Black blocs".
 
Intervention de Stella MAGLIANI-BELKACEM (Bandung du Nord – Bourse du travail de Saint-Denis – 6 mai 2018)

En préalable, l’oratrice précise l’élaboration de la doctrine qui va désormais orienter le PIR et ses soutiens :

"Ce papier, il n’est pas de moi, pas complètement de moi d’abord parce qu’il a un co-auteur, Félix Boggio Ewanjé–Epée qui a travaillé autant que moi {applauds} (…) mais il est aussi le fruit d’une élaboration militante et bien évidemment d’abord celle du PIR de Houria Bouteldja et de Sadri Khiari, et je suis contente que Houria l’ait évoqué, mais également d’une élaboration militante" (…)

Puis pour marquer les esprits, l’oratrice salue la présence d’Antonin Bernanos, qui a été mis en examen puis jugé coupable et emprisonné dans l’affaire de la voiture de police brûlée sur le quai Valmy en 2016 et précise 

"puisqu’il est des nôtres… de nos martyrs emprisonnés" car "on est nombreux à concevoir que c’est en prison que vit aujourd’hui ce qui fait peut-être le noyau le plus conscient politiquement de notre indigénat au sens large" (…)
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The Oxytocin Tent - By George Monbiot, published in the Guardian 9th May 2018, 11th May 2018

The wonderful things I learnt during my treatment for prostate cancer

If I could turn back the clock, magically deleting my prostate cancer, the surgery I needed and its complications, would I do so? It seems an odd question. But I find it surprisingly hard to answer.

It wasn’t a lot of fun. I stopped breathing in the recovery room, which felt as if I were drowning. I hated being catheterised. The painkillers I took locked up my bowels, forcing me to excavate them by hand, as straining could have torn the delicate stitching above them. I succumbed to a post-operative infection, that kept me awake for seven nights. Just as the infection passed, the muscles around the operation site went into spasm, causing such pain that I found myself curled up on the floor, nails hooked into the carpet. After three days of this I was rushed to hospital, unable to pee, as everything had clamped shut. Having another catheter inserted, three weeks after the first one had been removed, felt like a miserable regression.

But I feel I have learnt more about myself and the world around me over the past two months than over the preceding twenty years. The first revelation was the astonishing power of human kindness. The team that treated me, at the Churchill Hospital in Oxford, made me feel I was part, however briefly, of a vast but close family. The consideration of the doctors and nurses, who managed to create the impression that they had all the time in the world, even as they were rushed off their feet; the instant responses of the ward and the triage team whenever I ran into trouble after I was discharged; the regular phone calls the surgeon made to see how I was coping were more than just professionalism. It felt like care in every sense. I am convinced, in the light of my research1 for our album about loneliness2, that this attention was crucial to my recovery.

At home, I came to think of my bed as an oxytocin tent. The hugs my family gave me relieved both pain and the symptoms of fever faster than any of the drugs I took: the analgesic effect of physical contact, now widely documented3, has not been exaggerated. And I drew courage from the thousands of wonderful messages I received. Thank you.
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Pourquoi Netanyahu veut la guerre  - Thursday, May 10, 2018 - Posted by Claude El Khal

En février dernier, j’avais expliqué sur le plateau du Média pourquoi Netanyahu avait besoin d’une guerre et quelles pourraient être les conséquences militaires pour Israël si cette guerre avait lieu.

Depuis hier soir, depuis que des missiles ont pris pour cible des positions israéliennes dans le Golan syrien occupé en réponse aux nombreux bombardement israéliens sur la Syrie, tout porte à croire que cette guerre a commencé.
 
Essayez de regarder cette vidéo sur www.youtube.com > https://youtu.be/Ekf1psgkltM

Accusé de corruption par les chefs de la police israélienne 1, isolé sur la scène internationale depuis que Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, et de plus en plus impopulaire auprès de sa propre population, Benjamin Netanyahu a besoin d’une guerre. Seule une guerre pourrait reculer l’échéance de son inculpation pour corruption 2, seule une guerre pourrait attirer à nouveau la sympathie et le soutien de la communauté internationale, seule une guerre pourrait faire taire la contestation intérieure et unir les Israéliens autour de leur gouvernement.

L’état-major de l’armée israélienne serait, quant à lui, opposé à tout nouveau conflit. Depuis la guerre contre le Liban en 2006, le commandement de Tsahal a compris que, bien qu’il possède toujours l’armée la plus puissante et la mieux équipée du Moyen-Orient, il est dans l’incapacité de gagner une guerre éclair ,3 la seule qu’Israël puisse se permettre.
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Bain de sang à Gaza : quand l’Europe arrêtera-t-elle de financer l’industrie de l’armement israélienne ? - Répression - par Antoine Besson, photo : CC mohammed al-saber, 16 mai 2018

Avec le massacre perpétré par l’armée israélienne contre des civils palestiniens ce 14 mai, la question des partenariats entre l’Union européenne et le gouvernement de Netanyahou se pose. D’autant que Bruxelles y finance des recherches militaires et que des agences européennes se fournissent en drones israéliens, dont certains ont été testés à Gaza. Des voix s’élèvent pour demander un embargo sur les ventes d’armes allemandes, britanniques ou françaises vers Israël.

À Gaza, la journée du 14 mai a été le point culminant d’un massacre commencé le 30 mars 1, premier jour d’une série de "marches du retour" commémorant la Nakba, nom donné par les Palestiniens à leur exode de 1948, lors de la première guerre israélo-arabe. Au moins 59 morts et plus de 1 350 blessés par balles sont dénombrés pour cette seule journée. Les soldats israéliens ont encore une fois tiré à balles réelles sur les manifestants, y compris les enfants ou les journalistes.

Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) dénoncent des blessures par balles inhabituelles et dévastatrices2, avec

"un niveau extrême de destruction des tissus et des os, et des orifices de sortie de balles démesurés, qui peuvent avoir la taille d’un poing."

Autre technique nouvelle : des drones sont utilisés pour lâcher des gaz lacrymogènes sur la foule – un usage massif de cartouches larguées de 10 à 20 mètres de haut, augmentant les risques de blessures. Un bébé de 8 mois aurait été tué après avoir inhalé ces gaz.
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Payments for not Mugging Old Ladies - 5th May 2018

❐ This is George Monbiot’s response to the government consultation document Health and Harmony: the future for food, farming and the environment in a Green Brexit


Submitted to the Department of Environment, Food and Rural Affairs, 29th April 2018

❐ I am a journalist, author and environmental campaigner. I am contracted by The Guardian to write a weekly column. I have no landholding or other direct financial interest in the questions addressed here.


Response to Chapter 2: reform within the CAP

➢ The consultation asks: How can we improve the delivery of the current Countryside Stewardship scheme and increase uptake by farmers and land managers to help achieve valuable environmental outcomes?

I am concerned by the policy aim in the consultation document of “cutting red tape by reducing evidence requirements to the minimum necessary, to lessen burdens on the customer while continuing to make sure we achieve our environmental outcomes.” There is plenty of evidence to suggest that regulations, enforcement and monitoring are woefully lacking in several crucial areas.

The Rivers Trust has shown how infrequent soil inspections by the Rural Payments Agency are, and how feeble their powers of investigation and enforcement1. For example, if RPA inspectors wish to determine whether soil compaction is taking place, they need to dig holes in the fields with a spade, to look at what has happened to the soil layers. But they do not possess the power to conduct an “invasive investigation”, which is the official term for digging a hole. So they are not permitted even to detect, let alone enforce, a breach of the compaction rules.
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Annie Ernaux : "La politique macronienne est marquée par un manque d’humanisme" - Livres - le 26 mai 2018, INTERVIEW

Annie Ernaux, auteure des Années, et de Mémoire de fille, qui sort en poche, a construit une œuvre traversée par la lutte des classes et des sexes en résonance avec l’actualité. Elle se confie longuement au JDD.

Annie Ernaux, ici en 2016, s'est longuement confiée au JDD. (abaca)

Elle est une admiratrice de Simone de Beauvoir et de Simone Veil. Annie Ernaux1 a connu la consécration avec Les Années (2008), une autobiographie collective et intime couvrant soixante ans de notre histoire, et a devancé l’actualité avec Mémoire de fille (2016), récit sur un rapport sexuel violent l’été de ses 18  ans. L’écrivaine est restée silencieuse ces derniers temps.

Elle nous reçoit aujourd’hui, dans sa maison de Cergy en région parisienne, pour parler littérature et politique. Dans ces deux domaines, elle a toujours fait preuve de persévérance et de cohérence. Voici un court extrait de la longue interview accordée par Annie Ernaux au JDD.


La lutte a-t‑elle toujours fait partie de votre vie?

▶︎ La lutte, c’est la vie. Je l’ai appris tôt. Tout est question d’éducation. J’ai été choquée du nombre d’enfants présents dans les manifestations contre le mariage pour tous. Il faut se souvenir que c’est une enfant de 12 ans qui a brandi une banane à Christiane Taubira. La lutte contre le racisme et l’antisémitisme passe aussi par l’éducation.
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Le revenu universel, une utopie réaliste? - LIVRES - Mark Hunyadi, publié vendredi 25 août 2017

Vulgarisateur brillant, le Hollandais Rutger Bregman brandit des statistiques et rappelle des faits têtus en faveur de cette idée déjà ancienne. Mais n’avance aucune piste pour la mettre en pratique

En 2016, le monde intellectuel célébrait les 500 ans de la parution de L’Utopie de Thomas More, œuvre qui reste à ce jour la matrice (jusque dans le nom qu’il lui a forgé) de ce dont est capable l’imagination politique, lorsqu’elle veut nous porter au-delà des rivages connus du monde humain.


Est-ce l’esprit de cette célébration qui est venu, un demi-millénaire plus tard, redonner vie à l’élan utopique qu’on croyait définitivement essoufflé au XXe siècle? En tout cas, un nombre tout à fait significatif de publications, venues simultanément de plusieurs aires culturelles de par le monde, en témoignent. Parmi elles, un livre à succès du (très) jeune auteur néerlandais Rutger Bregman (il est né en 1988), Utopies réalistes, traduction de l’original anglais Utopia for Realists – And How We Can Get There ("Une utopie pour réalistes, et comment nous pouvons y arriver").


Richard Nixon était pour

Le titre français a mis les utopies au pluriel, alors qu’il s’agit bel et bien de la défense et illustration d’une seule et même idée, pas si neuve que cela d’ailleurs: le revenu universel de base, ou allocation universelle. Sans doute l’éditeur parisien voulait-il éviter toute association trop directe avec Benoît Hamon, qui défendit vaillamment (mais maladroitement) cette idée, avant de subir, comme l’on sait, une déroute électorale sans précédent… Mais ce n’est pas forcément pour avoir défendu le projet d’un revenu de base! Car Hamon ou pas, on peut gager que cette idée, qui a déjà une longue histoire (en 1970, Nixon a failli réussir à l’introduire aux Etats-Unis!), qui a séduit de grands esprits venus de tout bord (de Bertrand Russell à Friedrich von Hayek et deux autres Prix Nobel d’économie) et qui aujourd’hui connaît une réelle extension politique, que cette idée donc va poursuivre son petit bonhomme de chemin, jusqu’à s’imposer comme une évidence. L’économiste Hirschmann le disait:

"Il suffit souvent qu’une utopie se réalise pour qu’elle soit presque immédiatement perçue comme un lieu commun."

Ainsi l’idée d’un revenu pour tous.
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IKEA demande aux gens de harceler cette plante pendant 30 jours pour voir ce qui arrivera, et les résultats en disent long - 10 Mai 2018

IKEA a récemment réalisé une expérience intitulée "Bully a Plant" (harceler une plante) avec deux plantes et des milliers d’enfants pour tenter de sensibiliser la population à la Journée anti-harcèlement tenue le 4 mai au Moyen-Orient.

Pour réaliser l’expérience, IKEA a pris deux de ses propres plantes et les a installées dans une école.

L’une des plantes était nourrie de compliments et de mots d’encouragement, tandis que l’autre était verbalement harcelée par des mots haineux.

Les étudiants ont été encouragés à enregistrer leurs propres voix pour partager leur amour avec la première plante et lancer des critiques à la seconde, soit directement ou via les médias sociaux. Au bout de 30 jours, les résultats parlaient d’eux-mêmes.

Tandis que la plante complimentée continuait à prospérer, la plante harcelée luttait visiblement pour survivre et semblait terne avec des feuilles brunes qui tombaient.

Les deux plantes ont été traitées strictement de la même façon : arrosées avec la même quantité d’eau, exposées à la même lumière du soleil et nourries de la même quantité d’engrais.

La seule différence, c’était les paroles critiques lancées à une plante et les mots d’encouragement dits à l’autre, pour une durée de 30 jours.
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Responsable de l’Unef voilée : retour sur une semaine de polémique
20 Mai 2018


     




Radicalisations - "Agir en primitif, prévoir en stratège" - "Manière de voir" - #151 février - mars 2017 - par Serge Quadruppani

S’organiser de manière autonome, loin des partis, des associations et en marge des organisations syndicales ? À Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, dans le val de Suse, en Italie, en tête de cortège lors des manifestations du printemps 2016 contre la loi travail, des militants déterminés bravent la police pour défendre leurs idées et leurs pratiques.

Dans quelques grandes villes de France, durant les manifestations de rue du printemps 2016 contre la loi travail, qu’est-ce qui poussait tant de gens de tous âges et de diverses catégories sociales à remonter le long des trottoirs ou à sortir des rangs encadrés par les organisations syndicales pour se joindre à ce qui s’est rapidement auto-baptisé "cortège de tête" ? Qu’est-ce qui les incitait à rallier cette composante qui, d’un rendez-vous à l’autre, a grossi jusqu’à compter plusieurs milliers de personnes et constituer parfois une moitié de la manifestation ? C’était pourtant là qu’on subissait les bombardements intensifs de grenades lacrymogènes, les incursions des brigades anti-criminalité (BAC) pour interpeller des individus désignés suivant des critères inconnus, les arrosages par les motopompes. C’était là qu’on risquait de perdre un œil par l’effet d’un tir de Flash-Ball ou de sombrer dans le coma à cause d’une grenade dite "de désencerclement". Il faut bien qu’il se soit passé quelque chose pour que tant de monde se soit volontairement porté au-devant de tant de périls.

La nouveauté décisive du mouvement du printemps 2016 n’est peut-être pas principalement les Nuits debout sur lesquelles s’est concentrée l’attention médiatique, en France et surtout à l’étranger. Si elles ont été parfois le lieu de débats, les assemblées générales ont très souvent ressemblé à des groupes de parole où le défilement des subjectivités souffrantes reste sans conséquences. Elles ont en revanche été utiles comme lieux de préparation de manifestations sauvages ou d’interventions dans des luttes en cours.
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II. Du conflit mondial aux espérances internationales (1914-1920)1 • pages 34 et 35 - L’attentat de Sarajevo, une explication commode - in "Manuel d’histoire critique" • 2014 - par Jean-Arnault Dérens

Selon une analyse fort répandue, l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie, le 28 juin 1914, aurait, en déclenchant un "domino d’alliances", provoqué la première guerre mondiale. Cette lecture occulte les causes véritables du conflit, en particulier la logique mortifère des rivalités impériales.

La première guerre, vraiment mondiale ?

▶︎ la carte des alliances

La première guerre mondiale a-t-elle vraiment été "provoquée" par l’attentat de Sarajevo qui coûta la vie à l’archiduc héritier, François-Ferdinand d’Autriche-Hongrie, et à son épouse le 28 juin 1914 ? Les combats ont-ils véritablement débuté en Belgique et en Lorraine ? Cette chronologie, centrée sur les événements européens, est la plus répandue, mais elle oublie tout un pan de l’histoire du conflit, amputant l’analyse de ses causes.
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