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dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 943 communes s'opposent au 'Linky'



 

 

 


28 Novembre 2020

     

- Entretien > 28 novembre 2020 / Propos recueillis par Hervé Kempf

Geoffroy de Lagasnerie : "Guérilla juridique, infiltration, action directe… Il faut déployer un autre imaginaire de l’action"

Ecrasée par le macronisme, qui ne supporte aucune contestation, aucun contre-pouvoir, que peut la gauche ? Elle doit renouveller ses modes d’action, et ne pas rechigner à infiltrer les lieux de pouvoir, estime le philosophe Geoffroy de Lagasnerie.

Le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie a publié Sortir de notre impuissance politique (Fayard, 2020), un manuel de réflexion et d’action pour que les différentes luttes pour un monde plus juste gagnent en efficience. Intellectuel de gauche engagé contre le racisme et les discriminations que subissent les minorités sexuelles, il est membre du Comité Adama — et l’auteur avec Assa Traoré du Combat Adama (Stock, 2019), qui relate leurs années de lutte.

Reporterre — Que vous inspire le moment actuel, entre le Covid, les attentats terroristes, et la loi "sécurité globale" ?

Geoffroy de Lagasnerie — J’ai l’impression de vivre une année de cauchemar. En même temps, l’espace du progrès et de la gauche ne doit pas être paralysé par une focalisation exclusive sur des sujets comme la pandémie ou le terrorisme, qui ne sont peut-être pas des remises en cause de nos vies plus puissantes que d’autres. Et peut-être même pas aussi graves qu’il y a quelques années en ce qui concerne le terrorisme. Le rôle des intellectuels, des écrivains, de la culture est de nous décentrer par rapport à ces sujets, de se méfier notamment du covido-centrisme qui nous étouffe et de faire émerger d’autres sujets dans l’espace public.

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- Fr3 Bretagne - Publié le 27/11/2020

Policier, il présente sa démission, écœuré par la loi sur la sécurité globale

Alexandre Langlois, policier dans les Yvelines et originaire du Morbihan vient d'envoyer une demande de rupture conventionnelle au ministre de l'Intérieur. Selon lui, les missions de la police ont basculé sur un contrôle social, au détriment du respect du code pénal.

Alexandre Langlois ne veut plus être policier et a exprimé sa volonté de quitter ses fonctions dans une lettre adressée au ministère de l'Intérieur • © DR Morbihan

"Lorsque je me suis engagé dans la Police nationale, j’avais à l’esprit deux maximes de Jean-Jacques Rousseau : "Il n’y a que la force de l’État qui fasse la liberté de ses membres" et d’autre part "que seule l’obéissance à la loi que l’on s’est prescrite est liberté". Or, aujourd’hui, je constate qu’il n’est plus question pour le peuple d’obéir aux lois auxquelles il a lui-même consenti et que le rôle de sa police n’est plus de protéger ses libertés, mais plutôt de toutes les annihiler, comme le ferait le plus vil des oppresseurs."

Alexandre Langlois, policier depuis 16 ans vient d'envoyer ce vendredi 27 novembre une demande de rupture conventionnelle au Ministère de l'Intérieur. Il veut quitter ses fonctions.

"Je n'ai pas signé pour cautionner ce genre de dérives"

Affecté au renseignement territorial dans les Yvelines (sa mission est de prévoir et d'encadrer les manifestation, de donner des renseignements sur l'état du tissu social et économique, qui permet au préfet de prendre telle ou telle décision), secrétaire national du syndicat de police Vigi, il mûrit cette décision depuis un an.

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- VIOLENCES POLICIÈRES - PARTI PRIS - 26 Novembre 2020, François BONNET

L’honneur perdu d’un ministre

Depuis son arrivée Place Beauvau, Gérald Darmanin n’a cessé de flatter les franges les plus extrémistes de la police. Le résultat est un désordre général sur fond de violences policières accrues. Il est grand temps de limoger ce ministre de l’intérieur incendiaire.

C’était il y a quelques jours à la tribune de l’Assemblée nationale. Vantant la proposition de loi dite "sécurité globale", le ministre de l’intérieur s’en prenait vivement à Jean-Luc Mélenchon.

"Grandeur, oui, grandeur aux policiers et aux gendarmes !"

Un peu plus tard, Gérald Darmanin récidivait devant les parlementaires :

"Je suis très heureux, très heureux, d’être un défenseur des policiers […]. Honneur à la police."

Un ministre de l’intérieur n’a certainement pas à être "défenseur des policiers". Il est le garant de la sécurité publique, celle des citoyens. Il est le responsable d’un bon usage du recours à la force, quand elle s’avère en dernière extrémité indispensable.

On le sait au moins depuis Mai-68, quand le préfet de police de Paris Maurice Grimaud mettait en garde, dans une lettre célèbre adressée à tous ses hommes, contre tout écart et violence injustifiée. On le sait quand Pierre Joxe, ministre de l’intérieur à la fin des années 1980, a mis au cœur de sa gestion de la police nationale la déontologie et la professionnalisation.

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- Tribune > 28 novembre 2020 / La rédaction de Reporterre

Manifestons pour défendre les libertés publiques

Samedi 28 novembre, une large coordination d’acteurs opposés à la proposition de loi dite de "Sécurité globale" appellent à une "marche des libertés" à Paris et dans plusieurs villes. Cette manifestation s’inscrit dans le contexte d’une semaine tendue entre le gouvernement, les forces de l’ordre et les défenseurs de la liberté d’expression. Reporterre a décidé de se joindre à cet appel.

C’est une mobilisation historique. Une convergence inédite entre sociétés, collectifs et associations de journalistes et de réalisateurs, confédérations syndicales, organisations de défense de droits humains, collectifs de luttes contre les violences policières, quartiers populaires. Tous ensemble travaillent au sein de la coordination "StopLoiSécuritéGlobale" pour faire reculer le gouvernement sur ce projet qui porte atteinte à la liberté d’informer. Une loi qui a été votée par 388 députés, caricaturés par les dessinateurs de la Revue Dessinée.

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27 Novembre 2020

     

- Tribune > 27 novembre 2020 / Des scientifiques d’ateliers d’écologie politique

Nous refusons que la recherche publique cautionne de grands groupes chimiques

Les auteurs de cette tribune interpellent M. Mauguin, pédégé de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, au sujet de la participation de l’Inrae à un colloque sur la chimie et l’agriculture durable où les industriels sont surreprésentés. Un cas d’école d’instrumentalisation de la science, soulignent-ils, préjudiciable à l’intérêt général et à l’information de la jeunesse sur la crise écologique.

Voici une lettre ouverte à M. Mauguin, pédégé de l’Inrae, sur la participation problématique de l’Institut au colloque "Chimie et agriculture durable". La lettre a été écrite par les scientifiques des ateliers d’écologie politique de Toulouse, Montpellier, Paris-Île-de-France et Rennes. À cause des restrictions sanitaires, l’événement a été reporté, avec programme et conférenciers inchangés, ce qui n’enlève donc rien au problème soulevé par cette lettre.

Monsieur Mauguin,

Le mercredi 4 novembre 2020, à Paris, la Fondation de la Maison de la chimie organisait un colloque intitulé Chimie et agriculture durable : un partenariat en constante évolution. [Le colloque a été repoussé en raison de la crise sanitaire mais devrait avoir lieu avec un programme inchangé.] L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) donne une caution scientifique à cet événement par la participation de son directeur scientifique environnement.

Pourtant, ce colloque nous apparaît comme un cas d’école de manipulation de la démarche scientifique à des fins d’influence. Nous nous adressons à vous en tant que pédégé d’un institut public officiellement dédié à "la science pour la vie, l’humain, la terre", pour vous demander d’annuler la participation de l’Inrae à cet événement. La menace d’instrumentalisation de la réputation de l’Inrae à des fins d’intérêts privés est bien réelle, intérêts privés allant dans le sens d’une aggravation des crises écologique et climatique que l’Institut prétend combattre. Nous vous demandons également qu’une politique institutionnelle explicite soit mise en œuvre pour, à l’avenir, faire face à ce type d’instrumentalisation.

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- Info > 27 novembre 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Jérôme Laronze, le paysan tué par un gendarme, avait subi des contrôles "irréguliers"

Trois des contrôles subis par Jérôme Laronze, éleveur tué par un gendarme en 2017, étaient "irréguliers", assure le tribunal administratif de Dijon. "Les gendarmes présentaient Jérôme comme dangereux. Mais selon ce jugement, c’est Jérôme qui était agressé", souligne la famille de l’éleveur. "Cette décision rétablit Jérôme dans ses droits et dans sa dignité."

C’est une décision de justice qui inverse la perspective. Jérôme Laronze a été tué de trois balles — reçues de côté et de dos — par un gendarme, le 20 mai 2017, dans un chemin de terre de Sailly (Saône-et-Loire). L’éleveur avait fui neuf jours plus tôt un contrôle sur sa ferme, située quelques collines plus loin, à Trivy. On venait lui retirer ses vaches, on parlait de l’envoyer en soins psychiatriques. Tout, dans l’attitude des représentants de l’État, visait jusqu’ici à soutenir la thèse que l’homme aurait été dangereux : la gendarmerie cherchant inlassablement le paysan dans les collines de Saône-et-Loire, la précaution des agents des services vétérinaires se faisant "protéger" par les gendarmes quand ils venaient sur sa ferme…

Mais le tribunal administratif de Dijon fait place, dans un jugement que la famille du paysan vient de rendre public, à une autre interprétation. Il estime que trois des contrôles subis par Jérôme Laronze étaient irréguliers. "Il a été une victime de violences de la part des agents de l’État et non l’inverse", souligne sa famille dans un communiqué.

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- Émissions La Grande table idées - Épisode : Régis Debray traverse les siècles - 23/11/2020

Régis Debray traverse les siècles

➤ À retrouver dans l’émission LA GRANDE TABLE IDÉES par Olivia Gesbert

"D'un siècle l'autre", le philosophe et écrivain Régis Debray traverse l'époque. Notre invité partage la mémoire d'un monde qui n'est plus pour qu'advienne à sa suite le monde nouveau qu'il a vu poindre.

Régis Debray - "Esprits Libres" - TV Set • Crédits : Eric Fougere / Contributeur - Getty

Portrait d'une époque aux côtés du philosophe et écrivain Régis Debray, qui publie "D'un siècle l'autre" (Gallimard, 5 novembre 2020).

“Il faut vivre sur aujourd'hui et hier pour rêver peut-être d'un lendemain.” (Régis Debray)

Grand témoin de ses idéaux, de ses combats, petites et grandes défaites, Régis Debray raconte le siècle, sa vie en filigrane de l'air d'un temps qui n'est plus et dont il transmet la mémoire.

Dans ce livre j'ai voulu relier une mémoire personnelle à l'histoire collective d'une génération. Une génération, c'est des communs diviseurs qui nous rassemblent. (...) c'est avoir des passions qui nous opposent mais ont en commun des repères identiques. J'ai épousé les idées de ma génération et tenté de donner le témoignage personnel d'une transformation collective.” (Régis Debray)

De sa plume vagabonde, il convoque l'esprit du siècle d'un œil résolument iconoclaste.

“Je ne me sens pas tellement lié à la gauche très convenable du centre gauche, de l'état d'esprit de l'époque. Un gaulliste d'extrême gauche n'a de place nulle part. On s'habitue à être un peu seul."

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- SANTÉ PUBLIQUE - Nolwenn WEILER, 26 Novembre 2020 - Photo d’illustration : © Pedro Da Fonseca

Deux mille enfants déclarent un cancer chaque année, et toujours aucune explication

Plus de 2000 enfants déclarent un cancer chaque année en France. Certains parents tâchent de savoir pourquoi, mais se heurtent à l’inertie, voire à l’hostilité des autorités sanitaires, et parfois de leurs élus. Le sujet est complexe, poser des questions semble dérangeant. Basta ! est allé à la rencontre de ces familles, pour raconter leurs quotidiens et s’interroger, avec elles, sur ce grave problème de santé publique. Premier article d’une série de reportages que nous publions jusqu’au 1er décembre.

Chaque année en France, plus de 2000 enfants et adolescents déclarent un cancer. La plupart survivent, après de longs et rudes mois de traitement. Certains en meurent, plusieurs centaines, chaque année. Parfois, leurs parents se mobilisent pour comprendre ce qui est arrivé à leurs enfants, surtout quand ils découvrent qu’il y a d’autres petits malades dans leur voisinage. Mais il est difficile de rassembler des informations. L’engagement des autorités sanitaires reste timide. Les parents ne se sentent pas soutenus. Ils ont plutôt l’impression qu’on leur met des bâtons dans les roues, et les raisons des cancers demeurent, à ce jour, indéfinies. Cela dit, d’importants soupçons pèsent sur l’environnement, et sur le cocktail chimique que l’on y trouve, pesticides en tête.

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- SANTÉ PUBLIQUE - SANTÉ PUBLIQUE - Nolwenn WEILER, 27 Novembre 2020 - Dessin : Cécile Guillard

Cancers pédiatriques : "On dirait qu’ils ont réfléchi à la meilleure manière de faire disparaître le cluster"

"Pourquoi y a-t-il tant d’enfants malades sur notre territoire ?" C’est la question que se posent les parents du collectif Stop aux cancers de nos enfants, basé en Loire-Atlantique. En cinq ans, 24 enfants sont tombés malades dans la commune de Sainte-Pazanne et alentour, cinq sont morts. Les autorités sanitaires ont décrété qu’il n’y avait rien d’anormal. Sidérés, les parents poursuivent leurs recherches. Deuxième volet de notre série sur les cancers pédiatriques.

Qu’est-ce qui entraîne le déclenchement de tant de cancers d’enfants dans un secteur très resserré d’une dizaine de communes à l’ouest de la Loire-Atlantique, dont celle de Sainte-Pazanne ? Signalé dès 2017 par une maman lanceuse d’alerte, Marie Thibaud, ce cluster (ou regroupement) de cancers pédiatriques a fait l’objet de diverses enquêtes. Effectuées par les autorités sanitaires, sous la pression des parents, ces enquêtes ont conclu qu’il n’y avait là rien d’anormal. Les investigations officielles des agences dépendant du ministère de la Santé ont donc pris fin.

Mais sur place, les recherches continuent, sous l’impulsion du collectif Stop aux cancers de nos enfants. Objectif : identifier les sources potentielles des maladies, et les supprimer. Pour arrêter de compter les petits malades.

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26 Novembre 2020

     

- On en parle > 25 novembre 2020 / Alizée Chiappini et Adèle Flaux

Désobéissant.e.s !

Face à l’urgence climatique, une frange de la jeunesse a fait le choix de la désobéissance civile. Sur Arte, les documentaristes Alizée Chiappini et Adèle Flaux proposent le récit, en immersion, de cette mobilisation.

Présentation du documentaire par son diffuseur, Arte :`

Après un été 2018 marqué par la canicule, les incendies et la démission fracassante de Nicolas Hulot, un groupe de jeunes gens, affolés par l’inaction des gouvernements face à la crise climatique, décide d’unir ses forces. Un QG, La Base, est loué en plein Paris. En germe depuis la COP21, une internationale informelle du climat relie différents mouvements de contestation européens : Extinction Rebellion, Ende Gelände, Alternatiba, ANV-COP21… Parmi eux, des jeunes de moins de 30 ans. Certains, comme Élodie et Pauline, ont lâché un poste prestigieux pour se consacrer à un combat qu’ils jugent crucial. Après une première victoire – la pétition baptisée "L’Affaire du siècle" et ses 2 millions de signatures en quinze jours –, les activistes de La Base organisent 134 décrochages de portraits d’Emmanuel Macron dans les mairies, retransmis sur les réseaux sociaux, afin de dénoncer "le vide de sa politique écologique". C’est leur première grande action de désobéissance civile. Le documentaire suit ces "désobéissants" en action et dans l’intimité : des "gilets jaunes" à la pandémie de Covid-19, l’année 2020 va les mettre à l’épreuve.

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- Info > 26 novembre 2020 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)

Paquets de sucre ouverts, pneus dégonflés… les écolos s’interrogent sur les "petits" sabotages

Le nouveau collectif La Ronce propose des actions de sabotages individuels coordonnés face à la "destruction du vivant". Une stratégie de lutte qui ne fait pas l’unanimité chez les écologistes mais tend à rencontrer, à défaut d’une totale approbation, une large compréhension.

Ils ont débouché des paquets de sucre pour dénoncer la réautorisation des pesticides néonicotinoïdes. Depuis quelques semaines, le jeune collectif La Ronce fait parler de lui grâce à des actions contre l’industrie sucrière. Dans leur manifeste, publié début octobre sur Reporterre, ils parlent de "gestes simples et peu risqués", ou encore "d’actions décentralisées, simultanées, pertinentes, faciles" pour défendre "le vivant".

Les voitures SUV, les bouteilles de cola, ou encore les stations Total : voici les futures cibles de leurs opérations de sabotage. Leur premier objectif, en phase avec l’actualité : l’industrie du sucre, responsable selon eux de la réintroduction des néonicotinoïdes pour les cultures de betteraves, menacées par le virus de la jaunisse. La Ronce assure qu’en une semaine, 55.000 paquets de sucre auraient été dégradés par près de 2.000 "épines", le nom donné à leurs sympathisants. Reporterre en a rencontré une dans un café parisien.

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- Les blogs du "Diplo" > La pompe à phynance - par Frédéric Lordon, 10 septembre 2020

Chili 73

Jamais, nulle part, la bourgeoisie n’a rendu les clés de son propre et gracieux mouvement. Pourquoi le ferait-elle d’ailleurs ? Pourquoi laisserait-elle faire la destruction de la société capitaliste, puisque la société capitaliste est pour elle ? Aussi, sous toutes les latitudes, et à toutes les époques, la bourgeoisie a-t-elle le même visage distordu de haine, la même frénésie de faire tirer sur la foule, que cette rombière à brushing et lunettes de soleil saisie par la caméra de Patricio Guzman dans les rues de Santiago en 1973. Et sinon toute la "bourgeoisie", catégorie sociologique mal définie et qui brasse plutôt large, du moins sa fraction la plus conséquente, consciente de soi comme classe et consciente de ses intérêts de classe — la bourgeoisie ensauvagée.

Par toutes les fibres de son être, cette bourgeoisie, toujours, partout, est versaillaise. C’est en France, en effet, en 1871, qu’elle réalise pleinement son concept et, du même mouvement, indique tout ce qu’il faut savoir de la démocratie bourgeoise. La démocratie bourgeoise est ce régime où l’on peut parler de tout à l’exception de ce qui assoit le pouvoir social de la bourgeoisie — à savoir, en dernière instance, la propriété privée des moyens de production, et la forme particulière d’enrôlement qu’elle détermine : le salariat. Quiconque entreprend de toucher à ça trouvera la bourgeoisie en travers de son chemin.

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- Tribune > 26 novembre 2020 / Marceau Coupechoux

5G : un ogre énergétique en puissance ?

Difficile de calculer la consommation énergétique, potentiellement énorme, de la 5G. Afin de pouvoir nourrir le débat démocratique, les opérateurs et équipementiers télécom devraient rendre publiques leurs données, estime l’auteur de cette tribune.

Marceau Coupechoux est professeur à Telecom Paris et à l’École polytechnique.

Cet été, China Unicom, l’un des grands opérateurs de téléphonie mobile chinois, a éteint ses antennes 5G pendant la nuit dans la ville de Luoyang. Il faut dire que la facture énergétique des opérateurs semble s’accroître significativement avec l’introduction de la nouvelle génération de réseaux mobiles. Selon le site spécialisé LightReading, certaines régions et villes chinoises auraient même décidé de subventionner l’électricité dédiée à la 5G.

Que sait-on exactement de la consommation électrique des réseaux 5G ? Il est difficile de s’y retrouver entre opérations de communication, études scientifiques et secret des affaires… La plus grosse part est prise par les sites radio (ou stations de base), c’est-à-dire les groupes d’antennes que tout un chacun peut apercevoir en levant la tête en ville, sur les bâtiments, ou à la campagne, en haut de pylônes. Ces stations incluent plusieurs antennes, des émetteurs/récepteurs, des cartes électroniques qui traitent le signal radio, une alimentation, éventuellement un système de refroidissement, etc. L’architecture exacte dépend de l’équipementier (par exemple Ericsson, Nokia ou Huawei) et la consommation exacte de chacun des composants n’est pas publique. Or, une chose est sûre : plus il y a d’utilisateurs à servir, plus la station consomme d’énergie. Même en l’absence d’abonnés, la nuit par exemple, une puissance minimale est nécessaire pour que la station puisse signaler sa présence. Et quand les générations se succèdent, 2G, 3G, 4G, et que les fréquences s’accumulent, il faut ajouter de nouveaux composants et la consommation augmente.

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25 Novembre 2020

     

- Les blogs du "Diplo" > La pompe à phynance, par Frédéric Lordon, 25 novembre 2020

Paniques anti-complotistes

Si Hold-up n’avait pas existé, les anticomplotistes l’auraient inventé. C’est le produit parfait, le bloc de complotisme-étalon en platine iridié, déposé au Pavillon de Breteuil à Sèvres. De très belles trouvailles, des intervenants dont certains ont passé le 38e parallèle comme des chefs : une bénédiction. Altérée cependant parce que, certes, on est content d’avoir raison et d’être la rationalité incarnée, mais quand même l’époque est sombre et on rit moins. La Terre plate et la Lune creuse, on veut bien, ça c’est vraiment drôle, mais QAnon beaucoup moins, ça fait de la politique, le cas échéant ça prend des armes ; aux fusils près et du train où vont les choses on pourrait bientôt avoir les mêmes à la maison. D’ailleurs, on commence à les avoir. Pour l’heure il n’est question que de masques et de vaccins, ce qui n’est déjà pas rien, mais on sent bien que tous les autres sujets sont candidats. Ce qu’on sent bien également, c’est le degré auquel le camp de la raison se voit lui-même démuni, et légèrement inquiet devant sa difficulté à élaborer des stratégies antidotes. Disons-le tout de suite, dans la disposition qui est la sienne, il n’est pas près d’en trouver la première.

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- BY Jeff BERARDELLI, November 20, 2020 - CBS NEWS

The record-shattering 2020 hurricane season, explained

Like so many other aspects of 2020, the Atlantic hurricane season hurled one shocking event after another, pushing the limits of what meteorologists thought was possible. Even as longtime records were falling and meteorologists felt as though they'd seen it all, 2020 had more tricks up its sleeve.

From the total number of storms to the rapid intensification and multiple landfalls, the records set in 2020 will likely stand for quite some time. What follows is a recap of the season's most astonishing milestones with an explanation of the factors that led to the events in this unprecedented season.

Some of those factors are natural occurrences, while some are the result of human impact on the climate.

Most storms in a season

So far, the 2020 Atlantic hurricane season has spawned 30 tropical storms, forcing forecasters to dig deep into the Greek alphabet for names, having run out of the assigned names in the middle of September. This breaks the former record set in 2005 of 28 named storms. A typical season only produces 12 named storms, so 2020 has already seen two and a half times more than average.

And there's still time for more storms. Hurricane season officially ends November 30, but systems can and do form in December. So we're likely to add another couple of storms to the season total before the year is out.

From the beginning there was unanimous agreement among seasonal forecasters this past spring that 2020 would be an active season, with leading climate scientist Dr. Michael Mann of Penn State publishing the most aggressive forecast, predicting up to 24 storms. What seemed like a bold prediction at the time was not nearly bold enough.

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- SCIENCE MÉDECINE - Radio-Canada, publié le 18 novembre 2020

Le lien entre l’alzheimer et le microbiote intestinal confirmé

Il existe bel et bien un lien entre la maladie d’Alzheimer et le microbiote intestinal, montrent les travaux de scientifiques européens.

Des chercheurs suisses et italiens confirment ainsi qu'une corrélation existe entre un déséquilibre du microbiote intestinal et le développement des plaques amyloïdes dans le cerveau humain responsables de l’apparition de la démence.

Il faut savoir que deux caractéristiques peuvent indiquer la présence de l’alzheimer :

➠ Les plaques de protéine bêta amyloïde ou A-bêta. Lorsque ces molécules A-bêta s’agrègent dans le cerveau, elles forment des plaques qui bloquent le transfert de signaux entre les neurones, entraînant la mort des cellules.

➠ Les amas fibreux de la protéine tau. Dans un cerveau malade, les protéines tau s’affaissent et s’enroulent, et forment ainsi des enchevêtrements qui empêchent les nutriments d’atteindre les neurones, ce qui entraîne la mort des cellules.

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- Info > 25 novembre 2020 / Justine Guitton-Boussion (Reporterre)

Crime ou délit ? L’écocide divise les juristes de l’environnement

Les ministres de la Transition écologique et de la Justice ont annoncé dimanche 22 novembre la création de deux nouveaux délits pour protéger l’environnement. Ils n’ont pas répondu à la demande de la Convention citoyenne pour le climat : reconnaître le crime d’écocide. Même au sein des professionnels du droit environnemental, l’idée fait débat.

Écocide or not écocide ? That is the question. Cela fait maintenant plusieurs années que certains juristes se battent pour faire reconnaître le "crime d’écocide" dans les différentes législations, au niveau national, européen et international. Ce crime est défini par l’ONG Stop écocide comme "une destruction et un dommage massifs des écosystèmes — un dommage à la nature qui est étendu, grave ou systématique".

Mais en France, le concept a du mal à prendre. En mai 2019, le groupe socialiste du Sénat avait proposé une loi visant à introduire ce concept dans le Code pénal. La secrétaire d’État à la Transition écologique de l’époque, Brune Poirson, avait alors estimé que la "définition de l’incrimination [était] assez imprécise" et que "la France [avait] déjà un arsenal robuste". Quelques mois plus tard, en décembre 2019, c’était au tour des députés de rejeter la reconnaissance de l’écocide. "Je ne partage pas l’idée que notre droit pénal serait lacunaire ou que les sanctions prononcées seraient dérisoires", avait déclaré la ministre de la Justice d’alors, Nicole Belloubet.

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- George Monbiot, Tuesday 24 November 2020

Brexit stems from a civil war in capitalism – we are all just collateral damage

To one sort of capitalist, the insecurity and chaos that Brexit will bring is horrifying. To the other, it is highly profitable

Where there is chaos, the government will multiply it. Where people are pushed to the brink, it will shove them over. Boris Johnson ignored the pleas of businesses and politicians across the UK – especially in Northern Ireland – to extend the Brexit transition process. Never mind the pandemic, never mind unemployment, poverty and insecurity – nothing must prevent our experiment in unassisted flight. We will leap from the white cliffs on 1 January, come what may.

Perhaps, after so much macho bluster, the government will take the last of its last chances and strike a deal this week. If so, with scarcely any time for refinement, the agreement is likely to be rushed and bodged. In any event, pain will follow. Disruption at the border is likely to be felt across the nation.

So it is worth repeating the big question: why are we doing this to ourselves? I believe the answer is that Brexit is the outcome of a civil war within capitalism.

Broadly speaking, there are two dominant forms of capitalist enterprise. The first could be described as house-trained capitalism. It seeks an accommodation with the administrative state, and benefits from stability, predictability and the regulations that exclude dirtier and rougher competitors. It can coexist with a tame and feeble form of democracy.

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- L'INVITÉ DE 8H20 : LE GRAND ENTRETIEN - Vendredi 20 novembre 2020, par Nicolas Demorand , Léa Salamé

Cynthia Fleury : le complotisme "vient nous sécuriser par le pire", analyse la philosophe

Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, professeur titulaire de la chaire "Humanités et Santé" au CNAM est l'invitée du Grand entretien de France Inter. Elle est l'auteure de l’essai "Ci-gît l’amer : guérir du ressentiment" (éd. Gallimard).

Autrice d'un essai "Ci-gît l’amer : guérir du ressentiment", la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury analyse le complotisme, qui agite la France ces dernières semaines, en ces temps de pandémie et de défiance anti-vaccinale élevée.

"Le complotisme est le récit parfait pour ce grand temps d’incertitude et d’incertitude au risque, cela vient sécuriser par le pire. Ce qui est particulier, car on a une explication mais elle est absolument terrible."

CynthiaFleury répond à une auditrice dont la mère est complotiste :

"Le complotisme, c'est le récit parfait pour ce grand temps d'incertitude. Il vient sécuriser par le pire. En plus, on ne peut pas contre-argumenter : tout signe vient renforcer la thèse émise."— France Inter, 20 Novembre, 2020

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24 Novembre 2020

     

- 23 Novembre 2020, Emmanuel TERRAY - BLOG : LE BLOG DE EMMANUEL TERRAY

La liberté d’expression et les caricatures

Nous assistons aujourd’hui à une surprenante sacralisation de la fonction de caricaturiste : le voici transformé en héros de la liberté d’expression, placé de ce fait au-dessus de toute contestation et de toute critique. Il y a manifestement abus lorsque, sous prétexte d’exalter la liberté d’expression, la caricature devient une entreprise publique imposée à tous.

La liberté d’expression apparaît de prime abord comme un droit individuel : chacun et chacune d’entre nous a le droit de communiquer librement ses opinions, ses croyances et ses jugements.

Comme tout droit individuel, la liberté d’expression rencontre une première limite ; l’existence du même droit chez autrui. La liberté en général est le droit de dire et de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; comment cette restriction se traduit-elle dans le cas de la liberté d’expression ?

La libre expression peut nuire à autrui de deux façons.

La première est ce qu’on pourrait appeler "la parole autoritaire". Si je me sers de ma liberté d’expression pour interdire la parole d’autrui, ou pour faire pression sur elle et l’intimider, j’abuse manifestement de ma liberté.

J’abuse également de ma liberté d’expression si je m’en sers pour insulter, outrager, blesser moralement autrui. Tous les régimes démocratiques respectueux des libertés et de l’État de droit proscrivent cependant la diffamation et l’injure. Pour la France, on rappellera simplement l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881 :

"Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur et à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable […] Toute expression outrageante, formes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure."

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- 20 Novembre 2020, Jacques RANCIÈRE - BLOG : LE BLOG DE JACQUES RANCIÈRE

A propos de la liberté d’expression

L’abominable attentat perpétré contre Samuel Paty par un criminel fanatisé a suscité une indignation à la mesure de son horreur. Elle a aussi engendré un certain nombre de commentaires et propositions qui témoignent d’une redoutable confusion, concernant notamment la notion de liberté d’expression et ses manifestations.

L’abominable attentat perpétré contre Samuel Paty par un criminel fanatisé a suscité une indignation à la mesure de son horreur. Elle a aussi engendré un certain nombre de commentaires et propositions qui témoignent d’une redoutable confusion, concernant notamment la notion de liberté d’expression et ses manifestations.

Il en est ainsi parce que, depuis quelques décennies déjà, s’est développé un discours dit républicain qui a systématiquement transformé des notions juridiques définissant les rapports entre l’Etat et les citoyens en vertus morales que ces citoyens doivent posséder et donc en critères permettant de stigmatiser ceux qui ne les possèdent pas.

L’opération a commencé par la notion de laïcité.

La laïcité inscrite dans les principes de notre constitution signifie que l’Etat n’enseigne aucune religion et ne permet à aucune religion d’intervenir dans l’organisation de l’enseignement public. Cette notion n’est pas inscrite dans on ne sait quelle essence de la république. La Troisième République l’a imposée pour mettre fin à un contrôle de l’enseignement public par l’Eglise catholique qui avait été instauré par une loi de… la Seconde République. Elle l’a imposée en recommandant aussi aux enseignants de ne rien faire qui blesse les croyances de leurs élèves. Il est clair en effet que la laïcité qui définit la neutralité de l’Etat en matière de religion ne peut suffire à régler les rapports entre croyants et non-croyants, non plus qu’entre les membres des différentes religions. Ce qui peut y pourvoir est une vertu propre à animer le comportement des individus : la tolérance, laquelle ne prend sens qu’à être réciproque.

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- 23 Novembre 2020, André GUNTHERT - BLOG : ICONOGRAMMES

La répression des images

Signal d’encouragement pour les forces de l’ordre, la restriction du droit de filmer la police est un tournant majeur, une marque du déclin des libertés et de la dérive vers un pouvoir autoritaire.

Pendant que des professeurs enseignent à leurs élèves que des caricatures islamophobes sont le comble de la liberté d’expression, l’adoption de la loi “Sécurité globale” et son article 24, qui restreint le droit de filmer la police, porte un coup sévère aux libertés publiques. La France rejoint ainsi l’Espagne, premier pays démocratique à avoir interdit en 2015 de filmer ou de photographier les opérations de police.

Il s’agit des premières décisions législatives portant sur les images numériques dans leur usage politique. Cette étape traduit une évolution historique du modèle social-démocrate, marquée par un durcissement du maintien de l’ordre et un déplacement corollaire des moyens de la protestation. La répression féroce qui a accueilli le mouvement des Gilets jaunes a encouragé le recours à l’enregistrement vidéo, utilisé comme instrument de sousveillance. La diffusion de ces images comme preuve de la criminalisation des manifestations a suscité d’intenses conversations sur les réseaux sociaux et fait émerger le thème des violences policières dans le débat public, malgré les réticences des grands médias.

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-Les blogs du "Diplo" - Régime d’opinion, par Alain Garrigou, 20 novembre 2020

Ensauvagement, décivilisation et brutalisation…

“Ensauvagement" : mot-diagnostic censé dénoncer et caractériser la violence urbaine en général, ici livré par le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin à l’occasion d’une agression de policiers. On ne doute pas un instant qu’il est délibéré et même pensé. On n’est pas sûr qu’il ait été bien choisi, quelle que soit la réalité de la montée de la violence physique et verbale depuis quelques décennies.

Nommer n’est pas neutre, spécialement en politique. Cela est source de bien des conflits, de méprises et d’accusations. Les mots portent un sens qui contraint leurs utilisateurs, souvent sans qu’ils le sachent eux-mêmes.

On comprend qu’une partie de la langue de bois politique vienne de cette intuition, chez des responsables qui connaissent mieux par expérience les chausse-trappes du langage. Spécialement sur des sujets où pointe facilement l’ombre de l’indicible. La violence en fait partie dès lors que sa seule évocation suscite des soupçons sur sa juste évaluation. Montée ou non ? Les propos du ministre ont donc suscité d’inévitables commentaires : dans le contexte, "ensauvagement" s’appliquait aux jeunes de banlieues populaires, protagonistes de ces violences, et censés agir de plus en plus violemment.

Or non seulement le terme n’est pas neuf mais il voisine avec d’autres termes dont un aperçu permet d’apprécier derrière le son, l’ampleur du sens. Trois termes au moins peuvent permettre de penser une violence croissante : ensauvagement, décivilisation et brutalisation.

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- Posted on23rd November 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 18th November 2020

Breaking the Chain

A crucial link in the food chain has been forgotten by the government, exposing us to a potential disaster after the Brexit transition.

A few days ago, I carried out a small experiment. I sent almost identical requests to two government departments. I asked the business department whether the UK holds strategic oil reserves. Yes: the UK keeps stocks equivalent to 90 days of net imports. I asked the environment department whether the UK holds strategic food reserves. No: they aren’t necessary, because

“the UK has a highly resilient food supply chain”.

The government treats oil as a strategic asset but food as a matter for the market.

So what happens if our “highly resilient food supply chain” breaks after Brexit transition, on 1 January? It won’t, the government promised.

“Our risk assessments show there will not be an overall shortage of food in the UK,” whether or not there’s a deal.

But when I pressed it to show me these risk assessments, the plural turned out to be misleading. There’s just one assessment : a “reasonable worst-case scenario” for the UK’s borders.

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23 Novembre 2020

     

- Aude Lancelin, 19/11/2020

"Quand ils sont venus chercher les journalistes”

Interdiction de filmer les violences policières, reporters embedded avec les policiers ou bien interpellés, révision envisagée de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, le pouvoir tient désormais les journalistes français en joue. La responsabilité de ces derniers dans la situation actuelle est néanmoins écrasante, et le combat mal engagé

Alors on en est là. Après trois années de violences sociales et policières ininterrompues, le macronisme aura réussi la prouesse de parvenir à refaire du journalisme dans son ensemble une activité suspecte, à placer sous surveillance, à encadrer étroitement. Les maltraitances et interpellations arbitraires qui étaient jusqu’ici réservés aux indépendants, n’épargnent désormais plus les titulaires de cartes de presse ordinaires. Trois années de dérive autoritaire pour en arriver à placer ainsi dans le viseur ceux que l’opinion publique tient, hélas souvent à juste titre, pour les auxiliaires zélés du pouvoir.

Interdiction de filmer les forces de l’ordre dans leurs basses œuvres sous peine d’un an de prison et de 45.000 euros d’amende. Humiliantes accréditations préfectorales à produire pour quiconque entendra suivre à l’avenir les mouvements sociaux. Révision envisagée de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, afin d’exclure de son périmètre les empêcheurs de lécher les bottes en rond. Voilà où nous en sommes, alors que le nouveau "Schéma national du maintien de l’ordre" se voit d’ores et déjà appliqué, et que la loi dite "Sécurité Globale" est actuellement en cours d’examen à l’Assemblée nationale.

A cet égard, la photo qui clôt la dernière page du fameux nouveau "Schéma national" mis en ligne laisse peu de place au doute : un reporter de dos y arbore une parka floquée "Ministère de l’intérieur" (voir ici la photo d’ouverture). L’idéal-type du journaliste en fin d’ère Macron sera donc logiquement le chien policier.

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- Brèves > 19 novembre 2020

L’accès aux toilettes, un enjeu écologique

Jeudi 19 novembre, c’est la journée mondiale des toilettes. L’occasion de "sensibiliser à la situation de personnes qui vivent sans accès à un service d’assainissement", a rappelé le Centre d’information sur l’eau dans un communiqué : Sans assainissement, les gens n’ont d’autre choix que d’utiliser des latrines communales inadéquates ou de pratiquer la défécation à l’air libre. Pour les femmes et les filles, trouver un endroit pour aller aux toilettes à l’extérieur, souvent devoir attendre la couverture de l’obscurité, peut les rendre vulnérables aux abus et aux agressions sexuelles. L’absence de système d’assainissement constitue aussi, et surtout, une menace pour la salubrité des ressources en eau, qui sont ainsi polluées par les déjections humaines, avec tous les risques sanitaires que cela induit."

Plus de la moitié de la population mondiale, soit 4,2 milliards de personnes, n’ont pas d’assainissement sûr, selon les chiffres de l’ONU. Dans le monde, au moins deux milliards de personnes utilisent une source d’eau potable contaminée par des matières fécales.

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- WORLD - CLIMATE CHANGE - By Ciara NUGENT, November 18, 2020

Central American Leaders Demand Climate Aid as a Record Storm Season Batters the Region

“We in Central America aren’t the ones who caused climate change. But we are among the most affected,” Hernandez said. “The countries that have recognized they are the main drivers of climate change have the money available.”

Houses severely damaged by hurricane Eta remain empty as local villagers evacuate the area ahead of Hurricane Iota on November 17, in La Lima, Honduras. Yoseph Amaya – Getty Images

For Central America, this year’s storm season has been relentless. Already struggling under the economic toll of COVID-19, the developing region was battered by Hurricane Eta in early November and had little time to regroup before Hurricane Iota—the 30th named storm in a record-breaking hurricane season in the Atlantic— made landfall in Nicaragua on Nov. 16.

At a press conference in Tegucigalpa held hours before Iota began to hit, Honduran president Juan Orlando Hernandez said that his country already had 7% of its GDP wiped out by the pandemic, and that the combined impact of COVID-19 and two deadly storms will create a “bomb that will leave the country and the region in a very difficult situation.”

For leaders in the region, the storms have crystallized the injustice that is playing out around the world as extreme weather becomes more common in a destabilized climate.

“We in Central America aren’t the ones who caused climate change. But we are among the most affected,” Hernandez said. “The countries that have recognized they are the main drivers of climate change have the money available.”

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- SCIENCE - Victoria PETERSEN, 11.21.2020

Climate Change Is Intensifying the Tsunami Threat in Alaska

Tucked against glacier-capped mountains, the Begich Towers loom over Whittier, Alaska. More than 80 percent of the small town’s residents live in the Cold War-era barracks in this former secret military port, whose harbor teems every summer with traffic: barnacle-encrusted fishing boats, sightseeing ships, sailboats, super-yachts and cruise liner monstrosities. This summer, coronavirus travel restrictions put a damper on tourism in the usually buzzing port. Then came warnings of a potentially devastating tsunami.

Whittier residents have been mindful of tsunamis for generations. In 1964, the Good Friday earthquake was followed by a 25-foot wave that crushed waterfront infrastructure, lifting and twisting rail lines and dragging them back to sea. The Good Friday earthquake—which killed 13 people here and caused $10 million worth of damage—still occupies Whittier’s memory.

With tons of rock and rubble precariously perched high above a nearby fjord, ready to crash into the sea, the town’s present is being shaped by both its past and preparations for an uncertain future. This destabilization is being driven by climate change: Tsunamis are becoming more likely in Alaska as hillsides, formerly reinforced by glaciers and solidly frozen ground, loosen their hold on once-stable slopes.

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- Michel Bezbakh, publié le 19/11/20

Loi recherche : “En France, on n’est pas moins bons qu’ailleurs, il y a juste moins d’argent”

Hugo Harari-Kermadec est économiste et enseignant-chercheur. Il explique à Télérama pourquoi la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), adoptée par l’Assemblée nationale le mardi 17 novembre, risque de creuser encore davantage l’écart entre les très grandes universités et les autres. Et appelle à sa suppression.

❐ Ratifiée par l’Assemblée nationale ce mardi 17 novembre, la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) vient d’être adoptée par le Sénat, malgré l’opposition massive du monde universitaire.

Pour Télérama, l’économiste Hugo Harari-Kermadec reprend une à une les principales raisons du mécontentement des enseignants-chercheurs : hausses en trompe-l’œil du budget et du nombre de postes, concentration des moyens sur quelques universités au détriment des autres, intrusion du secteur privé, précarisation des statuts, dégradation des conditions d’enseignement…

Jusqu’aux deux derniers amendements ajoutés sur le tard : une réforme de la nomination des professeurs et la fragilisation du droit de manifester dans les campus.

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- 10 novembre 2020, Laurie Debove

Procès 5G France : le juge contraint les opérateurs à accepter une médiation

Parmi les nombreux reproches qui sont adressés à la 5G, le fait que les citoyens n’aient à aucun moment été associés ou consultés pour ce projet de société est l’une des raisons qui a poussé 500 d’entre eux à se regrouper pour attaquer les opérateurs téléphoniques en référé expertise auprès du TGI de Paris, le 26 mai 2020, avec l’association "Procès 5G France".

Parmi les nombreux opposants à la 5G, un collectif de 500 citoyen.ne.s a assigné en justice les 4 opérateurs français (Free, Orange, Bouygues Telecom, SFR) afin d’obtenir un véritable débat démocratique sur le sujet.

Fin octobre, coup de théâtre : le juge des référés a contraint les opérateurs téléphoniques à participer à une médiation avec le Collectif des 500, et cela avant la première audience du procès fixée au 16 décembre.

Un déploiement à marche forcée

Qu’il s’agisse de son empreinte écologique ou des risques sanitaires encore méconnus, la 5G rencontre une opposition de plus en plus vive de la population. Elle reste pourtant soutenue sans faillir par le gouvernement, et son déploiement se poursuit sur le territoire français où 483 antennes sont déjà actives.

Paris, la capitale, est logiquement la ville qui compte le plus d’antennes 5G : 118. Marseille arrive en deuxième position avec 95 antennes, suivie de Lille (82). Les autres antennes sont réparties dans sept grandes villes du territoire métropolitain et aussi Outre-mer.

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- Reportage > 23 novembre 2020 / Marion Esquerré (Reporterre)

Tueurs d’épicéas, les scolytes dévastent les forêts des Ardennes

Parc naturel régional des Ardennes, reportage - En vieux celtique, Ardennes désigne les forêts. Ce nom n’est pas usurpé : au-dessus de Charleville-Mézières, là où le parc naturel régional des Ardennes forme un cap dans la Belgique, elles recouvrent tout. Mais discrètement, sous leur canopée, depuis l’été 2018, les épicéas tombent par milliers sous les attaques d’un coléoptère d’à peine cinq millimètres de long, le scolyte typographe (Ips typographus). Les forêts domaniales du Bois de l’Or et des Fourmis, de la Croix Scaille, des Potées, de Château Regnault, des Hazelles... sans compter les communales. Aucune forêt publique, gérée par l’Office national des forêts (ONF), n’est épargnée.

En cause ? Le changement climatique. La succession de périodes de sécheresse, dans cette région à la pluviométrie habituellement abondante et régulière, a affaibli les peuplements d’épicéas. Le radoucissement moyen et la réduction des amplitudes thermiques favorisent le cycle de reproduction du coléoptère. Enfin, comme les épicéas ont été plantés en monoculture, lors de leur introduction massive dans les années 1930 et surtout 1950, l’épidémie s’étend sans obstacles.

Conséquence : des pans entiers de forêts d’épicéas disparaissent sous les coupes rases car la seule solution, pour lutter contre le scolyte, est d’évacuer les arbres touchés.

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22 Novembre 2020

     

- Info > 21 novembre 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Gouvernement, droite et extrême-droite ont adopté la loi attaquant les libertés

Les députés ont débattu, vendredi 20 novembre, des dispositions les plus polémiques de la proposition de loi relative à la sécurité globale. Gouvernement et majorité ont tenté de faire croire que la loi ne portait pas atteinte aux libertés fondamentales. Mais échoué à convaincre une opposition combative et les observateurs. Récit du débat à l’Assemblée nationale.

Un ministre de l’Intérieur omniprésent ; des rapporteurs peu bavards ; des députés attentifs et combatifs dans l’opposition, beaucoup moins diserts dans la majorité. Voici l’ambiance qui a régné dans l’Assemblée nationale vendredi 20 novembre, pour les discussions concernant la proposition de loi relative à la sécurité globale, et en particulier autour de son article le plus contesté, le numéro 24.

Présenté par les députés LREM Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue, ce texte est un projet que le gouvernement a préféré faire présenter par des députés de sa majorité. L’avantage de cette procédure pour le gouvernement est qu’ainsi, le texte peut se passer de l’avis du Conseil d’État. Le déroulement des débats a confirmé que le gouvernement voulait ce texte, plus que les députés, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin défendant mieux que les rapporteurs chacune des dispositions de l’article 24. C’est aussi lui qui a mené les débats : il a proposé d’examiner en priorité l’article 24 dès 15 heures, afin d’éviter que cela "se fasse nocturnement" et de "prendre le temps d’écouter tous les amendements". C’est aussi un amendement du gouvernement, expliqué en longueur par le ministre, qui a voulu répondre aux critiques à l’encontre de l’article 24. Il a été sans surprise le seul adopté, à l’exclusion de tous les autres présentés. Le débat autour de cet article aura duré tout l’après-midi, quatre heures et trente minutes en tout. Notons que pendant ce temps là, l’Assemblée nationale était barricadée de cars de CRS : craignait-on de fortes protestations ?

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- Enquête > 21 novembre 2020 / par Lorène Lavocat (Reporterre)

Face au géant Veolia-Suez, la régie publique de l’eau se développe

Le "feuilleton" de la fusion Veolia-Suez se poursuit, avec comme enjeu majeur celui de l’avenir de l’eau, notamment comme objet de spéculation financière. Pourtant, pour entraver cet accaparement de ce bien commun, une solution existe et gagne du terrain : le passage en régie publique.

C’est le feuilleton économique de l’automne : la possible fusion entre les multinationales Veolia et Suez. Tous les ingrédients sont réunis pour une saga haletante. La précipitation — certains parleront de "passage en force" — avec laquelle le PDG de Veolia (à l’origine Compagnie générale des eaux), Antoine Frérot, a proposé au géant Engie de lui racheter ses parts au sein de Suez, concurrente "historique" de son entreprise, pour la modique somme de 3,38 milliards d’euros ; la levée de boucliers des salariés de Suez, bien décidés à ne rien lâcher ; les ambiguïtés de l’exécutif, qui s’est officiellement opposé à ce rachat tout en ne faisant rien pour l’empêcher… Dernier épisode en date, jeudi 19 novembre, la justice a suspendu l’opération d’acquisition — au nom du manque d’information et de consultation des salariés de Suez ; cette décision complique l’OPA de Veolia sans toutefois la remettre en cause.

Embarquées bien malgré elle dans cette bataille épique du capitalisme français, nombre de communes françaises ne cachent pas leurs inquiétudes. Car ce projet de fusion concerne toutes les collectivités qui ont délégué la gestion de leur eau à l’un ou à l’autre de ses deux groupes. Notre pays est en effet un bastion de la privatisation de l’or bleu : sur un modèle similaire à celui des concessions d’autoroutes, beaucoup de villes ont délégué la distribution d’eau et l’assainissement à de grosses compagnies — Veolia ou Suez principalement. Ainsi, près d’un habitant sur six est aujourd’hui desservi par un opérateur privé ; le reste de la population vivant dans une commune qui a opté pour une gestion publique, nous y reviendrons.

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- SÉRIE - LA MÉRITOCRATIE EN PROCÈS (4 ÉPISODES) - LE 19/11/2020

Épisode 4 : David Goodhart, plaidoyer contre des élites "cognitives" et "monolithiques"

En formant leurs élites au seul moyen de cursus universitaires généralistes, nos sociétés n'ont-elles pas engendré une hégémonie de "la Tête" au détriment de "la Main" et du "Coeur" ? C'est en tout cas la thèse que défend le journaliste britannique David Goodhart dans son dernier essai. Radical.

Pour David Goodhart, nos sociétés ont survalorisé la "Tête" au détriment des compétences relevant des domaines de la "Main" et du "Coeur"

Dans cette série de chroniques, Brice Couturier rend compte d’un certain nombre de parutions comportant des attaques en règle contre la méritocratie. Ces livres ne sont pas parus en français, sauf un, celui de David Goodhart, La tête, la main et le coeur. Sous-titré La lutte pour la dignité et le statut social au XXIe siècle, cet ouvrage, paru aux éditions Les Arènes, apparaît comme le plus complet et, d’une certaine manière, le plus le plus radical. Pourquoi ? Parce que le journaliste et économiste britannique ne laisse rien de côté.

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- LES MÉTAMORPHOSES DE LA QUESTION RACIALE (1/6) - 25 Décembre 2019 - Joseph CONFAVREUX

Les métamorphoses de la question raciale (1/6). Les controverses de la race

Pourquoi les antiracistes tiennent-ils à employer le mot "race", quand les députés ne veulent plus en entendre parler, au point d’avoir voté le retrait de ce terme de la Constitution ? Cartographie des lignes de front d’une controverse publique et politique parfois décrite comme une guerre civile de basse intensité, prête à exploser. Premier volet de notre série sur la reconfiguration des débats intellectuels et militants autour du racisme et de la question raciale.

marianne-magazine-1152"L’offensive des obsédés de la race", titre Marianne. "Les décoloniaux à l’assaut des universités", enchaîne L’Obs. "Le décolonialisme, une stratégie hégémonique", dénonce un appel d’intellectuels dans Le Point, journal qui s’en prend à "ces idéologues qui poussent à la guerre civile". "Comment le racialisme indigéniste gangrène l’Université", prétend dévoiler le FigaroVox…

À lire de nombreux titres de la presse française, la France serait au bord de la guerre civile, en raison de l’activisme de minorités issues des anciennes colonies, décidées à dynamiter la République, disloquer l’Universel et mener la lutte des races. Si ces alertes pyromanes étaient réservées à des journaux prêts à flatter l’air du temps zemmourien pour pallier des ventes déclinantes, il serait facile de résumer ces saillies au retour régulier du refoulé raciste et colonial et de se contenter de déplorer la reprise, par des médias et intellectuels davantage mainstream, de l’offensive idéologique de Causeur ou Valeurs actuelles.

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- MÉDIAS NOTE DE VEILLE - 21 NOVEMBRE 2020 François BOUGON ET Yann PHILIPPIN

La presse étrangère s’inquiète du virage autoritaire d’Emmanuel Macron

Plusieurs journaux européens et américains se sont fait l’écho des risques pour la liberté de la presse du projet de loi sécurité globale, et s’inquiètent plus largement du virage droitier et autoritaire pris par le président français.

Dans le miroir d’une presse étrangère que le président français imagine pouvoir séduire par la magie de son verbe, Emmanuel Macron aimerait se voir (et se croire) comme le héraut de la régulation du capitalisme et de la liberté d’expression.

Mais ce que les journaux étrangers lui renvoient – en scrutant ses actes – n’est guère ragoûtant : l’image d’un dirigeant autoritariste qui "braconne théoriquement et symboliquement sur les terres du Rassemblement national" en vue de sa réélection en 2022, et qui rejoint ainsi la cohorte de ceux qu’il prétend combattre, les Orbán, Trump et compagnie.

Le projet de loi sur la sécurité globale, dont le désormais célèbre article 24 criminalisant la diffusion d’images de policiers, a achevé d’écorner l’image de ce président jeune et qui semblait si libéral il y a encore un an, suscitant l’inquiétude de nombreux journaux européens et américains.

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21 Novembre 2020

     

- Entretien > 20 novembre 2020 / Entretien avec Félix Tréguer

Attentats, Covid... Les promoteurs de la société de contrôle en profitent

Membre de la Quadrature du Net, le sociologue Félix Tréguer estime que les crises sont des moments d’accélération des logiques de contrôle. La surveillance totale qui s’est développée sur Internet est en train de proliférer dans notre environnement physique. Et le virage sécuritaire du gouvernement peut aujourd’hui compter sur de multiples dispositifs numériques tels que la reconnaissance faciale.

Félix Tréguer est chercheur en sociologie et activiste à la Quadrature du Net, une association de défense des libertés numériques. En 2019, il a écrit L’utopie déchue : une contre-histoire d’Internet aux éditions Fayard.

Reporterre — À la suite des attentats terroristes et la crise du Covid-19, c’est comme si nous vivions dans un double état d’urgence, à la fois sanitaire et sécuritaire. Quel regard portez-vous sur cette période si particulière où se multiplient les mesures de surveillance ?

Félix Tréguer — Les crises sont très souvent des moments d’intensification et d’accélération des logiques de contrôle. Depuis 2001, on s’est accoutumés aux crises terroristes et aux législations "d’exception". Ce qui fait la particularité de ces derniers mois, avec notamment la crise sanitaire, c’est le fait qu’on assiste à une succession rapide de crises de différentes natures qui se superposent les unes aux autres et accélèrent la dérive autoritaire du pouvoir.

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- PARTI PRIS - 20 Novembre 2020, Laurent MAUDUIT

La loi de 1881 détricotée, la démocratie mutilée

Le gouvernement veut continuer à vider de sa substance la grande loi sur la liberté de la presse et la liberté d’expression du 29 juillet 1881. Elle est pourtant au fondement de notre démocratie et constitue la traduction législative de la Déclaration des droits de l’homme de 1789.

"L’imprimerie et la librairie sont libres." Durant des lustres, il aurait été politiquement inconcevable qu’un gouvernement ose toucher à la grande loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et la liberté d’expression, dont le caractère progressiste est tout entier contenu dans son article 1, ainsi rédigé. Car ce texte a toujours été considéré, à gauche aussi bien qu’à droite, comme l’un des fondements de notre démocratie ; comme la première véritable traduction législative des idéaux des Lumières et de la Révolution française à ses débuts, consignés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et notamment dans son célèbre article 11 : "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi."

C’est dire la gravité de la régression démocratique à laquelle travaille Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat. Car, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a, sur ce sujet, de la suite dans les idées, puisqu’il ne cesse, depuis de longs mois, par l’entremise de ministres successifs, de donner des coups de boutoir contre cette loi du 29 juillet 1881 qui garantit en France la liberté d’expression et la liberté de la presse.

Et la dernière tentative, celle que veut mener à bien le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, sur instruction du chef de l’État, est sans doute l’une des plus dangereuses. Car elle risque, si elle aboutit, d’enrayer encore un peu plus ce ressort majeur de notre démocratie.

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- Opinion - By The Editorial Board, August 15, 2018

A FREE PRESS NEEDS YOU

In 1787, the year the Constitution was born, Thomas Jefferson famously wrote to a friend, “Were it left to me to decide whether we should have a government without newspapers, or newspapers without a government, I should not hesitate a moment to prefer the latter.”

That’s how he felt before he became president, anyway. Twenty years later, after enduring the oversight of the press from inside the White House, he was less sure of its value. “Nothing can now be believed which is seen in a newspaper,” he wrote. “Truth itself becomes suspicious by being put into that polluted vehicle.”

Jefferson’s discomfort was, and remains, understandable. Reporting the news in an open society is an enterprise laced with conflict. His discomfort also illustrates the need for the right he helped enshrine. As the founders believed from their own experience, a well-informed public is best equipped to root out corruption and, over the long haul, promote liberty and justice.

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- Info > 21 novembre 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Gouvernement, droite et extrême-droite ont adopté la loi attaquant les libertés

Les députés ont débattu, vendredi 20 novembre, des dispositions les plus polémiques de la proposition de loi relative à la sécurité globale. Gouvernement et majorité ont tenté de faire croire que la loi ne portait pas atteinte aux libertés fondamentales. Mais échoué à convaincre une opposition combative et les observateurs. Récit du débat à l’Assemblée nationale.

Un ministre de l’Intérieur omniprésent ; des rapporteurs peu bavards ; des députés attentifs et combatifs dans l’opposition, beaucoup moins diserts dans la majorité. Voici l’ambiance qui a régné dans l’Assemblée nationale vendredi 20 novembre, pour les discussions concernant la proposition de loi relative à la sécurité globale, et en particulier autour de son article le plus contesté, le numéro 24.

Présenté par les députés LREM Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue, ce texte est un projet que le gouvernement a préféré faire présenter par des députés de sa majorité. L’avantage de cette procédure pour le gouvernement est qu’ainsi, le texte peut se passer de l’avis du Conseil d’État. Le déroulement des débats a confirmé que le gouvernement voulait ce texte, plus que les députés, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin défendant mieux que les rapporteurs chacune des dispositions de l’article 24. C’est aussi lui qui a mené les débats : il a proposé d’examiner en priorité l’article 24 dès 15 heures, afin d’éviter que cela "se fasse nocturnement" et de "prendre le temps d’écouter tous les amendements". C’est aussi un amendement du gouvernement, expliqué en longueur par le ministre, qui a voulu répondre aux critiques à l’encontre de l’article 24. Il a été sans surprise le seul adopté, à l’exclusion de tous les autres présentés. Le débat autour de cet article aura duré tout l’après-midi, quatre heures et trente minutes en tout. Notons que pendant ce temps là, l’Assemblée nationale était barricadée de cars de CRS : craignait-on de fortes protestations ?

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- Janvier 2020, pages 14 et 15, par Raphaël Kempf

Retraites, la réforme de trop

Le retour des lois scélérates

La répression policière et judiciaire que subissent les mouvements contestataires en France illustre un processus plus que centenaire : des lois d’exception votées à la hâte deviennent la norme.

Le 10 septembre 1898, le journaliste Francis de Pressensé — auparavant parfaitement légitimiste — lance à la tribune d’un meeting dreyfusard à Saint-Ouen :

"On m’accuse de mener une campagne avec des anarchistes et des révolutionnaires ; c’est un honneur pour moi de mener avec ces militants une lutte pour la justice et pour la vérité."

Jadis chroniqueur très officiel de la politique étrangère française, l’ancien journaliste du Temps essuie des injures quotidiennes dans la presse pour sa défense du capitaine Alfred Dreyfus, mais aussi parce qu’il s’engage dans ce combat aux côtés d’anarchistes. Cette alliance n’avait rien d’évident et doit beaucoup à la conjoncture créée par l’affaire. Les libertaires menaient campagne pour leurs camarades envoyés au bagne en application de lois adoptées cinq ans plus tôt en réponse aux attentats anarchistes. Certains d’entre eux, comme Émile Pouget ou Jean Grave, aux convictions naturellement antimilitaristes, avaient montré des réticences à s’engager pour un capitaine bourgeois et haut gradé de l’état-major.

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- Info > 21 novembre 2020 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)

Hannah Nelson, journaliste : "Rester sur le terrain, partout où les gens se battent pour une vie meilleure"

Alors qu’elle couvrait la manifestation pour la liberté de la presse, le 17 novembre, la photojournaliste Hannah Nelson, 18 ans, a été placée en garde à vue. Une arrestation arbitraire mollement dénoncée par la profession, dont certains regardent de haut celles et ceux qui s’engagent sur le terrain des mouvements sociaux et qui seront les premiers concernés par l’interdiction de diffuser les visages des policiers.

Elle ne s’attendait pas à une telle vague médiatique, à autant de soutiens, ni à autant de haine. Hannah Nelson, jeune photographe indépendante de 18 ans, a été interpellée mardi 17 novembre vers 21 heures alors qu’elle couvrait la manifestation contre la loi de sécurité globale, organisée près de l’Assemblée nationale.

Nassée à l’entrée du métro Solférino avec une centaine de personnes, elle a été violemment attrapée par un CRS lors d’une charge, puis trainée au sol avant d’être menottée et maintenue face contre terre, un genou contre le bas de son dos. "Quelques secondes avant la charge, j’ai eu un échange de regard avec le policier dans le blanc des yeux. C’était comme s’il se disait qu’il allait m’attraper", dit-elle à Reporterre. Hannah Nelson s’est enquise alors du motif de son interpellation. On lui a rétorqué un lapidaire : "Tu sais." Elle a dû attendre d’être au commissariat avant d’en connaître la raison : "Continuer volontairement à participer à un attroupement après les sommations de dispersion" et "dissimulation du visage", car elle portait un masque à gaz. Ce second chef d’accusation n’a pas été retenu, mais son masque à gaz ne lui a pas été rendu. Elle est sortie de garde à vue le lendemain, mercredi 18 novembre, à 14 h 10 avec un simple rappel à la loi et plusieurs contusions.

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20 Novembre 2020

     

- Cédric Garrofé, lundi 9 novembre 2020

Hubert Reeves, astrophysicien: "La nature est infiniment plus intelligente que nous"

L'astrophysicien et écologiste franco-québécois a répondu à vos questions lors d'un chat en ligne pour la sortie de son livre "La fureur de vivre"

❐ Mercredi 18 novembre 2020 à 17:00, Pont Bessières 3, Lausanne. Astrophysicien de renom, spécialiste en cosmologie et grand défenseur de la biodiversité, Hubert Reeves publie aux éditions du Seuil "La fureur de vivre", une invitation à la réflexion philosophique pour s'essayer à expliquer l'origine de l’existence et comprendre le sens de la vie. Cette ode à la sauvegarde de la planète se lit simplement et agréablement. Il faut dire que les qualités de vulgarisateur du scientifique aujourd'hui âgé de 88 ans ne sont plus à démontrer.

La Fureur de vivre, Hubert Reeves (Editions du Seuil)

Qu’est-ce qui fascine Hubert Reeves dans l’histoire de l’Univers?

Est-il vraiment possible de définir le sens de la vie?

Quel regard porte-t-il sur les nouvelles générations? Est-il optimiste sur l’avenir de notre planète?...

Découvrez toutes ses réponses à vos questions ci-dessous.

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les questions émanent d(un public varié (femmes, hommes, enfants) et elles surprennent parfois par leur naïveté sinon le déni face à la réalité scientifique, et les réponses apportées par M Reeves restent mesurées, 'soft', ce qui est peut-être dommage. S'il reconnaît que l'avenir s'annonce sombre et difficile pour les générations à venir, il ne donne que peu de détails, comme s'il ne fallait pas trop alarmer les auditeurs, alors on a des questions sur le projet de jouer du violoncelle ou la colonistion d'autres planètes comme "solution" de survie (manque cruel de distanciation face aux fictions hollywoodiennes)...

 

 

 

     

- Tribune > 19 novembre 2020 / Antoine Le Menestrel

Pour échapper à la dictature du Haut, choisissons la descension

Notre langage forge ses images dans la verticalité : monter est valorisé ; descendre, méprisé. L’auteur de cette tribune, grimpeur, explique comment changer l’imaginaire de l’ascension qui n’apporte aucune réponse dans la crise écologique et sociale.

Antoine Le Menestrel grimpe depuis sa plus tendre enfance. Il est chorégraphe et danseur de façade au sein de la compagnie Lézards bleus. Il crée des spectacles aériens de danse escalade et est également poète à ses heures.

Nous vivons dans la civilisation de la conquête : l’adage veut que "plus on monte vers le haut, mieux c’est".

Que signifie escalader dans notre société ? On croit toujours qu’en haut, c’est toujours mieux qu’en bas. Que la croissance économique mène à la richesse. On valorise la plus haute marche du podium qui mène à la gloire. La compétition est un spectacle qui met en scène la recherche du meilleur. Nos dirigeants manifestent leur pouvoir au balcon en s’adressant au bas peuple. Nos super-héros sont des hommes seuls qui viennent d’en haut.

Au nom de cette quête altière, la société accepte que l’on puisse marcher sur la tête des autres pour faire son ascension sociale, que l’on épuise notre planète Terre, que l’on puisse conquérir une femme. Nous sommes tombés sur la tête.

Escalader peut alors symboliser cette quête qui nous déshumanise.

Nous avons le désir d’élévation. Lorsque nous sommes au sommet, nous ressentons un sentiment de plénitude très fugace avant de désirer rapidement un autre sommet encore plus haut.

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- GILETS JAUNES - Propos recueillis par Elsa GAMBIN, 20 Novembre 2020 - Photo : Place de l’Étoile, Paris, le 24 novembre 2017 / © Cyrille Choupas

"C’est l’horreur absolue qu’un citoyen, en France, ait la main arrachée alors qu’il manifestait"

Ils sont cinq. Quatre sont ouvriers, un est étudiant. Ils ont entre vingt et cinquante ans. Ils habitent à Tours, Argenteuil, dans la Sarthe ou en Gironde. Un point commun les a réunis : ils ont tous participé aux manifestations des gilets jaunes, parfois la première manifestation de leur vie, et y ont perdu une main suite à l’explosion d’une grenade lancée par les forces de l’ordre. L’écrivaine Sophie Divry raconte leur histoire dans un livre, Cinq mains coupées. Entretien.

Dans Cinq mains coupées, l’écrivaine Sophie Divry nous livre, à l’état brut, la parole de cinq hommes qui ont eu la main arrachée par une grenade lors du mouvement des Gilets jaunes. Comment, en France, pays démocratique, des personnes manifestant pour une vie plus décente peuvent-elles se retrouver infirmes du fait de l’action et des armes des forces de l’ordre ? En plus de ces "cinq mains coupées", une trentaine de personnes ont perdu un oeil et plusieurs centaines ont été blessées pendant les manifestations des Gilets jaunes et les mouvements qui ont suivi. Un an après la mutilation, la littérature se fait l’écho de leur lent parcours de reconstruction psychique. Au-delà des mots et des individus, cette mutilation infligée par l’État à ses propres citoyens nous oblige à repenser le glissement à l’œuvre dans notre société. Entretien.

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- SÉRIE - LA MÉRITOCRATIE EN PROCÈS (4 ÉPISODES) - LE 17/11/2020

Épisode 2 : Renouvellement des élites : la pensée visionnaire de Michael Young

L'inventeur du terme "méritocratie" était Michael Young. Ce grand sociologue britannique, intellectuel organique du parti travailliste, avait pressenti dès 1958 les problèmes que poserait le remplacement des anciennes élites par une classe nouvelle dirigeante légitimée par ses seuls diplômes.

Dans son ouvrage "L'ascension de la méritocratie" publié en 1958, le sociologue britannique Michael D. Young développait une vision prophétique de la question du renouvellement des élites et de la classe politique de son pays.• Crédits : Catherine Shakespeare Lane - AFP

L’un des premiers intellectuels à avoir sonné la charge contre la méritocratie a été le philosophe ghanéen Kwame Anthony Appiah dans une étude parue en octobre 2018 dans la New York Review of Books, intitulée The Red Baron et consacrée à Michael Young (1915-2002). Mais qui était celui qui forgea le néologisme méritocratie ?

Cet éminent sociologue a été l’une des têtes du Parti travailliste d’après-guerre. Il est l’auteur du manifeste Regardons l’avenir en face, qui a permis à Clement Attlee de battre Winston Churchill aux élections de 1945. Ce programme comportait l’instauration du système britannique d’assurance-santé universel et l’enseignement gratuit et obligatoire jusqu’à quinze ans. Plus tard, en 1954, Michael Young a créé la première association britannique de défense des consommateurs ; et, en 1969, l’Open University qui a permis à deux millions de Britanniques, issus de toutes les classes de la société d’étudier.

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19 Novembre 2020

     

- Posted on18th November 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 11th November 2020

Monster Makers

Unless Biden fights big money, he could pave the way for someone even worse than Trump.

It brought a tear to the eye and a hand to the heart. Joe Biden, in his acceptance speech, called for unity and healing. He would work “to win the confidence of the whole people”. I just hope he doesn’t mean it. If he does, it means that nothing has been learned since Barack Obama made roughly the same speech in 2008.

The United States of America is fundamentally divided. It is divided between exploiter and exploited, oppressor and oppressed. There is no unity to be found with kleptocrats and oligarchs. Any attempt to pretend there is will lead to political failure. It will lead not to healing but to a deflected polarisation. If Americans are not polarised against plutocrats, they will be polarised against each other.

I understand that, in a sentimental nation, bromides like Biden’s might be considered necessary. But I fear he believes what he says. When he spoke to wealthy donors at the Carlyle hotel in Manhattan last year, he told them not only that “no one’s standard of living will change, nothing would fundamentally change”, but also that “you have to be able to reach consensus under our system”. In this context, consensus looks like appeasement.

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- Brèves > 19 novembre 2020 / Francis Correa (Reporterre)

L’étrange appétit d’Amazon pour les militaires

La firme drague de plus en plus les "anciens militaires ou ceux encore en activité qui cherchent du travail dans le secteur privé", arguant que "les militaires sont une ressource importante sur le plan du business pour identifier les leaders de l’avenir."

Début octobre, le magazine Vice révélait qu’Amazon avait partagé deux offres d’emploi pour des postes d’"analystes en renseignement". Le but ? Surveiller d’éventuelles "menaces envers la compagnie venant d’organisations syndicales" ainsi que les "leaders politiques hostiles". La firme serait-elle repartie à l’attaque ? Ou, du moins, serait-elle toujours intéressée par le personnel ayant des aptitudes, disons, offensives et un passé dans les forces armées ?

C’est ce qui découle des dernières publications d’offres d’emploi de managers, leaders et autres cadres. La firme drague de plus en plus les "anciens militaires ou ceux encore en activité qui cherchent du travail dans le secteur privé". Un décompte non exhaustif mené par Reporterre sur les sites de recherche d’emploi Indeed et Jobijoba et sur celui de l’entreprise montre que, depuis le 22 septembre, Amazon France a affiché au moins onze offres d’emploi où "une cellule de recrutement spécialisée sur les profils ’ militaires’ est disponible pour discuter des opportunités au sein des différentes chaines de conduite et planification des opérations au sein d’Amazon".

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- Enquête > 19 novembre 2020 / Francis Correa (Reporterre)

Les ruses d’Amazon pour s’implanter dans l’Oise

Une enquête publique complaisante, une étude d’impact environnemental bâclée, une société prête-nom, et un chantage à l’emploi mensonger : voilà la recette utilisée par Amazon pour imposer la construction, dans l’Oise, d’un gigantesque entrepôt qui artificialise des terres agricoles.

"Have fun", ("amusez-vous"), placarde Amazon dans ses entrepôts. Jeff Bezos cultive l’idée que ses entrepôts seraient des terrains de jeu aux mille couleurs, avec un management attentif à ses salariés. Durant l’immersion de la journaliste de Reporterre E.W. Dabrowska à CDG7, un événement Octobre Rose, contre le cancer du sein, et une distribution de swaggies, la monnaie patronale qui permet aux employés d’acheter quasiment gratis des produits maison, ont été organisés.

Mais loin d’être une surprise-partie, le CDG7 Senlis est une affaire mûrement réfléchie et planifiée depuis 2016. Afin d’imposer cet immense entrepôt dans le paysage, au milieu des champs, Amazon a réussi un drôle de montage : une enquête publique complaisante, un étude d’impact environnemental passoire, et un chantage à l’emploi mensonger auquel ont cédé les pouvoirs publics avec une étonnante facilité.

CDG7 est le nouveau grand atout d’Amazon pour conquérir une position incontournable dans la logistique Europe du Nord — Europe du Sud. C’est-à-dire pour contrôler une voie de commercialisation qu’elle cherche à imposer, à terme, aux PME (petites et moyennes entreprises), et même aux très grandes firmes françaises, naguère ennemies du géant étasunien. C’est ainsi que notre journaliste a pu observer un camion-remorque contenant des ouvrages d’éditeurs tiers soigneusement packagés dans des caisses siglées Hachette Livre, sans étiquettes Amazon, arriver à CDG7 puis être redistribuées vers d’autres dépôts Amazon. Interrogé par Reporterre, Hachette Livre, qui possède un quasi-monopole de la distribution de livres vers les libraires en France, tous éditeurs confondus, indique : "La logistique est une affaire complexe. Il est tout à fait normal que certains de nos camions passent par leurs entrepôts pour distribution."

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- 18 Novembre 2020, Alain BERTHO - BLOG : TEMPS ACTUELS

Sommes-nous aux portes de la nuit?

"Il y a quelque chose qui me sautait aux yeux, mais je n’arrive toujours pas à le voir". Tel le narrateur d' "En attendant les barbares" de J.M. Coetzee, nous voici retranchés dans une forteresse nationale, menacés par un danger insaisissable. Nous avons du mal à comprendre que la barbarie ne vient pas du dehors mais qu’elle ronge de l’intérieur une société travaillée par la peur.

Le 31 octobre, J’ai découvert le nom d’un un ami en bas d’un appel à l’inquisition universitaire, lancé dans la foulée de déclarations de Jean Michel Blanquer. Cet appel, qui a suscité depuis bien des réponses individuelles et collectives, demandait à la Ministre des de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation rien moins que

"de mettre en place des mesures de détection des dérives islamistes, de prendre clairement position contre les idéologies qui les sous-tendent, et d'engager nos universités dans ce combat pour la laïcité et la République en créant une instance chargée de faire remonter directement les cas d'atteintes aux principes républicains".

Je n’ai pas été le seul à faire une telle découverte. Nous avons été quelques-unes et quelques-uns à ainsi échanger nos désarrois. La tristesse nous a envahis, au moins autant que la colère. Puis une inquiétude sourde. Nous en sommes donc là. Nous voici fragilisés et menacés dans les cercles les plus intimes. Quand la France "perd pied" comme le dénonce Clémentine Autain, elle n’épargne personne. Peut-être un jour l’humanité maîtrisera-t-elle le virus qui actuellement la menace. Mais dans quel état ? Est-ce la France qui perd pied ou les gouvernements du monde ? Est-ce seulement l’horreur des crimes perpétrés en France qui leur fait "perdre pied" ou l’accumulation de défaillances dramatiques face aux défis vitaux que nous affrontons ?

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- Brèves > 18 novembre 2020

Un recours devant le Conseil d’État demande l’accès à la nature pendant le confinement

Les partis Europe Écologie-Les Verts (EELV) et Génération écologie, ainsi que des personnes vivant dans un lieu ne leur permettant pas l’accès à la nature pendant le confinement ont déposé ce mercredi 18 novembre un référé-liberté devant le Conseil d’État.

Ils demandent que la règle des une heure et un kilomètre soit adaptée afin de permettre à tous de pouvoir accéder à un espace naturel pendant le confinement. "Il ne s’agit pas de contester le confinement, a expliqué le secrétaire général d’EELV Julien Bayou. C’est une question de santé publique, et de justice sociale. C’est en Seine-Saint-Denis que l’on trouve le plus de personnes éloignées de plus d’un kilomètre d’un accès à la nature."

"Cette règle des une heure et un kilomètre n’a pas de justification sanitaire", a poursuivi Delphine Batho, députée et présidente de Génération écologie. "Les connaissances scientifiques sur la transmission du virus ont montré qu’il y a moins de risques de contamination à l’extérieur. Par ailleurs, on connaît les effets délétères de la privation d’accès à la nature sur la santé physique et mentale."

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18 Novembre 2020

     

- Accueil > Enquête en 4 volets consacrée à la rénovation énergétique

 

ENQUÊTE 3/4 - 18 novembre 2020

Locataires et précaires, grands oubliés de la rénovation

Le chemin de la rénovation, déjà semé d’embûches pour ceux qui y ont accès, est inaccessible à une bonne partie de la population, locataires ou précaires trop éloignés des dispositifs d’aides. Pourtant, ce sont souvent eux pour qui en ont le besoin le plus urgent.

Les problèmes de précarité énergétique comme ceux d’Aline — que nous évoquions précédemment — sont loin d’être isolées. À Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), c’est bien "tout le quartier de la Maladrerie qui est mal conçu", explique Yoann Pinaud, de l’Alliance citoyenne d’Aubervilliers, qui travaille depuis plusieurs mois sur les graves problèmes qui touchent trente logements de l’allée Nicolas-de-Staël, tous classés G. Ce sont ces logements (F et G) qu’on appelle couramment des "passoires énergétiques", avec des caractéristiques similaires : isolation insuffisante, humidité et moisissures, factures démesurées et problèmes de santé. "On a interpellé les élus pour demander d’une part des travaux d’urgence, d’autre part une aide financière pour l’hiver", raconte Yoan Pinaud. Même la ministre est venue à leur rencontre le 8 octobre. Le 22, ils étaient de nouveau mobilisés pour l’assemblée générale de l’OPH, pour annoncer symboliquement qu’ils "débutaient par eux-mêmes les travaux de rénovation thermique", devis en main. Une manière de signifier l’urgence pour "accélérer au maximum le calendrier". En face, Karine Franclet, maire UDI de la ville et présidente de l’OPH, ne s’engage à rien de plus que la réhabilitation complète déjà dans les cartons, pour laquelle des financements de l’Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru) n’ont toujours pas été débloqués.

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ENQUÊTE 2/4 - 17 novembre 2020 / Grégoire Souchay (Reporterre)

Rénover n’est pas jouer : parcours croisés de rénovateurs énergétiques

La rénovation énergétique a le vent en poupe, portée par la communication verte du gouvernement. Mais hors des ministères, les travaux se révèlent souvent compliqués et coûteux. Celles et ceux qui se lancent se retrouvent bien souvent sur un chemin long et semé d’embûches.

À Toulouse, "un vrai confort" et quelques économies

Chez Maxime, à Toulouse. - Cet été encore, Maxime a eu chaud. Il habite avec sa femme et ses deux enfants un appartement dans le quartier Saint-Michel, quartier populaire toulousain pas encore complètement embourgeoisé (gentrifié). Cet ingénieur d’Airbus, âgé de 43 ans, y a acquis un T3 de 75 m² au dernier étage d’un petit immeuble en brique rose. Bien que fort esthétique, le matériau est loin d’être le meilleur isolant contre le froid et contre les pics de chaleur qui se multiplient dans la Ville rose. Comme il était "hors de question de poser des climatisations partout", l’alternative était donc de réisoler le toit ainsi que les baies vitrées.

Le projet est né fin 2015 avec l’aide de l’association Solagro "pour voir si le gain de confort estimé valait les importants investissements à réaliser". Au total sur 32.000 € de travaux (100 m² de toitures et trois baies vitrées), il est éligible à 11.000 € d’aides, entre l’Agence nationale de l’habitat (Anah), un écochèque de la région Occitanie et un prêt à taux zéro. C’est au moment de signer que la famille s’est interrogée : "Quitte à poser des échafaudages, est-ce qu’on n’en profiterait pas pour rehausser le toit ?" Et ainsi transformer la mezzanine trop chaude en un étage complet. "On a reporté l’isolation de quatre ans", un délai qui ne les a pas empêchés de toucher les aides promises. L’économie dans les dépenses de chauffage est en définitive toute relative : 30 € par mois, ou 360 € par an. Maxime a calculé que ça lui prendrait plus d’une vie pour rembourser le coût total des travaux. Ce qui change, c’est que désormais "on a vrai confort, avec des températures agréables et qui ne varient plus entre les différents étages et pièces".

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Enquête 1/4 > 16 novembre 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Rénovation énergétique : une décennie de perdue

Le secteur du bâtiment est un très gros émetteur de gaz à effet de serre, essentiellement du fait des besoins de chauffage des logements. Le Grenelle de l’environnement, en 2008, avait pris la mesure de l’indispensable isolation thermique des habitations, sans se donner les moyens de ses ambitions. Les politiques qui ont suivi n’ont pas mieux fait.

En 2008, le Grenelle de l’environnement fixait un objectif inédit et ambitieux : réduire de 38 % les émissions de gaz à effet de serre liées au bâtiment d’ici 2020. Douze ans plus tard, force est de constater son échec : non seulement le secteur compte pour plus d’un quart de nos émissions — et 44 % de notre consommation énergétique — mais les émissions du secteur ne montrent aucun signe d’affaiblissement. Elles étaient supérieures de 22 % en 2017 au budget fixé dans la première Stratégie nationale bas carbone (SNBC).

Selon une note publiée en octobre par France Stratégie, ces contre-performances s’expliquent « essentiellement par un déficit de rénovations énergétiques performantes ». En clair, pour diminuer les émissions de CO2, il faut baisser le chauffage, ce qui nécessite de vivre dans un logement bien isolé — le nec plus ultra étant le BBC, pour « bâtiment basse consommation », qui requiert moins de 80 kWh par mètre carré et par an. Or, en moyenne, un logement français consomme 240 kWh/m²/an ; pire, près d’une habitation sur cinq — soit 5 millions de logements — peut être considérée comme une passoire thermique, engloutissant plus de 330 kWh/m²/an. On est donc loin (très) du compte voulu par le Grenelle de l’environnement.

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- Entretien > 18 novembre 2020 / Entretien avec Ludivine Bantigny et Laurent Janpierre

Grâce aux Gilets jaunes, "On ne peut plus dissocier questions climatiques et sociales"

Deux ans après le jour désormais connu comme l’Acte 1 des Gilets jaunes, l’historienne Ludivine Bantigny et le politiste Laurent Janpierre reviennent sur cette révolte qui a bouleversé la France. Pour eux, ce mouvement décentralisé, hétérogène, aux profondes aspirations démocratiques, n’a pas fini de secouer la politique.

Ludivine Bantigny est historienne et ses travaux portent principalement sur les mouvements sociaux. Elle est l’une des autrices de l’ouvrage Le fond de l’air est jaune. Comprendre une révolte inédite (éd. Seuil, 2019). Elle a déclaré à Reporterre s’être elle-même "sentie Gilet jaune" et était membre du groupe Gilet jaune enseignement recherche. Laurent Jeanpierre est politiste et auteur de l’essai In Girum. Les leçons politiques des ronds-points (La Découverte, 2019). Dans ce livre, il montre que le mouvement des Gilets jaunes a débuté une marche vers une politique ancrée dans le local, où s’articulent autonomie, écologie et justice sociale.

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- Reportage > 18 novembre 2020 / Ewa Daria Dabrowska (Reporterre)

Robots, scans, et novlangue : j’ai travaillé un mois dans un entrepôt Amazon

Dans l’immense plateforme logistique de Senlis, dans l’Oise, les travailleurs ne sont pas nommés salariés, mais "associés". Récit d’une immersion d’un mois dans une usine où les humains fonctionnent comme des robots. Le slogan d’Amazon : "Make History", faites l’histoire.

Senlis (Oise), reportage - Le tapis convoyeur se faufile dans l’immense salle. Elle mesure 310 mètres par 160, et fait dix mètres de haut. Le tapis se ramifie et se découple en mille bras qui vont et viennent dans un bruit assourdissant, desservant toutes les stations d’activité, depuis le sort jusqu’au problem solve, en passant par l’atac et le debord, sans oublier l’inbound dock et l’outbound dock.

La pieuvre motorisée, transportant des caisses et des caisses en carton ou alors des totes — des bacs — en plastique noir, irrigue la novlangue qui imprègne la moindre action à "CDG7", l’entrepôt logistique d’Amazon flambant neuf situé à Senlis, dans l’Oise. La plateforme logistique, ouverte en octobre 2020, s’étend sur 50.000 m2. Sur les tapis circulent des milliers de caisses majoritairement estampillées made in China. Soit dix mille kilomètres de voyage pour alimenter le peak du Black Friday et de Noël.

Je suis travailleuse chez Amazon, à CDG7, à Senlis, le 28e site logistique du groupe en France. J’ai été embauchée comme agent de nettoyage, et me voici pour quatre semaines dans ce temple de la consommation. Sur le floor — comme se nomme l’usine ici —, je suis une intérimaire sous-traitante de sous-traitant. L’avantage est qu’aucun boss ne me prête attention. Hors-jeu, avec ma mission solitaire, je parle aux collègues de l’entrepôt, lors des rares moments où l’on peut se retrouver, et j’écoute et observe. Car je suis aussi journaliste et voici mon témoignage.

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- 16 Novembre 2020, UGICTCGT , par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT - BLOG : LE BLOG DES INGÉS CADRES TECHS CGT

Quand des banquiers proposent de taxer les télétravailleurs

On ne dira jamais à quel point banquiers et financiers sont créatifs. Voilà que des économistes de la Deutsche Bank viennent de pondre un rapport intitulé "What we must do to rebuild" ("Ce que nous devons faire pour reconstruire") par lequel ils imaginent leur monde d'après.

Ce rapport propose une série d'idées décoiffantes destinées à reconstruire les entreprises et les sociétés après la pandémie de Covid-19. Il préconise ainsi que le télétravail implique un surcroît d'impôts pour les salariés afin de prendre en compte les privilèges que leur apporterait ce mode d'organisation du travail. Il s'agirait selon les économistes de la Deutsche Bank de compenser l'argent qu'ils ne dépensent pas pour les trajets domicile-travail et les pauses déjeuner par des taxes supplémentaires.

"Nous soutenons que les travailleurs à distance devraient payer un impôt pour ce privilège", écrivent-ils, soulignant que le télétravail sera la "nouvelle normalité bien après la fin de la pandémie" et qu'il faudra donc adapter la fiscalité. Et de proposer une taxe de 5 % pour chaque jour de télétravail.

Et la créativité de ces économistes "atterrants" les amène à suggérer que l'argent collecté par la taxe télétravail serve à augmenter les salaires des personnes les plus démunies. Il fallait y penser... Ce jus de crâne ultra-libérale pourrait prêter à sourire s'il n'occultait pas la sombre réalité de la prédation du capital sur le travail, les dégâts de la financiarisation de l'économie, mis en lumière par le Véritable bilan annuel du CAC 40 publié par l'Observatoire des multinationales en partenariat avec Attac France (l'Ugict-Cgt est un des membres fondateur d'Attac). Il nous révèle... ou plutôt nous rappelle qu'en vingt ans, les dividendes distribués aux actionnaires des entreprises françaises du CAC 40 ont augmenté de 269 %. Que le chiffre d’affaires global de ces entreprises a bondi de +74 %, et que leurs profits ont fait une culbute de 77 %.

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17 Novembre 2020

     

- - Septembre 2018, page 28, par Régis Debray

Un manque de flair

“Tout homme est crédule, un polytechnicien est un homme, un polytechnicien est crédule." Synonyme de crédule : facile à tromper.

Qui passe pour être les moins naïfs des hommes ? Les politiques, qui sont des roués professionnels, et les experts, habilités à distinguer le vrai du faux. Et, chez les seconds, qui sont les moins songe-creux ou les plus fiables ? Les économistes. Et qui était le plus sérieux de tous, sinon le premier ministre Raymond Barre, qualifié de "meilleur économiste de France" ? Et le président Valéry Giscard d’Estaing, polytechnicien d’une intelligence reconnue par tous ?

Or il se trouve que deux charlatans, inconnus au bataillon mais accrédités par une élite issue de l’École polytechnique et de l’École des mines, ont, pendant trois ans (1976-1978), fait danser les plus hauts personnages de l’État (et cracher, au passage, des centaines de millions de francs).

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- DÉMOCRATIE - Propos recueillis par Barnabé BINCTIN, Ivan DU ROY, 17 Novembre 2020 - Photos : © Romain Guédé

"Envahissez le champ politique ! Les tenants de l’ordre établi rêvent d’une chose : que vous ne le fassiez pas"

Au lendemain de l’annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2022, Manon Aubry, députée européenne de la France insoumise, a longuement répondu à nos questions. Et elle s’en pose également beaucoup. Entretien.

Lorsqu’elle s’est embarquée en politique, à tout juste 29 ans, pour mener la campagne de la France insoumise aux dernières européennes, Manon Aubry s’est posée beaucoup de questions sur le sens de cet engagement : après des années à militer dans les mouvements sociaux, sera-t-elle plus efficace à l’intérieur des institutions ?

Était-elle seulement prête à en affronter les codes, et la dérive agressive qui caractérise le débat politique ces derniers temps ?

Un an et demi plus tard, elle se prépare déjà à une nouvelle campagne électorale, Jean-Luc Mélenchon ayant annoncé sa candidature à la présidentielle de 2022. C’est au lendemain de cette annonce qu’elle s’est posée, longuement, dans nos bureaux pour un grand tour d’horizon.

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- Johanne Montay, publié le vendredi 13 novembre 2020

Documentaire "Hold-up" sur le Covid-19 : comment tout est construit pour qu’on y croie

Un virus jusqu’ici inconnu qui provoque une crise sanitaire et économique, des mois d’incertitudes, de doutes, d’attente d’un vaccin… Le Covid-19 a bouleversé nos vies. C’est la thèse avancée par "Hold-Up", un documentaire qui se répand sur les réseaux en ce mois de novembre. Ce film, né grâce aux dons des internautes, suscite énormément de réactions sur la toile. Mais qu’en est-il vraiment ? Pourquoi tout est fait pour qu’on y croie ?

Je partage, donc je suis. J’appartiens à une communauté à qui on ne la fait pas. Des "lanceurs d’alerte" m’ont révélé le dessous des cartes. Ce sentiment d’appartenance est l’un des mécanismes psychiques principaux qui provoque l’adhésion à un document tel que "Hold-up".

Le narrateur se présente à notre hauteur. Il commence en douceur par juxtaposer des défaillances (ex. : à propos des masques) qui peuvent recueillir l’adhésion, en donnant la parole à des gens comme nous : un chauffeur de taxi est par exemple indigné de l’absence de protection pour le personnel soignant durant la première vague… Sait-il seulement que son témoignage est utilisé dans un documentaire qui aboutit à la thèse d’un grand complot mondial ?

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- FEATURE - Bonnie Kristian, November 15, 2020

Donald Trump's future is a Prairie Home Companion

When President Trump leaves office in January, what will he do next? The common theory, circulating since his 2016 campaign, is he'll launch some sort of media venture.

That still strikes me as probable, but after half a decade of Trump dominating our national life, I think it safe to venture a more specific prediction: He may well start a Prairie Home Companion-style project which fills the hole in right-wing media soon to be left by talk radio titan Rush Limbaugh.

The major weakness of the Trump TV idea was always its format. It is impossible to imagine Trump, who is well-known for maintaining a light schedule, putting on a nightly show. He is not suited to be the next Tucker Carlson, delivering a tightly written monologue before interviewing other people to highlight their ideas. Beyond the sheer amount of work it would entail, the president generally does not like reading from teleprompters and is not terribly interested in promoting anyone but himself. He wouldn't enjoy a production, like Carlson's, in which he talks to one or two other people from behind a desk in a quiet studio. None of that is Trump's thing.

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- Brèves > 17 novembre 2020

Pesticides : de nouvelles victoires pour protéger les cours d'eau

Le 13 novembre, le tribunal administratif de Nantes (Loire-Atlantique) a exigé de quatre préfets de Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire, de la Sarthe et de la Vendée qu’ils complètent les arrêtés par lesquels ils définissaient les "points d’eau" à proximité desquels l’application de pesticides est interdite. Ces jugements rejettent la définition trop limitée retenue par les arrêtés, ne permettant pas la bonne protection de la ressource en eau.

En France, il est interdit d’épandre des pesticides dans certaines zones, dites "de non traitement", en bordure de cours d’eau. Sauf qu’un arrêté ministériel passé en mai 2017 a introduit un flou dans la définition de ces zones. Résultat, "certains départements en ont profité pour exclure près de la moitié des aires qui étaient jusqu’alors protégées", rappelle France Nature Environnement, qui tient un état des lieux des arrêtés préfectoraux.

Dans les quatre départements des Pays de Loire comme dans de nombreuses autres régions, les préfets ont ainsi adopté des arrêtés "au rabais", qui excluaient nombre de ruisseaux jusqu’ici considérés comme des cours d’eau — et donc mieux protégés des épandages. La décision du tribunal de Nantes porte à 24 le nombre d’arrêtés préfectoraux retoqués par la justice. Le juge a notamment reconnu que certains préfets ont violé le principe de non-régression.

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16 Novembre 2020

     

- Édito > 16 novembre 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)

Le monde d’après s’appelle Révolte

Qu’ils sont loin, les rêves du "monde d’après". Aujourd’hui, tout est redevenu comme avant, en pire. Ecologie et justice sont oubliées, alors que le pouvoir réprime de plus en plus durement la jeunesse, tout en bouchant son avenir. Sous le couvercle du confinement, la colère bouillonne.

Qu’il est loin, ce premier confinement. Il nous avait pris par surprise, c’était une situation jamais vue, cette mise en suspens d’une partie du monde pendant quelques semaines. La crainte du virus était là, le boulot était pénible pour les travailleurs les plus précaires et ceux assurant les fonctions vitales de la société. L’anxiété du chômage surgissait pour d’autres. Mais il y a eu aussi pour beaucoup, la découverte du silence, du renouveau de la nature, un moment de respiration dans le grand chambardement du monde. Une certaine euphorie se faisait jour, dans l’espoir que de cette crise pourrait surgir un monde meilleur. On a rêvé du "monde d’après" : transports, agriculture, santé, économie — on allait tout reprendre dans le bon sens, tandis qu’associations, syndicats, personnalités multipliaient les appels et les listes d’idées pour "le jour d’après".

Six mois plus tard, nous sommes "après" : en pleine deuxième vague de la pandémie, en confinement, sous la férule d’un gouvernement à la fois peu compétent et autoritaire, et observant en silence les nouveaux maîtres du monde se gaver, tel Jeff Bezos, le patron d’Amazon encore enrichi en centaines de milliards, ou le patron de Pfizer qui, dès l’annonce d’un potentiel vaccin, a vendu 60 % de ses actions pour profiter de son cours qui venait de bondir.

Force est de constater que rien ne bouge. Le vide des politiques sur la biodiversité et le climat est sidéral, alors que ce sont les domaines clés si l’on veut éviter que se répètent sans cesse de nouvelles pandémies et que l’on endure du fait du réchauffement des situations intolérables. Toute l’attention politique est focalisée sur la gestion à court terme de la pandémie, attendant un miracle d’un vaccin à venir — dont l’idée qu’il pourrait être mis à disposition comme un bien commun est abandonnée — et trépignant dans l’espoir de faire repartir la croissance. La question de l’écologie globale ? Celle des inégalités ? "On verra plus tard." Et en attendant, on continue à détruire la biodiversité en multipliant les projets inutiles, et sans rien entreprendre ni pour limiter l’élevage industriel ni pour limiter la déforestation tropicale, les deux sources des zoonoses.

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- - Octobre 2017, page 3, par Frédéric Lordon

Disqualifier pour mieux dominer

Le complotisme de l’anti-complotisme

L’image est familière : en haut, des gens responsables se soucient du rationnel, du possible, du raisonnable, tandis que ceux d’en bas, constamment ingrats, imputent à leurs dirigeants une série de malveillances. Mais l’obsession du complot ne relève-t-elle pas plutôt des strates les plus élevées de la société ? Les journalistes reprenant les idées du pouvoir privilégient eux aussi cette hantise.

Après "réforme", "moderne" et "logiciel" ("en changer"), "complotisme" est en train de devenir le nouvel indice du crétin, le marqueur qui situe immanquablement son homme. Un ordre social de plus en plus révoltant à un nombre croissant de personnes réduit nécessairement ses conservateurs aux procédés les plus grossiers pour tenter d’endiguer une contestation dont le flot ne cesse de monter. Au demeurant, on sait que cet ordre entre en crise profonde quand, vide d’arguments, il ne trouve plus à opposer que des disqualifications. Comme un premier mouvement de panique, "antisémitisme" a été l’une des plus tôt jetées à la tête de toute critique du capitalisme ou des médias. Mais, même pour l’effet de souffle, on ne sort pas d’emblée la bombe atomique s’il s’agit simplement d’éteindre un départ de feu. C’est que par définition on ne peut pas se livrer à un usage ordinaire et à répétition de la munition maximale, sauf à lui faire perdre rapidement toute efficacité. Ses usages tendanciellement grotesques soulignant son ignominie de principe, le procédé a fatalement entraîné l’auto-disqualification de la disqualification.

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- 11 Novembre 2020, Georges GUMPEL - BLOG : LE BLOG DE GEORGES GUMPEL

À propos de l’arrestation des quatre jeunes mineurs à Albertville

Pourquoi écrire cette histoire, ce matin où me taraude l’affaire de ces quatre gosses d’Albertville ? Comme eux, en 1943, nous étions des enfants ; comme eux, nous étions le bien le plus précieux de nos parents. Puissent ces modestes mots, cette réflexion sur notre rôle de témoin, de passeurs de mémoire, participer au réveil des consciences. Par Georges Gumpel, ex-enfant juif caché en 1943/1944.

A la mémoire de mes parents.

À la mémoire de tous les acteurs de ce récit.

Souvent, des personnes bien intentionnées me demandent pourquoi je n’écris pas mes mémoires.

À chaque fois, je réponds que je n’en ai nulle envie, nul besoin surtout.

Et puis, principalement, que nous sommes au XXIe siècle et qu’il est temps de regarder le présent, de l’analyser, de le comprendre si nous voulons agir.

L’arrestation de ces quatre gosses m’interpelle et nous interpelle toutes et tous à plus d’un titre, est un basculement des valeurs jusqu’ici affirmées, le constat que, depuis ce matin fatidique du 5 novembre dernier, l’enfant n’est plus le capital le plus précieux de l’Homme, ici, en France. Qu’il peut être à nouveau arrêté à l’aube, place en garde à vue, loin de ses parents, accusé “d’apologie du terrorisme et de menaces de mort” rien que ça!

Cette énormité m’autorise à m’exprimer, hors des murs habituels des classes où sont réunis des jeunes élèves (confinement oblige) à m’adresser à un auditoire plus large à travers cet outil moderne que sont les réseaux sociaux. À raconter une bribe de mon histoire pour expliquer ma démarche, participer au réveil des consciences.

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- AGORA - ENTRETIENS ET DÉBATS - Propos recueillis par Matthieu Giroux, publié le 07/11/2020 - Entretien

Cédric Durand : "Les algorithmes des Gafam prennent la place tenue autrefois par les terres seigneuriales"

Auteur de "Techno-féodalisme", l’économiste Cédric Durand voit dans le développement des Gafam l’avènement d’une nouvelle forme de servitude.

Marianne : Vous démontrez dans votre livre que la Silicon Valley s’est fondée sur un certain nombre de mythes. Quels sont-ils et en quoi l’évolution réelle des géants du Web en est-elle éloignée ?

☛ Cédric Durand : Le consensus de la Silicon Valley promet de redynamiser le capitalisme par l’innovation. Il fait deux principales préconisations. La première concerne la flexibilisation des marchés du travail et du capital, afin d’utiliser au mieux les ressources disponibles. La seconde vise à renforcer les incitations entrepreneuriales, en baissant la fiscalité sur le capital et sur les hauts revenus et en apportant une forte protection juridique aux innovations grâce aux droits de propriété intellectuelle. Philippe Aghion est un des économistes qui ont le plus oeuvré pour la diffusion de cette doctrine.

En arrière-plan de ces recommandations, il y a une série de mythes associés au numérique. En particulier, on trouve l’idée selon laquelle Internet et les réseaux informatiques allaient rendre les individus plus puissants et désarmer les grandes organisations, ce qui devait permettre l’avènement d’un capitalisme de petits entrepreneurs. Or c’est précisément le contraire qui est advenu : nous sommes entrés dans un nouvel âge des monopoles, une période sans précédent de concentration des ressources et du pouvoir économique à l’échelle internationale.

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15 Novembre 2020

     

      - 29 août 2020, Fabrice AUBERT

Tout sauf Mélenchon (lettre ouverte)

Cher Jean-Luc,

Tu ne me connais pas ou si peu, je fais partie de ces innombrables militants qui dans l’ombre, font ce qu’ils ont à faire au quotidien de ce monde pourri, en vue de montrer un peu de lumière, dans ces ténèbres de l’obscurantisme marchand. Et de plus je n’aime pas les selfies…

On a du se rencontrer une ou deux fois, jamais dans de bonnes conditions et je ne suis même pas sûr que si on discutait vraiment, on serait en accord, tellement toi et moi on se ressemble. Mon surnom au syndicat et à l’époque au Parti Communiste était "casse couille" et je le revendique. Ça me va bien, avec 22 ans de placard à Marseille Métropole (ingénieur-économiste indiquant que le service public fait mieux et moins cher que le marché), militant CGT et désormais secrétaire du CHSCT. Je ne te dis pas, mes interventions orales et écrites sont à la fois attendues et redoutées, y compris par l’Administration, tellement elles sont à la fois pointues et ciselées d’un phrasé de Molière, qui ne cède rien à l’anglicisme marchand. Elles sont surtout argumentées pour la défense et la valorisation de mes collègues fonctionnaires. Je te dis tout ça, juste pour présenter qui je suis. En fait, j’ai comme chaque militant une histoire dont je revendique la profondeur historique (62 ans dont 40 ans au PCF). J’ai écrit sur beaucoup de sujets de fonds (Le Grand Soir), l’économie politique étant une de mes passions au même titre que la planche à voile, car celui qui tient sur une planche à voile, par temps de mistral est capable d’affronter beaucoup de choses de la vie.

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Bien qu'avec un parcours personnel différent, je me retrouve dans cette 'mise au point'. J'aimerais que celles et ceux qui refusent, en réflexe plus ou moins hystérique, Mélenchon, à cause de la perception qu'ils ont de lui ou qu'on leur donne à voir, ne le voient que comme le meilleur (probablement encore) porteur d'un programme, MAIS, surtout, que ce programme, ils l'aient LU, simplement lu.

Qu'ils se souviennent alors de pourquoi ou comment ils ont accepté les autres (mangeurs de pommes, hyper agité, "normal" ou nano-jupitérien), et qu'ils considèrent les dégâts commis, les urgences réelles et le déni de toutes ces "autorités" veules et achetées en toutes leurs réponses.

Toute élection est un pari. Le mien repose sur la conviction d'abord que "l'Avenir en commun" propose les seules directions que nous puissions suivre aujourd'hui -- que nous aurions déjà du prendre il y a longtemps --, et que Mélenchon respectera son engagement d'engager le mécanisme raisonné, si possible citoyen et apaisé -- à l'image de ce qu'a été la Convention Citoyenne sur le Climat, pas de ce que les "autorités" font de ses travaux --, d'une nouvelle constitution et en respectera les articles.



 

 

     

- 14 Novembre 2020, Les Invités de Médiapart - Blog : LE BLOG DES INVITÉS DE MEDIAPART

Si Julie était votre fille...

Après la requalification en “atteinte sexuelle" des viols subis par Julie Leriche entre 13 et 15 ans, commis par des pompiers, un large ensemble d'actrices et acteurs de la protection de l'enfance et de féministes s'élèvent contre l'idée qu'elle ait “une part de responsabilité dans les crimes qu'elle a subis et qui l'ont détruite". Ils et elles demandent dans une lettre ouverte à Emmanuel et Brigitte Macron une évolution de la loi pour protéger les enfants victimes de pédocriminalité.

Monsieur le Président de la République, Madame Brigitte Macron,

Si Julie était votre fille, vous vous souviendriez d'elle à 13 ans, brillante collégienne d’un prestigieux établissement promise à un bel avenir.

Vous auriez vu progressivement décliner sa santé : crises d'angoisse à répétition, notamment en cours. Très admiratifs et respectueux des “soldats du feu”, vous auriez été rassurés à l'idée qu'elle soit régulièrement prise en charge par des pompiers.

Vous auriez assisté sans comprendre à une dégradation de son état. Et un jour, elle vous aurait avoué l'horreur : les viols qu'elle a subis, les viols collectifs de la part de pompiers adultes. Et notamment, à votre plus grand effroi, de la part de ceux en qui vous aviez confiance...

Votre toute petite fille. La prunelle de vos yeux, victime de crimes atroces… Vous auriez alors tout fait pour la protéger. Pour que justice lui soit rendue. Vous l'auriez accompagnée déposer plainte. Vous auriez été à ses côtés sans faillir.

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- ÉTATS-UNIS CHRONIQUE - 14 Novembre 2020, Harrison STETLER

Pour la droite américaine, les cinquante nuances d’une défaite

Même si le Parti républicain ne suit pas Donald Trump dans son obstination à refuser le résultat des urnes, sa stratégie est toute prête. Il s’agira de jeter le discrédit sur le président élu et de l’empêcher de gouverner par tous les moyens.

Àpartir du 20 janvier prochain, Donald Trump – qui a appelé ses partisans à manifester samedi 14 novembre – ne sera plus le président des États-Unis. Battu dans les urnes, dépassé au sein du collège électoral – qui élit le président à travers le système des grands électeurs –, il rejoint George H. W. Bush et Jimmy Carter parmi les présidents élus pour un seul mandat ces cinquante dernières années.

De Fox News à CNN en passant par le New York Times, le Wall Street Journal et Associated Press, les grands médias états-uniens claironnent la réalité de la victoire de Joe Biden. Le pays tourne la page de l’élection de 2020 et du mandat chaotique de son 45e président.

À en juger par les résultats du vote populaire, c’est un pays profondément divisé que Biden sera chargé de gouverner dès janvier. Soutenu par presque 80 millions de citoyens, il est certes le candidat qui a récolté le plus de votes lors d’un scrutin dans l’histoire américaine.

Avec ses victoires en Arizona et en Géorgie, la campagne de Biden a, en effet, pu conquérir deux États auparavant loyaux au Parti républicain. En gagnant au Wisconsin, au Michigan et en Pennsylvanie, les cadres démocrates se félicitent, en outre, d’avoir reconstruit le « mur bleu » dans ces États de la Rust Belt post-industrielle. (...)

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- Story by George Packer, October 2020 ISSUE

America’s Plastic Hour Is Upon Us

The country is at a low point. But we may be on the cusp of an era of radical reform that repairs our broken democracy.

“There are in history what you could call ‘plastic hours,’” the philosopher Gershom Scholem once said. “Namely, crucial moments when it is possible to act. If you move then, something happens.”

In such moments, an ossified social order suddenly turns pliable, prolonged stasis gives way to motion, and people dare to hope. Plastic hours are rare. They require the right alignment of public opinion, political power, and events—usually a crisis. They depend on social mobilization and leadership. They can come and go unnoticed or wasted. Nothing happens unless you move.

Are we living in a plastic hour? It feels that way.

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"Our common purpose", Reinventing American Democracy For The 21St Century - Commission On The Practice Of Democratic Citizenship

 

 

 

 

 


14 Novembre 2020

- #Société #Vie politique - Gérald Bronner, Novembre 2015

L'espace logique du conspirationnisme

L’effet cumulé d’une avalanche d’arguments plus ou moins fondés finit par créer un doute dont les conspirationnistes tirent profit. Cette logique est soutenue par les nouvelles techniques de diffusion de l’information.

Espaces logiques classiques

La formalisation du raisonnement humain occupe depuis longtemps l’histoire des idées. Au-delà de son caractère descriptif, elle vise souvent des enjeux normatifs en posant la question : comment penser avec justesse ? Des philosophes comme Bacon ou Descartes sont bien connus pour avoir éclairé, en leur temps, ce type d’interrogations. Au cours des siècles, plusieurs modes de démonstration ont été retenus et certains d’entre eux abandonnés. Ainsi, l’argument d’autorité, qui prévalut un temps au Moyen Âge, fut, à juste titre, considéré comme impropre à administrer la preuve.

Beaucoup de ceux qui ont réfléchi sur les raisonnements humains – on pense en particulier aux puissantes pages de Mill dans son Système de logique, écrit en 1843 – ont consacré de beaux passages aux égarements de la pensée. Ce faisant, ils montrèrent assez souvent que ces égarements étaient des imitations intuitives et maladroites de la pensée déductive. À ce titre, Mill rapporte une anecdote survenue en Italie un peu avant la rédaction de son ouvrage. Dans le Nord de ce pays, les habitants eurent la surprise de recevoir du ciel une pluie de corps blanchâtres qui furent reçus comme une manne divine. Selon un sophisme qui nous paraîtrait risible aujourd’hui, les croyants considérèrent que “tout ce qui tombe du ciel est miraculeux : cela tombe du ciel donc cela est miraculeux”. Les habitants s’en repurent tant et si bien, espérant sans doute récolter quelque bénéfice de ce breuvage, qu’il fut très difficile d’en recueillir une faible quantité pour procéder à une analyse chimique du corps. Cela fait, la conclusion fut sans doute un peu difficile à avaler pour les bénéficiaires du miracle : il s’agissait d’excréments d’insectes !

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- Accueil > Info > 14 novembre 2020 / Yves Sciama (Reporterre)

Les gaz HFC, "bons" pour l’ozone, terribles pour l’effet de serre

L’épaisseur de la couche d’ozone évolue plutôt dans le bon sens grâce à un accord international contraignant. Sauf que, les gaz HFC, dorénavant utilisés par l’industrie du froid car non destructeurs de l’ozone, ont un effet de serre très supérieur à celui du CO2.

Avec une surface de 23,5 millions de kilomètres carrés, l’équivalent de trois fois la superficie des États-Unis ou de la Chine, le trou dans la couche d’ozone a atteint une dimension gigantesque à la fin de l’hiver austral 2020 qui s’achève, selon les chiffres de la Nasa communiqués au mois d’octobre. Il est passé tout près de son record absolu (26,6 millions de km²) de l’année 2006, qui avait marqué son apogée depuis son apparition à la fin des années 1970.

Le chiffre a désagréablement surpris les scientifiques, qui guettent avec impatience des signaux forts de "guérison" de ce trou saisonnier, qui apparaît chaque année en hiver pendant quelques mois au-dessus du pôle Sud. Car depuis le 1er janvier 1989 est entré en vigueur le protocole de Montréal, souvent cité en exemple d’accord international efficace pour l’environnement. Il se fixe comme objectif l’élimination complète des substances détruisant l’ozone, dites ODS (Ozone Destroying Substances) en anglais. Mais les signes d’amélioration restent pour l’instant modestes.

Rappelons que la couche d’ozone est une partie de la stratosphère, située entre 15 et 35 kilomètres au-dessus de nos têtes, dans laquelle l’oxygène (de formule chimique O2), sous l’effet du rayonnement solaire très violent, est transformé en ozone (O3). Ce gaz, qui est toxique à respirer, n’en a pas moins un effet très bénéfique dans la haute atmosphère, loin des poumons humains : il filtre à plus de 95 % la fraction la plus nocive du rayonnement solaire, les UVB et UVC (ultraviolets B et C), et en protège donc l’ensemble des êtres vivants. Les scientifiques considèrent que, sans la formation de la couche d’ozone, il y a plus de 600 millions d’années, plantes et animaux ne seraient jamais sortis des océans. C’est dire le potentiel destructeur des UV solaires, qui sont entre autres de puissants inducteurs de cancers.

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- Global warming - Climate change - Graham Readfearn, @readfearn, Thursday 12 November 2020

Rising levels of carbon dioxide increasing extreme weather events in Australia, report finds

Climate agencies say fossil fuel burning is driving the increase of dangerous bushfires and days of extreme heatwaves

RFS volunteers and NSW Fire and Rescue officers at the Gospers Mountain fire 19 November 2019. - The report’s key findings show Australia’s climate has warmed by 1.44C since 1910 with bushfire seasons getting longer and more dangerous. Photograph: Dean Lewins/AAP

Australia’s climate has entered a new era of sustained extreme weather events, such as dangerous bushfires and heatwaves, courtesy of rising average temperatures, a new report by the nation’s two government climate science agencies has found.

Rising levels of carbon dioxide in the atmosphere, mostly from fossil fuel burning, has driven more dangerous bushfires, rising sea levels and a rapid rise in the days where temperatures reach extreme levels, the Bureau of Meteorology and the CSIRO said in Australia’s latest State of the Climate Report.

“What we are seeing now is beyond the realm of what was possible previously,” said Dr Jaci Brown, director of CSIRO’s Climate Science Centre.

While 2019 was Australia’s hottest on record that helped deliver unprecedented bushfires, those temperatures would be seen as average once global heating reaches 1.5C, the report said.

Among the key findings, the report said Australia’s climate had warmed by 1.44C since 1910 with bushfire seasons getting longer and more dangerous. Australia’s oceans had warmed by 1C and were acidifying. (...)

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- - Juin 1992, pages II et VI - par Susan George

La dette se paie en nature !

La dette du tiers-monde et la destruction du milieu naturel sont des phénomènes étroitement imbriqués, même si la nature de leurs relations a changé au cours des dernières décennies.

Pendant les années 70, les pays en voie de développement s’endettèrent lourdement pour financer de grands projets qui se révélèrent être autant de cauchemars écologiques. Parmi les plus ruineux, des barrages monumentaux construits au nom de la "croissance" et du "développement". Outre le déplacement forcé de centaines de milliers d’habitants qui, pendant des générations, avaient su préserver leur environnement, ces hydro-désastres provoquèrent la disparition sous les eaux de vastes étendues boisées, la stérilisation et la salinisation des sols, la destruction de la faune et la diffusion des maladies dont l’eau est le vecteur. Et ce, sans même fournir la quantité prévue d’électricité, tant leurs infrastructures s’envasèrent rapidement.

D’autres prêts servirent à financer des programmes de colonisation interne, notamment au Brésil et en Indonésie, poussant des milliers de colons plus ou moins volontaires à s’installer dans les forêts primaires. Une industrialisation mal conçue, fondée sur des usines "clés en main" et des technologies souvent obsolètes, apporta peu de développement authentique et beaucoup de pollution. Les crédits étrangers fertilisèrent une agriculture du type "révolution verte", nécessitant de fortes doses de produits chimiques et entraînant la disparition de végétaux locaux au profit de variétés de semences importées. Les centrales nucléaires à la sécurité non assurée proliférèrent.

En fait, l’endettement du tiers-monde a été la cause de tant de catastrophes que l’on doit presque être reconnaissant aux gouvernements les plus pingres et les moins ouverts à la solidarité de ne pas en avoir financé davantage. A certains égards, la planète a eu de la chance que des milliers de dollars empruntés n’aient jamais été investis et qu’ils aient servi à payer des factures pétrolières toujours plus élevées ou aient été gaspillés en armements et en produits de luxe. Quand ils ne se retrouvèrent pas purement et simplement dans le trou noir des comptes numérotés des banques étrangères...

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13 Novembre 2020

- DÉBATTRE LOI "SÉCURITÉ GLOBALE" - COLLECTIF, 13 NOVEMBRE 2020

"Les politiques donnent de nous l’image nauséabonde d’une police digne d’un état totalitaire"

Tous les policiers ne se réjouissent pas de la loi "sécurité globale". Certains la dénoncent, dont les représentants du syndicat minoritaire CGT-police. Inquiets de la place très importante réservée à la sécurité privée dans le projet de loi, ils craignent de perdre sans cesse davantage l’estime des citoyens et estiment inutile de dissimuler leurs visages. Nous relayons ici leur point de vue.

Les policiers nationaux exercent leurs missions quotidiennes dans le respect des règles, de l’éthique et de la déontologie. Lorsque des manquements sont constatés, ils sont confrontés à la justice avec la double peine de la circonstance aggravante de leur statut. C’est la raison pour laquelle nous sommes fiers de ce que nous faisons, de la manière dont nous accomplissons au quotidien la lourde charge qui pèse sur nos épaules et nous ne craignons pas la critique.

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- USA TODAY - Doyle RICE, November 11, 2020

Climate change could be a 'catastrophic' national security threat, report warns

➠ No region of the world will be left unaffected.

➠ Climate change is a pressing risk to national and global security.

➠ The report recommends "quickly reducing and phasing out greenhouse gas emissions."

Climate change could turn into a "catastrophic" threat to national and global security in the coming decades, warns a report released Monday.

"Even at scenarios of low warming, each region of the world will face severe risks to national and global security in the next three decades," the report says. "Higher levels of warming will pose catastrophic, and likely irreversible, global security risks over the course of the 21st century."

The report, titled “A Security Threat Assessment of Global Climate Change: How Likely Warming Scenarios Indicate a Catastrophic Security Future," was released by the Center for Climate and Security, a nonpartisan security policy institute.

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- MENTAL HEALTH - Deutsche Welle, November 05, 2020, By Gero Rueter

How Can We Comprehend the Climate Crisis?

The earth's warming is not immediate, but gradual, and without a direct or immediate impact on our everyday actions. wildpixel / Getty Images

The science is clear. If we continue to emit greenhouse gases at the same rate we have been doing for the past decades, 80 years from now, our planet will be at least four degrees warmer than pre-industrial levels.

"And the warming won't stop there," climate researcher and oceanographer Stefan Rahmstorf told DW. "It will continue to rise to seven or eight degrees over the next 100 years. Human civilization won't survive that."

Normally, we respond to danger quickly; we put out fires, run away when we feel at risk, and protect our children in every way we can. So why are people so slow to react to the existential threat of global warming?

"In evolutionary terms, we are not built for this kind of danger," explains Andreas Ernst, Professor of Environmental Systems Analysis and Environmental Psychology at the University of Kassel. "We react to a rustling in the bushes with lightning speed. But the threat posed by climate change is abstract."

The earth's warming is not immediate, but gradual, and without a direct or immediate impact on our everyday actions, Ernst says the complex correlations are hard for us to grasp.

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- - Septembre 2018, pages 12 et 13, par Laurent Bonelli & Fabien Carrié

Une étiquette unique pour des trajectoires multiples

En finir avec quelques idées reçues sur la radicalisation

N’importe quel bavard a son idée arrêtée sur la "radicalisation" et sur le terrorisme. Désormais, il est possible de confronter toute cette glose à la réalité des dossiers instruits par la justice française. Et on découvre alors la place réelle qu’occupent l’échec scolaire, les réseaux sociaux, la volonté de provoquer, la sexualité, la religion dans le basculement de milliers de jeunes vers la violence.

Rabee Kiwan. — Sans titre, 2016. - Galerie Mark Hachem, New York, Paris, Beyrouth

Les attentats qui frappent la France et l’Europe et le départ de plusieurs milliers de jeunes vers la zone irako-syrienne ont propulsé la "radicalisation" au centre du débat public. Ils ont aussi déclenché une effervescence institutionnelle d’une ampleur inusuelle. Des lois, des circulaires, des plans d’action, des financements spécifiques et des modules de formation mobilisant la police, la justice, les services sociaux, l’école, les prisons, la diplomatie, des acteurs communautaires et religieux ou encore les collectivités locales ont vu le jour en un court laps de temps. Des milliers d’agents consacrent désormais tout ou partie de leur activité à détecter, signaler, comptabiliser, surveiller, poursuivre ou prendre en charge des individus dont les comportements, les attitudes ou les actes ont été classés dans ce registre. Au point qu’un officier du renseignement souligne non sans malice :

"Il y aura bientôt plus de gens qui vivent de la radicalisation que de radicaux."

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- Geneviève Confort-Sabathé, 12 Novembre 2020

INCROYABLE, MELENCHON, QUI D'AUTRE ???

Face à une tablée de journaleux masqués, Jean-Luc Mélenchon s'est révélé le rude chef des insoumis qu'il est mais aussi le magnifique intellectuel qui séduit et surprend. Je sais ce qu'un compte-rendu peut avoir d'arbitraire, dans un sens ou dans un autre, mais hier soir, il était impossible de ne pas reconnaître un immense homme d'Etat au regard acéré et aux piques sévères.

J'ai retenu, quant à moi, quelques phrases émouvantes, puissantes, généreuses et exigeantes.

"En période de crise, on croit que l'esprit s'éteint, je crois le contraire, les gens parlent de vrais sujets politiques, ils font de la vraie politique. C'est donc aussi le bon moment pour se déclarer"

"Concernant Macron, je n'ai jamais parlé de totalitarisme sinon nous ne serions pas là pour en parler”, Me Elkrief, “mais je dénonce son autoritarisme. La preuve? Son fameux conseil de défense comprend huit membres dont sept sont des militaires. Ils ont pourtant de quoi s'occuper au Mali où 5000 de nos militaires sont engagés. La démocratie ce n'est pas l'Etat d'exception, il a été créé pour la guerre d'Algérie"

"Les gens ne consentent à l'autorité que lorsqu'elle est cohérente."

"Je dénonce la haine des musulmans déguisés en laïcité. Il faut faire France de tout bois, les musulmans de France doivent être respectés;"

"N'oublions pas qu'il y a en France plus de 60% d'athées"

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12 Novembre 2020

     

- Chronique > 11 novembre 2020 / Corinne Morel Darleux

Les éclairs roux et les bonds dans la brume, sérieux, laissez-les nous

Comme antidote à la pesanteur de l’actualité du monde, notre chroniqueuse raconte sa joie de regarder vivre des animaux sauvages. « Juste » parce que le spectacle est beau.

Corinne Morel Darleux est conseillère régionale en Auvergne — Rhône-Alpes et a publié Plutôt couler en beauté plutôt que flotter sans grâce.

Ça fait maintenant plus d’un an, après nous être éloignés de la ville, qu’on vit avec les chevreuils ici. Qu’on les guette et les attend. La première fois, c’était au début de l’été dernier, on venait de s’installer avec un verre dehors pour un apéro bien mérité. J’ai beau vivre dans ce petit coin de la Drôme depuis douze ans, j’ai eu l’impression d’un tour de magie, d’un cadeau. Ils étaient deux jeunes, sortis du bois qui surmonte la colline devant la maison. Depuis, je garde toujours un œil dans cette direction et régulièrement, après un frémissement annonciateur à la lisière des arbres, ils étaient là. Un matin frisquet, dans la brume qui montait du champ, j’ai même vu une mère avec deux petits s’élancer d’un bond pour franchir le petit canal. Je les ai suivis du regard jusqu’aux vignes dans lesquelles ils ont serpenté en sautillant jusqu’à disparaître plus loin, vers le sommet. Ça m’a fait ma journée.

La semaine dernière, c’est un renard roux, pour la première fois, qui a fait son apparition. Au début, j’ai cru que c’était le chat qui s’était éloigné, je ne le distinguais pas clairement, mais quand la silhouette est sortie des hautes herbes, il n’y avait plus de doute possible. C’était à peine plus gros (oui, mon chat n’est pas fluet) mais surtout avec une queue incroyable. Son pelage roux flamboyait au soleil. Il n’avait pas l’air aux aguets, plutôt peinard, à bondir les pattes en avant pour choper les rongeurs comme les renards polaires qui piquent le nez le premier dans la neige. Je l’ai observé, m’étonnant qu’il reste si longtemps à découvert. En définitive, j’ai passé deux heures collée là, à le regarder en souriant bêtement. C’était mon premier sourire de ce « jeudi noir » atterrant du 29 octobre, entre attentat à Nice et reconfinement. Une heure plus tard, j’ai entendu des coups de feu et les clochettes des chiens de chasse. Je suis sortie précipitamment, je n’ai vu personne. Ni renard ni chasseur. J’ai juste pu croiser les doigts.

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- Opinions - Contribution externe - Publié le 06-11-20, une opinion d'Alain Cappy, professeur émérite en électronique, Université de Lille.

Pourquoi la 5G gonflera notre consommation d’énergie

Les débats autour de l’attribution des fréquences de la cinquième génération de téléphonie mobile (5G) inondent les pages de nos journaux, mais les conséquences de son introduction sur la consommation d’énergie ne sont pratiquement pas discutées. Les nouveaux usages permis par la 5G, comme les communications de masse entre machines, par exemple la "maison intelligente" ou la "ville intelligente", vont de facto augmenter les flux de données transmis. L’analyse de la consommation énergétique ne doit donc pas être restreinte à celle de la 5G elle-même qui ne concerne que la partie transmission des informations : elle doit prendre en compte le traitement des données qui sont transmises.

La 5G est un standard de communication qui permet la transmission d’informations entre un émetteur et un récepteur, qui peuvent être mobiles, grâce à des ondes électromagnétiques radiofréquences.

Un standard définit à la fois les aspects matériels (antennes, terminaux) et logiciels (modulation, mode d’accès au réseau) qui permettent ce transfert.

À ce standard sont associés un certain nombre de critères de performances, comme le débit des informations qu’il est possible d’échanger, ou la vitesse à laquelle un terminal se connecte au réseau. Ces critères sont sensiblement améliorés lorsque l’on passe de la technologie 4G à la 5G avec, par exemple, des débits attendus d’information de plusieurs gigabits par seconde.

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- FRANCE - 11 Novembre 2020, Khedidja ZEROUALI

Confinement: la grande dépression des étudiants

Bloqués dans les 9 m2 de leur chambre CROUS ou cloîtrés dans leur chambre d’adolescent au domicile familial, nombre d’étudiants ont été complètement privés de vie sociale… Au risque d’une grande dégradation de leur santé mentale.

Il y a dans les appartements exigus du CROUS de nombreux étudiants qui souffrent du confinement. Enfermés dans quelques mètres carrés ou, retournés chez leurs parents, cloîtrés dans leur chambre d’adolescent, coupés de la vie familiale… Ils entretiennent un rapport d’amour-haine exclusif avec leur ordinateur, ou leur portable pour les plus précaires : un seul et même écran pour étudier, ne plus être tout à fait seuls et se divertir, ou du moins pour tenter d’oublier quelques minutes les courbes d’hospitalisations qui montent, la crise sociale qui empire, qui les laissera peut-être sur le carreau, et les derniers actes de terrorisme.

"C’est dur d’avoir 20 ans en 2020", estimait Emmanuel Macron dans son interview du 14 octobre dernier. Dans le même temps, son gouvernement distillait pourtant, çà et là, des appels à la responsabilité individuelle. Regard appuyé vers la "jeunesse", présentée comme un groupe homogène, inconscient et dangereux.

Le mardi 15 septembre, depuis les jardins calmes du ministère de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal enfonçait le clou. "Certains préfets ont interdit les soirées étudiantes. Et nous travaillons avec les associations étudiantes pour faire un travail de terrain et convaincre les jeunes que plus ils se conformeront aux normes, plus la situation reviendra rapidement à la normale."

Et puis, les universités ont fermé de nouveau. Le 29 octobre, Jean Castex annonçait que les facultés devaient rester closes en raison de la mise en place d’un second confinement national. À quelques exceptions près, l’enseignement supérieur est passé en distanciel… Au grand dam de nombreux étudiants, dont la santé mentale en a pris un coup, encore un.

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- 11 Novembre 2020, Régis DE CASTELNAU

Liberté d’expression : se battre pied à pied

Chassez le naturel… Les suites de la tragédie de Conflans-Sainte-Honorine ont donné à voir où se situent les obsessions du pouvoir alors que la France est confrontée au défi considérable de l’islam politique pourvoyeur de divisions sociales, et terreau dans lequel s’enracine le djihadisme meurtrier.

Alors certes, nous avons eu droit à de mâles proclamations à base de "no pasaran", de rodomontades accompagnées de quelques mesures ponctuelles trop tardives comme autant de gouttes d’eau dans la mer. Dans un premier temps les caricatures de Charlie Hebdo furent à nouveau revendiquées et brandies comme un étendard symbolique de la défense de la liberté d’expression, celle dont on nous dit qu’elle est constitutive de la République.

Malheureusement, le retour au réel ne s’est pas fait attendre. Nous avons vu rapidement toutes les citadelles politiques, universitaires et médiatiques reprendre la parole pour nous asséner leurs discours de complaisance et de soumission, appelant sans vergogne à la censure des opinions contraires. Une fois l’hommage national à Samuel Paty passé, Emmanuel Macron s’est précipité chez Al-Jazeera la chaîne qatarie pour rétro-pédaler et donner des gages. Une fois encore, les réseaux sociaux ont été accusés de tous les maux, et présentés comme les responsables directs de la décapitation. Les employés français des grands opérateurs de réseaux ont été convoqués pour se voir confirmer leur mission de sous-traitants privés de la censure d’État.

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- Jean-François Zimmermann - 12 Novembre 2020 par Martine Meunier

Qu'est-ce qu'un Bloc mucilagineux à effet soustractif

C'est excellent !!! Lisez ce texte, vous allez vous régaler !!!

L’éducation nationale fait des progrès dans la transmission de la langue française ...

"Bloc mucilagineux à effet soustractif"... cela veut dire quoi?

Il est vrai que les femmes de ménage étaient devenues des "techniciennes de surface" et les aveugles des "non-voyants" (ben voyons), et les sourds depuis longtemps des malentendants…

Poursuivre à la lettre nos nouveaux enseignements...

Voilà qui devrait ravir les amoureux de la langue Française...

Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas d'une "évolution de la langue", mais de "prospective positive modernisée d'un mode de communication oral... !”

Déjà cet été, j’ai adoré les campings qui ne veulent plus qu’on les appelle campings parce que ça suscite instantanément dans l’esprit des gens l’image de Franck Dubosc en moule-boules ou de Roger et Ginette à l’apéro avec casquette Ricard et claquettes Adidas.

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11 Novembre 2020

     

- Les blogs du "Diplo" > La pompe à phynance - Frédéric Lordon, 10 novembre 2020

Cap au pire

Il y a deux manières de tenter, littéralement, de reprendre ses esprits, c’est-à-dire de se remettre à penser, après des atrocités comme le meurtre de Samuel Paty ou l’attentat de Nice. La première interroge le faisceau des causes. En veillant d’abord à ne pas oublier la cause de premier rang : une force théologico-politique violente, stratégique, déterminée à poursuivre un agenda conquérant (peut-être même pourrait-on dire impérialiste) imbibe des désaxés de rencontre, ou arme des fanatiques prêts à tout. Mais en prenant tout autant garde de ne pas nous en tenir à ça, et de nous demander également quelle part nous avons, ou plutôt nos gouvernants ont, de longue date, prise à la fabrication de notre malheur. La seconde reprise d’esprit tâche de réfléchir ce que nous sommes en train de faire sous le coup de ces abominations. Et dans quoi, croyant y répondre, nous sommes en train de nous jeter.

Nous étions déjà bien engagés dans le sas, mais le choc terroriste semble nous y précipiter irrésistiblement. Le sas vers quoi ? Le sas vers le fascisme. Nous n’y sommes pas encore, mais tout nous y pousse, à commencer par ceux qui ont été mis là supposément pour nous en prémunir — c’était l’époque du barrage. L’ennui cependant, avec "fascisme", c’est d’abord que, comme par une sorte de loi de Gresham, les mauvais usages ont chassé les bons. Ensuite qu’on n’en a que des concepts incertains, semble-t-il mal taillés pour l’époque.

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Je partage le diagnostic mais souhaite finir par une 'touche' moins totalement pessimiste, et m'autorise à citer Albert Camus :

"Qu'est-ce que l'homme ? [...] Il est cette force qui finit toujours par balancer les tyrans et les dieux". ---- Albert Camus, Lettres à un ami allemand (1945)

 

 

 

     

- AGORA - HUMEURS- Tribune - Par Charles Coutel, publié le 09/11/2020

"Nous devons à Samuel Paty de tout faire pour que l'École républicaine retrouve sa force"

Le philosophe Charles Coutel établit un programme pour endiguer l'affaiblissement de l'École républicaine, laquelle explique en partie l'odieux assassinat de Samuel Paty.

Comment nous comporter quand une institution comme l’École républicaine semble, non seulement en crise, mais directement attaquée comme ce fut le cas avec l’odieux assassinat du professeur Samuel Paty ?

Écoutons, pour commencer à répondre, le regretté Jacques Muglioni :

"Une république vaut exactement ce que vaut son école" ;

mais aussi Camille Desmoulins :

"Les républiques vivent de s’améliorer."

En effet, il est nécessaire de questionner l’École républicaine à la lumière de son propre avenir, non pour nous faire peur, mais pour nous mobiliser et répondre sereinement, mais fermement, à cet assassinat.

Cependant, le réel historique et politique semble se venger, car ce lien avec l’avenir peut s’obscurcir, et ce, pour deux raisons : on peut avoir du mal à définir l’avenir, mais on peut aussi méconnaître la mission de l’école dans une république.

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- Posted on 10th November 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 4th November 2020

Lessons Unlearnt

Privatisation, outsourcing, packed classrooms and a total government failure to make them safe expose schools to deadly levels of infection.

Does anyone in power care? Shocking revelations about the government’s handling of the pandemic are either ignored or dismissed. The vast human cost of its failure to protect us seems to leave its ministers unfazed. However badly the model of privatised, outsourced provision falls over, the programme persists.

After last week’s article revealing that unqualified teenage call handlers working, through Serco, on the government’s test and trace system had been suddenly “upskilled” – obliged to take on the role of experienced health workers and to make crucial clinical decisions – I’ve been inundated with messages from two groups of people. One consists of call–centre workers telling the same grim story: breaking down in tears as they have to handle situations for which they have no preparation and no skills. The other consists of retired or furloughed clinicians who say they have been repeatedly rebuffed when they have offered their services to the government. It seems that experienced and qualified health workers are being turned away in favour of 18-year-olds on the minimum wage.

But I’ve also been told a separate story, about a parallel disaster unfolding along similar lines. While the Department of Health has flushed £12bn down the toilet, in the form of its failed test and trace system, the Department for Education (DfE) seems to be making a horrible mess of its own pandemic response. Here too roles once occupied by experienced clinicians have been handed to call-centre workers employed by Serco. To judge by what I’ve learned so far, the result is likely to be another public health catastrophe.

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- Natalie Grover, Science correspondent - Tuesday 10 November 2020

Nearly one in five Covid patients later diagnosed with mental illness – study

US data shows nearly twice as many diagnoses over three months among those testing positive

The people living with post-Covid psychiatric disorders

Coronavirus – latest updates

See all our coronavirus coverage

A healthcare worker tends to a patient in the Covid-19 Unit at United Memorial Medical Center in Houston, Texas. Photograph: Mark Felix/AFP/Getty Images

Nearly one in five people who have had Covid-19 are diagnosed with a psychiatric disorder such as anxiety, depression or insomnia within three months of testing positive for the virus, according to a study that suggests action is needed to mitigate the mental health toll of the pandemic.

The analysis – conducted by researchers from the University of Oxford and NIHR Oxford Health Biomedical Research Centre – also found that people with a pre-existing mental health diagnosis were 65% more likely to be diagnosed with Covid-19 than those without, even accounting for known risk factors such as age, sex, race, and underlying physical conditions.

“This finding was unexpected and needs investigation. In the meantime, having a psychiatric disorder should be added to the list of risk factors for Covid-19,” said Dr Max Taquet, an NIHR academic clinical fellow and one of the authors of the analysis.

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- - George Monbiot, Wednesday 11, November 2020

The US was lucky to get Trump – Biden may pave the way for a more competent autocrat

Only if the president-elect is willing to fight big money and redistribute wealth can he stop the rise of someone far worse than Trump

It brought a tear to the eye and a hand to the heart. Joe Biden, in his acceptance speech, called for unity and healing. He would work “to win the confidence of the whole people”. I just hope he doesn’t mean it. If he does, it means that nothing has been learned since Barack Obama made roughly the same speech in 2008.

The United States of America is fundamentally divided. It is divided between exploiter and exploited, oppressor and oppressed. There is no unity to be found with kleptocrats and oligarchs. Any attempt to pretend there is will lead to political failure. It will lead not to healing but to a deflected polarisation. If Americans are not polarised against plutocrats, they will be polarised against each other.

I understand that, in a sentimental nation, bromides like Biden’s might be considered necessary. But I fear he believes what he says. When he spoke to wealthy donors at the Carlyle hotel in Manhattan last year, he told them not only that

“no one’s standard of living will change, nothing would fundamentally change”, but also that “you have to be able to reach consensus under our system”.

In this context, consensus looks like appeasement.

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10 Novembre 2020

     

- SERIES:CORONAVIRUS - The U.S. Response to COVID-19 - by Marshall Allen and Meg Marco, November 2, 2020

How Your Brain Tricks You Into Taking Risks During the Pandemic

Experts who study the way we think and make decisions say that it can be more than politics driving our decision-making this year. The unprecedented nature of the pandemic undermines how we process information and assess risk. Need proof ? Look around.

A hand wearing a blue surgical glove holding poker cards, depicting the suicide king in the suit of a COVID virus particle. - Daniel Fishel for ProPublica

It was mid-February and Maria Konnikova — a psychologist, writer and champion poker player — was on a multicity trip. From her hotel room in New Orleans, she called her sister, a doctor, to discuss the emerging COVID-19 pandemic. Konnikova saw there were early cases in Los Angeles, where she was headed for a poker tournament.

The odds of Konnikova getting infected or spreading the virus by participating in a large indoor event were unknown. But as a poker player she had a lot of experience thinking through the probable risks associated with different decisions. So she played it conservatively. She cut short her trip and went home to quarantine in New York.

Konnikova’s psychology expertise tells her that most people have a hard time thinking through the uncertainty and probabilities posed by the pandemic. People tend to learn through experience, and we’ve never lived through anything like COVID-19. Every day, people face unpleasant and uncertain risks associated with their behavior, and that ambiguity goes against how we tend to think.

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- Entretien - Par Nidal Taibi, publié le 09/11/2020

Barbara Stiegler : "En mimant une gestion du virus à la chinoise, les néolibéraux nous ont dit enfin clairement ce qu’ils pensaient"

❐ Professeure de philosophie et responsable du master "Soin, éthique et santé" à l’université Bordeaux-Montaigne, Barbara Stiegler publie son deuxième ouvrage critique sur le néolibéralisme, "Du cap aux grèves. Récit d’une mobilisation. 17 novembre 2018 - 17 mars 2020 (Éditions Verdier).

Auteure de "Il faut s’adapter". Sur un nouvel impératif politique (Gallimard, 2019), remarquable généalogie philosophique et historique de l’injonction néolibérale à s’adapter à son "environnement", Barbara Stiegler publie Du Cap aux grèves, récit de sa rupture avec la routine ascétique du milieu universitaire et son "basculement dans l’action". Armée des élaborations théoriques de son précédent livre, elle y livre une lecture subjective de la séquence sociale qui va de la révolte des Gilets jaunes à la mobilisation pour les retraites. Sans dénier à ces mouvements leur puissance, elle en tire pourtant un bilan critique et invite à repenser et réinventer nos modes de mobilisation. Entretien.

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- ÉDUCATION - Par Anthony Cortes, publié le 06/11/2020

"Ne craignez pas d’être accusés de racisme en rejetant l'islamisme" : la lettre de professeurs en hommage à Samuel Paty

Dans un lycée d'Île-de-France, un collectif de professeurs s'est réuni derrière une lettre lue aux élèves en hommage à Samuel Paty. Ils dénoncent les ravages de l'islamisme et réaffirment des principes républicains. Une lettre que Marianne publie.

Le temps n'a pas détruit certaines craintes.

Professeur d'histoire-géographie, celui que nous appellerons Laurent, insiste : pour ne pas "attirer de regards malveillants sur [son] lycée ou [lui]même, dans le contexte difficile dans lequel nous vivons", il préfère finalement rester anonyme et que l'on taise le nom de son établissement.

Pourtant, l'initiative est louable, nécessaire. Et même "salutaire", d'après certains de ses collègues interrogés.

À savoir, la rédaction d'une lettre, par ses soins, puis amendée par quelques enseignants de l'établissement, pour rendre hommage à Samuel Paty et reprendre son flambeau, en réaffirmant notamment certains principes.

Les mots de ce texte sont simples, formulés à l'attention d'élèves bousculés par les faits, mais le message est riche. Liberté d'expression, définition de la "communauté civique" et des conditions à remplir pour y appartenir, dénonciation de l'islamisme et de son idéologie totalitaire, traduction du rôle du professeur et de celui, à venir, des jeunes générations…

Tout y est. Sa lecture ? Un exutoire pour l'ensemble du collectif qui a finalement porté cette lettre et un support riche pour les élèves.

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Enfin une approche qui peut s'adresser aux élèves et être comprise dans la mesure où elle est claire et explicite. Sans renier l'intérêt historique de la lettre de Jean Jaurès, elle date, tant historiquement que par son style tribun très étranger au discours d'aujourd'hui, même si, sur le fond, les 2 fondent les mêmes notions essentielles.

 

 

     

- François Ruffin, Réalisateur, 10 Novembre 2020

 

 

Amazon se gave. C'est pas moi qui le dit c'est votre ministre de la Culture qui nous conseille :

"A nous de pas les gaver, n'achetez pas des livres sur les plateformes numériques."

Le Premier ministre convie à son tour

"les Françaises et les Français à retarder ou décaler les achats plutôt que de commander sur un grand site étranger les produits par internet."

Et le ministre de l'Economie s'y met, qui texto,

"déconseille les commandes sur Amazon".

C'est plus un gouvernement qu'on a mais des chefs de rayons. Que Choisir s'est installé à Matignon.

Votre rôle c'est pas de conseiller la clientèle mais d'énoncer des règles et de les faire respecter.

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en complément, une brève de Reporterre

 

 

 

     

- INITIATIVES - CULTURE - Publié le 10 novembre 2020, Axel Leclercq

Face à Amazon, le serment inédit et courageux de 50 éditeurs français

Parce qu'ils ne veulent pas voir "les villes se vider pour devenir des cités-dortoirs hyper-connectées”, ils font une promesse.

Tandis que les librairies ont été fermées sur décision du gouvernement, cinquante éditeurs français, pour les défendre, ont pris une décision inédite et courageuse : ils ne vendront plus jamais de livres sur Amazon. Un choix défendu avec force et détermination dans une tribune aux allures de serment.

Leur argumentaire s’articule autour de valeurs essentielles telles que la défense des rapports humains, l’écologie et la lutte contre la précarité. Cette tribune, la voici :

Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon.

Son monde est à l’opposé de celui que nous défendons. Nous ne voulons pas voir les villes se vider pour devenir des cités-dortoirs hyper-connectées. Amazon est le fer de lance du saccage des rapports humains et de l’artificialisation de la vie. Nous devons, sans attendre, boycotter et saboter son monopole.

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09 Novembre 2020

     

- - The last chance - Green economy - Fiona Harvey Environment correspondent, Monday 9 November 2020

Revealed: Covid recovery plans threaten global climate hopes

Exclusive: analysis finds countries pouring money into fossil fuels to fight recession

illustration of the earth and coronavirus - With the world on the brink of climate disaster, the coronavirus pandemic offers an opportunity for governments to spend their way to a green recovery. Composite: Guardian Design

The prospect of a global green recovery from the coronavirus pandemic is hanging in the balance, as countries pour money into the fossil fuel economy to stave off a devastating recession, an analysis for the Guardian reveals.

Meanwhile, promises of a low-carbon boost are failing to materialise. Only a handful of major countries are pumping rescue funds into low-carbon efforts such as renewable power, electric vehicles and energy efficiency.

A new Guardian ranking finds the EU is a frontrunner, devoting 30% of its €750bn (£677bn) Next Generation Recovery Fund to green ends. France and Germany have earmarked about €30bn and €50bn respectively of their own additional stimulus for environmental spending.

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- - Fiona Harvey, Environment correspondent, Monday 9 November 2020

World is running out of time on climate, experts warn

In wake of Covid, leading figures call for bold green measures to boost economy

firefighter sprays the flames of a wildfire in California. - A firefighter tackles flames in California. With no signs of climate heating slowing, the race is on to build back better. Photograph: Robyn Beck/AFP/Getty Images

World leaders are running out of time to forge a green recovery from the Covid-19 crisis, with only a year to go before a crunch UN summit that will decide the future of the global climate, leading experts have warned.

Progress on a green recovery, which would reduce emissions while repairing the damage from the pandemic, has been hampered by the need for an emergency rescue of stricken economies around the world and the resurgence of the coronavirus in Europe, the US and some other countries.

But with global heating showing no sign of slowing, and the danger signals of climate breakdown increasingly evident – from the Arctic ice to American wildfires – the race is on to build the global economy back better.

Ban Ki-moon, former UN secretary-general, told the Guardian:

“It is important to build back the economy but if we do not keep global temperature rises below 1.5C this will create a huge, huge problem. Cities and countries across the world may simply cease to exist in a 3C world [which is where current climate commitments would lead]. So we must redouble our efforts before we pass the point of no return.”

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-  Info > 9 novembre 2020 / Héloïse Leussier (Reporterre)

La santé mentale, grande oubliée de la crise sanitaire

Augmentation des troubles dépressifs, de la consommation d’anxiolytiques, de la fréquentation des centres psychiatriques... La crise sanitaire — la maladie et ses corollaires, comme le confinement ou les problèmes liés à l’emploi — a des conséquences désastreuses sur la santé mentale des Français.

C’est une évidence et ne pas s’en soucier risque d’en aggraver les conséquences. La santé mentale des Français est au plus mal. Au printemps, l’enquête Coviprev de Santé publique France a mis en avant une nette augmentation des états anxieux et une forte dégradation de la satisfaction de vie actuelle (-18 par rapport à 2017).

Cela s’est ensuite un peu amélioré au sortir du confinement, mais de nouveaux bouleversements sont à prévoir. Le 29 octobre, le bulletin épidémiologique faisait état d’une augmentation de 5 % des troubles dépressifs par rapport à septembre. Les personnes ayant la santé mentale la plus dégradée, selon l’institution, sont celles déclarant des antécédents de trouble psychologique ou une situation financière très difficile, ainsi que les femmes et les 25-34 ans. Le groupement d’intérêt scientifique Epi-phare a quant à lui observé une augmentation de la consommation d’anxiolytiques (+1,1 million de traitements délivrés en six mois par rapport à l’attendu) et des médicaments liés à la dépendance aux opiacés (+17.000 délivrances en six mois).

Marion Leboyer, responsable du département universitaire de psychiatrie et d’addictologie du Centre hospitalier universitaire Henri-Mondor à Créteil (Val-de-Marne) et présidente de la fondation FondaMental assure :

Depuis septembre, notre activité augmente très fortement, avec des patients déjà connus qui ont rechuté et de nouveaux qui arrivent. Nous nous attendons à une multiplication par trois des dépressions sur l’ensemble de la pandémie.

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- 3 Novembre 2020, Matthieu DELAUNAY - BLOG : HIC&NUNC, le blog de Matthieu DELAUNAY

“Avec des politiciens honnêtes, le système actuel ne tiendrait pas longtemps”

Avec “Là où est l’argent”, Maxime Renahy signe un témoignage personnel saisissant et rare ainsi qu’un cours magistral sur son travail dans les services secrets contre la fraude et les paradis fiscaux. Entretien autour de l’éthique, de l’intégrité et de l’intérêt général.

Qu’est-ce qui vous a amené, alors que vous étiez administrateur de fonds à Jersey, à proposer votre collaboration à la DGSE ?

☛ Mon grand-père paternel et mon père ont été des piliers de mon éducation. En 1941, mon grand-père s’est engagé dans la résistance. Il a notamment sauvé des rafles de nombreux juifs, puis a été capturé par les Allemands. Il s'est ensuite échappé, a pris la direction du Maghreb où il a rejoint les FFL (Forces françaises libres, ndlr) où il est devenu goumier (membre d’unités d’infanteries légères composées de troupes marocaines, ndlr). Vingt ans plus tard, pendant la guerre d'Algérie, il a aidé pendant deux ans une trentaine d’Algériens en les cachant dans une chapelle au fond de son jardin. Il a répondu à l’appel d’un curé réputé de Besançon qui cherchait quelqu'un pour protéger les Algériens des ratonnades qui avaient cours à cette période.

Mon grand-père était quelqu’un de taiseux, très catholique, droit et austère, mais auprès de qui j’ai ressenti beaucoup de choses. C’était un homme qui, à 19 ans, a mis sa vie en jeu contre l'avis de son père pour rentrer dans l’illégalité afin de servir l'intérêt collectif.

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- 9 Novembre 2020, La QUADRATURE DU NET - BLOG : LE BLOG DE LA QUADRATURE DU NET

Sécurité globale: la police fait la loi

❐ Réaction à la suite de l'adoption en commission des lois de la proposition de loi sur la "sécurité globale"

La loi "sécurité globale" a été adoptée hier en commission des lois de l’Assemblée nationale (relire notre première analyse de la loi). Un premier constat s’impose aux personnes qui ont suivi l’examen du texte : une ambiance singulière, lugubre et fuyante. Un silence de plomb rompu seulement par divers éclats de rires du groupe LREM, incongrus et parfaitement indécents compte tenu de la gravité du texte examiné. Certains diront qu’il faut écrire la loi d’une main tremblante. Alors tremblons.

Le RAID dans l’Assemblée

Cette loi illustre la méthode législative propre aux États policiers : la police écrit elle-même les règles qui définissent ses pouvoirs.

D’abord, littéralement, l’auteur principal du texte, Jean‑Michel Fauvergue (LREM), est l’ancien chef du RAID, de 2013 à 2017. Il est l’un des deux rapporteurs du texte. À travers lui et, depuis son pupitre en commission des lois, la police a pu imposer son autorité.

Quand la députée Danièle Obono (LFI) s’inquiète pour nos libertés fondamentales, Fauvergue lui reproche de "déverser [son] fiel sur la société française" – car, comprenez-vous, critiquer la police, c’est critiquer "la France". Voyant Obono insister, il lui intime même :

"Allez prendre vos gouttes !".

Sans doute voit-il le "débat parlementaire" comme un champ de bataille où il est exclu de négocier avec l’ennemi, tout en se permettant de reprocher à Obono de

"voir la société de façon binaire entre les "gentils" et les "méchants"".

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08 Novembre 2020

     

- ÉTATS-UNIS - 7 NOVEMBRE 2020 PAR ISMAËL BINE

Biden promet une "révolution de l’énergie propre”

Le candidat démocrate a proposé un plan environnemental à rebours du bilan de Donald Trump, catastrophique. Mais sans reprendre le Green New Deal de la gauche radicale.

"Aujourd’hui, l’administration Trump a officiellement quitté l’accord de Paris sur le climat. Et dans exactement 77 jours, l’administration Biden le rejoindra", a écrit jeudi 5 novembre, le candidat démocrate sur son compte Twitter.

L’ancien vice-président réitère ici l’une de ses promesses de campagne, qui trône parmi les mesures phare de son "plan pour une révolution énergétique propre et une justice environnementale".

Les questions environnementales ont été éludées durant les débats présidentiels (à lire ici et là). Pourtant, Joe Biden s’était positionné, dès le 14 juillet 2020, sur ce sujet mis de côté par son rival, Donald Trump.

Le démocrate n’a pas soutenu le Green New Deal proposé par la gauche radicale américaine, dont l’une des cheffes de file est Alexandria Ocasio-Cortez, mais son programme s’en est largement inspiré.

Dévoilé en juillet 2020, il prévoit un investissement de 2 000 milliards de dollars, soit 10 % du PIB, sur quatre ans dans les énergies renouvelables ("énergies propres" selon la terminologie de son programme), le respect de l’objectif de zéro émission nette d’ici à 2050, des réseaux électriques intelligents, des bâtiments basse consommation ou encore des primes aux véhicules zéro émission.

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- Sylvie Logean Sylvie Logean, publié jeudi 5 novembre 2020 - Image d'illustration. — © KEYSTONE/Gian Ehrenzeller

Le rôle des enfants dans la pandémie se précise

S’il ne fait aucun doute que les enfants peuvent être infectés par le SARS-CoV-2, des questions subsistent encore quant à leur contagiosité. Selon les spécialistes, une distinction doit être faite entre les enfants de moins de 12 ans et les plus âgés, chez qui le virus circule beaucoup

Le rôle des enfants dans la transmission de la maladie est-il plus important qu’envisagé initialement? Les écoles sont-elles des foyers de contamination au Covid-19? A l’heure où l’on fait face à une augmentation drastique des nouvelles infections, ces questions se font pressantes.

Problème: les données parfois contrastées entre les études rendent encore très difficile toute affirmation péremptoire de la part de la communauté scientifique, bien que certaines évidences semblent désormais se dégager. Le point sur l’état des connaissances.

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- Énergies renouvelables  Études et Dossiers - Source : Antoine Rabain, Bernard Multon et Michel Paillard, 24 avril 2020

Réflexions sur le potentiel des énergies marines renouvelables

➠ Antoine Rabain : conseil expert de la transition énergétique et de l’économie maritime, président de GECKOSPHERE

➠ Bernard Multon : ex-enseignant chercheur, ENS Rennes et laboratoire SATIE-CNRS (SATIE = Systèmes et Applications des Technologies de l’Information et de l’Énergie).

➠ Michel Paillard : ex-chef de projet EMR à l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer).

En octobre 2019, l'Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié une étude consacrée à l'éolien offshore dans laquelle elle appelle à faire de cette filière “un pilier des transitions énergétiques” . Elle y estime que l'exploitation de cette source d'énergie va augmenter "dans le monde de manière impressionnante au cours des deux prochaines décennies" (alors que l’éolien offshore ne comptait encore que pour 0,3% de la production électrique mondiale en 2018 selon ses dernières données).

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l'étude en PDF

 

 

 

     

Infos données par des soignants de la Covid 19 Très instructif !!!!

En raison de l'effondrement du système de santé, nous, les professionnels de la santé, avons préparé ce message pour la population, au cas où vous ne voudriez pas risquer d'aller immédiatement à l’hôpital :

◉ Les symptômes apparaissent à partir du troisième jour après l'infection (symptômes viraux).

➙ 1ère phase;

◉ Douleur corporelle
◉ Douleur oculaire
◉ Maux de tête
◉ vomissements
◉ Diarrhée
◉ Nez qui coule ou congestion nasale
◉ Décomposition
◉ Yeux brûlants
◉ Brûlure en urinant
◉ Se sentir fiévreux
◉ Gorge éraflée (mal de gorge)

➙ Il est très important de compter les jours de symptômes: 1er, 2ème, 3ème. (...)

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07 Novembre 2020

     

- Novembre 2020, page 5, par Pierre Rimbert

Le piège diabolique

Dans quel abîme les politiques de lutte contre le Covid-19 ont-elles plongé le monde pour que les marins du secteur commercial en soient réduits à supplier qu’on leur accorde au moins le même droit que celui dont jouissent les marchandises : celui d’embarquer et de débarquer ? En octobre 2020, plus de 800 000 travailleurs de la mer, sur le 1,7 million que compte la marine marchande, étaient bloqués, les uns à bord, avec l’interdiction de descendre, et les autres à terre, avec l’interdiction de monter.

Pour ces derniers, l’absence de contrat, et donc de salaire, les condamne à la misère. Pour les autres, toujours en mer, l’enfer s’éternise. Il a commencé en mars, quand la mise à l’arrêt de l’économie asiatique, puis mondiale, a empêché la relève des équipages et comprimé l’horizon des matelots aux quartiers spartiates des porte-conteneurs et vraquiers — ou aux ponts inférieurs des navires de croisière. Pendant que, à terre, une partie des populations confinées commandait frénétiquement sur Amazon des rameurs d’appartement et des tapis de yoga, les marins s’activaient pour convoyer vers les ports occidentaux ces planches de salut fabriquées en Asie. Au cours d’un mois ordinaire, cent mille navigants descendent à quai, et autant les remplacent. Hongkong, Singapour ou les Philippines figurent parmi les points-clés de ces rotations. Mais, entre les fermetures de ports et de frontières, les suppressions de lignes aériennes, les interdictions de débarquer, les mesures de quarantaine, les formalités administratives byzantines, etc., il devenait difficile qu’un équipage se présente au moment précis où un autre quittait le navire en étant assuré de son rapatriement : depuis mars, seulement un quart des relèves ont lieu.

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- Novembre 2020, pages 1, 16 et 17,1 traduction, par Olivier Zajec

Quelle place pour les États-Unis ?

À l’heure de l’élection américaine, l’ordre international qui vient

La plupart des grands États européens souhaitent l’élection de M. Joseph Biden. Ils imaginent qu’elle favoriserait le retour à un ordre mondial moins chaotique. Mais l’identité du locataire de la Maison Blanche et les choix diplomatiques des États-Unis ont cessé de déterminer tous les équilibres stratégiques.

“Guider le monde démocratique". Tel est le slogan qui résume le programme de politique étrangère de M. Joseph Biden. Pour préciser le contenu de cette ambition, le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine a signé en mars 2020 une tribune intitulée "Pourquoi l’Amérique doit diriger à nouveau". Il y constate que "le système international que les États-Unis ont si précautionneusement bâti est en train de se fissurer". Et oppose ce déclin aux triomphes remportés par son pays — victoire lors de la seconde guerre mondiale, chute du rideau de fer —, qui ont défini l’ordre international libéral dans ses versions bipolaire (1947-1991), puis unipolaire (1991-2008). L’ancien vice-président de M. Barack Obama admet certes que les maux américains les plus graves — de l’échec général du système éducatif à l’inégalité de l’accès aux soins, en passant par la faillite de la politique pénitentiaire — sont aujourd’hui de nature interne. Il n’en martèle pas moins que la diplomatie demeure l’une des sources premières de l’influence des États-Unis, et que leur relation au monde, abîmée par l’administration Trump, doit être restaurée en priorité, "non seulement par l’exemple de notre puissance, écrit-il, mais aussi par la puissance de notre exemple".

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- MAGAZINE - Camille Poher, publié le 01/11/20

Deuil : "Si le numérique permet de laisser une trace pour les générations à suivre alors il est assez sain", estime Boris Cyrulnik

CONFERENCE Le psychiatre était l’un des invités principaux de la conférence "La mort, si on parlait ?"

Figure de la scène intellectuelle française le psychiatre, neurologue et psychanalyste Boris Cyrulnik intervenait pour la Toussaint à la conférence "La mort, si on parlait ?". Organisé par Maif et le Groupe VYV, ce rendez-vous 2.0 (dont 20 Minutes était partenaire), proposé sous la forme d’une émission, avait pour ambition de désacraliser la parole autour du deuil. A cette occasion, nous avons parlé deuil, écrans et fans de Michael Jackson avec celui qui est considéré comme le père du concept de résilience.

Contexte sanitaire oblige, cette conférence se déroulait via écrans interposés. Que dit le psychologue de ce basculement du réel vers le virtuel ?

☛ L’écran, d’un point de vue émotionnel, est un outil extrêmement fatigant. Avec un écran on ne ressent plus ou peu la régulation des émotions que provoque une discussion en face-à-face. Notre monde pourtant est un monde émotionnel et ces émotions sont essentielles dans notre bon développement.

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- Tribune > 7 novembre 2020 / Jean-Claude Boual

Une réforme discrète et hop ! la France est revenue à l’Ancien Régime

Un décret, pris au cœur de l’été, a modifié radicalement la façon d’administrer le pays. Désormais, tout ce qui organise la vie sociale locale (urbanisme, biodiversité, éducation…) est devenu le fait du ministère du "maintien de l’ordre". La mise en œuvre de l’état d’urgence l’illustre déjà, explique l’auteur de cette tribune.

Jean-Claude Boual, syndicaliste et militant associatif, a été président du Collectif des associations citoyennes pendant cinq ans (2014-2019). Il a aussi travaillé près de quarante-cinq ans sur la question des services publics, en tant que fonctionnaire, dans plusieurs ministères.

Dans une discrétion totale, au cœur de l’été, le gouvernement a modifié l’organisation des services déconcentrés de l’État dans les départements. Par un décret du 14 août 2020, les Directions départementales interministérielles (DDI), sous la responsabilité du Premier ministre depuis leur création, en décembre 2009, deviennent "des services déconcentrés de l’État relevant du ministre de l’Intérieur. Elles sont placées sous l’autorité du préfet de département".

Ce texte change fondamentalement la façon d’administrer le pays, subrepticement.

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- Info > 7 novembre 2020 / Alexis Gacon et Marie Astier (Reporterre)

Joe Biden sera-t-il un président vert ?

Les États-Unis poursuivent le décompte des bulletins et le candidat démocrate conforte son avance. S’il était investi, Joe Biden trouverait sur son bureau de nombreux dossiers environnementaux. Il devra écouter l’aile progressiste du parti, incarnée notamment par Alexandria Ocasio-Cortez, sans froisser sa base et face à un Sénat à majorité Républicaine.

Premier geste à accomplir pour l’éventuel président Biden, qui entrera en fonction en janvier 2021, faire table rase des décisions prises depuis quatre ans sur le plan de l’environnement. Mais l’œuvre de Donald Trump ne sera pas simple à effacer.

Réintégrer l’accord de Paris

"Le défi consiste à remédier aux lacunes et faiblesses que Donald Trump a créées ou exacerbées, comme le retrait de l’accord de Paris, ou l’affaiblissement des règles sur les émissions de gaz à effet de serre", estime Ann Bostrom, professeur en politiques environnementales de l’Université de Washington, à Seattle (État de Washington). Ce devrait donc être la priorité de l’administration Biden, selon Mme Bostrom. Au lendemain de l’élection étasunienne, mercredi 4 novembre, les États-Unis sont officiellement sortis de l’accord de Paris, trois ans après l’avoir notifié. L’accord vise, rappelons-le, à limiter à 1,5 °C l’augmentation de la température moyenne sur Terre par rapport à l’ère préindustrielle.

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- Propos recueillis par Jonathan Baudoin, 05/11/2020 - Photo: capture d’écran du film de David Dufresne, "Un pays qui se tient sage"

"Sécurité Globale: il n’y a pas que l’interdiction de diffuser des images de policiers qui est en jeu”

Alors que la loi sur la Sécurité globale est en discussion depuis hier, 4 novembre 2020, à l’Assemblée nationale, Arié Alimi attire l’attention sur sa dangerosité. Avocat des familles de Cédric Chouviat et de Rémi Fraisse, tous deux tués lors d’opérations de police, il explique à QG en quoi cette loi portera un nouveau coup dangereux aux libertés publiques, et appelle à un soulèvement sur les réseaux sociaux pour interpeller à son sujet parlementaires et journalistes

La proposition de loi sur la Sécurité globale, portée par la majorité, est depuis hier, 4 novembre 2020, en discussion à l’Assemblée nationale. Elle comporte de graves risques pour la liberté d’informer, notamment avec son article 24, sanctionnant d’un an de prison et de 45.000 euros d’amende "le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, […], l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police".

Au-delà de la diffusion d’images de violences policières, l’avocat Arié Alimi, en pointe sur ce combat, souligne la tendance accrue à une surveillance généralisée, menaçant le droit à la vie privée, et appelle à une grande mobilisation citoyenne via les réseaux sociaux pour interpeller les journalistes et les parlementaires face à cette proposition de loi. Interview par Jonathan Baudoin pour QG.

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06 Novembre 2020

     

- Accueil > Info > 6 novembre 2020 / Thierry Gadault (Reporterre)

En coulisses, l’État prépare le financement de six nouveaux réacteurs EPR

Le gouvernement prévoit de subventionner à hauteur de 25,6 milliards la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires par EDF, selon un rapport rendu public par Reporterre. Une aide publique massive en raison de l’impasse financière dans laquelle se trouve l’électricien.

Comme trop souvent, l’avenir du nucléaire en France se prépare dans le plus grand secret, loin des yeux des citoyens. Un mois après que Reporterre a dévoilé le contenu des négociations entre Paris et Bruxelles à propos de la réorganisation d’EDF, un autre document tout aussi explosif est arrivé à la rédaction. Ce rapport est intitulé « Nouveau nucléaire français » et il émane de la direction générale du Trésor.

Lire ce rapport

Daté du 1er septembre dernier, ce document est en fait une présentation des études d’un groupe de travail réunissant les services du ministère des Finances, la direction générale de l’énergie et du climat (ministère de la Transition écologique) et EDF. Ce groupe de travail doit répondre à une question : comment financer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires par EDF ? Ce projet de nouveaux réacteurs fait partie de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2019 à 2028, dévoilée en avril dernier par le gouvernement.

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- Brèves > 6 novembre 2020

La proposition de loi relative à la sécurité globale durcie en commission

Les députés de la Commission des lois ont terminé, jeudi 5 novembre, l’examen de la proposition de loi relative à la sécurité globale. Ce texte, considéré comme liberticide par de nombreux défenseurs des droits et comme risquant d’introduire une nouvelle limitation à la liberté de la presse, a été quelque peu amendé par les députés.

L’article 24 est l’un de ceux suscitant le plus d’opposition. Il prévoit que les images d’agents des forces de l’ordre ne pourront être diffusées, si l’intention est de porter atteinte à l’"intégrité physique ou psychique" des agents. Il est vu comme une façon d’invisibiliser les violences policières. Avocats et journalistes ont dénoncé le risque de "procès baillons" car cet article pourrait notamment permettre de renvoyer très facilement devant la justice des journalistes ou avocats diffusant des vidéos de violences policières. Libre ensuite à la justice de déterminer s’il y avait intention de nuire.

Les amendements de suppression de cet article ont été balayés d’un revers de main par la majorité. Seule modification, il a été précisé que le numéro d’identification des agents (numéro RIO), pourra lui être visible. Cependant, il n’est pas rare que les agents des forces de l’ordre ne le portent pas. (...)

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- 1 Novembre 2020, Olivier TONNEAU - BLOG : LETTRES D'UN ENGAGÉ À SES AMIS QU'IL DÉRANGE

Quand Blanquer falsifie Jaurès

Quand un ministre de l’éducation demande aux enseignants de diffuser un texte préalablement tronqué pour qu’il ne contredise pas son idéologie, n’est-il pas plutôt ministre de la propagande? La propagande n’ayant pas de ministère dédié, ne doit-il pas démissionner? Lire le message de Julien Cartier, professeur de SVT dans l'Académie de Nice.

Bonsoir à tous,

Plus aucun enseignant français n’ignore que le ministère nous demande de lire aux élèves la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs et aux institutrices.

Le site de la Bibliothèque Nationale de France présente utilement cette lettre et offre même une copie de l’original, publié dans le journal La Dépêche, le dimanche 15 janvier 1888.

Au même moment le site EDUSCOL, c'est à dire le site officiel du ministère de l'éducation nationale, met en ligne une version courte (sans doute destinée aux élèves du primaire) et une version longue de la lettre.

Or, tenez-vous bien, la version longue est étrangement expurgée du passage suivant :

"J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître."

Aucun autre passage n’a été occulté.

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- UNIVERSITÉ DES COLIBRIS - Alimentation - Démocratie - Entretien - 19 OCTOBRE 202, François Léger et Claire Verret

La permaculture n'est pas une technique de jardinage, c'est un projet politique !

❐ Entretien issu d'une webconférence du MOOC Permaculture : La permaculture, un projet politique d'avenir ?

La permaculture n’est pas une simple technique de jardinage. Elle s’inscrit dans les mouvements de contre-culture anglo-saxonne des années 70 de critique de la société de consommation. C’est une façon de trouver des réponses à l’échelle individuelle et collective à la société de consommation… François Léger, professeur à AgroParistech et Claire Véret membre d'Horizon Permaculture, révèlent dans cet article la dimension politique radicale de la permaculture.

La permaculture pour faire son jardin... et société

☛ François Léger : Rappelons l'éthique de la permaculture :

➠ Prendre soin de la terre en cessant d’exploiter le monde et redécouvrir comment l’habiter ;

➠ Prendre soin des humains : convergence ou complémentarité des inégalités environnementales et sociales. Les uns nourrissent les autres ;

➠ Redistribuer équitablement les surplus : sortir de la consommation systématique et marchande en les redistribuant. Chacun a une activité dans laquelle il y a un certain nombre de productions pouvant aller au-delà des besoins. Il s'agit de répartir équitablement les produits des activités.

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- Un texte d'Alain Labelle, 05 Novembre 2020

LES 11 NATIONS AMÉRICAINES

Les armes à feu, l’avortement, l'immigration... Une kyrielle de sujets divisent les Américains et influencent leur vote. Mais comment expliquer cet important clivage dans les valeurs fondatrices du pays? Portrait des Nations-Désunies d’Amérique.

Dans American Nations : A History of the Eleven Rival Regional Cultures of North America, publié en 2011, le journaliste Colin Woodard rejette les divisions habituelles entre le Nord et le Sud, entre les deux côtes et le centre, ou encore entre États bleus ou rouges.

L’auteur recense plutôt 11 cultures régionales aux ambitions bien opposées; 11 nations qui s’affrontent depuis 200 ans à tous les niveaux, de la politique aux enjeux sociaux, afin d’influencer la direction et l’âme même du pays.

C’est particulièrement vrai pour le contrôle du gouvernement fédéral qui se joue entre deux supernations,

☛ le Dixie bloc (mené par le Deep South avec le Grand Appalachia

☛ et le Far West) et la Northern Coalition (Yankeedom avec New Netherland et la Left Coast).

Ces coalitions gagnent le pouvoir à Washington en se garantissant le soutien d’États pivots, qui déterminent souvent le résultat du vote. Survol des 11 nations des États-Unis. (...)

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- Martin Legros, 03 Novembre 2020

“La fermeté unie à la tendresse”

Bonjour,

L’actualité du moment où un événement traumatique chasse l’autre a de quoi nous donner le vertige. Mais, justement, pour résister à ce tournis, je voudrais prendre le temps de revenir sur l’hommage à Samuel Paty qui a eu lieu, hier, dans toutes les écoles de la République. Alors qu’il avait été prévu, initialement, d’y consacrer la matinée, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a finalement décidé, pour des raisons sanitaires et de sécurité, de s’en tenir à la minute de silence et à la lecture d’un extrait de la Lettre aux instituteurs de 1888 de Jean Jaurès. Un modus operandi jugé révélateur, par nombre de professeurs, du climat autoritaire qui a pesé sur cet hommage. Mais deux incidents sont venus rendre ce climat plus pesant encore.

D’abord, la lettre de Jaurès que les professeurs ont trouvée dans leur casier, hier matin.

Texte “poignant” m’a dit Lucienne, une amie professeur d’histoire-géographie qui en a fait la lecture, “la larme à l’oeil”, à ses élèves dans la cour de son lycée. Jaurès y formule avec gravité la très lourde responsabilité des professeurs:

“Vous tenez en main l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés […] seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse.”

Mais lecture “troublante”, a ajouté Lucienne, puisqu’il s’agissait de lire aux élèves une lettre d’hommage adressée aux professeurs,

“comme si nous cherchions à leur faire reconnaître la grandeur de la mission qui est la nôtre”.

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05 Novembre 2020

     

- par France Inter - publié le 30 octobre 2020

"Monsieur le Président, votre silence m'a démolie", la lettre d'Ariane Ascaride à Emmanuel Macron

Ariane Ascaride jouait, depuis la rentrée, "Le Dernier Jour du Jeûne" de Simon Abkarian au Théâtre de Paris. Confinement oblige, le théâtre ferme et les représentations s'arrêtent. Après avoir vidé sa loge, Ariane Ascaride a pris sa plume.

Monsieur le Président,

Je sais. Vous êtes au four et au moulin et ma lettre ne pèse pas bien lourd face à cette marée épidémique. Mais je ne peux pas m’empêcher de l’écrire. 

Monsieur le Président, hier soir, devant la télé, je vous écoutais avec une grande attention, mon espoir, bien avant l’allocution, était réduit à néant, mais ce qui fait un trou à mon âme est l’absence dans votre discours du mot "Culture". 

Pas une fois, il n’a été prononcé. Nous sommes la France, Monsieur, pays reconnu par le monde entier et envié par tous pour la présence de sa créativité culturelle, la peinture, la musique, la littérature, la danse l’architecture, le cinéma, le théâtre (vous remarquez que je cite mon outil de travail en dernier), tous ces arts sont dans ce pays des lettres de noblesse que les hommes et les femmes du monde admirent. 

C’est un pays où marcher dans les rues raconte l’histoire du Monde, où la parole, dans les cinémas et les théâtres, apaise, réjouit, porte à la réflexion et au rêve, ces anonymes qui s’assoient dans le noir pour respirer ensemble un temps donné.

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- ÉTATS-UNIS - Olivier PETITJEAN, 5 Novembre 2020 - Photo : Gage Skidmore via Flickr

L’argent des entreprises françaises dans les élections américaines

Les résultats définitifs des élections états-uniennes du 3 novembre ne sont pas encore connus. Ce qui est déjà acquis, c’est qu’elles sont les plus chères de l’histoire, alimentées par des milliers de petits donateurs individuels, des milliardaires et des multinationales, dont plusieurs groupes français. Extrait du “Véritable bilan annuel du CAC40” de notre Observatoire des multinationales.

Les élections du 3 novembre 2020 aux États-Unis (présidence, Sénat et Congrès) ont battu un nouveau record historique de dépenses, avec au moins 14 milliards de dollars ! Une partie de cet argent provient de petits donateurs individuels, une autre de grandes entreprises ou de milliardaires comme le magnat des casinos Sheldon Adelson, qui a mis tout son poids derrière la réélection de Donald Trump.

Seule une partie de l’argent consacré par les entreprises au financement des campagnes électorales peut être tracée ; le reste passe par les associations professionnelles ou d’autres structures encore plus opaques.

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- Pascal Perrin - 05 Novembre 2020 - par François Morel 

Le premier confinement...

par François Morel

Je me souviens, le premier confinement, je ne l’avais pas mal pris. Il avait fait beau, on mangeait dehors. Je dinais à heure fixe, ça me changeait. Je réussissais à perdre du poids. J’écrivais. J’ai travaillé mais de manière différente. J’ai regardé des séries. Et puis surtout, j’ai profité de mes proches. Ce fut une parenthèse pas désagréable. Tous les soirs à 20h, comme tout le monde, j’applaudissais le personnel hospitalier. Je me disais que ce n’était pas si mal un pays qui, plutôt que son économie, privilégiait notamment la vie de ses vieux.

Le deuxième confinement, j’ai moins aimé. D’abord, plutôt que vers le printemps, on allait vers l’hiver. On était un peu démoralisé. On se demandait combien de temps ça allait durer, s’ils allaient bientôt réussir à trouver un vaccin. Le soir, à 20h, on n’applaudissait personne. C’est pas quand on met les radiateurs qu’on va ouvrir les fenêtres en grand.

Le troisième confinement, c’est là que l’explosion de la vente des chiens a explosé. C’était encore le meilleur moyen de justifier les promenades en forêt. Ceux qui n’avaient pas les moyens de s’acheter un chien s’achetaient juste une laisse. Quand ils croisaient des gendarmes, ils se mettaient à courir la laisse à la main en criant Sultan ! Sultan ! Reviens ! Reviens Sultan, reviens !

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- Entretien > 2020 / Entretien avec John MacArthur, 5 novembre

L’establishment républicain pourrait "très bien s’arranger avec la victoire de Biden"

Joe Biden paraît en bonne voie pour remporter l’élection présidentielle étasunienne. Pour le journaliste John MacArthur, il ne faut cependant pas s’attendre à une révolution : M. Biden est un libre-échangiste convaincu. Mis à part sur l’environnement, il mènera une politique de centre droit.

John MacArthur est un journaliste étasunien, directeur du mensuel Harper’s Magazine.

Reporterre — Où en est-on de l’élection présidentielle aux États-Unis ce jeudi matin ?

John MacArthur — Biden est en tête dans le Michigan et dans le Wisconsin. S’il emporte ces deux États, il va gagner. Trump pense que l’élection a été volée par le vote par correspondance, et il veut aller en justice. Mais je ne pense pas qu’il va l’emporter, parce que les États — rappelez-vous que nous sommes un système fédéral — ont chacun beaucoup de pouvoir. Et les gouverneurs des trois États clés (Pennsylvanie, Michigan et Wisconsin) sont des démocrates. Mais Trump va refuser de céder. Et, c’est là que cela va se compliquer.

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- AGORA - LES SIGNATURES DE MARIANNE - Édito - Par Natacha Polony, publié le 05/11/2020

Épidémie incontrôlable et attentats barbares : la chute de l’Empire romain

Natacha Polony, directrice de la rédaction de "Marianne", ausculte "le spectacle d’une société française reconfinée, traumatisée par des attentats barbares, et comme incapable de trouver les ressources pour éviter le délitement de son système démocratique".

"L’angoisse face à une épidémie que les pays occidentaux, visiblement, ne parviennent pas à maîtriser, est légitime. Mais la forme qu’elle prend ne révèle que trop crûment nos fragilités".

Crépusculaire. C’est le mot qui vient à l’esprit devant le spectacle d’une société française reconfinée, traumatisée par des attentats barbares, et comme incapable de trouver les ressources pour éviter le délitement de son système démocratique. L’angoisse face à une épidémie que les pays occidentaux, visiblement, ne parviennent pas à maîtriser, est légitime. Mais la forme qu’elle prend ne révèle que trop crûment nos fragilités. Certains prétendront que la façon dont la Chine tirera profit de cette crise sanitaire qu’elle a elle-même provoquée démontre combien les dictatures seraient plus efficaces que les démocraties.

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04 Novembre 2020

     

- Info > 4 novembre 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Interdiction de filmer la police, drones, reconnaissance faciale : ce que veut le gouvernement

Le Parlement commence l’examen d’une proposition de loi qui vise à renforcer fortement les pouvoirs des forces de l’ordre et à entraver la liberté d’informer.

Rappelez-vous l’affaire Benalla, ou l’affaire Cédric Chouviat… Dans ces deux cas, filmer les forces de l’ordre avait permis de révéler la vérité. Cela sera-t-il encore possible ? Pas certain. La proposition de loi relative à la "sécurité globale", examinée ce mercredi 4 novembre en commission des lois à l’Assemblée nationale, pourrait fortement restreindre la possibilité de filmer les forces de l’ordre — et donc les violences policières.

Présenté par deux députés En Marche, l’avocate Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue, ancien chef du Raid et commissaire de police à la retraite, le texte vise à "relever les nouveaux défis pour la sécurité des Français". Il comporte une grande diversité de mesures : renforcement des pouvoirs de la police municipale et des agents de sécurité privée, utilisation des drones et caméras portées directement par les agents dans une grande variété de situations, forte limitation de la diffusion des images d’agents des forces de l’ordre sur les réseaux sociaux, possibilité ouverte aux policiers de conserver sur eux leur arme de service hors des heures de travail y compris dans les lieux publics…

Ce texte "est un fantasme des plus réactionnaires et des plus sécuritaires", dénonçait mardi 3 novembre l’avocat Arié Alimi, membre du bureau national de Ligue des droits de l’Homme, dans une interview au site Regards.

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- Entretien > 4 novembre 2020 / Propos recueillis par Hervé Kempf

Mathieu Rigouste : "Pour prospérer, le capitalisme joue la carte sécuritaire"

La conjonction de l’état d’urgence sanitaire et des attaques terroristes permet aux classes dominantes, selon Mathieu Rigouste, de renforcer le schéma contre-insurrectionnel : fabrication d’"un ennemi intérieur", "fichage des subversifs", "collaboration intensive des médias dominants". Mais les luttes n’ont pas dit leur dernier mot.

Mathieu Rigouste est sociologue et essayiste, chercheur indépendant en sciences sociales. Il a notamment publié Un seul héros, le peuple (éditions Premiers Matins de Novembre, mars 2020) et La domination policière — une violence industrielle (La Fabrique, novembre 2012).

Reporterre — Que pensez-vous du déchaînement rhétorique et verbal qui s’est produit à propos de l’"islamo-gauchisme"  ?

Mathieu Rigouste — Lorsqu’un système de domination entre en crise, il a tendance à piocher dans des répertoires qui ciblent d’un côté les révolutionnaires et de l’autre les "impurs". Il désigne un ennemi intérieur à deux faces, quelque chose comme une alliance entre l‘étranger et le subversif, qu’il s’agirait de purger pour rétablir l’ordre social. De cette manière, la figure de l’islamo-gauchisme recompose la figure du judéo-bolchévique. Stigmatiser l’ennemi intérieur permet de désigner un segment de la population comme le milieu de prolifération de la subversion. On sait à quoi cela a servi dans les années 1930. On connaît moins la manière dont une autre figure beaucoup plus proche a été instrumentalisée durant la guerre d’Algérie : la figure de l’indigène musulman indépendantiste manipulé par le communiste, à la solde de l’Union soviétique.

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- Info > 3 novembre 2020 / Justine Guitton-Boussion (Reporterre)

Biden-Trump : quel avenir pour l’écologie ?

L’avenir de la protection de la nature aux États-Unis dépend beaucoup du résultat des élections qui se tiennent ce mardi 3 novembre. Depuis quatre ans, Donald Trump s’est employé à démanteler toutes les réglementations environnementales. En face de lui, Joe Biden se présente avec un plan de relance vert qu’il veut "ambitieux".

Les États-Unis retiennent leur souffle. C’est aujourd’hui, mardi 3 novembre (dans la nuit de mardi à mercredi en France), que les citoyens étasuniens doivent élire leur président. Le candidat démocrate, Joe Biden, est pour l’instant donné favori dans les sondages face au président sortant républicain, Donald Trump. Mais les observateurs restent prudents ­— en 2016, tout le monde pensait (à tort) que la démocrate Hillary Clinton serait la grande gagnante de l’élection présidentielle.

Quel que soit le résultat des urnes, le mandat de Donald Trump s’achève aujourd’hui, et il est l’heure de tirer le bilan. Force est de constater que celui qui n’a jamais caché ses positions climatosceptiques a bel et bien utilisé ses quatre ans au pouvoir pour détricoter un grand nombre de lois, décrets et réglementations de protection de la nature. Face à lui, Joe Biden apparaît donc forcément comme un grand écolo. Mais quelles sont réellement les positions des deux candidats sur les différentes thématiques environnementales ? Reporterre en a sélectionné cinq pour faire le point.

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- Arnaud Lecuyer, maire de St Pôtan et Président de Dinan-Agglomération, 1er Novembre 2020

L’essentiel.

Mercredi soir, le Président de la République a annoncé un deuxième confinement général de la population et, parmi les mesures annoncées, ordonné la fermeture des commerces dits "non essentiels".

Concernant, le confinement général de la population, il était devenu urgent et impératif. Dont acte. Il doit être respecté strictement, partout et par tous. Lors des sorties limitées en dehors du domicile, portons le masque et respectons plus que jamais les gestes barrières. Nos services de santé sont saturés et nous arrivons au point dramatique où un "tri" va être fait entre les personnes hospitalisées. Terrible conséquence d’une pandémie qui n’épargne personne. Soyons donc concernés par le COVID-19 avant d’être gravement impactés. C’est essentiel.

Pour ce qui est des mesures liées au confinement et aux autorisations de sorties, elles sont claires et doivent, elles aussi, être respectées.

En revanche, la fermeture des commerces "non essentiels" pose davantage de questions surtout au regard des ouvertures et largesses offertes aux grandes surfaces et à la vente en ligne. (...)

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- SOCIÉTÉ - ÉDUCATION - Par Anthony Cortes, publié le 03/11/2020

L'amendement qui veut "déroger à la nécessité d'une qualification" des professeurs

Adopté par le Sénat, le projet de loi de programmation de la recherche 2021-2030 a connu quelques modifications. Un sous-amendement visant à permettre le recrutement de professeur en dérogeant "à la nécessité d'une qualification" attire l’attention.

Déjà largement contesté, le projet de loi de programmation de la recherche 2021-2030 n'a pas fini de hérisser le monde universitaire.

Cette fois, la faute revient aux sénateurs. Chargé d'examiner, amender puis voter, ce vendredi 30 octobre, ce texte porté par la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, ces derniers ont apporté quelques modifications qui ne sont pas du goût de l'opposition et des chercheurs. En cause, notamment : un sous-amendement, déposé par le sénateur Les Républicains (LR), Stéphane Piednoir, et soutenu par la La République en marche (LREM), proposant, dans le cadre de prochains recrutements de professeurs dans les universités, de "déroger pour un ou plusieurs postes à la nécessité d’une qualification des candidats".

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- Rennes - ENTRETIEN. - Propos recueillis par Yann-Armel HUET, publié le 03/11/2020

Pour cet infectiologue rennais, si le confinement n’est pas suivi, “l’hôpital va craquer"

"Il faut limiter ses interactions sociales, il n’y a pas à tortiller." Le professeur et épidémiologiste Matthieu Revest pousse un cri d’alarme face à l’afflux massif de patients au CHU de Rennes. Il appelle chacun à respecter le confinement et réduire au maximum ses interactions sociales. Sinon ? L’hôpital pourrait craquer, avertit-il.

❐ Matthieu Revest, médecin infectiologue au CHU de Rennes, est inquiet face à l’afflux de patients au CHU de Rennes. Il en appelle chacun à respecter le confinement pour éviter de saturer le service de réanimation, déjà sous tension. Il salue l’abnégation des soignants. Et fait le point sur la recherche. Entretien.

Où est-on de l’épidémie en Ille-et-Vilaine. Le taux d’incidence est de 260 cas positifs pour 100 000 habitants. Même s’il est en baisse, cela semble haut encore.

☛ Oui, c’est très haut. Et plus que le taux d’incidence, nous, ce qu’on voit, c’est l’afflux massif de patients, et de patients graves, à l’hôpital. C’est vrai sur l’ensemble de l’Ille-et-Vilaine. L’hôpital est sous tension majeure.

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- CAUSES - Par Axel Leclercq - 2 novembre 2020

Nicole Ferroni accède à la requête d’une enseignante et met en ligne son texte sur Samuel Paty

Pour que chaque professeur se sente libre d'utiliser sa chronique, Nicole Ferroni en a retranscrit l'intégralité du texte.

Il y a quelques jours, Nicole Ferroni consacrait une chronique émouvante à la mort de Samuel Paty (nous en avions parlé ici). Depuis, son texte a rencontré un tel succès que l’humoriste a décidé de le retranscrire sur les réseaux sociaux afin de le rendre accessible à tous les professeurs.

Nicole Ferroni, sur Facebook :

❐ Pour la rentrée scolaire de demain, une amie enseignante (un peu ensevelie sous les contradictions ministérielles et la morosité…) m’a demandé si elle pouvait étudier le texte de ma chronique sur #SamuelPaty avec ses élèves de 3ème en cours de français.

Je suis évidemment honorée si ce texte peut trouver une utilité en classe. Bref, au cas où, si d’autres enseignants veulent avoir accès au texte sans être obligés de me réécouter 48 fois et recopier le tout à main nue, le voici :

“Nicole on me dit que vous êtes lourde… Oui mais c’est la faute à mon coeur, qui est lourd comme mon humour. Car malgré mon contrat de clown, l’actualité de la semaine m’a évidemment tiré la semaine plus de pleurs que de rires.

Alors vous me direz : Nicole, de quoi avez vous pleurs ? Qu’est-ce-qui alourdit vos yeux et votre coeur ?

Et ben, évidemment, je vais pas y aller par 4 chemins, parce que je n’ai deux jambes, mais comme beaucoup j’ai été très touchée par la mort aussi triste que violente de cet enseignant Samuel Paty. (...)

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03 Novembre 2020

     

- On en parle > 2 novembre 2020 / Célia Izoard

Vous robotisez le monde ? Changez de métier !

Lettre aux humains qui veulent robotiser le monde — Merci de changer de métier » est composé de lettres ouvertes rédigées dans un style piquant, qui mêle la satire et l’analyse. Célia Izoard ouvre ici un dialogue avec les concepteurs des nouvelles technologies pour les interroger sur le sens de leur travail.

Présentation du livre par son éditeur :

Les véhicules autonomes sont-ils compatibles avec la lutte contre le changement climatique ? Qui veut des robots-compagnons pour s’occuper des personnes âgées ? L’usine automatisée est-elle le rêve des employés, ou celui des chefs d’entreprise ?

Interpeller directement des chercheurs, ingénieurs et startuppers sur les implications politiques de leur activité, tel est l’objet de ce livre, composé de lettres ouvertes rédigées dans un style piquant, qui mêle la satire et l’analyse. Célia Izoard ouvre ici un dialogue avec les concepteurs des nouvelles technologies pour les interroger sur le sens de leur travail et analyser l’impact social et écologique des grands projets industriels de la décennie, dans un monde en proie à la crise climatique et à l’exploitation au travail. Elle les enjoint à « changer de métier », à l’instar d’Olivier Lefebvre, salarié d’une start-up de véhicules autonomes qui raconte à la fin de l’ouvrage son chemin vers la démission.

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- Info > 3 novembre 2020 / Maxime Carsel (Reporterre)

Invisible, mais combatif : Howie Hawkins, candidat écolo à l’élection étasunienne

Biden et Trump ne sont pas les seuls concurrents dans la course à la Maison-Blanche. Parmi les candidats de « parti tiers », l’écologiste Howard Hawkins, ancien compagnon de route de Murray Bookchin.

Biden ou Trump ? Trump ou Biden ? La bipolarité des campagnes présidentielles étasuniennes est une vieille habitude. Tout le monde se souvient des duels entre deux candidats et finalement de deux courants de pensée seulement, comme si le pays ne connaissait pas d’autres animaux que l’âne démocrate et l’éléphant républicain. Or, il existe d’autres programmes incarnés par des hommes ou des femmes qui tentent de se frayer un chemin dans l’arène politique. Cette année, c’est le cas de Howard Hawkins.

Ce pacifiste de 67 ans, ancien maçon puis membre des Teamster (le syndicat des conducteurs routiers) dans l’entreprise postale UPS où il déchargeait les colis la nuit, est un membre actif de la pensée écologiste depuis vingt ans. Howie — c’est son surnom officiel — est le fils d’un éminent avocat ayant travaillé au sein du contre-espionnage dans le programme Manhattan (nom du projet de recherche qui produisit la première bombe atomique). C’est tout jeune que sa fibre militante se révéla quand, en 1964, le président Lyndon Johnson empêcha le développement du Mississippi Freedom Democratic Party (Parti pour la liberté et la démocratique du Mississippi), qui luttait pour l’émancipation des Afro-Américains. Hawkins fonda en 1988 le parti Left Green Party (Parti vert de gauche) avec le philosophe Murray Bookchin, fondateur de l’écologie sociale. Puis, deux ans plus tard, il créa le Green Party, qui propose notamment de redessiner les frontières des États de l’Union en respectant les lignes naturelles du territoire et la biodiversité.

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- SOCIÉTÉ - Propos recueillis par Emmanuel Lévy, publié le 10/10/2016

"A la fin, c’est la minorité intolérante qui gagne toujours !"

Pour Nassim Nicholas Taleb, professeur de l'ingénierie du risque à l'Institut Polytechnique de New-York University et auteur notamment du "Le cygne noir : la puissance de l'imprévisible", c'est un principe quasi-scientifique, qui s'applique malheureusement, aussi, à la religion, "ce sont les personnes les plus intolérantes qui imposent leur vertu aux autres, précisément à cause de cette intolérance."

Marianne : Dans une publication récente vous décrivez comment et pourquoi les plus intolérants peuvent imposer leurs choix aux autres. Sommes-nous condamnés à ce que vous décrivez comme une dictature de la petite minorité ?

☛ Nassim Nicholas Taleb : L’idée m’est venue de façon anodine. Lors d’un soirée avec des amis parmi lesquels l’un d’entre eux était de stricte observance casher, de la limonade était servie. J’étais certain que celui-ci s’en détournerait. Mais au contraire. Le carton affichait ce petit symbole U dans un cercle, signifiant que la limonade était casher. Ainsi donc, alors qu’à peine 2 % de la population américaine est juive, et celle de stricte observance encore plus faible, les distributeurs ont-ils collectivement préféré avoir une seule bouteille. Le surcoût du U est en effet extrêmement faible vis à vis du bénéfice de pouvoir servir de la limonade à tous: un seul stock, un seul rayon. C’est rationnel. Dès lors que le coût de se plier aux règles de la minorité intolérante est faible, celles-ci s’imposent à la majorité.

On retrouve cela par exemple dans le fait que 70% de la viande venant de Nouvelle-Zélande exportée en Grande Bretagne est halal, quand le pays ne dispose que d’une toute petite minorité musulmane. Cela se résume en un paradigme simple sur l’asymétrie: un pratiquant casher (ou halal) ne mangera jamais de la nourriture non casher (ou non halal), mais un non-pratiquant peut manger casher.

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- Posted on 2nd November 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 28th October 2020

A Total Fiasco

England’s response to the coronavirus pandemic now relies on unskilled teenaged call centre workers, taking the place of experienced clinicians.

Until a working vaccine is released and widely used, our best hope of controlling Covid-19 is testing, tracing and isolating people who might carry the disease. Even after a vaccine is produced, test and trace will remain essential, as inoculation will not be completely effective, or universally accepted.

Today, it’s our only real hope of preventing repeated lockdowns, and other great interruptions to our lives. Yet the English system on which our freedoms depend is a total fiasco. The government has so far spent £12bn on test and trace.

But, as a result of catastrophic mismanagement, it might as well have flushed this money down the toilet, as tracing has failed to reach the critical threshold (roughly 80% of contacts) needed to reduce the infection rate. Last week, after a further fall, the figure stood at just under 60%.

To put this in context, £12bn is more than the entire general practice budget. The total NHS capital spending budget for buildings and equipment is just £7bn. To provide all the children in need with free meals during school holidays between now and next summer term, which the government has dismissed as too expensive, is likely to cost about £120m: in other words, just 1% of the test and trace budget.

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- ALTERNATIVES POLITIQUES - Barnabé BINCTIN, 3 NOVEMBRE 2020

"Je suis passée d’une écologie des petits gestes à une écologie qui remet en question le système"

Son jeune âge, 30 ans, et son passé de scout, en ont vite fait l’une des figures médiatiques de la vague écolo aux dernières municipales. C’est pourtant résumer un peu rapidement la victoire de Léonore Moncond’huy à Poitiers. Son succès, dit-elle, est celui de méthodes politiques ambitieuses et innovantes, basées sur l’horizontalité et la transparence. Elle s’en explique longuement dans cet entretien.

Basta !  : Vous êtes devenue tête de liste pour les municipales à la suite d’une "élection sans candidat". Votre liste, "Poitiers Collectif", s’est distinguée par des méthodes assez innovantes en politique, avec un fonctionnement à la fois horizontal et le plus transparent possible. Qu’apportent tous ces outils participatifs ?

☛ Léonore Moncond’huy : De l’ouverture. Face au rejet de la politique traditionnelle et au sentiment d’exclusion, cela permet l’engagement de nouvelles générations qui ont malgré tout envie de s’investir. Nos réunions étaient ouvertes à tous, les décisions stratégiques prises en public, les programmes votés collectivement, etc. C’est une façon très concrète de dire : "Le système ne vous convient pas ? Changez-le, il vous est ouvert pour ça". Cela convient bien à l’état d’esprit actuel, à cette défiance envers la politique : ce n’est pas un hasard si, au milieu de cette forte démobilisation électorale – seulement 33% de participation au second tour, ici, à Poitiers – c’est une liste citoyenne et écologiste qui a le plus mobilisé. Les gens ont senti qu’il y avait un vrai renouveau, qu’on se démarquait des façons conventionnelles de faire de la politique et que cela générait une bonne dynamique. On a ouvert grandes les portes du système pour que tous ceux qui veulent changer les choses puissent le faire.

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02 Novembre 2020

     

- Enquête > 2 novembre 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Face à Macron, les citoyens de la Convention pour le climat se rebiffent

La colère monte chez les citoyens de la Convention pour le climat. Seuls pour "affronter les lobbies", déçus que nombre de leurs propositions aient été retoquées ou détricotées, certains fatiguent, d’autres montent au front.

Les promesses n’engagent que ceux ou celles qui y croient. Il en va de même pour les engagements d’Emmanuel Macron. Que le temps semble loin où le président de la République discourait, avec entrain, dans les jardins de l’Élysée sur l’urgence climatique et la reprise "sans filtre" de 146 des 149 mesures de la Convention citoyenne. "Je veux que toutes vos propositions soient mises en place le plus rapidement. Allons-y ! Agissons !", lançait-il sous les applaudissements nourris des citoyens et des citoyennes, redorant, à peu de frais, son blason écolo.

Quatre mois plus tard, le chemin parcouru est pourtant limité et frise l’immobilisme. L’examen du projet de loi dédié à la Convention citoyenne a été décalé à l’année prochaine au lieu de cet automne. L’idée d’un référendum pour changer la Constitution a disparu des agendas et nombre de propositions ont été retoquées, détricotées ou repoussées. Le temps file et les occasions se perdent. Le plan de relance et le projet de loi de finance auraient pu inscrire dans le réel les mesures de la Convention mais il n’en est rien.

"Les propositions de la Convention ont été édulcorées au maximum : il en reste seulement l’habillage, sans le contenu", juge Greenpeace. "La majorité a vidé de sa substance l’ambition des citoyens", regrette, de son côté, le Réseau action climat. "Enfumage", "politique du blabla", "travail de sape"... Les associations rivalisent de formules pour critiquer « la démission écologique du gouvernement. Jeudi 15 octobre, des militants d’ANV-COP21 ont même plongé dans la Seine des portraits du Président de la République pour montrer que « ses promesses prenaient l’eau". "Macron est à la dérive." Ses engagements se noient.

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- La fabrique du conformisme - "Manière de voir" #96 • décembre 2007-janvier 2008, par Olivier Pironet

Gilles Deleuze (1925-1995) - Le théoricien des sociétés de contrôle

Dans ses derniers textes, le philosophe Gilles Deleuze évoque l’"installation progressive et dispersée d’un régime de domination" des individus et des populations, qu’il nomme "société de contrôle". Deleuze emprunte le terme de "contrôle" à l’écrivain William Burroughs mais s’appuie pour formuler son idée sur les travaux de Michel Foucault consacrés aux "sociétés disciplinaires". Dans ces dernières, que Foucault situe aux XVIIIe et XIXe siècles et dont il fixe l’apogée au début du XXe, l’individu ne cesse de passer d’un "milieu d’enfermement" à l’autre : la famille, l’école, l’armée, l’usine, l’hôpital, la prison... Toutes ces institutions, dont la prison et l’usine sont les modèles privilégiés, sont autant de dispositifs propices à la surveillance, au quadrillage, à la maîtrise des individus constitués en "corps" (démographique, politique, salarial, etc.) dociles, insérés dans des "moules". Le développement des sociétés disciplinaires correspond à l’essor du capitalisme industriel, que Deleuze définit comme un capitalisme "à concentration, pour la production, et de propriété", qui "érige donc l’usine en milieu d’enfermement".

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- Enquête autour de la mort en 4 parties

 

4 sur 4 : Entretien > 2 novembre 2017 / Entretien avec Tanguy Châtel

"L’écologie naît d’une conscience de la mort : en maltraitant la planète, on se conduit à notre fin"

Les sociétés humaines ont répondu de nombreuses manières à la mort, de l’embaumement égyptien au procédé nouveau d’humusation. Le rapport à la mort des sociétés occidentales évolue rapidement, notamment avec la conscience écologique, explique Tanguy Châtel.
Cet article est le troisième volet d’une série en quatre épisodes. Il suit « Mort, on pollue encore" et « Après la mort, devenir un arbre".

Tanguy Châtel est l’auteur de Vivants jusqu’à la mort. Accompagner la souffrance spirituelle en fin de vie (Albin Michel, 2013).

Reporterre — D’où vient la volonté de conserver les corps après la mort ?

Tanguy Châtel — Les pratiques de conservation des corps sont très archaïques : on peut les faire remonter à la Haute Antiquité et à l’idée qu’il faut permettre au corps de faire son voyage dans l’au-delà, ainsi l’embaumement dans l’Égypte ancienne. Il y a toujours eu ce respect particulier lié au "corps de gloire", qui a perduré avec la religion chrétienne, car on a cru pendant longtemps que le corps devait être en bon état pour la résurrection. C’est la raison pour laquelle dans la chrétienté, il n’y avait pas d’autopsie, par exemple.

Dans les milieux d’origine protestante, en particulier chez les Anglo-Saxons, il y a moins de sacralité à l’égard de la mort. Si on prend soin du corps, dans le milieu protestant, ce n’est pas vraiment pour le défunt lui-même, mais plutôt pour les proches, avec une volonté de charité, de compassion à l’égard des vivants. Ce qui justifie les soins esthétiques particuliers, combinés avec un soin de conservation, à visée hygiénique.

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3 sur 4 : Alternatives > 31 octobre 2017 / Laure Hänggi (Reporterre)

Après la mort, devenir un arbre

Les techniques funéraires classiques (inhumations et crémations) pèsent sur l’environnement. Pourtant, de l’urne biodégradable à l’"humusation" en passant par le cercueil en carton ou la résomation, des solutions écologiques existent. Pour que le corps devienne un aliment de la vie.

"C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es né poussière, et tu retourneras dans la poussière." Voici ce qu’on lit dans la Genèse, le premier livre de la Bible. L’image a été souvent reprise pour illustrer le cycle de la vie et de la mort. Mais tout n’est pas si simple. D’un milliard d’habitants au début du XIXe siècle, la population mondiale devrait avoisiner les 10 milliards d’ici à 2050, selon les perspectives de l’ONU. Si les questions de place, d’accès aux ressources et d’impact sur l’environnement se posent face à cette évolution exponentielle dans un contexte de réchauffement climatique, ce nombre d’êtres humains interroge jusque dans la mort.

Inévitablement, cette démographie dynamique aura des conséquences sur les places dans les cimetières. La plupart des grandes villes françaises ne proposent ainsi plus de concessions perpétuelles, par manque de place. Une problématique qui, avec celle des pollutions engendrées par les rites funéraires, fait émerger des réflexions sur des solutions de rechange. Si l’inhumation et la crémation sont aujourd’hui les deux seuls rites permis par la législation française, d’autres solutions commencent à faire parler d’elles, en proposant une réappropriation de l’espace des cimetières et une nouvelle vision de la mort, plus proche de la nature.

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2 sur 4 : Enquête > 30 octobre 2017 / Laure Hänggi et Eva Gomez (Reporterre)

Mort, on pollue encore

Formol, mercure, produits ingérés durant la vie… les corps inhumés ou brûlés contiennent des substances toxiques qui polluent les sols et l’atmosphère. En cette période de souvenir de nos morts, Reporterre a mené l’enquête sur ce coût environnemental méconnu.

À première vue, difficile de se croire dans un cimetière. Les grands peupliers qui s’élancent vers le ciel encadrent des petites allées qui rejoignent un talus recouvert de feuilles colorées par l’automne. Seul le grand bâtiment en béton à l’entrée, à l’architecture légèrement asiatique, rappelle la couleur et la matière des stèles. Le cimetière de Joncherolles, 20 hectares de verdure et de calme, posé en Seine-Saint-Denis sur les communes de Pierrefitte-sur-Seine, Épinay-sur-Seine, Saint-Denis, Saint-Ouen et Villetaneuse, s’est engagé depuis 2013 dans une démarche environnementale. Des tombes paysagères sont installées sur de larges espaces de verdure. La chaleur et les eaux de pluie sont récupérées pour être réutilisées et des ruches ont été installées pour favoriser la biodiversité. 30.000 végétaux, 10.400 mètres de haies et 2.585 arbres verdissent ce cimetière, offrant ainsi aux promeneurs près de deux kilomètres de balade entre les tombes.

Un petit groupe se presse au détour d’une allée, pour une visite organisée à l’occasion des Journées du patrimoine. La vingtaine de personnes présentes, à la moyenne d’âge plutôt avancée, ne manque pas de questions : quels sont les avantages d’une gestion plus écologique ? Les pratiques actuelles peuvent-elles être dangereuses ?

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1 sur 4 : Enquête > 15 mars 2016 / Odile Floutié (Silence)

Cercueils en carton et corps rendus à l’humus : le cimetière devient écolo

La mort fait partie de la vie. Et comme elle, dans notre monde, elle peut prendre, en ce qui concerne l’inhumation, un tour écologique. C’est ce qu’explique l’enquête de la revue Silence.

La première contrainte est le choix entre inhumation et crémation, les deux seuls modes d’obsèques autorisés en France actuellement. Dans les deux cas, vous aurez obligatoirement à choisir un cercueil. La majorité des pompes funèbres vous vendent alors un modèle en bois qui aura bien souvent parcouru des milliers de kilomètres, doté de poignées de portage non biodégradables et recouvert de peintures et de vernis. Ces entreprises ont tout intérêt à proposer aux familles, dans ces moments de profonde détresse, l’ardoise la plus élevée possible. En effet, le montant alloué aux obsèques peut atteindre plus de 6.000 euros. Il est important de se renseigner.

Cette lourde facture affecte également notre Terre. Le modèle économique actuel de nos funérailles est énergivore et polluant. Outre la consommation de bois qui augmente la déforestation, les stèles en marbre sont en provenance de Chine et d’Inde dans 80 % des cas, et le béton de nos sépultures altère les sols. S’y ajoutent les pesticides utilisés dans les cimetières, qui ne sont pas concernés par la loi du 22 juillet 2015 sur l’interdiction de produits phytosanitaires. Ainsi que le rejet dans l’atmosphère des dioxines, mercure, plomb, cadmium et autres métaux lourds par les crématoriums non équipés de filtres. Un arrêté de février 2010 fixe « les quantités maximales de polluants contenus dans les gaz rejetés » au plus tard en février 2018, or le décret n’a toujours pas été publié et nombre de crématoriums ne seront pas équipés à cette échéance. De plus, les professionnels du funéraire recommandent les soins de conservation des corps auprès des familles alors que cette pratique fait usage de formol (France et Grande-Bretagne exceptées, la thanatopraxie) est interdite en Europe ou restreinte à des cas exceptionnels de transports de corps), et cela se rajoute aux polluants accumulés dans nos corps tout au long de nos vies.

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- Opinion US elections 2020 - Sunday 1 November 2020, Robert Reich

USA OK? My FAQs about Trump, Biden, the election and what happens next

I think the Democratic nominee will win the White House on Tuesday. Here’s how and why – and what the president will do

Joe Biden pauses while speaking to supporters in front of an Arizona state flag, in Phoenix this month. Photograph: Brendan Smialowski/AFP/Getty Images

You’ve been in or around politics for more than 50 years. How are you feeling about Tuesday’s election?

☛ I’m more frightened for my country than I’ve ever been. Another four years of Donald Trump would be devastating. Still, I suspect Biden will win.

But in 2016, the polls ….

☛ Polling is better now, and Biden’s lead is larger than Hillary Clinton’s was.

What about the electoral college?

☛ He is also leading in the so-called “swing” states that gave Trump an electoral college victory in 2016.

Will Trump contest the election?

☛ Undoubtedly. He’ll claim fraudulent mail-in ballots in any swing state Biden wins where the governor is a Republican – states such as Florida, Georgia, Ohio and Arizona. He’ll ask those governors not to certify Biden electors until fraudulent ballots are weeded out. (...)

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- COVID-19 - Publié lundi 2 novembre 2020, Sylvie Logean

Pourquoi il ne faut pas (encore) s’emballer sur la durée de vie des anticorps après une infection au Covid

Plusieurs études se sont récemment penchées sur la persistance des anticorps contre le nouveau coronavirus. Ceux-ci tendraient à diminuer de manière variable, au bout de quelques mois. Il est encore difficile de dire s’ils protègent contre une réinfection

Trois mois, quatre mois, puis cinq… Les études concernant la persistance, dans le sérum sanguin et la salive, d’anticorps spécifiquement dirigés contre le nouveau coronavirus ne cessent de se multiplier, l’une venant remplacer l’autre dans le rythme effréné des parutions scientifiques.

Début octobre, des équipes canadiennes et américaines faisaient paraître leurs résultats respectifs dans la revue Science Immunology, apportant des informations sur ce que l’on appelle la cinétique de la réponse immunitaire face au SARS-CoV-2 sur une durée d’environ quatre mois.

Conclusion: alors que les immunoglobulines A (IgA) et M (IgM) – qui forment la première ligne de défense contre les agents infectieux – disparaissent pratiquement complètement après cent jours, les immunoglobulines G (IgG) – qui jouent un rôle dans la réponse mémoire, base de l’immunité durable – persisteraient au moins trois mois, période durant laquelle nous serions donc théoriquement protégés contre une ré-infection par le coronavirus.

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01 Novembre 2020

     

- Accueil > Info > 31 octobre 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

L’accès restreint à la nature pendant le confinement est néfaste pour la santé et injuste

Lors du premier confinement, l’interdiction d’accéder aux espaces naturels a été vivement contesté. Avec le reconfinement, les mêmes restrictions s’imposent, sans considération des bénéfices pour la santé des promenades dans la nature.

Avec le reconfinement commencé vendredi 30 octobre, la question de l’accès aux espaces naturels se pose à nouveau. Au printemps dernier, l’enjeu avait suscité de vifs débats dans la société française. Une pétition lancée sur Reporterre « pour un accès responsable à la nature" avait récolté plus de 160.000 signatures. De nombreux parlementaires, dont l’ancienne ministre de l’Environnement Delphine Batho, s’en étaient faits les défenseurs. Ils soulignaient que la privation de nature pouvait avoir des conséquences néfastes sur le moral et la santé des Français et qu’une promenade solitaire, en plein air, ne risquait en aucun cas de propager le virus.

Jeudi 29 octobre, au cours de sa conférence de presse, le Premier ministre, Jean Castex, a assuré que "les modalités et les contours de ce nouveau confinement ne seront pas ceux de mars". Les parcs et les jardins resteront, en effet, ouverts. La population urbaine, habitant à proximité d’un espace vert pourra bénéficier d’un bol d’air et échapper, un temps, à l’enfermement dans des habitats parfois exigus et étouffants. Le Premier ministre a ajouté que "les forêts et les plages ne seront pas fermées". Localement, les préfets ne pourront donc plus alimenter la surenchère qui avait frappé la France en mars dernier, où une vingtaine de départements avaient interdit l’accès aux bois, aux chemins de randonnée, aux pistes cyclables ou même aux berges de canaux.

Lors de son discours, Jean Castex a cependant rappelé que certaines règles restaient identiques. Pour pouvoir sortir, les Français doivent se munir d’une attestation. Ils ne peuvent pas dépasser pour leur loisir un rayon d’un kilomètre autour de leur domicile et une durée d’une heure. L’annonce a créé de nouvelles polémiques. À quoi bon ouvrir les forêts, les montagnes et les plages si c’est pour en limiter l’accès aux seuls riverains et avec autant de contraintes ? Qui sera véritablement concerné ?

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- DISCRIMINATIONS ENTRETIEN - 31 OCTOBRE 2020 par Antoine PERRAUD

Henri Goldman: "Tout semble aujourd’hui fait pour rabattre l’islam vers l’islamisme"

Henri Goldman, qui vit à Bruxelles la plurielle, s’inquiète de la rage uniforme qui saisit la France depuis l’attentat de Conflans. Par-delà les manipulations politiques d’un pouvoir aux abois, retour sur une névrose nationale hexagonale.

Henri Goldman, architecte bruxellois né en 1947 de parents juifs polonais, tient un " blog cosmopolite " qui revendique à la fois la gauche et le grand large, aux antipodes des rétractions régressives au nom de la République égarée ou d’une laïcité dévoyée. Alors que le président Macron et son ministre de l’intérieur semblaient de plus en plus perdus pour l’intelligence politique, dans le sillage de la décapitation de Samuel Paty par un fanatique islamiste, Henri Goldman publiait, le 24 octobre, un billet dont le titre met dans le mille : " France : une névrose de l’altérité ".

Déjà dans Le Rejet français de l’islam (PUF, 2012), l’auteur analysait notre " souffrance républicaine ", inextricablement liée à la question sociale, aboutissant à la ghettoïsation de la diversité, à la radicalisation de tant d’exclus – réels ou ressentis – d’une laïcité de combat. Et ce, au nom d’une menace sécuritaire devenue identitaire, pour une large part fantasmée, au point d’hypothéquer toute construction paisible, démocratique et moderne de l’islam français.

Fondateur de la revue belge Politique, Henri Goldman s’interrogeait sur une tare démocratique hexagonale : " Le refus de reconnaître toute forme de minorité sur son sol singularise la France par rapport à tous ses voisins. " En particulier dans un numéro double (98-99, mars 2017), " Cette république que nous avons tant aimée... 30 regards de Belgique sur la France " – les éditions La Découverte et Mediapart y étaient associés.

Henri Goldman, dans l’entretien qui suit, va jusqu’au bout de sa critique radicale. Le pays des droits de l’homme et du citoyen ferait bien d’en prendre de la graine…

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- Novembre 2020, page 20, par Arnaud Bontemps & Grégory Rzepski, hauts fonctionnaires

Liberté de parole à géométrie variable pour les fonctionnaires

Devoir de réserve, un effet d’intimidation

À la mi-octobre, quatre enseignants des Deux-Sèvres passaient devant le conseil de discipline de leur établissement. Leur faute ? En participant à des rassemblements contre la réforme du baccalauréat, ils auraient trahi le “devoir de réserve” qui s’imposerait aux salariés du service public. Souvent invoquée, cette notion aux contours flous favorise une forme d’autocensure des fonctionnaires.

Longtemps, le pouvoir a exigé des fonctionnaires qu’ils se tiennent à carreau. Bien au-delà de la "réserve". Au XIXe siècle, rappelle l’historien François Burdeau, on allait jusqu’à considérer que ceux 

"qui aliènent leur liberté pour un traitement ne devraient pas voter". 

La liberté privée était en cause : 

"En 1880, un arrêté du ministre du commerce dispose qu’une receveuse des PTT [postes et télégraphes] devait avertir ses supérieurs de son mariage, l’administration se réservant le droit d’en apprécier la convenance." 

Le statut de la fonction publique de 1941 autorise encore le contrôle des choix matrimoniaux. Dans l’exposé des motifs de cette loi, le régime de Vichy met en garde : les nécessités supérieures du service public "s’étendent même à [la] vie privée".

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