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26, (Octobre 2020)

 

 

 

dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 943 communes s'opposent au 'Linky'

 


31 Octobre 2020

     

- 25 Octobre 2020, Kevin VACHER - BLOG : UN REGARD DE CÔTÉ

Maintenant que nous savons

Maintenant que nous savons jusqu'où peut aller l'offensive raciste, combien elle peut toucher l'ensemble des droits démocratiques qui sont les nôtres. Maintenant que nous avons vu Darmanin, Blanquer, Praud et Zemmour servir de répliques aux idéologies haineuses. Maintenant, nous ne pouvons plus continuer comme avant.

L’horreur a frappé deux fois depuis une semaine. D’abord, à Conflans, l’enseignant Samuel Paty a été l’énième victime d’une idéologie haineuse, d’extrême-droite, la même qui avait frappé Charlie Hebdo, le Bataclan, Christchurch ou encore Utoya. Puis, comme les répliques secouent des terres à plus basses intensités après des séismes, chacune de nos journées ont tremblé d’un revers de haines racistes et liberticides.

Un syndicat a été attaqué violemment, celui-là même dans lequel j’ai milité pendant de longues années et alors même que ses adhérents continuent en ce moment-même de distribuer des colis alimentaires pour les étudiants qu’ils défendent. Un journal aussi, auquel je suis abonné, le seul journal détenu complètement par ses lecteurs. Une "grande dame" n’a pas été épargnée, la LDH, institution que je pensais inattaquable, voire trop solide pour m’attirer lorsque j’ai commencé à mener mes premiers combats antiracistes. Mon monde professionnel, l’université, a été calomnié par un Ministre d’Etat, confondant un paradigme d’observation ("l’intersectionnalité") et un débat politicien, racontant par là-même une série d’inepties intellectuelles assez effarantes. Enfin, des partis politiques ont été attaqués : EELV, LFI, le NPA et dernièrement le PCF. J’ai déjà voté pour chacun d’entre eux. Après tout ça, je n’ai même pas eu le temps de faire le deuil de Samuel Paty, qui exerce la même profession que moi, éduque au même esprit critique, prend les mêmes risques que je ne savais pas être en train de prendre jusque-là.

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- Marc St Aroman19 avril 2020
Réalisé sur une idée originale de la rédactrice du journal Stop Golfech – mars 2020

Pourquoi l’interdiction du grand carénage doit être imposée à EDF

Note préalable

À travers les lignes qui suivent, l’auteur se limitera à un balayage non exhaustif des problèmes qui touchent les centrales nucléaires tellement ils sont nombreux, divers et importants. Bien sûr, tous les réacteurs français étant de même facture, ce document ne se limite pas à la seule centrale de Golfech mais concerne tous les réacteurs de France. L’auteur s’attachera seulement à montrer comment, devant la grande difficulté de créer de nouvelles installations, les tenants de l’atome, sous l’œil bienveillant de politiques et sans l’avis des financeurs que nous sommes, commettent la faute lourde de faire vieillir au-delà du raisonnable leurs installations. Pour tranquilliser le citoyen sur leur projet ils l’ont affublé d’une appellation rassurante : “grand” et “carénage” qui sous-entend une protection d’envergure.

Avec les sommes dépensées dans le rafistolage des réacteurs on pourrait aujourd’hui investir massivement dans les économies d’énergie et produire d’énormes quantités d’énergies renouvelables comme le font déjà depuis longtemps avec succès de nombreux pays à travers le monde.

Les documents dont la synthèse va suivre, non disponibles en France, ont été traduits de documents essentiellement américains. Ils ont pu faire l’objet d’erreur d’interprétation de l’auteur : de fait, bienvenue à toutes les propositions, remarques, ou compléments (cela pourra conduire à une version 2 de ce document).

La synthèse qui suit, va constituer un élément supplémentaire nécessaire à la mise en lumière d’une partie de la zone immergée de l’iceberg constitué par la filière atomique civile

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- Chronique > 31 octobre 2020 / Célia Izoard (Reporterre)

Pour vivre libres, sortons du bocal numérique

"On étouffe là-dedans, non ?" L’autrice de cette chronique s’en prend à notre société régie par le capitalisme numérique : chacun y est poussé à vivre dans son bocal, pour la plus grande joie de l’État et de la Silicon Valley. Elle prévient : "Une société pleinement informatisée a toutes les chances de déboucher sur une société totalitaire."

Célia Izoard, journaliste et membre de la revue Z, a fait des études de philosophie et traduit des ouvrages critiques de la technologie moderne, dont 1984, de George Orwell, aux éditions Agone, à paraître en janvier 2021.

À la fin du Quai de Wigan (1937) [1], George Orwell analyse l’assujettissement par la machine. Un monde où elle serait omniprésente aurait tué le travail créatif, atrophié les sens et détruit la volonté d’agir par soi-même. Il a cette formule saisissante : "L’aboutissement logique du progrès mécanique est de réduire l’être humain à quelque chose qui tiendrait du cerveau enfermé dans un bocal."

On trouverait difficilement meilleure image pour décrire la situation créée par le capitalisme numérique. Nous vivons dans un monde où la plupart des métiers, des loisirs et des conversations se déroulent derrière des écrans. Les possibilités infinies offertes par le mouvement du corps et les cinq sens ont été remplacées par une sorte d’hypertrophie du cerveau exclusivement alimenté par la vue et l’ouïe. Chacun dans son bocal numérique. Notre expérience du monde glisse le long de ses parois de verre.

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30 Octobre 2020

     

Courrier de spectateurs

Voici un article très caustique et savoureux sur L'INTERPRÉTATION LITTÉRALE de LA BIBLE :

Aux États-Unis, une célèbre animatrice radio US fit remarquer que l’homosexualité est une perversion. C’est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chap 18, verset 22 :

Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination.

La Bible le dit. Un point c’est tout, affirma-t-elle.

Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte:

“Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu. J’apprends beaucoup à l’écoute de votre programme et j’essaie d’en faire profiter tout le monde. Mais j’aurais besoin de conseils quant à d’autres lois bibliques. Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c’est indiqué dans le livre de l’Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?

Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu’ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux mexicains, mais pas aux canadiens. Pourriez-vous m’éclairer sur ce point ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?

(...)

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- AGORA - LES SIGNATURES DE MARIANNE - Par Natacha Polony, publié le 29/10/2020 - Editorial

Français avant d’être musulmans

"Respecter les musulmans, c’est considérer qu’ils sont des Français comme les autres et qu’ils ne doivent pas être réduits à leur religion. Ce que permet la discrétion propre à une République qui met à distance les signes extérieurs d’appartenance", argumente Natacha Polony, directrice de la rédaction de "Marianne".

Une "guerre contre les musulmans". Voilà ce qu’aurait lancé la France, selon ces grands démocrates que sont les dirigeants turcs, saoudiens ou qataris ; selon, également, les dirigeants de ces associations bienveillantes qui, depuis des années, prospèrent sur le sentiment d’abandon des populations françaises issues de l’immigration ; selon, enfin, Edwy Plenel et quelques autres, pour qui la figure abstraite du "musulman" (vu de si loin, on a du mal à distinguer entre les individus) sert à se constituer à peu de frais la stature d’un Zola. Une "guerre contre les musulmans", quand il s’agit de combattre ceux qui décapitent un professeur ou justifient qu’on le fasse. Qui pratique l’amalgame ?

On aura compris que se joue au Proche-Orient une lutte d’influence sur l’"umma", la communauté des croyants. Mais en France ? Comment justifier que certains jouent sur ce registre pour créer une fracture qui serait, non plus entre les citoyens, toutes origines confondues, et les terroristes ou leurs soutiens, mais entre les musulmans et les non-musulmans ? C’est exactement ce à quoi aboutit la rhétorique d’un Edwy Plenel, ou celle, strictement parallèle, de Valeurs actuelles qui mêle à souhait la dénonciation de l’islamisme et la thématique du "choc des civilisations".

Soyons clairs : la stratégie des Frères musulmans, telle que nous l’avions décryptée il y a déjà un an, consiste, depuis leur création dans les années 1930, à "réislamiser" les musulmans en exerçant une pression pour les inciter à adopter une pratique littérale et rigoriste de l’islam afin d’imposer un ordre théologico-politique dans lequel la religion affirme son emprise sur la société. Depuis trente ou quarante ans, les populations musulmanes d’Europe sont une cible privilégiée pour cette propagande.

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- VIVANT - VIROLOGIE - ARTICLE - 27.10.2020, par Yaroslav Pigenet

"La question de l'origine du SARS-CoV-2 se pose sérieusement"

Près d'un an après que l'on a identifié le coronavirus SARS-CoV-2, les chercheurs n'ont toujours pas déterminé comment il a pu se transmettre à l'espèce humaine. Le virologue Étienne Decroly fait le point sur les différentes hypothèses, dont celle de l’échappement accidentel d’un laboratoire.

Tandis qu’on assiste à une course de vitesse pour la mise au point de vaccins ou de traitements, pourquoi est-il si important de connaître la généalogie du virus qui provoque la pandémie de Covid-19 ?

☛ Étienne Decroly : SARS-CoV-2, qui a rapidement été identifié comme le virus à l’origine de la Covid-19 est, après le SARS-CoV en 2002 et le MERS-CoV en 2012, le troisième coronavirus humain responsable d’un syndrome respiratoire sévère à avoir émergé au cours des vingt dernières années. On connaît désormais bien cette famille de virus qui circulent principalement chez les chauves-souris, et dont le transfert zoonotique provoque épisodiquement des épidémies chez l’humain. Il est donc crucial de comprendre comment ce virus a passé la barrière d'espèce et est devenu hautement transmissible d’homme à homme. L’étude des mécanismes d’évolution et des processus moléculaires impliqués dans l’émergence de ce virus pandémique est essentielle afin de mieux nous prémunir des émergences potentielles de ces virus, et pour élaborer des stratégies thérapeutiques et vaccinales.

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- Entretien > 30 octobre 2020 / Propos recueillis par Lorène Lavocat (Reporterre)

Autain-Benbassa : "La gauche a des réponses émancipatrices face au terrorisme"

L’assassinat de Samuel Paty par un islamiste a déchaîné la classe politique, qui a désigné l’"islamogauchisme" comme "complice" des drames terroristes. Dans cet entretien, Esther Benbassa et Clémentine Autain défendent des réponses de gauche aux attentats comme à la crise sanitaire.

Clémentine Autain est députée de Seine-Saint-Denis, membre du groupe parlementaire la France insoumise. Esther Benbassa est sénatrice de Paris, membre d’Europe Écologie — Les Verts.

Reporterre — Un nouvel attentat a été commis ce jeudi à Nice, qui survient deux semaines après l’assassinat de Samuel Paty. Quelle est votre première réaction ?

Esther Benbassa — Je suis triste, en colère, préoccupée. Les réactions dans le monde musulman, hors de nos frontières, à l’affaire des caricatures de Mahomet, étaient susceptibles de provoquer de nouveaux attentats. Nice a été frappée une nouvelle fois. Espérons que le message de tolérance de notre ministre Le Drian calmera les esprits. Il faut à tout prix éviter qu’on ne bascule dans des affrontements interreligieux.

Tout cela s’inscrit dans cette ambiance de folie vengeresse que l’on voit monter depuis deux semaines. Dans ce cycle terrible, nous, les personnes issues de la gauche, sommes les boucs émissaires. Pourquoi ? Parce que nous avons manifesté contre les discriminations, aux côtés de nos frères et sœurs musulmans, pour défendre l’égalité, la fraternité, la sororité. Nous avons aussi manifesté contre l’antisémitisme, lors de marches où défilait aussi Marine Le Pen. Nous étions là aussi après les attentats contre Charlie, au côté de quelques dictateurs. Mais c’est délirant de nous pointer comme cibles. Nous n’avons pas provoqué ce qui s’est passé, nous n’avons pas rejoint les rangs des extrémistes !

Mais plutôt que de réfléchir aux solutions, on sombre dans l’hystérie. Quand je vois l’infâme "collabo" tagué sur le siège du Parti communiste, quand j’entends les invectives des uns et des autres, quand on nous traite d’ "islamogauchistes" — une insulte dont je n’ai jamais compris le sens —, cela ne sert qu’à discréditer notre parole et nos propositions. (... )

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- ETATS-UNIS - PAR Emilie RAPPENEAU, 30 Octobre 2020

Comment Trump et ses partisans peuvent entraver le scrutin présidentiel et contester les résultats

Suppression de bureaux de votes dans les quartiers démocrates, entraves au vote anticipé et par correspondance, fausses urnes, doute sur l’infaillibilité des machines de vote électronique… Trump et ses supporters usent de nombreux artifices pour entraver le vote des électeurs favorables à Joe Biden. Et pourraient faire dégénérer le scrutin en cas de défaite.

Les résultats du scrutin du 3 novembre risquent d’être fortement contestés par Donald Trump et ses partisans, s’ils perdent. Un tel climat pourrait attiser les tensions et les violences politiques. 

"C’est possible mais il faudrait que l’élection soit extrêmement serrée, ce qui n’est pour l’instant pas le cas selon les sondages. Biden est largement en tête, aussi dans les swing states", commente Matthieu Gallard, directeur de recherche à Ipsos France.

Les citoyens étatsuniens votent en réalité pour de grands électeurs affiliés à un candidat. Le nombre de grands électeurs est proportionnel à la population : chaque État en compte au minimum trois – pour les États peu peuplés – et jusqu’à 55 pour la Californie, par exemple. Ces grands électeurs sont choisis par le parti ou le candidat qui a obtenu la majorité dans l’État. Une fois la totalité des votes comptabilisés, les 538 grands électeurs se réuniront le 14 décembre pour élire le président. Une majorité de 270 votes sera donc nécessaire pour désigner le 46ème président des États-Unis. Une vingtaine d’États n’obligent pas les grands électeurs à respecter le vote populaire, mais les cas de déloyauté – un vote en faveur de l’adversaire – sont en général très faibles : lors de l’élection de 2016, ils furent seulement 10 à "trahir" le vote populaire de leur État. Alors, comment Trump pourra-t-il contester les résultats ?

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- The fight to vote US elections 2020 - Sam Levine, Friday 30 October 2020

Why this election calls into question whether America is a democracy

At the beginning of the Fight to Vote project, we asked this question. After a year of election battles, voting restrictions and partisan conflicts, we revisit the idea

Anecdotes of long voting lines and voter suppression attempts calls into question the strength of America’s democracy Illustration: Michelle Thompson/The Guardian

America has long held itself up as the world’s leading democracy, but it has an equally long history of denying people the right to vote.

To understand how voter suppression is shaping the 2020 election, just look at Texas. While many states do not require voters to have a reason to vote by mail, Texas only allows voters to do so if they are 65 or older or meet other conditions. The state does not allow people to register to vote online.

Even with a flood of Covid cases, Texas has successfully fought tooth and nail in federal and state courts to uphold those restrictions. Last month, Texas’s governor, Greg Abbott, a Republican, abruptly issued an order that limited each county in the state to offer one ballot drop box. The move meant that Democratic-friendly Harris county, which stretches more than 2,000 miles and is home to 2.4 million registered voters, could only offer one place for voters to return their ballots. The state of Rhode Island, which is smaller than Harris county, will have more drop-off locations this year.

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29 Octobre 2020

     

-  Info > 29 octobre 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Les minerais : le très noir tableau des énergies vertes

Cobalt, lithium, nickel… La transition énergétique exige toujours plus de minerais, dont l’extraction est responsable d’"atteintes à l’environnement et aux droits humains", alerte l’ONG Sherpa. Cette gloutonnerie minérale risque même d’accentuer la crise climatique au lieu de l’atténuer.

Faire rouler des voitures électriques ou capter de l’énergie solaire nécessite des minerais. Beaucoup de minerais. Cobalt, lithium, cuivre ou nickel… Ils sont la face souterraine de la transition énergétique. Or leur extraction croissante peut "engendrer des atteintes à l’environnement et aux droits humains", alerte l’ONG Sherpa dans un rapport paru jeudi 29 octobre : travail forcé des enfants, pollution des eaux par des produits toxiques, destruction d’espèces protégées. La liste est longue et vient noircir le tableau vert de la transition.

"La transition énergétique fait augmenter de manière significative la demande en minerais", constate Jean François, juriste au sein de Sherpa. Ainsi, l’éolien nécessite de l’aluminium, du chrome, du cuivre, du fer, du plomb, du zinc, du manganèse, du nickel, du molybdène et du néodyme. Pas moins de onze minerais sont également nécessaires pour fabriquer des batteries électriques. Et notre gourmandise minérale n’est pas prête de s’atténuer : pour les batteries des véhicules électriques et le stockage de l’énergie, l’Union européenne aurait besoin, en 2050, de près de soixante fois plus de lithium et de quinze fois plus de cobalt. Selon la Banque mondiale, dans un scénario de limitation du réchauffement à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, la demande en graphite – qui entre dans la composition de certaines batteries – pourrait augmenter de plus de 400 %.

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- Info > 28 octobre 2020

Le plus grand dépôt de méthane gelé au fond de l’Arctique commencerait à se libérer

Une équipe scientifique russo-suédoise a observé des concentrations de méthane extrêmement élevés en mer de Laptev, dans l’océan Arctique. Cela serait le signe de l’amorce du dégel des dépôts de ce puissant gaz à effet de serre.

Le journal britannique The Guardian a révélé, mardi 27 octobre, que des scientifiques ont trouvé des preuves que les dépôts de méthane gelés dans l’océan Arctique — connus sous le nom de "géants endormis du cycle du carbone" — ont commencé à être libérés sur une large zone située au large de la côte de la Sibérie orientale.

Des niveaux élevés de ce puissant gaz à effet de serre ont été détectés jusqu’à une profondeur de 350 mètres dans la mer de Laptev, près de la Russie. L’équipe de scientifiques, à bord d’un navire de recherche russe, a également relevé en surface des concentrations de gaz quatre à huit fois supérieures à la normale. Cette information a suscité l’inquiétude des chercheurs quant au déclenchement d’une nouvelle boucle de rétroaction climatique qui pourrait accélérer le rythme du réchauffement planétaire.

Ne pas s’alarmer : "Il n’y a pas d’évidence pour l’instant d’une augmentation des émissions de méthane en Arctique"

En effet, le méthane induit un effet de serre 80 fois plus important que le dioxyde de carbone sur vingt ans. "Pour l’instant, il est peu probable qu’il y ait des conséquences majeures sur le réchauffement climatique, mais le fait est que ce processus a été déclenché. Ce dépôt d’hydrates de méthane sur les pentes de la Sibérie orientale a été perturbé et le processus de libération de ces gaz dans l’atmosphère va se poursuivre", a déclaré le scientifique suédois Örjan Gustafsson, de l’université de Stockholm, à The Guardian.

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- Novembre 2020, page 2 - par Pierre Rimbert 

L’axe de la terreur

Contamination, asphyxie, mort : depuis l’apparition du nouveau coronavirus, une grêle d’images qu’on croirait tirées d’un film d’horreur grave dans les consciences une impression d’effroi. Ce sentiment qu’on laisse d’ordinaire au temps le soin de dissiper ou d’enfouir s’explique à la lecture d’une étude de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). 

"Pendant les huit semaines de confinement [17 mars - 11 mai 2020], la part des journaux télévisés consacrée à la pandémie a atteint un record de 80,5 %. Sur la même période, nous avons établi que les chaînes d’information continue lui ont consacré 74 % de leur temps d’antenne." 

À titre de comparaison, le mouvement des "gilets jaunes", qui paraissait omniprésent sur BFM TV au cours des week-ends d’émeutes de décembre 2018, n’avait représenté alors "que" 62,5 % de l’information diffusée quotidiennement. La médiatisation du Covid-19 pose un jalon : 

"Jamais un événement d’actualité n’a occupé autant de temps d’antenne sur les chaînes de télévision, pendant aussi longtemps", estimait en juin dernier une autre enquête de l’INA.

Même constat dans la presse écrite : au cours de la seconde quinzaine de mars, de 50 % à 80 % des articles publiés dans les quotidiens régionaux concernaient la pandémie.

Ces proportions hors norme illustrent la malfaçon d’un système d’information capable, deux mois durant, d’oblitérer la quasi-totalité des sujets au profit de l’un d’entre eux, comme si la vie de la planète Terre s’était résumée à une épidémie virale. En attendant que d’autres enquêtes établissent si ce matraquage morbide a facilité l’instauration sans débat de mesures trop souvent incohérentes et liberticides, on en observe certains effets.

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- Février 2016, page 3 - par Anne-Cécile Robert

Frémir plutôt que réfléchir

La stratégie de l’émotion

Des émissions de divertissement à l’actualité médiatique en passant par les discours politiques, le recours à l’émotion est devenu l’une des figures imposées de la vie publique. Si les émotions, positives ou négatives, enrichissent l’existence, cette forme d’expression peut poser de redoutables défis à la démocratie lorsqu’elle se fait envahissante et tend à remplacer l’analyse.


Jean-Baptiste Greuze. – "Une jeune fille, qui pleure son oiseau mort", 1765 - Bridgeman Images - Scottish National Gallery, Edinburgh

Il en est de la démocratie comme des grenouilles. Une grenouille jetée dans une bassine d’eau bouillante s’en extrait d’un bond ; la même, placée dans un bain d’eau froide sous lequel le feu couve, se laisse cuire insensiblement. De multiples phénomènes se conjuguent pour "cuire" insidieusement les démocraties, à rebours de l’effet que produit un coup d’Etat avec ses militaires et ses arrestations d’opposants sur fond de Sambre-et-Meuse tournant en boucle à la radio. Tel l’innocent frémissement d’une eau qui bout, les dégâts occasionnés n’apparaissent jamais qu’au fil d’une juxtaposition dédramatisante. Les combustibles qui alimentent le feu sous la marmite ont été abondamment décrits ici et là. On s’est, en revanche, assez peu arrêté sur le rôle que joue l’invasion de l’espace social par l’émotion. Les médias y contribuent abondamment, sans qu’on mesure toujours ce que ce phénomène peut avoir de destructeur pour la démocratie et la capacité de penser.

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28 Octobre 2020

     

- Agora - Humeurs - Par Antoine Desjardins, publié le 20/10/2020 - Tribune

Délinquance : "L'idée qu'on puisse se gouverner et se commander à soi-même est une des bases de l'humanisme"

Antoine Desjardins est professeur de lettres, coauteur du livre "Sauver les lettres : des professeurs accusent" (Textuel). Il revient sur la question de la délinquance et de la responsabilité individuelle.

Le film Les Misérables, réalisé par Ladj Ly, s'achève sur cette citation de Hugo :

"Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs." 

Oui, MAIS...

L'interprétation usuelle de cette belle sentence semble connaître un angle mort : Chacun est aussi cultivateur de soi.

Nos parents, nos amis, l’école, la société tout entière, nous cultivent (ou devraient s'y efforcer) au sens quasi agricole du terme et nous sommes dépendant de leur zèle, de leur science, de leur bienveillance, de leur amour, parfois, à le faire.

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- 26 Octobre 2020, Ludivine BANTIGNY - BLOG : LE BLOG DE LUDIVINE BANTIGNY

Notre peine est immense et les charognards sont là

Cet article co-écrit avec Ugo Palheta évoque le déchaînement raciste et autoritaire qui a suivi le meurtre atroce de Samuel Paty. Ce déferlement de haine prend le tour très concret d’une instrumentalisation politique sordide: une stratégie du choc imposant des mesures inimaginables en temps ordinaire. Comment y réfléchir, comment y réagir?

Horreur, sidération, effroi : c’est ce que nous ressentons face à l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, par un meurtrier fanatique. Cette mort est atroce. Elle l’est dans l’absolu d’un homme tué en pleine rue. Elle l’est par la manière épouvantable dont le meurtre a été commis : la décapitation. Elle l’est encore parce son auteur l’a justifiée en se référant au cours dispensé par Samuel Paty sur la liberté d’expression, cours durant lequel il a présenté à ses élèves une caricature de Mahomet ; qu’un cours puisse déboucher sur un assassinat est insupportable.

De manière unanime, les syndicats de l’Éducation nationale ont exprimé leur soutien aux proches de Samuel Paty, à ses élèves, à ses collègues. Le communiqué de l’intersyndicale de l’Éducation nationale l’a d’emblée souligné :

"L’heure est au deuil, au recueillement et à la solidarité".

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- > Novembre 2020, page 1, par Serge Halimi

La machine infernale

Déjà confrontée à des angoisses sanitaires, écologiques, économiques et sociales, la société française encaisse une volée de coups supplémentaires sous forme d’attentats terroristes. On veut alors la mobiliser pour la "guerre". Une de plus. Mais, l’ennemi étant souvent indétectable, sa destruction réclame toujours un arsenal plus puissant que le précédent. Non pas — ou pas encore — des canons et des parachutistes, mais des atteintes supplémentaires aux libertés publiques. Qui ose en effet défendre celles-ci après un attentat ou pendant une épidémie ? Des restrictions sont donc imposées et acceptées sans débat. Il ne s’agit que d’une parenthèse, nous dit-on ; on la refermera sitôt terrassé le virus, ou le terroriste, et revenus les jours heureux. Les jours heureux ne reviennent pas. Et soumise à ce régime, une société peut craquer.

Intervenant dans un tel contexte, le crime d’un islamiste fanatique qui, sur la foi d’un témoignage mensonger relayé par les réseaux sociaux, a décapité un enseignant qu’il ne connaissait pas a assommé et bouleversé tout un peuple. Un Tchétchène sans lien étroit avec une organisation terroriste ; des complices peu nombreux ; des appuis presque inexistants dans le pays : en d’autres temps, l’assassinat de Samuel Paty aurait ressemblé à la tragédie que peut provoquer un dément. Mais il intervient dans une histoire jalonnée d’actes de terreur islamiste qu’un mot ou deux associent entre eux : Salman Rushdie, 11 Septembre, Bali, Madrid, Mohammed Merah, Charlie, Bataclan, Nice… Autant d’attentats sanglants ou de menaces de mort qui ont visé des écrivains, des juifs, des caricaturistes, des chrétiens. Et également tué des musulmans.

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- Climate change - Jonathan Watts Global environment editor, Tuesday 27 October 2020

'Sleeping giant' Arctic methane deposits starting to release, scientists find

Exclusive: expedition discovers new source of greenhouse gas off East Siberian coast has been triggered

Researchers worry that the Laptev Sea findings may signal a new climate feedback loop has been triggered. Photograph: Markus Rex/Alfred-Wegener-Institut

Scientists have found evidence that frozen methane deposits in the Arctic Ocean – known as the “sleeping giants of the carbon cycle” – have started to be released over a large area of the continental slope off the East Siberian coast, the Guardian can reveal.

High levels of the potent greenhouse gas have been detected down to a depth of 350 metres in the Laptev Sea near Russia, prompting concern among researchers that a new climate feedback loop may have been triggered that could accelerate the pace of global heating.

The slope sediments in the Arctic contain a huge quantity of frozen methane and other gases – known as hydrates. Methane has a warming effect 80 times stronger than carbon dioxide over 20 years. The United States Geological Survey has previously listed Arctic hydrate destabilisation as one of four most serious scenarios for abrupt climate change.

The international team onboard the Russian research ship R/V Akademik Keldysh said most of the bubbles were currently dissolving in the water but methane levels at the surface were four to eight times what would normally be expected and this was venting into the atmosphere.

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27 Octobre 2020

     

- Info > 27 octobre 2020 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

La fermeture des frontières place les migrants à la merci du changement climatique

Dans le monde, 40.000 km de murs séparent les peuples et les empêchent de migrer pour s’adapter aux effets du changement climatique. Ces politiques restrictives aux frontières aggravent l’exposition et la vulnérabilité aux aléas, en piégeant des populations dans des endroits où elles sont en danger.

Le mur de Berlin est tombé il y a 31 ans en Allemagne, mais des "murs de la honte" continuent d’être érigés pour séparer des peuples. Des dizaines de milliers de kilomètres de barrières ont été bâtis entre les États-Unis et le Mexique, Ceuta (Espagne) et le Maroc, la Serbie et la Hongrie, ou encore entre la Bulgarie et la Turquie. En France, le Royaume-Uni a construit un "mur de protection anti-migrants" d’un kilomètre de long à Calais.

"Tous les murs du monde mis bout à bout atteignent 40.000 km de long, soit l’exacte distance de la circonférence de la Terre, dit François Gemenne, chercheur à l’Université de Liège et spécialiste des migrations. Ces murs symbolisent l’état actuel des politiques frontalières, un peu partout dans le monde : elles sont extrêmement restrictives et visent à décourager et empêcher toute velléité de migration."

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- INTERNET - Rachel KNAEBEL, 27 OCTOBRE 2020

Face à la haine en ligne, "l’État a confié la gestion de la liberté d’expression aux plateformes capitalistes"

Le gouvernement ressort les dispositions de la loi Avia censés renforcer la lutte contre les contenus haineux sur internet. Ces mesures ont pourtant été censurées par le Conseil constitutionnel en juin, car elles portent atteinte à la liberté d’expression. Explications avec Arthur Messaud, juriste à La Quadrature du Net.

Depuis l’attentat de Conflans, le gouvernement cherche à relancer la loi "Avia" (du nom de la députée LREM auteure du projet de loi, Lætitia Avia), contre les contenus haineux et terroristes sur internet, qui a été censurée en juin par le Conseil constitutionnel. La Quadrature du net s’est vivement opposée à cette loi. Pourquoi ?

☛ Arthur Messaud : La loi Avia avait deux jambes. Celle de l’antiterrorisme n’était pas dans le projet initial de Lætitia Avia, elle a été ajoutée au dernier moment par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner à l’époque. Ce volet prévoyait que la police puisse demander aux hébergeurs de retirer un contenu qu’elle considère terroriste, et si les hébergeurs ne réagissent pas dans un délai d’une heure, la police pouvait demander aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI) de fermer le site. Cette disposition existe en fait depuis la loi antiterroriste de 2014, mais le délai était alors de 24 heures.

En 2017, cette disposition a été utilisée contre des sites du réseau alternatif Indymedia. La police leur avait demandé d’enlever quatre articles. Au final, les articles ont été remis en ligne car un juge a été saisi. Celui-ci a estimé, un an et demi plus tard, que la police avait abusé de ses pouvoirs en demandant la suppression de ces articles. Pour Indymédia, le fait d’avoir un délai de 24 heures leur avait permis de retirer les articles sans que l’ensemble des sites soit bloqué.

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- DESSIN -  Léa Frischknecht, publié mardi 27 octobre 2020

Croiser la plume au lieu du fer

Il y a dix-sept ans naissait Plumes croisées. Retour sur l’histoire d’un projet collaboratif où Chappatte utilise le dessin de presse comme outil de dialogue dans des pays rongés par des problématiques sociales ou politiques

Dessin tiré de l'opération Plumes croisées, qui aurait dû avoir lieu au Mexique au printemps 2020. Le Covid en a décidé autrement.  — © Nick Anderson

A l'occasion de la remise, le 28 octobre, du prix annuel de la Fondation pour Genève à Patrick Chappatte, “Le Temps” consacre une série d'articles au dessin de presse, à la liberté d'expression et à la carrière de son dessinateur attitré depuis la création du journal. Suivez la cérémonie de remise du prix en direct sur www.letemps.ch

Il est petit, légèrement trapu et porte un grand sombrero. La goutte au nez, un mouchoir dans la main, l’homme fait face à des barbelés et à deux panneaux: “No immigration… and no sneezing!” De l’autre côté de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, deux policiers américains au regard terrorisé. Ce dessin de Patrick Chappatte (2009) figure en ce moment, parmi une quarantaine d’autres œuvres, sur le site de l’exposition virtuelle du projet Plumas cruzadas.

Plumes croisées, en français, est un projet collaboratif qui vise à réunir des dessinateurs de presse d’un même pays autour de problématiques sociétales ou politiques. Porté par Chappatte, avec le soutien du Département des affaires étrangères (DFAE) et des ambassades suisses, le projet a déjà posé ses valises dans sept pays. Cette année, au Mexique, des dessinateurs étasuniens et mexicains dépeignent une réflexion sur le fameux mur de Donald Trump.

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- 27 octobre 2020, Flora Clodic-Tanguy

Des permaculteurs en herbe se réunissent pour rendre une commune plus autonome

"J’ai une ambition d’envergure, pendant tout le temps de ma mandature, me précise François : transformer en profondeur les pratiques, notamment agricoles et alimentaires, de cette petite ville de moins de 2 000 habitants."

❐ Pour cette première chronique de résilience, notre journaliste Flora Clodic-Tanguy revient sur une récente expérimentation menée à Montaigut-sur-Save (Haute-Garonne). 20 stagiaires de Cours de design en permaculture ont travaillé sur la conception des terrains municipaux pour rendre la commune plus autonome en alimentation et y favoriser le lien social.

Cours de design en permaculture

Peut-être avez-vous déjà croisé ce sigle cher aux permaculteurs : PDC, pour Permaculture Design Course, Cours de design en permaculture ? Quand on approfondit l’approche permacole et ses trois éthiques

➠ faire attention à la terre,

➠ prendre soin des humains

➠ et partager équitablement les ressources,

c’est un peu un indispensable. Pendant 12 jours, nous y passons en revue l’essentiel des grandes thématiques et des modules de cette approche, déjà ancienne mais toujours novatrice.

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26 Octobre 2020

     

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 Édito > 26 octobre 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)

Islamo-gauchisme et capitalo-fascisme

Derrière l’accusation d’"islamo-gauchisme", les classes dirigeantes veulent cacher leur propre responsabilité dans le terrorisme islamique, lourde du fait de leurs liens avec les pétro-monarchies et leur radicalisation néo-libérale. Ce qui émerge, en fait, c’est un "capitalo-fascisme", qui abandonne les idéaux républicains de liberté, d’égalité et de fraternité pour maintenir un ordre inégal, destructeur de la biosphère, et écrasant les libertés publiques.

Les chiens sont lâchés. Meute hurlante, babines retroussées, bave en gueule, crocs brandis, ils ont couru, sitôt l’abominable meurtre de Samuel Paty perpétré, sus au prétendu responsable de l’attentat, l’"islamo-gauchisme". Pendant que les trolls droitistes se déchaînaient sur les réseaux sociaux, le ministre Blanquer accusait nommément le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, tout comme un ex-Premier ministre PS, Manuel Valls, tandis que d’anonymes imbéciles taguaient "collabo" sur le siège du Parti communiste et que d’autres mettaient en cause des élus d’EELV.

Il ne devrait y avoir au sein du mouvement émancipateur et écologiste aucune crainte devant un tel déferlement de haine, sinon de l’effroi devant tant de capacité à mentir. Car ce que veulent cacher ces lanceurs de fatwa, c’est leur propre responsabilité, eux dont le camp est au pouvoir depuis 2002 : leur incapacité en tant que responsables de la police à cibler les islamistes, malgré la régression constante des libertés publiques qu’ils ont promu au nom de "la lutte contre le terrorisme", leur amitié constante et financièrement intéressée avec les régimes d’Arabie saoudite et du Qatar, régimes qui ont soutenu politiquement et économiquement l’islamisme radical, leur vindicte constante et anxiogène contre les musulmans, qui ne peut que pousser les esprits les plus faibles de cette religion à tomber dans la haine en retour, leurs complicités douteuses – des proches de Marine Le Pen manifestant en 2009 avec Abdelhakim Sefrioui, mis en examen dans l’enquête sur l’attentat de Conflans, ou le directeur du Point – dont un fonds de commerce est la dénonciation de l’islam -, Franz-Olivier Giesbert, présentant en 2014 Tariq Ramadan comme "un grand philosophe international".

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- ÉTATS-UNIS - par Nolwenn WEILER, 26 Octobre 2020

"Une large partie des Américains blancs aiment s’entendre dire qu’ils sont spoliés par d’autres"

À une semaine de l’élection présidentielle américaine, les jeux sont loin d’être faits. Une nouvelle victoire de Trump n’est pas à exclure. Sylvie Laurent, historienne, analyse les ressorts d’une popularité dont les racines sont constitutives de l’histoire américaine. Entretien avec l’auteure de Pauvre petit blanc.

Basta ! : Le "pauvre petit blanc", qui a donné son titre à votre ouvrage, "n’existe pas", dites-vous. C’est un personnage fantasmé, créé de toutes pièces par les néoconservateurs américains, blancs des classes moyennes et supérieures, pour conserver leur pouvoir. Pouvez-vous revenir sur cette construction idéologique ?

☛ Sylvie Laurent : Je tiens d’abord à rappeler qu’il existe des blancs pauvres aux États-Unis. Je ne le nie absolument pas. Les inégalités sociales y ont fait des ravages considérables, y compris parmi les blancs qui représentent 60 % de la population américaine. La situation s’est encore durcie depuis la crise de 2008, ou plus récemment avec la crise de la Covid-19. Ce dont je parle dans mon livre c’est d’un discours, qui est construit : celui qui parle d’un américain idéal, authentique, traditionnel, blanc évidemment, qui incarnerait toutes les valeurs de la nation telles que le travail et la persévérance, et qui serait persécuté par les non blancs, moins méritants que lui.

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- International - Par Rédaction, 23 octobre 2020

LE RÊVE AMÉRICAIN DE TRUMP EST PLUS COMPLEXE QU’IL N’Y PARAÎT – ENTRETIEN AVEC LAURIC HENNETON

Alors qu’en 2016 l’attention médiatique s’est focalisée sur les positions anti-immigration de Donald Trump, une autre thématique très souvent abordée par le président américain est complètement passée inaperçue : la restauration du rêve américain. À l’occasion de la sortie du livre Le rêve américain à l’épreuve de Donald Trump, publié aux éditions Vendémiaire, Lauric Henneton maître de conférence à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines revient, pour Le Vent Se Lève, sur son arrivée au pouvoir et nous livre une analyse de son mandat à travers cet idéal. À l’aube du nouveau scrutin présidentiel, Donald Trump a-t-il réussi son pari de faire renaître le rêve américain, ou plutôt son rêve américain ? Entretien réalisé par Théo Laubry.

LVSL – La notion de rêve américain tient une place centrale dans l’ouvrage que vous dirigez, pourriez-vous nous en donner une définition ? Vous semblez déconstruire un préjugé selon lequel l’argent serait le seul moteur de cet idéal.

➤ Lauric Henneton – Le rêve américain est difficile à circonscrire en une phrase. Il représente différentes choses pour différentes personnes. Généralement, on le réduit visuellement à quelques clichés matériels : une belle maison dans une banlieue prospère et tranquille, une belle voiture (ou deux). Pour beaucoup, c’est la possibilité de réussir si on s’en donne la peine. Travailler dur finira toujours par payer, c’est la vieille idée de l’éthique protestante du travail, bien exprimée par Benjamin Franklin au XVIIIe siècle.

Mais les Américains ont une vision plus complexe : pour eux, la réussite, c’est d’abord l’accomplissement de soi, avoir la possibilité de vivre librement sans cacher qui on est. C’est donc à la fois la liberté et l’égalité, mais sans dimension matérielle. De même, faire un métier-passion, ça n’est pas forcément rémunérateur, mais c’est épanouissant. L’idée d’une vie familiale réussie est aussi très présente, même si c’est encore très flou. Que l’on se situe au niveau matériel ou immatériel, la notion de liberté sous-entend l’absence d’entraves, ce qui permet donc la mobilité sociale, pouvoir faire mieux que ses parents, professionnellement, dans une société sans caste, contrairement aux sociétés de départ, pour les immigrés. Et c’est là qu’il faut rappeler que ce rêve est américain parce que l’Amérique, en tant qu’idée au moins autant que d’État, est vue comme le terroir de réalisation de ces promesses.

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- International - Politique - Par Martin Saintemarie, 11 octobre 2020

LE POPULISME SAUVERA-T-IL LES ÉTATS-UNIS ?

D’où vient ce terme de "populisme" qui semble être devenu omniprésent aux États-Unis depuis 2016 ? Utilisé avec une connotation très négative par la classe médiatique américaine pour qualifier aussi bien Donald Trump que Bernie Sanders, il semble être une étiquette fourre-tout servant à renvoyer dos à dos ces deux phénomènes politiques pourtant antagonistes. L’historien et journaliste Thomas Frank présente, dans The People, No, une brève histoire de l’antipopulisme, qu’il analyse avant tout comme un mouvement de "mépris des Américains ordinaires" de la part des élites, et se positionne en faveur d’un retour du Parti démocrate aux véritables origines populistes de la gauche américaine.

Thomas Frank est l’une des figures majeures parmi les intellectuels engagés à gauche du Parti démocrate aux États-Unis. Il est l’auteur de près d’une dizaine d’ouvrages politiques et est un contributeur régulier du Guardian et du Monde diplomatique, entre autres. Il a connu le succès en 2004 avec What’s the Matter with Kansas ?, un ouvrage analysant la montée du populisme dans le Midwest américain. En 2016, il publie Listen, Liberal, un livre analysant l’abandon des classes populaires par le Parti démocrate. Ces deux ouvrages, capitaux pour comprendre la montée du trumpisme, ont été traduits en français et ont fait l’objet d’un article sur Le Vent Se Lève en 2018.

Le dernier livre de Thomas Frank, paru cet été aux États-Unis, s’intitule The People, No : A Brief History of Anti-Populism (New York : Metropolitan Books, 2020). Dans ce dernier ouvrage il s’interroge sur les racines du populisme aux États-Unis et surtout sur celles de l’anti populisme, idéologie revendiquée par toute une partie des classes intellectuelles libérales (au sens américain du terme, c’est-à-dire se réclamant du social-libéralisme) modérées, proches de l’establishment du parti démocrate.

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- ENVIRONNEMENT - Mercredi, 9 Septembre 2020, Paul SALOPEK, NATIONAL GEOGRAPHIC - Photographies de John STANMEYER

Inde : une crise de l'eau sans précédent

Une marche de 3 900 km à travers l'Inde révèle l'attrait mystique de ses fleuves sacrés, mais aussi une crise hydrique qui menace tout un mode de vie.

Un homme se baigne dans le Gange, au milieu d’offrandes de soucis, et de déchets en plastique et fécaux. Sacré aux yeux des hindous et ressource vitale pour des régions très peuplées, le fleuve est l’un des plus pollués de la planète.

❐ Cet article a initialement paru dans le magazine Histoire et Civilisations. S'abonner au magazine
 
L’Inde est le deuxième pays le plus peuplé du monde, avec plus de 1,3 milliard d’habitants. Des fleuves emblématiques – Indus, Brahmapoutre, Gange et leurs puissants affluents – façonnent son paysage. Mais l’Inde est à la veille d’un état d’urgence hydrique aux effets imprévisibles.

Quelque 100 millions d’habitants de 21 mégapoles du pays – Delhi, Bengaluru (Bangalore), Hyderabad...– pourraient épuiser leurs dernières eaux souterraines d’ici la fin de cette année. Dans le nord de l’Inde, au Pendjab, l’une des grandes zones de production agricole en Asie, les paysans se désolent : les nappes phréatiques, sans cesse soumises à un pompage excessif, ont baissé de 12, 18, voire 30 m en une génération.

En outre, les rejets industriels, d’eaux usées et d’effluents agricoles ont pollué des réseaux hydrographiques entiers. Au total, dans le pays, 600 millions de personnes environ ne disposent pas d’eau propre en quantité suffisante.

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25 Octobre 2020

     

- LE 20/10/2020, par Géraldine Mosna-Savoye

Que dire après l'horreur ?

Que dire après l'assassinat d'un professeur ? Que dire quand on est sidéré, choqué, dans l'incompréhension ?

Je dois être honnête. Je ne savais pas que c’était si compliqué d’écrire quelque chose sur quelque chose que l’on ne comprend pas. L’exercice de la chronique quotidienne repose pourtant sur le fait que l’on ait potentiellement toujours quelque chose à dire. Alors, ce n’est pas forcément transcendant, souvent pas même, mais il y a toujours un bon angle, un bon livre, une bonne citation, et une bonne sortie de sa mère, pour pouvoir en tirer quelques lignes. 

On peut se rater ou se faire plaisir. On peut parler de soi, tenter une analyse du monde, d’un mot, de l’actualité ou d’un phénomène. Ca peut être léger ou sérieux. Pourtant, il y a des moments, et celui-ci en fait partie, où on n’a littéralement rien à dire. Car que dire quelques jours après l’assassinat d’un professeur ? décapité ? vous vous rendez compte ? qu’est-ce qu’on peut dire après ça ? 

Parler du fait de n'avoir rien à dire

Je sais que c’est paradoxal : je vous parle du fait de n’avoir rien à dire parce que je ne comprends pas ce qui s’est passé vendredi à Conflans.

D’une certaine manière, je suis admirative, quoiqu’un peu oppressée, par tous ceux qui ont eu la force d’écrire des articles, de se faire un avis, de produire de la pensée, ou au moins, d’exposer une émotion construite, ou alors, de trouver des bons slogans pour rassembler. 

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- Reportage > 24 octobre 2020 / Yona Helaoua (Reporterre)

États-Unis : mais pourquoi votent-ils Trump ?

Économie, société, environnement : qu’est-ce qui motive les électeurs de Donald Trump ? Alors que la présidentielle américaine approche à grands pas, Reporterre leur a posé la question.

États-Unis, reportage - "Beaucoup de gens vous diront que je n’ai pas de cœur." Bob Price, un Républicain de 67 ans basé à Delton, dans un comté pro-Trump du Michigan, se définit comme une personne "logique", dont les décisions ne sont pas basées sur les "émotions". C’est le fondement de son opposition au "socialisme" : "Beaucoup d’idées socialistes ne sont pas défendues d’un point de vue logique mais d’un point de vue émotionnel. "Comment pouvez-vous faire ça à cet enfant ? À cette femme enceinte ? À cette personne âgée ?" Ils ne parlent pas, en revanche, de combien leur prise en charge va coûter. Et d’où vient cet argent ? Comment cela peut-il fonctionner sur le long terme ?”

Comme de nombreux partisans de Donald Trump, Bob Price, qui vit dans une jolie maison au bord d’un lac, cite l’économie parmi ses premiers sujets de préoccupation. Cet ingénieur à la retraite est farouchement attaché au libéralisme économique et à la théorie du ruissellement. Il souhaite donc que l’État dépense le moins possible en prestations sociales. "Comme le dit mon petit frère, fais ce que tu veux tant que ça n’est pas moi qui paye." À ce titre, il salue les baisses d’impôts et les dérégulations consenties par l’administration Trump, même s’il estime que le président américain "n’est pas un conservateur mais un populiste". "Mais quand on le compare à un socialiste, il reste le plus conservateur des deux", nuance-t-il, estimant que les États-Unis virent de plus en plus à gauche avec le temps. Il n’apprécie pas non plus ses tweets incessants et ses sorties publiques controversées : "Il a un comportement puéril, il ferait un bon élève de terminale", raille-t-il.

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- 24 Octobre 2020, Arié ALIMI, Avocat au Barreau de Paris- BLOG : COMBAT

Nous, peuple de gauche

La France est au temps de tous les possibles. Surtout des pires. Un temps qui voit ressurgir les monstres et les mots d’un passé que nous pensions révolu. Au temps du capitaine Dreyfus, ces monstres auraient éructé à notre intention des judéo-opportunistes ou des bouffe-youpins, plus tard ils nous auraient agoni de judéo-bolchéviques, quand ils vomissent aujourd’hui des islamo-gauchistes.

Nous, peuple de Gauche

Depuis le 16 octobre dernier, jour funeste de l’assassinat de Samuel Paty par un jeune homme fanatisé, j’assiste au vacillement des plus fermes convictions sous les attaques d’une grande partie de la classe politique et médiatique. Je reconnais avoir moi-même douté des choix politiques et des défenses judiciaires qui jusqu’alors ne me paraissaient pas trahir ma conscience et mes valeurs. En défendant des personnes de confession musulmane, victimes de racisme et de discrimination, non pas seulement en raison de leur origine, mais également en raison de leurs croyances ou de leurs pratiques. En Côtoyant des collectifs ou des associations de défense des musulmans. En participant à une manifestation dénonçant un attentat commis contre un lieu de culte et la multiplication des actes islamophobes.

J’ai cru, un temps, m’être fourvoyé, et avoir comme certains le prétendent, contribué tout au moins inconsciemment à un projet politique rétrograde, celui de l’islamisme. Comment ne pas douter face au crime le plus atroce qui soit, au-delà de la symbolique de la décapitation, celui d’un enseignant, professeur d’histoire et d’éducation civique ? Celui qui consiste à porter atteinte à un homme bon, dévoué à la transmission à des collégiens, consciences en devenir, des valeurs les plus humanistes. Celles des libertés d’expression, de croyance et d’opinion, libertés des libertés, fondement de la démocratie, voix humaine qui lorsque toutes les autres libertés sont abolies ou emprisonnées, permet encore d’espérer les reconquérir.

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24 Octobre 2020

     

- Société - Par Marion Galy-Ramounot, Le 22 octobre 2020

Delphine Horvilleur : "La laïcité est devenue synonyme d’athéisme. Mais ça ne l’a jamais été"

Elle est à la fois l’une des rares femmes rabbins de France, une ardente défenseure de la laïcité et une intellectuelle engagée dans le dialogue avec le monde musulman. Entretien avec l'auteure de Comprendre le monde, au lendemain de l'assassinat de Samuel Paty.

Delphine Horvilleur, rabbin et écrivaine. - AFP

Madame Figaro. - Dans une tribune publiée hier sur votre site Tenou'a, vous défendez, au nom de la liberté d’expression, l’idée de "penser contre soi". Qu’est-ce que ça veut dire ?

☛ Delphine Horvilleur. - Ce post est né après que j'ai publié une caricature de Charlie Hebdo pour réagir à l'assassinat de Samuel Paty. Il s'agit d'une vieille couverture sur laquelle on voit les trois religions (catholique, musulmane et juive, NDLR) inscrites sur du papier toilette déroulé, et titrée “Aux chiottes toutes les religions !”. J’ai volontairement choisi cette caricature où il était question d’une critique des trois religions, parce que je crois qu’on est dans un moment où les leaders religieux doivent être capables d’incarner une auto-critique. Et j’ai été très étonnée de voir que beaucoup de gens l’ont pris au premier degré. Quand certains, athées convaincus, m'ont dit "vous avez enfin compris, les religions sont toutes à jeter", d’autres ont été choqués que, en tant que rabbin, j’attaque les religions.

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- Patrick Jego - Pierre Perret , http://pierreperret.fr/...

Ma France à moi

Bonsoir mes loulous, voici quelques lignes inspirées par le non-respect d'une vieille dame qui s'appelle La France : elle a soudain perdu, sans méfiance aucune, ses enfants, exécutés par des êtres immondes... Méditez cela, c'est gratos, à bientôt les amis, je vous embrasse.

Ma France à moi

C’est celle de 1789, une France qui se lève, celle qui conteste, qui refuse, la France qui proteste qui veut savoir, c’est la France joyeuse, curieuse et érudite, la France de Molière qui tant se battit contre l’hypocrisie, celle de La Fontaine celle de Stendhal, de Balzac, celle de Jaurès, celle de Victor Hugo et de Jules Vallès, la France de l’invention, des chercheurs, celle de Pasteur, celle de Denis Papin et de Pierre et Marie Curie, la France des lettres, celle de Chateaubriand, de Montaigne, la France de la Poésie, celle de Musset, d’Eluard, de Baudelaire, de Verlaine et celle d’ Aimé Césaire, la France qui combat tous les totalitarismes, tous les racismes, tous les intégrismes, l’obscurantisme et tout manichéisme, la France qui aime les mots, les mots doux, les mots d’amour, et aussi la liberté de dire des gros mots la France qui n’en finira jamais de détester le mot "soumission" et de choyer le mot révolte.

Oui ma France à moi c’est celle des poètes, des musiciens, celle de Louis Armstrong, celle de l’accordéon, celle des chansons douces, des chansons graves, des espiègles, des humoristiques, des moqueuses ou celles truffées de mots qui font rêver d’un amour que l’on n’osera jamais déclarer à celle qu’on aime.

Ma France à moi c’est celle de Picasso, de Cézanne et celle de Soulages, celle d’Ingres, celle de Rodin, la France des calembours, des “Bidochons", celle de la paillardise aussi bien que celle du “chant des partisans”.

Ma France c’est celle de Daumier, celle de l’ "Assiette au beurre", du "Sapeur Camembert", celle de Chaval, celle de Cabu, de Gottlieb, de Siné, celle du "Canard", de "Fluide Glacial" et de "Charlie", drôles, insolents, libres !

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- LE BILLET DE FRANÇOIS MOREL - Vendredi 23 octobre 2020, par François Morel

Vague à l'âme

 

Les mots de Robert Badinter ce mercredi matin, au micro de Léa Salamé

  https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-21-octobre-2020

“En cette période que je considère comme une période d’épreuve et de deuil national, (…) je tiens à saluer la mémoire d’un homme qui à sa manière est pour moi un héros tranquille.

Dans le corps enseignant aujourd’hui, il y a ainsi des femmes et des hommes qui s’exposent, et qui s’exposent pour nous, pour la République, qui tiennent bon les valeurs essentielles sans lesquelles la République n’existe plus…

C’est un héros de la liberté, un héros tranquille, un héros anonyme, un héros comme il y en a tant mais qu’il soit salué, qu’on se taise, qu’on rende hommage, que l’on ne se déchire pas autour de projets de lois, la question en cet instant n’est pas là, elle est d’abord dans le témoignage que la nation doit rendre de reconnaissance à ces femmes et ses hommes qui assument une fonction si difficile et sans lesquels nous ne pourrions plus espérer vivre dans la liberté.

On ne le dira jamais assez, on a parlé beaucoup de la noblesse du métier d’enseignant mais c’est une question de courage tranquille.

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- 22/10/2020 - ACTEURS DE L'ÉCONOMIE - LA TRIBUNE - CONFÉRENCES

Changer de civilisation : plus que jamais, c’est l’heure

Edgar Morin en dialogue avec Pierre Rabhi : "Nous voici entrés dans l'ère des grandes incertitudes. L'avenir imprévisible est en gestation aujourd'hui. Faisons en sorte que ce soit pour une régénération de la politique, pour une protection de la planète et pour une humanisation de la société."

Une opportunité exceptionnelle : assister à la masterclass du sociologue et philosophe Edgar Morin, qui à 99 ans publie un lumineux Changeons de voie. Les leçons du coronavirus (Denoël). Ou comment l’événement pandémique est un révélateur des innombrables dysfonctionnements et méfaits de l’organisation néolibérale mondialisée, des innombrables potentiels humains qu’il s’agit, désormais, d’exercer. L’heure est à changer de civilisation, et pour cela à ensemencer, cultiver et propager ce que l’Homme a de meilleur "d’intelligence et d’amour”.

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- Tribune > 24 octobre 2020 / Guillaume Dupuis

La 5G, un gouffre énergétique programmé

Si le monde ultraconnecté promis par la 5G suscite un débat intense et si les doutes sur ses dangers sanitaires appellent des études approfondiees, la réalité de son coût énergétique mérite, selon l’auteur de cette tribune, une analyse détaillée.

Guillaume Dupuis est responsable de la Maison écologique de Lyon.

En septembre 2019, le think-tank Idate DigiWorld, leader européen de l’économie numérique, publiait le Livre blanc de la 5G. Ce rapport, rédigé par des experts de grandes entreprises (Nokia, IBM, BNP Paribas…), en lien avec un groupe de parlementaires français, indique que la 5G "devrait améliorer grandement la consommation énergétique du réseau", sans plus de précision.

Un mois plus tard, la société Light Reading dévoilait les contraintes énergétiques auxquelles les opérateurs chinois étaient confrontés avec les 80.000 antennes déjà déployées : "Le coût énergétique nécessaire pour alimenter le réseau 5G est l’un des plus gros casse-têtes pour les opérateurs." La facture électrique du réseau 5G triplant par rapport au réseau 4G, certaines municipalités ou provinces ont subventionné les installations. À Shenzhen, elles se sont engagées à prendre en charge 50 % de la consommation des opérateurs pendant trois ans.

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- ÉDUCATION - INSPIRATIONS - Par Axel Leclercq - 23 octobre 2020

En réaction à la mort de Samuel Paty, Magyd Cherfi dévoile un texte limpide, nostalgique et poignant

Se rappelant ses années d'enfance et combien l'école avait été un refuge pour lui, Magyd Cherfi rend un superbe hommage aux enseignants.

Dans un texte limpide, nostalgique et poignant, le chanteur Magyd Cherfi (ex-Zebda) rend un sublime hommage au métier de professeur.

Ce texte, écrit en réaction au lâche assassinat de Samuel Paty, il l’a publié dans la soirée du 22 octobre 2020, sur sa page Facebook. Depuis, il a déjà suscité des milliers de réactions émues.

Le voici :

“La trahison –

J’ai été d’une école où on aimait ses profs, où après être passé dans une classe supérieure on passait leur rendre visite, ça épinglait un orgueil de moineau sur nos maigres poitrines.

J’ai été d’une école où le nom de “prof” faisait tinter la rétine et briller l’envie d’en être.

Moi j’allais à l’école comme on se blottit dans un nid attendant la becquée quotidienne. J’étais ce privilégié-là, cet engourdi docile aussi. Je guettais l’attention qu’on allait me porter, la parole qu’on allait me donner, la note aussi. (...)

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23 Octobre 2020

     

- 22 Octobre 2020, Alexis DAYON - BLOG : LE BLOG DE ALEXIS DAYON

Toi qui m'appelles islamo-gauchiste, laisse-moi te dire pourquoi le lâche, c'est toi

Depuis quelques jours, tu as donné le ton. Un collègue a été atrocement assassiné (comme lui, j'enseigne l'EMC, et Vendredi je me suis vu à sa place). Toi, il n'a pas fallu une heure pour que tu sois sur tous les réseaux, toutes les ondes, à scander : toi, tu es brave ! Toi, tu nommes l'ennemi ! Moi, tu m'as tamponné un railleur "padamalgam", et depuis, je suis le lâche. Mais le lâche, c'est toi.

On t'a dit et redit que la formule appartenait à l'extrême-droite, qu'elle était le décalque exact du "judéo-bolchévique" brandi naguère par les pires gens pensables. Ça ne t'a pas arrêté. Combien moins cela t'arrêtera, maintenant que l'expression saute de bouche en bouche sur toutes les lèvres de la République, de Bernard Cazeneuve à Marine Le Pen en passant par Jean-Michel Blanquer ou Manuel Valls ! Ça y est, c'est entériné : le mot porte le sceau de l'officialité – et c'est que ce doit exiger de s'armer d'une bravoure immense, que de parler comme toutes les bouches sur toutes les canaux où des bouches parlent ! Prenons le mot, donc, puisqu'il est adopté.

L'islamo-gauchisme, c'est ta création

Il n'y a pas grand doute à ce sujet : tu me compteras au nombre des islamo-gauchistes. La vue d'une mère d'élève voilée ne m'emplit d'aucun effroi, ni non plus celle d'un voile porté par une femme dans la rue, à la plage, ou en train de faire son jogging. Les rayons halal ne me paraissent pas être la succursale du terrorisme. Et la dénomination même que tu aimes tant employer – tu sais, ton fameux "problème de l'Islam" – me paraît scandaleuse, parce que je n'aime pas qu'on dise à cinq millions de mes concitoyens, cinquante fois le jour, que leur existence est un "problème".

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- Samuel Gontier, publié le 20/10/20

Après le meurtre de Samuel Paty, le concours Lépine des idées d’extrême droite

Abandon de l’État de droit, rétablissement du bagne, restauration de la Cour de sûreté de l’État, retour du service militaire, déchéance de nationalité, retrait de la Convention européenne des Droits de l’Homme, obligation de porter des prénoms “français”… Après l’horrible assassinat de Samuel Paty, enseignant à Conflans-Sainte-Honorine, les experts de BFMTV et de CNews se livrent à une infâme surenchère liberticide.

Après le meurtre de Samuel Paty, le concours Lépine des idées d’extrême droite - Photomontage

"Quand vous voyez que dans des quartiers les filles n’ont plus le droit de circuler !, s’indigne Nadine Morano samedi matin sur CNews. C’est visuel, à Nancy, de voir autant de femmes voilées, même des petites filles…" 

Il faudrait savoir : elles circulent ou pas ? 

"Ça n’est pas tolérable !"

"Ça veut dire que nous devons les expulser”, convient le présentateur, “mais il y a le problème de la nationalité française." 

La députée européenne LR défend une idée de gauche émise par François Hollande et Manuel Valls, "la déchéance de nationalité pour les bi-nationaux". 

"Je suis assez d’accord avec vous, Nadine Morano,” intervient Guillaume Bigot, éditorialiste maison. “Il faut criminaliser l’idéologie." 

Restaurer le délit d’opinion.

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- Christian Rouyer, 22/10/2020

L’art d’appeler un chat, un chat...

Fawzia Zouari, écrivaine, journaliste tunisienne, docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne, a publié cet article ras-le-bol dans Jeune Afrique:

"Il y a des jours où je regrette d’être née arabe.

Les jours où je me réveille devant le spectacle de gueules hirsutes prêtes à massacrer au nom d’Allah et où je m’endors avec le bruit des explosions diffusées sur fond de versets coraniques.

Les jours où je regarde les cadavres joncher les rues de Bagdad ou de Beyrouth par la faute des kamikazes;

Où des cheikhs manchots et aveugles s’arrogent le droit d’émettre des fatwas parce qu’ils sont pleins comme des outres de haine et de sang;

où je vois des petites filles, les unes courir protéger de leur corps leur mère qu’on lapide, et les autres revêtir la robe de mariée à l’âge de 9 ans.

Et puis ces jours où j’entends des mamans chrétiennes confier en sanglotant que leur progéniture convertie à l’islam refuse de les toucher sous prétexte qu’elles sont impures.

Quand j’entends pleurer ce père musulman parce qu’il ne sait pas pourquoi son garçon est allé se faire tuer en Syrie.

À l’heure où celui-ci parade dans les faubourgs d’Alep, kalachnikov en bandoulière, en attendant de se repaître d’une gamine venue de la banlieue de Tunis ou de Londres, à qui l’on a fait croire que le viol est un laissez-passer pour le paradis.

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- Jeudi 22 octobre 2020, Jean-Luc Mélenchon

La semaine noire tchétchène

Je regrette d’avoir utilisé le mot "communauté" à propos des Tchétchènes. Dans le contexte de malveillance et de harcèlement auquel je suis soumis, cette expression a pu être utilisée pour faire croire que j’attribuerais à tous les Tchétchènes l’horreur du comportement individuel de quelques-uns. Le ministre de l’Intérieur s’y est abaissé. Ce n’est pas le cas évidemment. 

Le mot "communauté" est certes employé cent fois par jour en médias pour attribuer des sentiments ou des opinions à des groupes professionnels sans que cela ne soulève de protestations. Mais dans le contexte, il n’était pas approprié. Au demeurant, sur le sujet, il n’a rien à voir avec ma façon de voir. Je crois, à la suite des fondateurs de l’Humanisme et du courant des Lumières, et en accord aussi avec les principes religieux du libre-arbitre, que les êtres humains sont créateurs de leur propre devenir. Aucune communauté culturelle ni religieuse n’exempte de la liberté de conscience dont chacun dispose pour apprécier sa responsabilité individuelle dans les actes qu’il pose.

Puissent ces mots conduire les politiciens et commentateurs à regretter les abus de langage infamants auxquels ils se sont eux-mêmes livrés contre les insoumis. Peuvent-ils ignorer que, dans le contexte d’exaltation qu’ils créent, ils nous placent une cible dans le dos en nous accusant sans pause ni trêve des pires absurdités ?

Pour ma part, avec mes amis, nous avons respecté la trêve des polémiques pendant le deuil national. Nous avons plaidé le devoir d’unité de tout le peuple face à l’épreuve. Et pour cela, nous avons toujours protesté contre toute tentative de stigmatisation des musulmans. L’humanisme en politique existe. Je l’assume jusqu’au point de savoir quand la vigilance sur mes mots n’a pas été suffisante. Je prie donc les Tchétchènes d’accepter de m’en excuser.

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- Biodiversity - Damian Carrington Environment editor, Monday 12 October 2020

Fifth of countries at risk of ecosystem collapse, analysis finds

Trillions of dollars of GDP depend on biodiversity, according to Swiss Re report

Bush fire devastation in Australia. The country is near the top of Swiss Re’s index of risk to biodiversity and ecosystem services. Photograph: Adwo/Alamy

One-fifth of the world’s countries are at risk of their ecosystems collapsing because of the destruction of wildlife and their habitats, according to an analysis by the insurance firm Swiss Re.

Natural “services” such as food, clean water and air, and flood protection have already been damaged by human activity.

More than half of global GDP – $42tn (£32tn) – depends on high-functioning biodiversity, according to the report, but the risk of tipping points is growing.

Countries including Australia, Israel and South Africa rank near the top of Swiss Re’s index of risk to biodiversity and ecosystem services, with India, Spain and Belgium also highlighted. Countries with fragile ecosystems and large farming sectors, such as Pakistan and Nigeria, are also flagged up.

➤ Read more : 40% of world’s plant species at risk of extinction

Countries including Brazil and Indonesia had large areas of intact ecosystems but had a strong economic dependence on natural resources, which showed the importance of protecting their wild places, Swiss Re said.

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- François Ruffin - 23/10/20

"Achetez-vous une dignité"

Geoffrey est prof d’histoire-géographie et d’éducation morale et civique dans un collège des Yvelines. Il a publié ce texte sur Facebook, et nous a autorisé à le relayer, ici :

Je ne me suis pas exprimé personnellement depuis l’assassinat de l’un de mes collègues. Je ne le connais pas, mais j’ai un chagrin infini. Pour lui, sa famille, ses proches, ses amis, ses proches. L’hommage national était beau. Émouvant. Poignant. J’ai pleuré à la musique de U2.

J’ai trouvé le discours du président adéquat.

Mais je suis également en colère contre toutes ces personnes qui s’émeuvent sans se remettre en question. Sans se regarder dans un miroir. Sans avoir tenu compte de la difficulté de notre profession. Y compris contre le Président de la République, qui a fait un beau discours.

Je suis terriblement en colère, depuis vendredi 16 novembre. Et je ne décolère pas.

Je suis scandalisé. Je suis atterré. Je suis outré.

Mon année de stage : Charlie. Réponse : réunion des stagiaires, après coup, pour savoir comment cela s’est passé.

Mon année de titularisation : Bataclan. Réponse : rien.

5 ans après : décapitation d’un collègue d’Histoire-Géo-EMC.

On nous promet des mesures fortes. Soit. En attendant, nos heures en demi-groupe en 4e ont été sacrifiées par manque de moyens. Dans des classes de 4e. Sur le niveau où les professeurs enseignent sur le système judiciaire et sur les libertés de la République. Quatre classes de 4e, quand cette génération avait cinq classes sur le niveau de 5e. Plus d’élèves, moins d’accompagnement personnalisé. Et encore, notre établissement avait la chance de bénéficier de ce choix pédagogique, car ce n’est pas une obligation ministérielle. C’est un choix des équipes pédagogiques et de la direction.

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- AGORA. - HUMEURS - Par Marc Midan, publié le 21/10/2020- Tribune

Le double assassinat de Samuel Paty

Marc Midan, docteur en littérature américaine et professeur d'anglais en classes préparatoires, analyse le drame qui a frappé Samuel Paty à travers le prisme de notre américanisation.

© Samuel Boivin / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le caractère effroyable de l’exécution de Samuel Paty peut faire oublier qu’elle venait après une première attaque, dont elle est à plus d’un titre le prolongement. Avant de le décapiter, on a cherché à faire taire le professeur d’histoire en mobilisant un discours antidiscriminatoire et en faisant appel à l’appareil administratif et judiciaire.

Ainsi, il aura subi à la fois une violence dure, barbare, et une violence qu’on ne dira pas douce, mais plutôt soft, à l’américaine. Dans le réflexe de ceux qui cherchent à obtenir le renvoi, l’exclusion ou le bâillonnement de qui les aurait offensés, on reconnaît une tendance dont il serait injuste d’attribuer l’exclusivité à l’Amérique, mais qu’elle a elle-même définie par les termes de cancel culture (culture de l’annulation) et de politically correct.

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22 Octobre 2020

     

- POLITIQUE - par Sophie CHAPELLE, 22 Octobre 2020

Déni du réchauffement, mépris pour les renouvelables, haine des réfugiés climatiques : le "fascisme fossile"

Que disent les principaux partis d’extrême droite en Europe à propos du changement climatique ? Négationnisme, promotion des énergies fossiles et de l’industrie automobile – souvent au détriment des ouvriers qui y travaillent –, opposition à toute mesure de lutte contre le changement climatique...

C’est un étrange paradoxe. L’intensification des événements météorologiques extrêmes et le dérèglement du climat coïncident avec la montée de l’extrême droite, une force politique qui nie catégoriquement ces phénomènes. Le Zetkin Collective, un groupe composé de chercheurs, d’activistes et d’étudiants, vient de publier un livre sur le "fascisme fossile" aux éditions La Fabrique. Ils examinent ce que les principaux partis d’extrême droite ont dit, écrit et fait à propos du climat et de l’énergie dans treize pays européens, dont la France.

Entre déni et mensonges

Parmi les enseignements, le négationnisme climatique pur et dur – c’est-à-dire le déni des causes et des conséquences du réchauffement – constitue encore aujourd’hui la ligne majeure de plusieurs partis d’extrême droite en Europe. En Allemagne, l’AfD, lorsqu’elle est entrée au Bundestag en 2017, affiche une position sans équivoque sur le changement climatique. Ce dernier serait 

"à l’oeuvre depuis le début de l’existence même de la Terre".

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- SOCIÉTÉ - RISS - le 20 Octobre 2020 - Paru dans l'édition1474du 21 Octobre

La connaissance ou le néant

ÉDITO

On a beau convoquer sa mémoire, compulser des archives, on ne parvient pas à trouver un précédent, un crime ancien où un professeur aurait un jour été assassiné parce qu’il enseignait. On cherche à se rassurer désespérément en se disant que ce n’était peut-être pas la première fois, car l’acte est tellement inouï qu’il est au-dessus de nos forces d’admettre que nous sommes témoins d’une violence in­édite, d’un événement qui fera date et nous contraindra à admettre qu’il y a un "avant" et un "après".

➤ À lire également : L’école au feu et la laïcité au milieu

L’"avant" nous est connu. C’est l’école que nous avons tous fréquentée, où nos maîtres nous ont expliqué et fait découvrir le monde encore mystérieux. C’est l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, des idées, de l’histoire, de la science et de la raison. Il n’y a rien à craindre de la connaissance. Il n’y a rien à craindre de l’école. On la quitte pourtant un jour, et on s’aperçoit qu’on n’a jamais eu l’occasion de dire merci à tous les enseignants qui ont croisé notre chemin, et dont le travail nous a permis de bâtir notre petite vie.

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- SCIENCES - Antonio FISCHETT, mise en ligne le  28 AOÛT 2020 - Paru dans l'édition 1466du 26 Août

Étienne Klein, philosophe des sciences : "Si un chercheur honnête dit "je ne sais pas" à la télé, on ne va pas le réinviter"

Étienne Klein est philosophe des sciences, directeur de recherche au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et producteur de l'émission La Conversation scientifique, sur France Culture. Il vient de publier Le Goût du vrai, aux éditions Gallimard, dans la collection “Tracts”. En ces temps de pandémie, il a un regard original et extrêmement salutaire sur la notion de réalité, le pouvoir des pseudo-experts et la façon de lutter contre les fake news.

Charlie Hebdo : La question du vrai et du faux est un thème récurrent pour un philosophe des sciences. Mais a-t-elle pris une résonance particulière avec la pandémie de Covid ?

☛ Étienne Klein : Oui, et c’est ce qui m’a incité à publier ce livre. J’avais été agacé par ces gens qui disaient "je ne suis pas médecin, mais je pense que…". On voyait des personnes affirmer leur incompétence, ce qui est honnête de leur part, mais, une fois cette incompétence assumée, elles donnaient des leçons. Et il y a eu ce fameux sondage du 5 avril selon lequel 80 % des personnes interrogées avaient un avis sur le traitement contre le Covid. À ma connaissance, c’est la première fois qu’on demande aux gens de décider si un médicament est bon ou mauvais, indépendamment des études qui ont été faites !

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- INSTITUTIONS - 22 Octobre 2020, par Ellen SALVI

La précipitation politique menace de nouveau les principes fondamentaux

Remise en cause de décisions du Conseil constitutionnel et de la loi de 1881 sur la presse, glissements institutionnels… Sous pression d’une partie de l’opposition, des membres du gouvernement et de la majorité sont prêts à s’attaquer aux libertés publiques et aux droits individuels.

C’est une ritournelle qui traverse tout le spectre politique et inquiète régulièrement les défenseurs des libertés publiques et des droits individuels. Elle apparaît en règle générale au détour d’une interview, d’un simple « s’il le faut, modifions pour cela la Constitution », lâché par des élus qui oublient, l’espace d’un instant, la formule consacrée selon laquelle on ne devrait toucher aux textes fondamentaux qu’« avec la main qui tremble ». Depuis l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), elle est de nouveau entonnée par tous ceux qui considèrent que le Conseil constitutionnel, garant de l’État de droit, n’est plus un garde-fou, mais un frein.

L’institution présidée par Laurent Fabius fait désormais l’objet de multiples critiques émanant d’une droite, au gouvernement comme dans l’opposition, qui ne supporte plus ses censures. « Si le droit ne protège pas, alors on aménage le droit », a notamment plaidé le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, suivi de près par son ancien collègue de Les Républicains (LR) Éric Ciotti, qui considérait déjà, en avril 2019, que « le Conseil constitutionnel fait de la sécurité des Français une valeur secondaire ». Comme bon nombre de ses camarades, le député estime aujourd’hui que « seul un référendum pour modifier notre Constitution afin de mettre au cœur de notre République une laïcité exigeante sera susceptible de balayer ces lâchetés ».

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- Brèves > 21 octobre 2020

La pollution de l’air coûte 943 euros par an et par Français

Une étude de l’Alliance européenne de santé publique, publiée le 21 octobre 2020, révèle le coût de la pollution de l’air dans 432 villes européennes, dont 67 villes françaises. Cette étude est relayée en France par l’association Respire et montre qu’en moyenne la pollution de l’air coûte 943 euros par an et par habitant.

Ainsi, les villes en France où la pollution de l’air coûte le plus cher à la collectivité sont celles-ci :

• À Paris, le coût est de 3,5 milliards d’euros, soit 1.602 euros par an et par habitant ;
• À Lyon, il est de 585 millions d’euros soit 1.134 euros par an et par habitant ;
• À Nice, il est de 383 millions d’euros soit 1.128 euros par an et par habitant ;
• À Melun, il est de 383 millions d’euros soit 1.015 euros par an et par habitant ;
• À Douai, de 992 euros par an et par habitant ;
• À Fréjus, de 990 euros par an et par habitant ;
• À Toulon, de 979 euros par an et par habitant ;
• À Rouen, de 973 euros par an et par habitant ;
• À Saint-Quentin, de 959 euros par an et par habitant, etc.

La liste des 67 villes françaises étudiées est ici. Pour les métropoles, le coût est de 897 euros (par an et par habitant) à Marseille, 886 euros à Lille, 728 euros à Bordeaux, 955 euros à Strasbourg, 819 euros à Toulouse, etc.

Ces calculs prennent en compte la valeur monétaire des morts prématurées, des traitements médicaux face aux affections les plus communes, des journées de travail perdues et des autres coûts sanitaires causés par les trois polluants principaux : les particules (PM), le dioxyde d’azote (NO₂) et l’ozone (O₃).

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- Entretien > 21 octobre 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Benoît Biteau : "La PAC va continuer à provoquer des désastres sociaux et écologiques"

La Politique agricole commune (PAC) est discutée cette semaine à Bruxelles et doit être adoptée d’ici vendredi 23 octobre. Selon un eurodéputé Vert français, comme à l’accoutumée, elle "correspond aux attentes des lobbys agro-chimique et agroalimentaire" et a des conséquences sociales et écologiques désastreuses.

C’est un pavé indigeste, qui déterminera pourtant l’agriculture et l’alimentation des Européens pour les prochaines années. La Politique agricole commune (PAC) est au menu des eurodéputés, cette semaine à Bruxelles. En jeu, 386 milliards d’euros d’aides aux agriculteurs (62,4 milliards pour la France). De quoi modeler nos paysages et nos assiettes, mais également notre climat – l’agriculture est le troisième secteur responsable d’émissions de gaz à effet de serre de la France – et le vivant qui nous entoure. Après des mois d’intenses négociations, le Parlement et les Etats membres doivent déterminer leur position sur le projet de PAC d’ici le 23 octobre. Dans les mois suivants, ils discuteront en "trilogue" (avec la Commission) pour harmoniser leurs avis* et décider du texte final.

Avec le groupe des Verts au Parlement européen, Benoît Biteau – qui est aussi paysan – a porté un amendement proposant le rejet de ce projet de PAC. Amendement retoqué dans la soirée du mardi 20 octobre. Pour autant, l’eurodéputé n’en démord pas : cette PAC sera un "désastre social et écologique". Il nous explique…

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21 Octobre 2020

     

- AGORA - Par René Chiche, publié le 17/10/2020

"Ma religion me l'interdit" : comment l'école est polluée par le champ religieux

Professeur de philosophie et membre du Conseil supérieur de l'éducation, René Chiche raconte le climat particulier des salles de classe quand vient le temps d'aborder les attentats. Illustration avec un extrait de son livre "La désinstruction nationale”.

Congédier l’esprit, qui se moque de tout, c’est faire le premier pas vers l’enfer. Les suivants sont de pure mécanique. Tant qu’elle en est le refuge et consacre tous ses efforts à prendre soin de l’esprit, l’école constitue le seul "centre de déradicalisation" efficace. Mais on ne cesse de la saccager, pendant que tous regardent ailleurs.

Par moment, la réalité nous contraint brutalement à sortir de notre confortable sommeil dogmatique, où l’on replonge hélas aussitôt. Ce fut le cas lorsque survinrent en 2015 des attentats qui secouèrent la France. On découvrit que leurs fauteurs n’étaient point des illuminés de l’arrière-monde venus de l’étranger, mais des citoyens français, et que certains étaient même bacheliers. Ils avaient donc passé une quinzaine de leurs premières années, autrement dit la plus grande partie de leur vie, sur les bancs de l’école, sans avoir été vaccinés contre toutes les formes de la bêtise, notamment les plus meurtrières.

On s’aperçut également avec stupeur qu’il n’était pas possible de faire respecter une minute de silence dans certains établissements, comme au lendemain du massacre qui décima la rédaction de Charlie Hebdo où l’on eut du mal à dissimuler aux Français choqués par cette réalité que de nombreux élèves de l’école de la République tenaient ce massacre pour la juste punition d’un blasphème, quelques-uns allant jusqu’à s’en réjouir. Ici comme ailleurs, le voile épais du déni ne tarda pas à être jeté sur une réalité décidément trop dérangeante.

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- Émissions Le billet de Sophia Aram - Lundi 19 octobre 2020 par Sophia Aram

Samuel Paty

Ce matin je pense à madame Audois, madame Grateau, Fournier, Hameau, Argoux, Segal, Nouaille de Gorce, Montfort, Perret, Azema, Asquin, Crastes, Pericarpin, Sohier, Surel, Lebœuf, Deler, Caubet, Cofignalle, Tauzin, Cerles…

Je pense aussi à monsieur Dalverny, monsieur Legoff, Cayron, Perronin, M’Buy, Kotelnikoff, Adani, Riou, Jourdan, Hamrouni, et tous les autres. 

Je pense à tous ces profs qui m’ont accompagnée de leur bienveillance et de leur patience à un âge où je n’avais pour tout bagage que mes lunettes triple foyers, mon acné et mon sac US.

À tous ceux qui ont continué de m’apprendre à penser à un âge où mes demi-certitudes et mes indignations faciles avaient particulièrement besoin d’être confrontées. 

Je pense aussi à Samuel Paty, à sa famille à ses élèves, ses collègues et ses proches. Je pense à leur douleur.  

Je pense à tous ceux qui se retrouvent bien seuls, seuls sans lui, seuls devant leurs élèves, seuls devant cette montagne d’ignorance qu’il leur faut sans cesse gravir. Seuls depuis les attentats de 2015. 

Seuls comme toujours dans ces moments qui suivent chaque attentat et où la nation toute entière se rassemble derrière l’idée que la solution passera par eux, par l’école, l’enseignement, la connaissance. 

J’aimerais leur dire merci. Merci de nous avoir instruits, et merci encore de nous avoir transmis quelque-chose à défendre et surtout de continuer à le faire dans ces conditions.

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- Opinion - Public services policy - Wednesday 21 October 2020, George Monbiot

The government's secretive Covid contracts are heaping misery on Britain

Bypassing the NHS and handing crucial services to corporate executives has led to the catastrophic failure of test and trace

If you are not incandescent with rage, you haven’t grasped the scale of what has been done to us. The new surge in the coronavirus, and the restrictions and local lockdowns it has triggered, are caused in large part by the catastrophic failure of the test-and-trace system. Its £12bn budget has been blown, as those in charge of it have failed to drive the infection rate below the critical threshold.

Their failure was baked in, caused by the government’s ideological commitment to the private sector.

This commitment had three impacts: money that could have saved lives has been diverted into corporate profits; inexperienced consultants and executives have been appointed over the heads of qualified public servants; instead of responsive local systems, the government has created a centralised monster. The centralisation is perhaps the hardest aspect to understand.

All experience here and abroad shows that local test and trace works better.

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- Enquête > 21 octobre 2020 / par Lorène Lavocat (Reporterre)

Au prétexte du Covid, toujours plus de jetable et de gâchis à l’hôpital

Le retour des équipements réutilisables pourrait soulager les soignants plongés dans la deuxième vague de la pandémie. Mais il faudrait une volonté politique qui est absente, et laisse la place au lobby du plastique et au gâchis environnemental.

Alors que la "deuxième vague" de la pandémie se profile en France, les soignants multiplient les messages d’alerte : ils craignent de nouvelles pénuries d’équipements médicaux. Gants, masques, blouses : "On est dans un état pire qu’au mois de mars, au niveau du matériel, dit Anaïs Granja, infirmière, du collectif Santé en danger. On n’est clairement pas prêts pour une nouvelle vague." Si certains établissements ont pu faire des stocks, nombre de praticiens témoignent de "situations invraisemblables" : fin septembre, un centre hospitalier d’Occitanie recevait ainsi des masques FFP2 périmés depuis… septembre 2013 ; dans le Grand-Est, une soignante a récupéré une livraison de masques moisis. Les professionnels libéraux semblent particulièrement mal lotis, comme l’explique une infirmière libérale dans l’Oise : "Impossible pour moi depuis plusieurs semaines de me procurer des gants… J’ai seulement réussi à avoir deux malheureuses boîtes dans ma pharmacie de ville à 8 euros la boîte !"

Les #soignants en première ligne
manquent de gants médicaux, avec des tensions sur les #FFP2 et les #surblouses
sont méprisés par votre gouvernement (non reconnaissance en maladie professionnelle du #covid19, décret licenciement des #hospitaliers, salaires,...)
SOS lits fermés https://t.co/8fBvaJ28gx
— CFE-CGC hôpitaux APHP (@AphpCfeCgc) October 2, 2020

Au-delà des risques de pénurie, "les prix ont a minima doublé sur la plupart des équipements", raconte Marie (le prénom a été modifié), pharmacienne dans une maternité francilienne. Ainsi, tous craignent de revivre le cauchemar du printemps, quand des infirmières ont dû porter des sacs-poubelle, faute de surblouses, des gants de jardinage et des masques en tissu cousus main. Début septembre, Amnesty International dénombrait plus de 7.000 décès de soignants à travers le monde à cause, entre autres, du manque d’équipements de protection face au coronavirus.

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20 Octobre 2020

     

 

Éditorial - Par Natacha Polony, publié le 20/10/2020

"Tout le problème est bien que, depuis vingt ans, nous ne faisons pas bloc."

Mort de Samuel Paty : nous n’avons plus le droit de nous coucher

Retrouvez l'éditorial de Natacha Polony qui revient sur la mort de Samuel Paty.

"Nous n’avons plus le droit de nous coucher. Mais quelques annonces gouvernementales ne suffiront pas. Il faut vraiment faire bloc. Enfin cesser de nous laisser intimider par ceux qui veulent nous imposer l’infamant stigmate du racisme ou de l’islamophobie. Affirmer fièrement que la France est cet unique pays où les religions n’imposent pas leur susceptibilité et que nous nous battrons pour préserver cet îlot de liberté qui sauve les non-croyants, mais aussi les croyants, de l’enfermement dans une communauté".

Arrêtons ! Arrêtons avec les "ils ne passeront pas", les "nous ferons bloc"… ! Arrêtons de nous payer de mots ! Voilà bientôt vingt ans qu’il n’y a plus de bloc et que l’obscurantisme, la bigoterie, la barbarie moyenâgeuse s’infiltrent par toutes les fissures. Les Territoires perdus de la République. Le livre a été publié en 2002. L’année de naissance de l’assassin de Samuel Paty. Et quand ce livre est sorti, ses auteurs ont été traités de racistes, accusés de monter en épingle des faits mineurs, sans importance…

Et, ces dernières semaines encore, les accusations de racisme et d’islamophobie tentaient de réduire au silence ou d’assimiler à l’extrême droite identitaire ceux qui entendaient défendre notre conception française de la liberté de conscience.

Tout le problème est bien que, depuis vingt ans, nous ne faisons pas bloc. Un professeur fait un cours sur la liberté d’expression, il prend même, parce qu’il est tout sauf un provocateur, des précautions vis-à-vis des élèves qui pourraient être bousculés dans leurs convictions, et une part de sa hiérarchie considère en coulisse qu’il est "islamophobe" et préfère s’émouvoir de la plainte d’un pseudo-imam activiste fricotant avec l’extrême droite en même temps qu’avec les comités anti-islamophobie qu’affectionne l’extrême gauche. Voilà qui en dit long sur notre défaite. Samuel Paty n’est pas le seul. Combien d’autres ont subi le harcèlement de militants parfaitement organisés et se sont retrouvés isolés, montrés du doigt, menacés. Fallait-il cette horreur pour qu’enfin nous cessions de regarder ailleurs ?

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Chronique de Caroline Fourest, publiée le 17/10/2020

Vous n’aurez pas nos têtes

Un hussard est tombé. Sa tête a roulé. Dans ce pays, on a décapité des rois et des tyrans, quelques révolutionnaires. Qui aurait cru qu’un enseignant perdrait la sienne, quarante ans après l’abolition de la peine de mort, pour avoir voulu faire réfléchir ses élèves ?

Ce renversement, si symbolique, nous remplit d’effroi. Après tant d’attentats et de morts, nous devrions être habitués. Et pourtant non, chaque fois c’est pire.

La République se sait en danger. Comme elle l’était lorsque des forces obscurantistes ont voulu la renverser. Ce sont les instituteurs et les institutrices, nos enseignants, à qui l’on doit d’être des citoyens éclairés et non des sujets. S’en prendre à eux, c’est s’en prendre à nous tous, à la raison et à l’espoir. Les journalistes peuvent alerter, les policiers peuvent arrêter, mais nous ne sortirons jamais de ce cauchemar si les professeurs ne peuvent vacciner la prochaine génération contre ces propagandes qui nous déchirent. L’antidote, nous le savons, exige d’expliquer, inlassablement, l’histoire de ce pays, comment nous avons arraché nos libertés, l’importance d’endurer la divergence et l’offense, le blasphème et l’atteinte au sacré, sans répondre par la violence. C’est ce qui fonde notre liberté d’expression et toutes celles qui en découlent.

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Chronique intempestive d'Henri Pena-Ruiz, publiée le 19/10/2020

L'école au cœur : hommage à Samuel Paty

"Samuel Paty a été victime d'une cabale monstrueuse, sciemment menée, parce qu'il faisait ce que tout enseignant fait : faire réfléchir, donner des repères, permettre à ses élèves d'éveiller en eux la volonté de comprendre et de savoir."

❐ "C'est la grandeur et l'honneur de l'École laïque républicaine que Samuel Paty incarnait".

Notre chroniqueur Henri Pena-Ruiz, auteur du "Dictionnaire amoureux de la laïcité" (Plon), rend hommage à Samel Paty.

Après la décapitation de Samuel Paty, une douleur sans fond semble rendre les mots dérisoires. La conscience chavire et l'on voudrait garder le silence, se recueillir longuement en mémoire d'un homme de conviction qui donnait le meilleur de lui-même à ses élèves. Mais on ne peut se taire devant l'infamie d'un acte barbare qui s'en prend à l'humanité de l'homme, à l'école, à la République. Et il faut bien s'interroger sur les causes qui ont favorisé cet acte, à défaut de l'avoir produit directement.

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Billet d'humeur de Jean-Paul Brighelli, publié le 18/10/2020

"Les pédagogies modernes ont sanctuarisé la parole des ignorants en contestant le rôle même des professeurs"

Notre chroniqueur, Jean-Paul Brighelli, enseignant et essayiste, revient sur le dernier édito de François Jarraud dans "Le café pédagogique", qui, réagissant à l'assassinat de Samuel Paty, qui explique que le problème vient de "la discrimination, qui s'est glissée partout et vise en particulier les musulmans", et qu’il s’agit d’un meurtre "extérieur à l’École".

"Pourvu que je ne parle dans mes cours ni de la liberté d’expression, qui s’arrête aux susceptibilités des uns et des autres ; ni de Darwin, ce singe savant qui ignore que la Terre a été créée en 4004 avant Jésus-Christ ; ni de la rotondité de la Terre…

Pourvu que je ne fasse étudier ni les textes de Voltaire, qui a cru bon de sous-titrer sa tragédie Mahomet "le Fanatisme" et en a parlé de façon odieuse dans son Dictionnaire philosophique, confondant le fanatisme, dont la laïcité intransigeante est le plus bel exemple, avec la Foi, qui est sacrée, ni ceux de Flaubert, qui a vanté l’adultère des femmes…

Pourvu qu’en cours d’EPS je n’oblige pas les croyantes à faire de la piscine, et que je ne mélange pas dans le même vestiaire les circoncis et les incirconcis, ceux auxquels manque la coupure sacrée…

Pourvu que je n’évoque pas les termes immondes de Liberté / Égalité / Fraternité – étant entendu que la seule fraternité respectable est celle des Frères musulmans… Pourvu que je n’enseigne pas les Croisades, ni la colonisation, ni l’esclavage…

Pourvu que je ne fasse pas lire aux élèves Dix petits nègres…

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Billet d'humeur de Nathalie Bianco, publié le 18/10/2020

"Pardon à l'enfant de Samuel Paty : la France n'a pas su protéger votre père des fatwas criminelles”

"Je ne veux plus d’accommodements raisonnables, de petits compromis et de prise en compte des sensibilités".

Nathalie Bianco, militante laïque et auteure des livres "Les printemps" et "Les courants d'air" exprime sa colère, après l'attentat islamiste qui a tué l'enseignant Samuel Paty.

Rien. Je n’ai plus rien. Plus de larmes, plus de bougies.

Plus d’envie de discuter, plus de compréhension.

Plus de patience, surtout.

Je n’ai plus que de la colère. Immense.

Il paraît que la colère est mauvaise conseillère. Mais moi aujourd’hui, je n’ai pas envie de la faire redescendre. Parce qu’il est légitime d’être en colère, d’être furieux quand, en France, en 2020, un professeur est décapité en pleine rue.

Moi aujourd’hui, j’ai juste envie d'hurler ma rage et aussi de demander pardon.

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-Info > 20 octobre 2020 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Notre sommeil, victime du réchauffement climatique

Avec le changement climatique, des chercheurs ont montré que les températures mondiales se réchauffaient plus vite la nuit que le jour. Un phénomène qui a des conséquences néfastes sur le sommeil des êtres humains.

Tomber dans les bras de Morphée : une mission ardue dans un monde transfiguré par les effets du dérèglement climatique. Le stress lié aux catastrophes et aux évènements météorologiques extrêmes provoque l’insomnie. La mauvaise qualité de l’air entraîne des problèmes respiratoires liés au sommeil. Les températures élevées de plus en plus fréquentes empêchent de bien dormir. Pour toutes ces raisons, le changement climatique représente une menace potentiellement grave pour le sommeil humain. C’est ce que montraient déjà, en 2018, des scientifiques de l’école de santé publique de l’Institut Milken, à Washington D.C.(États-Unis), dans une étude publiée dans la revue Sleep Medicine.

Alors que les émissions globales de gaz à effet de serre ne réduisent pas, le danger prend toujours plus d’épaisseur : dans une étude parue le 30 septembre dans la revue Global Change Biology, les scientifiques de l’Université d’Exeter, en Angleterre, ont démontré que les températures mondiales se réchauffaient plus vite la nuit que le jour.

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- This land is your land - US news - Monday 19 October 2020, Nat Herz

Big oil's answer to melting Arctic: cooling the ground so it can keep drilling

Technology is keeping patches of Alaska permafrost frozen to preserve energy infrastructure even as indigenous residents’ world is transformed by the climate crisis

An oil pipeline stretches across the landscape outside Prudhoe Bay in North Slope borough, Alaska. Photograph: Bonnie Jo Mount/The Washington Post via Getty Images

The oil company ConocoPhillips had a problem.

It wanted to pump 160,000 more barrels of oil each day from a new project on Alaska’s North Slope. But the fossil fuels it and others produce are leading to global heating, and the Arctic is melting. The firm’s drilling infrastructure could be at risk atop thawing and unstable permafrost.

A recent environmental review of the project describes the company’s solution: cooling devices that will chill the ground beneath its structures, insulating them from the effects of the climate crisis.

The oil development that is fueling climate change continues to expand in the far north, with companies moving into new areas even as they are paying for special measures to protect equipment from the dangers of thawing permafrost and increasing rainfall – both expected outcomes as Arctic temperatures rise three times as fast as those elsewhere.

Countries from Norway to Russia are advancing new Arctic oil developments. But under Donald Trump’s administration, Alaska has emerged as a hotbed of Arctic oil extraction, with big projects moving forward and millions of acres proposed to be opened to leasing.

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- 16 Octobre 2020, par Vincent G - Blog : LE BLOG DE VINCENT G

Que faire face à ce monde qui devient fou?

Si c’est la poésie qui sauvera le monde, ce sera le refus de parvenir qui enterrera l’ancien. Réflexions croisées sur les oeuvres de Jean pierre Siméon "La poésie sauvera le monde" et de Corinne Morel Darleux "Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce: réflexions sur l’effondrement".

Moins d’efficacité, plus de beauté

En 2015, Jean-Pierre Siméon, poète et dramaturge français sortait un livre joliment intitulé “La poésie sauvera le monde”. Il y a 5 ans, cette affirmation paraissait déjà déplacée. En quoi la poésie peut elle servir à quoi que ce soit? Si quelque chose sauvera le monde, ce sera surement la science, l’intelligence artificielle, la 5G, internet, les startup, l’argent, non ? Voilà des choses concrètes, disruptives, qui vont bousculer les choses et nous propulser dans le futur ! Que peuvent bien peser quelques mots griffonnés sur un papier face à l’avalanche technologique, face à l’assurance froide de l’ingénierie, face à l’efficacité prouvée des algorithmes qui ne se trompent jamais ? Sauver le monde, c’est une affaire de gens sérieux, avec des costumes gris et le nez dans leurs statistiques et bilans comptables. La culture, la beauté, la joie ce ne sont que des inquantifiables, des trucs inutiles. Ce qui compte, c’est de savoir combien de mails tu peux traiter en un jour, combien de boulons tu peux serrer, combien de lignes de code tu peux pisser, combien de réunions tu peux enchainer.

Et pourtant, impossible de se départir du sentiment que c’est précisément la technique, l’innovation, cette volonté folle d’avancer quoiqu’il en coute (sans trop savoir où on va), qui envoie le monde droit dans le mur. Qui n’a jamais entendu toutes ces injonctions à la croissance, à la modernité, et ne s’est jamais demandé : "pourquoi faire ?" Qui n’a jamais relevé la contradiction entre la croissance, indicateur magique censé se traduire en une meilleure qualité de vie, et les injonctions à se serrer la ceinture "pour relancer la croissance" ? Il faudrait réduire sa qualité de vie, pour améliorer le truc qui va augmenter notre qualité de vie ? Force est de constater que ce toujours plus qu’on nous réclame, se traduit par un toujours moins dans la vie du quotidien: moins de temps à passer avec sa famille, moins de culture, moins de bonheur, moins de solidarité, moins de choix. Dans une société où tout est régi par des chiffres, des machines et de la technique froide, la partie qui fait la beauté de la vie est amoindrie, quand elle n’est pas simplement tuée. Dans un monde qui ne sait plus juger que par les chiffres, l’inquantifiable dérange. Est-il besoin de rappeler que les statistiques ne sont qu’une simplification grossière de la réalité ?

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19 Octobre 2020

     

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18 OCTOBRE 2020, François BRAIZE

Maintenant, ça suffit !!!

Les "poches d’aisance" où se meut et s’étend l’islam radical… (Mezetulle, voir infra en fin de billet) Avec la décapitation d’un professeur, Samuel PATY, qui avait fait son travail en enseignant la liberté d’expression, on a franchi une nouvelle étape dans la guerre que nous mène l’islam radical, guerre idéologique et par les armes.

D’abord, en s’attaquant physiquement à l’école en la personne d’un de ceux qui la servent, ils s’attaquent à la fabrique citoyenne coeur de notre construction démocratique et républicaine. Ce n’est pas un hasard ou une erreur.

Ensuite, comme cet enseignant avait développé son cours dans le plus profond respect de ses élèves de confession musulmane (puisqu’il leur avait permis de sortir de classe s’ils estimaient que l’illustration de son cours par des caricatures pouvait les choquer), on voit bien que ce que veulent les musulmans radicaux ce n’est pas seulement de ne pas adopter nos valeurs démocratiques et nos principes fondamentaux mais en empêcher l’existence et l’exercice, pour nous tous.

On change dès lors de niveau de gravité et la "Charia" devient non seulement la chose de certains musulmans mais l’instrument de notre domination. Exécrable, n’ayons pas peur des mots forts, c’est d’un véritable totalitarisme dont il s’agit. Les totalitarismes, les démocraties les combattent et les abattent qu’on se le dise. Et celui-là doit subir le même sort sans trêve, ni répit.

 

Le billet d’une Instit :

“Le billet d’une Instit qui reprend le texte d’un ami à lui qui résume bien sa pensée :

“Ceux qui suivent un peu cette page FB savent, je pense, que je considère l'islamisme radical (décrit notamment en France dans un ouvrage éponyme de 1987 par l'immense Bruno Etienne dont j'ai eu le privilège de suivre l'enseignement) comme un ennemi. Pas un adversaire politique, un ennemi.
33 ans de lâcheté et de complaisance plus tard, les mouvements qui se réclament de cette idéologie ont mis en oeuvre avec succès une partie de leur programme sur notre territoire même. 33 ans qui donnent envie de hurler quand les Munich ont succédé aux Munich. Des grands Munich et des myriades de petits Munich quotidiens (dans les écoles ou les hôpitaux notamment).

 

À la mémoire de Samuel Paty, professeur

Par Catherine Kintzler, le 17 octobre 2020

Vendredi 16 octobre, Samuel Paty, professeur, a été décapité parce qu’il enseignait. Réduire cet assassinat à un crime revient à esquiver le caractère politique de la visée hégémonique qu’il véhicule. Car cette atrocité se présente comme une exécution expiatoire menée au nom d’un ordre supérieur qui devrait supplanter non seulement les lois de l’association politique, mais aussi tout rapport autonome à la connaissance, à la pensée. Elle révèle aussi que la guerre menée contre la République a dépassé la période des tests politiques, ainsi que celle des commandos organisés terrorisant la société civile, pour atteindre un niveau alarmant de diffusion. En étendant les poches d’aisance où il il se meut “comme un poisson dans l’eau”, le terrorisme islamiste contamine le corps social et menace de le submerger.

Si l’école est laïque, ce n’est pas seulement comme institution et parce qu’elle est un organe du dispositif républicain, c’est aussi parce qu’elle tire (ou devrait tirer) son autorité de la constitution des savoirs, laquelle échappe à toute transcendance, à toute imposition d’une parole ou d’un livre unique, et ne peut se construire qu’avec des esprits en dialogue. Voilà ce que tout professeur est chargé de travailler et de défendre, non pas dans la célébration d’un “vivre-ensemble” incantatoire et abstrait, mais avec et par le segment du savoir qu’il maîtrise et qu’on n’ose plus appeler “discipline”.

les 3 articles ci-dessus en 1 PDF

 

 

 

 

     

- By David Roberts, updated October 16, 2020 - All charts curtesy of Morgan Stanley

What’s causing climate change, in 10 charts

Different ways of looking at the problem.

A community of forest homes lies in ruins after the Creek Fire swept through on September 8 near Shaver Lake, California. David McNew/Getty Images

With heat waves, wildfires, intense hurricanes, and other extreme weather events in the headlines, the ravages of climate change have become undeniable and unavoidable. Who or what is responsible for this?

It seems like a simple enough question, but like so many things about climate change, it gets more complicated the more you look into it.

It turns out there are a number of ways of divvying up the blame.

To illustrate the point, I’ve borrowed some charts from a recent research note by the investment firm Morgan Stanley (with permission).

They help distinguish who is emitting in the present from who emitted in the past, who’s emitting more and less over time, and which fuels and activities are driving the change.

None of this data is original — it’s all public — but putting these charts in one place can help us wrap our minds around the many different ways that questions about responsibility for climate change can be phrased.

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- Enquête > 19 octobre 2020 / Maxime Carsel, Laury-Anne Cholez, Hervé Kempf et Moran Kerinec (Reporterre)

Masques toxiques ? Le principe de précaution impose le retrait

L’Union européenne a interdit l’usage du zéolithe d’argent et de cuivre dans les masques. Jouant d’une interprétation juridique, la société Dim affirme que cet usage reste possible. Dans l’attente d’un examen précis par une autorité indépendante, le retrait s’impose. C’est ce qu’a commencé à faire l’Etat, alors que, comme le révèle Reporterre, les masques à la zéolithe d’argent et de cuivre ont été distribués, non seulement aux enseignants, mais à de très nombreux fonctionnaires.

Les masques distribués par millions à ses fonctionnaires par l’État depuis plusieurs mois sont-ils toxiques, du fait qu’ils contiennent un produit biocide, la zéolithe (ou zéolite) d’argent et de cuivre ? C’est la question que posait Reporterre le 13 octobre, relayant l’inquiétude de plusieurs spécialistes de chimie et de nanoparticules. En fait, le 27 novembre 2019, l’Union européenne a décidé de refuser l’utilisation de la zéolithe d’argent et de cuivre pour être incorporée dans les textiles, les tissus, ou les masques : “La zéolithe d’argent et de cuivre n’est pas approuvée en tant que substance active existante destinée à être utilisée dans les produits biocides des types de produits 2 et 7.”

La décision de la Commission européenne concernant la zéolithe d’argent et de cuivre.

Les types de produits (TP) TP 2 concernent les “Désinfectants et produits algicides non destinés à l’application directe sur des êtres humains ou des animaux”. [Ils sont] Utilisés [entre autres usages] pour être incorporés dans les textiles, les tissus, les masques, les peintures et d’autres articles ou matériaux, afin de produire des articles traités possédant des propriétés désinfectantes.

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- 19 octobre 2020 - Léa Le Foll (Silence)

"C’est génial de vivre là !" Le Village vertical, précurseur des coopératives d’habitants

Il y a une quinzaine d’années, le Village vertical, précurseur des coopératives d’habitants, naissait en banlieue lyonnaise. L’idée : refuser la spéculation immobilière et "partager des valeurs de solidarité, de partage, de convivialité”.

Villeurbanne (Rhône-Alpes), reportage - La coopérative — Village vertical — porte un nom trompeur, car c’est un immeuble aux pratiques horizontales que nous avons découvert en cette fin 2019, dans la banlieue lyonnaise. Le projet a vu le jour fin 2005. L’objectif ? Sortir de la spéculation immobilière et de la propriété et gérer collectivement la question du logement. Olivier et Jérémie, deux habitants, jouent les guides de leur lieu d’habitation et reviennent avec enthousiasme sur les origines du projet villeurbannais. Aucun des deux n’a participé à sa construction : des inspiratrices et inspirateurs de celui-ci, il ne reste que quelques intrépides. "Il faut qu’il n’y ait si possible pas plus de cinq, six ans entre l’élaboration des premières idées et l’édification du lieu d’habitat", précise Olivier. Au-delà le découragement risque fort de mettre à mal le projet.

La fédération Habicoop [1] avait rapidement rencontré le groupe porteur du projet du Village vertical et fait en sorte qu’il soit leur initiative pilote dès 2006.

Cela a permis aux "villageoises et villageois" de bénéficier de fonds européens. Le groupe et la fédération ont élaboré ensemble l’ossature juridique et financière du Village ainsi que sa charte. L’immeuble comprend deux parties, le numéro 1 (24 appartements en location classique) et le numéro 3 (où est implantée la coopérative). Leur exemple a permis de faire reconnaître les coopératives d’habitat et l’habitat non spéculatif dans la loi Alur (loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové), en 2014.

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- POLITICS - LULU GARCIA-NAVARRO, October 18, 2020 - Heard on Weekend Edition Sunday

The Consequences Of Dehumanizing Language In Politics

United States politicians are no strangers to using unkind language against their opponents. It's a trend that dates back to at least 1800 when, during the presidential campaign, Thomas Jefferson hired James Callender to slime John Adams.

But Alexander Theodoridis, who teaches political science at the University of Massachusetts Amherst, says that today's partisanship can lend itself to particularly dehumanizing language not only between political opponents, but also between regular Americans who belong to opposite political parties.

Theodoridis told NPR's Weekend Edition that "dehumanizing language," which includes people referring to others as animals, can lead to people believing that those who disagree with them don't deserve the same treatment or respect as those who agree with them.

"That is often where things lead," he said. "As either a justification post hoc for treating somebody differently or, in some cases, a precursor to treating a group differently.”

One fear is that this kind of dehumanization leads to violence.

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- Juillet 2012, page 6, par Philippe Descamps

Comment l’Etat français organise sa propre spoliation

De l’autoroute publique aux péages privés

Amorcée par le gouvernement de M. Lionel Jospin, puis généralisée par celui de M. Dominique de Villepin, la privatisation des autoroutes illustre le capitalisme de connivence à la française. L’Etat impose le système coûteux du péage, assume l’essentiel des risques, puis organise la captation de la rente par les grands groupes.

“L’usage des autoroutes est en principe gratuit."

Enjolivée par cette belle proclamation, la loi de 1955 portant statut des autoroutes a instauré dans les faits la règle du péage. Ce texte restaurait l’un des droits féodaux abolis par la Révolution française, et fondait un système mêlant investissements publics et bénéfices privés. Le recours aux sociétés d’économie mixte concessionnaires d’autoroutes (Semca, dont le capital reste contrôlé majoritairement par l’Etat) financées par le péage n’était dans un premier temps prévu que "dans des cas exceptionnels" ; mais il devint rapidement la norme, au nom du "rattrapage". En ce milieu des années 1950, l’Allemagne comptait déjà plus de trois mille kilomètres d’autoroutes et l’Italie, plus de cinq cents ; la France, à peine quatre-vingts.

Les justifications économiques, sociales, puis environnementales du péage demeurent pourtant fragiles. De grands pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne ont rapidement développé des réseaux très denses et gratuits. La prise en charge par la collectivité leur a permis de garantir le respect des priorités en matière d’aménagement du territoire, à un coût bien moindre que celui des liaisons à péage, obligatoirement bâties en doublon du réseau existant. Le financement par le péage, nettement plus coûteux, engendre une plus grande emprise sur le territoire et n’a pas permis de réaliser les liaisons les plus vitales, directement payées par l’Etat. En outre, l’égalité des usagers devant le service public n’est pas assurée : dans certaines régions, comme en Bretagne, les autoroutes demeurent gratuites.

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- 18 Octobre 2020 - Isabelle Benoist - De Denise H. 88 ans

La lettre coup de gueule, de Denise, 88 ans, pour macron.

"Bonjour Monsieur le Président,

Je m’appelle Denise, j'ai 88 ans.

Ce n'est pas moi qui tape cette lettre, je ne sais pas trop comment faire.

C'est donc mon arrière petite fille de 19 ans, qui écrit sous ma dictée.

Je vous écris aujourd'hui pour vous dire toute ma colère contre vous, vos ministres, et vos conseillers "scientifiques".

Qui êtes-vous, jeune godelureau, pour penser et décider à ma place, de ce qu'est ma vie, de ce que sera ma mort ?

J'ai 88 ans, j'ai eu une belle vie, avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses blessures, comme tout le monde, je présume.

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18 Octobre 2020

     

- 17 OCT. 2020, Cedric MAURIN - BLOG : LE BLOG DE CÉDRIC MAURIN

Samuel Paty: à l’émotion légitime doit succéder la mobilisation de la société

Il était tard hier lorsque j’ai appris le drame de l’attentat islamiste contre Samuel Paty, j’étais avec des amis et profitais du début des vacances. Ce drame me frappe triplement, comme professeur d’Histoire-Géographie et d’Éducation Morale et Civique, comme défenseur de Charlie Hebdo et comme rescapé de l’attentat du Bataclan.

Samuel Paty : à l’émotion légitime doit succéder l’action, sa mort atroce doit être un déclencheur.

Il était tard hier lorsque j’ai appris le drame de l’attentat islamiste contre Samuel Paty, j’étais avec des amis et profitais du début des vacances. Ce drame me frappe triplement, comme professeur d’Histoire-Géographie et d’Education Morale et Civique, comme défenseur de Charlie Hebdo et comme rescapé de l’attentat du Bataclan.

Mes premières pensées se tournent vers lui, sa famille, ses proches, ses collègues, ses élèves.

L’horreur est saisissante : un professeur est mort parce qu’il a fait son métier. Nous faisons un métier magnifique, indispensable, essentiel et nous le faisons avec passion, dévouement. Un métier difficile, exigeant, déconsidéré et qui est exercé de plus en plus souvent dans des conditions épouvantables.

L’émotion est nécessaire mais nous devons penser l’après, car il doit y avoir un avant et un après pour que la mort affreuse de Samuel serve de prise de conscience, de déclencheur.

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- par Thierry Discepolo, Juillet 2019, page 27 - Idées

L’art de détourner George Orwell

Les références à l’auteur de "1984" se sont multipliées depuis une vingtaine d’années. Alors que ses engagements revendiqués l’ancraient à gauche, c’est désormais une pensée néoconservatrice qui se revendique de son œuvre. Récupération d’ambiguïtés possibles ou dévoiement ?

Tout et son contraire a été dit sur George Orwell.

Surtout son contraire. Condamner le colonialisme britannique et témoigner de la vie des travailleurs pauvres et des vagabonds ; se convertir à un socialisme radicalement égalitaire après une enquête sur les ouvriers anglais ; pourfendre la tiédeur sociale-démocrate et être internationaliste jusqu’à combattre pendant la guerre d’Espagne dans les rangs du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) ; espérer que la résistance du peuple britannique contre l’Allemagne nazie débouche sur une révolution ; rejoindre l’aile gauche du Parti travailliste ; et, enfin, mourir trop tôt pour être gâté par le succès de Nineteen Eighty-Four (1984) : non seulement tout cela n’a pas suffi à une partie de la gauche pour qu’elle compte Orwell parmi les siens, mais cela n’a pas non plus empêché son annexion par les néoconservateurs. Comment en est-on arrivé là ?

Succès populaire au Royaume-Uni et aux États-Unis dès sa parution en 1949, Nineteen Eighty-Four est largement loué par la presse. Mais Orwell (1903-1950) est, déjà, souvent mal compris, en particulier outre-Atlantique, où son itinéraire d’homme de gauche est peu connu et son roman lu comme une critique du socialisme. Au point qu’il se sentira obligé de préciser ses intentions pour le syndicat des travailleurs américains de l’automobile.

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- Mai 2020, page 1, par Serge Halimi

Tous des enfants.

Une fois encore leur monde est par terre. Et ce n’est pas nous qui l’avons cassé. On évoque en ce moment le programme économique et social du Conseil national de la Résistance ; la conquête des droits syndicaux et les grands travaux du New Deal. Mais bien des maquisards français avaient alors conservé leurs armes, et dans la rue un peuple attendait l’échappée belle "de la Résistance à la révolution". Telle était d’ailleurs la devise d’un quotidien de l’époque qui se nommait Combat. Quant à Franklin Roosevelt, il sut faire comprendre à une partie des patrons américains que les révoltes ouvrières et le chaos social risquaient de balayer leur capitalisme adoré. Il leur fallut donc composer.

Aujourd’hui, rien de tel. Confinées, infantilisées, sidérées autant que terrorisées par les chaînes d’information en continu, les populations sont devenues spectatrices, passives, anéanties. Par la force des choses, les rues se sont vidées. Il n’y a plus ni "gilets jaunes" en France, ni Hirak en Algérie, ni manifestations à Beyrouth ou à Barcelone.

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- Octobre 2020, page 19, par Anne Debrégeas

Un système de pensions déconnecté des carrières est-il possible ?

Pour une retraite vraiment universelle

Contre l’avis des organisations de salariés et d’employeurs, le président de la République s’entête à vouloir réformer le système de retraite. Sous prétexte d’uniformisation, le modèle proposé, entérinant un recul du départ à taux plein, risque de conduire à un appauvrissement pour une majorité. La réflexion sur une possible architecture universelle passe par un tout autre chemin.

Lors de la mobilisation d’ampleur de l’hiver dernier contre le projet de réforme des retraites, les revendications sont restées très majoritairement calquées sur le système existant, visant au maintien du niveau de vie des retraités par un remplacement du meilleur ou du dernier salaire perçu. Ce faisant, on acte la reproduction des inégalités du monde du travail pour ceux et celles qui le quittent.

Comment justifier qu’un cadre bénéficie d’une meilleure pension qu’une femme de ménage ? Pourquoi mériterait-il de gagner plus pour s’occuper de son jardin, soutenir sa famille ou participer à la vie associative, lire ou aller à la pêche ? Les arguments habituellement avancés pour justifier les écarts de salaire — différences de qualification, de motivation, d’investissement, de pénibilité, de "productivité" ou d’"employabilité" — ne peuvent plus être invoqués à la retraite.

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17 Octobre 2020

     

- ÉCONOMIE PARTI PRIS - 15 OCTOBRE 2020 PAR ROMARIC GODIN

Avec le couvre-feu, l’ordre marchand redevient la priorité

Comment comprendre le choix du couvre-feu pour lutter contre la propagation du virus ? C’est la conséquence d’une priorité redonnée à l’économie marchande, conçue comme anthropologiquement nécessaire et à laquelle le système de santé et les libertés publiques doivent s’ajuster.

Sans doute l’époque nous réduit-elle à devoir faire des mauvais choix. La circulation du coronavirus ne semble pas maîtrisable et l’intégralité des techniques utilisées semble être vouée à l’échec. L’annonce d’un couvre-feu entre 21 heures et 6 heures par Emmanuel Macron pourrait simplement entrer dans cette catégorie du "moindre mal", où l’on tente de minimiser les risques tout en sauvegardant ce que l’on appelle ordinairement "l’économie". L’urgence impose sans doute des contraintes parfois difficilement supportables pour beaucoup.

C’est peut-être vrai. Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur la nature propre de cette décision. Car "sauver l’économie" n’est pas un terme neutre dès lors que l’on considère l’économie pour ce qu’elle est réellement, une construction humaine. Le confinement du printemps dernier avait montré qu’il était possible de réaliser, pour reprendre le mot du sociologue hongrois Karl Polanyi, un "désencastrement" de l’économie sur la société. Cette dernière avait décidé de se concentrer sur l’essentiel pendant un temps.

Il y aurait beaucoup à dire de la façon dont ce désencastrement, au reste partiel, s’est effectué alors. Certains avaient été mis en première ligne, sans être suffisamment protégés. Mais l’économie marchande, celle qui fonctionne selon le mode de la reproduction du capital, avait été suspendue et remplacée temporairement par des revenus issus de la puissance publique.

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- Accueil > Tribune > 17 octobre 2020 / Marie-Aleth Grard

On traite les pauvres comme on traite la nature : mal

À l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre, l’autrice de cette tribune, présidente d’ATD Quart Monde, explique que partir des plus pauvres pour repenser les finalités du travail peut donner naissance à une nouvelle politique écosociale. Les Territoires zéro chômeur en sont un bel exemple.

☛ Marie-Aleth Grard est présidente d’ATD Quart Monde.

Le constat est criant : nos sociétés traitent la nature de la même façon qu’elles traitent leurs membres les plus pauvres. Les ressources naturelles sont souvent pillées et polluées, en toute indifférence et impunité ; les personnes pauvres sont considérées comme complètement négligeables, leur force de travail mise au rebut dès qu’elle n’est plus nécessaire.

La façon dont on traite les personnes en situation d’extrême pauvreté s’avère encore plus pernicieuse que la manière dont on traite la nature. En effet, nul ne blâme la nature d’être responsable de sa dégradation, alors que, trop souvent, les personnes en situation de pauvreté sont accusées de "ne pas vouloir s’en sortir" et sont désignées comme responsables ou coupables de leur situation.

De fait, une même dynamique d’exploitation est à l’œuvre, et appelle à une remise en question globale de la société actuelle.

Pas de véritable politique écologique sans questionnement du travail

La transformation écologique et solidaire de la société n’est pas une bascule qui s’opérera lorsque toutes les conditions seront réunies pour le faire. Promouvoir cette transformation, c’est commencer dès à présent à expérimenter des modes de vivre ensemble qui concilient justice économique, sociale et environnementale. Cela induit un soutien immédiat, fort et pérenne aux initiatives proposant de faire de l’humain et de la nature, non des variables d’ajustement, mais le cœur et la raison d’être des logiques politiques, sociales et économiques.

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- Entretien > 17 octobre 2020 / Entretien avec Denis Colombi

"Pour éradiquer la pauvreté, il faut donner de l’argent aux pauvres"

"Si les pauvres savaient gérer leur argent, ils s’en sortiraient !" Le sociologue Denis Colombi démonte cette idée reçue et s’élève contre le regard moralisateur que les classes aisées portent sur la manière dont les pauvres dépensent leurs ressources.

Denis Colombi est sociologue et professeur en sciences économiques et sociales au lycée. Il est l’auteur du blog Une heure de peine et du livre Où va l’argent des pauvres (éd. Payot, 2020), dans lesquels il déconstruit le regard moralisateur des classes moyennes ou aisées sur les dépenses des classes pauvres. Il démontre que ceux-ci gèrent l’argent dont ils disposent de façon rationnelle.

Reporterre — D’où vous est venue l’envie de travailler sur l’argent des pauvres ?

Denis Colombi — En 2015, le conseil départemental des Bouches-du-Rhône a décidé de verser sa prime de Noël aux bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) sous forme de bons d’achats pour des jouets, "car la prime n’était pas forcément utilisée pour l’enfant". C’est un discours politique très répandu : les pauvres détournent les aides de leur destination officielle, et les pauvres sont pauvres parce qu’ils gèrent mal leur argent.

Ça m’a irrité, parce que derrière ces fantasmes politiques sur les pauvres et leur gestion de l’argent, les réalités sociologiques disent bien autre chose. Beaucoup de gens parlent des pauvres sans les connaître. Qui fait l’effort d’aller sur le terrain, d’étudier les choses finement ? Des journalistes, des travailleurs sociaux... Et des sociologues. On n’entend pas beaucoup parler de leurs travaux. En tant qu’enseignant au lycée, je voulais donner à voir la réalité qu’ils enregistrent et la diffuser à un public plus large. Mon ouvrage, Où va l’argent des pauvres ?, se veut une défense, en actes, de l’utilité de la sociologie.

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- PANDÉMIE - Pascaline Minet, Etienne Meyer-Vacherand, publié vendredi 16 octobre 2020 - Image d'illustration.  — © KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Solidarity confirme l’inefficacité de plusieurs traitements anti-covid

Très attendus, les résultats de l’essai clinique de l’OMS Solidarity viennent d’être publiés. Ils montrent que les traitements à base de remdesivir, hydroxychloroquine, lopinavir/ritonavir et interferon n’ont pas d’effet sur la mortalité des personnes hospitalisées

Lancé le 18 mars dernier par l’OMS, l’essai clinique Solidarity a tardé à livrer ses résultats. Attendus au mois de juillet, ils viennent d’être publiés sur le serveur de prépublication medRxiv. L’objectif de cette étude randomisée internationale, la plus large du monde avec plus de 12 000 participants répartis dans plus de 400 hôpitaux à travers 30 pays, était d’évaluer l’efficacité contre le Covid-19 de traitements déjà existants.

Las, aucun d’eux n’a fait ses preuves.

"Les résultats intérimaires de l’essai thérapeutique Solidarity indiquent que les traitements avec le remdesivir, l’hydroxychloroquine, l’association lopinavir/ritonavir et par interferon paraissent avoir peu ou pas d’effet sur la mortalité à 28 jours ou sur l’évolution du Covid-19 chez les patients hospitalisés", résume l’OMS sur son site.

D’autres usages de ces molécules, en prévention ou chez les personnes souffrant de formes plus légères de la maladie, n’ont pas été évalués dans cet essai.

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16 Octobre 2020

     

- Romain Raynaldy, publié mercredi 14 octobre 2020

L'Amérique et nous

Aux Etats-Unis, la science se retrouve en zone sinistrée

L’incompréhension est totale entre le locataire actuel de la Maison-Blanche et le monde de la recherche, en particulier au sujet du réchauffement climatique. Au point d’affaiblir la position dominante des Etats-Unis dans le domaine scientifique en faveur de l’Europe?

Comment l’Europe vit-elle les Etats-Unis de Donald Trump? Alors qu’une élection majeure se déroulera le 3 novembre, nous consacrons une série d’articles à cette Amérique qui fascine toujours, qui trouble ou qui dérange.

"Je ne pense pas que la science sache vraiment de quoi elle parle."

Le 14 septembre dernier, alors qu’il était en déplacement dans une Californie ravagée par des incendies monstres et asphyxiée par l’été le plus chaud de son histoire, Donald Trump a une fois de plus affiché son mépris pour la communauté scientifique et son scepticisme face au changement climatique. Un discours auquel les scientifiques sont habitués depuis quatre ans, mais qui reste "totalement décourageant", déplore Shannon Gibson, professeure en relations internationales, spécialisée dans les politiques environnementales, à l’Université de Californie du Sud (USC).

Autre exemple flagrant du dédain assumé de Donald Trump pour l’expertise scientifique: ses désaccords publics avec le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses, depuis le début de la crise du Covid-19. Les prises de position présidentielles constituent "une attaque en règle contre la science", poursuit Shannon Gibson. Outre ses déclarations et tweets à l’emporte-pièce, le locataire de la Maison-Blanche

"a aussi nommé à la direction d’agences gouvernementales des gens qui n’hésitent pas à critiquer ouvertement la science, et n’ont parfois même pas de formation scientifique", souligne-t-elle.

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- Politique - 12.octobre 2020 // Les Crises -  Source : New Statesman, George Eaton - Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Noam Chomsky : L’instant le plus dangereux de l’histoire de l’humanité

Le professeur américain avertit que la crise climatique, la menace de guerre nucléaire et la montée de l’autoritarisme font que le risque d’extinction de l’humanité n’a jamais été aussi élevé.

Noam Chomsky a averti que le monde se trouve à l’instant le plus dangereux de l’histoire de l’humanité en raison de la crise climatique, de la menace de guerre nucléaire et de la montée de l’autoritarisme. Dans un entretien exclusif avec le New Statesman, le linguiste et activiste américain de 91 ans a déclaré que les périls actuels dépassent ceux des années 1930.

"Il n’y a rien eu de semblable dans l’histoire de l’humanité", a déclaré Chomsky. "Je suis assez âgé pour me souvenir, de façon très vivante, de la menace que le nazisme puisse s’emparer d’une grande partie de l’Eurasie, ce n’était pas une préoccupation futile. Les planificateurs militaires américains avaient prévu que la guerre se terminerait avec une région dominée par les États-Unis et une région dominée par l’Allemagne… Mais même cela, suffisamment horrible, n’était pas comme la fin de la vie humaine organisée sur Terre, ce à quoi nous sommes confrontés”.

Chomsky a été interrogé avant le premier sommet de l’Internationale progressiste (18-20 septembre), une nouvelle organisation fondée par Bernie Sanders, l’ancien candidat à la présidence américaine, et Yanis Varoufakis, l’ancien ministre grec des Finances, pour contrer l’autoritarisme de droite. En écho au slogan du mouvement "Internationalisme ou extinction", Chomsky a mis en garde :

"Nous sommes à une confluence étonnante de crises très graves. L’ampleur de celles-ci a été illustrée par la dernière mise en marche de la célèbre horloge du Jugement dernier. Elle a été réglée chaque année depuis le bombardement atomique, l’aiguille des minutes a avancé et reculé. Mais en janvier dernier, elle a abandonné les minutes et est passée aux secondes jusqu’à minuit, ce qui signifie la fin. Et c’était avant l’ampleur de la pandémie”.

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15 Octobre 2020

     

- Agora Humeurs - Chronique intempestive - Par Henri Peña-Ruiz, publié le 12/10/2020

Liberté ou multiculturalisme ?

Le Québec nous montre en quoi la laïcité est un principe d'émancipation et non de soumission

Notre chroniqueur Henri Peña-Ruiz, auteur du "Dictionnaire amoureux de la laïcité" (Plon), salue la Loi 21, votée au Québec l'an dernier. Il explique en quoi la laïcité et son principe d'émancipation entrent en contradiction avec l'idéologie multiculturaliste, qui, elle, est moins du côté des libertés que ce que l'on pourrait croire.

À l’instar de l'ensemble du Canada, le Québec réunit des personnes de toutes origines et de toutes convictions. Une société "multiculturelle" y vit, comme en France. En se multipliant, les mouvements démographiques mondiaux donnent cette caractéristique à de nombreux pays. D'où la nécessité de définir les meilleures règles pour faire coexister harmonieusement des personnes de traditions et de convictions diverses. Laïcité républicaine ou multiculturalisme ? Telle est l'alternative. Rappelons que le mot culture a deux sens distincts, souvent contradictoires. Le premier recouvre l'ensemble des usages et coutumes d'un groupe humain. Le second désigne le processus de dépassement historique de cet ensemble. En juin 2019, l'État du Québec a voté la Loi 21, qui réaffirme quatre principes essentiels de la laïcité :

➠ la séparation de l’État et des religions,

➠ la neutralité religieuse de l’État,

➠ l’égalité de tous les citoyens et toutes les citoyennes,

➠ la liberté de conscience et de religion.

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- Élection USA - AFP - Publié le 14-10-20

"Des actions qui souillent l'air, tuent la vie sauvage ainsi que des humains": une revue signe un éditorial au vitriol contre Donald Trump

La revue scientifique Nature a annoncé mercredi son soutien à Joe Biden dans la course à la Maison Blanche, descendant en flamme Donald Trump, accusé de s'être employé à "abattre un système" destiné à protéger les citoyens.

"Aucun autre président dans l'histoire récente n'a essayé à ce point de politiser les agences gouvernementales et de les purger de l'expertise scientifique. Les actions de l'administration Trump accélèrent le changement climatique, rasent la nature, souillent l'air et tuent la vie sauvage - ainsi que des humains", écrit la revue de référence dans un éditorial cinglant.

Ce n'est pas la première fois qu'un candidat obtient les faveurs de Nature. La revue avait exprimé sa préférence pour Barack Obama en 2012 et pour Hillary Clinton en 2016, mais de façon moins incisive.

Nature pointe notamment du doigt l'annonce du retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat et d'institutions internationales comme l'Organisation mondiale de la Santé. Mais aussi les

"interférences sur les agences scientifiques et sanitaires (...) essentielles pour la sécurité de la population" et le "mépris" pour "les faits et la vérité, qui s'est affiché dans sa désastreuse réponse à la pandémie de Covid-19”.

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- Supreme Court - Story October 14, 2020 - Guests : Samuel Moyn professor of law and history at Yale University.

Making the Supreme Court Safe for Democracy: Samuel Moyn on Reforming an Undemocratic Institution

As Republicans race to confirm President Trump’s Supreme Court nominee Amy Coney Barrett prior to Election Day and cement a conservative majority on the top court for a generation or more, calls are growing for Joe Biden to increase the number of justices on the Supreme Court if elected president. But Yale legal scholar Samuel Moyn argues that beyond “packing the court” and other measures commonly proposed to rebalance the Supreme Court’s ideological makeup, the institution as a whole must be weakened in order to safeguard democracy. “This country was founded on minority rule and the rejection of democracy, and the Supreme Court has long been a part of that picture,” says Moyn. “Now that the right is on the brink of establishing control, it’s a dangerous institution.”

❐ This is a rush transcript. Copy may not be in its final form.

AMY GOODMAN: This is Democracy Now! The Quarantine Report. I’m Amy Goodman, with Juan González, as we continue to look at the Republican race to confirm President Trump’s Supreme Court nominee Judge Amy Coney Barrett prior to Election Day.

If confirmed to fill Ruth Bader Ginsburg’s seat, Barrett will give conservatives a 6-to-3 advantage on the court. It would also mean the majority of the justices on the court were selected by presidents that did not win the popular vote.

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- Climat - 14.octobre.2020 // Les Crises - Source : Global Climat, Johan Lorck

Confirmation du déséquilibre énergétique de la Terre – par Johan Lorck

Une évaluation complète du déséquilibre énergétique de la Terre a été publiée par le Système mondial d’observation du climat (GCOS). Dans la revue Earth System Science Data, un groupe de plus de 30 chercheurs d’institutions scientifiques du monde entier a suivi et quantifié le stockage de chaleur global de 1960 à 2018 pour répondre à une question fondamentale : où va la chaleur ?

Pour caractériser le réchauffement climatique, deux paramètres sont particulièrement suivis : l’évolution de la concentration de CO2 et la température à la surface de la Terre. Le déséquilibre énergétique de la Terre (DET ou Earth Energy Imbalance en anglais), reçoit moins d’attention mais c’est probablement la meilleure approche pour comprendre l’état climatique de la Terre. Le DET est la différence entre la quantité d’énergie solaire absorbée par la Terre et la quantité d’énergie que la planète rayonne vers l’espace sous forme de chaleur.

L’absorption de chaleur par l’océan agit comme un tampon, ralentissant le rythme du réchauffement de surface. Ainsi, la capacité de l’océan à stocker et à redistribuer verticalement de grandes quantités de chaleur sur une dizaine d’années signifie que les tendances de température de surface sont un indicateur peu fiable du réchauffement climatique à ces échelles de temps. Le DET traduit en revanche l’excès de chaleur qui s’accumule dans tout le système terrestre : c’est le véritable moteur du réchauffement climatique.

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- Alternatives > 15 octobre 2020 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Les scientifiques français entament leur mue écologique

La communauté scientifique ne se limite plus à documenter le désastre climatique : elle agit pour le changement. En France, deux mille scientifiques de toutes les disciplines ont ainsi rejoint le collectif Labo 1point5, qui aide les laboratoires à réaliser leur transition écologique. Une première mondiale qui entend bien faire des émules.

"Chaque fraction de degré compte : il y a urgence à accélérer la lutte contre le changement climatique, et le milieu scientifique doit participer à cet effort collectif", affirme Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe de travail 1 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Face à l’apathie des dirigeants du monde, qui ne parviennent pas à faire infléchir les courbes d’émissions de gaz à effet de serre, la communauté scientifique ne se contente plus de documenter les bouleversements climatiques et environnementaux. Elle tente désormais d’incarner le changement. Partout dans le monde, les initiatives se multiplient pour réduire l’empreinte carbone trop lourde de laboratoires gourmands en énergie, et de chercheurs qui prennent trop l’avion.

Pionnier en la matière, le Tyndall Centre for Climate Change Research, une organisation scientifique basée au Royaume-Uni, a développé « une culture de la recherche bas-carbone pour le XXIe siècle". D’autres initiatives ont fleuri, à l’image de No Fly Climate Sci, collectif regroupant les géoscientifiques, les universitaires et les citoyens du monde entier qui ne volent pas ou qui volent moins.

En France, cet élan de sobriété pourrait connaître un grand coup d’accélérateur. Depuis plusieurs mois, las de chercher des solutions dans leur coin, des scientifiques ont construit une dynamique nationale pour réduire l’empreinte carbone de la recherche française. Deux mille d’entre eux se sont rassemblés autour du collectif Labos 1point5, ouvert aux membres de la communauté académique, quels que soient leur discipline ou leur statut. Une première mondiale.

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- Environment & Health - February 28, 2019, by Sharon Zhang - Published September 27, 2020

What Does Equitable Climate Policy Actually Look Like?

This story is part of Covering Climate Now, a global journalism collaboration strengthening coverage of the climate story.

Los Cerritos Wetlands, in Long Beach, California, was once a thriving wetlands, but is now mostly privately owned and used for oil extraction and processing operations, as seen in this photo taken on - Citizen of the Planet / Education Images/Universal Images Group via Getty Images

Back in March, when the pandemic had just planted its roots in the U.S., President Donald Trump directed the Environmental Protection Agency (EPA) to do something devastating: The agency was to indefinitely and cruelly suspend environmental rule enforcement.

The EPA complied, and for just under half a year, it provided over 3,000 waivers that granted facilities clemency from state-level environmental rule compliance.

These rule suspensions ended last month, but they almost undoubtedly caused an increase in pollution rates, as one preliminary study already found.

What’s worse is that we’ll likely never know the full extent of the damage, as the agency also suspended rules for self-monitoring (and even before the pandemic monitoring was already limited).

Analysts at the Environmental Data and Governance Initiative found that, in March and April, industrial polluters conducted 40 percent fewer tests compared to the same time in 2019, according to self-reported data.

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14 Octobre 2020

     

- Santé - Sylvie Logean, publié mardi 13 octobre 2020 - Image d'illustration. — © Lucas Ninno

Coronavirus: l’importance des aérosols revue à la hausse

Cela semble désormais une évidence: les aérosols, ces particules invisibles en suspension, seraient responsables d’au moins 70% des infections au coronavirus – soit bien plus qu’initialement estimé

“Le coronavirus pourrait finalement se transmettre par l’air.” 

Début avril déjà, la communauté scientifique et Le Temps alertaient sur une possible transmission du virus SARS-CoV-2 dans l’air ambiant et non pas, comme cela avait été suggéré jusque-là, uniquement via de grosses gouttelettes éjectées par la toux, les éternuements ou les postillons.

Il aura néanmoins fallu attendre la mi-juillet pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) intègre la question des aérosols dans ses recommandations officielles et reconnaisse la probabilité d’une dissémination de la maladie par voie aérienne.

Aujourd’hui, nombre d’études se penchent sur le rôle et la formation de ces fines particules ainsi que sur l’importance de ce mode de diffusion dans la pandémie de Covid-19. Le point sur l’état actuel des connaissances en quatre questions.

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- Chronique > 14 octobre 2020 / Corinne Morel Darleux (Reporterre)

Nous n’irons plus "dans la forêt"

Notre chroniqueuse a appris avec émotion la destruction par les incendies de la maison californienne de l’écrivaine Jean Hegland, un lieu qu’elle "connaissait" grâce au roman "Dans la forêt". Ce drame devrait nous inciter à aimer ce qui nous entoure, même le plus insignifiant, pour refuser de le laisser disparaître sans se battre.

Corinne Morel Darleux est conseillère régionale Auvergne — Rhône-Alpes et a publié Plutôt couler en beauté plutôt que flotter sans grâce.

J’ai appris ce matin que la maison et la forêt de la romancière Jean Hegland, dépeinte dans son très beau roman Dans la forêt, avait été détruite cet été par les incendies qui ont ravagé la Californie. Une source d’inspiration, de beauté et de vie, réduite en cendres… J’en ai été bouleversée. C’est tragique naturellement, mais pourquoi cette perte me touche-t-elle autant ? Examiner la succession des catastrophes est devenu la litanie de nos journées et des incendies, malheureusement, il y en a maintenant toute l’année. En Californie, en Australie, au Brésil ; le monde n’en finit pas de brûler et ce n’est pas la première fois que je me confronte au sujet. Mais on est toujours plus percuté par les drames qui touchent une personne ou un lieu qu’on connaît, qu’on a appris à aimer, que ce soit par l’expérience vécue ou en imagination.

C’est ainsi que je me suis sentie particulièrement touchée récemment par les projets de travaux menaçant les étangs de Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine). Ces balades qui nous faisaient partir le dimanche dans la Simca familiale constituaient mes échappées au vert de gamine parisienne, qui tentait pleine d’espoir de faire germer quelques glands, au retour, dans un verre. Je ne préfère même pas savoir ce que devient le bois de Meudon où je passais une grande partie de mes étés en centre aéré, m’initiant au judo et à la construction de cabanes, découvrant les différentes espèces de champignons, arpentant en cachette la "carrière" où on dénichait encore parfois, tout excités, de vieux restes de douilles et de munitions.

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- Brèves > 13 octobre 2020

Les citoyens de la Convention climat demandent un "engagement formel" à M. Macron

Les 150 citoyens de la Convention citoyenne sur le climat s’inquiètent d’une possible marche arrière du gouvernement sur l’application de leur propositions.

Dans une lettre adressée lundi 12 octobre au président de la République, l’association des citoyens tirés au sort a appelé Emmanuel Macron à "réaffirmer" son "engagement formel" en faveur des proposition de la Convention. Les signataires demandent au chef de l’État de renouveler son soutien et son "envie ferme de faire aboutir" leurs propositions :

Nous avons le sentiment de manquer d’un soutien clair et défini de la part de l’exécutif dont les prises de position nous apparaissent parfois contradictoires. En effet, dans une période où des communications ouvertement hostiles à nos propositions sont formulées par certains acteurs professionnels, des déclarations ministérielles discordantes sur les sujets de l’aérien, de la publicité, du déploiement de la 5G, de la baisse de la TVA relative au transport ferroviaire, ou d’autres, viennent renforcer le trouble et obscurcir la parole présidentielle.

Emmanuel Macron s’était engagé en juin à reprendre 146 des 149 propositions de la Convention. Mais depuis, plusieurs ministres ont remis en cause certaines des mesures. Lors de l’examen du budget 2021, la commission des finances de l’Assemblée nationale a également rejeté plusieurs amendements qui reprenaient des propositions des citoyens conventionnels. D’après un décompte de Greenpeace, au 30 septembre dernier, le gouvernement s’était déjà positionné contre plus de 20 mesures de la Convention.

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- États-Unis - Analyse - 13 octobre 2020 Par François Bonnet

Vivre avec une Amérique de "cinglés"

C’est l’un des adjectifs préférés de Trump, qu’il ne réserve pas qu’à Biden "Joe le cinglé". Ce mot peut aussi résumer l’état d’une société américaine qui bascule dans un extrémisme enragé, au nom de Dieu et d’un messianisme blanc et dominateur. Vingt ans de guerres ininterrompues ont remodelé en profondeur l’Empire américain pour en faire un "État voyou".

Qu’il soit réélu ou non le 3 novembre, Donald Trump a déjà remporté quelques grandes victoires. La principale ? À la différence de bien d’autres présidents, le bilan de son mandat à la Maison Blanche sera largement irréversible. Le souhait de nombreux alliés des États-Unis et électeurs de Joe Biden d’en finir une bonne fois avec Donald Trump, d’en effacer toute trace, est un vœu pieux.

Ils aimeraient se rassurer, se dire qu’après ce pénible intermède de quatre ans, tout va reprendre as usual. Ils se trompent. Le retour au "monde d’avant" n’aura pas lieu.

Car même battu, Trump aura fait surgir en pleine lumière et renforcé avec succès cette Amérique jusqu’alors reléguée derrière le décor. Les deux mandats courtois de Barack Obama – dont le bilan politique, bien mince, s’est lui révélé réversible – avaient endigué et même masqué les évolutions lourdes d’une société américaine où le pire est désormais la norme.

Trump incarne magnifiquement ce pire. Il a libéré la parole boueuse de larges pans de la société soudain promus au centre de la table. Cette Amérique-là existe, massivement, et elle ne retournera pas au fond du placard si Trump est battu. Son mantra est "Dieu, les armes à feu, l’argent". Son ignorance la projette dans un complotisme aigu. Son patriotisme dévoyé la mène à un militarisme fanatique. Sa vulgarité individualiste demeure le carburant d’un racisme et d’une xénophobie revendiqués.

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- Civil Unrest - Donald Trump - US Military - By Andrew McCormick, October 6, 2020

How America Turned on Itself

Amid talk of “civil war,” it’s impossible to imagine the violence of this moment in the absence of America’s forever wars abroad.

A peculiar thing about the forever wars, different from wars past, is that progressively fewer Americans have served in the military or even know someone who has served. Currently, less than one half of 1 percent of the US population is on active duty. Among them, far fewer are ever deployed to a combat zone. This is mostly a good thing, the result of the end of the draft in 1973: When service is not compulsory, studies show, those who join up are generally more committed, and the overall professionalism of the force rises. Beyond that, do we really want to live in a society where military service is mandatory? I’m a veteran, and I certainly do not.

With fewer serving, however, fewer Americans ever need to grapple with the devastating realities of war or the often-cataclysmic implications of our country’s actions abroad. If national leaders, say, lose themselves in a global war with no discernible strategy and no clear definitions of success, well, how many Americans really are going to stand up and demand better?

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- California - Oliver Milman and Vivian Ho, Tuesday 6 October 2020

California wildfires spawn first ‘gigafire’ in modern history

August complex fire expanded beyond 1m acres, elevating it from a mere ‘megafire’ to a new classification: ‘gigafire’

At 1.03m acres, the fire is larger than the state of Rhode Island and is raging across seven counties, according to fire agency Cal Fire. Photograph: Noah Berger/AP

California’s extraordinary year of wildfires has spawned another new milestone – the first “gigafire”, a blaze spanning 1m acres, in modern history.

On Monday, the August complex fire in northern California expanded beyond 1m acres, elevating it from a mere “megafire” to a new classification, “gigafire”, never used before in a contemporary setting in the state.

At 1.03m acres, the fire is larger than the state of Rhode Island and is raging across seven counties, according to fire agency Cal Fire. An amalgamation of several fires caused when lightning struck dry forests in August, the vast conflagration has been burning for 50 days and is only half-contained.

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13 Octobre 2020

     

- Multinationales - par Maxime Combes, Olivier Petitjean, 12 octobre 2020

Corona-profiteurs : ruissellement d’aides publiques à ceux qui continuent de carboniser le climat

L’épidémie de Covid a justifié des aides massives aux entreprises du CAC40, même aux plus gros pollueurs, et ce sans aucune contrepartie. L’Observatoire des multinationales publie ce 12 octobre “Allô Bercy”, un rapport sur les corona-profiteurs. Extraits.

Une bonne partie des aides débloquées par le gouvernement pour faire face à la crise économique bénéficie à des entreprises et des secteurs très polluants, à commencer par celui de l’automobile, avec un prêt de 5 milliards d’euros à Renault, un plan de soutien de 8 milliards d’euros au secteur et plusieurs milliards via le plan de relance. Le transport aérien profite également d’un prêt de 7 milliards à Air France et d’un plan sectoriel. Même le groupe pétrolier Total, l’un des premiers responsables historiques du réchauffement climatique, bénéficie de soutiens publics indirects via la baisse des impôts de production et des achats d’obligation de la Banque de France. Hors CAC40, le groupe para-pétrolier Vallourec devrait profiter d’un apport en capital de la part de la banque publique Bpifrance.

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- Multinationales - par Maxime Combes, Olivier Petitjean, 12 octobre 2020

Allô Bercy : ces entreprises du CAC40 qui profitent sans contrepartie des aides publiques Covid

Des aides massives ont été versées aux grandes entreprises du CAC40, suite à l’épidémie de Covid. Sans contrepartie : ces dernières continuent à distribuer de généreux dividendes à leurs actionnaires, tout en annonçant la suppression de près de 60 000 emplois, dont 15 000 en France. L’Observatoire des multinationales publie ce 12 octobre un rapport sur ces corona-profiteurs. Extraits.

En France, comme ailleurs, la pandémie de Covid-19 a poussé les gouvernements à ouvrir grande leur bourse pour protéger l’économie, sauver des emplois, préserver des entreprises de la faillite. Près de 300 milliards d’euros de prêts garantis par l’État, un plan d’urgence à 110 milliards d’euros, dont 7 milliards d’euros pour Air France et 5 milliards pour Renault, un plan tourisme, un plan automobile, un plan aéronautique, pour la relocalisation industrielle, des baisses d’impôts, un plan de relance annoncé à 100 milliards... Les sommes affichées sont d’une ampleur inédite. Elles profitent largement aux grands groupes et à leurs actionnaires, beaucoup moins aux salariés.

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- Enquête > 13 octobre 2020 / Maxime Carsel (Reporterre)

L’Éducation nationale a-t-elle distribué des masques toxiques aux enseignants ?

L’Éducation nationale a fourni cinq masques en tissu de la marque DIM à chaque enseignant au moment de la rentrée scolaire. Or, ces masques sont traités à la zéolithe d’argent, un biocide considéré comme toxique pour la santé humaine et l’environnement.

Le 8 septembre dernier, Emmanuel Macron prenait le micro devant les étudiants d’un lycée professionnel de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) dans le cadre de "L’égalité des chances". Derrière son masque, il déroulait son texte quand, soudain, ce fut le drame : "Pardon je m’étrangle", toussa-t-il. Il tenta de reprendre son discours, mais sa voix tangua et la quinte de toux revint : "Donnez-moi un masque peut-être plus léger. Je vais mettre un masque plus léger parce que j’ai dû absorber un truc du masque."

Le masque qui a failli étouffer M. Macron était un de ceux distribués au corps enseignant par l’Éducation nationale pour la rentrée scolaire. Une manne pour la marque DIM, qui les fabrique.

DIM ne cache pas — c’est écrit sur l’emballage, voir photo ci-dessous — que ses masques ne sont "(…) ni un dispositif médical au sens du règlement (UE) 2017/745 (masques chirurgicaux), ni un équipement de protection individuelle au sens du règlement (UE) 2016/425 (masques filtrants de type FFP2)". Malgré tout ils gardent leur utilité si les gestes barrière sont respectés scrupuleusement. Or, dans une école maternelle, les gestes barrière sont impossibles à tenir. "Le protocole sanitaire change tout le temps, il est de plus en plus allégé. Le brassage des élèves et de nouveau autorisé depuis jeudi 8 octobre, par exemple", affirme Chloé, professeur des écoles à Paris. Pourtant, les établissements scolaires sont parmi les premiers foyers épidémiques du pays. D’après Santé publique France, 35,9 % des 1.001 foyers épidémiques en cours d’investigation étaient localisés en milieu scolaire au lundi 28 septembre.

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- Alternatives > 13 octobre 2020 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

Même à petite échelle, la méthanisation suscite des débats

Ils utilisent leurs propres déchets pour alimenter leur méthaniseur et réinjectent ensuite l’énergie produite dans le réseau électrique. Les agriculteurs qui font le choix de la micro méthanisation misent sur l’autonomie de leur exploitation et la consolidation de leurs revenus.

Rennes (Ille-et-Vilaine), correspondance­ - La transformation de déchets agricoles en gaz est une pratique qui se répand avec son lot d’inquiétudes et parfois d’accidents. Le 17 août, à Châteaulin dans le Finistère, la cuve d’une unité de méthanisation a débordé dans la rivière voisine. Pas de chance, la station de potabilisation était à moins de dix kilomètres en aval. 400 m3 de digestat se sont déversés et près de 200.000 habitants se sont retrouvés sans eau potable pendant plusieurs jours. Dans la presse locale, l’association Eaux et rivières de Bretagne a dénoncé un « développement anarchique de la méthanisation en Bretagne" et annoncé porter plainte pour pollution des eaux.

La tentation est grande de rejeter en bloc toutes les installations... Pourtant, les nuances sont nombreuses tant les binômes méthanisation — exploitation agricole sont variés.

À la frontière entre Ille-et-Vilaine et Morbihan, Pascal Nizan a installé sur sa ferme une petite unité de méthanisation. De quoi obtenir 22 kilowattheures (kWh) par an, si peu par rapport aux 22 gigawattheures (gWh) de l’unité de Châteaulin. "J’avais de la matière, des déchets, je voulais valoriser ça. Tout est fait en interne, rien ne vient de l’extérieur", explique le producteur de lait. Déjections de vaches, rebus de sa production de maïs, tout part dans la cuve du méthaniseur. À la sortie, le méthane dégagé rejoint le réseau électrique. Avec son associé, il a investi un peu plus de 200.000 euros dans l’installation et signé un contrat sur vingt ans avec GRDF (Gaz réseau distribution France) pour un rachat de sa production à hauteur de 22,5 €/kW. "Le retour sur investissement est prévu sur douze ans", détaille celui qui a aussi installé des panneaux photovoltaïques sur le toit d’un de ses bâtiments. Cela lui rapporte 3.500 euros par an. "C’est pour l’avenir aussi qu’on a investi, pour stabiliser l’exploitation."

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- environnement - ATS - Publié mardi 13 octobre 2020

Un rapport publié ce mardi par l'ONU à Genève estime qu'environ 150 millions des personnes dans le monde seront victimes, chaque année, de catastrophes naturelles d'ici une dizaine d'années 

Les désastres feront environ 150 millions de victimes par an d'ici 2030, selon les estimations de l'ONU. Soit une augmentation d'environ 50% par rapport à la situation en 2018, où 108 millions de personnes avaient été affectées, dit un rapport publié mardi à Genève.

D'ici 2030, les coûts de ces désastres devraient atteindre 20 milliards de dollars par an, affirment 16 agences internationales et institutions financières. Le changement climatique a augmenté les situations météorologiques et ces catastrophes, aussi bien en nombre qu'en violence, insistent-elles.

Or, un tiers de la population mondiale ne peut toujours pas être alerté avant un désastre avec un dispositif adapté. Depuis 1970, plus de 11 000 catastrophes liées au climat ont été observées pour un coût de plus de 3000 milliards de francs, dont environ 150 milliards dans les petits Etats insulaires. Elles ont été multipliées par cinq, alors même que le nombre de victimes a été divisé par trois.

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12 Octobre 2020

     

- Annals of a Warming Planet - By Elizabeth Kolbert, October 5, 2020

Three Scenarios for the Future of Climate Change

Like millions of other Americans, I first learned about climate change in the summer of 1988. For its day, it was a scorcher: Yellowstone National Park burst into flames; the Mississippi River ran so low that almost four thousand barges got backed up at Memphis; and, for the first time in its history, Harvard University shut down owing to heat. It was on an afternoon when the mercury in Washington, D.C., hit ninety-eight degrees that James Hansen, then the head of NASA’s Goddard Institute for Space Studies, told a Senate committee that

“the greenhouse effect has been detected and is changing our climate now.”

Speaking to reporters after the hearing, Hansen went a step further:

“It is time to stop waffling so much and say that the evidence is pretty strong that the greenhouse effect is here.”

Hansen’s warning was certainly not the first. A report to President Lyndon Johnson in 1965 noted that the effect of burning fossil fuels was likely to be

“deleterious from the point of view of human beings.”

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- Opinion Donald Trump - Sunday 4 October 2020, Robert Reich

Trump, Covid and empathy for the world's least empathetic man

Biden is praying for him – and yet the Trump campaign’s negative ads continue. There’s an asymmetry of decency here

For about a minute today I found myself feeling sorry for Donald Trump. The poor man is now “battling” Covid-19 (the pugilistic verb is showing up all over the news). He’s in the hospital. He’s out of shape. He’s 74 years old. His chief of staff reportedly says his symptoms are “very concerning”.

Joe Biden is praying for him. Kamala Harris sends him heartfelt wishes. President Obama reminds us we’re all in this together and we want to make sure everyone is healthy.

But hold on: why should we feel empathy for one of the most unempathetic people in the world?

One reason is out of respect. He’s a human being. He’s our president.

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- Accueil > Enquête > 12 octobre 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Les voitures SUV roulent à contresens de l’histoire

Portée par une publicité insistante, l’explosion des ventes de SUV, ces lourdes voitures aux faux airs de 4x4, est une très mauvaise nouvelle pour le climat. Dans le monde, ils représentent la deuxième source de hausse des émissions de gaz à effet de serre depuis dix ans.

En 2018, si les SUV avaient été une nation, ils auraient été à la septième place parmi les plus gros pollueurs. Ces véhicules aux allures de 4x4 émettent chaque année dans le monde 700 mégatonnes de CO2, soit autant que le Royaume-Uni et les Pays-Bas réunis. Derrière l’innocent acronyme se cache une véritable bombe climatique qui nous conduit droit au désastre.

Apparu à la fin des années 2000 de l’autre côté de l’Atlantique, le terme désigne une nouvelle génération de voitures individuelles plus énergivores, plus lourdes et moins aérodynamiques : le "Sport Utility Vehicle", qui veut littéralement dire en français "véhicule utilitaire à caractère sportif". Sa carrosserie rutilante ressemble à celle d’un véhicule tout terrain mais le SUV est principalement utilisé en ville, où il est devenu une marque de distinction et l’apanage des classes sociales supérieures.

Aujourd’hui, plus de 200 millions de SUV circulent dans le monde et la tendance n’est pas à la décroissance. "Les chars d’assaut urbain se banalisent", déplorent les associations écologistes comme Greenpeace. Avec ces mastodontes de 2,5 tonnes, c’est toute la logique du capitalisme ostentatoire qui repart pour un tour.

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- Accueil > Reportage > 12 octobre 2020 / Laure Giuily et Luca Schilirò (Reporterre)

"Tous les oliviers meurent" : les paysans italiens face à une bactérie incontrôlable

Depuis 2013, la "Xylella fastidiosa" ravage le Salento, la pointe sud des Pouilles. Cette bactérie, qui tue les oliviers en les asséchant, a déjà détruit près de vingt millions d’arbres et remonte vers le nord de la région. La fin de ces oliviers, "c’est une ère qui se termine", résume un oléiculteur.

Ugento (Italie), reportage - Oléiculteurs de père en fils, les Marra sont implantés à Ugento, un petit village des Pouilles situé à quelques kilomètres de la côte ionienne, depuis 1880. "C’est mon arrière-arrière-grand-père qui a acheté ce terrain et y a planté nos premiers arbres", raconte Francesco Marra qui a récupéré la propriété familiale en 2003. Soixante-dix hectares dont 45 d’oliviers et 25 de vignobles, soit environ 4.000 arbres, qui produisaient chacun soixante kilos d’olives par an — près de 240 tonnes au total. Une entreprise lucrative et caractéristique du Salento — péninsule formant l’extrémité sud-est des Pouilles — réputé pour ses oliviers et son huile si particulière.

Mais cela fait maintenant trois ans que Francesco Marra n’a pas vendu une olive. Il n’en a plus. Comme beaucoup d’oléiculteurs de la région, il a été victime de la Xylella fastidiosa : une bactérie transmise par un insecte, la sputacchina, qui s’attaque aux racines des oliviers. Elle empêche l’eau et la sève de circuler, ce qui tue l’arbre par assèchement.

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- Living - By Emily Farra, October 10, 2020

Ahead of TED’s Global Climate Change Summit, 10 Youth Activists Share Their Visions for a Better Tomorrow

If you’re feeling overwhelmed about climate change, but are equally overwhelmed about the glut of information out there—books, articles, documentaries, social media campaigns, and on and on—consider this your one-stop crash course.

At 11:00 a.m., TED is launching Countdown, an open-to-the-public climate change summit streaming globally on YouTube. Simply put, it’s going to be big.

More than 50 speakers will take the virtual stage, including some familiar names: Don Cheadle and Mark Ruffalo are hosting the opening session alongside TED’s Chris Anderson; Al Gore and Jaden Smith are on the lineup for a panel about leadership; Jane Fonda and Xiye Bastida will hold a discussion about transforming our energy, transportation, and manufacturing systems; and Priyanka Chopra Jonas and Chris Hemsworth will chat with conservationists about how we can take action right now. Even Prince William will give a talk about the urgency of this moment.

Despite those starry headliners, many of the most important names on the program are new to us. Countdown is uniting the world’s best scientists, policy experts, political figures, and entrepreneurs to distill the facts—and, more helpfully, outline the solutions we urgently need.

We’ll also hear from passionate activists who are continuing the conversation online and in the streets, some of whom aren’t even 20 years old.

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- France - Analyse - 12 octobre 2020 Par Khedidja Zerouali

Comment McDonald’s organise son irresponsabilité

Par le morcellement de ses sociétés, McDonald’s parvient à contourner les obligations d'employeur pour un groupe de cette importance. Partout dans le monde, des salariées dénoncent un "harcèlement sexuel systématique", des restaurants jusqu’au siège. 

Le 18 mai 2020, une coalition de syndicats, dont l’Union internationale des employés des services (SEIU), a porté plainte contre le groupe McDonald’s pour "harcèlement sexuel systématique" auprès de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques, chargée de promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde). Selon ses auteurs, il s’agit de la première plainte pour "harcèlement sexuel généralisé dans une société multinationale" dans le cadre des principes directeurs de l’OCDE.

Les témoignages récoltés par les syndicats vont des commentaires sexistes aux agressions physiques contre des salariées d’Australie, du Brésil, du Chili, de Colombie, du Royaume-Uni, des États-Unis ou encore de France. "On constate qu’il y a un problème qui va au-delà de quelques individus pourris. C’est culturel, voire systémique au sein de l’entreprise", ajoute Nicholas Allen, coordinateur international pour le SEIU, l’un des plus importants syndicats américains du secteur des services. 

Deux ans auparavant, en septembre 2018, un an après le début du mouvement MeToo, des employées américaines de McDonald’s sonnaient déjà l’alarme. Dans plus de dix États américains, elles ont manifesté contre le harcèlement sexuel dans les fast-foods du géant américain. "Tiens ton burger, tiens tes frites, enlève tes mains de mes cuisses !" ont-elles scandé dans les rues de Saint-Louis (Missouri). 

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- France - Enquête - 12 octobre 2020 Par Khedidja Zerouali

Violences sexuelles: plongée dans l’enfer de salariées de McDo

Mediapart et StreetPress ont enquêté pendant plusieurs mois sur le management à McDo. Nous avons récolté 78 témoignages de salariées qui racontent un quotidien souvent fait de remarques sexistes, racistes, homophobes, voire d’agressions sexuelles… L’employeur est accusé d’avoir fermé les yeux.

"Ici, on force les salariées à porter une jupe. McDo macho." "Managers agresseurs, McDo complice." "Trans à McDo, c’est chaud." Le 9 mars dernier, des colleurs discrets recouvrent les murs de plusieurs restaurants, ou leurs alentours, de la célèbre chaîne de restauration rapide américaine. Des militants du collectif McDroits distribuent des tracts. On y lit : "Marre de la jupe obligatoire" ; "Marre de devoir sourire et être jolie". "Équipiers·ères polyvalent·e·s, hôtesses à McDo en avons assez de subir des remarques, des pressions, parce que femmes", dénonce la trentaine de salariées, qui se sont regroupées pour dénoncer le management chez McDo.

Mediapart et StreetPress (ici et là) ont enquêté pendant plus de deux mois sur le management au sein de différents restaurants McDo et, notamment, sur la gestion des récits de violences sexistes et sexuelles faits par leurs salariées. Au total, nous avons recueilli 38 témoignages de salarié·e·s qui se présentent comme victimes d’un management violent et, très souvent, sexiste. Des récits parfois très durs à entendre et à lire.

Ils s’ajoutent aux 40 collectés par le collectif McDroits et l’association React. Ceux-ci estiment que 25 d’entre eux renvoient à des faits pouvant s’apparenter à des actes de harcèlement sexuel, 24 à des faits de harcèlement moral et 7 à des agressions sexuelles (voir notre Boîte noire).

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- France - Enquête - 12 octobre 2020 Par Khedidja Zerouali

Dans le Sud, une franchise McDo dans la tourmente

Travail dissimulé, harcèlement moral, agression sexuelle, escroquerie : à Nîmes, le franchisé Yvan Dupuis-Bardinal est accusé d’avoir fait vivre un enfer à plusieurs salariées. Plusieurs plaintes ont été déposées.

À quelques kilomètres de Nîmes (Gard) vit Martine Guagliardo. Elle virevolte, souvent les larmes aux yeux, entre des montagnes de papiers. "Je tomberai McDo, je les tomberai tous", répète-t-elle comme une litanie. Autour d’elle, certaines piles de documents font près d’un mètre. Il y a des dossiers prud’homaux par dizaines, des réglementations qu’elle a écrites, des attestations de témoignage de salarié·e·s, des centaines de paragraphes témoignant de souffrance au travail, des jugements des prud’hommes et une rupture conventionnelle déchirée.

Près de douze ans après avoir commencé à travailler en tant que responsable juridique pour le franchisé McDo Yvan Dupuis-Bardinal, qui dirige trois restaurants, chapeautés par une holding, pour 150 salariés environ, elle se souvient de chaque cas, des dates précises où, pour des raisons plus ou moins légitimes, elle a dû licencier. Elle se rappelle chaque témoin, chaque équipier, chaque manager, chaque directeur. "Ça me fait mal de voir que j’ai participé à ça, ça me fait très mal. Surtout que j’ai fini par être broyée par le même système."

Pour Martine Guagliardo, le cauchemar de la franchise McDonald’s commence en mars 2008.

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- Accueil > Tribune > 12 octobre 2020 / Lara Benattar

Le "modèle écolo scandinave" n’existe pas

La Suède, la Norvège, le Danemark, la Finlande et l’Islande bénéficient d’une image écolo très positive à l’étranger, notamment en France. L’autrice de cette tribune invite pourtant à ne pas idéaliser les pays nordiques, leur réalité étant bien plus ambigüe.

Lara Benattar a écrit une note approfondie sur ce thème pour La Fabrique écologique.

Le Grand Nord a souvent un air d’utopie dans les discours politiques : Emmanuel Macron affirmait en visite au Danemark en 2018 que les Danois·e·s constituent, contrairement au "Gaulois réfractaire au changement", un peuple "luthérien" tourné vers la transformation.

En écho au concept d’orientalisme développé par Edward W. Said, le "boréalisme" fait référence à la manière dont le Nord scandinave et circumpolaire a été "fabriqué" par les discours au cours de l’Histoire. Cette région incarnerait les valeurs auxquelles les autres sociétés devraient œuvrer à donner corps. Les pays nordiques sont souvent vantés pour leur volontarisme écologique. Doit-on parler là "d’illusion boréale" ? Peut-on penser un "modèle scandinave" unique en matière d’écologie ?

Les idées reçues autour de l’écologie nordique

Martin Kylhammar montre à travers l’analyse de récits de voyage français des années 1950 que les Suédois sont vus comme "amoureux de la nature, heureux de vivre et profondément démocrates". Sur le site de l’Office du tourisme norvégien, "le respect de l’environnement, des animaux et des habitants" est présenté comme indispensable pour visiter la Norvège ; le "droit d’accès à la nature", "allemannsretten", étant inscrit dans la loi. Le concept scandinave de "friluftsliv", que l’on peut traduire comme "vie à l’air libre" — faisant par exemple référence au fait d’intégrer un footing en forêt à sa pause déjeuner — est pensé comme une manière d’atteindre un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. L’idée qu’il y aurait un modèle scandinave unique et écologique se retrouve dans le style d’architecture et de décoration scandinave, vu comme le reflet de sociétés "inclusives et égalitaires, libérales et tolérantes”.

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11 Octobre 2020

     

- 9 octobre 2020, La Relève et La Peste

Non, lutter pour la réduction du transport aérien ne relève pas du “fanatisme”

"Contrairement à ce qu’affirment Bertrand Piccard et Catherine Maunoury, nous ne souhaitons pas démanteler le secteur aérien et créer des problèmes d’emplois. La crise offre l’opportunité de prendre une trajectoire radicalement nouvelle pour le secteur. Comme d’autres acteurs tels que le Shift Project, nous soutenons la nécessité d’une décroissance maîtrisée et d’une transition des emplois notamment vers le ferroviaire."

Dans une tribune sortie dans le JDD, Bertrand Piccard et Catherine Maunoury ont critiqué les mobilisations organisées le samedi 3 octobre pour appeler à la réduction du trafic aérien.

En réaction, Le mouvement Notre Choix nous a contacté pour publier cette tribune qui constitue une réponse aux nombreux raccourcis qui cherchent à décrédibiliser une lutte légitime, ainsi qu’ils l’expliquent.

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- Pablo Maillé, 9 octobre 2020

“QAnon" : le méta-complot ultime de l’ère Trump

On vous explique l’invraisemblable succès de QAnon, un agrégat de thèses conspirationnistes américaines qui font de Donald Trump un "sauveur" face aux "pédo-sataniques".

Que signifie QAnon ?

Le nom "QAnon" est la contraction de la lettre "Q" et de l’expression "Anon", un raccourci pour "anonymous" ("anonyme") en anglais. Ce surnom date d’un post publié à l’automne 2017 sur le forum 4chan par un compte baptisé “Q Clearance Patriot". Ce dernier affirmait alors (sans aucune preuve et dans un langage pour le moins… cryptique) avoir accès à des informations classifiées prouvant l’existence d’un gigantesque complot à l’encontre non seulement de Donald Trump mais aussi de John Fitzgerald Kennedy, l’ancien président démocrate assassiné en 1963 à Dallas. Car l’ampleur des prétendus "complots" que QAnon dit vouloir "mettre au jour" est gigantesque.

Dans les grandes lignes de cet agrégat de théories plus farfelues les unes que les autres, une organisation criminelle impliquant la famille Rothschild, Barack Obama ou encore les stars d’Hollywood dirigeraient secrètement les États-Unis depuis plusieurs décennies. Une sorte de secte responsable de tous les malheurs du monde, à laquelle chaque président américain depuis Kennedy aurait secrètement appartenu… jusqu’à l’élection de Donald Trump, désigné par les adeptes de QAnon comme leur "sauveur" capable de faire tomber cet “État profond pédo-satanique”.

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- Home - Climat - 11.octobre.2020, Les Crises

James Finance contre Docteur Carbone – Conférence de Jean-Marc Jancovici

Source : Jean-Marc Jancovici – YouTube

https://livestream.com/swisslivehd/events/9300001/videos/211069644

Jean-Marc Jancovici était invité à l’Atlanti Forward Thinking Series à Genève pour une conférence le 17 septembre 2020.

Son intervention débute à 00:02:52

Le poids de cette vidéo a été réduit, pour diminuer sa consommation énergétique et donc les émissions de gaz à effet de serre induites, grâce à un tutoriel mis à disposition par le think tank The Shift Project

➤ Podcast audio de la conférence : cliquez ici

➤ Vidéo originale : cliquez ici

➤ Diaporama de la conférence : cliquez ici

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- Alternatives - par Nolwenn Weiler, 9 octobre 2020 - Dessin : © Rodho

Relocaliser la production de masques : une coopérative bretonne concurrencée par un milliardaire suisse

La relocalisation de certaines activités économiques devient une réalité en Bretagne. En 2021, deux usines de production de masques devraient voir le jour dans les Côtes-d’Armor. L’une est portée par une coopérative, l’autre par un milliardaire suisse. Sur place, l’existence de ces deux projets parallèles interroge.

Ce 10 octobre se tient à Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor, l’assemblée générale constitutive de “la Coop des masques”, qui prévoit de relancer la fabrication de masques (chirurgicaux et FFP2) en Bretagne. Lancée en plein confinement par des syndicalistes, cette idée d’entreprise coopérative s’est peu à peu concrétisée. En six mois, les cinq millions d’euros nécessaires au lancement de la production ont été réunis, les machines commandées et les premiers recrutements lancés. Une trentaine de personnes devraient être embauchées dans un premier temps.

Un temps qualifiés de "doux rêveurs", les initiateurs du projet sont donc plutôt satisfaits. Mais à quelques kilomètres de l’usine coopérative, une entreprise similaire est en train de se monter, financée par un milliardaire suisse, qui a promis 15 millions d’euros et 150 à 200 emplois…

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10 Octobre 2020

     

- Info > 10 octobre 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Alpes-Maritimes : après les pluies torrentielles, quatre enseignements à tirer

La violence des inondations qui ont frappé les Alpes-Maritimes début octobre est-elle liée au changement climatique ? La crise a-t-elle bien été gérée ? L’aménagement du territoire a-t-il joué un rôle ? Comment reconstruire ? Reporterre fait le point.

Une semaine après les pluies torrentielles, les vallées de la Vésubie, de la Tinée et de la Roya, dans les Alpes-Maritimes, comptent encore les disparus. Le corps d’un pompier a été retrouvé le 8 octobre ; il s’agit du cinquième décès officiellement recensé en France — deux personnes sont mortes en Italie. Sept personnes restent portées disparues et treize autres sont "supposées disparues".

Ces intempéries ont également arraché nombre de routes, dévasté des maisons et détruit des infrastructures électriques. Jeudi 8 octobre, certaines zones de la vallée de la Roya étaient toujours complètement isolées. Le coût de la reconstruction est estimé à un milliard d’euros, a indiqué le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, en se fondant sur des chiffres du préfet. Lors d’un entretien sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron a assuré, mercredi 7 octobre, que l’État investirait "plusieurs centaines de millions d’euros". "La Nation sera présente dans la durée", a promis le chef de l’État.

"On annonce des milliards, c’est essentiel, il faut venir en aide aux sinistrés, mais on ne résoudra pas le problème comme ça", estime Stéphanie Bidault, directrice du Centre européen de prévention du risque inondation (Cepri).

Ces événements ne sont pas “exceptionnels”, ils sont amenés à se reproduire. Un Français sur quatre est concerné par le risque inondation, notre territoire est extrêmement vulnérable. On ne peut pas se contenter de lâcher des millions d’euros une fois le drame arrivé pour reconstruire. Il faut anticiper, prévenir, s’adapter !"

Ainsi, au-delà de la question, délicate, des réparations, quels premiers enseignements peut-on tirer de cette catastrophe ? Comment éviter, à l’avenir, que de tels drames ne se reproduisent ? Voici quelques pistes de réponses…

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- Climate Change - Arctic - Environment and Natural Resource Security - 02 October 2020, Johnny Wood Senior Writer, Formative Content

Zombie fires and other strange events are happening in the Arctic – here’s what you need to know

The climate crisis has been linked to unusual events happening in the Siberian tundra. So-called ‘zombie fires’ are adding to record-breaking carbon emissions. Methane gas explosions could have formed giant craters.

The Arctic is warming twice as fast as the rest of the world.

Emulating the ‘flesh eating’ zombies that rise from the dead in horror movies, scientists believe zombie fires could smoulder in peat, beneath the Arctic’s icy surface, throughout the winter months. When spring comes, the fires reignite surface vegetation, emitting carbon dioxide from both the vegetation and the peat, which is a natural carbon dioxide store.

Record-high Arctic carbon emissions in 2019 were eclipsed this year as summer fires helped push the region’s emissions more than a third higher still, according to the Copernicus Atmosphere Monitoring Service (CAMS).

Millions of acres of Russia’s Sakha Republic have been decimated by fire, as warming temperatures brought a summer wildfire season which started early and combusted with unusual intensity, exacerbating the climate crisis.

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- Opinion - By Paul Krugman, Opinion Columnist, October 8, 2020

Trump Is Killing the Economy Out of Spite

So what will he do if he loses the election?

Last year Donald Trump called Nancy Pelosi, the House speaker, a “nasty, vindictive, horrible person.” Actually, she isn’t — but he is.

Trump’s vindictiveness has become a major worry as the election approaches. He has already signaled that he won’t accept the result if he loses, which seems increasingly likely though not certain. Nobody knows what chaos, possibly including violence, he may unleash if the election doesn’t go his way.

Even aside from that concern, however, a defeated Trump would still be president for two and a half months. Would he spend that time acting destructively, in effect taking revenge on America for rejecting him?

Well, we got a preview of what a lame-duck Trump presidency might look like Tuesday. Trump hasn’t even lost yet, but he abruptly cut off talks on an economic relief package millions of Americans desperately need (although as of Thursday he seemed to be backtracking). And his motivation seems to have been sheer spite.

Why do we need economic relief ? Despite several months of large employment gains, America has only partly recovered from horrific job losses in the early months of the pandemic — and the pace of recovery has slowed to a relative crawl. All indications are that the economy will remain weak for many months, maybe even years.

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- Le 09 oct 2020, par Guillaume Jacquot - Crédits photo principale : BERTRAND GUAY / AFP

"Les chiffres sont absolument hallucinants" : la gauche du Sénat s’empare d’un nouveau rapport sur la suppression de l’ISF

Le comité d’évaluation des réformes de la fiscalité a remis son second rapport. Il fait état d’une explosion de la progression des dividendes chez les 0,1 % les plus fortunés, après la suppression de l’ISF et l’abaissement de la fiscalité sur le capital. Deux sénateurs, socialistes et communistes, entendent se servir de ses conclusions, à l’heure du débat sur le budget 2021 et de la progression de la pauvreté.

Le deuxième rapport du comité d’évaluation des réformes de la fiscalité, publié ce 8 octobre, est sans appel. Les réformes du début du quinquennat sur la fiscalité du capital ont eu comme corollaire un enrichissement très marqué des 0,1% les plus fortunés du pays. Réalisé sous l’égide de France stratégie, organe de prospective rattaché au Premier ministre, le rapport note que les dividendes ont augmenté “fortement”, de 60% en 2018, pour atteindre en volume 23,2 milliards d’euros. La tendance haussière se poursuit en 2019.

"Les 0,1 % de Français les plus aisés sont un quart de fois plus riches que les 0,1 % de 2017", constate l’étude.

“Ce rapport souligne de façon caractérisée et solide : pour les très hauts revenus, le gain est considérable”, note le sénateur socialiste Vincent Eblé, ex-président de la commission des finances au Sénat.

“Les chiffres sont absolument hallucinants. En une seule année, l’inflexion est énorme. C’est un changement de nature démentiel."

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09 Octobre 2020

     

- marine life Oceans - October 06, 2020 - Deutsche Welle, By Charli Shield

Unexplained Ecological Disaster in Russia Kills Scores of Marine Life

Local authorities in the eastern Russian city of Petropavlovsk-Kamchatskiy have been warning people against visiting the nearby Khalaktyrsky beach, after surfers complained of partially losing their eyesight and experiencing headaches, fevers and nausea when venturing into the water.

Khalaktyrsky beach in the eastern Russian city of Petropavlovsk-Kamchatskiy in 2018. Yuri Smityuk / TASS / Getty Images

"I noticed the ocean had a strange taste and didn't smell like it usually does. My eyes hurt, I had a dry, scratchy throat and my body itched horribly," Anton Morozov, founder of local surfing school, Snowave, told DW.

He and his team first noticed their symptoms in early September, but didn't associate them with the ocean until later in the month, when they reported them to the authorities.

Since then, images of dead octopuses, seals, sea urchins and starfish littered along the beach have been shared on social media, with some beachgoers saying dead fish look as if they have been boiled.

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- Alternatives > 9 octobre 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Les communes, nouvelles actrices de l’installation paysanne

Les communes sont de plus en plus nombreuses à faciliter l’installation des agriculteurs — de belles initiatives recensées par une nouvelle plateforme, Récolte. C’est le cas de Capestang, petite ville de l’Hérault, qui s’est lancée dans une "reconquête agricole".

Capestang (Hérault), reportage - Quelques bourdons butinent les lavandes. Accroupie au milieu des rangées, Emmanuelle Duroc les salue. Les joues légèrement rougies par le vent froid du début d’automne, elle s’occupe de ses plants d’aromates. De la lavande, donc, mais aussi du thym, du romarin, du lavandin, de la sauge qui embaument l’air ambiant. Au loin, le temps clair permet de distinguer les derniers reliefs de l’extrême sud du Massif central. Autrefois secrétaire, avec des journées à travailler entre quatre murs, la jeune femme savoure désormais la vue et la vie en plein air. "J’ai commencé à cultiver il y a deux ans, et j’ai déclaré mon activité officiellement en juillet 2019", raconte-t-elle. "Ici, c’est ma première parcelle. J’ai mis du temps à la trouver !"

Non issue du milieu paysan, reconvertie sur le tard, Emmanuelle Duroc a dû franchir les nombreux obstacles placés sur la route des néopaysans — la plus grande difficulté est bien souvent de trouver une terre. Elle a passé plusieurs mois à scruter Le bon coin, le site en ligne de petites annonces où l’on trouve notamment des offres immobilières. "Je ne compte pas les coups de fil, les demandes de renseignement… C’est paradoxal : il y a des terres en friche partout ! Mais soit on ne retrouve pas le propriétaire soit ils ne veulent ni louer ni vendre. Ou vous le proposent à prix d’or."

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- Entretien > 9 octobre 2020 / Entretien avec Gabriel Amard

Fusion Veolia-Suez : "Les multinationales de l’eau sont en situation de faiblesse"

Dans la fusion que Veolia impose à Suez se joue une partie de l’avenir de la distribution de l’eau en France. Pourtant, la gestion privée de ce bien commun est en perte de vitesse face au modèle de la régie publique, bien davantage adaptée aux enjeux climatiques et démocratiques.

Gabriel Amard est coprésident de la Coordination eau bien commun France et porte-parole de la France insoumise sur les questions de l’eau. Il est l’auteur de La Guerre de l’eau aux éditions Bruno Leprince, 2013.

Reporterre — L’affaire fait beaucoup de bruit. Comment observez-vous la fusion forcée entre Veolia et Suez ? Que cache pour vous cette bataille des géants autour de la gestion de l’eau ?

Gabriel Amard — En réalité, on l’aborde assez peu ces derniers jours mais les multinationales de l’eau sont en situation de faiblesse. Il y a vingt ans, quand la bataille a débuté pour reprendre le contrôle de cette ressource, sur 34.000 services de l’eau en France, on comptait 12.000 délégations de service public — un système un peu analogue à celui des concessions d’autoroutes. Aujourd’hui, on a 31.000 services de l’eau et seulement 6.300 contrats avec le privé. De plus en plus de villes se tournent vers des régies publiques, comme Paris, Montpellier ou Grenoble. La part de marché des entreprises privées se réduit fortement même si elles assurent encore la gestion et la distribution de l’eau pour 60 % de la population.

Avec cette affaire de rachat, je pense que Veolia avait besoin d’envoyer un message à l’international et de gagner en visibilité. Ses dirigeants sentent bien que la partie est perdue en France. Il y a de fortes chances que les nouvelles équipes municipales dans les grandes villes à Lyon ou à Marseille par exemple, choisissent, elles aussi, de basculer en régie publique. Face à ce mouvement de fond, les multinationales n’ont pas beaucoup de choix. Elles tentent de constituer un monopole, pour rester en position de force, ne pas paraître affaiblies. Plus grand monde est dupe. Leur vitrine est en train de se briser. Leurs tarifs sont trop élevés, leurs prestations surfacturées.

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08 Octobre 2020

     

- Info > 8 octobre 2020 / Thierry Gadault (Reporterre)

Exclusif -Le projet fou de Bruxelles pour démanteler EDF

La Commission européenne, selon un document obtenu par Reporterre, entend imposer à l’État français la désintégration du groupe EDF au nom du respect des règles de la concurrence. La "réforme" de Bruxelles va encore plus loin que le projet gouvernemental Hercule, qui veut démembrer EDF.

Lancée quasiment depuis l’entrée en fonction d’Emmanuel Macron à l’Élysée, la réorganisation d’EDF serait sur le point d’aboutir. Début octobre, l’agence Reuters annonçait ainsi la finalisation du projet baptisé "Hercule" dans les prochaines semaines ou mois selon des sources informées.

Durant l’été 2020, plusieurs étapes essentielles ont ainsi été franchies. La Commission de régulation de l’énergie (CRE), le "gendarme" du secteur, a publié, fin juillet, un rapport favorable à la réforme de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), qui règle le tarif d’accès au nucléaire historique d’EDF. Ce tarif permet aux concurrents de pouvoir acheter jusqu’à 100 terawatts-heures (TWh) par an à un tarif bloqué de 42 euros par mégawatt-heure (MWh). Début septembre, le site d’informations Contexte dévoilait un rapport non publié de la CRE sur le coût de production du nucléaire historique : 48 euros par MWh, alors qu’EDF aurait indiqué au cours d’une réunion un chiffre de 53 euros par MWh. Selon nos informations, la CRE a programmé, le 14 octobre, une réunion avec les fournisseurs alternatifs d’électricité pour leur présenter le futur système qui remplacera l’Arenh.

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Le rapport APE (pdf)

 

 

 

     

- Info > 17 septembre 2020 / Quentin Zinzius (Reporterre)

Régulation de la publicité : le ton monte entre écolos et annonceurs

Le secteur publicitaire, dont la régulation est assurée par les professionnels de la publicité eux-mêmes, est de nouveau en proie à de vives critiques. Incitation à la surconsommation, arguments pseudo écologiques… Les manquements aux règles déontologiques, courants, sont en outre impunis. Les professionnels se défendent en durcissant le ton.

"Mon vieil ordinateur fonctionne encore… Mais un accident est si vite arrivé." Cette publicité de l’enseigne Cdiscount, incitant les consommateurs à se doter d’un objet dont il n’ont pas besoin, avait suscité, en 2018, l’ire de l’Agence de la transition écologique (Ademe). L’Agence relevait une enfreinte à la règle de déontologie suivante : "La publicité ne saurait inciter, directement ou indirectement, à des modes de consommation excessive ou au gaspillage d’énergies et ressources naturelles." La publicité n’avait pourtant pas été condamnée par les instances d’autorégulation du milieu, et, deux ans plus tard, la réglementation n’a toujours pas évolué.

Depuis 2008, le secteur de la publicité est régulé par trois institutions : l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (Arpp), le Conseil paritaire de la publicité (CPP), et le Conseil de l’éthique publicitaire (CEP). L’Arpp est l’organe principal : elle est chargée de rédiger chaque année les "règles déontologiques" de la publicité, également appelées "recommandations". Le CEP, composé à part égale d’experts et de professionnels de la publicité, a pour mission de "juger de l’efficacité du dispositif d’autorégulation". Ces deux institutions sont composées de professionnels du secteur : Renault, Coca-Cola, ou encore EDF ont, par exemple, leurs sièges au sein du conseil d’administration de l’Arpp, aux côtés de représentants d’agences de communication et des principaux médias dépendants de la publicité.

Seul le Conseil paritaire de la publicité, composé pour moitié par des associations, défend les intérêts des consommateurs et de l’environnement. Les membres de ce conseil ont pour mission d’émettre chaque année des "avis", qui doivent servir de base à l’Arpp dans la rédaction de ses "recommandations". La réalité est bien loin des attentes, notamment concernant celles estampillées "développement durable", particulièrement peu respectées par la profession.

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- Tribune > 8 octobre 2020 / La Ronce

Pour protéger le vivant, mettons "un joyeux bordel"

"Je peux arrêter d’acheter. Mais si ensemble, nous les empêchions de vendre ?" Un nouveau collectif, la Ronce, compte bien riposter à la destruction du vivant par les multinationales via des "gestes simples et peu risqués", des "actions décentralisées, simultanées, pertinentes, faciles". La première action est prévue le 14 octobre.

La Ronce se définit comme "un nouveau collectif qui vise à démultiplier des actions directes, anonymes et décentralisées pour le vivant, pour empêcher de fonctionner ceux qui détruisent le vivant, ou a minima leur faire perdre des plumes".

Je le sens : notre modèle de société court à sa perte, broie l’humain et entraîne déjà dans sa chute de larges pans du vivant. Chaque jour, je suis bombardé d’informations et d’images, alors que je reste chez moi en sécurité, en colère mais conscient de mon impuissance. Espérant que quelqu’un quelque part se lève pour freiner la course folle. 

Ce quelqu’un, ça pourrait être moi, mais…

J’ai trop peu de pouvoir et ceux qui en ont ne font pas face. Ils fuient. Ils festoient sur les ruines, jusqu’à la dernière goutte de pétrole, le dernier arbre debout, la mort de la dernière abeille. Ils disloquent le navire pour construire leurs radeaux.

Ma rage contre les responsables du désastre ne les freine pas. Je ne sais pas comment contre-attaquer, remplacer mes posts indignés par des actes, des actes qui valent mieux que mille discours. 

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- By Reuters staff, published October 5, 2020

How thawing permafrost could fuel climate warming

The Arctic is warming more than twice as fast as the rest of the world, and some scientists believe that thawing permafrost — ground frozen since the last Ice Age — is about to release enormous amounts of climate-warming emissions.

❐ Permafrost can contain the remains of plants and animals, including woolly mammoths and woolly rhinos from the last Ice Age that ended more than 11,000 years ago. As permafrost thaws, that organic material begins to decompose.

❐ What is permafrost?

In the coldest regions of planet Earth, ice binds together soil, rock, sand and organic matter. This layer of permafrost can begin just centimeters below the Earth’s surface.

➠ The “active layer” is topsoil that freezes and thaws seasonally.

➠ Permafrost is frozen ground, and often contains the remains of dead plants and animals.

➠ Unfrozen ground is also found in permafrost regions

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- Droits humains - - par Olivier Favier; 8 octobre 2020

Mineurs non accompagnés : comment la France est devenue une machine à briser des enfants et leurs rêves

"Leur nombre a explosé", "la France est débordée", "la plupart d’entre eux sont de faux mineurs"… Tel est le traitement médiatique et l’instrumentalisation politique dont font l’objet désormais ces enfants qui ont traversé des tragédies pour venir jusqu’à nous. Peut-on espérer encore un peu de dignité ?

Il a seize ans, mais son air fatigué lui en donnerait bien cinq de plus. Qui sait depuis combien de temps il n’a pas dormi dans un vrai lit ? Il est assis en deuxième classe dans le TGV pour Paris, son sac sur les genoux, les yeux tournés vers le sol. Le contrôleur arrive, il lui tend un billet qu’il n’a pas composté. Il ne savait pas. Il ne ment pas, son voyage est un aller simple. Le contrôleur s’emporte, réclame des papiers. Et voilà que le gamin se remet à faire son âge, que la peur se lit dans ses yeux. Il tend un acte de naissance rangé dans une pochette plastique. Le contrôleur néglige le document, lève les yeux au ciel et s’en va en maugréant.

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07 Octobre 2020

     

- Entretien > 7 octobre 2020 / Entretien avec Fiore Longo

"Il faut décoloniser notre approche de la nature"

Peut-on "protéger la nature" aux dépens de celles et ceux qui y vivent, à commencer par les peuples autochtones ? Cette façon de voir la réalité s’est construite sur l’imaginaire occidental de territoires vierges et de peuples à coloniser, comme l’explique Fiore Longo dans cet entretien.

❐ Fiore Longo est anthropologue et directrice France de Survival International, une association qui travaille avec les peuples autochtones pour les aider à protéger leur mode de vie et leurs territoires. Elle tente de décoloniser notre approche de la nature.

Reporterre — Les médias emploient de nombreux termes différents pour décrire les peuples autochtones : peuples primitifs, originels, etc. Quel est le plus juste ?

Fiore Longo — Pour notre part, nous utilisons la définition de la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT), le seul instrument juridique contraignant. Il reconnaît le droit à l’autodétermination des peuples autochtones.

En avril dernier, l’ONU rappelait que "la pandémie de Covid-19 faisait peser une grave menace sur la santé des peuples autochtones du monde entier" car leur système immunitaire ne leur permet pas de se défendre. Mais ne sont-ils pas tout autant vulnérables au changement climatique ?

Il est plus facile d’accuser la pandémie et le changement climatique que les véritables raisons de la vulnérabilité de ces peuples : le vol de leurs terres qui les prive de leurs moyens de subsistance et le racisme. La société industrialisée pense qu’ils ne sont que des primitifs, alors tout est bon pour justifier la violence génocidaire à leur encontre.

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- 4 octobre 2020, Par Dony Cécile - Blog : Le blog de Dony Cécile

"La précarité? La pauvreté? Je sais aujourd’hui ce que cela veut vraiment dire"

"Si je vous parlais de ça, vous deviendriez aussi furieux que moi !" Voilà la réaction de J. à notre appel à témoignages. Vous êtes 46 hommes et femmes à avoir pris le temps de nous expliquer les difficultés d’être au chômage en période de crise sanitaire et économique. Les situations sont variées mais unies sous le signe de la galère, malgré les recherches et les formations engagées.

En septembre, nous lancions une bouteille à la mer pour que des personnes sans emploi, que leur chômage soit récent ou non, nous racontent comment la crise sanitaire influait sur leurs recherches de travail. Quarante-six personnes nous ont répondu et d’autres encore ont discuté entre elles de ce sujet sur les réseaux sociaux. Mathilde Goanec a pu interviewer cinq d’entre vous pour illustrer "comment la crise économique qui suit la crise sanitaire s’appuie en France sur un chômage structurel et une précarité profondément enracinée" dans son article. Aucune situation n’est simple. Celles et ceux qui nous ont écrit sont partagés entre la difficulté d’envisager l’avenir et la volonté de ne pas laisser tomber. Avec la crise sanitaire, la violence du marché du travail et sa précarisation sont accentuées. Les nouveaux arrivants sur le marché du travail le découvrent.

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- Info > 7 octobre 2020 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)

Poursuites judiciaires, intimidations… le gouvernement harcèle les associations écolos

Suppression arbitraire des subventions, poursuites judiciaires, intimidations… Les attaques contre les militants associatifs se multiplient. Le nouvel observatoire des libertés associatives a publié le 6 octobre un rapport listant une centaine d’atteintes à l’encontre des citoyens engagés ainsi que des propositions pour y mettre un terme.

En France, les militants associatifs sont réprimés. C’est le constat, fruit d’une année d’enquête, dressé mardi 6 octobre par divers acteurs du monde associatif réunis au sein de la nouvelle coalition pour les libertés associatives. Ils ont documenté une centaine de cas entre 2010 et 2020, allant de la coupe budgétaire aux poursuites judiciaires. “Ce rapport est né de préoccupations de chercheurs en sciences sociales et de fédérations associatives face à la montée des préoccupations autour des entraves à leur activité”, explique Julien Talpin, chercheur en science politique au CNRS et directeur du réseau Démocratie et participation.

Les autrices et auteurs du document ne se contentent pas de simples témoignages déclaratifs mais ont compilé différentes preuves de ces entraves. Ils ont ensuite catégorisé quatre formes principales de restrictions :

☛ la disqualification, qui s’en prend à la réputation d’une personne,

☛ les entraves matérielles (coupes de subventions ou difficultés d’accéder à des locaux),

☛ les entraves judiciaires ou administratives (amendes, procès pour diffamation),

☛ les entraves policières ou physiques.

Seize secteurs ont été étudiés et l’écologie arrive – hélas – en bonne place avec 18 atteintes recensées. Des cas qui concernent aussi bien les militants antinucléaires d’une grande ONG, Greenpeace — condamnés à de la prison ferme en première instance — que les décrocheurs de portraits d’Emmanuel Macron du mouvement Alternatiba. Il est également question du harcèlement policier et judiciaire à l’encontre des militants de Bure (largement documenté par Reporterre) ou encore d’intimidation de militants antipesticides, d’ostracisation d’une association environnementale, de garde à vue pour l’organisation d’une marche pour le climat... Tous les exemples sont listés — et cartographiés — sur le site de la coalition. Sont également présentés les cas de répressions qui touchent d’autres domaines que l’écologie : la défense des droits des migrants, le féminisme, les luttes contre la corruption…

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- Climate change - Fiona Harvey Environment correspondent, Monday 5 October 2020

Amazon near tipping point of switching from rainforest to savannah – study

Climate crisis and logging is leading to shift from canopy rainforest to open grassland

Much of the Amazon could be on the verge of losing its distinct nature and switching from a closed canopy rainforest to an open savannah with far fewer trees as a result of the climate crisis, researchers have warned.

Rainforests are highly sensitive to changes in rainfall and moisture levels, and fires and prolonged droughts can result in areas losing trees and shifting to a savannah-like mix of woodland and grassland.

In the Amazon, such changes were known to be possible but thought to be many decades away.

New research shows that this tipping point could be much closer than previously thought.

As much as 40% of the existing Amazon rainforest is now at a point where it could exist as a savannah instead of as rainforest, according to a study published in the journal Nature Communications.

Any shift from rainforest to savannah would still take decades to take full effect, but once under way the process is hard to reverse. Rainforests support a vastly greater range of species than savannah and play a much greater role in absorbing carbon dioxide from the atmosphere.

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- Opinions - Contribution externe - Publié le 07-10-20, Sébastien Boussois

Donald Trump, "le candidat divin du chaos", ne peut que gagner : sinon ce sera la guerre

Pour les Evangélistes, ce n’est pas un Joe Biden qui sauvera l’Amérique. Seul Trump, combattant indéboulonnable, résistant à toutes les tempêtes, baignant dans le conservatisme des pères fondateurs, et garant de la domination américaine, permettra à la nation de mener la lutte ultime du bien contre le diable. L’Islam, l’Iran et les tenants de la destruction d’Israël en sont les porte-flingues

❐ Une opinion de Sébastien Boussois, Docteur en sciences politiques, chercheur Moyen-Orient relations euro-arabes/ terrorisme et radicalisation, enseignant en relations internationales, collaborateur scientifique du CECID (Université Libre de Bruxelles), de l'OMAN (UQAM Montréal) et de SAVE Belgium (Society Against Violent Extremism).

Dans un récent ouvrage paru en 2020 et intitulé "Ces évangéliques derrière Trump" (Labor et Fides, Geneve, 2020), l’universitaire québécois André Gagné nous le rappelle :

"Les Chrétiens blancs évangéliques ont joué un rôle considérable dans l’élection de 2016 en votant à 81% en faveur de Trump".

Et ils ne sont pas décidés à s’en arrêter là lors du scrutin de novembre prochain. Donald Trump, malgré les scandales, malgré sa personnalité, malgré les erreurs, reste leur candidat fétiche. L’exemple parfait de la résilience et de la rédemption. D’ailleurs, Lance Wallnau, un des grands entrepreneurs et prédicateurs évangéliques du moment, le surnomme "Le candidat divin du chaos, Donald J.Trump et le dénouement de l’Amérique" (Ouvrage cité, p.25).

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06 Octobre 2020

     

  - Octobre 2020, pages 1, 22 et 23 - par Evgeny Morozov

Qui contrôlera les technologies d’Internet ?

Bataille géopolitique autour de la 5G

À la veille de son déploiement, la téléphonie mobile de cinquième génération — la 5G — suscite un flot de questions liées à son impact écologique, sanitaire et, plus fondamentalement, aux développements technologiques hors de contrôle. Mais le "grand jeu" de la 5G se mène aussi sur le terrain géopolitique avec, en toile de fond, l’affrontement toujours plus âpre entre les États-Unis et la Chine.

En 1994, alors que Huawei n’est encore qu’un petit vendeur de commutateurs téléphoniques, son fondateur, M. Ren Zhengfei, s’entretient avec le président chinois de l’époque, M. Jiang Zemin. Cet ancien ingénieur de l’armée reconverti dans l’électronique grand public joue la carte patriotique :

"Les télécommunications sont une affaire de sécurité nationale. Pour une nation, ne pas posséder ses propres équipements dans ce domaine, c’est comme ne pas avoir d’armée."

Ce sage précepte a finalement été adopté par d’autres pays, États-Unis en tête. Ironie de l’histoire, ce sont eux aujourd’hui qui voient dans Huawei et son emprise sur la technologie de la 5G une menace pour leur sécurité nationale.

Détenue par ses salariés, l’entreprise se caractérise par son système atypique de direction tournante, son mépris pour les marchés publics — jugés "cupides" par M. Ren —, son culte des valeurs maoïstes et son attachement à l’idée d’innovation nationale pour briser la dépendance de la Chine à l’égard des entreprises étrangères "impérialistes". Le groupe gère désormais des réseaux dans 170 pays et emploie plus de 194 000 personnes. Depuis 2009, il compte au nombre des principaux acteurs du développement de la 5G, tant au plan industriel qu’au sein des divers organismes internationaux de normalisation. À l’été 2020, Huawei a détrôné Samsung en devenant le premier vendeur de smartphones du monde. Considérée comme l’une des entreprises chinoises les plus innovantes, sa filiale HiSilicon a conçu la puce Kirin, qui propulse des applications d’intelligence artificielle parmi les plus évoluées du marché.

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- Santé Coronavirus, Covid-19, SRAS-2 - 5.octobre.2020 // Les Crises - Source : Washington Post, Chico Harlan, Stefano Pitrelli

Bergame : Près de la moitié des anciens patients ne sont toujours pas rétablis

❐ Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Bergame, Italie – La première vague est passée, des milliers de personnes ont été enterrées et dans une ville qui était autrefois l’épicentre mondial du coronavirus, l’hôpital rappelle les survivants. Il leur fait une prise de sang, examine leur cœur, scanne leurs poumons et les interroge sur leur vie.

A raison de vingt personnes par jour, il mesure ce que le coronavirus a laissé dans son sillage.

"Comment allez-vous" a récemment demandé un médecin au patient suivant venant d’entrer, une femme de 54 ans qui ne peut toujours pas monter une volée de marches sans être essoufflée.

"J’ai l’impression d’avoir 80 ans", a déclaré la femme.

Il y a six mois, Bergame était un signe avant-coureur de la fureur du virus, une ville où les sirènes résonnaient dans la nuit et où les camions militaires faisaient la queue devant l’hôpital public pour transporter les morts. Bergame a considérablement réduit la propagation du virus, mais elle offre maintenant un autre type d’avertissement, celui concernant les longues séquelles, où les récupérations s’avèrent incomplètes et parfois atroces.

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05 Octobre 2020

     

- Reportage > 5 octobre 2020 / Justine Guitton-Boussion, Héloïse Leussier et NnoMan (Reporterre)

La plus grande action jamais menée en France contre le trafic aérien

Samedi 3 octobre, à l’appel des associations Alternatiba et ANV-COP21, des centaines de militants ont "marché sur les aéroports" un peu partout en France. L’objectif : dénoncer les conséquences désastreuses du trafic aérien sur le climat.

Aéroport de Roissy (Val d’Oise), reportage - Alors que la lumière matinale perçait faiblement les nuages, samedi 3 octobre, des petits groupes de militants ont soudainement surgi du brouillard automnal. Le long des routes bordant l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, ils ont couru, les bras encombrés de grandes échelles. Leur objectif : "marcher sur les aéroports", à l’appel des mouvements citoyens Alternatiba et ANV-COP21, pour dénoncer le secteur polluant qu’est l’aviation et réclamer la réduction du trafic aérien. Des mobilisations étaient organisées dans toute la France.

L’événement étant annoncé depuis le mois de juillet sur les réseaux sociaux, les forces de l’ordre s’étaient préparées. Dès l’aube, des cars de gendarmes patientaient dans le périmètre de l’aéroport. Certains activistes ont donc immédiatement été arrêtés, pendant qu’ils positionnaient leurs échelles pour grimper sur le talus. "Les forces de l’ordre nous ont gazé très tôt, on était à peine engagé qu’ils nous gazaient déjà, témoigne Amélie, une des militantes. Et très près, ils étaient à peine à vingt centimètres de notre visage ! Ils ont réagi de manière démesurée, j’ai été extrêmement choquée."

D’autres activistes ont réussi à échapper aux gendarmes et à atteindre les abords de l’aéroport. Munis de pinces coupantes et d’une disqueuse portable, ils sont parvenus à créer des brèches dans les barrières et barbelés, et à s’engouffrer dans l’enceinte de l’aéroport. En tout, 87 personnes ont envahi le tarmac par effraction, aux alentours de neuf heures du matin. Certains militants se sont enchaînés à un avion pour perturber le décollage.

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- Liberté de la presse - par Marc Meillassoux, 2 octobre 2020

Procès Assange : l’administration Trump franchit une dangereuse étape dans sa guerre contre les médias

Le procès de Julian Assange a repris début septembre à Londres et se conclut ce 2 octobre. Le tribunal doit statuer sur son extradition vers les États-Unis. En utilisant une loi de contre-espionnage contre la publication par Wikileaks de documents classés, Donald Trump s’attaque ainsi ouvertement au journalisme d’investigation.

Un rassemblement en soutien à Julian Assange à Londres le 20 décembre 2019 lors de la pré-audience devant la Westminster court. © Marc Meillassoux

Le procès du fondateur de Wikileaks Julian Assange a débuté en février dernier à Londres. Il a été suspendu plusieurs mois pour cause d’épidémie de Covid. Les audiences ont repris début septembre. Le tribunal pourrait décider d’extrader l’homme vers les États-Unis, où il est accusé d’espionnage et risque une peine de 175 années de prison pour avoir publié des documents classés “secret".

Le procès qui s’achève ce vendredi après une quarantaine de témoignages revient sur des faits qui remontent à 2010 et 2011, quand Wikileaks publie des centaines de milliers de documents en partenariat avec des grands médias de plusieurs pays. Ces documents transmis par l’analyste militaire et lanceuse d’alerte Chelsea Manning concernent les "carnets de guerre" d’Afghanistan et d’Irak, les rapports internes sur des pratiques de torture dans la prison de Guantanamo, et des câbles diplomatiques contenant des notes confidentielles de l’administration états-unienne.

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- Grand projet inutile ? - par Samy Archimède, 5 octobre 2020

Dans l’estuaire de la Loire, "on bétonne d’abord, on réfléchit après"

L’État va-t-il artificialiser 110 hectares d’espace naturel sur l’estuaire de la Loire pour en faire une vitrine européenne des énergies renouvelables ? Sur le site du Carnet, le Grand Port Maritime de Nantes-Saint-Nazaire veut implanter un "parc éco-technologique” dédié aux énergies renouvelables. Ce projet bénéficie, comme 77 autres en France, du label "clés en main", un dispositif gouvernemental qui pose question et suscite beaucoup de craintes.

Le "Village du peuple" sera-t-il expulsé ce 6 octobre 2020 ?

Installé dans une ancienne ferme à Donges, en Loire-Atlantique, ce squat est occupé par des jeunes refusant l’extension de la zone industrielle de la commune.

Dimanche 14 septembre, dans la grange bordée d’un oléoduc et d’une ligne très haute tension, ils sont une quarantaine : des militants écologistes, quelques zadistes de Notre-Dame-des-Landes, des riverains et des Ligériens, venus "défendre l’estuaire de la Loire" grignoté par l’industrie, mais aussi et surtout chercher des parades face à un autre projet, plus important encore : le projet de "parc éco-technologique” du Carnet prévu de l’autre côté du fleuve, rive sud.

Ce parc industriel, porté par le Grand port maritime (GPM) de Nantes-Saint-Nazaire menace 110 hectares d’espaces naturel, dont 51 hectares de zone humide, ainsi qu’une bonne partie des 116 espèces animales et végétales protégées qui y vivent.

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04 Octobre 2020

     

- Octobre 2020, pages 20 et 21 - par Ludovic Simbille

Aux origines oubliées d’un mécanisme d’entraide

Les mutuelles, des assureurs finalement comme les autres ?

Selon le gouvernement, la pandémie et le report de soins ont permis aux complémentaires santé de faire des économies. Il annonce donc une taxe, que les mutuelles promettent de répercuter dans leurs tarifs. Lesquels affichent déjà une hausse de 4 à 5 % en 2020. En conséquence, les bas revenus souscrivent des contrats peu chers… et peu protecteurs. Ainsi va la Mutualité française.
 
"Votre mutuelle est-elle vraiment une mutuelle ?"

Cette interpellation placardée sur des panneaux publicitaires par la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) en juin 2018 se veut pédagogique. Sur le site de la fédération, un moteur de recherche permet à chacun de vérifier que l’organisme auquel il est affilié couvre ses dépenses médicales après remboursement de la Sécurité sociale et n’abuse donc pas de l’appellation, ce qui serait illégal. Une mutuelle doit être réglementée par le code de la mutualité, y apprend-on. À but non lucratif, elle n’exclut personne et appartient à ses adhérents, à qui elle reverse la totalité de ses excédents financiers. Contrairement à un assureur privé (régi par le code des assurances), les associations adhérentes de la FNMF défendent des valeurs de solidarité et de démocratie. Héritière des sociétés de secours mutuel nées au XIXe siècle, la Mutualité française, qui protège un Français sur deux, n’est pas un simple prestataire de santé, et elle tient à le faire savoir.

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- Août 2020, pages 1 et 16 - par Mizubayashi Akira

Au Japon, le poids de la hiérarchie

"Langue servile" et société de soumission

Il est impossible, en japonais, de s’adresser en termes identiques à un supérieur ou à un collègue de travail, ni même de parler à son frère aîné comme à son cadet. La langue s’encastre dans une société verticale où la soumission est érigée en vertu.

La crise politique que le Japon traverse est la plus grave depuis 1947, date de l’entrée en vigueur de l’actuelle Constitution. Et il s’agit justement, pour les citoyens, d’approuver ou non sa révision selon le projet publié en 2012 par le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir. Le premier ministre Abe Shinzo, qui le dirige, cherche à étouffer les principes fondamentaux de la démocratie.

La Constitution de 1947 a remplacé celle de l’empire du Grand Japon (1889), sous laquelle le pays avait fini par s’enfoncer dans les folies meurtrières d’une guerre d’agression coloniale qu’on appelle la "guerre de quinze ans" (1931-1945). Les Japonais sont alors passés de l’ère des sujets (ou de la souveraineté impériale) à celle des citoyens (ou de la souveraineté populaire). Ce changement de régime, radical et profond, s’est opéré au prix de l’hécatombe innommable causée par l’expansion coloniale de l’État nippon militaro-fasciste et de celle, tout aussi innommable, du bombardement massif du 10 mars 1945 à Tokyo et des deux bombes atomiques qui ont anéanti en quelques secondes les villes de Hiroshima et de Nagasaki.

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03 Octobre 2020

     

- 2 octobre 2020, Par Les invités de Mediapart - Blog : Le blog de Les invités de Mediapart

Nous condamnons les attaques islamophobes et le projet de loi contre le séparatisme!

"La laïcité censée protéger l’ensemble des personnes pour qu’elles puissent vivre librement leur religion est instrumentalisée pour cibler spécifiquement les musulmans et ici les musulmanes”. En réponse aux incidents islamophobes, et quelques heures avant le discours du Président sur le "séparatisme", un ensemble de personnalités, collectifs féministes, antiracistes, syndicales et politiques, appelle à prendre position "contre la politique raciste du gouvernement et de ses alliés".

Il ne se passe pas une seule semaine sans que n’éclate une polémique sur le voile. La nouvelle cible de l'obsession islamophobe de la classe politique est à nouveau Maryam Pougetoux, membre du bureau national de l'Unef, déjà attaquée en 2018 pour son port du voile. La semaine précédente, il s'agissait de la blogueuse et étudiante Imane Boun. Et ces attaques s'ajoutent à une longue liste.

Ces attaques racistes et islamophobes s'inscrivent dans le contexte d'offensive sécuritaire du gouvernement qui porte son projet de loi contre le “séparatisme" assumant de viser centralement les musulmans et musulmanes. Avec ce nouveau projet de loi défendu par Marlène Schiappa et Gérald Darmanin, le gouvernement a ouvert une nouvelle fois les hostilités et la guerre contre les musulman.e.s.

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- Info > 3 octobre 2020 / Justine Guitton-Boussion (Reporterre)

Reconvertir les salariés du secteur de l’aviation : la réflexion commence

La grave crise économique qu’affronte le secteur aérien pèse sur le devenir des salariés de l’aéronautique (entre 300.000 et 450.000 personnes en France). Comment opérer la reconversion écologique du secteur en préservant l’emploi ? C’est la question cruciale qui se pose dès aujourd’hui.

Les avions vont-ils rester au sol, ce samedi 3 octobre ? C’est en tout cas l’objectif des mouvements citoyens ANV COP21 et Alternatiba. Les militants de ces collectifs invitent les citoyens, partout en France, à « marcher sur les aéroports, avec détermination et non violence ». Ils dénoncent un secteur polluant, qui serait responsable de près de 16,5 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) françaises. Ils plaident donc pour une réduction du trafic aérien et la reconversion des salariés du milieu.

Le sujet des reconversions des travailleurs de l’aéronautique et de l’aviation est soulevé par les associations environnementales depuis plusieurs années. Mais la crise du Covid-19 a remis la question au goût du jour plus rapidement que prévu. En raison des restrictions mondiales de ces derniers mois, le trafic aérien a énormément baissé, affectant toutes les entreprises du secteur, et par conséquent les emplois. En France, le secteur de l’aviation et de l’aéronautique concerne 300.000 à 450.000 travailleurs.

« Il y a quelques mois, nous pensions qu’une chute de la demande [mondiale] de 63 % sur l’ensemble de l’année était ce qui pouvait arriver de pire. Avec la haute saison estivale désastreuse que nous avons connue, nous avons révisé nos prédictions et prévoyons une baisse de 66 % », a déclaré Alexandre de Juniac, directeur général de l’Association internationale du transport aérien (Iata). Selon cette organisation, les pertes de l’industrie mondiale devraient dépasser 72 milliards d’euros cette année.

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- REVUE DE CRITIQUE COMMUNISTE - Ugo Palheta 28 septembre 2020

Fascisme. Fascisation. Antifascisme.

Partout dans le monde, des États-Unis au Brésil en passant par l’Inde, l’Italie ou la Hongrie, la question du fascisme est revenue au premier plan. Non pas simplement en raison de la progression – ou des victoires électorales – d’organisations d’extrême droite, mais aussi du fait d’indéniables poussées autoritaires et d’une accélération des politiques de destruction des droits des travailleurs, couplées à la montée des nationalismes identitaires et à des processus de radicalisation/légitimation du racisme.

Cette dynamique est particulièrement visible en France depuis quelques années : qu’on pense au durcissement de la répression policière et judiciaire (contre les migrants, les quartiers d’immigration et les mobilisations sociales), au caractère systématique (et systématiquement impuni) des violences policières et à l’impossibilité même pour le pouvoir de reconnaître leur existence, ou encore à la banalisation médiatique et politique de l’islamophobie, jusqu’au plus haut sommet de l’État comme on l’observe avec l’actuel pseudo-débat sur le “séparatisme”.

Auteur de La Possibilité du fascisme (La Découverte, 2018), Ugo Palheta propose dans cet article des éléments de réflexion sur le fascisme (d’hier et d’aujourd’hui), sur les processus de fascisation et sur l’antifascisme nécessaire, en espérant que cela puisse contribuer à une compréhension commune des batailles présentes et à venir. 

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02 Octobre 2020

     

- Info > 2 octobre 2020 / Rémy Bourdillon (Reporterre)

Les minifermes et les maxiprofits d’un maraîcher star

Des rangées de betteraves jusqu’aux plateaux télé et à une ligne de vêtements, le jardinier-maraîcher québécois Jean-Martin Fortier, adepte des microfermes bio et intensives, est devenu un entrepreneur à succès qui génère des millions. Sans complexe.

Jean-Martin Fortier porte souvent une chemise à carreaux et un chapeau qui lui donnent un look rural-chic, et s’épanche librement contre l’agriculture industrielle qui détruit la nature et les humains. Au Québec, plusieurs médias le surnomment le "gourou de l’agriculture biologique", mais le quadragénaire n’aime pas ce surnom, parce que "les gourous, ça finit toujours par un scandale". Il préfère se voir comme un inspirateur, qui a réussi à imposer son récit depuis quinze ans : oui, on peut vivre confortablement en faisant du bio sur une petite ferme.

En 2004, ce génie de la permaculture et sa conjointe, Maude-Hélène Desroches, ont fondé les Jardins de la grelinette, une ferme biologique à une heure de route de Montréal spécialisée dans le "bio intensif". Depuis, sur moins d’un hectare, le couple parvient à produire pour plus de 150.000 dollars canadiens (96.000 euros) de légumes chaque année, et livre des paniers à 200 familles des environs.

M. Fortier pense que s’il plaît, c’est d’abord parce qu’il comble un vide dans le petit monde paysan : "Je parle d’agriculture biologique, mais je parle aussi beaucoup d’entrepreneuriat, de comment être rentable. Ça, c’est dans la réalité des gens." Son succès en France, où il est devenu parrain officiel des jardins-potagers du château de Chambord, dans la vallée de la Loire, le surprend quand même : "J’ai eu une pleine page dans Le Monde ! M. Desmarais me dit que ce n’est jamais arrivé à son beau-père, l’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien !"

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- California Wildfires - Annie Vainshtein, September 24, 2020

‘Hidden cost’ of wildfire smoke: Stanford researchers estimate up to 3,000 indirect deaths

More than two dozen people have died as a direct result of California’s devastating wildfires so far this year. But the actual number of lives lost because of them may have been much higher.

Researchers at Stanford University estimate that the pollution from an unprecedented stretch of heavy wildfire smoke is likely to have led to at least 1,200, and up to 3,000, deaths in California between Aug 1. and Sept. 10 that otherwise would not have occurred.

They refer to these deaths — among people 65 and older, many of whom had underlying conditions — as “excess deaths.”

“You could think of it as the hidden cost of air pollution exposure,” said Marshall Burke, an associate professor of earth system science at Stanford whose team estimated the impacts.

Burke’s team was interested in the potential health costs, mortality in particular, for the people in California subject to poor air quality for almost a month straight. They used two numbers: one that tracked how bad the air quality was, and another that would estimate the likely health toll of prolonged exposure. For that estimate, they relied on existing literature about air pollution exposure and mortality from detailed Medicare data.

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- Tribune > 2 octobre 2020 / Raphaël Pradeau

Sécessionistes et gros pollueurs, les riches sont les séparatistes de a République

Emmanuel Macron doit s’exprimer ce vendredi sur les "séparatismes", avant que le gouvernement ne présente une proposition de loi au cours de l’automne. L’auteur de cette tribune soutient que les "séparatistes" ne sont pas les immigrés et les musulmans, mais les très fortunés, qui s’éloignent chaque jour davantage du souci de l’intérêt général.

Raphaël Pradeau est professeur de sciences économiques et sociales, et porte-parole d’Attac France. Cette tribune a d’abord été publiée sur le site d’Attac le 21 septembre.

La situation sanitaire se dégrade, les plans sociaux se succèdent, les inégalités et la pauvreté augmentent, le dérèglement climatique montre chaque jour ses effets… mais Emmanuel Macron et son gouvernement préfèrent stigmatiser les immigrés et les personnes de confession musulmane, et pointer du doigt les "séparatistes".

Or, qui sont les vrais séparatistes ? Une multitude de travaux montrent qu’aujourd’hui ce sont les très fortunés. Qui font sécession du reste de la société à la fois spatialement, fiscalement, économiquement et sur le plan écologique.

De nombreux travaux sociologiques mettent en évidence un processus de ségrégation résidentielle par le biais du prix élevé des habitations dans les quartiers favorisés, qui permet un voisinage homogène, recherché notamment pour la socialisation des enfants. Dès 2004, l’économiste Éric Maurin [1] mettait en évidence une "ghettoïsation par le haut" : les cadres supérieurs "s’accaparent désormais des pans entiers de l’espace urbain, notamment les centres-villes, les beaux quartiers et les zones les plus proches des principaux équipements".

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- “Manière de voir” #99 - juin-juillet 2008, par Hervé Kempf 

L’Internationale des riches

Comment les riches détruisent le monde

Et si la dégradation de l’environnement était intimement liée à la crise sociale dans le monde ? En effet, ceux qui détiennent les leviers politiques et financiers sont aussi les promoteurs d’un modèle de consommation à outrance, dévastateur pour la planète... mais imité par les couches moyennes. Que ceux du haut de l’échelle misent sur la décroissance, et l’effet d’entraînement est assuré... La préservation de la terre passe par plus d’égalité.
 
Les trois ou quatre générations situées à la charnière du troisième millénaire sont les premières dans l’histoire de l’humanité, depuis que les bipèdes arpentent la planète, à se heurter aux limites de la biosphère. Cette rencontre ne se fait pas sous le signe de l’harmonie, mais sous celui d’une crise écologique majeure.

Soulignons-en quelques aspects. Le premier d’entre eux est l’inquiétude nouvelle des climatologues : ils raisonnent depuis quelques années sur l’hypothèse d’une irréversibilité possible du changement climatique. Jusqu’à présent, on pensait qu’un réchauffement graduel interviendrait, mais que, quand l’humanité se rendrait compte de la gravité de la situation, il serait possible de revenir en arrière et de retrouver l’équilibre climatique. Les climatologues nous disent qu’il est possible qu’on atteigne un seuil tel que le système climatique dérape vers un désordre irréversible. Plusieurs séries d’observations nourrissent cette inquiétude : les glaciers du Groenland fondent bien plus vite que ne le prévoyaient les modélisateurs  ; les océans pourraient pomper moins de gaz carbonique ; le réchauffement déjà à l’œuvre, accélérer la fonte du pergélisol, cette immense couche de terre gelée située en Sibérie et au Canada, qui de ce fait menacerait de relâcher les quantités énormes de gaz carbonique et de méthane qu’elle recèle.

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- Dimitri Courant | Alice El-Wakil, 29 septembre 2020 - DP 2300

Le pourquoi et le comment des assemblées citoyennes (1/2)

L’expérience montre le potentiel des assemblées citoyennes et la nécessité d’une mise en œuvre réfléchie

Tirer au sort des gens ordinaires pour discuter de questions politiques complexes et offrir des recommandations: c’est ce que mettent en place les assemblées citoyennes. 

Une assemblée sélectionnée de manière aléatoire a vu le jour les 24 et 26 septembre dernier dans le canton de Genève, où le Forum Citoyen sur l’aménagement des lieux de vie a été lancé.

En novembre 2019, le premier panel tiré au sort s’est réuni durant deux week-ends à Sion afin de rédiger un rapport sur l’initiative pour des logements abordables. Ce dernier, distribué à l’ensemble des citoyennes et citoyens de la ville, visait à faciliter leur prise de décision informée. À Neuchâtel, une assemblée est envisagée pour appuyer le projet de fusions de communes. Et le mouvement Extinction Rebellion en réclame une pour trouver des solutions à l’urgence climatique.

Ces processus politiques constituent une "innovation démocratique", selon la terminologie des politologues. Toujours plus demandée, on en retrouve dans de nombreux pays. En Angleterre, par exemple, une assemblée a été organisée pour proposer des solutions permettant d’atteindre les objectifs climatiques. En France c’est aussi dans cette perspective que 150 personnes ont été réunies pendant neuf mois.

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- Sciences - De ROBIN GEORGE ANDREWS

Le mystère des icebergs vert émeraude (enfin) élucidé ?

Les icebergs verts, que l’on trouve uniquement en Antarctique fascinent depuis des dizaines d’années. Mais percer à jour le secret de leur couleur a demandé du temps, et un soupçon de chance.

Véritables vedettes des splendides clichés des régions polaires, les icebergs sont la plupart du temps de couleur bleue ou blanche.

Pourtant, à la manière d’un artiste qui travaille chaque ressource qui l’entoure, la nature est capable de donner naissance à des icebergs d’un vert éclatant, des spécimens exclusivement réservés à l’Antarctique.

Bien que la littérature scientifique déborde de témoignages centenaires de ces blocs de glace vert émeraude, personne n’était en mesure d’expliquer leur origine jusqu'alors. Une équipe de scientifiques pourrait bien avoir résolu le mystère.

D'après leurs travaux, cette teinte inhabituelle serait due à la combinaison de deux processus distincts. Premièrement, l’iceberg doit être formé sans bulle d’air à la base des plateformes glaciaires qui s’avancent sur l’océan Austral. Simultanément, le jeune iceberg doit emporter de la poussière glaciaire jaune-rouge issue de l’érosion du substrat rocheux d’Antarctique.

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01 Octobre 2020

     

- Tribune > 1er octobre 2020 / Annie Chapelier

M. Bezos, à quoi ça sert d’être chaque jour plus riche ?

Jeff Bezos est le directeur général d’Amazon. Il est aussi l’homme le plus riche du monde. L’autrice de cette lettre ouverte lui pose une question simple : "à quoi cela sert-il d’être riche ?" quand le monde façonné par les milliardaires du capitalisme numérique devient, au sens propre, invivable ?

Annie Chapelier est députée (Écologie Démocratie Solidarité) du Gard. Elle est l’une des députées présentant jeudi 1er octobre une proposition de loi instaurant un moratoire sur l’implantation de nouveaux entrepôts logistiques destinés aux opérateurs du commerce en ligne et portant mesures d’urgence pour protéger le commerce de proximité d’une concurrence déloyale.

Jeff Bezos, je souhaiterais vous poser une question.

En 2026, Jeff Bezos vous devriez être le premier "trillionaire" de l’histoire de l’humanité.

Pendant le confinement, vous êtes celui qui s’est le plus enrichi, devenant l’homme le plus riche du monde. Et cet enrichissement ne voit pas de fin, telle une machine qui se serait emballée et qu’on ne peut plus arrêter.

Votre richesse, vous la devez à un concept, celui du commerce électronique. Vous lui avez donné un très beau nom, Amazon. Le nom de femmes qui contestaient l’autorité masculine, de femmes qui rejoignaient le camp des futurs vaincus car elles défendaient des valeurs et non des intérêts, des femmes qui préféraient la mort à la soumission. Bref, de beaux brins d’humanité en ce qu’elle a de plus grand et de plus noble. 

Alors, la seule question que j’aimerais pouvoir vous poser est : pourquoi ?? à quoi ça sert d’être riche ?

Quand la beauté du ciel disparaît, quand le train de satellites d’Elon Musk occulte les étoiles, que ce ciel que déjà si peu peuvent encore contempler tant la pollution lumineuse a envahi notre monde ne brille plus ; même l’espace n’est plus préservé de l’argent, celui d’Elon Musk qui utilise ce bien commun à l’humanité, le ciel, comme s’il était le sien.

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- Entretien > 29 septembre 2020 / Entretien avec Paul Poulain

Sites dangereux : "On rogne sur le droit plutôt que recruter des inspecteurs"

Le projet de loi Asap, discuté cette semaine à l’Assemblée nationale, accélère la déréglementation des sites industriels. Et ce n’est pas le seul problème en matière de gestion des risques industriels en France, explique l’expert Paul Poulain à Reporterre : il faut aussi faire appliquer cette réglementation et pour cela l’État manque cruellement de bras.

Paul Poulain est spécialiste des risques industriels et de la sécurité incendie. Il travaille dans un bureau d’études et est président du Geespi (Groupement des entreprises d’études en sécurité et prévention contre les risques d’incendie). Il fait aussi partie des fondateurs de la plateforme Notre maison brûle, qui vise à la mise en place d’une autodéfense populaire sur la question des risques industriels.

Reporterre — Après l’incendie de Lubrizol, la question de la surveillance des sites industriels fait débat. Le gouvernement a fait plusieurs annonces le 24 septembre. Qu’en pensez-vous ?

Paul Poulain — Je vais commencer par le positif : on va améliorer la sécurité incendie, d’un point de vue réglementaire, des sites et entrepôts stockant des matières inflammables. Les sites qui ne l’ont pas encore fait vont être obligés de s’équiper pour éviter une propagation d’incendie.

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