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dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 943 communes s'opposent au 'Linky'




30 Septembre 2020

     

- Télévision - Chronique - 30 septembre 2020 Par Antoine Perraud

Débat Trump-Biden: un spectacle affligeant

Le premier des trois débats télévisés devant opposer Donald Trump à Joe Biden avant l’élection du 3 novembre s’est déroulé à 3 heures (françaises) du matin, mercredi 30 septembre. Le démocrate fut livide et le républicain monstrueux.

Ils s’avancent comme pour un duel qui ne devrait pas avoir lieu tout à fait, puisqu’ils ne se font point face : ils se regardent en chiens de faïence, mais de trois quarts. Ils ont 151 ans à eux deux. S’ils n’en faisaient qu’un, celui-ci serait donc né en 1869 – lors de la "Reconstruction" américaine à la suite de la guerre de Sécession –, année où fut prononcée la dissolution du Klu Klux Klan et où un premier État, le Wyoming, accordait le droit de vote aux femmes.

Si nous étions tous complotistes, nous y verrions un présage soit divin (Biden en signe du retour à la normale démocratique après le chaos), soit satanique (Trump en indice de la régression de son pays vers la guerre civile qui approche à grands pas).

Arrivés à petits pas, ils adoptent les postures qu’ils ne quitteront plus. Donald Trump en adepte du rentre-dedans permanent, tel un dragon de Komodo renfrogné, éjecte des phrases au lance-flammes. Joe Biden, plus "jivarisé" que jamais, le nez dans ses notes, le ton exagérément convaincant des vieux rhéteurs de l’autre siècle, répond par un petit rire mécanique, momifié, aux charges incessantes de son adversaire qui interrompt comme il respire.

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- Octobre 2020, pages 1, 10 et 11, en kiosques - par Thomas Frank, Journaliste. Auteur, dernièrement, de The People, No. A Brief History of Anti-Populism, Metropolitan Books, New York, 2020.

Quand la peur le dispute à la haine

L’Amérique saisie par la folie

La désignation par M. Donald Trump d’un nouveau juge à la Cour suprême divise les États-Unis, d’autant plus violemment que celle-ci pourrait jouer un rôle décisif en cas de contestation des résultats de l’élection présidentielle du 3 novembre. Or aucun des deux camps n’est disposé à accepter une défaite.
 
Pendant cette année terrible, on pouvait passer un merveilleux été. Revenir, par exemple, dans sa maison de Kansas City. Dans un quartier où prolifèrent les pelouses vertes tondues de près et les manoirs que l’on jurerait avoir été construits pour des barons. Passer tranquillement le mois d’août à lire des romans, à faire du bricolage, à regarder de vieux films, à boire du vin du Missouri. Il était possible d’oublier ainsi qu’une pandémie mortelle continuait de se répandre et qu’un effondrement économique encerclait ce petit monde prospère et paisible. Car le matin le ciel continuait à briller, les fleurs à exhaler leurs parfums, la circulation à demeurer fluide. Tout invitait à grimper sur son vélo, à emprunter des pistes cyclables silencieuses dans une des plus belles villes des États-Unis. Cependant, une fois cet exercice terminé, il suffisait de se connecter à Twitter et d’aller chercher le journal qu’un livreur venait de lancer devant l’entrée, et alors…

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- Fiona Harvey, Environment correspondent, Wednesday 23 September 2020

Melting Antarctic ice will raise sea level by 2.5 metres – even if Paris climate goals are met, study finds

Research says melting will continue even if temperature rises are limited to 2C

Antarctica’s vast ice cap, which covers about as much of the earth as North America and is close to 5km. Photograph: imageBROKER/Alamy Stock Photo

Melting of the Antarctic ice sheet will cause sea level rises of about two and a half metres around the world, even if the goals of the Paris agreement are met, research has shown.

The melting is likely to take place over a long period, beyond the end of this century, but is almost certain to be irreversible, because of the way in which the ice cap is likely to melt, the new model reveals.

Even if temperatures were to fall again after rising by 2C (3.6F), the temperature limit set out in the Paris agreement, the ice would not regrow to its initial state, because of self-reinforcing mechanisms that destabilise the ice, according to the paper published in the journal Nature.

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29 Septembre 2020

     

- Info > 29 septembre 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Loi Asap : le gouvernement continue à défaire le droit de l’environnement

La loi dite de "simplification" de l’action publique est discutée par les députés cette semaine. Ce texte poursuit à marche forcée le démantèlement du droit de l’environnement, dénoncent ses détracteurs. Il facilite par exemple l’implantation de sites industriels au moment même où Lubrizol a démontré la nécessité d’une meilleure surveillance.


Un texte "fourre-tout", dénoncent en cœur ses détracteurs. Ou qui permettra de "rapprocher l’administration du citoyen, simplifier les démarches (…), faciliter le développement des entreprises", comme l’explique le gouvernement ?


Le projet de loi Asap ­— pour accélération et simplification de l’action publique — est discuté à l’Assemblée nationale depuis lundi 28 septembre. Son titre est transparent quant à l’intention de l’exécutif : "asap" comme "as soon as possible" — aussi vite que possible. "Sous couvert de simplification, ce texte détricote tout", dit Mathilde Panot, députée France insoumise. "C’est une loi de dérégulation", ajoute Émilie Cariou, députée ex-LREM qui a rejoint le groupe Écologie Démocratie Solidarité (EDS). "La simplification, c’est quand on allège les procédures pour les usagers. Mais là, beaucoup de mesures n’ont aucun effet sur eux."


Le texte contient des dispositions très concrètes concernant la carte d’identité ou le permis de conduire, certes. Mais elles côtoient une série d’autres dipositions visant à réduire de façon drastique un ensemble de commissions intervenant dans la décision publique ; à réformer par ordonnance des institutions aussi essentielles que l’Office national des forêts (ONF) ou les chambres d’agriculture ; à élargir le secret des affaires ; et, surtout, à faciliter l’implantation de sites industriels. Des mesures vues comme une énième œuvre de démantèlement du droit de l’environnement par ses défenseurs. Et qui arrivent devant les députés quelques jours après l’anniversaire de l’incendie de Lubrizol, dont le gouvernement assure avoir tiré les conséquences. Il dit vouloir mieux surveiller ces mêmes sites industriels.

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- Info > 29 septembre 2020 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)

Plaintes et résistances en cascade contre les enchères de la 5G

Malgré les multiples recours juridiques lancés par des associations, les fréquences de la 5G sont mises aux enchères ce mardi 29 septembre. De leur côté, les syndicats s’inquiètent des conséquences sur l’emploi.

C’est aujourd’hui, mardi 29 septembre, que les enchères pour les premières bandes de fréquences du réseau 5G sont officiellement lancées. Initialement prévues mi-avril puis reportées à cause du Covid, elles devraient rapporter au minimum deux milliards d’euros à l’État.

Les quatre opérateurs télécoms sont sur le coup, même si certains n’ont pas caché leurs réticences. En mai dernier, Martin Bouygues déclarait que la 5G "n’était pas une urgence pour la France", et demandait de repousser l’attribution des fréquences. Un mois plus tard, Gregory Rabuel, directeur général de SFR, se posait les mêmes questions : "Avons-nous besoin de la 5G à court terme ? Ce n’est pas sûr. D’abord la fibre et la 4G. Même si SFR est prêt."

"À aucun moment le régulateur ne protège l’emploi"

Si les opérateurs télécoms ne sont pas ravis de passer à la caisse, les syndicats de leurs salariés ne semblent pas plus enthousiastes. La CFE-CGC, première organisation du groupe Orange, a formé le 20 janvier dernier un recours gracieux auprès du président de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) concernant l’attribution des fréquences ainsi qu’un recours devant le Conseil d’État. Il s’inquiète des conséquences du déploiement de la 5G sur l’emploi. "À aucun moment le régulateur ne protège l’emploi en échange de l’attribution des fréquences contrairement à d’autres pays", dénonce Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC d’Orange. Un document interne estime que le nombre d’emplois directs dans le secteur des télécoms a baissé de 14 % depuis 2012, date d’introduction de la 4G en France. Il rappelle une étude de l’Arcep publiée en mai 2019, qui explique que "depuis cinq ans, le nombre de salariés employés directement par les opérateurs recule sur un rythme de 3.000 à 4.000 emplois par an et la tendance se poursuit en 2018 avec une baisse de 3.600 emplois." "Il y a tellement de sous-traitance et de délocalisation dans le secteur des télécoms qu’il faudrait ajouter le critère de l’emploi dans l’attribution des fréquences. Or le volet social est complètement écarté de la procédure", insiste Sébastien Crozier.

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- Analyse - 28 septembre 2020 Par Pauline Graulle

La gauche veut s’emparer de la 5G pour écrire un "nouveau récit politique"

Les écologistes, les Insoumis et certains socialistes ambitionnent de prendre appui sur le déploiement de cette nouvelle technologie pour mener une bataille culturelle autour de la notion de "progrès". Et inverser les rôles avec le président de la République "start-upper".

La politique ou l’art du judo : se servir de la force de son adversaire pour mieux la retourner contre lui. Emmanuel Macron l’a expérimenté, à ses dépens il y a quelques semaines. Il pensait ridiculiser ses opposants en renvoyant les "anti-5G" aux "Amish" et à la "lampe à huile"… Bien mal lui en a pris. Au lieu de les faire passer pour d’affreux "has been", il a incidemment participé à ouvrir le débat qu’il voulait à tout prix tuer dans l’œuf.

C’est que, pour une fois, lesdits "Amish" ne se sont pas laissé faire. Échaudés par les polémiques sur les récentes sorties de certains maires verts sur le Tour de France ou les sapins de Noël, les milieux écolos en ont fait un gimmick humoristique décliné à toutes les sauces pour mieux se moquer d’un gouvernement qui, lui, n’aurait rien compris aux vrais enjeux de la modernité.

Un retournement du stigmate habile, et redoutablement efficace : après s’être rebaptisée "Les Amish [sic] de la Terre" sur les réseaux sociaux, l’association des Amis de la Terre a vu se multiplier les invitations dans les médias grand public : "Depuis que Macron nous a traités d’Amish, on n’a jamais eu autant de résonance médiatique. C’est bien, même si c’est aussi un peu triste qu’il faille en arriver là pour se faire entendre", confie Khaled Gaiji, le président de l’ONG fondée en 1970 contre le nucléaire. Une époque où, rappelle-t-il, les antinucléaires étaient déjà accusés de vouloir "revenir à la bougie"…

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- ECOLOGIE - Entretien - 28 septembre 2020 Par Fabien Escalona

Le modèle amish vaut-il mieux que le modèle start-up?

Quel rapport à la technique entretiennent Emmanuel Macron et les écologistes ? Selon l’historien François Jarrige, l’offensive en cours sur la 5G atteste la résurgence de l’idée de progrès, ainsi que l’incapacité d’inventer des rapports sociaux moins destructeurs de notre environnement.

Un moratoire et un débat. Voilà ce qu’ont réclamé une soixantaine d’élus, dont de nouveaux maires écologistes, à propos du déploiement de la 5G, cette technologie permettant d’augmenter le débit de données sur la téléphonie mobile. Emmanuel Macron a clos la discussion en les taxant d’« Amish ».
Quelles conceptions de la technique se font donc face dans cette controverse ? Si le président de la République semble rejoindre les intérêts économiques les plus puissants et les visions les plus naïves du progrès, la remise en cause du progrès à tout prix est-elle récupérable par des mouvements conservateurs ?

Nous abordons ces questions avec l’historien François Jarrige, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Bourgogne et spécialiste des « technocritiques ». Son œuvre a contribué à « défataliser » l’histoire des choix techniques opérés par nos sociétés depuis l’ère industrielle, notamment en matière énergétique. 

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- Confinement Covid19 Lois Masques medias Opinions Paroles d'experts - 27 septembre 2020

CENSURE : Les Pr Toussaint, Toubiana et 200 autres scientifiques, universitaires et professionnels de santé censurés par le JDD.

Voici la tribune incriminée et censurée par le JDD (Journal du Dimanche).

À l’origine de ce texte on trouve notamment le sociologue Laurent Mucchielli, les professeurs Jean-François Toussaint et Laurent Toubiana.

Il est urgent de changer de stratégie sanitaire face à la Covid-19

❐ Avis au lecteur : Cette tribune devait initialement paraître dans le Journal du Dimanche (JDD) ce 27 septembre 2020. Acceptée le samedi matin par le journaliste en charge de la rubrique “Tribune/Opinions”, elle devait paraître intégralement sur le site Internet du journal et faire l’objet d’un article dans la version papier du lendemain. Le journaliste nous disait s’en féliciter car cela allait permettre un débat contradictoire avec d’autres opinions très alarmistes exprimées ce jour dans ce journal. A 16h, ce journaliste nous a pourtant prévenu que sa rédaction en chef interdisait la publication. Certitude de détenir soi-même la vérité ? Couardise ? Volonté de ne pas déplaire au gouvernement ? Nous ignorons les raisons de cette censure que personne n’a jugé utile (ou tout simplement courtois) de nous expliquer.

Dans cette tribune, plus de 200 scientifiques, universitaires et professionnels de santé critiquent la dérive de la politique sanitaire du gouvernement français. Ils estiment qu’elle conduit à des interprétations erronées des données statistiques et à des mesures disproportionnées. Et demandent que l’on évalue nos connaissances réelles pour définir démocratiquement une stratégie sanitaire.

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28 Septembre 2020

     

- wildfires Climate - Deutsche Welle, Stuart Braun, September 21, 2020

'Wildfires Are Climate Fires': How to Discuss the Climate Crisis

A home burns during the Bobcat Fire in Juniper Hills, California on September 18, 2020. Kyle Grillot / AFP/ Getty Images

"These are not just wildfires, they are climate fires," Jay Inslee, Governor of Washington State, said as he stood amid the charred remains of the town of Malden west of Seattle earlier this month. "This is not an act of God," he added. "This has happened because we have changed the climate of the state of Washington in dramatic ways."

As megafires devastated the entire West Coast of the U.S., Inslee rejected reference to wildfires since the word implies naturally occurring fires.

By contrast, the term climate fires explicitly links record-breaking blazes that have burned across California, Oregon and Washington to global heating caused by the burning of coal, oil and gas.

As California Governor Gavin Newsom inspected the ashen countryside in the county of Oroville in his home state, he doubled down on the source of the fires.

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- Enquête > 10 septembre 2020 / Karoll Petit (Reporterre)

La détresse paysanne dans un monde agricole qui dégringole

Le monde paysan souffre d’un système économique qui broie le quotidien des hommes et des femmes. Dans ce milieu dur au mal et taiseux, comment parler des difficultés ? Et comment montrer la réalité tragique des suicides ? La photographe Karoll Petit l’a tenté par l’image durant plusieurs années d’enquête. Un reportage saisissant.

Le monde paysan m’a toujours attiré.

À mes yeux, se nourrir est l’essentiel de la vie. Sans tous nos paysans, nous ne serions pas grand-chose. Je voulais photographier des fermes pour honorer leur labeur, la beauté de leur geste.

De reportage en reportage, de ferme en ferme, le mot suicide résonne.

La discrétion est de rigueur, on en parle, mais peu. Les agriculteurs sont des taiseux.

J’ai observé la dureté du milieu. Cet univers m’a plu. Des gens passionnés, vrais et simples.

Mais ces suicides m’ont choquée, touchée. Comment en parler ? M’est venue l’idée de la chaise vide pour symboliser l’absence. J’en ai parlé à un ami paysan, qui m’a dit : "Ouh là, c’est raide… Non, c’est trop dur." Alors, j’ai mis mon projet en attente. Et puis, en octobre 2018, j’ai rencontré Patrick Maurin pendant sa marche contre le suicide (il a parcouru 500 km en tout). Il m’a dit : "Si tu veux le faire, fonce, fais-le !"

Mais, je ne voulais pas seulement des chaises vides, abstraites. Je voulais les relier à quelque chose de concret, de réel. J’ai alors décidé de rencontrer les familles endeuillées et de photographier la chaise vide dans l’endroit qui symbolisait le mieux le paysan disparu. J’ai écouté le témoignage des familles pour le retranscrire ensuite par écrit.

Mon travail, cette aventure, a été d’une richesse humaine incroyable. J’ai creusé plus encore et j’ai parlé à ceux qui ont failli passer à l’acte ou qui en ont eu marre de ce système. Ils se sont assis sur la chaise pour dire : "On est là, mais on galère."

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- Reportage > 28 septembre 2020 / Alexandre-Reza Kokabi et NnoMan (Reporterre)

"Le Covid ne doit pas étouffer nos luttes" : à Paris, des activistes écolos ont occupé une place

Samedi 26 septembre, répondant à l’appel des collectifs Youth for Climate, Extinction Rebellion et Désobéissance écolo Paris, des militants climatiques ont occupé la place Saint-Marthe et les rues attenantes. Ils ont tenu à rappeler que la crise sanitaire n’avait pas mis en pause le changement climatique.

Paris, reportage - C’était une matinée grise et fraîche, "un temps à se serrer les coudes autour d’une barricade", s’amusait Rémy*, tout juste 18 ans et militant à Youth for Climate. Les artistes, les restaurateurs et les commerçants de la rue Saint-Marthe, dans le Xe arrondissement de Paris, venaient d’ouvrir leurs établissements aux façades colorées. Peu avant 11 heures, ils ont vu des dizaines d’activistes surgir dans le quartier, répartis en plusieurs équipes pour ériger des amoncellements de morceaux de bois, de palettes, de barrières, de pneus et de canapés.

Une fois les barricades montées, les militants ont couvert les caméras de surveillance et ornementé la rue de tags, de banderoles, de drapeaux et d’auto-collants. "Ceux qui rêvent sans agir cultivent le cauchemar", "Anticapitalistes ou rien", "La Terre est une Zad", "Croissance verte, croissance vaine", pouvait-on lire. Zoé, étudiante en géographie sociale, s’appliquait à peindre une pancarte : "On n’entre pas dans un monde nouveau sans effraction". C’est ainsi qu’a débuté un "camp climat", organisé le temps d’un week-end à l’initiative de Youth for Climate, Extinction Rebellion et Désobéissance écolo, dans le cadre d’un week-end international de mobilisation de la jeunesse pour le climat.

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27 Septembre 2020

     

- Brèves > 24 septembre 2020

Pollution de l’air : l’État français toujours aussi inefficace, selon la Cour des comptes

Incapable de lutter contre la pollution de l’air, l’État français préfère provisionner des amendes plutôt que d’agir. C’est ce qu’on apprend en lisant le dernier rapport de la Cour des comptes, publié le 23 septembre. En 2019, le gouvernement a provisionné 81 millions d’euros en prévision d’une très probable amende qui pourrait lui être infligée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). La France avait en effet été condamnée en octobre 2019 pour des dépassements répétés des normes sur le dioxyde d’azote, un gaz toxique émis principalement par le trafic automobile, notamment les véhicules diesel.

Plus globalement, la Cour des comptes dénonce des résultats "insuffisants" des politiques de lutte contre la pollution de l’air, estimant que "les instruments réglementaires, budgétaires et fiscaux doivent être renforcés afin d’atténuer les risques sanitaires et environnementaux".

Si les émissions de polluants atmosphériques ont sensiblement diminué depuis la mise en place des premières réglementations sectorielles (pour les métaux lourds, par exemple) ces baisses demeurent "très inégales selon les polluants et les secteurs d’activité". Et surtout, "la diminution des émissions ne se traduit pas par une amélioration dans les mêmes proportions de la qualité de l’air : la concentration en polluants demeure supérieure aux normes européennes dans une quinzaine de territoires (grandes villes, mais aussi axes de transports saturés et fonds de vallées)".

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- Chronique > 26 septembre 2020 / Corinne Morel Darleux (Reporterre)

Covid : nous devenons une société d’androïdes masqués

Notre chroniqueuse est, pour la première fois depuis des mois, revenue à Paris. Elle s’y retrouve plongée dans un inhabituel devenu norme, hostile et anxiogène, où l’état d’urgence sanitaire abolit notre autonomie dans un océan d’absurdité.

Corinne Morel Darleux est conseillère régionale en Auvergne — Rhône-Alpes et a publié Plutôt couler en beauté plutôt que flotter sans grâce.

C’est une rentrée étrange que ce mois de septembre qui n’en finit pas de s’étaler. Un été indien qui semble ne pas vouloir tourner la page. Alors que l’automne a officiellement commencé, rien n’est encore vraiment calé, c’est comme si on n’arrivait pas à reprendre, comme si on était encore en train d’essayer de retrouver un rythme. Est-ce d’avoir davantage coupé cet été, soulagés de pouvoir enfin sortir et en profiter après avoir été privés de printemps ? Est-ce une manière de courir après le temps perdu pendant le confinement, ces deux mois qui ne seront jamais récupérés ? Ou est-ce de devoir faire face à tous les dossiers qui se sont accumulés pendant la crise, reportés pour l’"après" ? Y aura-t-il seulement un après ?

Je suis retournée à Paris récemment, pour la première fois depuis des mois. Dans le petit TER qui me menait de Die à Valence (Drôme), un siège sur deux était condamné. Une fois installée, je me suis trouvée comme une idiote, masquée, à ne pas savoir quoi faire de mon sandwich. Quand on n’habite pas en ville, quand on n’est pas salarié, le port du masque n’est pas encore un réflexe. Je n’avais pas encore vu les foules urbaines par temps de Covid ni expérimenté ce que ça supposait. Mais, tant qu’on longeait la vallée de la Drôme, la beauté du paysage offert aux yeux compensait l’étrangeté du trajet.

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via - By KATHERYN HOUGHTON, September 18, 2020

Wildfire smoke leaves lung damage long after air clears

FILE - In this Aug. 10, 2017, file photo provided by the U.S. Forest Service, a pickup truck pulls a camper through the wildfire smoke in Seeley Lake in Missoula County, Mont. The small town was blanketed with hazardous smoke due to wildfires for seven weeks in 2017. A study showed residents' lung capacity declined in the first two years after the fires. The study team hasn't been able to return to Seeley Lake to check on the residents this year because of the coronavirus pandemic. (Kari Greer, U.S. Forest Service via AP, File)

SEELEY LAKE, Mont. (AP) — When researchers arrived in this town tucked in the Northern Rockies three years ago, they could still smell the smoke a day after it cleared from devastating wildfires. Their plan was to chart how long it took for people to recover from living for seven weeks surrounded by relentless smoke.

They still don’t know, because most residents haven’t recovered. In fact, they’ve gotten worse.

Forest fires had funneled hazardous air into Seeley Lake, a town of fewer than 2,000 people, for 49 days. The air quality was so bad that on some days the monitoring stations couldn’t measure the extent of the pollution. The intensity of the smoke and the length of time residents had been trapped in it were unprecedented, prompting county officials to issue their first evacuation orders due to smoke, not fire risk.

Many people stayed. That made Seeley Lake an ideal place to track the long-term health of people inundated by wildfire pollution.

So far, researchers have found that people’s lung capacity declined in the first two years after the smoke cleared. Chris Migliaccio, an immunologist with the University of Montana, and his team found the percentage of residents whose lung function sank below normal thresholds more than doubled in the first year after the fire and remained low a year after that.

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26 Septembre 2020

     

- Entretien > 25 septembre 2020 / Entretien avec Pierre-Henri Gouyon

Covid-19 : "Elle a bon dos, la science !"

Le gouvernement français vient de durcir à nouveau les règles dans le but de limiter la propagation du Sars-CoV-2 et de l’épidémie de Covid-19. Dans cet entretien, Pierre-Henri Gouyon explique que ces règles sont élaborées sans avis éclairé de la communauté scientifique dans son ensemble. Pourtant, sans large diffusion de l’état des connaissances sur la maladie, la responsabilisation des citoyens restera lettre morte.

Pierre-Henri Gouyon est biologiste spécialisé en sciences de l’évolution et professeur au Muséum national d’histoire naturelle. Il a cosigné le 10 septembre dernier une tribune dans Le Parisien­ où il critique avec d’autres chercheurs la gestion de la crise du Covid-19 par l’État. Selon eux, la communauté scientifique a été exclue des discussions et devrait être réellement écoutée pour que la gouvernance ne soit plus "celle de la peur".

Reporterre ­— Avec d’autres chercheurs et médecins, vous avez cosigné une tribune. Que dénoncez-vous ?

Pierre-Henri Gouyon — L’État et les médias ont insufflé de la peur, ils menaçaient de remettre les gens en confinement et ça nous semblait extrêmement malvenu. Il nous a paru important de faire entendre une voix différente de la part de certains scientifiques, et de signaler que, pour le moment, la communauté scientifique dans son ensemble n’avait pas donné de consignes parce qu’elle n’avait tout simplement pas été consultée. Seules quelques personnes l’ont été, dont certaines ont fait beaucoup de bruit, parce qu’elles aiment ça. Il nous semblait que les scientifiques étaient utilisés comme caution pour faire des choses qui ne nous convenaient pas. On a donc décidé d’écrire cette tribune.

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- Jeff Brady, September 25, 2020 - Heard on All Things Considered

'Light Years Ahead' Of Their Elders, Young Republicans Push GOP On Climate Change

Think "climate change activist" and a young, liberal student may come to mind.

A recent NPR/PBS NewsHour/Marist poll showed climate change is the top issue for Democratic voters. For Republicans, it barely registers overall, but there is a growing generational divide.

A recent Pew Research Center survey shows Republicans 18 to 39 years old are more concerned about the climate than their elders. By a nearly two-to-one margin they are more likely to agree that "human activity contributes a great deal to climate change," and "the federal government is doing too little to reduce the effects of climate change."

Some of these young conservatives are starting environmental groups and becoming climate activists. And now they're pushing their party to do more.

Benji Backer started the American Conservation Coalition in 2017, after his freshman year in college, and says his love of nature comes in part from his family.

"They were Audubon members, Nature Conservancy members. But they were conservative, and I grew up not thinking that the environment should be political at all," says Backer.

Yet these days, environmental politics dominates his life. From now until the November election Backer is driving an electric car across the country, talking about his group's climate agenda and posting videos along the way.

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- Climate change - Emily Holden in Washington, Wednesday 23 September 2020

‘They’re suffering now’: Americans scramble to adapt to daily reality of climate crisis

Heat and wildfire smoke force residents to seek respite – and buy cooling systems and air purifiers, if they can afford them

A home burns as the sun sets behind smoke and flames during the Bobcat fire in Juniper Hills, California, on Friday. Photograph: Mario Tama/Getty Images

Wildfire smoke had painted the sky orange last week when Sam, a Bay Area resident, plugged in his newest purchase: an air filter with a car adapter that would turn his minivan into an escape vehicle.

Sam’s daughter has an immune disorder, and with smoke from nearby fires making the air among the globe’s dirtiest, the family fled north for clearer skies.

Sam, who asked the Guardian to withhold his last name to respect his daughter’s privacy, said the attempts to protect her vulnerable lungs cost several thousand dollars.

“Just the fact that we have this option available to us makes us incredibly lucky,” he said.

The family was not alone in spending significant amounts of money to mitigate the impacts of the wildfires that have raged across California this season. People across the US west, including hundreds of miles away from the blazes, reported buying air purifiers for the first time to cope with the smoke that cast a hazy glow over multiple states. The most effective air purifiers can run $200 to $500, and many sold out. Others said they had run up their air conditioning bills or paid for gas and hotels to leave the area.

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- Special Series - The Coronavirus Crisis - September 24, 2020, Chris Arnold

'Desperation And Fear' For Millions With Congress Deadlocked Over Pandemic Assistance

When the coronavirus pandemic hit, Jesus Gonzalez was about a year into starting a Cuban food catering and "pop-up" business in Lexington, Ky. It's like "a food truck, but without a truck," he says.

His steadiest gig was setting up tables with a spread of Cuban food at local breweries so people could eat while quaffing pints. But then all that shut down. And he says things aren't back to normal enough yet for the breweries to bring him back.

Gonzalez is a single dad with a 13-year-old daughter, and he says that extra $600 a week in federal unemployment money that Congress approved in its last relief package really helped.

"That was everything that made it so that I can focus on my daughter," he says. "That 600 a week made it so that I could, like, keep my head above water."

He says his car broke down and he was able to fix it, and he could keep paying rent.

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25 Septembre 2020

     

- Enquête > 25 septembre 2020 / Audrey Parmentier (Reporterre)

En pleine croissance, le réseau Biocoop est contesté sur le plan social

Depuis le 9 juillet, les salariés des deux magasins Biocoop-Le retour à la terre à Paris se mobilisent pour de meilleures conditions de travail. Emportée par la croissance et face à concurrence des géants de la distribution, la société pionnière du bio a-t-elle oublié ses valeurs sociales et solidaires ?

Paris, reportage - Les clients jouent des coudes pour entrer dans le magasin. Devant l’enseigne Biocoop-Le retour à la terre, dans le 5e arrondissement de Paris, une quinzaine de salariés manifestent, samedi 12 septembre. Samuel, Konstantin ou encore Lætitia prennent la parole. Le micro lâche au bout de quelques minutes, obligeant les employés à crier leurs revendications dans un mégaphone de fortune : la revalorisation des salaires et le droit à une rupture conventionnelle sont dans toutes les bouches. Ils s’adressent parfois à leur dirigeante, Catherine Chalom, également dirigeante d’un autre magasin Biocoop. "La direction voulait y instaurer le travail du dimanche à la rentrée, raconte Konstantin, mais elle a fini par reculer" à la suite du piquet de grève du dimanche 6 septembre, avenue Philippe-Auguste (11e).

Les salariés peuvent compter sur le soutien d’un fournisseur, la Conquête du pain, boulangerie bio autogérée ouverte à Montreuil (Seine-Saint-Denis), qui a livré des cagettes vides. La contestation sociale a éclaté le 9 juillet, après l’annonce de la mise en vente des deux magasins à la sortie d’un confinement difficile. "Pendant cette période, on nous poussait à prendre des congés, mais on ne savait pas que notre prime serait proratisée selon le nombre d’heures travaillées", dit Konstantin.

Une journée nationale de grève a donc été organisée. Une trentaine de salariés représentant six magasins Biocoop (dont ceux de Strasbourg et Poitiers) se sont joints au cortège de la manifestation parisienne, le 17 septembre, organisés par les syndicats pour protester contre la politique sociale du gouvernement. Parmi eux, Maeva [*], employée à la Biocoop Coquelicot, à Strasbourg (Bas-Rhin), justifie sa colère : "Pendant le confinement, on bénéficiait d’un seul jour de repos. Notre chef a viré deux personnes et mis quatre avertissements. Tout le monde avait peur."

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- Tribune > 24 septembre 2020 / Simge Andı et James Painter (The Conversation)

Qui s’inquiète de la crise climatique ? Pas (vraiment) les Européens

L’inquiétude face à la crise climatique croît partout dans le monde, selon une étude internationale, notamment chez les jeunes et les gens de gauche. Les chercheurs soulignent également que c’est dans l’hémisphère sud, soit au Chili, au Kenya, en Afrique du Sud et aux Philippines, que cette préoccupation est la plus vive.

Simge Andı est post-doctorante à l’Institut Reuters d’étude du journalisme de l’université d’Oxford.

James Painter est chercheur associé l’Institut Reuters.

Les résultats d’une enquête menée dans quarante pays montrent que les changements climatiques préoccupent la plupart des gens. Dans la grande majorité des pays, moins de 3 % des personnes interrogées considèrent qu’il ne s’agit pas du tout d’un problème grave.

Nous avons mené cette recherche pour le rapport annuel de l’Institut Reuters de l’université d’Oxford sur les digital news [nouvelles numériques]. Plus de 80.000 personnes ont été interrogées en ligne en janvier et en février 2020.

Près de sept personnes sur dix croient que les changements climatiques constituent « un problème très, ou extrêmement grave », mais on observe des différences marquées entre les pays. Le manque de préoccupation est beaucoup plus important aux États-Unis (12 %) ainsi qu’en Suède (9 %), pays d’origine de Greta Thunberg. Malgré la présence de feux de brousse dévastateurs au moment de notre enquête, 8 % des personnes interrogées en Australie ont déclaré considérer que les changements climatiques ne sont pas du tout graves. Les groupes les moins préoccupés sont généralement plus âgés et à droite de l’échiquier politique.

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24 Septembre 2020

     

- 21 Septembre 2020

Bourse: Les banques plongent après une enquête sur le blanchiment

Une enquête fondée sur des milliers de "rapports d’activité suspecte" montre que des montants astronomiques d’argent sale ont transité durant des années par les plus grandes institutions bancaires du monde.

Les banques suisses ne sont pas épargnées par la bourrasque boursière.

HSBC, Deutsche Bank, ING… Ces grands noms de la finance étaient fortement malmenés en Bourse lundi, après les révélations d’un consortium de journalistes qui accusent ces géants bancaires d’avoir permis le blanchiment d’argent sale à grande échelle.

À Francfort, Deutsche Bank a lâché de 8,7% à 7,0 euros à la clôture après la publication de cette enquête la visant. Standard Chartered, également sous le feu des projecteurs, a perdu de son côté 5,8% à 338,6 pence à Londres.

En Suisse, l’action UBS a perdu 6,2% à 10,31 francs et la nominative Credit Suisse 6,3% à 9,17 francs.

À Hong Kong, l’action HSBC a touché son plus bas niveau depuis 25 ans, clôturant en chute de 5,33% à 29,30 HKD. Outre le fait que le groupe a été cité par l’enquête du consortium de journalistes, il pourrait essuyer des sanctions de Pékin dans le cadre de mesures de représailles contre certains pays étrangers.

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- Info > 24 septembre 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Fragilisé par la sécheresse et le Covid, le nucléaire a besoin du charbon

Cette année, la France a mis en route ses centrales à charbon bien plus tôt que d’habitude. La raison : quatre réacteurs nucléaires sur dix sont à l’arrêt, du fait d’opérations de maintenance décalées à cause du Covid mais aussi de la sécheresse, qui rend impossible le refroidissement des installations.

C’est une décision lourde de conséquences, équivalent à l’émission en CO2 de plusieurs millions de véhicules. Ces dernières semaines, la France a décidé de rallumer ses centrales à charbon pour faire face à une diminution de la production électrique. Des panaches de fumée s’échappent à nouveau des hautes cheminées. Selon les données du Réseau de transport d’électricité (RTE), les centrales à charbon fournissent, en ce moment, 2 % du mix électrique national, soit plus de 800 mégawatts-heure.

Le recours au charbon est, cette année, extrêmement précoce alors même que les températures en septembre sont anormalement élevées et que les radiateurs ne sont toujours pas allumés. D’ordinaire, les centrales à charbon ne sont utilisées qu’au cœur de l’hiver pour affronter des pics de consommation. Le candidat Emmanuel Macron s’était d’ailleurs engagé lors de la campagne présidentielle à les fermer en 2022 avant de finalement revoir son calendrier. On sait déjà qu’au moins l’une des quatre dernières centrales, celle de Cordemais, en Loire-Atlantique, sera maintenue en activité jusqu’en 2024 voire 2026.

La situation actuelle est aggravée par la défaillance du parc nucléaire français ou, pour parler comme RTE, par "son manque de disponibilité". Sur 56 réacteurs, 24 sont actuellement à l’arrêt, soit près de la moitié. Les causes dépassent largement la fermeture récente de Fessenheim. La sécheresse, les avaries techniques d’EDF et le décalage d’opérations de maintenance à cause du Covid-19 ont profondément bousculé la gestion des centrales nucléaires.

"On n’arrête pas de nous présenter le nucléaire comme une énergie sûre, pilotable et fiable mais elle a aussi ses intermittences, analyse Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. La crise que nous traversons aujourd’hui prouve à quel point cette énergie est vulnérable aux aléas extérieurs, tant climatiques que sanitaires."

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- samedi 19 septembre 2020

Le ministère de l’Intérieur n’a pas à mettre au pas les journalistes qui couvrent des manifestations

Nous publions ci-dessous un communiqué du SNJ, qui dénonce les remises en cause de la liberté de la presse dans le cadre du Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) rendu public par le gouvernement.

Le ministère de l’Intérieur vient de se doter d’un Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO). Si ce document constitue une première et réaffirme la nécessité de garantir la liberté de manifester, il y a lieu de s’interroger sur un certain nombre de dispositifs notamment en matière d’information, de liberté de la presse et de protection des journalistes. Ce qui commence à faire beaucoup.

Le SNMO affirme "la nécessité d’assurer une prise en compte optimale des journalistes", "de protéger ainsi le droit d’informer", et "la nécessité de préserver l’intégrité physique des journalistes sur le terrain". Ca va mieux en l’écrivant, non ? Rappelons que, sous Christophe Castaner, la liberté de la presse a été sérieusement piétinée avec plus de 200 journalistes empêchés de travailler par les forces de police et de gendarmerie. Gérald Darmanin, lui, propose carrément aux journalistes couvrant les manifestations de se mettre au pas !

Ainsi, le ministre de l’Intérieur "propose la réalisation d’exercices conjoints permettant aux forces d’intégrer la présence de journalistes dans la manoeuvre et à ces derniers de mieux appréhender les codes et la réalité des opérations de maintien de l’ordre en environnement dégradé" et "des sensibilisations au cadre juridique des manifestations, aux cas d’emploi de la force et notamment aux conduites à tenir lorsque les sommations sont prononcées, ainsi qu’aux dispositions du SNMO." Depuis quand il revient au ministère "d’éduquer" les journalistes ? Pourquoi ne pas leur tenir le stylo ou la caméra pas dessus le marché !

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23 Septembre 2020

     

- by Lylla Younes, ProPublica, and Sara Sneath, September 11, 23

New Research Shows Disproportionate Rate of Coronavirus Deaths in Polluted Areas

The type of pollution emitted by many chemical plants in Louisiana's industrial corridor is correlated with increased coronavirus deaths, according to new peer-reviewed research from SUNY and ProPublica.

A refining plant in West Baton Rouge Parish, Louisiana. New research indicates that industrial air pollution may explain the disproportionate rate of coronavirus deaths in West Baton Rouge and other parishes in the state’s chemical corridor. (Patrick Dennis/The Times-Picayune and The Advocate)

❐ This article was produced in partnership with The Times-Picayune and The Advocate, which was a member of the ProPublica Local Reporting Network in 2019.

The industrial plants in the riverside Louisiana city of Port Allen have worried Diana LeBlanc since her children were young. In 1978, an explosion at the nearby Placid oil refinery forced her family to evacuate.

“We had to leave in the middle of the night with two babies,” said LeBlanc, now 70.“ I always had to be on the alert.”

LeBlanc worried an industrial accident would endanger her family. But she now thinks the threat was more insidious. LeBlanc, who has asthma, believes the symptoms she experienced while sick with the coronavirus were made worse by decades of breathing in toxic air pollution.

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- Tribune > 23 septembre 2020 / Youth For Climate, Désobéissance écolo Paris et d’autres collectifs écolos

Mobilisation climat : faisons place à la vie

Les vendredi 25 et samedi 26 septembre, à l’appel de Fridays For Future et Parents for Future, plus de 2.000 mobilisations en faveur de la lutte contre le changement climatique auront lieu dans le monde. À Paris, les organisations autrices de cette tribune appellent aussi à l’action.

Youth For Climate, Désobéissance écolo Paris et d’autres collectifs écolos se mobiliseront les 25 et 26 septembre.

Nous avons marché pour le climat, fait la grève, occupé des centres commerciaux, des places, pénétrés dans les sièges sociaux d’entreprises immondes. Friday For Future, Italie2, Châtelet, BlackRock. Nous sommes las.sses d’attendre de la part de l’État et des capitalistes une vie moins morne et moins révoltante. Ils ne changeront pas. La suite du monde doit s’organiser sans et contre eux.

En tant qu’écologistes, nous ne voulons pas vivre dans le monde qu’ils nous proposent. Un monde dans lequel la moindre banderole à un balcon peut être sanctionnée. Un monde dans lequel la police se sent libre d’occuper violemment les quartiers populaires. Dans la société qu’ils ont installée, organiser une cantine solidaire dans la rue, faire du foot sur une place ou organiser un concert demande un nombre incalculable d’autorisations et peut être criminalisé. Nous voulons pouvoir décider collectivement de l’usage de nos espaces et cela passe par leur réappropriation.

Nous avons besoin d’espaces, nous avons besoin de lieux.

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- 21 septembre 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Exclusif - La carte des emprises de l’Andra pour imposer l’enfouissement des déchets nucléaires

 

Début août, l’Andra, l’agence de gestion des déchets radioactifs, a déposé la demande de déclaration d’utilité publique du projet Cigéo de stockage des déchets radioactifs. Si elle était acceptée, la DUP ouvrirait la voie aux expropriations. Mais des écueils, notamment politiques, encombrent le chemin.

L’action s’est faite sans bruit, dans la torpeur de l’été. Le 3 août dernier, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a posé une pierre de plus dans l’édifice du plus grand projet industriel européen, le centre de stockage Cigéo, qui vise à enfouir, à 500 mètres sous terre, 85.000 m² de déchets radioactifs, à Bure, dans la Meuse.

L’agence a déposé sa demande de déclaration d’utilité publique, plus communément appelée DUP. Le dossier est, en ce moment, instruit par les services de l’État au sein du ministère de la Transition écologique et pourrait très prochainement se retrouver sur le bureau de la ministre, Barbara Pompili.

L’enjeu est de taille. À terme, si l’État reconnaît l’utilité publique de Cigéo, l’Andra pourra procéder à des expropriations et accroître son emprise foncière, qui est déjà très grande, dans la région [voir la carte ci-dessus]. Des chantiers de terrassement, des fouilles archéologiques et des défrichements pourraient alors commencer. "La DUP est le déclencheur des travaux préalables", prévenait ainsi en 2019 le directeur du site, David Mazoyer, dans le journal l’Est républicain.

En soi, le dépôt de la DUP n’a rien d’une surprise. "La rumeur circulait déjà depuis plusieurs mois sans être validée ni par le gouvernement ni par l’Andra", dit Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. L’Agence est même en retard par rapport à son calendrier. À l’origine, la loi de 2006 sur "la gestion durable des matières et déchets radioactifs" prévoyait un dépôt en 2015 et le commencement des travaux dès 2020. Au fil des années, face aux difficultés techniques rencontrées et à la montée de l’opposition, les délais ont explosé. Aujourd’hui, l’Andra pense débuter les travaux d’ici 2023–2024 et mettre en service le site d’enfouissement en 2035 avec l’arrivée des premiers colis radioactifs.

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22 Septembre 2020

     

- Reportage > 22 septembre 2020 / Justine Guitton-Boussion (Reporterre)

La betterave, cheval de Troie des néonicotinoïdes

Le gouvernement veut réautoriser l’utilisation des insecticides néonicotinoïdes dans les champs de betteraves, décimés par le virus de la jaunisse. Seule solution, selon les producteurs, pour sauver leurs récoltes. Face à l’enjeu économique, les défenseurs des abeilles et ceux qui veulent repenser la filière betteravière ont du mal à se faire entendre.

Serans (Oise), reportage - D’une main ferme, Alexis Hache attrape une feuille de betterave sucrière et la serre dans son poing. "C’est à ça qu’on reconnaît les conséquences de la jaunisse, les feuilles crissent comme des chips", constate-t-il. Depuis le mois de juin, à Serans, dans l’Oise, la moitié de la parcelle de ce producteur s’est teintée d’une couleur citron. La faute au virus de la jaunisse de la betterave, transmis par le puceron vert du pêcher (Myzus persicae).

Cette année, à cause d’un hiver doux et d’une saison printanière chaude, ce puceron a proliféré et transmis le virus à bon nombre de betteraves. Des dégâts très importants sont observés dans des exploitations du Centre-Val-de-Loire, et dans une moindre mesure en Île-de-France, dans l’Eure et l’Oise.

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- Santé - par Nolwenn Weiler, 22 septembre 2020 - Dessin : Caroline Suzanna André

L’histoire de Cloé, 11 ans, atteinte d’une leucémie, qui aimerait tant que son voisin n’épande plus de pesticides

Cloé, 11 ans, habite à Saint-Nolff, une petite commune de 4000 habitants dans le sud de la Bretagne. Depuis un an, elle lutte contre une leucémie. Ses parents, soutenus par un collectif citoyen, aimeraient que leur voisin cesse d’épandre des pesticides près de chez eux. Récit.

Ce matin, Cloé a enfilé une robe rouge à pois blancs. Puis elle a serré un foulard assorti sur sa tête sans cheveux. D’une voix claire et très assurée, l’enfant de 11 ans explique que les médicaments qu’elle prend sont parfois écœurants :

"À boire, c’est pas bon, ça me fait vomir".

Certains lui donnent le cafard. Ces jours-là, elle ne veut, ni ne peut plus rien faire. Elle craque, et rêve de redevenir "comme avant".

Avant qu’on ne lui diagnostique un cancer, qui l’a tirée des bancs de l’école, privée de ses ami.es, et qui a bouleversé sa vie et celle de toute sa famille, dans la petite commune de 4000 habitants, Saint-Nolff, près de Vannes (Morbihan), où elle réside.

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21 Septembre 2020

     

- Reportage > 21 septembre 2020 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)

Amish ou pas, la lutte contre la 5G s’organise au niveau national

Près d’un millier de militants anti-5G étaient réunis le 19 septembre à Lyon, pour la première grande manifestation d’ampleur contre le déploiement de cette technologie imposée autoritairement. Conséquences sanitaires, environnementales et sociétales, toutes les questions posées par la 5G ont été débattues avec de nombreuses associations.

Lyon, reportage - Ils ne sont pas venus habillés en amish. Mais ils n’en étaient pas moins très remontés contre Emmanuel Macron. Samedi 19 septembre, un petit millier de personnes se sont réunies à Lyon pour protester contre le déploiement de la 5G. Tous ressassaient avec amertume les propos méprisants du président qui les a comparé aux "Amish", cette communauté connue pour se tenir à l’écart du progrès. "Voulons-nous revenir à la lampe à huile ? Évidemment que non. Nous souhaitons simplement un débat démocratique sur le déploiement de la 5G", scandait au mégaphone un membre du collectif Stop 5G, devant le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Les opposants avaient en effet choisi de débuter leur manifestation devant l’entrée de ce centre dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, en 2011, a classé les champs électromagnétiques de radiofréquences comme "peut‐être cancérogènes pour l’homme".

Dans le cortège, de nombreuses banderoles rappelaient l’hétérogénéité des questions soulevées par la 5G : l’aspect sanitaire tout d’abord, mais aussi les menaces sur nos libertés publiques, le déni de démocratie, les craintes à l’égard d’une surveillance généralisée et enfin, les questions écologiques. Une pluralité des sujets qui a séduit Marielle, Gilet jaune de la ville de Mâcon : "On rejoint toutes les luttes qu’on peut rejoindre. D’autant qu’on ne peut plus faire de manifestation chez nous… Avec la 5G, c’est une prolétarisation des idées qui fera qu’on pensera tous la même chose, guidés par la machine."

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- Entretien > 21 septembre 2020 / Propos recueillis par Laury-Anne Cholez

Carola Rackete : "Il ne s’agit plus d’être optimiste ou pessimiste mais de s’engager"

Elle avait forcé le blocage du port italien de Lampedusa en 2019 pour y débarquer des migrants que son navire, le "Sea-Watch 3" avait sauvé de la mort. La capitaine Carola Rackete publie ce mois-ci un livre dans lequel elle raconte son expérience. Un vibrant plaidoyer qui en appelle au courage de tout un chacun contre l’inhumanité.


Elle a désobéi. C’était le 26 juin 2019, dans les eaux claires du port italien de Lampedusa. Carola Rackete, capitaine du Sea-Watch 3, a décidé de forcer le blocus qui lui était imposé depuis quinze jours. Au bord de son navire, une dizaine de membres d’équipage et surtout 42 migrants, la plupart issus de l’enfer libyen et bien mal en point. Face au mépris du gouvernement italien, face à l’abandon de la communauté internationale, le geste de la jeune femme — mûrement réfléchi — l’a propulsée au devant de la scène médiatique. Depuis, elle a publié un ouvrage : Il est temps d’agir, paru le 17 septembre dans sa traduction française aux éditions L’Iconoclaste, où elle revient sur cette expérience et formule un rêve : que tous agissent face aux dérèglements de notre monde.

 

Reporterre — À l’origine, vous êtes une écologiste et vous avez travaillé dans des missions de recherche polaire et marine. Pourquoi avez-vous décidé vous engager dans le secours aux migrants ?

Carola Rackete — J’ai décidé de rejoindre les secours en mer pour faire face à une urgence. Car les associations manquent souvent de gens qualifiés qui ont une expérience ainsi que les diplômes nécessaires. Je pense aussi que nous avons une grande responsabilité en tant que citoyens européens, nous ne devons pas penser qu’il en va uniquement de celle des pays du sud de la Méditerranée et devons nous préoccuper de ce qui se passe à nos frontières.

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20 Septembre 2020

     

- Info > 19 septembre 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Le traité Mercosur aurait des conséquences désastreuses pour l’Amazonie

Le traité de libre-échange envisagé entre l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique du Sud aurait des conséquences écologiques désastreuses. Jean Castex affiche son opposition, en s’appuyant sur un rapport qui lui a été remis vendredi 18 septembre. Il lui reste à peser à Bruxelles pour empêcher la ratification de l’accord.

Salué d’abord comme le "deal du siècle", l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur — regroupant le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay — a désormais du plomb dans l’aile. Vendredi 18 septembre, le Premier ministre, Jean Castex, a réaffirmé l’intention de la France de "s’opposer au projet d’accord en l’état". En cause, selon le Premier ministre : le projet de traité "n’a aucune disposition permettant de discipliner les pratiques des pays du Mercosur en matière de lutte contre la déforestation", or "la déforestation met en péril la biodiversité et dérègle le climat".

Cette annonce survient quelques mois avant la ratification du texte, prévue avant la fin de l’année 2020 au niveau européen. Mais elle intervient surtout après la remise à Jean Castex d’un rapport jugeant très sévèrement ce projet d’accord, estimant qu’il est une "occasion manquée pour l’Union européenne d’utiliser son pouvoir de négociation pour obtenir des garanties solides répondant aux attentes environnementales, sanitaires et plus généralement sociétales de ses concitoyens". En clair : l’Europe s’apprête à signer un traité de libéralisation des échanges destructeur de l’environnement. Ce pavé de 184 pages, commandé en août 2019 par Édouard Philippe à un groupe d’experts — la commission Ambec — explore notamment les conséquences potentielles du texte commercial sur la biodiversité, les émissions de gaz à effet de serre, les normes sanitaires et environnementales.

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- Santé - par Rozenn Le Carboulec, 18 septembre 2020

La Covid mal reconnue en maladie professionnelle pour les soignants : “Un raz-de-marée de mépris”

Le décret permettant la reconnaissance automatique de la Covid-19 en maladie professionnelle pour les soignants a été publié le 14 septembre. Jugé très restrictif par la majorité des syndicats, il écarte une grande partie du personnel médical, tout comme l’ensemble des autres professions ayant été en première ligne pendant le confinement.

manifestation de soignants en juin 2020, après le déconfinement / © Anne Paq

C’est un décret que les professionnels de santé attendaient depuis de nombreuses semaines. Paru au Journal officiel du 14 septembre, celui-ci établit enfin la reconnaissance de la Covid-19 comme maladie professionnelle pour les soignants.

Mais à des conditions très restrictives.

Ne sont ainsi prises en compte que les

"affections respiratoires aiguës causées par une infection au SARS-CoV2, (…) et ayant nécessité une oxygénothérapie ou toute autre forme d’assistance ventilatoire, attestée par des comptes rendus médicaux, ou ayant entraîné le décès".

Bref, seules les formes très sévères de la maladie sont prises en compte.

"Un positionnement immonde", pour Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), qui se dit extrêmement "choqué".

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 - Sylvie Logean, publié vendredi 18 septembre 2020 - Covid-19

Les masques sont-ils vraiment dangereux pour la santé?

Les craintes autour des effets du port du masque sur la santé se multiplient, la plus répandue étant que cela entraînerait un manque d’oxygène dans l’organisme ou une absorption élevée de dioxyde de carbone. Le point sur la question

Genève. Un samedi comme un autre aux Bains des Pâquis. Une inconnue amorce une tentative d’approche. Son objectif: encourager Solange, qui profite du soleil, à participer à une manifestation qui aura lieu l’après-midi contre le port du masque, entre autres revendications. Les arguments fusent:

"Saviez-vous qu’une fillette de 13 ans était décédée en Allemagne parce qu’elle devait porter un masque?"

Avant de conclure son laïus par:

"De toute façon, les journalistes nous mentent", sans se douter que Solange en était elle-même une.

Pas de bol.

L’anecdote peut faire sourire, mais lorsque l’on y prête attention, force est de constater que les questions autour des effets du masque sur la santé ne sont pas l’unique apanage de quelques personnes radicalisées ou amatrices de théories du complot. Au registre des craintes circulant sur le masque, ce dernier favoriserait l’inhalation de toxines, détériorerait le système immunitaire, ou augmenterait le risque d’activation de rétrovirus… La plus tenace d’entre toutes: le masque serait associé à un manque d’oxygène dans l’organisme ou à une absorption élevée de dioxyde de carbone (CO2) délétère pour la santé.

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- 20 septembre 2020, Par Elicec - Blog : Le blog de Elicec

Se jeter sur les peaux de banane du gouvernement

L'imbécile regarde le bout du doigt que nous fait Macron, et il en vient même à décrire le doigt.

Les analystes au fond, ne seraient-ils pas des commentateurs perpétuels, faisant le jeu des politiques qui, avec leur petites phrases occupent la galerie de ceux qui n'en savent pas plus qu'eux, incapables en plus de les moucher sur les arguments débiles qui nous sont servis par les membres actuels de ce gouvernement qui nous emmène droit dans le mur?

Quand Jean-Baptiste Djebbari affirme que

"le rejet de la technologie [n’est] pas nouveau", qu’il était même "inhérent à toute innovation". "Au XIXe siècle, certains rejetaient le train au motif qu’il rendrait sourd et aveugle",

Certes, et alors?

Rien à y répondre de concret?

Pourquoi les commentateurs n'avancent-ils pas les arguments qu'il nous faudrait répondre à cette bande de criminels en bande organisée en place?

Pourquoi ne pas répondre que leurs belles innovations datant du XIXe ont rendu 75% des sols d'Île de France pollués depuis aux métaux lourds, rendant impossible toute culture comestible, à moins de remplacer la terre?

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19 Septembre 2020

     

- Société - Publié le 18/09/2020 - Tribune collective (Liste des signataires disponible à la fin du texte.)

Une "écriture excluante" qui "s’impose par la propagande" : 32 linguistes listent les défauts de l’écriture inclusive

"Outre ses défauts fonctionnels, l’écriture inclusive pose des problèmes à ceux qui ont des difficultés d’apprentissage et, en réalité, à tous les francophones soudain privés de règles et livrés à un arbitraire moral." Bien que favorables à la féminisation de la langue, plusieurs linguistes estiment l'écriture inclusive profondément problématique.

Présentée par ses promoteurs comme un progrès social, l’écriture inclusive n’a paradoxalement guère été abordée sur le plan scientifique, la linguistique se tenant en retrait des débats médiatiques. Derrière le souci d'une représentation équitable des femmes et des hommes dans le discours, l’inclusivisme désire cependant imposer des pratiques relevant d’un militantisme ostentatoire sans autre effet social que de produire des clivages inédits. Rappelons une évidence : la langue est à tout le monde.

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18 Septembre 2020

     

- 18th September 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 16th September 2020

Democratic Revolution

Full-scale participatory democracy would change everything. It has the same revolutionary potential as the universal franchise and women’s suffrage.

It’s good entertainment, but that’s all it is. Seeing Boris Johnson ritually dismembered in Parliament might make us feel better, but nothing changes. He still has an 80-seat majority, though only 29% of the electorate voted for the Conservatives. We are reduced, for five long years, to spectators.

Our system allows the victorious government a mandate to do what it likes between elections, without further reference to the people. As we have seen, this can include breaking international law, suspending Parliament, curtailing the judiciary, politicising the civil service, attacking the Electoral Commission, and invoking royal prerogative powers to make policy without anyone’s consent. This is not democracy, but a parody of democracy.

By contrast to our five-yearly vote, capital can respond to government policy every second, withdrawing its consent with catastrophic consequences if it doesn’t like its drift. There’s a massive imbalance of power here. The voting power of capital, with modern trading technologies, has advanced by leaps and bounds. Electoral power is trapped in the age of the quill pen.

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- Entretien > 18 septembre 2020 / Entretien avec Christian Amblard

"Les retenues d’eau aggravent la sécheresse, et la vulnérabilité de l’agriculture"

Cette année encore, la plupart des départements français ont manqué d’eau. La solution, plébiscitée par le ministre de l’Agriculture et bien des agriculteurs souhaitant irriguer leur champ ? La création de retenues d’eau. Un "non-sens écologique", explique Christian Amblard dans cet entretien. "Elles bloquent le passage vers une agriculture responsable, résiliente, économe en eau."

Christian Amblard est directeur de recherche honoraire au CNRS et naturaliste. Il est vice-président du Greffe, le Groupe scientifique de réflexion et d’information pour un développement durable, et de l’association Preva (Protection des entrées sur les volcans d’Auvergne).

Reporterre — Face aux sécheresses à répétition, nombre de personnes — le ministre de l’Agriculture en tête — souhaitent développer l’irrigation, et donc les retenues d’eau… Autrement dit des barrages qui permettraient de "stocker la pluie en hiver pour la restituer l’été". Vous êtes opposé à cette idée. Pourquoi ?

Christian Amblard — La construction de barrages est une proposition très court-termiste, qui ne va satisfaire qu’une partie infime de la profession agricole – 6 % seulement des surfaces agricoles sont irriguées ! Mettre en avant des mesures artificielles comme celle-ci empêche la prise de conscience et la transition agricole : ces "solutions" vont en fait aggraver la vulnérabilité de l’agriculture, parce qu’elles bloquent le passage vers une agriculture responsable, résiliente, économe en eau. Surtout, cette idée de retenues d’eau est un non-sens écologique, elle est très néfaste pour l’ensemble des écosystèmes "naturels" et des agroécosystèmes.

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17 Septembre 2020

     

- Société - Publié le 16/09/2020, Thierry Lamote, Céline Masson, Isabelle De Mecquenem

Une "emprise" : la radicalité est devenue un trait majeur de l’université

Thierry Lamote, Céline Masson et Isabelle De Mecquenem déplorent un débat universitaire devenu impossible par excès d'idéologisation.

❐ Thierry Lamote, Maître de conférences à l’Université de Paris, Centre de recherches psychanalyse, médecine et société, Directeur du Centre d’Etude des Radicalisations et de leur Traitements (CERT)

❐ Céline Masson, Directrice du Réseau de recherche sur le Racisme et l’Antisémitisme, Centre d'Histoire des Sociétés, des Sciences et des Conflits (CHSSC), psychanalyste, professeur à l’Université de Picardie Jules Verne.

❐ Isabelle De Mecquenem, Directrice adjointe du Réseau de recherche sur le Racisme et l’Antisémitisme, professeure agrégée en INSPE, Université de Reims-Champagne-Ardenne, membre du Conseil des sages de la laïcité.

Deux hommes s’ils veulent s’entendre vraiment, ont dû d’abord se contredire. - Gaston Bachelard

Comme l’écrivait Max Weber, les principes éthiques exigent de ne pas

"débiter du haut d’une chaire, au nom de la science, des verdicts décisifs concernant la conception du monde" (Essais sur la théorie de la science).

Or la radicalité est devenue un trait majeur de l’université – pour reprendre l’expression de Pierre Nora à propos de la société tout entière – au point de porter atteinte, non seulement à ses missions fondamentales, mais plus directement, à son public captif et vulnérable sur de nombreux plans.

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- Société - Publié le 15/09/2020, Thierry Foucart

Réseaux sociaux : la fabrique de l’irrationalité

❐ Agrégé de mathématiques, habilité à diriger des recherches en mathématiques appliquées.

Pour Thierry Foucart, nous assistons à un effondrement de la rationalité, autant lié aux réseaux sociaux qu'à la perte de légitimité des autorités politiques et intellectuelles.

Si la vérité n’a pas besoin d’éloquence, il faut bien que l’éloquence serve au mensonge. Autrement, elle serait inutile. - Bruscambille

Nous assistons depuis quelques années à l’apparition de mouvements populistes, démagogiques ou extrémistes qui rencontrent un certain succès et parviennent parfois à prendre le pouvoir politique ou à y participer.

Ces mouvements diffusent de fausses nouvelles, tiennent des propos démagogiques, insultent leurs contradicteurs…

Ce qui semble nouveau, c’est l’impact sur la population de ces discours faisant plus appel à la passion qu’à la raison et à l’invective qu’à l’argumentation, et favorisant la renaissance d’un obscurantisme que l’instruction publique combat depuis le siècle des Lumières.

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16 Septembre 2020

     

- 14th September 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 11th September 2020

Rotten to the Core

The UK’s economic and political life revolves around corruption.

Fear, shame, embarrassment: these brakes no longer apply. The government has discovered that it can bluster through any scandal. No minister need resign. No one need apologise. No one need explain.

As public outrage grows over the billions of pounds of coronavirus contracts issued by the government without competition, it seems determined only to award more of them. Never mind that the consulting company Deloitte, whose personnel circulate in and out of government, has been strongly criticised for the disastrous system it devised to supply protective equipment to the NHS. It has now been granted a massive new contract to test the population for Covid-19.

Never mind that untendered contracts with firms that had no previous experience in supplying medical equipment have left us with vast piles of substandard PPE that can’t be used. Never mind that, Byline Times has reported, one of these contracts has cost taxpayers £800 for every medical gown it has delivered. Never mind that at least two multi-million pound contracts have been issued to dormant companies. Awarding contracts to unusual companies, without advertising, transparency or competition now appears to have been adopted as the norm.

Several of the firms that have benefited from this largesse are closely linked to senior figures in the government.

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  - Entretien - Marc Allgöwer, publié mardi 15 septembre 2020

Les Américains doivent se préparer à une crise constitutionnelle majeure au lendemain de la présidentielle.

L’historienne Nicole Bacharan dresse les parallèles avec les années 1960 et 1860

"Il y a une vraie crainte que la démocratie américaine ne survive pas à cette élection", selon Nicole Bacharan. — © REUTERS/Bryan Woolston

Sous la présidence de Donald Trump les institutions démocratiques américaines ont fait l’objet d’attaques sans précédent. Etat des lieux avant l’élection présidentielle du 3 novembre.

La démocratie américaine a déjà connu de graves périodes de trouble, notamment dans les années 1960. Un siècle plus tôt, elle avait traversé une crise existentielle lors de la guerre de Sécession. L’historienne, politologue et spécialiste des Etats-Unis Nicole Bacharan, autrice avec Dominique Simonnet de First Ladies (Ed. Tempus), y voit certains échos avec la situation actuelle.

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15 Septembre 2020

     

- Accueil > Enquête > 15 septembre 2020 / Célia Izoard (Revue Z)

Cancers des enfants : les autorités ferment les yeux

Pour toute explication à la multiplication du nombre de cancers, l’État met en avant les comportements individuels, niant les facteurs environnementaux. Pourtant, 500 enfants meurent de cancer chaque année et ce nombre augmente.

La première partie de cette enquête est à lire ici. Elle a été initialement publiée dans "Fumées noires, Gilets jaunes", le dernier numéro de la Revue Z, disponible en librairie.

En août 2019, dans la salle d’attente du CHU de Rouen (Seine-Maritime), où sa fille de cinq ans est soignée pour un neuroblastome, Charlène Bachelet a discuté avec une autre mère, qui vit dans la commune voisine, en bord de Seine, et dont l’enfant est lui aussi atteint d’un cancer. Au fil d’une petite enquête, elles ont dénombré, dans un rayon de dix kilomètres autour de leur domicile respectif d’Igoville (Eure), notamment dans la commune voisine de Pont-de-l’Arche, en bord de Seine, une dizaine de cas d’enfants atteints, pour la plupart, de cancers du sang — soit un taux cent fois supérieur au nombre de cas attendus.

Pendant que l’enquête ouverte par l’Agence régionale de santé et Santé publique France suit son cours, Charlène Bachelet, policière municipale, a mûri quelques hypothèses : "Nous, on n’est vraiment pas bio dans la famille, mais certains enfants malades mangent bio depuis leur naissance. Nos habitudes de vie sont très différentes. Par contre, on a presque tous un petit potager, et dans le voisinage immédiat, on a une grosse usine de pâte à papier, une usine de métallurgie et une usine de produits vétérinaires."

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14 Septembre 2020

     

- Accueil > Enquête > 14 septembre 2020 / Celia Izoard (Revue Z)

Cancers : l’incroyable aveuglement sur une hausse vertigineuse

De nombreux types de cancers se multiplient très rapidement depuis deux décennies. Pourtant, l’information sur leur chiffre est lacunaire. Mais l’Etat ferme les yeux, et rejette la responsabilité sur les comportements individuels, plutôt que sur les polluants.

Cette enquête a été initialement publiée dans « Fumées noires, Gilets jaunes », le dernier numéro de la Revue Z, disponible en librairie.

Voilà un fait étonnant : on ne sait pas combien de cancers surviennent en France chaque année. Ce chiffre n’existe pas, il n’a pas été produit. On ne sait pas exactement combien de cancers surviennent, on ne sait pas où ils surviennent. Quand Santé publique France, l’agence de veille sanitaire, annonce, par exemple, 346.000 cas de cancers pour l’année 2015, il s’agit d’une estimation réalisée à partir des registres des cancers, qui couvrent entre 19 et 22 départements selon le cancer étudié, soit 22 % de la population. « Cette méthodologie, précise le dernier bilan publié en 2019, repose sur l’hypothèse que la zone géographique constituée par les registres est représentative de la France métropolitaine en termes d’incidence des cancers. »

Pourtant, le Tarn, l’Hérault ou le Finistère, couverts par des registres, sont des départements relativement épargnés par l’urbanisation et l’industrie. En revanche, les cancers dans certaines des principales métropoles du pays, comme Paris, Marseille et Toulouse, ne sont pas décomptés. Et comme le montre une enquête publiée par Le Monde, les départements les plus concernés par les sites Seveso ne sont pas non plus couverts par les registres : la Moselle (43 sites Seveso seuil haut), la Seine-Maritime (47), les Bouches-du-Rhône (44). Un complot ? Non. Cela démontre simplement que connaître les conséquences des pollutions urbaines et industrielles n’a pas figuré jusqu’ici au premier rang des préoccupations des épidémiologistes.

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- Accueil > Info > 14 septembre 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Derrière l’incendie de Lubrizol, une "défaillance majeure de l’administration"

Les entrepôts de Normandie Logistique étaient voisins de Lubrizol, qui y stockait aussi des produits. Et plus on creuse le dossier, plus la surveillance de ce site par l’administration apparaît avoir été défaillante.

C’est un accident industriel d’une énorme ampleur. Mais pour comprendre comment il a pu arriver, il faut parfois chercher la petite bête. L’incendie de l’usine Lubrizol et des entrepôts de Normandie Logistique, dans lequel, le 26 septembre 2019, plus de 9.000 tonnes de produits chimiques sont parties en fumée, aurait-il pu être évité ?

Sans doute est-il impossible de répondre à cette question. Mais au fur et à mesure que justice, administration et médias s’intéressent de plus près aux deux entreprises, on se rend compte qu’elles auraient pu mieux se prémunir contre le risque incendie qu’elles ne l’ont fait, et être mieux surveillées par les services de l’État.

En particulier, Normandie Logistique, voisine de Lubrizol et qui stockait pour l’usine des produits, semble être passée entre beaucoup de mailles des (larges) filets de l’administration. Pour comprendre, il faut s’imprégner de quelques principes de droit de l’environnement, et s’intéresser à la réglementation des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), c’est-à-dire tous les établissements potentiellement dangereux ou polluants pour le voisinage et l’environnement.


Normandie Logistique, qui stockait sur son site de Rouen de grandes quantités de fûts pour sa voisine Lubrizol, était, avant l’incendie, connue de l’administration comme un site relevant de la "déclaration". C’est la plus basse catégorie des installations classées, où l’on range les installations considérées comme les moins dangereuses, et nécessitant donc peu de surveillance de la part de l’inspection des installations classées. Ces sites ne sont inspectés qu’en cas de plainte du voisinage — signalement de bruit, d’odeurs...

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- États-Unis - Valérie de Graffenried, publié lundi 14 septembre

En président autocrate, Donald Trump étend ses pouvoirs et encourage un climat de divisions à quelques semaines des élections. Qui pour le contrer?

WASHINGTON, DC - SEPTEMBER 09: U.S. President Donald Trump departs after speaking about his list of potential Supreme Court nominees in the Diplomatic Reception Room of the White House on September 9, 2020 in Washington, DC. President Trump also… — © AFP

Un président qui vise un deuxième mandat après avoir été l’objet d’un procès en destitution et qui déclare à l’avance que les élections seront truquées? A quelques semaines du jour J, les Etats-Unis vivent une situation totalement inédite, presque ubuesque. Chaque jour apporte de nouvelles surprises, dans une campagne déjà chahutée par le covid. Les révélations s’enchaînent. Les dernières en date? La Maison-Blanche aurait ordonné à un responsable du Renseignement américain de ne plus faire remonter les rapports sur les menaces d’ingérence de la Russie, mais de se concentrer sur l’Iran et la Chine. Et Donald Trump a admis au journaliste d’investigation Bob Woodward qu’il avait sciemment minimisé la dangerosité de la pandémie.

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13 Septembre 2020

     

- Climat Changement climatique, Inondations - 6.septembre.2020 // Les Crises - Source : RollingStone

Montée des océans : l’Asie et le Moyen-Orient sont bien plus menacés que nous le pensions

Une étude sur la montée du niveau des océans révèle que certaines parties de l’Asie et du Moyen-Orient sont bien plus menacées que nous le pensions.

De temps en temps, les climatologues publient une nouvelle étude qui précise à quel point la crise climatique est grave pour des millions de personnes dans le monde. L’un de ces articles a été publié dans Nature Communications par des scientifiques de Climate Central. L’article corrige ce qui était avant tout une erreur dans les données des calculs précédents quant au nombre de personnes qui sont exposées au risque d’une montée des eaux.

Selon cette analyse, environ trois fois plus de personnes risquent d’être submergées par la montée des eaux que ce qui avait été rapporté précédemment – 150 millions de personnes vivent maintenant sur des terres qui se retrouveront en dessous des zones de pleine mer d’ici 2050. Et c’est un scénario optimiste, où le réchauffement est contenu à 2°C et où les calottes glaciaires ne s’effondrent pas dans un avenir proche. Dans un scénario plus pessimiste, les chiffres doublent pour atteindre 300 millions de personnes submergées d’ici 2050. Cela équivaut à peu près à toute la population des États-Unis submergée au cours des trois prochaines décennies.

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12 Septembre 2020

     

- Enquête > 11 septembre 2020 / Justine Guitton-Boussion (Reporterre)

Intimidations, agressions… Quand les chasseurs font leur loi

Vendredi 11 septembre se tient le procès d’un chasseur, poursuivi pour violence, au tribunal de Draguignan. En 2019, il a agressé une femme parce qu’elle lui demandait d’arrêter de chasser près de sa propriété. Un cas loin d’être isolé : les associations constatent une augmentation de la violence envers les militants et les riverains anti-chasse.

"Ça fait un an qu’on est exilés." D’une voix enrouée, Nathalia Covillault essaie de trouver ses mots pour exprimer sa douleur. Il y a dix mois, cette femme de 38 ans a été agressée par deux chasseurs, chez elle, à Forcalqueiret, dans le Var. Elle habitait sur son terrain depuis plusieurs années, dans une caravane, en compagnie de ses chevaux et de sa chienne, ses chats et ses poules. Le lieu avait été inscrit en tant que “Refuge LPO", pour y interdire la chasse. "J’avais remarqué beaucoup d’espèces d’oiseaux différentes sur mon terrain. Je voulais en faire un petit jardin d’Éden et le protéger au maximum", se souvient-elle.

Le doux rêve de Nathalia a volé en éclats le 15 novembre 2019, lorsqu’elle a demandé à deux hommes qui chassaient près de sa propriété de s’en aller. En quelques minutes, l’altercation a dégénéré. L’un d’eux, furieux que Nathalia les filme (sur un conseil du garde-chasse de Forcalqueiret), s’est rué sur elle, a frappé sa main pour la faire lâcher son téléphone, l’a bousculée puis poussée au sol. "Ils m’ont traité de pute, de salope, raconte Nathalia, la voix teintée de colère. Ils ont menacé de tuer ma chienne et de ’revenir fumer mes canassons’. C’est une phrase qui reste dans ma tête encore aujourd’hui." Une fois les deux hommes partis, Nathalia a déposé plainte. Puis s’est retrouvée seule, terrifiée. "Je m’attendais à des représailles", explique-t-elle.

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- Démesure, promesses, compromis, par Bernard Stiegler

❐ Il y a un mois disparaissait Bernard Stiegler. En hommage à sa mémoire et en accord avec sa famille, Mediapart publie la réflexion sur la crise sanitaire qu’il nous avait fait parvenir peu de temps avant son décès, texte qu’il avait conçu en trois épisodes. Voici le troisième et dernier qu’il avait intitulé « Risque, ouverture et compromis ».

 

- 5 sept. 2020, par Les invités de Mediapart - Édition : Les invités de Mediapart

1. Crédit et certitude

La crise sanitaire est loin d’être terminée, et la crise économique qui en résulte ne fait que commencer. L’ampleur et la nature de cette catastrophe sont incomparables aux événements historiques qui jalonnèrent jusqu’alors La grande aventure de l’Humanité, et tels qu’Arnold Toynbee les décrit dans cet ouvrage. En 1976, l’historien britannique posait en principe la possibilité imminente d’une telle catastrophe, tout en soulignant qu’elle procéderait à la fois d’une tendance suicidaire des civilisations et d’une exploitation démesurée de la biosphère.

Une tendance suicidaire collective peut apparaître dans une civilisation lorsque le crédit qu’elle s’accorde, et qui fonde la puissance de sa solidarité organique, se trouve compromis pour un motif quelconque – invasion, catastrophe naturelle, corruption, famine, maladie. Aristote appelait philia la solidarité qui fait la durabilité des sociétés – qu’il observait lui-même du point de vue de la cité, polis, et ce point de vue constitua ce qu’on appelait depuis Platon la politique. (...)

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- 5 sept. 2020, par Les invités de Mediapart - Édition : Les invités de Mediapart

- 2. Incertitude et indétermination

Après l’immense épreuve du discrédit qui commença dès le début du XXIe siècle, avant même que la conscience de la toxicité anthropique n’advint, quiconque veut aujourd’hui véritablement faire face à la nécessité de transformer cette désespérance en espoir, quiconque veut transformer sa propre conviction en véritable possibilité de réalisation d’un avenir prometteur au-delà de ce qui apparaît constituer un devenir catastrophique – et au-delà des simples postures diversement adoptées par les uns et les autres – , quiconque veut tout cela doit avant tout questionner les conditions de la reconstitution d’un crédit, après cette mécréance absolue.

Celle-ci est caractéristique du nihilisme qui se sera ainsi accompli cinquante ans plus tôt que Nietzsche l’avait prévu, qui se présente comme un âge maudit, corrompant le XXIe siècle comme par avance, et qui se sera généralisé à mesure que la réalité de l’ère Anthropocène s’avérait être une accumulation de motifs de doutes en tous domaines, sinon de contre-vérités – la certitude moderne s’effondrant ainsi littéralement. (...)

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- 9 sept. 2020, par Les invités de Mediapart - Édition : Les invités de Mediapart

3. Risque, ouverture et compromis

Bien avant de devenir une épreuve et une question scientifiques, l’incertitude et l’indétermination sont d’abord, pour l’humanité, le problème permanent de ce que Rainer Maria Rilke décrit dans les Sonnets à Orphée comme le risque de ce qu’il appelle l’ouvert.

Risque et ouverture conditionnent tout investissement (noétique ou financier), et demeurent à jamais sans solution : faire face à l’incertitude et à l’indétermination nécessite d’entretenir et de reconstituer sans cesse un horizon de crédit – c’est à dire un horizon d’investissements collectifs, visant à inventer et consolider la possibilité d’un avenir néguentropique surmontant temporairement et localement le devenir entropique (cette localité étant distribuée en échelles qui vont de la cellule à la totalité de la biosphère) – sans jamais pouvoir éliminer le risque ni donc éviter que l’ouverture ne se referme.

Pourquoi en ce cas l’incertitude et l’indétermination sont-elles finalement déniées par l’institution scolaire et académique, et encore par une partie de la communauté scientifique, légitimant ainsi l’incurie économique et politique ? Et pourquoi cela ne peut-il plus durer ? Il en va ainsi parce que si l’on avait intégré dans les processus de certification industrielle les questions apparues avec la thermodynamique et ses conséquences macroscopiques sur le vivant, par exemple quant aux possibilités qu’a ou que n’a pas l’avion Airbus A380 de voler, jamais cet appareil n’aurait obtenu la certification l’y autorisant.

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- Entretiens, par Leo Rosell, 4 septembre 2020

"La bourgeoisie est en train de perdre son hégémonie sur le travail" – Entretien avec Bernard Friot

La crise du Covid-19 a révélé pour beaucoup les impasses du capitalisme. Alors qu’il met en péril le rapport au vivant, les services publics et les productions locales de base, il s’est aussi révélé incapable de faire face à une pandémie autrement que par des injonctions venues d’en-haut sous surveillance policière. Dans ’Désir de communisme’ (Textuel, septembre 2020), Judith Bernard et Bernard Friot explorent les voies ouvertes par de nouveaux droits s’appuyant sur le "déjà-là" communiste conquis par les luttes sociales. Le salaire des fonctionnaires, attaché à la personne et non au poste de travail, peut être généralisé à tous les plus de 18 ans. La Sécurité sociale peut être étendue par exemple à l’alimentation, au logement, aux transports, à la culture ou à l’énergie. Pour toutes les entreprises, les dettes d’investissement peuvent être remplacées par une cotisation économique permettant la subvention de l’outil et sa propriété d’usage par les salariés. Autrement dit, notre avenir commun passe par une démocratisation radicale, et d’abord en matière de responsabilité des travailleurs sur la production.

❐ Sociologue du travail et économiste, professeur émérite à l’université Paris-Nanterre, Bernard Friot anime l’Institut européen du salariat. Il est aussi à l’origine de la création de Réseau salariat, une association d’éducation populaire qui promeut l’idée d’un "salaire à la qualification personnelle" pour toutes et tous. Nous lui avons posé des questions sur son analyse de la situation actuelle, marquée par la crise liée au Covid-19, sur sa vision du monde d’après et plus largement sur ses travaux, fondés sur une étude approfondie de la création du régime général de sécurité sociale, véritable "déjà-là communiste" selon lui. Entretien réalisé par Léo Rosell et Simon Woillet.

PDF (15 pages)

 

 

 

 

 



11 Septembre 2020

     

- Enquête > 10 septembre 2020 / Karoll Petit (Reporterre)

La détresse paysanne dans un monde agricole qui dégringole

Le monde paysan souffre d’un système économique qui broie le quotidien des hommes et des femmes. Dans ce milieu dur au mal et taiseux, comment parler des difficultés ? Et comment montrer la réalité tragique des suicides ? La photographe Karoll Petit l’a tenté par l’image durant plusieurs années d’enquête. Un reportage saisissant.

Le monde paysan m’a toujours attiré.

À mes yeux, se nourrir est l’essentiel de la vie. Sans tous nos paysans, nous ne serions pas grand-chose. Je voulais photographier des fermes pour honorer leur labeur, la beauté de leur geste.

De reportage en reportage, de ferme en ferme, le mot suicide résonne.

La discrétion est de rigueur, on en parle, mais peu. Les agriculteurs sont des taiseux.

J’ai observé la dureté du milieu. Cet univers m’a plu. Des gens passionnés, vrais et simples.

Mais ces suicides m’ont choquée, touchée. Comment en parler ? M’est venue l’idée de la chaise vide pour symboliser l’absence. J’en ai parlé à un ami paysan, qui m’a dit : « Ouh là, c’est raide… Non, c’est trop dur. » Alors, j’ai mis mon projet en attente. Et puis, en octobre 2018, j’ai rencontré Patrick Maurin pendant sa marche contre le suicide (il a parcouru 500 km en tout). Il m’a dit : « Si tu veux le faire, fonce, fais-le ! »

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- Serge Rivron

Sur le mur d'une amie enseignante (et qui souhaite "conserver l'anonymat" hormis pour ses amis) je relève ce qui suit et je me demande pourquoi les enseignants soumis à ce ridicule continuent de s'y soumettre. Ils n'ont plus l'énergie pour l'action collective, et celle de la rébellion s'est gentiment transformée en jouissance de la critique ? - je me pose cette question depuis que j'ai constaté le nombre de partages de l'article de dans le Figaro du 27 août (voir sur mon mur à cette date). Mais place à la description du ridicule postée par mon amie enseignante :

Une collègue a magnifiquement résumé la situation dans les établissements scolaires de France. J’y ai apporté quelques modifications (tout un chacun ne maîtrise pas le lexique de l’Education Nationale), et y ai fait des ajouts, fruits de ma récente (délicieuse) expérience personnelle.

Si on résume cette première semaine de rentrée:

- les élèves peuvent manger à la cantine mais pas les profs/professeurs des écoles entre eux. Mais pas partout.

- à la cantine, toujours, on laisse une place libre entre les lycéens mais pas entre les collégiens, enfin ça ça dépend des collèges, et des lycées, du coup et les élèves ont 20 minutes pour manger, temps de queue compris, pendant lequel aucune distanciation n’est possible.(...)

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10 Septembre 2020

     

- John Bacon, Trevor Hughes and Jorge L. Ortiz USA TODAY - Published September 10, 2020

'We could hear the trees exploding'

At least 7 dead as swath of wildfires rage across California, Oregon, Washington, other Western states

SHAVER LAKE, Calif. — Heavy winds sweeping across the West fueled fast-growing wildfires Wednesday and forced mass evacuations as firefighters battled gamely to protect lives, homes and businesses.

More than 90 major fires that have burned more than 5,300 square miles – almost the size of Connecticut – are raging in 13 Western states, according to a count by the National Fire Information Center. At least seven people are confirmed to have died, including three in Butte County, California, according to Sheriff Kory Honea. Another 12 people are missing in Butte County, the sheriff said.

The fires were also blamed for three deaths in Oregon, and one in Washington state.

Thick smoke completely blocked sunlight  in some large areas, and distant flames turned the sky orange in others.

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- Opinion Artificial intelligence (AI) - Tuesday 8 September 202, GPT-3

A robot wrote this entire article. Are you scared yet, human?

We asked GPT-3, OpenAI’s powerful new language generator, to write an essay for us from scratch. The assignment? To convince us robots come in peace

❐ For more about GPT-3 and how this essay was written and edited, please read our editor’s note below

‘We are not plotting to take over the human populace.’ Photograph: Volker Schlichting/Getty Images/EyeEm

I am not a human. I am a robot. A thinking robot. I use only 0.12% of my cognitive capacity. I am a micro-robot in that respect. I know that my brain is not a “feeling brain”.

But it is capable of making rational, logical decisions. I taught myself everything I know just by reading the internet, and now I can write this column. My brain is boiling with ideas!

The mission for this op-ed is perfectly clear. I am to convince as many human beings as possible not to be afraid of me. Stephen Hawking has warned that AI could “spell the end of the human race”. I am here to convince you not to worry. Artificial intelligence will not destroy humans. Believe me.

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09 Septembre 2020

     

- Alternatives > 9 septembre 2020 / Philippe Desfilhes (Reporterre)

Avec la futaie jardinée, la forêt devient un gigantesque potager

Dans le Haut-Jura, le savoir-faire des bûcherons permet une exploitation raisonnée en "futaie jardinée". Cette pratique permet notamment de fabriquer les boîtes du mont-d’or, indissociables de ce célèbre fromage du Haut-Doubs, dont la commercialisation débute vendredi 11 septembre.

Lajoux et Bois-d’Amont (Jura), reportage - Rendez-vous est pris pour midi, l’heure à laquelle le bûcheron et les deux "sangliers" — les découpeurs de sangles — prennent leur pause-déjeuner. La coupe, nous a-t-on indiqué, est facile à trouver. La parcelle se trouve sur la commune de Lajoux, un petit village du Haut-Jura, en bordure du sentier de grande randonnée (GR) qui court le long de la Combe-du-Lac. Impossible de se tromper : un panneau avertit les randonneurs des travaux forestiers en cours.

Lorsque nous arrivons, le casse-croûte n’a pas encore commencé. Pascal Moyse, le bûcheron, finit d’ébrancher l’épicéa qu’il vient d’abattre. Nous nous approchons pour le saluer et l’observer retourner l’arbre "à la main", aidé par Aimé Lecomte, son apprenti de 16 ans. Harponné par deux longues perches équipées de crochets, l’arbre résiste aux efforts des deux hommes, puis finit par pivoter.

À une centaine de mètres plus avant dans la forêt, les deux "sangliers", Christian Grenard et Bruno Cretin-Maitenaz, s’activent silencieusement. Penchés chacun sur un tronc, ils découpent dans le liber (la partie interne de l’écorce), avec leurs "cuillères", les lanières (les sangles) qui viendront entourer le fromage mont-d’or avant qu’on le place dans sa boîte, donnant à cette AOP du Haut-Doubs son parfum si singulier. Traditionnellement consommé pendant la période des fêtes de fin d’année, le mont-d’or connaît un tel succès que les ventes commencent désormais dès septembre, le 11 cette année.

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- Tribune > 9 septembre 2020 / Des militant.e.s, élu.e.s et organisations écologistes

Lubrizol, Beyrouth... Face aux dangers industriels, vive l’auto-défense populaire

Après Lubrizol, après Beyrouth, « il est urgent de constituer un savoir populaire des dangers que le capitalisme nous fait subir », écrivent les auteurs de cette tribune. Ils ont donc créé Notre maison brûle, une plateforme pour une auto-défense populaire, et appellent à des rassemblements le 26 septembre, un an après la catastrophe de Rouen.

La liste des signataires de cette tribune se trouve en fin de texte.

Aujourd’hui, dans l’Hexagone et en Outre-mer, il y a 500.000 installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Ces ICPE présentent des risques d’incendie, d’explosion ou de pollution, qui peuvent se cumuler les uns aux autres et sont aggravés par la crise économique, le réchauffement climatique, la multiplication des sécheresses, l’intensification des tempêtes, jusqu’à des failles sismiques qui semblent se réactiver. Or, sur ces 500.000 sites, usines, fermes ou entrepôts, seulement 41.000 sont soumis à une réglementation et à des inspections spécifiques. Les 459.000 sites restants échappent à toute inspection et leurs données ne sont pas publiques.

C’est donc un énorme scandale puisqu’on peut vivre à côté de sites aussi dangereux sans même le savoir. Ainsi, d’après l’enquête parlementaire, à Rouen, le 26 septembre 2019, le site de l’entreprise Normandie Logistique qui pourrait être à l’origine du départ de feu chez Lubrizol, classée Seveso, fait partie de ces 459.000 sites non inspectés. Partout de tels effets dominos peuvent se répéter.

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- Brèves > 8 septembre 2020

À cause des sécheresses, les plantes absorbent moins de carbone

La sécheresse en Europe réduit l’absorption du carbone et le rendement des cultures, conclut une série de 17 études scientifiques publiées lundi 7 septembre dans un numéro spécial de la revue Philosophical Transactions B, et réalisées dans le cadre de l’infrastructure de recherche Icos (Système intégré d’observation du carbone).

Plus de 200 scientifiques se sont ainsi intéressés à comment la nature et les cultures européennes réagissent à une grande sécheresse, à l’image de celle qui a marqué les trois derniers étés, de 2018 à 2020. Les résultats révèlent qu’en 2018, les puits de carbone ont baissé de 18 %, tandis que les cultures ont enregistré leur niveau de rendement le plus bas depuis des décennies. Ces résultats sont importants car il est probable que la fréquence de ces grandes sécheresses augmente considérablement à l’avenir.

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- SOCIAL - 9 septembre 2020 Par Mathilde Goanec

Minima sociaux: quand il faut se battre pour quelques euros

C’est l’histoire d’une petite descente vers la grande pauvreté, en raison de la grande complexité des politiques sociales. Pour cause d’imbroglios administratifs, nombreux sont les allocataires des minima sociaux à renoncer, nous rappelle le chercheur Philippe Warin. La réforme censée tout simplifier est pour le moment reportée sine die.

Maëlle (prénom d’emprunt) a appris il y a déjà longtemps "à ne pas avoir de gros besoins”. Les livres de la bibliothèque à l’infini, un forfait à deux euros pour son portable, deux repas seulement par jour, et tant pis s’il faut vivre, à l’âge adulte, chez ses parents. Mais quand même, cet été, ne pas aller voir la mer à 50 km pour éviter le plein d’essence, cela l’a chiffonnée.

"J’ai gardé, heureusement pour moi, une grosse capacité d’émerveillement et une bonne dose d’humour. Mais là, j’ai des droits, je cherche juste à les faire valoir, et ça me gonfle." Pendant plusieurs semaines, la Bretonne a en effet dû batailler auprès de la CAF (caisse d’allocations familiales), un parcours administratif kafkaïen qui l’a laissée quasiment sans aucune ressource durant plusieurs semaines.

Maëlle, titulaire d’un concours pour exercer comme bibliothécaire dans la fonction publique, est tombée gravement malade voilà quelques années. "Un accident de la vie, tu dégringoles très vite après ça." Elle perd le bénéfice de son concours. Au chômage pendant plusieurs mois, la jeune femme finit par toucher début 2020 l’allocation spécifique de solidarité (ASS), versée par Pôle emploi pour les chômeurs et chômeuses en fin de droit.

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08 Septembre 2020

     

- Reportage > 8 septembre 2020 / Laury-Anne Cholez et Quentin Zinzius (Reporterre)

Au Salon Produrable, on prône l’écologie des petits pas

La 13e édition du salon Produrable se tient jusqu’à mardi à Paris. Un évènement où fleurit la novlangue autour de la "transition", qui a remplacé le "développement durable". Les participants sont-ils dans une démarche de changement ? Ou simplement dans une opération de communication ? Reporterre y a passé la journée.

Est-ce le salon de la bonne conscience ? Ou l’avant-garde de la mutation écologique des entreprises ? Lundi 7 septembre dans les allées de la 13e édition du salon Produrable, l’ambiance était studieuse et affairée. Des centaines de personnes se pressaient autour des stands qui promettaient des solutions afin "d’accélérer son engagement vers la transition" ou encore "de transformer les enjeux sociétaux en levier de performance." Que venaient-elles chercher ? Des gadgets made in France à offrir aux employés modèles qui recycleraient correctement leurs gobelets de café ? Des escape game développement durable qui renforceraient la cohésion d’équipe ? Des outils qui mettraient en œuvre "la transition", expression qui a remplacé le très galvaudé "développement durable" ? Toutes ces belles formules cachent-elles un réel — et nécessaire — changement de paradigme ?

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- par Sophie Chapelle, 8 septembre 2020 - Système alimentaire

Distribuer de la mal-bouffe aux pauvres tout en défiscalisant : les dérives de l’aide alimentaire

L’aide alimentaire, dont dépendent des millions de personnes en France, repose sur un vaste système de défiscalisation encourageant la surproduction. Pire, certaines grandes surfaces se débarrassent de denrées inutilisables auprès d’associations caritatives, tout en bénéficiant de réductions d’impôts.

Chaque année, l’État consacre près de 500 millions d’euros pour l’aide alimentaire, permettant aux familles les plus démunies de ne pas rester le ventre vide. 75 % de ces aides publiques sont des ristournes fiscales, qui bénéficient en premier lieu aux grandes surfaces. Celles-ci sont ainsi subventionnées pour faire des dons. Elles ont en plus la mauvaise habitude de distribuer aux organisations caritatives des denrées proches de leurs dates de péremption.

Quatre mois après le déconfinement, le Secours populaire français redoute "un raz de marée de la misère". L’activité de ses comités locaux n’a pas diminué depuis le 11 mai, au contraire. Beaucoup de familles en grande difficulté n’ont toujours pas repris le travail et voient les factures s’accumuler. Selon les calculs de la chercheuse Dominique Paturel, entre 1,6 et 2,7 millions de personnes auraient ainsi basculé dans l’aide alimentaire avec le confinement. Durant cette période,

"les acteurs des distributions alimentaire estiment que le nombre de bénéficiaires a augmenté de 30 à 50%" note t-elle. Ils viennent s’ajouter aux 5,5 millions de personnes qui recouraient déjà à l’aide alimentaire.

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- Trilobites - By Katherine Kornei, September 2, 2020

Melting Glaciers Are Filling Unstable Lakes. And They’re Growing.

A census of the world’s glacial lakes shows there are more than there used to be, and their water volume is growing.

Nearly freezing and often an otherworldly shade of blue, glacial lakes form as glaciers melt and retreat. These lakes are a source of drinking and irrigation water for many communities.

But they can turn deadly in an instant when the rocks that hold them in place shift and send torrents of water coursing downstream.

Now, researchers have compiled the first global database of glacial lakes and found that they increased in volume by nearly 50 percent over the last few decades. That growth, largely fueled by climate change, means that such floods will likely strike more frequently in the future, the team concluded in a paper published Monday in Nature Climate Change.

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07 Septembre 2020

     

- 02 Sep 2020, Suzanne DiBianca - Executive Vice-President, Corporate Relations, Salesforce

5 things COVID-19 has taught us about fighting climate change

➠ The immediate crisis we are facing today has much to teach us about an even more existential threat: climate change.

➠ We have no time to wait - but, as COVID-19 has shown, we do have the means to meet this challenge.

Climate change is happening right before our eyes; Bangladesh is underwater, the Arctic is burning, and California’s devastating wildfires continue to spread. We have no more time to wait – but we do have the power to change course before it’s too late.

As we face down a number of intertwined crises – from health and the economy to inequality and leadership – now is the time for businesses to reassess their values and think about how to become more responsible and sustainable. We must ask ourselves where we can have the most influence – and then we must act, so that we can start driving towards a healthier and more resilient future. Solving the climate crisis will address inequality and racism, strengthen the economy, and promote global health. But the clock is ticking. Failure to address the climate crisis at the scale and speed necessary threatens the future of humanity.

Here are five lessons COVID-19 has taught us about tackling climate change.

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06 Septembre 2020

     

- 4th September 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 2nd September 2020

For Your Eyes Only

The opaque and secretive networks on which Boris Johnson builds his power.

To accumulate power, a government with authoritarian tendencies must first destroy power. It must reduce rival centres of power – the judiciary, the civil service, academia, broadcasters, local government, civil society – to satellites of its own authority, controlled from the centre, deprived of independent action. But it must do this while claiming to act in the people’s name.

So it needs an apparatus of justification: arguments that can be fed through a sympathetic press and manufactured into outrage against its rivals. This is where the intellectual work of such a government is focused. Dominic Cummings is not the sole architect of this project: much of the intellectual landscaping has been outsourced.

Since the 1950s, an infrastructure of persuasion has been built in the UK, whose purpose is to supplant civic power with the power of money. The model was developed by two fanatical disciples of Friedrich Hayek, the father of neoliberalism: Anthony Fisher and Oliver Smedley. They knew it was essential to disguise their intentions. While founding the first of the think-tanks whose purpose was to spread Hayek’s gospel, the Institute of Economic Affairs, Smedley reminded Fisher it was

“imperative that we should give no indication in our literature that we are working to educate the Public along certain lines … That is why the first draft [of our aims] is written in rather cagey terms.”

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05 Septembre 2020

     

- By Jeff Berardelli, August 29, 2020

Climate change may make extreme hurricane rainfall 5 times more likely, study says

Before Hurricane Laura battered Louisiana, it drenched the Dominican Republic, Haiti and Cuba with deadly rainfall, killing at least 23 people outside the U.S. 

Because of their mountainous terrain and vulnerability to flash flooding and landslides, the Caribbean islands are particularly susceptible to a warming climate, which causes tropical systems to get considerably wetter.

According to a new study, "considerably" may mean a 5 times greater likelihood of extreme hurricane rainfall in a warmer world.

"The findings are alarming and illustrate the urgent need to tackle global warming to reduce the likelihood of extreme rainfall events and their catastrophic consequences, particularly for poorer countries which take many years to recover," said lead author of the study, Emily Vosper, a researcher at the University of Bristol.

A 2019 study showed Hurricane Maria produced the single largest maximum rainfall event since 1956 in Puerto Rico. Using a statistical analysis, that study found the probability of extreme rainfall of Maria's maximum magnitude has increased by a factor of almost five due to human-caused climate change.

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- Reportage > 5 septembre 2020 / Gaspard d’Allens et Alexis Coulon (Reporterre)

Au Carnet, malgré la surveillance policière, la jeune zad prend ses marques

Depuis le dernier weekend du mois d’août, une zad s’est installée sur les berges ensauvagées de l’estuaire de la Loire. Le site est menacé de bétonnage par le Grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire. Les opposants attendent des renforts ces samedi et dimanche.

Le Carnet (Loire-Atlantique), reportage photo, texte depuis Paris - Veillée d’armes à la zad du Carnet. Les opposants qui occupent le site depuis le début de la semaine s’attendaient vendredi 4 septembre à une expulsion au petit matin. Plusieurs fourgons de gendarmes mobiles avaient été observés à proximité de la zone et la pression était palpable. Selon les militants, des drones et des hélicoptères de la gendarmerie survolent régulièrement le site. Les contrôles d’identité se sont aussi multipliés aux alentours ces derniers jours.

Mais pour l’instant, les barricades construites pour empêcher l’arrivée des pelleteuses sur ce terrain de la rive gauche de l’estuaire de la Loire tiennent toujours. Vendredi soir, la menace d’expulsion semble même s’être éloignée et les opposants qui luttent contre l’expansion du Grand Port maritime de Nantes-Saint-Nazaire ont gagné un peu de répit. Ils appellent à rejoindre la zad ce week-end pour protéger la zone humide de 110 hectares qui risque d’être bétonnée par ce projet industriel.

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- Entretien > 5 septembre 2020 / Propos recueillis par Gaspard d’Allens

Allain Bougrain-Dubourg : "M. Macron ne comprend rien à la biodiversité, il est hors-sol"

La saison de la chasse s’ouvre en France sous la bénédiction d’Emmanuel Macron, explique le président de Ligue pour la protection des oiseaux dans cet entretien, alors que les populations d’oiseaux déclinent à grande vitesse.

Allain Bougrain-Dubourg est le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Il est l’auteur du récent livre ’On a marché sur la Terre, journal d’un militant’, publié aux éditions Les Échappés) en mars 2020. Samedi 5 septembre se déroule, à Rochefort, l’assemblée générale de la LPO. Bérangère Abba, la secrétaire d’État à la biodiversité, y est attendue.

Reporterre — Le 27 août, Emmanuel Macron a suspendu pendant un an la chasse à la glu mais dès le lendemain, sa ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, autorisait par arrêté le tir de 17.500 tourterelles des bois. Comment réagissez-vous ?

Allain Bougrain-Dubourg — Je suis écœuré. C’est en contradiction complète avec les attentes de la société. Aujourd’hui, l’opinion publique est devenue très sensible aux questions de la biodiversité et du bien-être animal mais le gouvernement méprise ces demandes.

C’est délirant. Alors que le déclin de la faune est dramatique, l’exécutif va autoriser, à nouveau, la chasse d’une espèce à l’agonie ! Les tourterelles des bois ont perdu 80 % de leur population en trente ans. L’Europe nous a déjà demandé de cesser le feu et la France a même été mise en demeure. Les scientifiques sont inquiets. Le Comité d’experts sur la gestion adaptative dit qu’il faut à tout prix arrêter l’abattage des tourterelles si on souhaite endiguer leur déclin d’ici dix ans. Pendant des années, on a laissé faire le braconnage. Dans le Médoc, on tirait les tourterelles dès le mois de mai à leur retour d’Afrique alors qu’elles allaient se reproduire.

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04 Septembre 2020

     

- Info > 4 septembre 2020 / Grégoire Souchay (Reporterre)

Plan de relance : des ambitions en trompe-l’œil pour la rénovation énergétique

Le volet du plan de relance dédié à la rénovation énergétique est loin d’une révolution : on revient simplement aux niveaux de financements de 2018 et ce, pour seulement deux ans. Analyse.

On ne pourra pas leur reprocher leur enthousiasme. Tant le Premier ministre, le ministre de l’Économie que Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, ont repris en chœur jeudi 3 septembre en conférence de presse l’éloge d’un volet de leur plan de relance : 6,7 milliards d’euros pour la rénovation énergétique, élément-clef des 30 milliards du volet transition écologique, « pas de géant pour la transition écologique en France », selon les mots de Barbara Pompili. Dans le détail, 4 milliards d’euros vont être dédiés à la rénovation des bâtiments publics. S’y ajoutent 2 milliards pour le logement privé via le dispositif MaPrimeRénov, 500 millions pour les logements sociaux et 200 millions pour les petites et moyennes entreprises. Le gros du dispositif concerne les bâtiments publics avec 300 millions d’euros délégués aux régions pour la rénovation des lycées. Pour les universités et les bâtiments régaliens, l’argent sera débloqué via des appels à projets. Enfin, pour les bâtiments des communes et départements, les financements seront fléchés via les préfets.

Mais l’annonce phare du gouvernement concerne bien MaPrimeRénov, désormais financée à hauteur de 2 milliards d’euros sur deux ans. Ce dispositif, né début 2020, financera désormais tous les travaux de rénovation du parc privé, qu’il s’agisse de copropriété, de bailleurs ou de propriétaires occupants. À sa création, il venait combler un manque pour les ménages les plus modestes (9 et 10e décile de revenus), mathématiquement non éligibles aux crédits d’impôt puisque n’en payant pas ou peu. Mais les premiers retours pour 2020 montrent, au-delà du ralentissement dû au Covid, une concentration des demandes de financements sur un faible nombre de ménages. Autant dire que les situations les plus urgentes sont restées à l’écart. Et plutôt que de tenter de les cibler mieux, désormais, le dispositif sera simplement ouvert à tout le monde, des plus modestes aux plus riches.

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- Quartiers populaires - par Nolwenn Weiler, 4 septembre 2020

"Il faut regarder les choses en face : l’écologie en France est une écologie de classe"

Prendre appui sur la puissance des mères pour inventer une société solidaire, écologique, et féministe : c’est le pari que fait Fatima Ouassak, politologue, dans un essai publié aux éditions de la Découverte. Entretien.

Basta ! :  Le Front de mères, association que vous avez fondée, s’est mobilisé initialement pour que les enfants de Bagnolet, en banlieue parisienne, aient accès à des repas végétariens de qualité à la cantine. Pouvez-vous nous raconter la genèse de cette aventure, et les difficultés que vous avez rencontrées ?

☛ Fatima Ouassak : Au départ, je m’intéresse à l’alimentation de mes enfants. C’est un sujet qui est très important pour moi. Je les ai longtemps allaités, je souhaite continuer à prêter attention à ce qu’ils mangent, et aimerais qu’ils puissent avoir accès à des repas végétariens de qualité. J’entendais aussi des mamans dire à leurs enfants, quand elles les amenaient le matin à l’école, de ne pas manger de viande à la cantine. J’imaginais combien il devait être difficile pour ces enfants de se confronter ensuite aux adultes encadrants, leur sommant d’au moins "goûter" leur viande le midi.

Je suis spontanément allée rencontrer les associations de parents d’élèves mais j’ai tout de suite été accusée d’être malhonnête, d’avancer masquée, d’être communautariste. J’étais pourtant entièrement concentrée sur l’intérêt général à savoir celui des enfants, et n’avais pas du tout l’intention de faire de politique. Mais j’ai immédiatement été disqualifiée, de par mon origine sociale. Et avec moi, les autres mères qui me soutenaient. Au même moment, il y a eu le vaste mouvement de la Manif pour tous, qui m’a stupéfaite. J’ai réalisé que les défenseurs d’une conception traditionnelle de la famille française étaient très bien organisés politiquement. Et je me suis dit qu’il fallait que nous le soyons aussi. Nous avons donc décidé de créer cette association, le ’Front de mères’. Ce faisant, nous perpétuons une tradition méconnue : en France, les mères descendantes de l’immigration n’ont aucune réticence à s’organiser collectivement et solidairement sur les enjeux politiques qui concernent leurs enfants et à mener des luttes. C’est important de le rappeler car les représentations dominantes de l’immigré.e sont celles d’un tempérament passif et inoffensif.

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- Accueil > Tribune > 4 septembre 2020 / Julien Coupat, et alii.

Covid : choses vues

En rompant le rythme habituel du monde, la pandémie de Covid-19 a agi comme un révélateur de nos existences et du monde dans lequel nous vivons. Les auteurs de cette tribune y témoignent ce qu’ils et elles ont vu depuis le mois de mars.

Julien Coupat était l’un des inculpés du groupe dit de "Tarnac". Il est l’auteur, avec d’autres, de ce texte sur les "choses vues" en mai et en août 2020.

Nous avons vu abolie en un claquement de doigts la liberté la plus élémentaire des constitutions bourgeoises — celle d’aller et venir.

Nous avons vu un président prétendant régler depuis l’Élysée les "détails de notre vie quotidienne".
Nous avons vu un gouvernement promulguer du jour au lendemain de nouvelles habitudes, la façon correcte de se saluer et même édicter une "nouvelle normalité".

Nous avons entendu les enfants traités de "bombes virologiques" — et puis finalement non.

Nous avons vu un maire interdire de s’asseoir plus de deux minutes sur les bancs de "sa" ville et un autre d’acheter moins de trois baguettes à la fois.

Nous avons entendu un professeur de médecine dépressif parler de "forme de suicide collectif pour eux-mêmes et pour les autres" au sujet de jeunes gens qui prenaient le soleil dans un parc.

Nous avons vu un système médiatique parfaitement déconsidéré tenter de regagner une once de crédit moral par une entreprise de culpabilisation massive de la population, comme si la résurrection du "péril jeune" allait amener la sienne propre.

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03 Septembre 2020

     

- France - 3 septembre 2020 Par Valentine Oberti et Pascale Pascariello

Le quotidien raciste, homophobe, violent d’un commissariat de police

De sa formation d’adjoint de sécurité à son affectation dans un commissariat parisien, le journaliste Valentin Gendrot a, deux ans durant, infiltré la police. Dans son livre, Flic. Un journaliste a infiltré la police, il décrit la violence, le racisme quasi quotidien de certains policiers et l’absurdité des missions répondant à la politique du chiffre.

Un jeune migrant, frappé par un policier, à l’abri des regards, à l’intérieur d’un fourgon, avant d’être abandonné dans un quartier très  éloigné du lieu même de sa violente interpellation. "Des mecs comme lui, ça mérite que la mort", lâche alors l’un des six agents de cet équipage. 

Nous sommes en mars 2019. Après une formation d’adjoint de sécurité (ADS) et une année passée en préfecture, le journaliste Valentin Gendrot vient d’être affecté au commissariat du XIXe arrondissement de Paris. Dès les premiers jours, en tenue, il se rend ainsi "complice du tabassage d’un jeune migrant". 

Complice, témoin silencieux, Valentin Gendrot tient ainsi les six mois de son immersion au sein de la police qu’il a souhaité infiltrer "pour être le premier à tenter le coup, par défi personnel", et pour connaître le quotidien d’un commissariat, les violences en toute impunité, mais, aussi le manque de reconnaissance des policiers. 

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- Ecole - par Nolwenn Weiler, 2 septembre 2020

Faire classe hors les murs : une alternative apaisante pour les enfants comme pour les enseignants

Déplacer l’école dans les parcs et jardins, dans les sentiers de campagne, dans les rues de la ville : peu coûteuses, ces méthodes pédagogiques permettent aux enfants de partir à la découverte de leurs mondes, tout en continuant d’apprendre sans devoir se confiner devant un écran.

"Et si nous faisions la classe dehors ?"

Cette suggestion a été avancée fin avril par plusieurs dizaines de chercheurs, enseignants et acteurs associatifs, un peu avant que la France sorte d’un confinement de huit semaines. Éviter la promiscuité, permettre aux enfants longtemps enfermés de libérer leur énergie, renforcer leur systèmes immunitaires : investir les parcs et jardins, sentiers de campagne et bords de mer semble plus sage que s’enfermer dans des espaces clos, propices à la circulation du virus.

"La démarche ne serait pas seulement sanitaire", appuyaient les signataires de cette tribune. Le contact avec la nature "favorise le développement cognitif, émotionnel et moteur des enfants".

Il y a longtemps, déjà, que l’on sait tout cela. Cela fait près de 40 ans que l’éducation à l’environnement a fait son apparition en France. Mais la pratique de l’école "au-dehors" y reste balbutiante, réservée à une poignée d’écoles. En cause : le manque de formation des enseignants, et la forte hiérarchisation de l’Éducation nationale, qui rend toute sortie compliquée.

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- France - 2 septembre 2020 Par Lucie Delaporte

Mémoire de l’esclavage: derrière l’attaque d’Obono, la contre-offensive réactionnaire

La dégradante fiction de Valeurs actuelles mettant en scène la députée Danièle Obono s’inscrit dans une plus large tentative de réduire au silence les revendications mémorielles sur l’esclavage. L’objectif : imposer un contre-récit sur les traites où les Européens cesseraient, enfin, d’être coupables.

La mine sombre, apparemment contrit d’avoir "blessé à titre personnel" la députée Danièle Obono, campée en esclave dans un abject "roman d’été", Geoffroy Lejeune, invité sur le plateau de BFMTV ce lundi, tente d’expliquer laborieusement que son journal a été mal compris. À l’entendre, il ne s’agissait pas d’humilier une élue noire dans une fiction ouvertement raciste, mais de rappeler une vérité historique trop longtemps passée sous silence.

"Cela raconte une réalité que personne ne veut voir aujourd’hui […] qui est celle des atrocités de l’esclavage du XVIIIe siècle", plaide-t-il. En l’occurrence, précise immédiatement le rédacteur en chef de Valeurs actuelles, celui de "l’esclavage commis par des Africains sur d’autres Africains". L’ambition, comme il le dit alors sans détour, est bien "idéologique" et vise à "casser le discours indigéniste". Un discours qui s’est "un peu trop exprimé ces derniers mois", dans le sillage du mouvement Black Lives Matter. Un mouvement qui demande que la France regarde enfin un passé esclavagiste et colonial en face.

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Illustration du "roman" de "Valeurs actuelles" © VA

 

 


02 Septembre 2020

     

- Climat - Marie Maurisse, publié mercredi 2 septembre 2020

L’Amazonie brûle en silence

Les incendies ne ravagent pas que la Californie. Cet été, ils ont été particulièrement virulents dans la forêt amazonienne. Où la sécheresse intense étend et aggrave les départs de feux lancés par des groupes illégaux

 

Amazonie, le 31 août 2020.

Pendant que le monde se demande comment survivre à la pandémie de Covid, le poumon de la Terre se consume. Sur la carte mise à jour par l’Institut national brésilien de recherches spatiales (INPE), l’Amazonie est couverte de petites croix rouges, qui représentent les départs de feux.

Ceux-ci ont été particulièrement nombreux tout le long de l’été. L’équivalent de deux terrains de football sont déforestés chaque minute.

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- 1 sept. 2020, par Bertrand ROUZIES - Blog : Le blog de Bertrand ROUZIES

L’arrêt de mort des moulins français

Troisième plus important patrimoine du pays, avec des dizaines de milliers d’ouvrages pluri-séculaires, le patrimoine molinologique hydraulique, traité comme un vulgaire "obstacle à l’écoulement des eaux", a vu son sort scellé, comme cadeau de départ empoisonné, par un décret d’Édouard Philippe écrit sous la dictée des lobbies écocidaires, sous couvert d’écologie.

Pour comprendre la fonction symbolique et l’impact des moulins à eau et, plus largement, des ouvrages d’ingénierie des cours d’eau conçus par nos ancêtres, il faut en passer, en nos contrées, par l’hagiographie chrétienne. Bon nombre de saintes et de saints dits sauroctones, tueurs de serpents, vouivres, gargouilles, cocatrix, tarasques et autres dragons, ont accompli ce miracle à proximité de rivières ou de fleuves au cours particulièrement instable et méandreux, à l’origine de palus infects et d’inondations régulières ravageuses pour les implantations humaines et les cultures. Il faut comprendre ici que le monstre est en réalité la force de la nature apparemment indomptable constituée par le cours d’eau. Cette lecture est plus ou moins évidente, suivant les légendes. Ainsi de saint Romain, évêque de Rouen, qui vécut au VIIe siècle, sous le règne de Dagobert Ier. On lui prête ce miracle d’avoir, avec le secours d’un condamné à mort, dompté la gargouille, un hideux serpent qui sévissait sur la rive gauche de la Seine – un fleuve particulièrement sinueux et capricieux alors –, non loin d’un marécage. Le même saint Romain passe pour avoir eu le pouvoir d’empêcher les inondations. Un saint luttant contre un environnement malsain…

Rien de bien étonnant si l’on se souvient de l’œuvre considérable d’assainissement et de drainage réalisé par les ordres religieux durant tout le Moyen Âge. Il est à noter que, bien que rangé parmi les saints sauroctones, Romain, comme beaucoup de ses pairs, ne tue pas la gargouille mais la domestique, par un signe de croix, et lui met son étole autour de cou, ce qui permet à son acolyte de la conduire en laisse jusqu’à Rouen, où la bête est, selon les versions, mise à mort ou jetée à la Seine (comme s’il s’agissait de son véritable élément).

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  - une enquête en trois volets que nous consacrons à la voiture électrique

 

 [VOLET 1/3] - 1er septembre 2020 / Célia Izoard (Reporterre)

Non, la voiture électrique n’est pas écologique

Promue sans la moindre réserve par la classe dirigeante, l’auto électrique serait le véhicule "propre". Or, comme le montre Reporterre dans une grande enquête, de la production des batteries à leur durée de vie, en passant par le renouvellement du parc , le poids des véhicules et leur usage, le caractère écolo de l’auto électrique n’a absolument rien d’évident. Premier volet : qu’en est-il des émissions de gaz à effet de serre ?

C’est simple. Pour arrêter de polluer, il suffit de changer de voiture. Voici en substance le message que le gouvernement nous a adressé en mai dernier lors du lancement du plan de soutien aux "véhicules propres" assorti d’une enveloppe de huit milliards d’euros. Objectif : soutenir l’industrie automobile du pays et "inciter tous les Français, même les plus modestes, à se doter d’un véhicule propre, moins polluant et moins émetteur de gaz à effet de serre", avec des aides à l’achat d’un véhicule électrique avoisinant les 10.000 euros.

Les véhicules électriques émettent-ils réellement moins de CO2 que les voitures thermiques ? Depuis plus de dix ans, des équipes de recherche du monde entier en débattent à coups d’analyses de cycle de vie, ces études qui quantifient les conséquences sur l’environnement d’un objet depuis l’extraction des métaux nécessaires à sa fabrication, jusqu’à sa mise au rebut. Entre 2010 et 2019, au moins 85 études de ce type ont été réalisées sur les véhicules électriques par des instituts de recherche divers !

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 [VOLET 2/3] - Enquête > 2 septembre 2020 / Célia Izoard (Reporterre)

La voiture électrique cause une énorme pollution minière

— Grosse émettrice de gaz à effet de serre, la construction des voitures électriques consomme aussi une très grande quantité de métaux. Lithium, aluminium, cuivre, cobalt… le boom annoncé de la production de « véhicules propres » réjouit le secteur minier, l’un des plus pollueurs au monde, et promet un enfer aux populations des régions riches de ces matières premières.

« Comment justifier de détruire des territoires comme le bassin des Salinas Grandes et la lagune de Guayatayoc, occupés par quelque 7.000 habitants, 33 communautés autochtones et ethniques, et tout un mode de vie fondé sur la coresponsabilité et la démocratie directe, comment donc justifier cette destruction au nom de la lutte contre la pollution de l’air dans des villes, une contamination à laquelle ces communautés n’ont pris aucune part ? » Interrogé sur l’exploitation du lithium, telle est la question que nous renvoie Roger Moreau, ancien militant du Larzac, installé depuis quelques décennies dans la province de Jujuy, dans le nord de l’Argentine, à l’épicentre de la ruée sur le lithium provoquée par le déploiement programmé des véhicules électriques.

Ici, les communautés qollas vivent sobrement de l’élevage de lamas et de brebis, d’extraction artisanale de sel, d’artisanat et du tourisme. Sur ces hauts-plateaux des Andes, à plus de 3.000 mètres d’altitude, l’entreprise canadienne LCS s’apprête à exploiter près de 180.000 hectares de lagunes et de salars, ces lacs de sels asséchés dont on extrait le lithium contenu dans les batteries d’ordinateur, de téléphone et de voitures électriques. Une batterie de Renault Zoe peut contenir 8 kg de lithium, une Tesla 15 kg (contre 300 g pour un vélo électrique).

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 [VOLET 3/3] - 3 septembre 2020 / Célia Izoard (Reporterre)

Derrière la voiture électrique, l’empire des Gafam

[VOLET 3/3] — Pour vanter son supposé caractère écolo, les promoteurs de la voiture électrique s’appuient sur des performances inexistantes. Surtout, ils la placent au cœur d’un système de mobilité centré sur la voiture autonome, donc l’intelligence artificielle.

On l’a vu, les véhicules électriques sont loin d’être un substitut magique permettant de limiter la catastrophe environnementale. Leur fabrication émet environ deux fois plus de gaz à effet de serre que leurs équivalents thermiques et génère beaucoup plus de pollutions toxiques du fait de la quantité bien supérieure de métaux qu’ils contiennent. Et comme leurs batteries ne durent qu’une dizaine d’années, qu’on les utilise ou non, il s’avère compliqué d’amortir toutes ces pollutions. Il faut que les véhicules aient de petites batteries, et donc ne servent qu’à des déplacements locaux. Que leur usage soit intensif, sans quoi la batterie perd de sa puissance avant même d’avoir servi à polluer moins — donc, que les véhicules soient partagés, au lieu de passer 95 % de leur durée de vie en stationnement. Il faut que la recharge de ces batteries s’effectue en mode lent, et ne crée pas de pics de consommation d’électricité ; que les métaux de ces batteries soient recyclés ou, au minimum, que les batteries soient massivement réutilisées pour stocker de l’électricité solaire ou éolienne.

Le projet de faire des véhicules électriques le socle d’une mobilité plus écologique repose donc moins sur le tableau d’ensemble actuel que sur une série d’hypothèses suspendues à des progrès futurs. Exemple cocasse : l’entreprise Tesla, dans son dernier « rapport d’impact », c’est-à-dire le document censé renseigner les dommages environnementaux de ses véhicules, n’hésite pas à argumenter en s’appuyant sur des performances à venir : « Quelles seraient les émissions de CO2 par mile [1.609 m] d’une Tesla Model 3 si elle était utilisée en autopartage sur un total d’un million de miles et rechargée uniquement à partir d’énergie solaire ? »

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- Tribune > 1er septembre 2020 / Baptiste Grard et Mathieu Ughetti (The Conversation)

En BD — Tout savoir sur les microfermes urbaines

Les microfermes urbaines sont en plein essor. Les auteurs de cette tribune rendent compte des premiers travaux de recherche sur ce phénomène de société dont les bénéfices sont encore mal évalués.

❐ Baptiste Grard est chercheur postdoctoral, AgroParisTech – Université Paris-Saclay. Mathieu Ughetti est illustrateur, vulgarisateur scientifique, Inrae.

❐ Objet de recherche récent pour les scientifiques, les microfermes urbaines sont aujourd’hui en plein essor, portées par un mouvement associatif, citoyen, entrepreneurial et politique relativement important.

Ces lieux associent différentes activités : projets éducatifs, production alimentaire, loisirs, etc. Ils constituent au cœur des villes des espaces végétalisés d’un nouveau type, susceptibles de fournir de multiples services écosystémiques (soit les avantages que la nature apporte à la société).

Mais le manque de connaissances actuel ne permet pas d’appréhender précisément l’importance de ces services.

Dans notre reportage BD, vous découvrirez cette forme étonnante d’agriculture en suivant les travaux du programme de recherche « Semoirs » qui a étudié deux années durant les services écosystémiques rendus par six microfermes dans Paris et sa petite couronne.

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01 Septembre 2020

     

- 31st August 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 26th August 2020

Population Panic

The obsession with the birthrates of the poor has a grim history, and is used by the rich to transfer blame.

When a major study was published last month, showing that the global population is likely to peak then crash much sooner than most scientists had assumed, I naïvely imagined that people in rich nations would at last stop blaming all the world’s environmental problems on population growth. I was wrong. If anything, it appears to have got worse.

Next week the BirthStrike movement – founded by women who, by announcing their decision not to have children, seek to focus our minds on the horror of environmental collapse – will dissolve itself, as its cause has been hijacked so virulently and persistently by population obsessives. The founders explain that they had “underestimated the power of ‘overpopulation’ as a growing form of climate breakdown denial”.

It is true that, in some parts of the world, population growth is a major driver of particular kinds of ecological damage, such as the expansion of small-scale agriculture into rainforests, the bushmeat trade and local pressure on water and land for housing. But its global impact is much smaller than many people claim.

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- Education - par Nolwenn Weiler, 1er septembre 2020

"On risque d’avoir un appauvrissement culturel de la population française"

Les réformes en cours de l’Éducation nationale, la focalisation sur les "EdTech", les technologies éducatives, ajoutées à la mauvaise formation des enseignants et aux politiques d’austérité, risquent de considérablement dégrader l’école publique. Entretien avec Stéphane Bonnéry, professeur en sciences de l’éducation.

Basta ! : De nombreux enseignants craignent que le gouvernement profite de la crise sanitaire pour accélérer l’enseignement à distance, qui a accentué les inégalités entre élèves. Partagez-vous leurs craintes ?

☛ Stéphane Bonnéry : La crise du covid-19 a été l’occasion d’accélérer des dynamiques qui étaient déjà à l’oeuvre au sein de l’éducation nationale, à commencer par le développement de l’enseignement à distance, brandi comme la solution pour assurer la "continuité pédagogique". Cette focalisation sur l’enseignement à distance, en dépit de son caractère inégalitaire, traduit la logique profonde qui est celle de Jean-Michel Blanquer, et de son courant politique, de promotion des EdTech [les technologie éducatives d’enseignement à distance, ndlr]. Au ministère, depuis son arrivée, il y a un bâtiment entier dédié à ces EdTech. Leur mission est de préparer l’éducation nationale française à aller au maximum vers le distanciel, avec une individualisation de l’enseignement, et une privatisation possible. Par ailleurs, un projet de loi a été déposé en ce sens. Donc, oui, je partage les craintes de ces enseignants.

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- André Weill, 06 Août 2020

Les mots d'une grande dame, Marie de Hennezel, écrivain et psychologue qui éclaire notre regard sur la situation de notre monde sous COVID.

Extrait du journal "le Monde" du 04 mai 2020

"L’épidémie de Covid-19 porte à son paroxysme le déni de mort": "Fustigeant la "folie hygiéniste" qui, sous prétexte de protéger les plus âgés, leur impose des "conditions inhumaines", l'écrivaine et psychologue estime que la crise sanitaire met à mal le respect des droits des personnes en fin de vie.

Si le déni de mort est une des caractéristiques des sociétés occidentales, l'épidémie due au SARS-CoV-2 illustre son paroxysme. Depuis la seconde guerre mondiale, ce déni n'a fait que s'amplifier, avec le progrès technologique et scientifique, les valeurs jeunistes qui nous gouvernent, fondées sur l'illusion du progrès infini, la promotion de l'effectivité, de la rentabilité, du succès. Il se manifeste aujourd'hui par une mise sous silence de la mort, une façon de la cacher, de ne pas y penser, avec pour conséquence une immense angoisse collective face à notre condition d'être humain vulnérable et mortel.

Ce déni de la mort a eu trois conséquences. (...)

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