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dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 928 communes s'opposent au 'Linky'

 


14 Août 2020

     

- Opinions - Contribution externe - Publié le 13-08-20

Pourquoi l’imposture intellectuelle de Michel Onfray est-elle si problématique ?

Onfray m’agaçait. Son hyper-médiatisation bien sûr. Ses avis à propos de tout, émis à la façon d’une trancheuse de charcutier. La gêne qu’occasionnent les frasques de celui avec qui, en quelque sorte, vous partagez le "métier"… Mais il y avait autre chose.

❐ Une opinion de Jean-Sébastien Philippart, titulaire d’un DEA en philosophie et agrégé (UCLouvain), chercheur indépendant, contributeur, entre autres, aux revues MondesFrancophones.com et Implications-philosophiques.org.

© Reporters

C’est en tombant, l’autre jour, sur un texte du philosophe Cornélius Castoriadis, que j’ai compris, à la lumière de l’auteur, que mon agacement était gros, d’une inquiétude profondément politique. 

Comme philosophe de formation et professeur de philosophie dans le supérieur, le "travail" de Michel Onfray ne m’a jamais intéressé. Pour trois raisons, d’ordre philosophique.

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13 Août 2020

     

- Environnement - De Stephen Leahy, Août 2020

Les trois quarts de l'humanité menacés de mourir de chaud en 2100

Une nouvelle étude tire la sonnette d'alarme : en l'absence de réduction drastique des émissions de CO2, jusqu'à 75 % des habitants de la planète pourraient être victimes de vagues de chaleur meurtrières à l'horizon 2100.

Dans cette photo du 4 juin 2017, des Pakistanais se baignent dans un canal afin de vaincre la chaleur et d'échapper au températures extrêmement élevées lors de ce huitième jour du mois de ramadan. Des températures maximales de 47°C ont été enregistrées à Lahore, au Pakistan. - Photographie de Rana Sajid Hussain, Pacific Press, Lightrocket, Getty Images

Selon une récente étude, 30 % de la population mondiale est à l'heure actuelle exposée à des vagues de chaleur potentiellement meurtrières 20 jours par an voire plus.

À la manière d'un feu de forêt qui gagne du terrain, le changement climatique favorise la propagation de cette chaleur intense.

En l'absence d'importantes réductions des émissions de gaz à effet de serre, tels que le CO2, jusqu'à trois personnes sur quatre courront le risque de mourir de chaud à l'horizon 2100. Cependant, d'après l'analyse publiée dans Nature Climate Change, une personne sur deux est susceptible d'être exposée à des vagues de chaleur meurtrières pendant au moins 20 jours par an à la fin du siècle, même si des réductions adviennent.

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- A Closer Look - by Charles Ornstein, December 20, 2019

We’ve Been Tracking Pharma Payments to Doctors For Nearly A Decade. We Just Made A Big Breakthrough.

For years, we’ve wondered whether a doctor who received a payment linked to a particular drug prescribed more of that drug. With our new analysis, we finally have the answer: yes.

Next year will mark the 10th anniversary of ProPublica’s Dollars for Docs, our ambitious effort to track pharmaceutical company payments to doctors.

When we started, we were thrilled to gain access to what seven drug companies paid physicians for speaking and consulting and to collect payment information in a first-of-its-kind database that allowed everyone to search for their doctors in one place. Now, federal law requires every drug and medical device maker, about 1,700 companies, to release information on their payments.

In the years since its launch, Dollars for Docs has become an essential tool for patients and has been viewed more than 23 million times. But from the very start we were bedeviled by a simple question: Were the drug company payments linked to doctors’ drug choices?

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12 Août 2020

     

- Accueil > Enquête en 3 volets sur l'implantation d'Amazon en France

 

Enquête 1/3 > 2 juillet 2019 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Le plan secret d’Amazon en France

Amazon rêve d’un monde où ses clients seraient livrés en un jour. Pour y parvenir, la multinationale multiplie les hangars démesurés où se succèdent les camions. Ce développement, en France, suit une stratégie de mise en concurrence de territoires souvent sinistrés. Reporterre la détaille et publie la carte exclusive des implantations d’Amazon.

Derrière la facilité d’un clic et l’interface lisse d’un site internet se cache parfois un monstre. Amazon, le géant du commerce électronique, se bâtit en France un empire. Poussée par l’explosion de la vente en ligne, la multinationale multiplie la construction de ses immenses plateformes logistiques, alimente un flux incessant de camions et courtise les élus locaux pour devenir hégémonique. C’est l’envers du numérique. Un horizon de béton, de pollution et de chantage fiscal dont Reporterre dévoile les coulisses.

Arrivée en 2007 en France, Amazon a inauguré son premier entrepôt, de 70.000 m², à Saran, près d’Orléans (Loiret). En 2010, un nouveau hangar de 36.000 m² est sorti de terre à Montélimar (Drôme). Suivi d’un autre de 50.000 m2 en 2012, à Sevrey (Saône-et-Loire). Un an plus tard, c’est dans le Nord, à Lauwin-Planque qu’Amazon a renforcé son emprise avec un pôle logistique de 90.000 m². Ses véhicules de livraison sillonnent, depuis, le pays. La toile de la multinationale s’étend. Comme le montre la carte que publie aujourd’hui Reporterre. En cliquant sur l’image de chaque site, on voit le détail de l’implantation.

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Enquête 2/3 > 3 juillet 2019 / Franck Dépretz (Reporterre)

Comment Amazon impose la loi du silence à des élus locaux

Enquête - Pendant des mois, l’installation d’Amazon sur une ancienne base aérienne militaire près de Metz était tenue secrète. La raison : un unique élu a signé, au nom des 108 que compte la métropole, un "accord de non-divulgation" avec la multinationale. Reporterre dévoile les coulisses de cette "négociation".

Metz (Moselle), correspondance - "Préserver les terres agricoles", "revivifier la biodiversité", "accueillir de jeunes agriculteurs", "développer le circuit court"… En marge du G7 des ministres de l’Environnement, des Océans et de l’Énergie, qui se tenait à Metz en ce début du mois de mai, Jean-Luc Bohl, le président de Metz métropole (UDI), et son conseiller délégué au développement de l’agriculture périurbaine ne manquaient pas de belles formules pour évoquer leur Agrobiopôle, sur le plateau de l’ancienne base aérienne de Metz-Frescaty. Juste en bordure de ces 70 hectares dédiés à l’agriculture périurbaine, pourtant, on attend la venue d’une multinationale étasunienne peu réputée pour "favoriser les produits de proximité" ou pour "pour améliorer l’alimentation, le bien-être de tous", à l’inverse de ses voisins maraichers. Son nom : Amazon.

Pourtant, au centre Pompidou-Metz, en pleine conférence sur les "territoires écologiques et solidaires", étrangement, le sujet semblait tabou. Nous attendions le moment des questions du public pour intervenir. Mais il semblait que Jean-Luc Bohl n’avait pas le droit de prononcer le mot Amazon.

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Enquête 3/3 > 4 juillet 2019 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Amazon grandit, l’environnement pâtit

Enquête 3/3 – Bétonisation à outrance, multiplication du transport routier, surconsommation d’objets électroniques, destruction des invendus, fret aérien… : le système d’Amazon pèse lourdement sur la planète.

C’est l’enjeu caché de l’extension de la vente en ligne. Pour les Amis de la Terre, Amazon est le symbole d’un modèle qui pousse à la surconsommation et alimente une société du tout jetable. Avec ANV-COP21, l’association a bloqué plusieurs sites du géant étasunien mardi 2 juillet. Car Amazon ne correspond pas seulement à une plateforme internet, affirment ses opposants, le géant du e-commerce est d’abord l’un des plus grands distributeurs du monde. En France, Amazon est le second vendeur de produits électroniques. Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), la consommation du type d’objets vendus sur Amazon, comme les télévisions, les smartphones, l’électroménager ou les vêtements, représente un quart des émissions de gaz à effet de serre des Français. En stimulant la demande et en cassant les prix, la multinationale contribue à la surproduction qui détruit la planète, arguent les Amis de la Terre.

En septembre 2018, ils ont saisi la Direction générale de la consommation et de la répression des fraudes, estimant qu’Amazon use de pratiques commerciales trompeuses. L’entreprise a développé depuis plusieurs années une pratique de site de marché (market place). C’est-à-dire qu’elle héberge sur son site des offres de vendeurs tiers, telles que des sociétés chinoises. Grâce à ce système, le géant se fait passer pour un simple intermédiaire qui mettrait en lien des particuliers, à l’image du site Le Bon Coin. Une manière de se dédouaner de toute responsabilité envers les consommateurs français. « Amazon ne respecte pas les droits de garantie et, lors de notre saisie, en septembre, elle ne reprenait toujours pas les déchets électroniques alors que c’était rendu obligatoire par la loi », déplore Alma Dufour, chargée de campagne au sein des Amis de la Terre. « Ces infractions permettent à Amazon d’être plus compétitif et de baisser ses prix pour renforcer son monopole, explique-t-elle. Amazon n’a rien d’un intermédiaire puisqu’elle organise le marché en cherchant à capter l’offre à bas prix des revendeurs chinois. Elle leur propose des services de traduction et des moyens logistiques pour expédier leurs articles. » Elle a même récemment obtenu l’autorisation d’effectuer directement du transport maritime de containers depuis la Chine.

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- 10 août 2020, par Marcuss - Blog : Le blog de Marcuss

La délinquance en col blanc (2-9)

La délinquance en col blanc est le système et la pratique de criminalité la plus violente de notre société. Provoquant des conséquences sociales et économiques terribles, elle est aussi la moins condamnée. La bourgeoisie veut être amnistiée par la société des actes délinquants qu’elle commet, tout en ne pardonnant rien aux classes dominées pour des agissements similaires ou moins graves.

 
Plan de l’écrit


Introduction

1. Edwin H. Sutherland, penseur de la criminalité en col blanc

2. Le capitalisme, la criminalité en son cœur

a. Criminogène ou criminel ?
b. Les ravages du capitalisme néolibéral, des crises apocalyptiques
c. La fraude et l’évasion fiscale : un crime organisé ?
d. Le capitalisme a inscrit la mort dans le travail

3. La dépénalisation, seulement pour la classe bourgeoise

a. La délinquance politique

4. Tolérance zéro pour les pauvres, tolérance zéro pour les riches

5. Conclusion

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11 Août 2020

     

- Société - Nécrologie - Par Philippe Petit, publié le 07/08/2020

Mais au fait, c'était quoi la pensée de Bernard Stiegler ?

Le philosophe Bernard Stiegler est mort ce jeudi 6 août. Malgré sa médiatisation, sa pensée, pourtant essentielle pour comprendre notre monde contemporain, reste très mal connue.

Des idées, plus ou moins intéressantes, tout le monde en a. Des concepts à fourbir, cela est plus rare. Le philosophe Bernard Stiegler qui vient de mourir à 68 ans, faisait partie de la deuxième catégorie. C’était un penseur au long cours. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, il était aussi à sa manière un activiste. Un fondateur d’école, d’association, un organisateur de rencontres intellectuelles ; il ne craignait pas de mettre en discussion ses trouvailles. Il aura attendu l’année 2003 pour rendre public ses années de prison suite à un braquage qui lui collait à la peau. Cinq années où il lui arrivait de ne pas dire un mot pendant un mois. D’éprouver le silence, tel un religieux dans sa retraite ; de lire jusqu’à plus soif tous les philosophes de la tradition, de leur faire crédit, et d’aiguiser en leur compagnie sa propre pensée.

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Cette présentation semble à tout le moins curieuse : j'ai le sentiment que "la" pensée de Monsieur Stiegler ne pouvait se résumer en quelques formules floues, non maitrisées, posées sans support et dans un français approximatif. De plus, la dernière question lève le doute sur l'auteur : il a écrit sans savoir, sans recherche. Piètre travail journalistique.

 

 

 


10 Août 2020

     

- Août 2000, page 28 - Dimanche 9 août 2020, par Bernard Stiegler

❐ Le philosophe Bernard Stiegler a mis fin à ses jours ce jeudi, gravement atteint par les suites d’une occlusion intestinale. Venu à la philosophie pendant un séjour en prison, où il purgeait une peine pour une série de braquages, il a longtemps exploré la question de la technique. Penseur exigeant, il a publié 3 textes dans nos colonnes ; “'Rapido', l’assommoir contemporain" est probablement le plus accessible.

Le temps des attrape-nigauds

"Rapido", l’assommoir contemporain

Tandis qu’il devient légitime de s’alarmer des pratiques de dopage chez les sportifs, s’est mise en place, en France, dans une pudique indifférence, l’une des dernières — et des pires — inventions de La Française des jeux : le Rapido. A cette loterie, dont les terminaux électroniques sont disposés dans ces innombrables lieux publics où l’Etat vend du leurre en masse, il y a "un tirage toutes les cinq minutes". L’imprimé qui vante cette "distraction" avertit d’emblée qu’on a "une chance sur 5,5 de gagner". On peut donc calculer son avenir, puis le jouer à la loterie douze fois par heure ! C’est ainsi que les plus grandes avancées technologiques servent parfois à crétiniser les masses.

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- Accueil > Tribune> 16 septembre 2019, George Monbiot

Le capitalisme nous conduit au désastre

"Il est temps d’en finir avec cette économie fondée sur le pillage", dénonce l’auteur de cette tribune. Ni féodalisme ni communisme d’État : ce féroce pourfendeur du capitalisme plaide pour une alternative cohérente fondée sur les travaux de multiples penseurs.

❐ Le journaliste George Monbiot, 56 ans, est une personnalité phare du militantisme écologiste en Grande-Bretagne. Il tient depuis plusieurs années une chronique hebdomadaire dans le grand quotidien progressiste The Guardian. Voici, en version française, celle initialement publiée le 25 avril 2019.

Pendant la plus grande partie de ma vie d’adulte, j’ai raillé le "capitalisme d’entreprise", le "capitalisme de consommation" et le "capitalisme de copinage". Il m’a fallu beaucoup de temps pour voir que le problème n’est pas l’adjectif, mais le nom.

Alors que certaines personnes ont rejeté le capitalisme avec joie et rapidité, je l’ai fait lentement et à contrecœur. En partie parce que je ne voyais pas d’alternative claire : contrairement à certains anticapitalistes, je n’ai jamais été un enthousiaste du communisme d’État. J’ai également été inhibé par son statut religieux. Dire que "le capitalisme est en train d’échouer" au XXIe siècle, c’est comme dire "Dieu est mort" au XIXe siècle. C’est un blasphème séculier. Cela demande un degré de confiance en soi que je n’avais pas.

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  - Tribune > 4 juillet 2009 / Serge Latouche

De la décroissance à l’a-croissance

Dans cet entretien, Serge Latouche explique clairement son itinéraire et les grandes lignes de sa pensée.

En tant qu’économiste, qu’est-ce qui vous a amené à devenir une des références de la décroissance ?

Je suis un économiste atypique venu à la décroissance depuis 2002… Auparavant, j’étais Président de l’association « Ligne d’Horizon – les Amis de François Partant » consacrée à la critique du développement et membre de l’Internationale informelle des « Disciples d’Yvan Illich ». Cette internationale était composée de personnes du Tiers-Monde comme Vandana Shiva en Inde, Gustavo Esteva au Méxique, Majid Rahnema en Iran, etc. ou de gens ayant travaillé dans le Tiers-Monde et ayant vu l’échec du développement.

Nous étions d’accord sur le fait que le développement était la poursuite de l’occidentalisation du monde commencé avec le colonialisme et l’impérialisme. On voulait savoir comment sortir du développement, dans les pays du Sud mais aussi dans ceux du Nord où seuls quelques marginaux comme José Bové s’installant dans le Larzac acceptaient cette idée.

Après la Chute du mur de Berlin on a été rattrapé par les crises successives (écologique, fin du fordisme, etc.) et on nous demandait ce qu’on proposait à la place.

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- Juillet 2020, page 28 - par Renaud Lambert 

Plombiers en blouse blanche

Transformer un pays en prison à ciel ouvert sans soulever d’émeute constitue à coup sûr un tour de force. Réussir cette prouesse alors qu’on vient d’essuyer un puissant mouvement social relève de l’exploit. De nombreux dirigeants y sont pourtant parvenus à l’occasion de la pandémie de Covid-19.

Dans certains pays, le pouvoir opta pour la force ; en France, il s’effaça derrière une poignée d’experts en blouse blanche, alors qu’il avait ignoré les revendications des soignants à l’automne 2019.

Depuis quelques mois, pas une déclaration politique qui ne s’accompagne d’un "suivant l’avis des scientifiques" ou d’un "sur décision collégiale des médecins". Les savants ont "pris le pouvoir", s’alarme Éric Zemmour.

Mais ne se sont-ils pas plutôt évertués à le servir ?

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- Human rights in focus - Immigration and asylum - Harriet Grant in Calais, published on Sunday 9 August 2020

'If I die, that is OK': the Calais refugees with nowhere to turn

Why asylum seekers are resorting to desperate measures to reach the ‘better, fairer’ UK

Sami: ‘Italy can’t take everybody, so I came to France. I have been waiting two years here with no answer on my asylum claim.’ Photograph: Harriet Grant/The Guardian

Sami was on a beach near Calais, crying, when Claire Moseley found him. The charity worker got a text asking for help and went to collect him in the early hours of the morning.

He and three friends, one of them only 17, had pooled their money to buy a three-seater kayak from the sports retailer Decathlon to try to make the arduous 20-mile journey to Britain, as 4,000 others have successfully done this year.

After 12 hours of rowing, they were down to one oar and the kayak they had crammed into was starting to sink. Sami, 40, says he wanted his younger friends to survive, so he called for help from the French coastguard and left the boat. He was rescued and returned to Calais. His friends made it to England, he says.

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09 Août 2020

     

- Carnet noir - Mark Hunyadi, publié vendredi 7 août 2020

Le philosophe Bernard Stiegler disparaît subitement

La vie trépidante et passionnée de ce penseur hors norme, spécialiste des technologies modernes, s’est achevée soudainement le 6 août

La mort, le jeudi 6 août, à l’âge de 68 ans, du philosophe français Bernard Stiegler a quelque chose de stupéfiant. C’est une mort que rien ne laissait présager aussi subite, tant il avait l’esprit jeune, avide de modernité, ivre de ses enthousiasmes.

Atteint d’un mal qui l’avait beaucoup fait souffrir il y a quelques mois et dont il pressentait un retour inéluctable, il s’est donné la mort, non en dépressif, mais en philosophe, dit son ami Paul Jorion.

Personnage volubile, attentif, amical et irascible, il s’était ces vingt dernières années consacré à la réflexion sur l’emprise des technologies numériques sur nos vies et la société, après s’être imposé sur la scène intellectuelle française, dès le milieu des années 1980, puis avec sa thèse avec Jacques Derrida en 1993, comme un penseur majeur de la technique.

 

 

- 20 ANS - Frédéric Koller, publié jeudi 22 mars 2018, Modifié vendredi 7 août 2020

❐ Penseur de l’innovation technologique et de ses implications sociales, le philosophe est décédé ce vendredi. Nous republions l’entretien qu’il avait accordé au «Temps» en mars 2018

Bernard Stiegler: “Toute technologie est porteuse du pire autant que du meilleur”

Le Temps fête ses 20 ans ces mois. Né le 18 mars 1998, il est issu de la fusion du Journal de Genève et Gazette de Lausanne et du Nouveau quotidien. Nous saisissons l’occasion de cet anniversaire pour revenir sur ces 20 années, et imaginer quelques grandes pistes pour les 20 suivantes.

Quand Le Temps voyait le jour dans ses bureaux de Cointrin, la rédaction était équipée des tout nouveaux iMac, Internet était balbutiant, le world wide web (www) venait à peine d’être inventé, Google n’existait pas, ni Facebook et les réseaux sociaux qui dominent aujourd’hui le Net, ni le big data. C’était l’ancien monde, celui d’avant les écrans interactifs.

L’une des grandes transformations de ces vingt dernières années, de celles qui rendent la vie d’avant impensable aujourd’hui, est indéniablement la révolution numérique. Elle marque une rupture, comme le fit l’imprimerie au XVe siècle. On parle de disruption – de bouleversement dans sa traduction française. Entrée dans le langage courant de l’économie et des médias, que signifie-t-elle au juste?

 

les 2 articles ci-dessus en 1 PDF

 

 

     

- Le 11/06/2020, SÉRIEProfession philosophe (62 épisodes) - Les Chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth

Épisode 62 :

  l'émission en mp3 (56 MO)

 

Bernard Stiegler : "Il ne faut pas rejeter les techniques mais les critiquer et les transformer"

Bernard Stiegler a découvert la philosophie en prison, et depuis, n'a eu de cesse de la transmettre, dans des ouvrages ou dans la création d'une école de philosophie : "Pharmakon". Spécialiste de la technique, il questionne les enjeux des mutations de nos sociétés engendrées par le numérique.

Bernard Stiegler • Crédits : Radio France

Etre philosophe, est-ce un métier ? est-ce une vocation ? Comment se fabrique un concept ? Et quel est le rôle du philosophe dans la cité ?

Bernard Stiegler est le fondateur d’un groupe de réflexion philosophique créé en 2005 : Ars industrialis, dans lequel il en appelle à une nouvelle manière de penser notre rapport à la technique et en particulier aujourd’hui aux algorithmes.

Depuis 2006 il dirige l’Institut de recherche et d’innovation qu’il a créé au Centre Pompidou ainsi que l’école de philosophie d’Epineuil, Pharmakon, qui offre des cours de philosophie à suivre sur place ou en ligne.

Il a écrit 35 livres et le dernier en date s’appelle Bifurquer (éditions des Liens qui libèrent).

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- Energy and Environment - By Jenny Rowland-Shea and Zainab Mirza, May 21, 2020

The Most Anti-Nature President in U.S. History

President Donald Trump has thrown in reverse the United States’ proud, bipartisan record of nature conservation. Unlike every modern-day U.S. president before him who helped build up America’s awe-inspiring system of public lands and waters, President Trump has pursued an agenda aimed at removing protections from vast swaths of public lands and waters.

In fact, President Trump is the only president in U.S. history to have removed more public lands than he protected.

The Center for American Progress calculates that over the past three years, the Trump administration has attempted to remove protections from nearly 35 million acres of public lands—approximately 1,000 times more land than his administration has protected.

While the courts may overturn many of the Trump administration’s rollbacks, these actions equate to stripping protections from an area the size of Florida.

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08 Août 2020

     

- Alessandro Mano - LA STAMPA - English edition- 2020-08-07

The Slippery Slope Of Global Warming, From A Melting Mont-Blanc Glacier

COURMAYEUR (Italy) — When the alarm sounded last year, it was because the ice on the Mont Blanc, on the border between Italy and France, was moving too quickly.

Its front had broken away from the rest of the ice lobe, separated by a huge crack, and descended three meters per day. Experts feared that 250 thousand cubic meters of ice might fall on the valley, an enormous quantity that could shatter on the rocks below, causing an avalanche and arriving on homes in the Ferret Valley, near Courmayeur.

The good news is that this year, the glacier is not travelling as fast, and last year's 250,000 cubic meters of ice are a distant memory: the heat has melted most of them. Some 176,000 collapsed in smaller blocks of ice that crumbled on the underlying rocks and flowed into the river, the Dora di Ferret.

But there's also bad news: A 40-meter crevasse has formed a new serac, a block of ice at risk of toppling, that is double the size of last year's: half a million cubic meters — larger than the Milan Duomo.

The warming climate added to the problem. After weeks of sizzling heat, with the air reaching zero degrees only at 5,000 meters above sea level, temperatures nosedived on Tuesday, Aug. 4, and it snowed abundantly on the glacier.

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- Master Sociétés & Biodiversité - #Environnement - #Fiction - 07/08/2020, Carole Sarkis et Joffrey Lavigne

Futurs des mondes ruraux : comment concilier perspective sociale et exigences écologiques ?

❐ Suite et fin de la série d'articles des Ateliers de Janvier consacrée à la place de la biodiversité dans les futurs des mondes ruraux. Au programme de ce cinquième épisode : comment concilier perspective socio-économique et exigences écologiques dans l’écriture des futurs de ces territoires ?

"Cette France en colère pose les questions essentielles de l’écologie politique : les transports contraints, l’étalement urbain avec la gentrification et l’expulsion des pauvres des métropoles, la précarité énergétique, l’inégalité dans la répartition des richesses." - Patrick Farbiaz, militant écologiste et altermondialiste, à propos du mouvement des Gilets jaunes.

Visions du monde antagonistes

Comme nous l’avons déjà évoqué, penser le futur de la biodiversité en lien avec l’évolution de son territoire ne va pas de soi, d’autant plus lorsque les difficultés quotidiennes, d’ordre social et économique, sont pour leur part bien présentes. Dans ce contexte, hors du confort de nos milieux urbains concernés, insérés et connectés à une multitude de services, réfléchir au futur peut apparaître comme un loisir, sans conscience aucune de l’urgence des préoccupations du moment.

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- Fabien Goubet - publié lundi 15 juin 2020 - matériaux

Un cristal convertit la lumière en hydrogène avec un rendement record

Des travaux japonais permettent un pas de plus vers un système de production d’énergie propre et vertueux, qui vise à fabriquer de l’hydrogène simplement à partir d’eau et de lumière

Le scénario laisse songeur. Capter la lumière du soleil et l’utiliser pour casser les molécules d’eau (H2O) via la réaction dite d’électrolyse, et obtenir ainsi du di-hydrogène (H2) stocké dans des bouteilles pressurisées. Voilà comment il serait possible de produire de l’énergie propre, renouvelable et transportable, sans ressource fossile ni gaz à effet de serre. Juste avec du soleil et de l’eau fraîche! Qui dit mieux?

Ce procédé, appelé power-to-gas, qui consiste plus largement à convertir des excédents d’énergies renouvelables en gaz durablement stockable, est déjà à l’œuvre dans quelques rares démonstrateurs dans le monde. L’un d’entre eux notamment, à Arzberg, en Allemagne, fabrique de l’hydrogène par électrolyse de l’eau en tirant l’énergie nécessaire de panneaux solaires voisins.

Une autre approche, plus expérimentale mais aussi plus simple, se passe complètement de panneaux solaires. La lumière est dans ce cas collectée par des matériaux semi-conducteurs appelés photo-catalyseurs, qui se présentent sous forme de petits cristaux immergés dans de l’eau. Leurs électrons, une fois excités par les photons lumineux, migrent vers la surface du cristal et enclenchent l’électrolyse de l’eau, produisant ainsi le di-hydrogène convoité. Avec cependant un piètre rendement, pour l’instant incompatible avec des applications commerciales.

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07 Août 2020

     

- Agriculture - 6 août 2020 Par Amélie Poinssot

La sécheresse place le secteur agricole devant l’urgence de faire évoluer ses pratiques

Le niveau de pluviométrie enregistré ce mois de juillet est le plus bas depuis 1959. De nombreuses exploitations agricoles sont en difficulté. Face à cet assèchement après plusieurs étés déjà très secs, la piste des retenues d’eau lancée par le ministre de l’agriculture ne convainc pas.

Un rendement nettement inférieur et de sérieux doutes sur la suite. Dans la Marne, Jean-Baptiste Prévost, à la tête de 280 hectares de grandes cultures, se demande bien comment il va rentrer dans ses frais cette année.

À cause du manque de précipitations depuis le début de l’été, particulièrement prégnant dans le nord-est, son orge de printemps récoltée il y a quinze jours n’a donné que 5,5 tonnes par hectare, contre 7,5 habituellement. Destinée à la brasserie, cette céréale qu’il cultive sur 60 hectares a vu en outre son prix chuter depuis l’épidémie de Covid-19.

Quant à ses pommes de terre de fécule, l’agriculteur prévoit un déficit de 15 à 20 tonnes par hectare, pour une récolte de 50 tonnes habituellement. Plantées au mois d’avril, elles stagnent depuis le début de l’été : "Les tubercules ne poussent plus, les tiges commencent à faner, elles sont sèches quand on tape dedans…"

Seule solution pour l’instant : l’aménagement de petits barrages entre les buttes de pommes de terre, afin de retenir l’eau quand elle arrive. Encore faut-il qu’il pleuve…

Ce mois de juillet, l’Hexagone a connu son niveau de pluviométrie le plus bas depuis le début des enregistrements par Météo France, en 1959. Nord et nord-est sont particulièrement touchés. Le phénomène n’est pas nouveau. Depuis 2011, plusieurs étés secs se sont succédé.

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- 7 août 2020, par Jean-Jacques Birgé - Blog : Miroir de drame.org

Bernard Stiegler, la musique est la première technique du désir

Nous avions rencontré Bernard Stiegler dans la cadre d'une enquête sur la fonction de la musique aujourd'hui, que Jean Rochard et moi réalisions pour le Journal des Allumés au début 2008... Je le reproduis en mémoire du philosophe décédé hier 6 août...

❐ Il est agréable d'interviewer quelqu'un qui se préoccupe d'abord de ses deux interlocuteurs et du médium à qui il s'adresse et que nous représentons.

Bien que nous nous souvenions très bien, et avec plaisir, de son frère Dominique lorsqu'il était journaliste à Révolution, nous ignorions l'attachement au jazz de l'ancien directeur de l'Ircam, de sa passion absolue pour cette musique jusqu'à son emprisonnement pour vol à main armée en 1978.

Stiegler eut la sagesse de faire son coming out sur ses activités délinquantes et écrivit Passer à l'acte en 2003 sur ce qui lui permit d'entrer en philosophie. La lecture d'un article passionnant sur la perte de la libido, conséquence de l'uniformisation, écrit pour Le Monde Diplomatique, nous donna envie de l'interroger sur les changements sociaux que la musique peut produire et comment sa fonction se transforme aux mains d'une industrie dont le moteur "essentiel" est le marketing.

Nous sommes surpris par son "optimisme" quant à l'avenir des nouvelles technologies lorsqu'il ne peut imaginer autre chose que l'écroulement d'un système qui a poussé la manipulation jusqu'à l'absurde, par sa désincarnation morbide et ses tentatives d'uniformisation des consciences.

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- Société - Entretien - Propos recueillis par Matthieu Giroux, publié le 12/02/2020

"Qu'appelle-t-on panser ?" : le dernier livre du philosophe Bernard Stiegler avant sa mort

Le philosophe Bernard Stiegler est mort ce jeudi 6 août. Nous l'avions interviewé il y a quelques mois, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, "Qu'appelle-t-on panser ? La leçon de Greta Thunberg". Le président de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) revenait sur l'urgence écologique.

❐ Article mis à jourLe 07.08.2020

Le philosophe Bernard Stiegler s'est éteint ce jeudi 6 août. Nous l'avions interviewé il y a quelques mois, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, "Qu'appelle-t-on panser ? La leçon de Greta Thunberg".

Le président de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) revenait sur l'urgence écologique.

Dans Qu'appelle-t-on panser ? (Les Liens qui libèrent), Bernard Stiegler affirmait que Greta Thunberg bousculait et choquait une "dissociété" devenue profondément immorale et irresponsable. Il utilisait la jeune Suédoise pour proposer une réflexion sur la crise écologique.

Marianne : Pouvez-vous nous expliquer le lien que vous faites entre penser et panser ? Ce lien est-il déjà présent chez Heidegger dont vous reprenez le titre ?

☛ Bernard Stiegler : Le premier à avoir établi que la pensée était une façon de panser, c'est Heidegger dans ’Être et Temps’ (1927) lorsqu'il fait du souci (die Sorge) une disposition primordiale du Dasein. Pour Heidegger, se poser la question de l'être, c'est nécessairement l'inscrire dans une perspective historique où il s’agit de soigner ce qui reste à venir du passé.

Dans ’Temps et Être’ (1962), Heidegger postule qu'il faut désormais penser l'être à l'aune de la technique moderne (Gestell). Le Gestell correspond au développement de ce qu'on appelle aujourd'hui la technosphère. Lorsqu'il pose ces questions, Heidegger a cinquante ans d'avance, anticipant l’épreuve de l’Anthropocène, mais il évacue la question essentielle de l'entropie, théorie formulée au XIXe siècle qui soutient que l'univers est travaillé par une dissipation de l'énergie absolument irréversible, que toute matière est de l'énergie qui est vouée à se dissiper. (...)

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06 Août 2020

     

- 6 août 2017- Par register - Blog : RESISTEZ !

Le plaidoyer pour la paix d'Albert Camus après Hiroshima le 8 août 1945

❐ Camus a été le seul intellectuel occidental à dénoncer l'usage de la bombe atomique au lendemain du bombardement d'Hiroshima dans son célèbre éditorial de "Combat". Alors que l'ONU vient d'adopter un traité interdisant les armes nucléaires (boycotté par la France, la Corée du Nord, Israël, etc) et alors que guerres et conflits ensanglantent la planète, son message est plus que jamais d'actualité.

"Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique.

On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. ... "

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- By Linda Villarosa, July 28, 2020

Pollution Is Killing Black Americans. This Community Fought Back.

African-Americans are 75 percent more likely than others to live near facilities that produce hazardous waste. Can a grass-roots environmental-justice movement make a difference?

The Philadelphia Energy Solutions refinery.Credit...Hannah Price for The New York Times

When Kilynn Johnson walks out the door of the house her parents bought in 1972, where she grew up and lives to this day, she steps into the warm embrace of a community where neighbors feel more like kin. Her home sits across the street from Stinger Square Park, where Johnson passed long days of her childhood playing alongside her siblings and cousins and friends. But by age 8, diagnosed with asthma, she spent more time sitting on the sidelines, watching the other children tumble on playground equipment or rip and run through the park. Once in a while a neighbor, Ms. Sylvia or any number of Black mother figures whom Johnson and everyone knew never to call by just their first names, might come by and check on her.

“You doing all right, Kilynn?” they would ask the quiet little girl.

Near the end of 2015, Johnson felt short of breath and wondered whether the asthma that plagued her when she was a child had flared up once again. By the last week of December, she was able to leave her house on the corner of Dickinson Street and South 32nd Street, in the Grays Ferry neighborhood of South Philadelphia, only once, to drag herself to church on New Year’s Eve. Three nights later, she began vomiting uncontrollably. At sunrise, she managed to call her former partner, Tony, and could get out only one word: “Hospital.”

PDF (15 pages)

 

 

 



     

- Mai 2020, pages 8 et 9, par Guy Laron 

Faux documents et vrais chiffons rouges

Petite histoire de la russophobie

Il y a un an, l’opposition démocrate fulminait de voir le président Donald Trump lavé par la justice américaine des soupçons de collusion avec la Russie. L’obsession antirusse des élites occidentales, notamment britanniques, en rappelle d’autres. Par le passé, certaines forces conservatrices ont même produit de faux documents pour alimenter la russophobie, y voyant une opportune diversion.

Alexandre III et le général Obruchev regardant une carte de guerre, gravure, 1885 - AKG-Images - World History Archive

Un autocrate machiavélique qui, de Moscou, rêve d’affaiblir la liberté et la démocratie ; des services de sécurité omnipotents œuvrant à de sinistres machinations et déployant leurs tentacules partout dans le monde ; un pays asiatique et barbare qui fait planer une menace sur la civilisation occidentale : ce flot d’images caricaturales du pouvoir russe n’a pas attendu l’arrivée au Kremlin de M. Vladimir Poutine pour se déverser à l’Ouest. On en trouve trace dès le XVe siècle. Au XIXe siècle, la frénésie anti-russe était telle que l’élite intellectuelle inventa le terme "russophobie" pour désigner à la fois les personnes qui nourrissaient une peur irrationnelle à l’égard de la Russie et celles qui exagéraient consciemment la menace qu’elle représentait.

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- ENVIRONNEMENT - Publié le 08 juillet 2020, Marina Fabre

En France, 20 % de l'eau potable fuit dans la nature et le plan de relance verte doit y remédier

Aujourd'hui, un litre sur cinq d'eau traitée et mise en distribution en France est perdue. En cause, un sous-investissement important dans le réseau de distribution vieillissant. Or, avec le réchauffement climatique, les épisodes de sécheresse et de canicule, l'enjeu devient primordial. La Fédération des entreprises de l'eau appellent, dans le plan de relance national, à doubler le taux de renouvellement des réseaux. Un chantier déjà identifié par le nouveau Premier ministre Jean Castex.

Avec le réchauffement climatique, la sécurisation des approvisionnements d'eau devient de plus en plus importante. - @Veolia

La France est un des pays où l'eau est la moins chère, sa qualité est bonne, mais les infrastructures vieillissent. À tel point que, selon une nouvelle étude de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement, mis en œuvre par l’Office français de la biodiversité, sur les 5,1 milliards de mètres cubes d’eau mis en distribution en 2017, un milliard s’est perdu dans la nature à cause des fuites, soit 20 %. C’est l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 18,5 millions d’habitants, note l’Observatoire. 

La France n’est pas un mauvais élève au niveau européen. Le taux de fuite se situe à 21 % au Royaume-Uni ou 38 % pour l’Italie. Mais le réchauffement climatique pousse à améliorer ces rendement.

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05 Août 2020

     

- > Août 2020, pages 20 et 2, par Pierre Rimbert 

Quand un groupe social cumule le savoir, le pouvoir et l’argent

La bourgeoisie intellectuelle, une élite héréditaire

La société, lit-on souvent, serait divisée entre les 1 % les plus riches et les 99 % restants. Mais ce résumé-choc évacue les inégalités liées aux diplômes. Et dissimule le rôle joué par la bourgeoisie intellectuelle, qui, même lorsqu’elle sert les 1 %, aime se représenter dans le camp des opprimés. Cette couche sociale issue de la "méritocratie" transmet ses privilèges à ses descendants, comme l’aristocratie d’autrefois.

À l’été 1957, le sociologue anglais Michael Young arpente une plage du Pays de Galles. Longtemps chercheur au sein du Parti travailliste britannique, dont il a rédigé le manifeste de 1945, il a depuis pris la tangente. Sur le sable, il rumine : onze éditeurs ont refusé son dernier manuscrit. Soudain, il aperçoit au bord de l’eau un couple d’amis, s’arrête, évoque avec eux ce texte dont personne ne veut. Coïncidence, ses acolytes éditent des livres d’art ; et décident d’inclure l’ouvrage à leur catalogue. Son titre : L’Ascension de la méritocratie. Avec ce terme bricolé à base de latin et de grec, Young anticipe les sarcasmes. Cinq cent mille exemplaires écoulés en quelques années font entrer "méritocratie" dans le langage courant. Au prix d’un gigantesque malentendu.

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- Monde - Entretien - Par Angéline Guillin, publié le 04/08/2020

Incendies aux États-Unis : "La méthode française ne marcherait pas chez eux"

Alors que l’"Apple Fire" fait rage dans la Cherry Valley, Carlo Zaglia, rédacteur en chef du magazine Soldats du Feu et spécialiste des feux de forêts, répond aux questions de "Marianne" sur la stratégie de lutte contre les incendies des Etats-Unis.

Comme chaque année, ça flambe. Depuis le vendredi 31 juillet, la Cherry Valley et la forêt nationale de San Bernardino, à l'est de Los Angeles, sont réduites en cendre par l’“Apple Fire”. Plus de 8.300 hectares partis en fumée, 7.800 personnes évacuées, et 1.300 pompiers mobilisés, mais le feu de forêt n’est toujours pas maîtrisé.

Outre sa casquette d'officier des Sapeurs-Pompiers, Carlo Zaglia est rédacteur en chef du magazine Soldats du Feu, et spécialiste des feux de forêts.

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- - Avril 1979, page 28 - Dimanche 2 août 2020

❐ Écrivain, journaliste et grand voyageur, Gilles Lapouge est mort ce vendredi à 96 ans. Auteur d’une dizaine de textes dans nos colonnes, de la "fascination pour les pôles" aux « arcs-en-ciel du noir" de Victor Hugo, il s’interrogeait, en 1979, sur la pertinence politique de l’utopie : "elle remplace le hasard par la nécessité volontariste et artificielle, hostile à l’organique et fanatique de l’organisation, décidée à nous gérer comme on résout un algorithme, l’utopie souhaite arracher les hommes au devenir, aveugler les brèches fétides par où passe l’histoire."

Interrogations

L’Etat utopique ou la haine de l’histoire

par Gilles Lapouge 

Et si le discours utopique nous aidait à démêler les écheveaux de nos sociétés ? Si la lecture de Platon de More ou de Morelly projetait sur notre histoire des lueurs ? A première vue, cette idée est folle. Elle est inutile aussi car la science politique est très active. Ses ateliers tournent à haut régime. Ils produisent des théories épatantes d’Aristote à Montesquieu, de Machiavel à Marx de Saint-Augustin à Rousseau, chacun fabrique son modèle. Au milieu de toutes ces personnes éloquentes l’utopie fait la muette. Faut il pourtant qu’elle parle et qu’on réclame ses leçons ?

Son mutisme s’explique. Elle s’est elle-même placée hors jeu. Dédaigneuse des choses du temps impassible, fastidieuse et inflexible, elle s’inscrit au ciel des idées. Elle n’a pas le soin de nos sociétés. Même, elle les hait, elle n’en aime pas la puanteur, la boue, le tragique, les inconstances ou la flétrissure. L’utopie n’a jamais construit le moindre Etat. Ses couleurs blêmes ou radieuses n’ont pas barbouillé les cités des hommes. Alors, la belle affaire qu’un architecte ait du génie s’il ne sait bâtir aucune demeure !

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- Perspectives > Les blogs du "Diplo" > La pompe à phynance

Perspectives (7) - par Frédéric Lordon, 05 Août 2020

Transition dans la transition

Reprenons – le moment où l’on annonce l’effondrement-Covid du PIB n’est d’ailleurs pas le plus mal choisi pour ce faire. Car, en capitalisme, l’effondrement du PIB, toutes choses égales par ailleurs (et notamment les backstops de l’État social, quand il en reste) vaut effondrement de l’emploi. Survenant sur une société déjà rongée de précarité et d’angoisse matérielle, c’est dire qu’on n’a encore rien vu. Même les imbéciles d’en-haut le savent : ça va très mal se passer. Le spectacle de la précarité va se donner à voir avec des intensités et une extension inouïes. Le spectacle de la précarité : le spectacle du capitalisme.

C’est que tout dans la crise Covid incrimine le capitalisme dans ses tendances les plus fondamentales. Et dessine en creux un paysage souhaitable, dont le principe directeur serait : relever les personnes de la précarité, en finir avec les angoisses de l’aléa économique, avec le tourment de l’incertitude, avec l’oppression de la question : « qu’est-ce qu’on va devenir ? ». Il n’y a pas de réponse possible, il n’y a pas de repos possible dans le capitalisme, qui fait dépendre les existences matérielles de deux entités souveraines, mais tyranniques, et surtout portées au dernier degré de l’instabilité dans le régime néolibéral : le marché et l’emploi. Que la vie matérielle des gens soit accrochée à ces deux maîtres fous, c’est ce avec quoi il faut en finir. À la place de l’incertitude instituée, il faut mettre la garantie économique générale.

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Perspectives (6) - par Frédéric Lordon, 04 Juillet 2020

Fermer la finance

Donc (retour à l’épisode précédent) : pensons notre heure à partir de la proposition de Friot, et pour trois raisons.

1) Elle répond directement aux deux principes de soustraire les hommes à la précarité, et la planète à la destruction ;

2) Elle instaure au surplus la souveraineté des producteurs en abolissant la propriété lucrative ;

3) C’est une proposition macrosociale, donc à la hauteur des enjeux de la division du travail, mais pensée pour être diffractée à toutes les échelles et faire leur plein droit aux auto-organisations locales.

Dans cette proposition d’ensemble, des choses peuvent être mises en place instantanément : toutes celles qui ont à voir avec le statut de la propriété (abolition de la propriété lucrative, instauration de la propriété d’usage), la suppression du marché du travail capitaliste et son remplacement par le système « salaire à vie / qualification », l’institution juridique de la souveraineté politique des collectifs de production. D’autres choses offrent des difficultés plus importantes, notamment tout ce qui relève de la transformation radicale du financement de l’investissement. Car, radical, le schéma de Friot n’oublie pas de l’être en cette matière qui propose de confier la totalité du financement à la cotisation, via une caisse dédiée (la caisse économique), c’est-à-dire d’en finir purement et simplement avec la dette.

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Perspectives (5) - par Frédéric Lordon, 29 mai 2020

Ouvertures

Il n’y a pas de plan tout armé. Il n’y a que des exercices de méthode, et de conséquence. D’abord poser ce que nous tenons pour nos orientations fondamentales ou nos urgences catégoriques. Ensuite, enchaîner logiquement nos idées à partir de là, c’est-à-dire en tentant autant que possible de les tenir à la hauteur de ce que nous avons posé.

Or nous disposons d’un point de départ très assuré : le capitalisme détruit les hommes, et il détruit la planète (et par-là re-détruit les hommes, mais d’une autre manière). Nous en tirons immédiatement les impératifs directeurs d’une autre organisation sociale :

1) dans le processus nécessairement collectif de la reproduction matérielle, les individus sont convoqués en égaux  : ils n’ont pas à être soumis à des rapports de subordination hiérarchique qui les maltraitent ;

2) une organisation sociale digne de ce nom se donne pour devoir de relever chacun de l’inquiétude de subsistance et de lui garantir, dans des conditions collectivement déterminées, la plus grande tranquillité matérielle sur toute la vie ;

3) la production globale, si elle est nécessaire, est décrétée a priori ennemie de la nature, donc subordonnée, dans cette mesure, à de rigoureux compromis, ce qu’on exprimera autrement en disant que l’activité économique doit tendre à sa propre minimisation relative.

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Perspectives (4) - par Frédéric Lordon, 16 mai 2020

Problèmes de la transition

Nicolas Hulot, passé à l’état de flaque de sirop, est répandu partout dans la presse. Macron laisse entendre qu’il réfléchit à un "green deal à la française". Sur l’échelle ouverte de Richter du foutage de gueule, on se prépare des sommets — et les "jours heureux" nous sembleront comparativement un modèle de sincérité. Pendant ce temps, des économistes rêvent éveillés de "monnaie verte". Benoît Hamon sort de son catafalque. On ne parlera plus bientôt que de "transition", comme déjà l’Union européenne sous les avisés conseils de BlackRock. Comme avec "l’Europe sociale et démocratique", mais un niveau au-dessus, on essaye de nouveau d’estimer le temps que toutes ces imbécillités vont nous faire encore perdre.

La transition n’est pas une question "écologique" (pour "écologistes"). Il ne s’agit pas de transiter vers un "capitalisme-respectueux-de-l’environnement" — on appelle "quadrature du cercle" les projets de transition vers les cercles carrés, et ça n’a jamais très bien fonctionné. Il ne s’agit pas de sortir du capitalisme "pas encore vert". Il s’agit de sortir du capitalisme tout court.

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Perspectives (3) - par Frédéric Lordon, 10 mai 2020

"En sortir" — mais de quoi et par où ?

Comme tout ce qu’il y a à dire sur la situation économique présente, et ses éventuelles issues, tiendrait difficilement en un seul texte, l’idée d’une sorte de (mini) série a semblé une possibilité, depuis la formulation de quelques hypothèses simples jusqu’à l’esquisse de voies de sortie, en passant par des essais de clarification du "problème" comme il se pose (ou comme on pourrait le poser).

Sauf les demeurés, tout le monde comprend maintenant qu’on ne se tirera pas véritablement de la situation présente par des rustines de politique monétaire ou de report de taxes. L’origine de ce virus, son lien de plus en plus clair avec l’écocide capitaliste, l’espèce de némésis virale déchaînée qui nous attend si nous continuons dans le mépris de toute chose qui n’est pas l’argent, suggèrent de poser enfin quelques questions sérieuses sur la manière, non dont nous produisons à domicile des respirateurs, mais dont nous vivons.

Demander, par exemple, s’il n’est pas temps de "sortir de l’économie", ou de choisir entre "l’économie ou la vie", c’est poser à nouveau des questions sérieuses. Sérieuses mais peu claires.

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Perspectives (2) - par Frédéric Lordon, 5 mai 2020

Ils ne lâcheront rien

Partout de salutaires appels, des tribunes, des textes : après devra être différent, nous ne retournerons pas à la normale, il faut ne pas redémarrer comme avant. C’est bien. L’ennui peut-être, c’est qu’on ne trouve pas la première analyse des conditions concrètes dans lesquelles ce "il faut" aura à se mouvoir. Disons-le tout de suite, elles sont adverses. En fait même : hostiles.

Des pour qui le problème n’existe même pas comme une possibilité d’inconvénient, ce sont les gens de partis "de gauche", excités comme poux dans la paille fraîche à l’idée de 2022, collés à Skype ou à Zoom pour un grand "brainstorming" sympa. Objectif : "le retour de la gauche (dont-les-idées-triomphent)". "Les gars et les filles, voilà ce qu’on va faire : on va faire un chouette remue-méninge, tiens un Festival des idées où on se retrouvera tous, après on aura un programme, on trouvera un candidat, on sera tous unis autour de lui, du coup on va gagner les élections, et après, le monde, il sera plus comme avant". Une vraie farandole — ils sont trop mignons.

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Perspectives (1) - par Frédéric Lordon, 28 avril 2020

Quatre hypothèses sur la situation économique

Comme tout ce qu’il y a à dire sur la situation économique présente, et ses éventuelles issues, tiendrait difficilement en un seul texte, l’idée d’une sorte de (mini) série a semblé une possibilité, depuis la formulation de quelques hypothèses simples jusqu’à l’esquisse de voies de sortie, en passant par des essais de clarification du "problème" comme il se pose (ou comme on pourrait le poser). Pour l’instant on a en vue trois volets. On verra bien, en cours de route, s’il en vient d’autres, ou pas, et à quel rythme.

❐ Hypothèse 1 : Ce qui vient est énorme

En matière d’économie, la seule hypothèse raisonnable d’où partir, c’est que ce qui s’annonce est énorme, titanesque et dévastateur. Alain Minc qui, début 2008, annonçait, pourtant après le premier coup de bélier de la crise des subprimes, que le système financier absorberait parfaitement ce choc finalement bénin et tout à fait dans ses cordes, prédit aujourd’hui que la crise sera relativement aisée à contenir et que "le système capitaliste ne va pas disparaître puisqu’il n’y a pas d’alternative".

Il a raison d’accrocher l’une à l’autre les deux propositions car, en effet, elles sont assez solidaires. Et finalement, en tout cas mises dans la bouche de Minc, porteuses d’espoir : car, providence logique, la boussole qui indique le Sud nous donne le Nord du même coup.

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04 Août 2020

     

- Divers Société - By Guinée Nondi, Octobre 21, 2019

Les devoirs du journaliste selon Albert Camus (Archive le monde)

Les “quatre commandements” du manifeste censuré de l’écrivain traversent son oeuvre romanesque et structurent sa réflexion philosophique.

Le manifeste que nous publions a été rédigé par Albert Camus (1913-1960) près de trois mois après le début de la seconde guerre mondiale. Il a alors 26 ans. Non signé, le texte est authentifié. Il est aussi d’actualité. Il pourrait tenir lieu de bréviaire à tous les journalistes et patrons de journaux qui aspirent à maintenir la liberté d’expression dans un pays en guerre ou soumis à la dictature, là où le patriotisme verrouille l’information.

"Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu’un esprit un peu propre accepte d’être malhonnête",

écrit Camus, pour qui résister, c’est d’abord ne pas consentir au mensonge. Il ajoute :

"Un journal libre se mesure autant à ce qu’il dit qu’à ce qu’il ne dit pas.”

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- CLIMAT - Enquête - 3 août 2020 Par Cécile Andrzejewski (Investigate Europe)

Subventions aux énergies fossiles: l’argent sale européen

Les États membres de l’UE continuent de subventionner massivement les énergies fossiles malgré l’affichage de leurs intentions écologistes sur la scène internationale. Plus de 137 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour soutenir la consommation et l’exploration de ces énergies polluantes.

«Les subventions inefficaces accordées aux combustibles fossiles encouragent la surconsommation, restreignent notre sécurité énergétique, font obstacle à l’investissement dans des sources d’énergie propre et portent atteinte aux efforts de lutte contre le changement climatique." La citation ne provient pas d’une récente interview de la militante Greta Thunberg, mais bien d’une déclaration des chefs d’État et de gouvernements à l’issue d’un G20. C’était à Pittsburgh (Pennsylvanie), en 2009.

Parmi les pays signataires, l’Italie, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, qui promettaient "d’éliminer progressivement et de rationaliser à moyen terme les subventions inefficaces aux combustibles fossiles". Cet engagement a été réitéré en 2013 quand le Conseil européen a décidé "l’élimination progressive des subventions préjudiciables à l’environnement ou à l’économie, y compris celles accordées aux combustibles fossiles”.

Rebelote trois ans plus tard, lors du G7, où étaient encore présents l’Italie, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, qui affirmaient : "Nous restons déterminés à éliminer les subventions inefficaces aux combustibles fossiles et encourageons tous les pays à le faire d’ici 2025."

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- 4 août 2020, Par France Nature Environnement - Blog : Le blog de France Nature Environnement

Enfouissement de déchets radioactifs: un schéma qui remet en cause le projet Cigéo

À Bure, l’Andra s’apprête à déposer une demande de "Déclaration d’utilité publique" pour le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs de haute et moyenne activité. Ce projet peut-il réellement être considéré d’"utilité publique" ? France Nature Environnement apporte un élément au dossier et demande à la Ministre de la Transition Écologique de refuser que l’Andra dépose cette demande.

Cigéo, c’est avant tout un projet hors normes, le plus Grand Projet Inutile et Imposé d’Europe

Hors normes par sa taille, puisque pour stocker 99,9 % de la radioactivité totale des déchets nucléaires produits par les centrales françaises, le réseau de galeries ferait 270 km de long : c’est plus que le métro parisien qui s’étend sur 219,9 km. Hors normes aussi par sa durée, certains déchets resteront dangereux durant 100 000 ans ! Il y a 100 000 ans, l'Homme commençait à se déplacer au-delà de l'Afrique. Où serons-nous dans 100 000 ans ? Ou même moins : des archéologues ont récemment découvert une cité datant de moins de 5 000 ans sur le site de Cigéo … qui avait été totalement oubliée.

Qui dit projet hors normes, dit précautions hors normes. Et pourtant. Alors que le projet est à l’étude depuis plus de 15 ans, de nombreux doutes demeurent, notamment sur la géologie du site choisi.

La couche d’argile censée contenir la radioactivité ne serait ni assez homogène, ni assez épaisse

 

l'étude de Jean-Dominique Boutin (PDF)

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03 Août 2020

     

- Scott Ludlam - Published on Thursday 30 Jul 2020

Love letter from 2029: I want you to know we did it, we turned the ship around

❐ In a series that asks writers to imagine a not-too-distant future, Scott Ludlam urges the citizens of 2020 to hold on, keep fighting and look to the margins

Set in 2029, Assembly for the Future – part of Bleed festival – invites thinkers and artists to address an Australian audience in 2020 to let them know what the future holds. These futures may be realistic, idealistic or utterly fanciful; for Scott Ludlam, it is one filled with hope, collaboration and a post-capitalist global uprising, as he imagines a time when ecological catastrophe has been averted, Australia is a renewable continent, and the oldest living culture on earth is the foundation for a movement of justice and peace.

In his letter from the future, Scott Ludlam imagines ‘a post-capitalist uprising, leaderless and somehow everywhere’. Photograph: Jenny Evans/Getty Images

I’m speaking to you from the Sovereign Yuin nation on the south coast of what you’d have called New South Wales. Since the treaty hand-backs started we don’t use that name much any more, and I can’t say anyone misses it.

So you’ve been shifted nine years forward; it’s July 2029; which is not such a huge traverse when you think about it; 3,285 days and nights. And the reason each of you have been brought here will become clearer as we go, but for me it’s really simple: it’s so I can say thank you, deeply, for all of the things you did during those 3,000 days and nights.

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(Johan de Moor, dessinateur belge)

 



     

- Science & Environment - By David Shukman Science editor, 16 July 2020

Climate change: Summers could become 'too hot for humans'

Millions of people around the world could be exposed to dangerous levels of heat stress - a dangerous condition which can cause organs to shut down.

Many live in developing countries, and do jobs that expose them to potentially life threatening conditions. These include being out in the open on farms and building sites or indoors in factories and hospitals.

Global warming will increase the chances of summer conditions that may be "too hot for humans" to work in.

When we caught up with Dr Jimmy Lee, his goggles were steamed up and there was sweat trickling off his neck. An emergency medic, he's labouring in the stifling heat of tropical Singapore to care for patients with Covid-19.

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- 31 juillet 2020, Régis de Castelnau

Arrestation de Soral : pourquoi il ne faut pas jubiler

Comme on est précautionneux, et que l’on n’a pas envie de se fâcher avec tout le monde, on va commencer par confirmer qu’Alain Soral est un personnage totalement exécrable. Aigri, haineux, antisémite, négationniste (pour moi le pire) il coche quand même un maximum de cases. Et lorsqu’il aura débarrassé le plancher on respirera un peu mieux.

Mais,

L’exultation bruyante que l’on entend résonner partout à la suite de son interpellation met quand même un peu mal à l’aise. Entendre acclamer des mesures pénales contre l’expression d’opinions fussent-elles détestables est toujours gênant.

Comme d’habitude on va casser les pieds à tout le monde en rappelant quelques éléments juridiques:

➠ toutes les procédures qui existent jusqu’à présent contre lui relèvent de son expression verbale ou écrite. Et par conséquent de la loi de 1881 sur la presse qui organise en France l’application de la déclaration des droits de l’Homme sur la liberté fondamentale de la libre expression de ses opinions.

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- Par Célia Cuordifede, publié le 30/07/2020

Covid-19 : ces chiffres qui montrent que la France n'est pas prête pour la deuxième vague

Face à une potentielle résurgence de l'épidémie, Emmanuel Macron a estimé, lors de son discours du 14 juillet, que la France serait prête. Néanmoins, les chiffres communiqués à "Marianne" par la Direction générale de la santé et les acteurs de terrain tranchent avec la sérénité du président.

Certains signes n'auront échappé à personne. Comme le port du masque rendu obligatoire dans les lieux publics ou la hausse de 26 % des cas de Covid en l'espace d'une semaine. La France sera-t-elle opérationnelle si l'épidémie prenait à nouveau de l'ampleur ? Question légitime. Car l'histoire retiendra du pic épidémique de mars et avril 2020 une impréparation et une pénurie générale de matériel médical : masques, lits de réanimation, médicaments, tests, respirateurs…

"Oui, nous serons prêts !", a répondu Emmanuel Macron lors de son interview du 14 juillet.

Oui, mais quand ?

"Nous avons à la fois les stocks et les approvisionnements qui sont sécurisés. Et nous avons l 'organisation au plus près du terrain qui permettrait de faire face à une recrudescence, si elle était là", a-t-il ajouté.

Faut-il y voir un optimisme forcené ou un fidèle état des lieux ? Sur le terrain, médecins, infectiologues et biologistes ont un ton bien moins assuré que le président.

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- - Mars 1999, page 28, par Ivan Illich 

Un facteur pathogène prédominant

L’obsession de la santé parfaite

Dans les pays développés, l’obsession de la santé parfaite est devenue un facteur pathogène prédominant. Le système médical, dans un monde imprégné de l’idéal instrumental de la science, crée sans cesse de nouveaux besoins de soins. Mais plus grande est l’offre de santé, plus les gens répondent qu’ils ont des problèmes, des besoins, des maladies. Chacun exige que le progrès mette fin aux souffrances du corps, maintienne le plus longtemps possible la fraîcheur de la jeunesse, et prolonge la vie à l’infini. Ni vieillesse, ni douleur, ni mort. Oubliant ainsi qu’un tel dégoût de l’art de souffrir est la négation même de la condition humaine.

Quand on considère en historien notre médecine, c’est-à-dire la médecine dans le monde occidental, on se tourne inévitablement vers la ville de Bologne, en Italie. C’est dans cette cité que l’ars medendi et curandi s’est séparé, en tant que discipline, de la théologie, de la philosophie et du droit. C’est là que, par le choix d’une petite partie des écrits de Galien, le corps de la médecine a établi sa souveraineté sur un territoire distinct de celui d’Aristote ou de Cicéron. C’est à Bologne que la discipline dont le sujet est la douleur, l’angoisse et la mort a été réintégrée dans le domaine de la sagesse ; et que fut dépassée une fragmentation qui n’a jamais été opérée dans le monde islamique, où le titre de Hakim désigne, tout à la fois, le scientifique, le philosophe et le guérisseur.

Bologne, en donnant l’autonomie universitaire au savoir médical et, de plus, en instituant l’autocritique de sa pratique grâce à la création du protomedicato, a jeté les bases d’une entreprise sociale éminemment ambiguë, une institution qui, progressivement, a fait oublier les limites entre lesquelles il convient d’affronter la souffrance plutôt que de l’éliminer, d’accueillir la mort plutôt que de la repousser.

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02 Août 2020

     

- Written by Amy Goodman, Democracy Now - August 1, 2020

Noam Chomsky: We are racing madly towards total catastrophe under the leadership of sociopathic fanatics

As the U.S. coronavirus death toll tops 150,000, we spend the hour with world-renowned political dissident, linguist and author Noam Chomsky, who says decades of neoliberal policies that shredded the social safety net and public institutions left the country ill-prepared for a major health crisis. “We should understand the roots of this pandemic,” he says.

AMY GOODMAN: This is Democracy Now!, Democracynow.org, The Quarantine Report. I’m Amy Goodman.

❐ The U.S. coronavirus death toll has topped 150,000 on Wednesday, the highest of any nation by far. The hardest hit states per capita are Florida, Louisiana, Arizona, Mississippi, Alabama, Nevada, South Carolina, Texas, Idaho, Tennessee and Georgia, a list that includes all seven of the original Confederate states.

Today we talk about COVID and so much more as we spend the hour with Noam Chomsky, the world-renowned political dissident, linguist and author, Professor Emeritus at the Massachusetts Institute of Technology, where he taught for more than 50 years, now laureate professor in the Department of Linguistics at the University of Arizona. Author of more than 100 books. Professor Chomsky spoke with Democracy Now!’s Nermeen Shaikh and I on Thursday, from his home in Tucson, Arizona about the coronavirus crisis.

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- By Kate Yoder, on July 28, 2020

The surprising reasons why people ignore the facts about climate change

Picture yourself giving nearly the same speech hundreds of times, filled with rock-solid facts, detailed charts, and impassioned moral pleas. Despite years of these efforts, you’re hoarse and exhausted and can’t shake the sense that people still aren’t listening.

“It’s a very hollow feeling,”

Senator Sheldon Whitehouse, a Democrat from Rhode Island, told journalists after giving his 200th speech on climate change on the Senate floor in 2018. He felt like he was talking to an “empty chamber.” His addresses, detailing the rising levels of carbon dioxide in the atmosphere, the climbing costs of floods and wildfires, and the flow of “dark money” to block climate legislation, had become a weekly tradition, but there wasn’t much evidence that the hundreds of hours he spent on them had changed his fellow senators’ minds.

While only a sixth of Americans dismiss the scientific consensus that the planet is heating up, a larger chunk — one-third — still doubt that humans are responsible. Two new studies dig into the reasons why so many people resist accepting the facts on climate change and offer some insight into how to talk to them about our overheating planet in a way that might be more compelling. The takeaway: Evidence alone isn’t enough.

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  - - The Observer Migration - Toby Helm Political editor, Sunday 2 August 2020

Brexit fuels brain drain as skilled Britons head to the EU

A British-German study uncovers huge changes in migration patterns of UK citizens since 2016 referendum

Migration from the UK to remaining EU countries has increased by 30%. Photograph: Danny Lawson/PA

Brexit has sparked an exodus of economically productive people from the UK to European Union nations on a scale that would normally be expected only as a result of a major economic or political crisis, according to a detailed new study.

Using a combination of official statistics across the EU and in-depth interviews with people living in Germany, the study found huge changes in migration patterns of UK citizens since the 2016 referendum, which contrast with largely stable ones among nationals from the 27 EU states remaining in the bloc.

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01 Août 2020

     

- Août 2003, page 28, Jeudi 30 juillet 2020

❐ Avocate opiniâtre, militante anti-coloniale, féministe intransigeante, Gisèle Halimi est décédée ce mardi à Paris. Engagée contre toutes les injustices et les dominations, elle restera dans l’histoire comme une femme libre et courageuse, une des pionnières du féminisme, ne pliant devant aucune autorité. En 2003, elle prenait la plume dans nos colonnes pour la dernière fois afin de défendre la première Enquête sur les violences envers les femmes (Enveff) attaquée de toute part (de Élisabeth Badinter à Alain Minc)… C’était bien avant que l’un de ses trois fils, Serge Halimi, ne devienne directeur du Monde diplomatique.

Le "complot" féministe

par Gisèle Halimi 

Impossible de ne pas l’avoir vu, entendu, lu, remarqué. Feu nourri de toutes parts. Tirs à boulets rouges. La cible ? Le féminisme d’aujourd’hui : "Une escroquerie", une entreprise de "victimisation" des femmes, qui "fragilisent" les hommes, les transforment en "objets" de leurs "nouveaux maîtres", les féministes. Des livres, des manifestes bruyants et un relais hégémonique, obsédant, dans les médias.

Violence subie par les femmes. Nos procureurs en contestent l’importance et l’ampleur. Ils reprochent, en chœur, à la grande Enquête sur les violences envers les femmes en France (Enveff), rendue publique en 2001, de pratiquer l’amalgame entre ses différentes formes. Les auteur(e)s de la première enquête de ce genre en France — des chercheurs — sont accusé(e)s d’avoir recensé, sous la même rubrique de "violences conjugales", les atteintes psychiques et physiques subies. Depuis la violence psychologique jusqu’à la violence sexuelle. Il s’agirait d’un trucage, une volonté d’exiger — indûment ? — protection et réparation, bref une attitude de "victimisation" selon ces censeur(e)s. Avec, comme but (et résultat), d’accabler des innocents : les hommes.

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- by Isabel Wilkerson, published on Tuesday 28 July 2020 - The long read

America's 'untouchables': the silent power of the caste system

We cannot fully understand the current upheavals, or almost any turning point in American history, without accounting for the human pyramid that is encrypted into us all: the caste system. By Isabel Wilkerson

A demonstrator next to a fence bearing names of black people killed by police, Washington DC, June 2020. Photograph: Olivier Douliery/AFP/Getty Images

In the winter of 1959, after leading the Montgomery bus boycott that arose from the arrest of Rosa Parks and before the trials and triumphs to come, Martin Luther King Jr and his wife, Coretta, landed in India, at Palam Airport in New Delhi , to visit the land of Mohandas K Gandhi, the father of nonviolent protest. They were covered in garlands upon arrival, and King told reporters:

“To other countries, I may go as a tourist, but to India I come as a pilgrim.”

He had long dreamed of going to India, and they stayed an entire month. King wanted to see for himself the place whose fight for freedom from British rule had inspired his fight for justice in America. He wanted to see the so-called “untouchables”, the lowest caste in the ancient Indian caste system, whom he had read about and had sympathy for, but who had still been left behind after India gained its independence the decade before.

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  - both sides now - By Joseph Winters, on July 28, 2020

The curse of ‘both-sidesism’: How climate denial skewed media coverage for 30 years

Ever wonder why Americans have been so slow to support climate action? A new study lays some of the blame on media bias —for 30 years, three of the country’s most influential sources of news gave too much credence to arguments that the world shouldn’t take decisive action to mitigate climate change.

“Opponents of climate action have been given an outsize opportunity to sway this debate,” said Rachel Wetts, the author of the study.

Her results were published Monday in the Proceedings of the National Academy of Sciences.

Wetts analyzed 1,768 press releases from business, government, and social advocacy organizations from 1985 to 2013, categorizing them by their stance on climate action. She then ran the press releases through plagiarism detection software to see how often they were featured in the country’s largest-circulation newspapers: The New York Times, The Wall Street Journal, and USA Today.

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- Édition : Des livres et nous - Par Syrine KRICHEN, 1 août 2020

Chomsky: la fabrication du consentement, de la propagande médiatique en démocratie

Noam Chomsky est avant tout un savant, un linguiste qui pense le politique et propose une modélisation des systèmes de propagande avec en focus les intarissables discours des politiques qui partent souvent de A, bifurquent vers R et arrivent enfin à Z.

Noam Chomsky est avant tout un savant, un linguiste qui pense le politique et propose une modélisation des systèmes de propagande avec en focus les intarissables discours des politiques qui partent souvent de A, bifurquent vers R et arrivent enfin à Z. Avec Chomsky et Edward S. Herman, dans cette Fabrique du Consentement, il ne s’agit pas de décortiquer seulement une novlangue : cette langue créée par l’écrivain George Orwell avec son vocabulaire, sa grammaire neuve, codée, simplifiée et véhiculée par le pouvoir afin de manipulations des peuples, pour Chomsky il nous faut réfléchir tout autant sur une langue archétype qui constamment mute, permute comme cet outil social manifeste qui permit aux premiers chasseurs cueilleurs de se dépasser et de devenir des hommes parlants. 

Dans la Fabrique du consentement, l’année 1986 est une année de référence : ainsi, à cette date étaient répertoriés 5000 langues et dialectes dont 847 étaient d’origines indiennes, toujours en 1986 un programme de désinformation sous le gouvernement de Reagan circulait afin de déstabiliser le Colonel Khadafi et la Lybie, en 1986 toujours les Etats-Unis comptaient 84 800 000 téléviseurs, en 2010 et 2011 le nombre de récepteurs était de 115 millions, sans compter les écrans des smartphones.

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