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dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 943 communes s'opposent au 'Linky'

 

 

 


31 Août 2020

      

- Éducation - par Nolwenn Weiler, 31 août 2020

École à distance : "Les enfants des milieux populaires seront perdants, et ne seront pas les seuls"

Va-t-on assister à la fin de l’école, avec le développement des enseignements à distance différenciés selon les élèves ? Plusieurs enseignants, chercheurs et syndicalistes redoutent un abandon des enfants les moins favorisés.

"Une réussite."

C’est ainsi que le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a qualifié l’enseignement à distance peu avant la fin du confinement. La réalité vécue à hauteur d’enseignant, et d’élève, était moins idyllique…

"Certains de mes étudiants étaient dans leur salle de bain pour les visioconférences, parce que c’était la seule pièce calme de la maison”, rapporte Guillaume Sabin, enseignant en sociologie à l’université de Rennes I. “D’autres n’avaient pas de connexion et écoutaient les cours via le téléphone qu’un ami posait près de son ordinateur."

Dans les quartiers populaires, certains enfants n’avaient qu’un smartphone pour trois, ou quatre, et pas d’imprimante.

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- Reportage - 31 août 2020 / Héloïse Leussier et Karoll Petit (Reporterre)

Le festival Zadenvies relance les luttes pour l’écologie et contre la 5G

Le festival Zadenvies a rassemblé plusieurs centaines de personnes à la Zad de Notre-Dame-des-Landes les 29 et 30 août. Un événement à la programmation riche, qui a permis d’échanger sur des thématiques telles que le vivant, les nouvelles technologies ou l’exil, et d’esquisser les contours d’un monde post-confinement. En rassemblant les énergies pour les luttes à venir.

Zad de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage - La Zad de Notre-Dame-Des-Landes est toujours bien vivante. Plus d’une centaine de personnes s’y investissent au quotidien, dans différents lieux de vie et projets autour du maraîchage, de la construction, de la forêt, et bien d’autres activités, sur une trentaine d’hectares. Une expérience assez unique en France, de par son histoire et par sa taille, qui attire et inspire de nombreux curieux et militants. Certains ont profité du festival Zadenvies, du vendredi 28 août au dimanche 30 août, pour venir découvrir ou re-découvrir le lieu et les idées qui l’animent. Mais ce fut aussi et surtout l’occasion de prendre part à d’intenses discussions, pour préparer les luttes des prochains mois, bientôt au-delà de la Zad.

Soutiens historiques de la lutte contre l’aéroport, étudiants issus des mouvements pour le climat, militants investis dans des luttes locales partout en France, sympathisants des environs, militants venus de l’étranger... les profils des participants étaient variés. Tout comme les thématiques abordées durant ces deux jours de festival. On a parlé de rapport au vivant, de féminisme, de travail, d’habitat léger, de numérique, d’énergie, des quartiers populaires ou encore de l’accueil des étrangers. Un programme intense, qui suivait la non-moins riche programmation des Rencontres Intergalactiques, consacrées aux soulèvements survenus dans le monde entier au cours des derniers mois, également organisées à la Zad, du 24 au 28 août.

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- l'interview donnée par Philippe Descola le 1er Fevrier 2020

 

 

 


      

- Sciences - Antonio Fischetti, Mis en ligne le 28 août 2020 · Paru dans l'édition 1466 du 26 août

Étienne Klein, philosophe des sciences : “Si un chercheur honnête dit "je ne sais pas" à la télé, on ne va pas le réinviter"

❐ Étienne Klein est philosophe des sciences, directeur de recherche au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et producteur de l'émission La Conversation scientifique, sur France Culture. Il vient de publier Le Goût du vrai, aux éditions Gallimard, dans la collection "Tracts". En ces temps de pandémie, il a un regard original et extrêmement salutaire sur la notion de réalité, le pouvoir des pseudo-experts et la façon de lutter contre les fake news.

Charlie Hebdo : La question du vrai et du faux est un thème récurrent pour un philosophe des sciences. Mais a-t-elle pris une résonance particulière avec la pandémie de Covid ?

☛ Étienne Klein : Oui, et c’est ce qui m’a incité à publier ce livre. J’avais été agacé par ces gens qui disaient "je ne suis pas médecin, mais je pense que…".

On voyait des personnes affirmer leur incompétence, ce qui est honnête de leur part, mais, une fois cette incompétence assumée, elles donnaient des leçons. Et il y a eu ce fameux sondage du 5 avril selon lequel 80 % des personnes interrogées avaient un avis sur le traitement contre le Covid. À ma connaissance, c’est la première fois qu’on demande aux gens de décider si un médicament est bon ou mauvais, indépendamment des études qui ont été faites !

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- Pascaline Minet, Fabien Goubet, Etienne Meyer-Vacherand, publié dimanche 30 août 2020 - Covid-19

Cinq mois de recherche sur le coronavirus: beaucoup de nouveautés, et encore plus d’inconnues

"Le Temps" avait dénombré en avril au moins dix grandes énigmes scientifiques au sujet de l’épidémie de Covid-19. Alors que l’hiver redouté approche, la recherche a-t-elle progressé?

La plupart des experts estiment que le virus provient d’une espèce de chauve-souris issue de la province du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. — © South Agency via Getty Images

Le Temps faisait récemment le point sur les dix grandes énigmes scientifiques à résoudre au sujet du Covid-19.

C’était en avril, autrement dit il y a un siècle. 

Cinq mois après, qu’a-t-on appris sur ces énigmes fondamentales? Les scientifiques ont continué à assembler les pièces du puzzle et y voient désormais plus clair… bien que l’image finale leur échappe encore.

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- Médias - Hala OUKILI @imamette, 29 août 2020

Obono: l’effet boomerang - Ne me demandez pas de prendre parti!

Une fiction publiée par l’hebdomadaire Valeurs actuelles présente la députée d’extrême gauche Danièle Obono en esclave. Faut-il s’en indigner ?

Rien à secouer d’Obono et rien à secouer de Valeurs.

Je ne mettrai pas un genou à terre comme trop le font. Je ne suis pas responsable et je ne serai pas, plus, prise en tenaille, la fameuse tenaille identitaire…

J’ai lu le dernier numéro de Valeurs Actuelles et la fiction de Harpalus. L’avez-vous lue ? Tout le monde parle d’un “torchon”.

L’auteur a romancé les thèses indigénistes, appliqué leur doctrine à la lettre ainsi que leur représentation de l’histoire coloniale et celle de l’esclavage. Il a mis une militante indigéniste qui se rêve descendante d’esclaves et victime d’un racisme d’état "systémique" au centre de tout ça. C’est tout.

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- 30 août 2020, Par Loïc Céry, Blog : Le Blog de Loïc CÉRY

Du "corps-esclave": ce que Toni Morrison nous dit de Danièle Obono

Les attaques racistes subies par Danièle Obono de la part de "Valeurs actuelles" disent un point de non-retour. Elles expriment une attaque envers l'ensemble du corps social. Il faut relire Toni Morrison, dans l'urgence où nous nous trouvons collectivement contre le racisme.

Les attaques racistes dont vient d’être victime Danièle Obono de la part de Valeurs actuelles trouvent un éclairage vif et singulier dans les mots de Toni Morrison (Prix Nobel de littérature en 1993), lors d’une conférence prononcée à l’université de Toronto en mai 2002.

Dans ce texte intitulé "Le corps-esclave et le corps noir" (édité en traduction française chez Christian Bourgois en 2019, extrait de La source de l’amour-propre. Essais choisis, discours et méditations), la romancière américaine distingue l’une des particularités irréductibles du racisme construit à l’endroit du corps noir, menacé d’être rappelé au souvenir traumatique de l’esclavage, dans un espace public traversé par la phraséologie raciste et par un imaginaire racial attaché au poids du passé esclavagiste :

 "Ce que l’esclavage du Nouveau Monde a de “particulier”, ce n’est pas son existence, mais sa transformation en ténacité du racisme. Le déshonneur associé au fait d’avoir été asservi ne condamne pas inévitablement les héritiers de l’esclave à la diffamation, à la diabolisation, ni à la crucifixion. Ce qui entretient ces dernières, c’est le racisme. L’essentiel de ce qui a rendu exceptionnel l’esclavage du Nouveau Monde, c’étaient les signes raciaux grandement identifiables de sa population, parmi lesquels la couleur de peau, surtout mais pas exclusivement, a entravé la capacité des générations ultérieures à se fondre dans la population non asservie. Pour elles, il n’y avait quasiment aucune chance de se cacher, de se déguiser, ni d’échapper à l’ancien statut d’esclave, car une visibilité marquée a mis en oeuvre la division entre ceux qui avaient été esclaves et les autres (bien que l’Histoire brave cette distinction), et conforté la hiérarchie des races. Par conséquent, l’aisance avec laquelle on est passé du déshonneur associé au corps-esclave jusqu’au mépris dans lequel on a tenu le corps noir libéré est elle aussi devenue d’une fluidité quasi-totale, car les années intermédiaires de l’époque des Lumières ont connu un mariage de l’esthétique et de la science, ainsi qu’un mouvement vers une blancheur transcendante." (p. 105)

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30 Août 2020

      

- - Philip Oltermann in Berlin, Sunday 30 August 2020

How Angela Merkel’s great migrant gamble paid off

Five years ago, as more and more refugees crossed into Europe, Germany’s chancellor proclaimed, ‘We’ll manage this.’ Critics said it was her great mistake – but she has been proved right

Mohammad Hallak found the key to unlock the mysteries of his new homeland when he realised you could switch the subtitles on your Netflix account to German. The 21-year-old Syrian from Aleppo jotted down words he didn’t know, increased his vocabulary and quickly became fluent. Last year, he passed his end of high school exams with a grade of 1.5, the top mark in his year group.

Five years to the month after arriving in Germany as an unaccompanied minor, Hallak is now in his third term studying computer science at the Westphalian University of Applied Sciences and harbours an aspiration to become an IT entrepreneur.

“Germany was always my goal”, he says, in the mumbled sing-song of the Ruhr valley dialect. “I’ve always had a funny feeling that I belong here.”

Hallak, an exceptionally motivated student with high social aptitude, is not representative of all the 1.7 million people who applied for asylum in Germany between 2015 and 2019, making it the country with the second highest population of refugees in the world. Some of those with whom he trekked through Turkey and across the Mediterranean, he says, haven’t picked up more than a few words and “just chill”.

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- CharlElie Couture - 29 Août 2020

Non, mais attends, ça va pas ??? Les touristes à peine repartis qu’une décision aussi soudaine qu'inopinée impose désormais le port du masque dans toute la capitale. Pas de véritable explication mais précisons cependant que la contrainte ne s'applique pas aux gens assis, elle l'est par contre si l'on est debout.

Comprenne qui peut.

De même qu'en vélo, en trottinette, en roller, en scooter et même en moto. Mais attends, ce sont ceux qui promulguent ce genre de décret qu’il faut interner! Ils deviennent complètement mabouls, cinglés, cinoques, marbrés, marteaux, timbrés, zinzins, toc-tocs.

On marche sur la tête !

Absurde, grotesque, surréaliste, ubuesque, débile, on croyait avoir utilisé tous les mots, mais abracadabrantesque ne suffirait pas, pour décrire ces ordonnances stupides, inventées par des crétins ayant soif de Pouvoir. C'est d'eux qu'il faut nous protéger, oh mon D.

Non contents d’avoir prédit durant tout l’été de façon épouvantable (en jouant l’épouvante), une seconde vague qui n’est jamais arrivée (heureusement), vexés qu’on ne les ait pas écoutés, ils en remettent une couche pour bien faire savoir qu’ILS sont là et qu’ILS nous écrasent de leur autorité insupportable.

Non contents d’avoir interdit à Paris l’accès aux voitures d’une centaine de rues d’école pour “cause de pollution”, (ou je ne sais quel prétexte incompréhensible), ils décident donc de nous mettre la pression en asphyxiant le peu qui nous restait de Liberté. J'ai beau réfléchir, je ne trouve pas à quoi, ni à qui peut profiter, voire même être utile une telle mesure coercitive?

Masque obligatoire dans tout Paris et même pour les motards ! Quoi, même sous le masque ??? Ça n’a aucun sens.

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29 Août 2020

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      

- Accueil > Tribune > 29 août 2020 / Un collectif d’enseignants de l’Enseignement agricole public

À l’école de la nature, les vies s’épanouissent

À l’heure de la rentrée des classes et alors que l’épidémie de Covid-19 reprend, les autrices et auteurs de cette tribune mettent en avant les multiples enseignements que procure la nature « charnellement vécue ». Une pédagogie à mille lieues de celle promouvant le numérique.

❐ La liste des membres du collectif d’enseignants de l’Enseignement agricole public signataires de cette tribune est à la fin du texte.

Nous sommes un collectif d’enseignants de l’Enseignement agricole public. Au cours de la période de confinement liée à l’épidémie de Covid-19, nous avons dû essayer tant bien que mal d’assurer une continuité pédagogique à distance par le recours aux outils numériques. L’usage de ces derniers a ainsi été promu à grande échelle, certainement avec la vocation d’être poursuivi et amplifié.

Comme beaucoup, nous avons pu éprouver les limites de cette solution : son accès technodépendant socialement et économiquement inégalitaire, sa consommation d’énergie, sa menace pour la vie privée et les données personnelles, sa contention statique du corps, son inconfort visuel et même douloureux, sa dimension virtuelle et théorique, son caractère antinaturel, entre autres. Cette orientation abstraite de l’école ne nous convainc pas, ne correspond pas à un projet pédagogique que nous souhaitons tout au contraire incarné dans des situations d’apprentissage au moyen d’un corps humain impliqué, engagé, partie prenante, moteur et vecteur premier de sensations et d’émotions parcourues, charnellement vécues.

Nous nous interrogeons et nous inquiétons sur l’évolution de notre métier d’enseignant à l’avenir, sur ce qu’il deviendra demain dans cette école numérique et connectée, qui semble devenir dorénavant le standard exclusif, la norme définitive. Nous éprouvons un manque cruel de réel, de concret, de sensible. De nature.

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- Accueil > Entretien > 28 août 2020 / Entretien avec Jean-Baptiste Filippi

"Les mégafeux deviennent de plus en plus intenses, fréquents et redoutables"

Californie, Brésil, Argentine… les ravages des feux battent de nouveaux records du fait du changement climatique : températures élevées et sécheresse. En brûlant, les forêts accentuent encore le réchauffement mondial en émettant du CO2 et en réduisant leur capacité à absorber les gaz à effet de serre, comme l’explique Jean-Baptiste Filippi dans cet entretien.

❐ Jean-Baptiste Filippi est chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et membre du laboratoire Sciences pour l’environnement de l’Université de Corse. Il est le coordinateur du programme FireCaster, qui crée des outils numériques de prévision des feux de forêt.

Reporterre — Ces derniers mois, une myriade de feux ont été observés à travers le monde. Un arbre sur cinq est parti en fumée et trois milliards d’animaux ont été victimes des flammes en Australie. En avril, des feux ont dévasté 20 % de la forêt dans le nord de la Thaïlande. Actuellement, le delta du Paraná, en Argentine, la zone humide du Pantanal, au Brésil, la Californie, ou encore le sud de la France sont en proie aux flammes. 2020 est-elle une année exceptionnelle en matière d’incendies ?

Jean-Baptiste Filippi — Au niveau mondial, il est encore difficile de le chiffrer, mais nous observons effectivement des feux d’une intensité monumentale. [Une étude du WWF et du Boston Consulting Group (BCG), parue le jeudi 27 août, après la réalisation de cet entretien, montre que le nombre d’incendies de forêt dans le monde a augmenté de 13 % au cours du premier trimestre 2020 par rapport à 2019, qui était déjà une année record.] Ce qui se passe en ce moment en Californie ou au Paraná est vraiment exceptionnel. En Californie, les deux foyers d’incendie qui sévissent en ce moment sont chacun aussi grands que le plus grand incendie que l’État ait jamais connu. Les mégafeux qui ont frappé l’Australie, ou encore l’Amazonie un peu plus tôt, ont battu tous les records en matière de superficie et d’émissions de CO2.

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- Accueil > Info > 28 août 2020 / Fabien Palem (Reporterre)

En Argentine, sécheresse et agrobusiness incendient les forêts

Malgré l’hiver austral, l’Argentine brûle. La région de Córdoba lutte contre de multiples foyers d’incendie, les rives du delta du Paraná se consument depuis le début du mois. La sécheresse est en cause, mais l’origine humaine des feux éveille les préoccupations de l’opinion publique.

Buenos Aires (Argentine), correspondance - Depuis une dizaine de jours, un gros rectangle rouge relie la cordillère des Andes à l’océan Atlantique. Une somme de petits points collés les uns aux autres et qui recouvrent tout le tiers nord du territoire argentin. La carte des incendies en cours dans le pays sud-américain, à consulter au jour le jour sur le site de la Nasa, est pour le moins préoccupante. Les zones en proie aux flammes dépassent actuellement les 100.000 hectares dans le pays, surtout dans les provinces de Córdoba, la région du delta du Paraná et la province du Chaco.

Le résultat du drame écologique en cours est visible jusqu’aux centres villes des deuxième et troisième plus grandes urbanisations du pays, juste après Buenos Aires. Córdoba (centre-nord) et Rosario (centre-est), qui dépassent chacune le million d’habitants, baignent dans un imposant nuage de fumée.

Mercredi 26 août, la situation dans la province de Córdoba n’était pas encore sous contrôle. Environ 300 pompiers restaient mobilisés sur le terrain, déployés sur une demi-douzaine de foyers. Ceux-ci sont situés dans les touristiques sierras (montagnes) de Córdoba, au nord et à l’ouest de la capitale provinciale, notamment entre la commune de Cosquín et la vallée de Punilla, où quelque 250 personnes avaient été évacuées la veille, selon la presse locale.

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- Daniel Gerszon Mahler, Christoph Lakner, R. Andres Castaneda Aguila, Haoyu W, |08 juin 2020

Actualisation des estimations de l'impact de la pandémie de COVID-19 sur la pauvreté

En avril, nous estimions que la pandémie de COVID-19 entraînerait entre 40 et 60 millions de personnes dans l'extrême pauvreté. Depuis, son épicentre s'est déplacé de l'Europe et l'Amérique du Nord vers l'hémisphère Sud. Le nombre des décès a augmenté dans les pays à revenu faible et intermédiaire, les mesures de confinement ont été prolongées et le coût économique de la crise sanitaire s'est alourdi. En conséquence, nous avons revu à la hausse nos estimations sur l'impact du coronavirus sur la pauvreté dans le monde. 

Ces nouvelles projections se fondent sur les dernières prévisions de croissance publiées dans l'édition de juin des Perspectives économiques mondiales, qui proposent deux scénarios : un scénario de base et un scénario pessimiste. À notre tour, nous retenons ces deux hypothèses appliquées à l'impact possible de la pandémie sur la pauvreté. Le scénario de base suppose que l'épidémie se maintiendra aux niveaux envisagés aujourd'hui et que l'activité reprendra plus tard dans l'année. Selon le scénario pessimiste au contraire, la crise sanitaire persistera plus longtemps qu’anticipé, obligeant les pays à maintenir ou à réintroduire des mesures de confinement. Si l'hypothèse pessimiste se concrétisait, les entreprises fragiles disparaîtraient du marché, les ménages vulnérables réduiraient fortement leur consommation et plusieurs pays à revenu faible et intermédiaire connaîtraient de graves tensions financières. Le scénario de base prévoit une contraction de la croissance mondiale d'environ 5 % en 2020, un recul qui atteindrait 8 % dans l'hypothèse pessimiste. 

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28 Août 2020

      

- ESSAIS - Entretien - 27 août 2020 Par Joseph Confavreux

"Le virus risque de permettre au néolibéralisme de se réinventer"

Dans son dernier livre, la philosophe Barbara Stiegler décrit son "basculement dans l’action" et propose des pistes pour se sortir des rets d’un néolibéralisme dont le grand récit, forgé à partir d’une lecture tronquée de la révolution darwinienne, continue de nous entraver. Entretien.

Dans cette rentrée incertaine, l’exécutif tient le cap de politiques scolaires, économiques ou hospitalières inchangées par rapport aux dogmes antérieurs, montrant que la promesse de "réinvention" n’est guère qu’une reformulation de la mise en demeure permanente à "s’adapter".

❐ Barbara Stiegler, professeure de philosophie à l’université Bordeaux-Montaigne, avait fait la généalogie de cette injonction dans son ouvrage publié l’an dernier chez Gallimard, intitulé "Il faut s’adapter". Sur un nouvel impératif politique, et consacré aux liens originels et oubliés entre le néolibéralisme et la révolution darwinienne.

Elle publie aujourd’hui chez Verdier un nouveau livre intitulé "Du cap aux grèves". Récit d’une mobilisation. 17 novembre 2018-17 mars 2020, dans lequel elle décrit, de l’irruption des "gilets jaunes" à la mobilisation pour les retraites, son "basculement dans l’action" et sa rupture avec des habitudes d’auteure et de chercheuse dont les "mains fines ne se compromettent ni dans les lourdes tâches du monde matériel, ni dans la dureté des luttes". Elle propose notamment, pour lutter contre la poursuite du cap néolibéral, de "réinventer nos grèves" et de "miniaturiser les luttes".

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27 Août 2020

      

- Accueil > Alternatives > 27 août 2020 / Matthieu Jublin (Reporterre)

Des jeunes ingénieurs en quête de sens promeuvent les technologies douces

S’approprier des techniques écologiques grâce à des ateliers, voilà l’ambition de la deuxième édition de la Semaine des alternatives et des low-tech (Salt). Le camp a réuni une quarantaine de participants — Covid oblige — et a contribué à la structuration du mouvement des technologies sobres.

Celle-Lévescault et Lusignan (Vienne), reportage - "J’ai une bonne nouvelle : la grelinette a bien avancé !" Assise en cercle sur des bottes de paille, non loin des tentes, l’assistance applaudit. La journée de mercredi a été productive et le soleil est revenu au-dessus de la Laudonnière. C’est ici, dans ce lieu-dit à 20 kilomètres au sud de Poitiers (Vienne), qu’a eu lieu du 17 au 23 août la deuxième édition de la Semaine des alternatives et des low-tech (Salt). La grelinette ? L’outil low tech par excellence : une large bêche équipée de deux manches, sur laquelle on monte pour soulever la terre par effet de levier, afin de l’ameublir en profondeur sans la retourner ni la brasser, préservant ainsi la vie du sol. Le tout sans utiliser d’énergie fossile.

Simple, efficace, économique : la grelinette incarne l’esprit des low tech, ces techniques accessibles et résilientes popularisées par l’ingénieur Philippe Bihouix. Pensées en opposition à la fuite en avant high tech et à la crise écologique, les technologies douces ne s’apprennent pourtant pas toutes seules. C’est pourquoi le collectif Ingénieurs engagés et l’association OseOns (Our shared energies, Our network solutions) ont lancé en 2019 la première Salt, réunissant pendant une semaine une soixantaine de participants et de formateurs autour d’ateliers pédagogiques. Ils ont choisi le site bucolique de la Laudonnière, un écolieu appartenant à Guillaume Augais, ingénieur et fondateur d’un cabinet de conseil en agroécologie ainsi que du premier fonds de dotation spécialisé dans les low tech.

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- Accueil - Vox - Vox Politique - Par Jean-Paul Brighelli, 27 Août 2020

Jean-Paul Brighelli: “Comment peut-on enseigner avec un masque?”

FIGAROVOX/HUMEUR - Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a finalement annoncé que l’obligation de porter le masque concerne tous les enseignants, y compris en maternelle. Les relations entre les élèves et leur professeur s’en trouveront affaiblis regrette l’enseignant et essayiste Jean-Paul Brighelli.

Agrégé de Lettres modernes, ancien élève de l’École normale supérieure de Saint- Cloud, Jean-Paul Brighelli est enseignant à Marseille, essayiste et spécialiste des questions d’éducation. Il est l’auteur de La fabrique du crétin (éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2005) et de Voltaire ou le Jihad, le suicide de la culture occidentale (éd. de l’Archipel, 2015).

Peut-être vous rappelez-vous les travaux de Gregory Bateson et de l’École de Palo-Alto, qui ont renouvelé grandement la théorie de la communication. Ils ont fait émerger la notion de double bind, la double contrainte — même si la traduction française évacue le nœud qui était central dans l’expression américaine. C’est bien dommage, parce que la double contrainte est au cœur des processus tragiques: si Phèdre parle, elle meurt, et si elle ne parle pas, elle meurt. Ou, si l’on préfère un exemple moins dramatique, c’est ce qui arrive à ce légionnaire romain sommé, dans Astérix en Corse, de dire que la sœur du chef corse lui plaît (et alors on le tue) ou qu’elle ne lui plaît pas — et alors on le tue.

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- Société - Publié le 27/08/2020, Natacha Polony, Directrice de la rédaction

Professeurs, pour nous tous, retrouvez votre fierté!

"La France paye aujourd'hui l'abandon de son école. Elle le paye économiquement, elle qui ne peut plus se prétendre une nation d'ingénieurs et de techniciens. (...) Professeurs, nous avons besoin que vous retrouviez cette fierté d'oeuvrer pour la nation, et en particulier pour ses enfants les plus fragiles", argumente Natacha Polony.

La rentrée scolaire, on l'a bien compris, c'est l'enjeu du moment. Emmanuel Macron décide de décaler l'annonce du plan de relance parce que l'économie, le chômage de masse, les dépôts de bilan, la désindustrialisation, ça peut attendre : les parents d'élèves ont peur. La rentrée scolaire est au cœur des préoccupations, mais on a de plus en plus l'impression que l'école, en revanche, est le cadet de leurs soucis. Pouvoirs publics, politiques de tous bords, syndicats enseignants et fédérations de parents… l'école, ça ne leur dit rien. Ah ! Si, ce lieu où les enfants se font des copains pendant que leurs parents travaillent…

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26 Août 2020

      

- ESSAIS - Entretien - 25 août 2020 Par Joseph Confavreux

Hartmut Rosa: "Nous sommes devant une occasion rare de décélérer"

Pour le sociologue et philosophe allemand, la brèche ouverte par le coronavirus, après des siècles d’accélération de nos vies et des décennies de sentiment d’impuissance politique, peut laisser espérer une véritable bifurcation.

Le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa enseigne à l’université Friedrich Schiller de Iéna. Il s’est fait connaître avec son ouvrage intitulé Accélération. Une critique sociale du temps, initialement publié en 2004 et traduit en français en 2010 par les éditions La Découverte. Depuis, il réfléchit aux façons de se déprendre des aliénations contemporaines, ce qui a donné lieu, en 2018, à un imposant ouvrage intitulé Résonance : une sociologie de la relation au monde, et, au début de cette année, à un livre intitulé Rendre le monde indisponible. Pour Mediapart, il revient sur le moment de décélération lié au coronavirus et la question de savoir si cela peut produire une véritable bifurcation politique.

Comment le penseur de l’accélération que vous êtes a-t-il vécu ce moment de décélération mondiale ?

En général, je voyage souvent et je devais me rendre à Los Angeles au début du mois de mars mais je suis finalement resté cinq mois dans mon village de la Forêt-Noire. Une expérience inédite qui a modifié ma perception de l’espace comme du temps. J’avais ainsi l’impression de voir à l’œuvre ce que j’analyse dans mon dernier livre : comment on a voulu rendre le monde disponible partout et tout le temps, et comment il peut soudain devenir indisponible.

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- par Michaël Foessel, août/sept. 2011 - #Philosophie

Des manières de sortir de la philosophie. Derrida, Lévi-Strauss et les ambiguïtés du sens

Vis-à-vis de sa formation philosophique, le choix de l’ethnologie décide une rupture dans le parcours de Claude Lévi-Strauss. Mais comment sort-on de la philosophie ? Telle est la question adressée par Derrida, qui développe lui-même une critique de la tradition métaphysique. En quoi ce débat qui a marqué les années 1960 nourrit-il encore nos réflexions sur les rapports entre philosophie et sciences humaines et sur le rôle de la philosophie dans la société ?

“Le passage au-delà de la philosophie ne consiste pas à tourner la page de la philosophie (ce qui revient le plus souvent à mal philosopher), mais à continuer à lire d’une certaine manière les philosophes.” - Jacques Derrida, l’Écriture et la différence, Paris, Le Seuil, 1967.

En France, les années 1960 sont marquées, à la fois, par une véritable passion théorique et par une défiance à peu près universelle à l’égard de la philosophie. Les grands noms qui scandent la production intellectuelle de cette décennie suscitent la nostalgie des philosophes d’aujourd’hui. Il est pourtant un point sur lequel les auteurs de cette époque s’accordent presque tous : le rejet de la métaphysique entendue comme discipline autonome tant sur le plan académique que sur celui des procédures argumentatives. Que la critique s’énonce au nom de la "science" (Althusser), de la "généalogie" (Foucault), de la langue (Benvéniste) ou du savoir sociologique (Bourdieu), la philosophie apparaît à ces penseurs comme un discours anachronique et illusoire dont les prémisses sont incompatibles avec une remise en cause radicale des prétentions de la subjectivité.

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- Accueil > Tribune > 26 août 2020 / Bruno Dalpra

La construction du GCO, n’en déplaise à Vinci, est un désastre écologique

Le groupe Vinci défend régulièrement dans les médias l’attention qu’il porte aux enjeux sociaux et environnementaux. Les propos tenus par le patron de la société de BTP début juin ont fait réagir l’auteur de cette tribune, qui démontre que le chantier du grand contournement ouest de Strasbourg n’a rien d’une autoroute verte.

Bruno Dalpra est membre de l’association GCO Non merci.

L’entreprise Vinci est souvent dénoncée sur ses méthodes d’obtention des marchés du BTP. Position partisane ou non, il existe des récits qui mettent le groupe devant ses contradictions comme : « Les dix casseroles de Vinci, bétonneur de Notre-Dame-des-Landes » (Reporterre) — ou encore « Le soleil ne se couche jamais sur l’empire Vinci » (Le Monde diplomatique).

Pour défendre son entreprise, Xavier Huillard, son PDG, comme d’autres dirigeants des filiales du groupe dans lesquelles on retrouve Vinci Autoroute, use de la communication au travers des médias afin de la « verdir » et la présenter comme vertueuse, soucieuse des enjeux sociaux et environnementaux. Du greenwashing [écoblanchiment] avec comme vitrine morale au grand public : la fondation Vinci.

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- France - Enquête - 25 août 2020 Par Antton Rouget

Harcèlement: la justice en difficulté pour gérer ses propres affaires

Alors qu’elle cherche à regagner la confiance des citoyens, la justice est elle-même en difficulté pour gérer plusieurs situations de harcèlement en son sein. Quatre affaires différentes montrent que ses procédures internes sont inadaptées, sa culture administrative dépassée, et les victimes déclarées peu écoutées.

Comment la justice peut-elle regagner la confiance des citoyens, quand elle peine elle-même à protéger ses propres agents ? Dans quatre services différents du ministère de la justice, des affaires de harcèlement (moral ou sexuel) empoisonnent la vie de magistrates et greffières ces derniers mois. Par manque de procédures internes efficaces, absence de culture administrative sur ces questions, voire par ignorance des règles de droit, l’institution judiciaire peine à régler sereinement ces situations, ainsi que Mediapart l’a retracé.

La première affaire provoque depuis plusieurs mois un profond émoi dans l’une des juridictions les plus réputées de France : le Parquet national financier (PNF), qui traverse déjà la période la plus difficile depuis sa création en 2014 (lire ici ou là).

Nommé en octobre 2019 en remplacement d’Éliane Houlette dans un contexte tendu (lire ici), le nouveau patron du PNF, le magistrat Jean-François Bohnert, n’a pas réussi à rétablir confiance et sérénité dans ses équipes. Et pour cause : outre les conditions de sa nomination (lire ici), il s’est vu reprocher, dès son arrivée, plusieurs erreurs dans la gestion d’une affaire de harcèlement sexuel présumé.
À la suite d'une alerte interne, le procureur financier reçoit coup sur coup dans son bureau une magistrate (le 8 novembre) et une greffière (le 13 novembre) du PNF. Les deux femmes dénoncent le comportement d’un de leur collègue, un magistrat très en vue qui vient d’enchaîner des succès retentissants.

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25 Août 2020

      

- Accueil > Édito > 25 août 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)

Ce que cache le masque

Porter le masque, d’accord. Mais la précaution rigoureuse qui s’applique au Covid devrait aussi se déployer pour d’autres maux tout aussi néfastes.

De la campagne où, je l’avoue, j’ai passé de délicieuses vacances, on observait depuis deux semaines une étrange obsession urbaine : dans la confusion de spécialistes pas vraiment unanimes et de dirigeants manifestement ignorants de toute biologie, on comprenait que la pandémie était aux portes et qu’il fallait porter le masque en tout temps et en tout lieu. Et me voici dans la métropole où le brouhaha mascophile ne cesse pas.

Loin de moi l’envie de minorer la gravité du Covid-19.

Loin de moi l’intention de tirer la moindre conclusion du fait qu’il serait utile de rapporter les quelque onze morts qu’a provoqués quotidiennement cette maladie en août aux 1.676 morts de toutes causes qui surviennent en moyenne chaque jour.

Loin de moi l’idée de suggérer qu’il pourrait y avoir une disproportion entre les remèdes imposés par les autorités dans une ambiance étonnamment anxiogène et la réalité du mal.

Parce qu’en fait, je n’en sais pas assez pour juger, et que la prudence continue à rester l’option la plus raisonnable pour l’instant. Donc portons un masque quelque temps.

Mais il est permis de s’étonner de la focalisation univoque sur cette pandémie et sur le moment présent. On applique avec une rigueur extraordinaire le principe de précaution, soit. Mais pourquoi ne l’appliquer qu’au Covid 19 et pas à d’autres maux tout aussi néfastes voire davantage ? Si l’on était logique, il faudrait élargir cette attitude compréhensible de prévention du risque.

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- Accueil > Tribune > 24 août 2020 / Éric Chaumillon (The Conversation)

Face à la montée des eaux, mieux vaut l’inondation que des digues

Face à l’élévation du niveau de la mer, la solution, depuis des décennies, est de dresser des digues. Ce choix aboutit inexorablement à un dénivelé croissant entre la mer et la terre. Pour l’auteur de cette tribune, il faut plutôt favoriser « le retour de la mer », soit la restauration de vastes zones humides littorales résilientes et utiles à la biodiversité.

❐ Éric Chaumillon est chercheur en géologie marine à l’université de La Rochelle.

❐ Cette tribune a été initialement publiée sur le site The Conversation.

La conséquence inéluctable du réchauffement climatique en cours est une élévation du niveau marin global. Cette dernière est évaluée par deux méthodes indépendantes mais complémentaires : l’altimétrie embarquée sur des satellites, et la marégraphie, en général opérée depuis la côte.

La première est générale et renseigne sur la presque totalité des océans. Elle donne directement le niveau absolu (par rapport au centre de la Terre), mais est relativement récente puisqu’elle date des années 1990. La deuxième méthode est celle des mesures marégraphiques qui sont locales, ne donnent le niveau absolu que si le marégraphe est positionné avec un récepteur GPS fixe de haute précision, mais offrent davantage de recul, puisqu’elles remontent sur plusieurs décennies et jusqu’à 300 ans. Ces mesures convergent vers une valeur très précise de + 3,2 mm/an en moyenne depuis les années 90.

Outre cette convergence, la robustesse de cette valeur tient au fait que l’on sait estimer l’impact de chaque cause de l’élévation du niveau marin de façon indépendante. Or la somme des causes est égale aux mesures d’élévation. Ainsi, pour les 25 dernières années, les glaces de montagne contribuent pour une hausse de 0,6 mm/an et celle des pôles de 1 mm/an. La dilatation thermique des océans contribue à une augmentation de 1,2 mm/an. Les eaux continentales (rivières, fleuves, eaux souterraines) contribuent à une progression de 0,4 mm/an.

Cette accélération de l’élévation du niveau marin n’est pas sans conséquence, puisque la moitié de la population humaine vit sur la bande côtière et qu’une grande partie est installée dans les zones littorales basses les plus vulnérables (estuaires, lagunes et deltas). Face à ce risque, dresser des digues a été depuis des décennies la principale façon de contrer ces effets.

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- Mai 2020, page 28, par Lizzie O’Shea 

Les emplois non qualifiés n’existent pas

Aux États-Unis, on ne compte plus les personnes qui ont commencé leur vie professionnelle chez McDonald’s. Le chanteur Pharrell Williams a été licencié trois fois par la chaîne, et l’acteur James Franco, lui aussi salarié de l’enseigne dans sa jeunesse, s’est extasié en 2005 :

"Tout ce que je sais, c’est que, quand j’ai eu besoin de McDonald’s, McDonald’s a été là pour moi."

Selon M. Paul Ryan, ancien président républicain de la Chambre des représentants, faire cuire les steaks hachés de la multinationale lui a tout simplement permis de mieux comprendre le rêve américain.

"Ce qui est vraiment marrant quand on travaille chez McDonald’s, c’est d’apprendre à tout faire très vite”, se rappelle aussi M. Jeff Bezos, le patron d’Amazon. “Je voyais combien d’oeufs on peut casser dans un laps de temps donné sans y faire tomber aucun bout de coquille."

Des débuts en phase avec la future carrière de M. Bezos : le milliardaire, en effet, a fait de l’optimisation des performances de salariés traités en esclaves la signature de sa stratégie d’entreprise. Près de 800 000 personnes travaillent actuellement pour Amazon dans le monde, principalement à des postes tout aussi monotones que le premier "job" de M. Bezos : préparer des commandes dans des centres de distribution afin qu’elles soient envoyées aux clients.

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- International - Entretien - 24 août 2020 Par Nejma Brahim

François Gemenne: "Fermer les routes migratoires est absurde et dangereux"

Face à l’augmentation du nombre de migrants traversant la Manche au départ de la France, les autorités britanniques viennent d’appeler à la rescousse la Royal Navy pour rendre cette route maritime "impraticable". Le chercheur François Gemenne explique pourquoi chercher à empêcher les migrants de passer ne sert à rien. Pour éviter des morts en mer, il plaide pour la mise en place de voies d’accès "sûres et légales".

Plus de 4 500 migrants ont traversé la Manche à bord d’embarcations de fortune depuis le début de l’année, selon l’agence anglaise PA Media. C’est le double du total de l’année 2019. Ces deux dernières semaines, ils seraient plus de 1 000 à avoir réussi à rejoindre le Royaume-Uni. Entre Londres et Paris, un "concours sordide de lâcheté politique" s’est installé d’après François Gemenne, chercheur à l’université de Liège et spécialiste des migrations, qui s’apprête à publier l’ouvrage On a tous un ami noir. Pour en finir avec les polémiques stériles sur les migrations (Éditions Fayard). Pour Mediapart, il analyse les conséquences du Brexit, de la crise sanitaire et de la passivité de l’Union européenne sur les départs qui s’organisent depuis Calais.

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24 Août 2020

      

- Politique - Par Rédaction, 20 juillet 2019

Le populisme en 10 questions

Le populisme n’a jamais fait couler autant d’encre. Il sature depuis plusieurs années le débat public, employé à tort et à travers, souvent comme synonyme de démagogie ou d’extrémisme, afin de stigmatiser toute voix discordante à l’égard du consensus néolibéral. S’il a longtemps été associé aux droites nationalistes, à gauche certains ambitionnent aujourd’hui de retourner le stigmate en s’appropriant plus ou moins explicitement les thèses populistes d’Ernesto Laclau et de Chantal Mouffe. On en retrouve certains accents en 2017 dans la campagne du travailliste britannique Jeremy Corbyn et son "For the many, not the few", ou plus récemment dans l’ascension de la socialiste états-unienne Alexandria Ocasio-Cortez, dont la croisade contre l’establishment s’appuie sur des ressorts résolument populistes : "We’ve got people, they’ve got money". Podemos en Espagne et La France insoumise sont les deux expériences partisanes qui se revendiquent le plus de ces théories encore largement méconnues. En France, la confusion règne : parfois associé abusivement à un souverainisme hermétique aux luttes des minorités, ou réduit à l’abandon de l’étiquette gauche, ses soubassements théoriques et l’amplitude de ses implications stratégiques demeurent souvent ignorés. Deux rédacteurs du Vent Se Lève, doctorants en science politique, abordent en dix questions les enjeux que soulève le populisme, dans l’espoir de dissiper certains malentendus et de contribuer aux débats qui agitent – ou fracturent – les gauches. Par Laura Chazel et Vincent Dain.

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23 Août 2020

      

- August 22, 2018 -

Climate Change and Health: Wildfires

Wildfires are devastating communities across the globe. And conditions are only expected to become even more favorable for more frequent and intense ones in our warming world.

This blog is a part of a new series from Climate Reality on the many ways that climate change is impacting human health. Check back for content on topics like hurricanes, heat waves, asthma, and more.

Wildfires are devastating communities around the world.

From the billion-dollar destruction they cause to the incalculable costs of lost plant, animal, and even human life, these devastating natural disasters are scarring our landscapes and leaving those who make it out with their lives with long-lasting health concerns.

And conditions are only expected to become even more favorable for more frequent and intense wildfires in our warming world.

The climate crisis creates the perfect conditions for extreme wildfire seasons in the American West and many other regions around the globe. The reasons why are pretty simple science: Warm weather is arriving earlier and earlier and lasting longer. It goes to figure that snowpacks are melting earlier, leaving less water available during the heat of the summer. Precipitation patterns are also changing. The result? Parching of the land and die-off of plant life.

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- 23 Août 2020

Cathie Simon-Loudette

Du train vs la salle de spectacle en temps de pandémie

Mardi dernier j'ai pris le train pour venir à Paris. Durant les 4h30 qu'a duré le trajet, je me demandais quelle était la différence entre être dans un train ou être dans une salle de spectacle. Et durant les 4h30, j'ai noté tout ce qui me semblait incohérent. Parce que je crains que l'incohérence nous rende et fous et réfractaires à toute nouvelle règle.

La première incohérence apparait sur le quai et l'ascenseur : il y est écrit 1 seule personne (sauf si on est déjà ensemble). Etant assez respectueuse des affichettes, j'avoue que je regarde de travers les 2 personnes qui s'engouffrent avec moi dans cet ascenseur. Je leur demande même de ne pas me coller.....alors que si ça se trouve ce seront mes voisines de train. Car oui, le 18 Août le Biarritz Paris est bondé. La notion de distanciation physique n'existe plus et nous allons passer plusieurs heures serrés les uns contre les autres. Un peu comme au théâtre donc. A la différence que : au théâtre une fois qu'on est assis, on ne bouge plus. Là dans le train durant tout le voyage, ce sera un incessant mouvement puisque les voyageurs montent ou descendent à différentes gares, vont au bar, aux toilettes, chercher des choses dans leur bagages, bougent des valises pour prendre les leurs, bref les interactions sont incessantes.

Si j'avais été dans une salle de spectacle je me serais assise, et n'aurais plus bougé.

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- - obéissance - Nic Ulmi, publié mardi 14 octobre 2014

L’art de l’électrochoc: les mensonges de l’“expérience de Milgram”

En poussant des quidams à électrocuter des innocents, Stanley Milgram réalisa en 1960 la plus célèbre des expériences psychologiques. Mais en plongeant dans ses archives, on découvre une réalité très différente de celle que le chercheur avait fabriquée…

Votre élève – un adulte de sexe masculin, de corpulence moyenne – est attaché à une chaise, des électrodes sont fixées à ses poignets. Il doit réussir un exercice de mémorisation portant sur des mots que vous prononcez à voix haute. Lorsqu’il se trompe, vous êtes prié de le corriger par des décharges électriques d’intensité croissante, de 15 à 450 volts, en actionnant une série d’interrupteurs.

Telle est la mission pour laquelle vous avez été engagé, pour un salaire de 4,50 dollars (l’équivalent de 35 dollars actuels), un jour de 1960, de 1961 ou de 1962.

Vous appuyez. L’élève crie. L’homme qui vous dirige, en blouse blanche, vous assure que c’est douloureux, mais pas dangereux: "Continuez", demande-t-il. L’expérience porte – vous a-t-il dit – sur le lien entre apprentissage et punition.

En réalité, l’"élève" est un acteur, les chocs sont faux, tout comme les cris, et le sujet de l’expérience, c’est vous: jusqu’où ira votre obéissance?

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22 Août 2020

      

  - - Septembre 2004, pages 6 et 7, par Loïc Wacquant 

Des politiques carcérales injustes et criminogènes

La prison comme arme absolue

Gavées de discours apocalyptiques sur l’insécurité, l’Europe et la France se sont engagées dans le sillon américain de la privatisation des prisons et se sont lancées dans une escalade pénale. L’incarcération est devenue l’arme absolue pour lutter contre les désordres urbains et sociaux. Elle frappe en premier les couches les plus défavorisées. Non seulement elle ne règle aucun problème, mais elle devient un instrument de paupérisation et de marginalisation.

En juin 2003, la population carcérale française a dépassé le cap des 60 000 détenus pour 48 000 places, record absolu depuis la Libération. Insalubrité, vétusté, promiscuité poussée au paroxysme, hygiène catastrophique, carence des activités de formation et de travail ravalant la mission de "réinsertion" au rang de slogan aussi creux que cruel, montée des incidents graves et des suicides (leur taux a doublé en vingt ans) faisaient alors l’objet de protestations unanimes. Sans réaction notable de la part des autorités, soucieuses d’afficher leur volonté de combattre ce que le chef de l’Etat – qui s’y connaît en la matière – appelait avec courroux l’"impunité". Là où la gauche dite "plurielle" pratiquait une pénalisation de la misère honteuse et larvée, la droite républicaine assume son choix d’endiguer les désarrois et les désordres sociaux qui s’accumulent dans les quartiers de relégation minés par le chômage de masse et l’emploi flexible en déployant l’appareil répressif avec vigueur et emphase. Faire de la lutte contre la délinquance de rue un spectacle moral permanent permet en effet de réaffirmer symboliquement l’autorité de l’Etat au moment même où celui-ci se rend impotent sur le front économique et social.

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- LIBERTÉS PUBLIQUES - 20 août 2020 Par Jérôme Hourdeaux

Clearview AI, le cauchemar de la reconnaissance faciale devient réalité

Imaginée et financée par des personnalités de la droite américaine radicale, l’application de la société Clearview AI permet d’identifier une personne en comparant une photo à toutes celles postées sur Internet. La société vient de signer un contrat avec les services américains de l’immigration.

L’information révélée le vendredi 14 août par Tech Inquiry, une ONG dénonçant les abus dans le domaine technologique, semble tout droit sortie d’un livre d’anticipation dystopique : le logiciel de reconnaissance faciale le plus liberticide jamais conçu, imaginé par des membres de la droite américaine la plus radicale ayant secrètement constitué la plus importante base de photos du monde, vient d’être adopté officiellement par les services de l’immigration américaine.

Selon les documents obtenus par Tech Inquiry par le biais du Freedom of Information Act (FOIA), une procédure permettant aux citoyens de réclamer la communication de documents officiels, le contrat entre le département de la sécurité intérieure pour le compte de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et la société Clearview AI a été signé le 12 août pour une durée d’une année et un montant de 224 000 dollars.

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  - Chronique parue dans L’Express du 10 mars 2020

Au secours ! Où est le bouton reset ?

❐ Le principe de cette chronique mensuelle publiée dans l’Express est de commenter un fait (mesurable ou observable), qui, le plus souvent, sera "pas évident" pour le lecteur. Pour savoir jusqu’où ce fait sera contre-intuitif, un petit sondage en ligne est effectué pendant une semaine à 15 jours avant que je ne rédige mon texte, pour demander "l’avis de tou(te)s". C’est bien entendu votre serviteur qui formule la question ainsi que les réponses possibles.

Pour cette édition de cette chronique, la question posée était la suivante :

"Si nous arrêtions nos émissions de CO2 aujourd’hui, combien de temps faudrait-il pour que le surplus que nous avons créé (par rapport à 1750) disparaisse totalement de l’atmosphère ?".

Les réponses possibles étaient "1 an" (choisie par 8,6% des répondants), "100 ans" (choisie par 32,7%), et "1000 ans" (choisie par 36,5% des répondants) et "plus de 10.000 ans" (choisie par 22,1%)

La bonne réponse est bien entendu fournie et commentée dans ce billet.

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- August 20, 2020, by Abby Budiman

Key findings about U.S. immigrants

The United States has more immigrants than any other country in the world. Today, more than 40 million people living in the U.S. were born in another country, accounting for about one-fifth of the world’s migrants. The population of immigrants is also very diverse, with just about every country in the world represented among U.S. immigrants.

Immigrants listen to a speech as they wait to become U.S. citizens at a naturalization ceremony in Los Angeles. (Mark Ralson/AFP/Getty Images)

❐ View interactive charts and detailed tables on U.S. immigrants.

Pew Research Center regularly publishes statistical portraits of the nation’s foreign-born population, which include historical trends since 1960. Based on these portraits, here are answers to some key questions about the U.S. immigrant population.

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21 Août 2020

      

- Environment - Climate change - Wildlife - Energy - Pollution - Damian Carrington Environment editor, Thursday 20 August 2020

Greenland ice sheet lost a record 1m tonnes of ice per minute in 2019

Climate-driven loss is likely to be the worst for centuries, and is pushing up sea levels

☛ Greenland’s melting ice sheet – in pictures

Arctic sea ice in the Denmark Strait on the east coast of Greenland. Photograph: Nasa Handout/EPA

The Greenland ice sheet lost a record amount of ice in 2019, equivalent to a million tonnes per minute across the year, satellite data shows.

The climate crisis is heating the Arctic at double the rate in lower latitudes, and the ice cap is the biggest single contributor to sea level rise, which already imperils coasts around the world. The ice sheet shrank by 532 bn tonnes last year as its surface melted and glaciers fell into the ocean and would have filled seven Olympic-sized swimming pools per second.

The satellite data has been collected since 2003. The 2019 loss was double the annual average since then of 255 bn tonnes. Almost that amount was lost in July 2019 alone.

Scientists knew that ice loss from Greenland had been accelerating fast in recent decades and that there had been high rates of melting in 2019. But the satellite data accounts for new snowfall and allows the net loss to be calculated.

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- 21st August 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 19th August 2020

Finding Our Feet

Landed power, built on theft, slavery and colonial looting, crushes our freedoms. It is time to reclaim them.

Boris Johnson’s attack on our planning laws is both very new and very old. It is new because it scraps the English system for deciding how land should be used, replacing it with something closer to the US model. It is old because it represents yet another transfer of power from the rest of us to the lords of the land, a process that has been happening, with occasional reversals, since 1066.

A power that in 1947 was secured for the public – the democratic right to influence the building that affects our lives – is now being retrieved by building companies, developers and the people who profit most from development, the landowners. This is part of England’s long tradition of enclosure: seizing a common good and giving it to the rich and powerful. Democracy is replaced with the power of money.

Almost all of us, in England and many other nations, are born on the wrong side of the law. The disproportionate weight the law gives to property rights makes nearly everyone a second-class citizen before they draw their first breath, fenced out of the good life we could lead.

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- Coronavirus - ATS - Publié vendredi 21 août 2020

Jusqu'à 100 millions de personnes menacées par l'extrême pauvreté, alerte la Banque mondiale

Cette détérioration est due à la destruction d'emplois et aux difficultés d'approvisionnement. Le président de la Banque mondiale, David Malpass, estime qu'il est "impératif" pour les créanciers de réduire la dette des pays pauvres

La crise du Covid-19 pourrait entraîner entre 70 et 100 millions de personnes supplémentaires dans l'extrême pauvreté à travers le monde, plus encore que précédemment estimé, a alerté jeudi le président de la Banque mondiale David Malpass, dans un entretien à l'Agence France Presse (AFP).

"Ce nombre pourrait augmenter" si la pandémie s'aggrave ou dure, a-t-il dit.

Une précédente estimation faisait état de 60 millions de personnes.

Cela rend "impératif", pour les créanciers, de réduire la dette des pays pauvres, a déclaré David Malpass, allant ainsi plus loin que les appels à prolonger le moratoire sur la dette des pays les plus pauvres. Pour autant, les pays concernés seront plus nombreux à devoir restructurer leur dette.

"Les vulnérabilités liées aux dettes sont élevées, et il est impératif (pour les pays endettés) de voir la lumière au bout du tunnel afin que de nouveaux investisseurs puissent venir", a ajouté le président de la Banque mondiale.

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20 Août 2020

      

- Publié le 14/08/2020 - Natacha Polony, Directrice de la rédaction

Perpétuer la France

"La "crise morale" que traverse la France - selon les termes mêmes du président de la République - vient sans doute du fait que ce modèle du capitalisme consumériste est en contradiction radicale avec tout ce qui a constitué la civilisation française", explique Natacha Polony dans son édito de la semaine.

Comment raconter cet étrange été 2020 ? Les historiens qui se pencheront sur nous liront sans doute la presse. Ils y trouveront la mort d'un gendarme, père de trois enfants, fauché par un chauffard récidiviste, et les commentaires des politiques, ministre de l'Intérieur en tête, disant leur "émotion" devant ce drame. Pas leur dégoût, pas leur révolte, mais leur "émotion". Le mot préféré des présentateurs de télévision.

Les historiens découvriront la hauteur de nos idéaux. Après une "rave party" dans les Cévennes, sur une zone naturelle protégée, organisée en violation des mesures de lutte contre le coronavirus, le journal Libération titre sur ces jeunes gens qui proclament "faire passer la fête avant [leur] vie". On a les prises de risque qu'on peut.

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19 Août 2020

      

- Perspectives > Les blogs du "Diplo" > La pompe à phynance

 

Perspectives (9) - par Frédéric Lordon, 04 Juillet 2020

Garantie économique générale et production culturelle

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Perspectives (8) - par Frédéric Lordon, 04 Juillet 2020

Pour un communisme luxueux

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Perspectives (7) - par Frédéric Lordon, 05 Août 2020

Transition dans la transition

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Perspectives (6) - par Frédéric Lordon, 04 Juillet 2020

Fermer la finance

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Perspectives (5) - par Frédéric Lordon, 29 mai 2020

Ouvertures

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Perspectives (4) - par Frédéric Lordon, 16 mai 2020

Problèmes de la transition

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Perspectives (3) - par Frédéric Lordon, 10 mai 2020

"En sortir" — mais de quoi et par où ?

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Perspectives (2) - par Frédéric Lordon, 5 mai 2020

Ils ne lâcheront rien

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Perspectives (1) - par Frédéric Lordon, 28 avril 2020

Quatre hypothèses sur la situation économique

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  - - "Manuel d’histoire critique" • 2014 -

I. Industrialisation, colonisation et entrée des masses en politique (1830-1900) • pages 28 et 29

Quatre siècles de domination coloniale

Si la colonisation débute en Amérique au XVIe siècle, elle connaît son âge d’or au XIXe siècle. Pour combler les besoins en matières premières suscités par l’industrialisation, les pays européens partent alors à la conquête du monde. En Afrique et en Asie, ils organisent un système de prédation des richesses qui assure leur prospérité, mais ils se heurtent à la résistance des populations locales.
par Laurence De Cock 

Hereros de la colonie de Sud-Ouest africain allemand (aujourd’hui Namibie), vers 1910. En janvier 1904, les Hereros se soulèvent contre les colons allemands. L’armée répond par les armes. Une guerre s’engage, qui dure sept ans et aboutit au massacre de dizaines de milliers de Hereros. Cette tragédie est parfois considérée comme le premier génocide du XXe siècle. - © akg-images.

L’expansion coloniale a marqué l’ensemble du monde durant près de quatre siècles, nouant l’Europe occidentale et les autres continents dans un passé commun. Motivée par des raisons économiques, impérialistes ou civilisatrices, celle-ci s’est toujours imposée par les armes, se légitimant parfois sur le papier par des traités et des conférences.

Réunis à Berlin en 1884-1885 à l’initiative du chancelier Otto von Bismarck, Britanniques, Français, Allemands, Belges, Portugais et Italiens se sont ainsi partagé l’Afrique, sans qu’aucun représentant africain ne soit consulté. La France et le Royaume-Uni se sont arrogé la part du lion, découpant les frontières avec une minutie de géomètre. La première en a tracé 25 865 kilomètres et la seconde, 21 595.

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- Société - par Justine Reix, 11 août 2020

Arrêter le journalisme pour apprendre à vivre

Ils sont de plus en plus nombreux à tirer leur révérence et abandonner leur carte de presse de ce métier qui fait toujours rêver autant d'étudiants. On a discuté avec eux.

Ne faudrait-il pas ajouter sur le site de toutes les formations en journalisme :

“Attention, être journaliste nuit gravement à votre santé et à celle de vos proches” ?

Possible, vu le nombre de burn-out et de dépressions dans le milieu.

En postant un appel à témoignages sur les réseaux sociaux, je m’attendais à recevoir un certain nombre de messages d’anciens journalistes - mais pas autant. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai reçu une centaine de messages et cela continue chaque jour. Et je suis navrée de ne pas pouvoir tous les partager. J’ai reçu des histoires révoltantes, écouté des voix qui soupirent, se brisent et des silences qui en disent long. Parfois, certains ont heureusement retrouvé le sourire. Depuis qu’ils ont tiré un trait sur le journalisme.

Chez les journalistes, nous sommes nombreux à y avoir déjà pensé ou à y penser régulièrement : arrêter. Mettre fin à ce rêve qui nous a fait fantasmer un temps et déchanter plus tard. Contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer, la précarité n’est que la partie émergée de l’iceberg. Manque de sens au quotidien, harcèlement moral, sexuel, discrimination et épuisement physique sont autant de raisons qui poussent les journalistes à ranger, pour de bon, leur carte de presse.

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18 Août 2020

     

- Opinions - Contribution externe, publié le 17-08-20

Mourir étouffé, le nouveau symbole de liberté ?

Ceux qui refusent de porter le masque sous prétexte qu’il s’agirait d’une entrave à leurs libertés mettent en danger leur entourage. Pour une bonne gestion de la crise sanitaire, tournons-nous vers le Vietnam.

❐ Une opinion de Gricha Safarian, licencié en sciences politiques à l'ULB, entrepreneur, consul honoraire de Belgique à Hô Chi Minh-Ville, Vietnam.

Le 11 janvier 2008, je publiais dans Le Monde une opinion, "Cancer du poumon, nouveau symbole de liberté".

C’était l’époque où les mesures d’interdiction de fumer dans les lieux publics prenaient forme et qu’une quantité non négligeable de fumeurs se levaient pour crier à la dictature, dire leur opposition à l’hygiénisme et réclamer leur liberté de fumer. Quitte à empoisonner son voisin de table dans un restaurant bien sûr, liberté bien ordonnée commençant par soi-même. L’argument d’alors étant que le foie gras non plus, ce n’est pas bon pour la santé. Hum, on a les arguments qu’on peut… Je répondais d’ailleurs n’avoir jamais vu un mangeur de foie gras faire monter le taux de cholestérol de son voisin de table.

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Je partage cette opinion, pour plusieurs autres raisons encore :

❐ le principe de base de toute société, celui que je connais depuis l’époque où j’étais gamin, reste et ne peut être que “ma liberté s’arrête là où elle empiète sur celle d’autrui”. Cette définition pose qu’autrui est toute autre personne, être humain, sans aucune restriction;

❐ le masque, comme le vaccin ou la ceinture dite de sécurité ne guérit pas, ne garantit pas la survie, il tente — dans les limites de ce qu’il est — de différer le risque, d’amoindrir l’exposition — la sienne comme celle d’autrui.

❐ le suicide est un acte individuel; le suicide qui implique autrui devient acte criminel.

 

 

 

 

 

 

     

- Fabien Goubet, publié mardi 18 août 2020

Chloroquine et trottinette, ou comment un article délirant s’est retrouvé dans un journal scientifique

covid-19 - Une étude absurde de bout en bout a été publiée dans l’"Asian Journal of Medicine and Health” par quatre auteurs, dont deux romands, voulant prouver que ce journal n'est qu'une façade qui n'a de scientifique que le nom. Plongée dans l'escroquerie des revues dites prédatrices 

Quel rapport entre le coronavirus et une trottinette?

A priori aucun, et pourtant.

Parmi l’avalanche d’articles de recherche publiés chaque jour sur l’épidémie de Covid-19, une étude affirmait que la prise, à titre préventif, d’hydroxychloroquine (HCQ) et d’azithromycine était efficace pour éviter… les accidents de trottinette. Et aussi que l’usage massif de ce traitement dans la région de Marseille était associé à une moindre prévalence des accidents, comparé au reste de la France (!).

"La combinaison HCQ et azithromycine devrait être utilisée pour prévenir les accidents de trottinettes dans le monde", et même "tous les problèmes du monde", s’amusent les auteurs farceurs.

Des conclusions pour le moins loufoques pour une pseudo-étude qui annonçait la couleur dès son titre ("SARS-CoV-2 was Unexpectedly Deadlier than Push-scooters: Could Hydroxychloroquine be the Unique Solution?" (ce qui signifie en français: "Le SARS-CoV-2 serait contre toute attente plus mortel que les trottinettes: l’hydroxychloroquine pourrait-elle être la seule solution?").

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- Opinions Chroniques - Par Par Olivier Servais, professeur d’anthropologie à l’UCLouvain, et François Gemenne, chercheur qualifié du FNRS à l’Université de Liège, pour Carta Academica, le 15/08/2020

❐ Chaque semaine, “Le Soir” publie une chronique d’un membre de Carta Academica sur un sujet d’actualité. Cette semaine : stratégie hygiéniste, le risque zéro peut-il, doit-il être un objectif de santé publique ?

Crise de la Covid-19: la tyrannie du risque zéro

On connaît bien la vie d’Howard Hughes.

Il fut tour à tour aviateur intrépide, puissant producteur à Hollywood, milliardaire à la tête de la Trans World Airlines.

On dit qu’il chuchotait à l’oreille de John F. Kennedy comme de Richard Nixon, tandis qu’il se baladait au bras de Katharine Hepburn, Jane Russell, Ava Gardner ou Rita Hayworth.

On connaît moins la triste fin de sa vie, par contre.

Howard Hughes, qui fut un pionnier de l’aviation et réchappa à plusieurs accidents d’avion, avait pourtant une peur démesurée et irrationnelle des virus et des microbes. Il passa les dix dernières années de sa vie confiné dans des palaces qu’il avait achetés. D’abord dans le penthouse du 9e étage du Desert Inn de Las Vegas, puis au Xanadu Resort de Grand Bahamas, et enfin au Fairmont Princess Hotel d’Acapulco, où il agonisa.

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- - Société - France périphérique - Propos recueillis par Emmanuel Lévy et Natacha Polony, publié le 08/11/2019

Christophe Guilluy : "Tout a été fait pour effacer la dimension majoritaire des gilets jaunes"

Le surgissement des gilets jaunes a soudain rendu visible cette "France périphérique" qui perdait pied dans l'indifférence des classes supérieures. Christophe Guilluy, géographe qui a perçu bien avant novembre 2018 ce qui bouillonnait dans les classes populaires, rend à cette révolte son sens et sa force.

"La bourgeoisie cool des grandes villes semblait découvrir la dernière tribu d'Amazonie devant son poste de télévision en direct des ronds-points." - Crédit : Stéphane Grangier

 

Marianne : Le mouvement des “gilets jaunes” marque son premier anniversaire dans une sorte d'étiolement. Ce fut un coup d'épée dans l'eau ?

☛ Christophe Guilluy : Non. Ce mouvement marque la fin de l'invisibilisation des grands perdants de la globalisation. Ces gens ordinaires ont enfilé des gilets jaunes pour dire “nous existons”. Ce mouvement social ne ressemble à rien de ce qu'on connaissait. Il ne tient ni vraiment de la Révolution française, ni des conflits sociaux des XIXe ou XXe siècles.

Il est différent par sa composition. Il a réuni des catégories très différentes : des ouvriers, des employés, des indépendants, des paysans, des femmes, des hommes, des retraités et des jeunes. Différent également dans sa nature. Tous ces gens ordinaires, des personnes issues des classes populaires, partagent un même sentiment : celui d'être relégué culturellement. A mon sens, ce mouvement est avant tout culturel, existentiel. Essayer de plaquer une grille de lecture classique, usant des vieilles oppositions des siècles précédents, sur cette contestation est vain. Ni le match entre la classe ouvrière traditionnelle et le patronat, ni celui entre la gauche et l'extrême gauche face à la droite et l'extrême droite ne sont pertinents. La frontière passe entre l'ensemble des milieux modestes et ceux que l'on peut classer parmi les gagnants et les protégés de la mondialisation.

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17 Août 2020

     

 

Depuis quelques semaines, je ne voyais plus de dessins produits par Chappatte dans 'Le Temps', alors, j'ai cherché et trouvé son travail sur Twitter, puis sur son propre site : comme le fait Kroll, dessinateur dans 'Le Soir' quand il est en vacances, Chappatte promeut d'autres desssinateurs moins connus, comme Hanim Abbas ou Alex :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

     

- EUROPE - Reportage - 16 août 2020 Par Amandine Alexandre

A Londres, les restrictions de circulation suscitent des accusations d’“apartheid pulmonaire”

Les municipalités du Grand Londres mettent en œuvre des mesures encourageant la marche et le vélo. La création de zones “à faible circulation automobile” fait polémique parmi les militants antipollution, sur fond d’épidémie de Covid-19 et de lutte antiraciste.

Londres (Royaume-Uni).– Au sud de Brixton, un havre de paix a été créé début juillet à l’initiative de la municipalité de Lambeth, l’un des 33 boroughs du Grand Londres. En ce début du mois d’août, la température frôle les 30 degrés, mais le calme qui règne sur la chaussée, à l’ombre des petites maisons de ville, adoucit l’atmosphère. Les voitures semblent plus rares que les cyclistes et les piétons grâce à l’entrée en vigueur de restrictions limitant la circulation automobile. 

À plusieurs carrefours, de grands bacs de fleurs ont été installés pour délimiter les confins de ce Low Traffic Neighbourhood (LTN) et filtrer la circulation. Le quartier reste accessible à tous les véhicules, mais il ne peut pas être traversé de bout en bout comme auparavant. Des radars ont été installés par la mairie. 

Le LTN de Railton Road englobe une vingtaine de rues situées dans ce quartier historiquement noir et pauvre qui s’est embourgeoisé.

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- By Allyson Waller, August 16, 2020

Fire Tornadoes Reported in Northern California Wildfire

The National Weather Service issued an unusual warning on Saturday about the possibility of “a fire-induced tornado.”

A funnel in the Loyalton Fire in California on Saturday. Fire tornadoes spawn in a combination of extreme heat from fire, turbulent winds and uneven terrain, a meteorologist said. - Credit : Katelynn Hewlett, via Reuters

The National Weather Service said it was planning to investigate reports of a rare occurrence of fire tornadoes arising on Saturday from a 20,000-acre wildfire in Northern California.

Dawn Johnson, a meteorologist with the service in Reno, Nev., said on Sunday that the agency had received reports of fire tornadoes in an area of Lassen County, Calif., about 25 miles northwest of Reno.

“It’s not like a typical tornado where it happens, everything clears out and you safely go and investigate,” Ms. Johnson said. “In this case, there’s a massive wildfire burning in the same location, so the logistics are a lot more complicated.”

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- Geoffroy Libert, publié le dimanche 16 août 2020

Réchauffement climatique : la fonte de la calotte glaciaire du Groenland aurait atteint le point de non-retour, vrai ou faux?

En ces temps de canicule, c'est une information qui pourrait donner... froid dans le dos : la fonte de la calotte glaciaire du Groenland aurait atteint un point de non-retour.

C'est une étude publiée sur le site Nature Communications Earth and Environnement qui tire la sonnette d'alarme : tous les efforts entrepris n'empêcheraient pas la fonte des glaciers et leur disparition totale. Nous avons essayé d'y voir plus clair. 

Une fonte qui s'accélère

La photo de ces scientifiques danois traversant le fjord d’Inglefield (Bredning) avec leurs chiens les pieds dans l'eau, au nord-ouest du Groenland, le 13 juin 2019, avait fait le tour du monde, illustrant le réchauffement climatique. - © Steffen M Olsen / Twitter

Rappelez-vous, c'était au mois de juin 2019. Cette photo, prise par des scientifiques danois traversant le fjord d’Inglefield (Bredning) avec leurs chiens les pieds dans l'eau, au nord-ouest du Groenland, le 13 juin 2019, avait fait le tour du monde.

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16 Août 2020

     

- #Arts/Culture #Écologie/environnement #Monde #Société - par Philippe Descola, décembre 2015

Humain, trop humain ?

❐ Anthropologue, élève de Claude Lévi-Strauss, ses recherches portent des populations d'Amérique latine.

Développant dans ses ouvrages une critique du dualisme entre nature et culture, il est titulaire depuis 2000 de la chaire d'Anthropologie de la nature au Collège de France.

Notre rapport à la nature a atteint un point de rupture qui requiert une manière responsable d’habiter la Terre. L’anthropologie peut nous apprendre à considérer les milieux de vie comme titulaires de droits, dont les hommes ne seraient que les mandataires, et à leur accorder une représentation politique.

Dans une lettre à Schiller, Alexandre de Humboldt définissait l’objet de sa recherche comme l’étude de "l’habitabilité progressive de la surface du globe", qu’il entendait comme la façon dont les humains avaient peu à peu transformé leurs environnements pour les plier à leurs usages et former des écosystèmes au sein desquels ils étaient devenus des forces décisives. S’il voyait la Terre comme un grand organisme vivant où tout est connecté, anticipant ainsi l’hypothèse Gaïa de Lovelock, il était clair aussi pour lui que les hommes étaient partie prenante de cet organisme et que, de ce fait, l’histoire naturelle de l’homme était inséparable de l’histoire humaine de la nature.

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- Environnement - Août 2020, de Craig Welch

À mesure que l'Arctique fond, des tonnes de mercure sont libérées dans l'atmosphère

Les scientifiques ont trouvé des toxines en très grandes quantités en Arctique. À mesure que le pergélisol fond, le mercure envahit les ères glacées.

On parle beaucoup de la fonte de la banquise.

Moins du dégel du pergélisol.

Le sol gelé de l’Arctique constitue pourtant le plus important réservoir de carbone de la planète. S’il venait à dégeler et à libérer l’intégralité de ses réserves de gaz à effet de serre, les températures pourraient augmenter de 12 °C ! Ces estimations vont bien au-delà des 4,8 °C d’élévation à l’horizon 2100 prévus par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans son pire scénario. 

Le pergélisol cache aussi de grandes réserves de mercure, métal pouvant être toxique et qui à mesure que la Terre se réchauffe pourrait contaminer les poissons et autres animaux marins, voire menacer la santé des hommes.

Une étude publiée lundi dernier dans le journal Geophysical Research Letters rapporte que le taux de mercure naturel retenu pour le moment par le pergélisol de l'Arctique est 10 fois supérieur à la quantité de mercure produit par l'homme ces 30 dernières années.

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15 Août 2020

     

- 14th August 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 12th August 2020

Watery Grave

Across the UK, our rivers are being turned into filthy, dead gutters, at astonishing, heartbreaking speed.

You can judge the state of a nation by the state of its rivers. Pollution is the physical expression of corruption. So what should we conclude about a country whose rivers are systematically exploited, dumped on and bled dry?

I’m writing from the Welsh borders, where I’m supposed to be on holiday. It’s among the most beautiful regions of Britain, but the rivers here are dying before my eyes. When I last saw it, four years ago, the Monnow, a lovely tributary of the River Wye, had a mostly clean, stony bed. Now the bottom is smothered in slime and filamentous algae. In the back eddies, the rotting weed floats to the surface, carrying the stench of cow slurry.

A few days ago, part of another tributary of the Wye, the Llyfni, was wiped out by a pollution surge, for the third time in five years. Hundreds of trout, grayling and bullheads floated to the surface, while rare white-clawed crayfish crawled out of the water. In the Ewyas valley, I discovered, out of sight of any vantage point, that part of the Honddhu, another beautiful little river, is being illegally quarried for loose stone. Ancient alders and ashes on its banks have been ripped out to make way for the digger.

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- Idées & Débats - Les grands textes - Par Antonio Gramsci, 11 août 2020

Antonio Gramsci : "Américanisme et fordisme"

❐ Le texte présenté ici est tiré des Cahiers de prison rédigés par Gramsci durant son incarcération dans la première moitié des années 1930. Si ces textes restent à l’état de fragments, ils n’en constituent pas moins une contribution considérable à l’approfondissement de la théorie marxiste. Les extraits présentés ici dans le cadre de notre série "Les grands textes" sont issus du cahier 22. Parmi les plus cités de l’œuvre de Gramsci, "Américanisme et fordisme" propose de penser à nouveaux frais la dialectique infrastructure/superstructure en interrogeant l’alternance de cycles de puritanisme et de libertinage en lien avec les mutations du mode de production capitaliste. En l’occurrence, Gramsci pointe le rôle de la famille, du contrôle des mœurs et de la prohibition dans l’avènement de l’homme nouveau du capitalisme tayloriste. Inspiré et libre, ce texte conserve toute sa force, près d’un siècle après.

[…] Il faut remarquer que les industriels (et particulièrement Ford) se sont intéressés aux rapports sexuels de ceux qui sont sous leur dépendance et, d’une façon générale, de l’installation de leurs familles ; les apparences de "puritanisme" qu’a pris cet intérêt (comme dans le cas de la "prohibition") ne doivent pas faire illusion ; la vérité est que le nouveau type d’homme que réclame la rationalisation de la production et du travail ne peut se développer tant que l’instinct sexuel n’a pas été réglementé en accord avec cette rationalisation, tant qu’il n’a pas été lui aussi rationalisé. (Mach., pp. 323-326.)

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- 5 août 2020, Laurie Debove

"Frigos Solidaires" : le grand élan de solidarité qui fait du bien !

"Il y a beaucoup plus de bénéficiaires depuis le début du confinement. On est passés de 50 bénéficiaires à 80 en deux mois. On a beaucoup plus de retraités, beaucoup plus de familles nombreuses, d'étudiants, et de sans-abri évidemment et malheureusement." confie Dounia Metboul

De nouveaux venus sur l’espace public poussent comme des champignons dans toute la France : les Frigos Solidaires !

Ils ont quatre objectifs :

➠ lutter contre le gaspillage alimentaire,

➠ sensibiliser au don et à la solidarité,

➠ aider les plus démunis

➠ et créer du lien social.

Avec les Frigos Solidaires, tout le monde peut donner ou recevoir de la nourriture

Le concept est très répandu dans d’autres pays : les Lebensmitterlretter en Allemagne, les community fridges en Angleterre ou las neveras solidarias en Espagne. Partout, le principe est le même : mettre un frigo en libre-service à l’extérieur d’un commerce, à la portée de tous, où chacun peut déposer ou prendre de la nourriture gratuitement et quand il le souhaite.

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14 Août 2020

     

- Opinions - Contribution externe - Publié le 13-08-20

Pourquoi l’imposture intellectuelle de Michel Onfray est-elle si problématique ?

Onfray m’agaçait. Son hyper-médiatisation bien sûr. Ses avis à propos de tout, émis à la façon d’une trancheuse de charcutier. La gêne qu’occasionnent les frasques de celui avec qui, en quelque sorte, vous partagez le "métier"… Mais il y avait autre chose.

❐ Une opinion de Jean-Sébastien Philippart, titulaire d’un DEA en philosophie et agrégé (UCLouvain), chercheur indépendant, contributeur, entre autres, aux revues MondesFrancophones.com et Implications-philosophiques.org.

© Reporters

C’est en tombant, l’autre jour, sur un texte du philosophe Cornélius Castoriadis, que j’ai compris, à la lumière de l’auteur, que mon agacement était gros, d’une inquiétude profondément politique. 

Comme philosophe de formation et professeur de philosophie dans le supérieur, le "travail" de Michel Onfray ne m’a jamais intéressé. Pour trois raisons, d’ordre philosophique.

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13 Août 2020

     

- Environnement - De Stephen Leahy, Août 2020

Les trois quarts de l'humanité menacés de mourir de chaud en 2100

Une nouvelle étude tire la sonnette d'alarme : en l'absence de réduction drastique des émissions de CO2, jusqu'à 75 % des habitants de la planète pourraient être victimes de vagues de chaleur meurtrières à l'horizon 2100.

Dans cette photo du 4 juin 2017, des Pakistanais se baignent dans un canal afin de vaincre la chaleur et d'échapper au températures extrêmement élevées lors de ce huitième jour du mois de ramadan. Des températures maximales de 47°C ont été enregistrées à Lahore, au Pakistan. - Photographie de Rana Sajid Hussain, Pacific Press, Lightrocket, Getty Images

Selon une récente étude, 30 % de la population mondiale est à l'heure actuelle exposée à des vagues de chaleur potentiellement meurtrières 20 jours par an voire plus.

À la manière d'un feu de forêt qui gagne du terrain, le changement climatique favorise la propagation de cette chaleur intense.

En l'absence d'importantes réductions des émissions de gaz à effet de serre, tels que le CO2, jusqu'à trois personnes sur quatre courront le risque de mourir de chaud à l'horizon 2100. Cependant, d'après l'analyse publiée dans Nature Climate Change, une personne sur deux est susceptible d'être exposée à des vagues de chaleur meurtrières pendant au moins 20 jours par an à la fin du siècle, même si des réductions adviennent.

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- A Closer Look - by Charles Ornstein, December 20, 2019

We’ve Been Tracking Pharma Payments to Doctors For Nearly A Decade. We Just Made A Big Breakthrough.

For years, we’ve wondered whether a doctor who received a payment linked to a particular drug prescribed more of that drug. With our new analysis, we finally have the answer: yes.

Next year will mark the 10th anniversary of ProPublica’s Dollars for Docs, our ambitious effort to track pharmaceutical company payments to doctors.

When we started, we were thrilled to gain access to what seven drug companies paid physicians for speaking and consulting and to collect payment information in a first-of-its-kind database that allowed everyone to search for their doctors in one place. Now, federal law requires every drug and medical device maker, about 1,700 companies, to release information on their payments.

In the years since its launch, Dollars for Docs has become an essential tool for patients and has been viewed more than 23 million times. But from the very start we were bedeviled by a simple question: Were the drug company payments linked to doctors’ drug choices?

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12 Août 2020

     

- Accueil > Enquête en 3 volets sur l'implantation d'Amazon en France

 

Enquête 1/3 > 2 juillet 2019 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Le plan secret d’Amazon en France

Amazon rêve d’un monde où ses clients seraient livrés en un jour. Pour y parvenir, la multinationale multiplie les hangars démesurés où se succèdent les camions. Ce développement, en France, suit une stratégie de mise en concurrence de territoires souvent sinistrés. Reporterre la détaille et publie la carte exclusive des implantations d’Amazon.

Derrière la facilité d’un clic et l’interface lisse d’un site internet se cache parfois un monstre. Amazon, le géant du commerce électronique, se bâtit en France un empire. Poussée par l’explosion de la vente en ligne, la multinationale multiplie la construction de ses immenses plateformes logistiques, alimente un flux incessant de camions et courtise les élus locaux pour devenir hégémonique. C’est l’envers du numérique. Un horizon de béton, de pollution et de chantage fiscal dont Reporterre dévoile les coulisses.

Arrivée en 2007 en France, Amazon a inauguré son premier entrepôt, de 70.000 m², à Saran, près d’Orléans (Loiret). En 2010, un nouveau hangar de 36.000 m² est sorti de terre à Montélimar (Drôme). Suivi d’un autre de 50.000 m2 en 2012, à Sevrey (Saône-et-Loire). Un an plus tard, c’est dans le Nord, à Lauwin-Planque qu’Amazon a renforcé son emprise avec un pôle logistique de 90.000 m². Ses véhicules de livraison sillonnent, depuis, le pays. La toile de la multinationale s’étend. Comme le montre la carte que publie aujourd’hui Reporterre. En cliquant sur l’image de chaque site, on voit le détail de l’implantation.

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Enquête 2/3 > 3 juillet 2019 / Franck Dépretz (Reporterre)

Comment Amazon impose la loi du silence à des élus locaux

Enquête - Pendant des mois, l’installation d’Amazon sur une ancienne base aérienne militaire près de Metz était tenue secrète. La raison : un unique élu a signé, au nom des 108 que compte la métropole, un "accord de non-divulgation" avec la multinationale. Reporterre dévoile les coulisses de cette "négociation".

Metz (Moselle), correspondance - "Préserver les terres agricoles", "revivifier la biodiversité", "accueillir de jeunes agriculteurs", "développer le circuit court"… En marge du G7 des ministres de l’Environnement, des Océans et de l’Énergie, qui se tenait à Metz en ce début du mois de mai, Jean-Luc Bohl, le président de Metz métropole (UDI), et son conseiller délégué au développement de l’agriculture périurbaine ne manquaient pas de belles formules pour évoquer leur Agrobiopôle, sur le plateau de l’ancienne base aérienne de Metz-Frescaty. Juste en bordure de ces 70 hectares dédiés à l’agriculture périurbaine, pourtant, on attend la venue d’une multinationale étasunienne peu réputée pour "favoriser les produits de proximité" ou pour "pour améliorer l’alimentation, le bien-être de tous", à l’inverse de ses voisins maraichers. Son nom : Amazon.

Pourtant, au centre Pompidou-Metz, en pleine conférence sur les "territoires écologiques et solidaires", étrangement, le sujet semblait tabou. Nous attendions le moment des questions du public pour intervenir. Mais il semblait que Jean-Luc Bohl n’avait pas le droit de prononcer le mot Amazon.

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Enquête 3/3 > 4 juillet 2019 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Amazon grandit, l’environnement pâtit

Enquête 3/3 – Bétonisation à outrance, multiplication du transport routier, surconsommation d’objets électroniques, destruction des invendus, fret aérien… : le système d’Amazon pèse lourdement sur la planète.

C’est l’enjeu caché de l’extension de la vente en ligne. Pour les Amis de la Terre, Amazon est le symbole d’un modèle qui pousse à la surconsommation et alimente une société du tout jetable. Avec ANV-COP21, l’association a bloqué plusieurs sites du géant étasunien mardi 2 juillet. Car Amazon ne correspond pas seulement à une plateforme internet, affirment ses opposants, le géant du e-commerce est d’abord l’un des plus grands distributeurs du monde. En France, Amazon est le second vendeur de produits électroniques. Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), la consommation du type d’objets vendus sur Amazon, comme les télévisions, les smartphones, l’électroménager ou les vêtements, représente un quart des émissions de gaz à effet de serre des Français. En stimulant la demande et en cassant les prix, la multinationale contribue à la surproduction qui détruit la planète, arguent les Amis de la Terre.

En septembre 2018, ils ont saisi la Direction générale de la consommation et de la répression des fraudes, estimant qu’Amazon use de pratiques commerciales trompeuses. L’entreprise a développé depuis plusieurs années une pratique de site de marché (market place). C’est-à-dire qu’elle héberge sur son site des offres de vendeurs tiers, telles que des sociétés chinoises. Grâce à ce système, le géant se fait passer pour un simple intermédiaire qui mettrait en lien des particuliers, à l’image du site Le Bon Coin. Une manière de se dédouaner de toute responsabilité envers les consommateurs français. « Amazon ne respecte pas les droits de garantie et, lors de notre saisie, en septembre, elle ne reprenait toujours pas les déchets électroniques alors que c’était rendu obligatoire par la loi », déplore Alma Dufour, chargée de campagne au sein des Amis de la Terre. « Ces infractions permettent à Amazon d’être plus compétitif et de baisser ses prix pour renforcer son monopole, explique-t-elle. Amazon n’a rien d’un intermédiaire puisqu’elle organise le marché en cherchant à capter l’offre à bas prix des revendeurs chinois. Elle leur propose des services de traduction et des moyens logistiques pour expédier leurs articles. » Elle a même récemment obtenu l’autorisation d’effectuer directement du transport maritime de containers depuis la Chine.

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- 10 août 2020, par Marcuss - Blog : Le blog de Marcuss

La délinquance en col blanc (2-9)

La délinquance en col blanc est le système et la pratique de criminalité la plus violente de notre société. Provoquant des conséquences sociales et économiques terribles, elle est aussi la moins condamnée. La bourgeoisie veut être amnistiée par la société des actes délinquants qu’elle commet, tout en ne pardonnant rien aux classes dominées pour des agissements similaires ou moins graves.

 
Plan de l’écrit


Introduction

1. Edwin H. Sutherland, penseur de la criminalité en col blanc

2. Le capitalisme, la criminalité en son cœur

a. Criminogène ou criminel ?
b. Les ravages du capitalisme néolibéral, des crises apocalyptiques
c. La fraude et l’évasion fiscale : un crime organisé ?
d. Le capitalisme a inscrit la mort dans le travail

3. La dépénalisation, seulement pour la classe bourgeoise

a. La délinquance politique

4. Tolérance zéro pour les pauvres, tolérance zéro pour les riches

5. Conclusion

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11 Août 2020

     

- Société - Nécrologie - Par Philippe Petit, publié le 07/08/2020

Mais au fait, c'était quoi la pensée de Bernard Stiegler ?

Le philosophe Bernard Stiegler est mort ce jeudi 6 août. Malgré sa médiatisation, sa pensée, pourtant essentielle pour comprendre notre monde contemporain, reste très mal connue.

Des idées, plus ou moins intéressantes, tout le monde en a. Des concepts à fourbir, cela est plus rare. Le philosophe Bernard Stiegler qui vient de mourir à 68 ans, faisait partie de la deuxième catégorie. C’était un penseur au long cours. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, il était aussi à sa manière un activiste. Un fondateur d’école, d’association, un organisateur de rencontres intellectuelles ; il ne craignait pas de mettre en discussion ses trouvailles. Il aura attendu l’année 2003 pour rendre public ses années de prison suite à un braquage qui lui collait à la peau. Cinq années où il lui arrivait de ne pas dire un mot pendant un mois. D’éprouver le silence, tel un religieux dans sa retraite ; de lire jusqu’à plus soif tous les philosophes de la tradition, de leur faire crédit, et d’aiguiser en leur compagnie sa propre pensée.

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Cette présentation semble à tout le moins curieuse : j'ai le sentiment que "la" pensée de Monsieur Stiegler ne pouvait se résumer en quelques formules floues, non maitrisées, posées sans support et dans un français approximatif. De plus, la dernière question lève le doute sur l'auteur : il a écrit sans savoir, sans recherche. Piètre travail journalistique.

 

 

 


10 Août 2020

     

- Août 2000, page 28 - Dimanche 9 août 2020, par Bernard Stiegler

❐ Le philosophe Bernard Stiegler a mis fin à ses jours ce jeudi, gravement atteint par les suites d’une occlusion intestinale. Venu à la philosophie pendant un séjour en prison, où il purgeait une peine pour une série de braquages, il a longtemps exploré la question de la technique. Penseur exigeant, il a publié 3 textes dans nos colonnes ; “'Rapido', l’assommoir contemporain" est probablement le plus accessible.

Le temps des attrape-nigauds

"Rapido", l’assommoir contemporain

Tandis qu’il devient légitime de s’alarmer des pratiques de dopage chez les sportifs, s’est mise en place, en France, dans une pudique indifférence, l’une des dernières — et des pires — inventions de La Française des jeux : le Rapido. A cette loterie, dont les terminaux électroniques sont disposés dans ces innombrables lieux publics où l’Etat vend du leurre en masse, il y a "un tirage toutes les cinq minutes". L’imprimé qui vante cette "distraction" avertit d’emblée qu’on a "une chance sur 5,5 de gagner". On peut donc calculer son avenir, puis le jouer à la loterie douze fois par heure ! C’est ainsi que les plus grandes avancées technologiques servent parfois à crétiniser les masses.

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- Accueil > Tribune> 16 septembre 2019, George Monbiot

Le capitalisme nous conduit au désastre

"Il est temps d’en finir avec cette économie fondée sur le pillage", dénonce l’auteur de cette tribune. Ni féodalisme ni communisme d’État : ce féroce pourfendeur du capitalisme plaide pour une alternative cohérente fondée sur les travaux de multiples penseurs.

❐ Le journaliste George Monbiot, 56 ans, est une personnalité phare du militantisme écologiste en Grande-Bretagne. Il tient depuis plusieurs années une chronique hebdomadaire dans le grand quotidien progressiste The Guardian. Voici, en version française, celle initialement publiée le 25 avril 2019.

Pendant la plus grande partie de ma vie d’adulte, j’ai raillé le "capitalisme d’entreprise", le "capitalisme de consommation" et le "capitalisme de copinage". Il m’a fallu beaucoup de temps pour voir que le problème n’est pas l’adjectif, mais le nom.

Alors que certaines personnes ont rejeté le capitalisme avec joie et rapidité, je l’ai fait lentement et à contrecœur. En partie parce que je ne voyais pas d’alternative claire : contrairement à certains anticapitalistes, je n’ai jamais été un enthousiaste du communisme d’État. J’ai également été inhibé par son statut religieux. Dire que "le capitalisme est en train d’échouer" au XXIe siècle, c’est comme dire "Dieu est mort" au XIXe siècle. C’est un blasphème séculier. Cela demande un degré de confiance en soi que je n’avais pas.

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  - Tribune > 4 juillet 2009 / Serge Latouche

De la décroissance à l’a-croissance

Dans cet entretien, Serge Latouche explique clairement son itinéraire et les grandes lignes de sa pensée.

En tant qu’économiste, qu’est-ce qui vous a amené à devenir une des références de la décroissance ?

Je suis un économiste atypique venu à la décroissance depuis 2002… Auparavant, j’étais Président de l’association « Ligne d’Horizon – les Amis de François Partant » consacrée à la critique du développement et membre de l’Internationale informelle des « Disciples d’Yvan Illich ». Cette internationale était composée de personnes du Tiers-Monde comme Vandana Shiva en Inde, Gustavo Esteva au Méxique, Majid Rahnema en Iran, etc. ou de gens ayant travaillé dans le Tiers-Monde et ayant vu l’échec du développement.

Nous étions d’accord sur le fait que le développement était la poursuite de l’occidentalisation du monde commencé avec le colonialisme et l’impérialisme. On voulait savoir comment sortir du développement, dans les pays du Sud mais aussi dans ceux du Nord où seuls quelques marginaux comme José Bové s’installant dans le Larzac acceptaient cette idée.

Après la Chute du mur de Berlin on a été rattrapé par les crises successives (écologique, fin du fordisme, etc.) et on nous demandait ce qu’on proposait à la place.

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- Juillet 2020, page 28 - par Renaud Lambert 

Plombiers en blouse blanche

Transformer un pays en prison à ciel ouvert sans soulever d’émeute constitue à coup sûr un tour de force. Réussir cette prouesse alors qu’on vient d’essuyer un puissant mouvement social relève de l’exploit. De nombreux dirigeants y sont pourtant parvenus à l’occasion de la pandémie de Covid-19.

Dans certains pays, le pouvoir opta pour la force ; en France, il s’effaça derrière une poignée d’experts en blouse blanche, alors qu’il avait ignoré les revendications des soignants à l’automne 2019.

Depuis quelques mois, pas une déclaration politique qui ne s’accompagne d’un "suivant l’avis des scientifiques" ou d’un "sur décision collégiale des médecins". Les savants ont "pris le pouvoir", s’alarme Éric Zemmour.

Mais ne se sont-ils pas plutôt évertués à le servir ?

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- Human rights in focus - Immigration and asylum - Harriet Grant in Calais, published on Sunday 9 August 2020

'If I die, that is OK': the Calais refugees with nowhere to turn

Why asylum seekers are resorting to desperate measures to reach the ‘better, fairer’ UK

Sami: ‘Italy can’t take everybody, so I came to France. I have been waiting two years here with no answer on my asylum claim.’ Photograph: Harriet Grant/The Guardian

Sami was on a beach near Calais, crying, when Claire Moseley found him. The charity worker got a text asking for help and went to collect him in the early hours of the morning.

He and three friends, one of them only 17, had pooled their money to buy a three-seater kayak from the sports retailer Decathlon to try to make the arduous 20-mile journey to Britain, as 4,000 others have successfully done this year.

After 12 hours of rowing, they were down to one oar and the kayak they had crammed into was starting to sink. Sami, 40, says he wanted his younger friends to survive, so he called for help from the French coastguard and left the boat. He was rescued and returned to Calais. His friends made it to England, he says.

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09 Août 2020

     

- Carnet noir - Mark Hunyadi, publié vendredi 7 août 2020

Le philosophe Bernard Stiegler disparaît subitement

La vie trépidante et passionnée de ce penseur hors norme, spécialiste des technologies modernes, s’est achevée soudainement le 6 août

La mort, le jeudi 6 août, à l’âge de 68 ans, du philosophe français Bernard Stiegler a quelque chose de stupéfiant. C’est une mort que rien ne laissait présager aussi subite, tant il avait l’esprit jeune, avide de modernité, ivre de ses enthousiasmes.

Atteint d’un mal qui l’avait beaucoup fait souffrir il y a quelques mois et dont il pressentait un retour inéluctable, il s’est donné la mort, non en dépressif, mais en philosophe, dit son ami Paul Jorion.

Personnage volubile, attentif, amical et irascible, il s’était ces vingt dernières années consacré à la réflexion sur l’emprise des technologies numériques sur nos vies et la société, après s’être imposé sur la scène intellectuelle française, dès le milieu des années 1980, puis avec sa thèse avec Jacques Derrida en 1993, comme un penseur majeur de la technique.

 

 

- 20 ANS - Frédéric Koller, publié jeudi 22 mars 2018, Modifié vendredi 7 août 2020

❐ Penseur de l’innovation technologique et de ses implications sociales, le philosophe est décédé ce vendredi. Nous republions l’entretien qu’il avait accordé au «Temps» en mars 2018

Bernard Stiegler: “Toute technologie est porteuse du pire autant que du meilleur”

Le Temps fête ses 20 ans ces mois. Né le 18 mars 1998, il est issu de la fusion du Journal de Genève et Gazette de Lausanne et du Nouveau quotidien. Nous saisissons l’occasion de cet anniversaire pour revenir sur ces 20 années, et imaginer quelques grandes pistes pour les 20 suivantes.

Quand Le Temps voyait le jour dans ses bureaux de Cointrin, la rédaction était équipée des tout nouveaux iMac, Internet était balbutiant, le world wide web (www) venait à peine d’être inventé, Google n’existait pas, ni Facebook et les réseaux sociaux qui dominent aujourd’hui le Net, ni le big data. C’était l’ancien monde, celui d’avant les écrans interactifs.

L’une des grandes transformations de ces vingt dernières années, de celles qui rendent la vie d’avant impensable aujourd’hui, est indéniablement la révolution numérique. Elle marque une rupture, comme le fit l’imprimerie au XVe siècle. On parle de disruption – de bouleversement dans sa traduction française. Entrée dans le langage courant de l’économie et des médias, que signifie-t-elle au juste?

 

les 2 articles ci-dessus en 1 PDF

 

 

     

- Le 11/06/2020, SÉRIEProfession philosophe (62 épisodes) - Les Chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth

Épisode 62 :

  l'émission en mp3 (56 MO)

 

Bernard Stiegler : "Il ne faut pas rejeter les techniques mais les critiquer et les transformer"

Bernard Stiegler a découvert la philosophie en prison, et depuis, n'a eu de cesse de la transmettre, dans des ouvrages ou dans la création d'une école de philosophie : "Pharmakon". Spécialiste de la technique, il questionne les enjeux des mutations de nos sociétés engendrées par le numérique.

Bernard Stiegler • Crédits : Radio France

Etre philosophe, est-ce un métier ? est-ce une vocation ? Comment se fabrique un concept ? Et quel est le rôle du philosophe dans la cité ?

Bernard Stiegler est le fondateur d’un groupe de réflexion philosophique créé en 2005 : Ars industrialis, dans lequel il en appelle à une nouvelle manière de penser notre rapport à la technique et en particulier aujourd’hui aux algorithmes.

Depuis 2006 il dirige l’Institut de recherche et d’innovation qu’il a créé au Centre Pompidou ainsi que l’école de philosophie d’Epineuil, Pharmakon, qui offre des cours de philosophie à suivre sur place ou en ligne.

Il a écrit 35 livres et le dernier en date s’appelle Bifurquer (éditions des Liens qui libèrent).

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- Energy and Environment - By Jenny Rowland-Shea and Zainab Mirza, May 21, 2020

The Most Anti-Nature President in U.S. History

President Donald Trump has thrown in reverse the United States’ proud, bipartisan record of nature conservation. Unlike every modern-day U.S. president before him who helped build up America’s awe-inspiring system of public lands and waters, President Trump has pursued an agenda aimed at removing protections from vast swaths of public lands and waters.

In fact, President Trump is the only president in U.S. history to have removed more public lands than he protected.

The Center for American Progress calculates that over the past three years, the Trump administration has attempted to remove protections from nearly 35 million acres of public lands—approximately 1,000 times more land than his administration has protected.

While the courts may overturn many of the Trump administration’s rollbacks, these actions equate to stripping protections from an area the size of Florida.

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08 Août 2020

     

- Alessandro Mano - LA STAMPA - English edition- 2020-08-07

The Slippery Slope Of Global Warming, From A Melting Mont-Blanc Glacier

COURMAYEUR (Italy) — When the alarm sounded last year, it was because the ice on the Mont Blanc, on the border between Italy and France, was moving too quickly.

Its front had broken away from the rest of the ice lobe, separated by a huge crack, and descended three meters per day. Experts feared that 250 thousand cubic meters of ice might fall on the valley, an enormous quantity that could shatter on the rocks below, causing an avalanche and arriving on homes in the Ferret Valley, near Courmayeur.

The good news is that this year, the glacier is not travelling as fast, and last year's 250,000 cubic meters of ice are a distant memory: the heat has melted most of them. Some 176,000 collapsed in smaller blocks of ice that crumbled on the underlying rocks and flowed into the river, the Dora di Ferret.

But there's also bad news: A 40-meter crevasse has formed a new serac, a block of ice at risk of toppling, that is double the size of last year's: half a million cubic meters — larger than the Milan Duomo.

The warming climate added to the problem. After weeks of sizzling heat, with the air reaching zero degrees only at 5,000 meters above sea level, temperatures nosedived on Tuesday, Aug. 4, and it snowed abundantly on the glacier.

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- Master Sociétés & Biodiversité - #Environnement - #Fiction - 07/08/2020, Carole Sarkis et Joffrey Lavigne

Futurs des mondes ruraux : comment concilier perspective sociale et exigences écologiques ?

❐ Suite et fin de la série d'articles des Ateliers de Janvier consacrée à la place de la biodiversité dans les futurs des mondes ruraux. Au programme de ce cinquième épisode : comment concilier perspective socio-économique et exigences écologiques dans l’écriture des futurs de ces territoires ?

"Cette France en colère pose les questions essentielles de l’écologie politique : les transports contraints, l’étalement urbain avec la gentrification et l’expulsion des pauvres des métropoles, la précarité énergétique, l’inégalité dans la répartition des richesses." - Patrick Farbiaz, militant écologiste et altermondialiste, à propos du mouvement des Gilets jaunes.

Visions du monde antagonistes

Comme nous l’avons déjà évoqué, penser le futur de la biodiversité en lien avec l’évolution de son territoire ne va pas de soi, d’autant plus lorsque les difficultés quotidiennes, d’ordre social et économique, sont pour leur part bien présentes. Dans ce contexte, hors du confort de nos milieux urbains concernés, insérés et connectés à une multitude de services, réfléchir au futur peut apparaître comme un loisir, sans conscience aucune de l’urgence des préoccupations du moment.

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- Fabien Goubet - publié lundi 15 juin 2020 - matériaux

Un cristal convertit la lumière en hydrogène avec un rendement record

Des travaux japonais permettent un pas de plus vers un système de production d’énergie propre et vertueux, qui vise à fabriquer de l’hydrogène simplement à partir d’eau et de lumière

Le scénario laisse songeur. Capter la lumière du soleil et l’utiliser pour casser les molécules d’eau (H2O) via la réaction dite d’électrolyse, et obtenir ainsi du di-hydrogène (H2) stocké dans des bouteilles pressurisées. Voilà comment il serait possible de produire de l’énergie propre, renouvelable et transportable, sans ressource fossile ni gaz à effet de serre. Juste avec du soleil et de l’eau fraîche! Qui dit mieux?

Ce procédé, appelé power-to-gas, qui consiste plus largement à convertir des excédents d’énergies renouvelables en gaz durablement stockable, est déjà à l’œuvre dans quelques rares démonstrateurs dans le monde. L’un d’entre eux notamment, à Arzberg, en Allemagne, fabrique de l’hydrogène par électrolyse de l’eau en tirant l’énergie nécessaire de panneaux solaires voisins.

Une autre approche, plus expérimentale mais aussi plus simple, se passe complètement de panneaux solaires. La lumière est dans ce cas collectée par des matériaux semi-conducteurs appelés photo-catalyseurs, qui se présentent sous forme de petits cristaux immergés dans de l’eau. Leurs électrons, une fois excités par les photons lumineux, migrent vers la surface du cristal et enclenchent l’électrolyse de l’eau, produisant ainsi le di-hydrogène convoité. Avec cependant un piètre rendement, pour l’instant incompatible avec des applications commerciales.

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07 Août 2020

     

- Agriculture - 6 août 2020 Par Amélie Poinssot

La sécheresse place le secteur agricole devant l’urgence de faire évoluer ses pratiques

Le niveau de pluviométrie enregistré ce mois de juillet est le plus bas depuis 1959. De nombreuses exploitations agricoles sont en difficulté. Face à cet assèchement après plusieurs étés déjà très secs, la piste des retenues d’eau lancée par le ministre de l’agriculture ne convainc pas.

Un rendement nettement inférieur et de sérieux doutes sur la suite. Dans la Marne, Jean-Baptiste Prévost, à la tête de 280 hectares de grandes cultures, se demande bien comment il va rentrer dans ses frais cette année.

À cause du manque de précipitations depuis le début de l’été, particulièrement prégnant dans le nord-est, son orge de printemps récoltée il y a quinze jours n’a donné que 5,5 tonnes par hectare, contre 7,5 habituellement. Destinée à la brasserie, cette céréale qu’il cultive sur 60 hectares a vu en outre son prix chuter depuis l’épidémie de Covid-19.

Quant à ses pommes de terre de fécule, l’agriculteur prévoit un déficit de 15 à 20 tonnes par hectare, pour une récolte de 50 tonnes habituellement. Plantées au mois d’avril, elles stagnent depuis le début de l’été : "Les tubercules ne poussent plus, les tiges commencent à faner, elles sont sèches quand on tape dedans…"

Seule solution pour l’instant : l’aménagement de petits barrages entre les buttes de pommes de terre, afin de retenir l’eau quand elle arrive. Encore faut-il qu’il pleuve…

Ce mois de juillet, l’Hexagone a connu son niveau de pluviométrie le plus bas depuis le début des enregistrements par Météo France, en 1959. Nord et nord-est sont particulièrement touchés. Le phénomène n’est pas nouveau. Depuis 2011, plusieurs étés secs se sont succédé.

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- 7 août 2020, par Jean-Jacques Birgé - Blog : Miroir de drame.org

Bernard Stiegler, la musique est la première technique du désir

Nous avions rencontré Bernard Stiegler dans la cadre d'une enquête sur la fonction de la musique aujourd'hui, que Jean Rochard et moi réalisions pour le Journal des Allumés au début 2008... Je le reproduis en mémoire du philosophe décédé hier 6 août...

❐ Il est agréable d'interviewer quelqu'un qui se préoccupe d'abord de ses deux interlocuteurs et du médium à qui il s'adresse et que nous représentons.

Bien que nous nous souvenions très bien, et avec plaisir, de son frère Dominique lorsqu'il était journaliste à Révolution, nous ignorions l'attachement au jazz de l'ancien directeur de l'Ircam, de sa passion absolue pour cette musique jusqu'à son emprisonnement pour vol à main armée en 1978.

Stiegler eut la sagesse de faire son coming out sur ses activités délinquantes et écrivit Passer à l'acte en 2003 sur ce qui lui permit d'entrer en philosophie. La lecture d'un article passionnant sur la perte de la libido, conséquence de l'uniformisation, écrit pour Le Monde Diplomatique, nous donna envie de l'interroger sur les changements sociaux que la musique peut produire et comment sa fonction se transforme aux mains d'une industrie dont le moteur "essentiel" est le marketing.

Nous sommes surpris par son "optimisme" quant à l'avenir des nouvelles technologies lorsqu'il ne peut imaginer autre chose que l'écroulement d'un système qui a poussé la manipulation jusqu'à l'absurde, par sa désincarnation morbide et ses tentatives d'uniformisation des consciences.

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- Société - Entretien - Propos recueillis par Matthieu Giroux, publié le 12/02/2020

"Qu'appelle-t-on panser ?" : le dernier livre du philosophe Bernard Stiegler avant sa mort

Le philosophe Bernard Stiegler est mort ce jeudi 6 août. Nous l'avions interviewé il y a quelques mois, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, "Qu'appelle-t-on panser ? La leçon de Greta Thunberg". Le président de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) revenait sur l'urgence écologique.

❐ Article mis à jourLe 07.08.2020

Le philosophe Bernard Stiegler s'est éteint ce jeudi 6 août. Nous l'avions interviewé il y a quelques mois, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, "Qu'appelle-t-on panser ? La leçon de Greta Thunberg".

Le président de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) revenait sur l'urgence écologique.

Dans Qu'appelle-t-on panser ? (Les Liens qui libèrent), Bernard Stiegler affirmait que Greta Thunberg bousculait et choquait une "dissociété" devenue profondément immorale et irresponsable. Il utilisait la jeune Suédoise pour proposer une réflexion sur la crise écologique.

Marianne : Pouvez-vous nous expliquer le lien que vous faites entre penser et panser ? Ce lien est-il déjà présent chez Heidegger dont vous reprenez le titre ?

☛ Bernard Stiegler : Le premier à avoir établi que la pensée était une façon de panser, c'est Heidegger dans ’Être et Temps’ (1927) lorsqu'il fait du souci (die Sorge) une disposition primordiale du Dasein. Pour Heidegger, se poser la question de l'être, c'est nécessairement l'inscrire dans une perspective historique où il s’agit de soigner ce qui reste à venir du passé.

Dans ’Temps et Être’ (1962), Heidegger postule qu'il faut désormais penser l'être à l'aune de la technique moderne (Gestell). Le Gestell correspond au développement de ce qu'on appelle aujourd'hui la technosphère. Lorsqu'il pose ces questions, Heidegger a cinquante ans d'avance, anticipant l’épreuve de l’Anthropocène, mais il évacue la question essentielle de l'entropie, théorie formulée au XIXe siècle qui soutient que l'univers est travaillé par une dissipation de l'énergie absolument irréversible, que toute matière est de l'énergie qui est vouée à se dissiper. (...)

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06 Août 2020

     

- 6 août 2017- Par register - Blog : RESISTEZ !

Le plaidoyer pour la paix d'Albert Camus après Hiroshima le 8 août 1945

❐ Camus a été le seul intellectuel occidental à dénoncer l'usage de la bombe atomique au lendemain du bombardement d'Hiroshima dans son célèbre éditorial de "Combat". Alors que l'ONU vient d'adopter un traité interdisant les armes nucléaires (boycotté par la France, la Corée du Nord, Israël, etc) et alors que guerres et conflits ensanglantent la planète, son message est plus que jamais d'actualité.

"Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique.

On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. ... "

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- By Linda Villarosa, July 28, 2020

Pollution Is Killing Black Americans. This Community Fought Back.

African-Americans are 75 percent more likely than others to live near facilities that produce hazardous waste. Can a grass-roots environmental-justice movement make a difference?

The Philadelphia Energy Solutions refinery.Credit...Hannah Price for The New York Times

When Kilynn Johnson walks out the door of the house her parents bought in 1972, where she grew up and lives to this day, she steps into the warm embrace of a community where neighbors feel more like kin. Her home sits across the street from Stinger Square Park, where Johnson passed long days of her childhood playing alongside her siblings and cousins and friends. But by age 8, diagnosed with asthma, she spent more time sitting on the sidelines, watching the other children tumble on playground equipment or rip and run through the park. Once in a while a neighbor, Ms. Sylvia or any number of Black mother figures whom Johnson and everyone knew never to call by just their first names, might come by and check on her.

“You doing all right, Kilynn?” they would ask the quiet little girl.

Near the end of 2015, Johnson felt short of breath and wondered whether the asthma that plagued her when she was a child had flared up once again. By the last week of December, she was able to leave her house on the corner of Dickinson Street and South 32nd Street, in the Grays Ferry neighborhood of South Philadelphia, only once, to drag herself to church on New Year’s Eve. Three nights later, she began vomiting uncontrollably. At sunrise, she managed to call her former partner, Tony, and could get out only one word: “Hospital.”

PDF (15 pages)

 

 

 



     

- Mai 2020, pages 8 et 9, par Guy Laron 

Faux documents et vrais chiffons rouges

Petite histoire de la russophobie

Il y a un an, l’opposition démocrate fulminait de voir le président Donald Trump lavé par la justice américaine des soupçons de collusion avec la Russie. L’obsession antirusse des élites occidentales, notamment britanniques, en rappelle d’autres. Par le passé, certaines forces conservatrices ont même produit de faux documents pour alimenter la russophobie, y voyant une opportune diversion.

Alexandre III et le général Obruchev regardant une carte de guerre, gravure, 1885 - AKG-Images - World History Archive

Un autocrate machiavélique qui, de Moscou, rêve d’affaiblir la liberté et la démocratie ; des services de sécurité omnipotents œuvrant à de sinistres machinations et déployant leurs tentacules partout dans le monde ; un pays asiatique et barbare qui fait planer une menace sur la civilisation occidentale : ce flot d’images caricaturales du pouvoir russe n’a pas attendu l’arrivée au Kremlin de M. Vladimir Poutine pour se déverser à l’Ouest. On en trouve trace dès le XVe siècle. Au XIXe siècle, la frénésie anti-russe était telle que l’élite intellectuelle inventa le terme "russophobie" pour désigner à la fois les personnes qui nourrissaient une peur irrationnelle à l’égard de la Russie et celles qui exagéraient consciemment la menace qu’elle représentait.

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- ENVIRONNEMENT - Publié le 08 juillet 2020, Marina Fabre

En France, 20 % de l'eau potable fuit dans la nature et le plan de relance verte doit y remédier

Aujourd'hui, un litre sur cinq d'eau traitée et mise en distribution en France est perdue. En cause, un sous-investissement important dans le réseau de distribution vieillissant. Or, avec le réchauffement climatique, les épisodes de sécheresse et de canicule, l'enjeu devient primordial. La Fédération des entreprises de l'eau appellent, dans le plan de relance national, à doubler le taux de renouvellement des réseaux. Un chantier déjà identifié par le nouveau Premier ministre Jean Castex.

Avec le réchauffement climatique, la sécurisation des approvisionnements d'eau devient de plus en plus importante. - @Veolia

La France est un des pays où l'eau est la moins chère, sa qualité est bonne, mais les infrastructures vieillissent. À tel point que, selon une nouvelle étude de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement, mis en œuvre par l’Office français de la biodiversité, sur les 5,1 milliards de mètres cubes d’eau mis en distribution en 2017, un milliard s’est perdu dans la nature à cause des fuites, soit 20 %. C’est l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 18,5 millions d’habitants, note l’Observatoire. 

La France n’est pas un mauvais élève au niveau européen. Le taux de fuite se situe à 21 % au Royaume-Uni ou 38 % pour l’Italie. Mais le réchauffement climatique pousse à améliorer ces rendement.

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05 Août 2020

     

- > Août 2020, pages 20 et 2, par Pierre Rimbert 

Quand un groupe social cumule le savoir, le pouvoir et l’argent

La bourgeoisie intellectuelle, une élite héréditaire

La société, lit-on souvent, serait divisée entre les 1 % les plus riches et les 99 % restants. Mais ce résumé-choc évacue les inégalités liées aux diplômes. Et dissimule le rôle joué par la bourgeoisie intellectuelle, qui, même lorsqu’elle sert les 1 %, aime se représenter dans le camp des opprimés. Cette couche sociale issue de la "méritocratie" transmet ses privilèges à ses descendants, comme l’aristocratie d’autrefois.

À l’été 1957, le sociologue anglais Michael Young arpente une plage du Pays de Galles. Longtemps chercheur au sein du Parti travailliste britannique, dont il a rédigé le manifeste de 1945, il a depuis pris la tangente. Sur le sable, il rumine : onze éditeurs ont refusé son dernier manuscrit. Soudain, il aperçoit au bord de l’eau un couple d’amis, s’arrête, évoque avec eux ce texte dont personne ne veut. Coïncidence, ses acolytes éditent des livres d’art ; et décident d’inclure l’ouvrage à leur catalogue. Son titre : L’Ascension de la méritocratie. Avec ce terme bricolé à base de latin et de grec, Young anticipe les sarcasmes. Cinq cent mille exemplaires écoulés en quelques années font entrer "méritocratie" dans le langage courant. Au prix d’un gigantesque malentendu.

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- Monde - Entretien - Par Angéline Guillin, publié le 04/08/2020

Incendies aux États-Unis : "La méthode française ne marcherait pas chez eux"

Alors que l’"Apple Fire" fait rage dans la Cherry Valley, Carlo Zaglia, rédacteur en chef du magazine Soldats du Feu et spécialiste des feux de forêts, répond aux questions de "Marianne" sur la stratégie de lutte contre les incendies des Etats-Unis.

Comme chaque année, ça flambe. Depuis le vendredi 31 juillet, la Cherry Valley et la forêt nationale de San Bernardino, à l'est de Los Angeles, sont réduites en cendre par l’“Apple Fire”. Plus de 8.300 hectares partis en fumée, 7.800 personnes évacuées, et 1.300 pompiers mobilisés, mais le feu de forêt n’est toujours pas maîtrisé.

Outre sa casquette d'officier des Sapeurs-Pompiers, Carlo Zaglia est rédacteur en chef du magazine Soldats du Feu, et spécialiste des feux de forêts.

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- - Avril 1979, page 28 - Dimanche 2 août 2020

❐ Écrivain, journaliste et grand voyageur, Gilles Lapouge est mort ce vendredi à 96 ans. Auteur d’une dizaine de textes dans nos colonnes, de la "fascination pour les pôles" aux « arcs-en-ciel du noir" de Victor Hugo, il s’interrogeait, en 1979, sur la pertinence politique de l’utopie : "elle remplace le hasard par la nécessité volontariste et artificielle, hostile à l’organique et fanatique de l’organisation, décidée à nous gérer comme on résout un algorithme, l’utopie souhaite arracher les hommes au devenir, aveugler les brèches fétides par où passe l’histoire."

Interrogations

L’Etat utopique ou la haine de l’histoire

par Gilles Lapouge 

Et si le discours utopique nous aidait à démêler les écheveaux de nos sociétés ? Si la lecture de Platon de More ou de Morelly projetait sur notre histoire des lueurs ? A première vue, cette idée est folle. Elle est inutile aussi car la science politique est très active. Ses ateliers tournent à haut régime. Ils produisent des théories épatantes d’Aristote à Montesquieu, de Machiavel à Marx de Saint-Augustin à Rousseau, chacun fabrique son modèle. Au milieu de toutes ces personnes éloquentes l’utopie fait la muette. Faut il pourtant qu’elle parle et qu’on réclame ses leçons ?

Son mutisme s’explique. Elle s’est elle-même placée hors jeu. Dédaigneuse des choses du temps impassible, fastidieuse et inflexible, elle s’inscrit au ciel des idées. Elle n’a pas le soin de nos sociétés. Même, elle les hait, elle n’en aime pas la puanteur, la boue, le tragique, les inconstances ou la flétrissure. L’utopie n’a jamais construit le moindre Etat. Ses couleurs blêmes ou radieuses n’ont pas barbouillé les cités des hommes. Alors, la belle affaire qu’un architecte ait du génie s’il ne sait bâtir aucune demeure !

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04 Août 2020

     

- Divers Société - By Guinée Nondi, Octobre 21, 2019

Les devoirs du journaliste selon Albert Camus (Archive le monde)

Les “quatre commandements” du manifeste censuré de l’écrivain traversent son oeuvre romanesque et structurent sa réflexion philosophique.

Le manifeste que nous publions a été rédigé par Albert Camus (1913-1960) près de trois mois après le début de la seconde guerre mondiale. Il a alors 26 ans. Non signé, le texte est authentifié. Il est aussi d’actualité. Il pourrait tenir lieu de bréviaire à tous les journalistes et patrons de journaux qui aspirent à maintenir la liberté d’expression dans un pays en guerre ou soumis à la dictature, là où le patriotisme verrouille l’information.

"Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu’un esprit un peu propre accepte d’être malhonnête",

écrit Camus, pour qui résister, c’est d’abord ne pas consentir au mensonge. Il ajoute :

"Un journal libre se mesure autant à ce qu’il dit qu’à ce qu’il ne dit pas.”

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- CLIMAT - Enquête - 3 août 2020 Par Cécile Andrzejewski (Investigate Europe)

Subventions aux énergies fossiles: l’argent sale européen

Les États membres de l’UE continuent de subventionner massivement les énergies fossiles malgré l’affichage de leurs intentions écologistes sur la scène internationale. Plus de 137 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour soutenir la consommation et l’exploration de ces énergies polluantes.

«Les subventions inefficaces accordées aux combustibles fossiles encouragent la surconsommation, restreignent notre sécurité énergétique, font obstacle à l’investissement dans des sources d’énergie propre et portent atteinte aux efforts de lutte contre le changement climatique." La citation ne provient pas d’une récente interview de la militante Greta Thunberg, mais bien d’une déclaration des chefs d’État et de gouvernements à l’issue d’un G20. C’était à Pittsburgh (Pennsylvanie), en 2009.

Parmi les pays signataires, l’Italie, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, qui promettaient "d’éliminer progressivement et de rationaliser à moyen terme les subventions inefficaces aux combustibles fossiles". Cet engagement a été réitéré en 2013 quand le Conseil européen a décidé "l’élimination progressive des subventions préjudiciables à l’environnement ou à l’économie, y compris celles accordées aux combustibles fossiles”.

Rebelote trois ans plus tard, lors du G7, où étaient encore présents l’Italie, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, qui affirmaient : "Nous restons déterminés à éliminer les subventions inefficaces aux combustibles fossiles et encourageons tous les pays à le faire d’ici 2025."

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- 4 août 2020, Par France Nature Environnement - Blog : Le blog de France Nature Environnement

Enfouissement de déchets radioactifs: un schéma qui remet en cause le projet Cigéo

À Bure, l’Andra s’apprête à déposer une demande de "Déclaration d’utilité publique" pour le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs de haute et moyenne activité. Ce projet peut-il réellement être considéré d’"utilité publique" ? France Nature Environnement apporte un élément au dossier et demande à la Ministre de la Transition Écologique de refuser que l’Andra dépose cette demande.

Cigéo, c’est avant tout un projet hors normes, le plus Grand Projet Inutile et Imposé d’Europe

Hors normes par sa taille, puisque pour stocker 99,9 % de la radioactivité totale des déchets nucléaires produits par les centrales françaises, le réseau de galeries ferait 270 km de long : c’est plus que le métro parisien qui s’étend sur 219,9 km. Hors normes aussi par sa durée, certains déchets resteront dangereux durant 100 000 ans ! Il y a 100 000 ans, l'Homme commençait à se déplacer au-delà de l'Afrique. Où serons-nous dans 100 000 ans ? Ou même moins : des archéologues ont récemment découvert une cité datant de moins de 5 000 ans sur le site de Cigéo … qui avait été totalement oubliée.

Qui dit projet hors normes, dit précautions hors normes. Et pourtant. Alors que le projet est à l’étude depuis plus de 15 ans, de nombreux doutes demeurent, notamment sur la géologie du site choisi.

La couche d’argile censée contenir la radioactivité ne serait ni assez homogène, ni assez épaisse

 

l'étude de Jean-Dominique Boutin (PDF)

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03 Août 2020

     

- Scott Ludlam - Published on Thursday 30 Jul 2020

Love letter from 2029: I want you to know we did it, we turned the ship around

❐ In a series that asks writers to imagine a not-too-distant future, Scott Ludlam urges the citizens of 2020 to hold on, keep fighting and look to the margins

Set in 2029, Assembly for the Future – part of Bleed festival – invites thinkers and artists to address an Australian audience in 2020 to let them know what the future holds. These futures may be realistic, idealistic or utterly fanciful; for Scott Ludlam, it is one filled with hope, collaboration and a post-capitalist global uprising, as he imagines a time when ecological catastrophe has been averted, Australia is a renewable continent, and the oldest living culture on earth is the foundation for a movement of justice and peace.

In his letter from the future, Scott Ludlam imagines ‘a post-capitalist uprising, leaderless and somehow everywhere’. Photograph: Jenny Evans/Getty Images

I’m speaking to you from the Sovereign Yuin nation on the south coast of what you’d have called New South Wales. Since the treaty hand-backs started we don’t use that name much any more, and I can’t say anyone misses it.

So you’ve been shifted nine years forward; it’s July 2029; which is not such a huge traverse when you think about it; 3,285 days and nights. And the reason each of you have been brought here will become clearer as we go, but for me it’s really simple: it’s so I can say thank you, deeply, for all of the things you did during those 3,000 days and nights.

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(Johan de Moor, dessinateur belge)

 



     

- Science & Environment - By David Shukman Science editor, 16 July 2020

Climate change: Summers could become 'too hot for humans'

Millions of people around the world could be exposed to dangerous levels of heat stress - a dangerous condition which can cause organs to shut down.

Many live in developing countries, and do jobs that expose them to potentially life threatening conditions. These include being out in the open on farms and building sites or indoors in factories and hospitals.

Global warming will increase the chances of summer conditions that may be "too hot for humans" to work in.

When we caught up with Dr Jimmy Lee, his goggles were steamed up and there was sweat trickling off his neck. An emergency medic, he's labouring in the stifling heat of tropical Singapore to care for patients with Covid-19.

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- 31 juillet 2020, Régis de Castelnau

Arrestation de Soral : pourquoi il ne faut pas jubiler

Comme on est précautionneux, et que l’on n’a pas envie de se fâcher avec tout le monde, on va commencer par confirmer qu’Alain Soral est un personnage totalement exécrable. Aigri, haineux, antisémite, négationniste (pour moi le pire) il coche quand même un maximum de cases. Et lorsqu’il aura débarrassé le plancher on respirera un peu mieux.

Mais,

L’exultation bruyante que l’on entend résonner partout à la suite de son interpellation met quand même un peu mal à l’aise. Entendre acclamer des mesures pénales contre l’expression d’opinions fussent-elles détestables est toujours gênant.

Comme d’habitude on va casser les pieds à tout le monde en rappelant quelques éléments juridiques:

➠ toutes les procédures qui existent jusqu’à présent contre lui relèvent de son expression verbale ou écrite. Et par conséquent de la loi de 1881 sur la presse qui organise en France l’application de la déclaration des droits de l’Homme sur la liberté fondamentale de la libre expression de ses opinions.

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- Par Célia Cuordifede, publié le 30/07/2020

Covid-19 : ces chiffres qui montrent que la France n'est pas prête pour la deuxième vague

Face à une potentielle résurgence de l'épidémie, Emmanuel Macron a estimé, lors de son discours du 14 juillet, que la France serait prête. Néanmoins, les chiffres communiqués à "Marianne" par la Direction générale de la santé et les acteurs de terrain tranchent avec la sérénité du président.

Certains signes n'auront échappé à personne. Comme le port du masque rendu obligatoire dans les lieux publics ou la hausse de 26 % des cas de Covid en l'espace d'une semaine. La France sera-t-elle opérationnelle si l'épidémie prenait à nouveau de l'ampleur ? Question légitime. Car l'histoire retiendra du pic épidémique de mars et avril 2020 une impréparation et une pénurie générale de matériel médical : masques, lits de réanimation, médicaments, tests, respirateurs…

"Oui, nous serons prêts !", a répondu Emmanuel Macron lors de son interview du 14 juillet.

Oui, mais quand ?

"Nous avons à la fois les stocks et les approvisionnements qui sont sécurisés. Et nous avons l 'organisation au plus près du terrain qui permettrait de faire face à une recrudescence, si elle était là", a-t-il ajouté.

Faut-il y voir un optimisme forcené ou un fidèle état des lieux ? Sur le terrain, médecins, infectiologues et biologistes ont un ton bien moins assuré que le président.

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- - Mars 1999, page 28, par Ivan Illich 

Un facteur pathogène prédominant

L’obsession de la santé parfaite

Dans les pays développés, l’obsession de la santé parfaite est devenue un facteur pathogène prédominant. Le système médical, dans un monde imprégné de l’idéal instrumental de la science, crée sans cesse de nouveaux besoins de soins. Mais plus grande est l’offre de santé, plus les gens répondent qu’ils ont des problèmes, des besoins, des maladies. Chacun exige que le progrès mette fin aux souffrances du corps, maintienne le plus longtemps possible la fraîcheur de la jeunesse, et prolonge la vie à l’infini. Ni vieillesse, ni douleur, ni mort. Oubliant ainsi qu’un tel dégoût de l’art de souffrir est la négation même de la condition humaine.

Quand on considère en historien notre médecine, c’est-à-dire la médecine dans le monde occidental, on se tourne inévitablement vers la ville de Bologne, en Italie. C’est dans cette cité que l’ars medendi et curandi s’est séparé, en tant que discipline, de la théologie, de la philosophie et du droit. C’est là que, par le choix d’une petite partie des écrits de Galien, le corps de la médecine a établi sa souveraineté sur un territoire distinct de celui d’Aristote ou de Cicéron. C’est à Bologne que la discipline dont le sujet est la douleur, l’angoisse et la mort a été réintégrée dans le domaine de la sagesse ; et que fut dépassée une fragmentation qui n’a jamais été opérée dans le monde islamique, où le titre de Hakim désigne, tout à la fois, le scientifique, le philosophe et le guérisseur.

Bologne, en donnant l’autonomie universitaire au savoir médical et, de plus, en instituant l’autocritique de sa pratique grâce à la création du protomedicato, a jeté les bases d’une entreprise sociale éminemment ambiguë, une institution qui, progressivement, a fait oublier les limites entre lesquelles il convient d’affronter la souffrance plutôt que de l’éliminer, d’accueillir la mort plutôt que de la repousser.

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02 Août 2020

     

- Written by Amy Goodman, Democracy Now - August 1, 2020

Noam Chomsky: We are racing madly towards total catastrophe under the leadership of sociopathic fanatics

As the U.S. coronavirus death toll tops 150,000, we spend the hour with world-renowned political dissident, linguist and author Noam Chomsky, who says decades of neoliberal policies that shredded the social safety net and public institutions left the country ill-prepared for a major health crisis. “We should understand the roots of this pandemic,” he says.

AMY GOODMAN: This is Democracy Now!, Democracynow.org, The Quarantine Report. I’m Amy Goodman.

❐ The U.S. coronavirus death toll has topped 150,000 on Wednesday, the highest of any nation by far. The hardest hit states per capita are Florida, Louisiana, Arizona, Mississippi, Alabama, Nevada, South Carolina, Texas, Idaho, Tennessee and Georgia, a list that includes all seven of the original Confederate states.

Today we talk about COVID and so much more as we spend the hour with Noam Chomsky, the world-renowned political dissident, linguist and author, Professor Emeritus at the Massachusetts Institute of Technology, where he taught for more than 50 years, now laureate professor in the Department of Linguistics at the University of Arizona. Author of more than 100 books. Professor Chomsky spoke with Democracy Now!’s Nermeen Shaikh and I on Thursday, from his home in Tucson, Arizona about the coronavirus crisis.

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- By Kate Yoder, on July 28, 2020

The surprising reasons why people ignore the facts about climate change

Picture yourself giving nearly the same speech hundreds of times, filled with rock-solid facts, detailed charts, and impassioned moral pleas. Despite years of these efforts, you’re hoarse and exhausted and can’t shake the sense that people still aren’t listening.

“It’s a very hollow feeling,”

Senator Sheldon Whitehouse, a Democrat from Rhode Island, told journalists after giving his 200th speech on climate change on the Senate floor in 2018. He felt like he was talking to an “empty chamber.” His addresses, detailing the rising levels of carbon dioxide in the atmosphere, the climbing costs of floods and wildfires, and the flow of “dark money” to block climate legislation, had become a weekly tradition, but there wasn’t much evidence that the hundreds of hours he spent on them had changed his fellow senators’ minds.

While only a sixth of Americans dismiss the scientific consensus that the planet is heating up, a larger chunk — one-third — still doubt that humans are responsible. Two new studies dig into the reasons why so many people resist accepting the facts on climate change and offer some insight into how to talk to them about our overheating planet in a way that might be more compelling. The takeaway: Evidence alone isn’t enough.

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  - - The Observer Migration - Toby Helm Political editor, Sunday 2 August 2020

Brexit fuels brain drain as skilled Britons head to the EU

A British-German study uncovers huge changes in migration patterns of UK citizens since 2016 referendum

Migration from the UK to remaining EU countries has increased by 30%. Photograph: Danny Lawson/PA

Brexit has sparked an exodus of economically productive people from the UK to European Union nations on a scale that would normally be expected only as a result of a major economic or political crisis, according to a detailed new study.

Using a combination of official statistics across the EU and in-depth interviews with people living in Germany, the study found huge changes in migration patterns of UK citizens since the 2016 referendum, which contrast with largely stable ones among nationals from the 27 EU states remaining in the bloc.

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01 Août 2020

     

- Août 2003, page 28, Jeudi 30 juillet 2020

❐ Avocate opiniâtre, militante anti-coloniale, féministe intransigeante, Gisèle Halimi est décédée ce mardi à Paris. Engagée contre toutes les injustices et les dominations, elle restera dans l’histoire comme une femme libre et courageuse, une des pionnières du féminisme, ne pliant devant aucune autorité. En 2003, elle prenait la plume dans nos colonnes pour la dernière fois afin de défendre la première Enquête sur les violences envers les femmes (Enveff) attaquée de toute part (de Élisabeth Badinter à Alain Minc)… C’était bien avant que l’un de ses trois fils, Serge Halimi, ne devienne directeur du Monde diplomatique.

Le "complot" féministe

par Gisèle Halimi 

Impossible de ne pas l’avoir vu, entendu, lu, remarqué. Feu nourri de toutes parts. Tirs à boulets rouges. La cible ? Le féminisme d’aujourd’hui : "Une escroquerie", une entreprise de "victimisation" des femmes, qui "fragilisent" les hommes, les transforment en "objets" de leurs "nouveaux maîtres", les féministes. Des livres, des manifestes bruyants et un relais hégémonique, obsédant, dans les médias.

Violence subie par les femmes. Nos procureurs en contestent l’importance et l’ampleur. Ils reprochent, en chœur, à la grande Enquête sur les violences envers les femmes en France (Enveff), rendue publique en 2001, de pratiquer l’amalgame entre ses différentes formes. Les auteur(e)s de la première enquête de ce genre en France — des chercheurs — sont accusé(e)s d’avoir recensé, sous la même rubrique de "violences conjugales", les atteintes psychiques et physiques subies. Depuis la violence psychologique jusqu’à la violence sexuelle. Il s’agirait d’un trucage, une volonté d’exiger — indûment ? — protection et réparation, bref une attitude de "victimisation" selon ces censeur(e)s. Avec, comme but (et résultat), d’accabler des innocents : les hommes.

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- by Isabel Wilkerson, published on Tuesday 28 July 2020 - The long read

America's 'untouchables': the silent power of the caste system

We cannot fully understand the current upheavals, or almost any turning point in American history, without accounting for the human pyramid that is encrypted into us all: the caste system. By Isabel Wilkerson

A demonstrator next to a fence bearing names of black people killed by police, Washington DC, June 2020. Photograph: Olivier Douliery/AFP/Getty Images

In the winter of 1959, after leading the Montgomery bus boycott that arose from the arrest of Rosa Parks and before the trials and triumphs to come, Martin Luther King Jr and his wife, Coretta, landed in India, at Palam Airport in New Delhi , to visit the land of Mohandas K Gandhi, the father of nonviolent protest. They were covered in garlands upon arrival, and King told reporters:

“To other countries, I may go as a tourist, but to India I come as a pilgrim.”

He had long dreamed of going to India, and they stayed an entire month. King wanted to see for himself the place whose fight for freedom from British rule had inspired his fight for justice in America. He wanted to see the so-called “untouchables”, the lowest caste in the ancient Indian caste system, whom he had read about and had sympathy for, but who had still been left behind after India gained its independence the decade before.

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  - both sides now - By Joseph Winters, on July 28, 2020

The curse of ‘both-sidesism’: How climate denial skewed media coverage for 30 years

Ever wonder why Americans have been so slow to support climate action? A new study lays some of the blame on media bias —for 30 years, three of the country’s most influential sources of news gave too much credence to arguments that the world shouldn’t take decisive action to mitigate climate change.

“Opponents of climate action have been given an outsize opportunity to sway this debate,” said Rachel Wetts, the author of the study.

Her results were published Monday in the Proceedings of the National Academy of Sciences.

Wetts analyzed 1,768 press releases from business, government, and social advocacy organizations from 1985 to 2013, categorizing them by their stance on climate action. She then ran the press releases through plagiarism detection software to see how often they were featured in the country’s largest-circulation newspapers: The New York Times, The Wall Street Journal, and USA Today.

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- Édition : Des livres et nous - Par Syrine KRICHEN, 1 août 2020

Chomsky: la fabrication du consentement, de la propagande médiatique en démocratie

Noam Chomsky est avant tout un savant, un linguiste qui pense le politique et propose une modélisation des systèmes de propagande avec en focus les intarissables discours des politiques qui partent souvent de A, bifurquent vers R et arrivent enfin à Z.

Noam Chomsky est avant tout un savant, un linguiste qui pense le politique et propose une modélisation des systèmes de propagande avec en focus les intarissables discours des politiques qui partent souvent de A, bifurquent vers R et arrivent enfin à Z. Avec Chomsky et Edward S. Herman, dans cette Fabrique du Consentement, il ne s’agit pas de décortiquer seulement une novlangue : cette langue créée par l’écrivain George Orwell avec son vocabulaire, sa grammaire neuve, codée, simplifiée et véhiculée par le pouvoir afin de manipulations des peuples, pour Chomsky il nous faut réfléchir tout autant sur une langue archétype qui constamment mute, permute comme cet outil social manifeste qui permit aux premiers chasseurs cueilleurs de se dépasser et de devenir des hommes parlants. 

Dans la Fabrique du consentement, l’année 1986 est une année de référence : ainsi, à cette date étaient répertoriés 5000 langues et dialectes dont 847 étaient d’origines indiennes, toujours en 1986 un programme de désinformation sous le gouvernement de Reagan circulait afin de déstabiliser le Colonel Khadafi et la Lybie, en 1986 toujours les Etats-Unis comptaient 84 800 000 téléviseurs, en 2010 et 2011 le nombre de récepteurs était de 115 millions, sans compter les écrans des smartphones.

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