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23, (Juillet 2020)

 

 

 

dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 943 communes s'opposent au 'Linky'

 

 

 


31 Juillet 2020

     

- ENVIRONMENTAL JUSTICE - Jean Chemnick, E&E News reporterPublished, Monday, July 20, 2020

'America is still segregated, and so is pollution'

The last known ship to carry Africans to slavery in the United States came through Mobile Bay in 1860.

The international slave trade had been illegal for five decades by then, but Alabama landowner Timothy Meaher bet friends that authorities wouldn't notice his small schooner. He won that wager.

The Clotilda's cargo of mostly children brought from what is now Benin in West Africa would spend five years in slavery before emancipation. But when the new Americans put down roots in the area and founded Africatown — about 5 miles north of Mobile — they continued to be affected by Meaher and his family.

Major landowners, the Meahers leased tracts to their former slaves, but the family over generations found it more profitable to lease to businesses. In 1928, a major paper mill was built on what was once Meaher land on the edge of Africatown.

Joe Womack, executive director of the advocacy group Africatown-CHESS, said paper production filled air, waterways and people's lungs with “ash."

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- Info > 31 juillet 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Malgré ses annonces, l’État pourrait laisser Amazon construire des entrepôts à gogo

Dix jours après l’annonce d’un éventuel moratoire, l’idée semble, déjà, enterrée : aucun gel temporaire n’a été décidé alors que la multinationale prévoit de doubler le nombre de sites en France d’ici 2021. Au sein du gouvernement, la cacophonie règne et les prises de position sont timides face à ce "modèle destructeur pour l’emploi et l’écologie".

Au sein du gouvernement, le laps de temps entre une annonce et son désaveu semble de plus en plus rapide. Les discours verdoyants s’enchaînent mais peinent à se traduire en acte. Le 17 juillet, Barbara Pompili proposait de bloquer temporairement la construction d’entrepôts de e-commerce et donnait « une lueur d’espoir" à tous les militants engagés aux quatre coins de la France contre l’expansion d’Amazon.

Au micro de RTL, la nouvelle ministre de la Transition écologique assurait que "c’est maintenant que les décisions doivent être prises. Les informations sur les destructions d’emplois reposent sur des calculs tout à fait fiables. Il y a des mobilisations de plus en plus importantes dans les territoires contre ces projets. C’est le moment de mettre un coup d’arrêt", expliquait-elle, avec fermeté.

Avant d’être ministre, elle avait également signé, en tant que députée, une tribune à charge contre le géant de la vente en ligne : "Ses projets sont contraires à la lutte contre le changement climatique et à l’ambition de relocaliser l’économie, affirmait le texte publié dans Libération. À l’heure de l’urgence écologique, ces nouvelles implantations vont dans le sens inverse de l’histoire".

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- Publié le 22 juillet 2020, par Michel Soudais

Une souveraineté en faux-nez

La reconquête d’une "souveraineté économique" figure depuis parmi les objectifs de la "reconstruction" annoncée par le chef de l’État, un discours qui n’est pourtant qu’un effet de manche.

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Emmanuel Macron assure avoir tiré les leçons des pénuries de masques, de réactifs, de respirateurs et de médicaments qui ont cruellement affecté la capacité de réaction du pays à la pandémie de Covid-19. S’adressant aux Français, le 12 mars, il reconnaissait dans une sorte de mea culpa que c’était

"une folie" de "déléguer à d’autres notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie".

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30 Juillet 2020

     

- Au détour des livres 2020 (5/16) - Chronique - 29 juillet 2020 Par Marine Turchi

Violences sexuelles: Giulia Foïs démonte le stéréotype de la «bonne victime»

Dans Je suis une sur deux, la journaliste de France Inter Giulia Foïs raconte le viol qu’elle a subi à 20 ans, ses conséquences concrètes – dans le corps, la tête, la vie d’après –, et démonte les stéréotypes persistant sur les violences sexuelles.

C’était vingt ans avant #MeToo. Avant les témoignages d’Adèle Haenel, Valentine Monnier, Vanessa Springora, Sarah Abitbol. Avant les dizaines de milliers de personnes dans la rue contre les violences sexuelles. À une époque où les récits de victimes de viols à la télévision étaient encore, le plus souvent, entourés de honte et de secret : perruques, lunettes noires et voix brouillée.


C’est parce qu’elle a manqué de modèles auxquels s’identifier que la journaliste de France Inter Giulia Foïs a pris la plume. Dans Je suis une sur deux, paru en mars aux éditions Flammarion, elle raconte le viol qu’elle a subi en 1997, à 20 ans, alors qu’elle travaillait comme hôtesse d’accueil au Festival d’Avignon, l’acquittement de son violeur trois ans après, puis sa longue reconstruction.

Dix ans après les faits, ce sont les livres de Clémentine Autain et de Virginie Despentes qui l’ont aidée à relever la tête. "Elles ont été violées, mais elles n’ont pas peur de le dire. Le regard droit, la tête haute, elles n’ont même pas l’air d’avoir honte. Ni de l’avoir vécu, ni d’avoir survécu", écrit-elle. "J’étais victime. Mais “victime”, avec elles, devenait respectable. Parce qu’elles étaient admirables."

L’animatrice de l’émission "Pas son genre", sur France Inter, livre un témoignage tranchant et pédagogique sur les conséquences concrètes des violences sexuelles – dans le corps, dans la tête, dans la vie d’après. "Ça fait quoi, un viol ?" : la question revient au fil des 200 pages du livre. Et Giulia Foïs y répond magistralement. L’hôpital, le commissariat, les assises. L’interview de son agresseur dans La Provence après son acquittement par la cour (essentiellement composée de jurés populaires), expliquant qu’on lui a "volé trois ans de [sa] vie", quand elle n’a eu droit ni à la justice, ni à la parole. L’incapacité de prendre le métro après 22 heures, l’oreille qui se dresse en entendant des pas derrière elle une fois la nuit tombée, le ventre qui se noue chaque année à l’approche du 24 juillet. La culpabilité et la honte de prononcer le mot viol. La tristesse qui se transforme en colère puis en action.

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- Reporterre publie une série d’articles afin de décrypter "l’envers du manger français". Vous pourrez lire :

 un reportage dans des vergers des Bouches-du-Rhône, où sont employés des travailleurs étrangers, bien souvent dans des conditions de travail et d’hébergement indignes ;

un entretien avec un avocat et un sociologue;

des portraits de ces hommes et de ces femmes qui ramassent nos abricots, pêches et melons.

 

 

Reportage > 30 juillet 2020 / Sandrine Lana, Éric Besatti et Hélène Servel

Des travailleurs étrangers peinent dans les vergers du Sud : l’envers du "manger français"

"La plaine de la Crau, c’est l’horreur !" Reporterre s’est rendu dans des vergers des Bouches-du-Rhône, où sont employés des travailleurs étrangers. Indispensables à l’agriculture française, ils enchaînent bien souvent de longues journées de travail, tout en vivant dans des logements insalubres.

Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône) - Le soleil vient de se lever au domaine de la Cabanasse et deux journées ont déjà commencé pour la centaine de personnes qui travaillent ici. Il y a celle des patrons, Patrice et Lucas Vulpian, père et fils. Ils s’activent, bloc-note dans une main et feutre dans l’autre pour anticiper le travail des équipes comme les livraisons aux grossistes, aux centrales d’Auchan ou de Système U. La journée qui se déroule ici, c’est celle du bout de la chaîne. Dans ce grand hangar de pierre du début du 20e siècle, les bureaux de l’administration côtoient la ligne de tri et d’emballage, le frigo et les quais de chargement. Lucas vient d’ouvrir la petite porte de derrière, la trentaine de travailleuses et travailleurs français entrent. La plupart sont de jeunes étudiantes des environs employées pour l’été. Il est 8 h, le rythme des tapis, bruyants, est frénétique : le balai des lève-palettes peut commencer.

L’autre journée, qui se déroule en parallèle, a déjà commencé il y a quelques heures dans les champs. Pour s’y enfoncer, il faut suivre le guide. Avec ses cheveux gris et sa démarche rapide, Patrice Vulpian a l’air de ne jamais vouloir perdre une seconde. Impliqué syndicalement à la [FDSEA 13|Branche départementale de la FNSEA, syndicat majoritaire], il explique sans détour les besoins de la profession. Son exploitation est une des plus importantes de la Crau : 160 hectares de foin de Crau AOC, 75 hectares de pêchers et 15 hectares d’abricotiers, pour 1.500 tonnes de pêches et 150 tonnes d’abricots par an. Ce matin, sa mission consiste à faire le tour des équipes dans les champs, s’assurer que tout le monde fait les bons gestes, que le travail avance.

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Entretien > 30 juillet 2020 / Entretien avec Yann Prévost et Frédéric Decosse

“La réalité de l’agriculture française, ce sont des hommes et des femmes qui se cassent le dos”

Main-d’œuvre à bas coût, logements indignes... Un avocat et un sociologue spécialistes du travail agricole détaché détaillent à Reporterre comment, en glorifiant le made in France, "on promeut alors des marchandises qui ne sont pas produites de manière différente qu’en Espagne ou au Maroc".

Yann Prévost est avocat au barreau de Marseille et de Paris. En 2012, il est devenu l’avocat de la famille d’Elio Maldonado, travailleur détaché équatorien mort de déshydratation dans une exploitation des Bouches-du-Rhône. Il défend d’autres saisonniers agricoles, notamment pour conditions de travail indignes et harcèlement sexuel et s’apprête à faire face aux avocats de la société Terra Fecundis, entreprise de travail temporaire (ETT) espagnole spécialisée dans la mise à disposition de main-d’œuvre agricole en France. 

Frédéric Decosse est sociologue et chercheur au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail du CNRS. Il a parcouru les exploitations agricoles camarguaises et de la Crau (Bouches-du-Rhône) pendant plusieurs années et a écrit sa thèse sur les saisonniers marocains dans les Bouches-du-Rhône, intitulée Migrations sous contrôle. Agriculture intensive et saisonniers marocains sous contrat "OMI".

Leurs regards croisés aident à comprendre la complexité juridique et sociologique du détachement dans le secteur agricole en France.

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Portraits > 30 juillet 2020 / Sandrine Lana, Éric Besatti et Hélène Servel

Marocains, Sénégalais, Équatoriens... Ces travailleurs étrangers qui ramassent nos pêches françaises

Les silhouettes courbées dans les champs de tomates et de melons dans le sud de la France ont aussi une histoire. Reporterre a rencontré six saisonniers agricoles étrangers — Sénégalais, Équatoriens, Marocains... — venus travailler dans les cultures françaises.

Qui sont celles et ceux qui ramassent nos pêches et nos melons ? Les personnes qui viennent travailler pour Terra Fecundis dans le sud de la France et dont on n’aperçoit que les silhouettes courbées dans les champs de tomates et de melons ont aussi un visage et une histoire. Elles viennent de quelque part, appartiennent à d’autres mondes et ont des rêves, des rages, des doutes et de l’humour. Reporterre a rencontré six d’entre elles. Leurs routes se croisent plus ou moins pour se rejoindre toutes dans les champs de Camargue, des Alpilles et de la plaine de la Crau.

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- Parti pris - 29 juillet 2020 Par Edwy Plenel

La sauvagerie politique de Gérald Darmanin

Mis en cause pour des faveurs sexuelles qu’il est suspecté d’avoir obtenues en échange d’interventions politiques, lié à un ex-président de la République triplement mis en cause par la justice, Gérald Darmanin n’aurait jamais dû être promu ministre de l’intérieur. Son comportement depuis montre que son départ serait de salubrité publique.

Alors qu’il est encore visé par une enquête judiciaire pour viol, ayant obtenu des faveurs sexuelles tout en promettant une intervention politique, la récente promotion ministérielle de Gérald Darmanin fut une insulte faite aux femmes victimes des abus des hommes, de leur violence et de leur privilège (lire l’article de Lénaïg Bredoux).

En osant affirmer qu’il s’étouffe quand il entend parler de "violences policières", le nouveau ministre de l’intérieur vient d’y ajouter une insulte pour leurs victimes, mortes étouffées par une clé d’étranglement (lire l’enquête de Pascale Pascariello).

Entre-temps, il avait aussi insulté la vitalité et la diversité de la société française, ses mobilisations populaires et ses révoltes juvéniles, en les assimilant à un "ensauvagement" général (lire l’analyse d’Antoine Perraud).

Dernier avatar d’une dérive commencée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin est désormais le nouveau symbole d’une politique sauvage. D’une politique qui ne s’autorise que d’elle-même, s’émancipant des règles communes. D’une politique aventurière, violente et grossière. D’une politique sans autre boussole que le pouvoir, l’abus qu’il permet, le profit qu’on en tire, la protection qu’il confère. D’une politique sortie de ses gonds à la faveur de la panique grandissante d’une classe dirigeante ayant fait sécession, indifférente au sort collectif, arc-boutée sur ses avantages, aveugle aux sursauts du monde.

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29 Juillet 2020

     

- - Édito > 23 juillet 2019 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Le changement climatique n’est plus une idée, c’est ma réalité

La France connaît un second épisode caniculaire en moins d’un mois, et vit les prémices d’un monde au climat fortement chamboulé. Sensation d’être dans un four, vie qui s’arrête, grêle dévastatrice, crainte du feu… Le changement climatique s’impose comme une réalité palpable et angoissante.

La chaleur, dans le Sud languedocien, ça nous connaît. Le mercure qui s’installe paresseusement au dessus des 30 °C, l’herbe rêche sous les pieds qu’un arrosage régulier ne parvient pas à garder verte, et ce cagnard insolent…. Pas de problème ! Nous, Méditerranén(ne)s, connaissons les recettes — volets fermés, thé glacé, vêtements et chevelure humidifiés — et accueillons l’arrivée de l’été avec le sourire satisfait de ceux « à qui on ne la fait pas ». Mais cette année, quelque chose a changé. Les soirées sur la plage, à regarder le ballet incessant des Canadairs, n’ont plus la même insouciance. Le délicieux chant des cigales ne parvient plus à couvrir le frémissement de nos angoisses.

Il y a d’abord eu l’électrochoc du 28 juin 2019, et ses 44 °C à Montpellier, qui ont laissé une empreinte indélébile, comme du goudron fondu sur nos mémoires vives. La sensation d’être dans un four en permanence, même dans les maisons en pierre. La vie qui s’arrête, plus personne ne bouge, les concerts sont reportés, les dîners sont annulés. Et le lendemain, la ruée dès 9 h pour faire les courses au supermarché, au cas où…

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- Entretien > 29 juillet 2020 / Propos recueillis par Hervé Kempf et Gaspard d’Allens

Cyril Dion : “On entre dans une bataille avec un gouvernement foncièrement pas écolo”

Lundi 27 juillet, le gouvernement a annoncé les premières mesures retenues de la convention citoyenne pour le climat. Amorcée il y a maintenant plus d’un an à l’issue du mouvement des Gilets jaunes, notamment sur une idée de Cyril Dion, l’initiative a essuyé les critiques des écologistes, craignant qu’elle profite plus à Emmanuel Macron qu’au climat. Porte-t-elle enfin ses fruits ? Reporterre fait le point avec l’écrivain écolo.

☛ Cyril Dion est auteur et co-réalisateur de Demain et co-fondateur du mouvement Colibris. Il est le garant de la convention citoyenne pour le climat.

Reporterre — Les signaux de la part du gouvernement ne sont pas très positifs sur les propositions de la convention citoyenne pour le climat. Comment réagissez-vous à l’abandon du moratoire sur la 5G, au refus de taxer les dividendes ou à l’abandon de la mesure pour limiter la vitesse sur les autoroutes ? Le contrat de départ qui assurait que les propositions de la Convention seraient transmises “sans filtre” n’est-il pas rompu ?

Cyril Dion — C’est sûr. Il y a un coup de canif dans le contrat depuis qu’Emmanuel Macron a présenté ses « trois jokers ». En janvier dernier, il avait déjà dit qu’il y aurait peut-être des propositions qu’il écarterait mais ce n’était pas dans son discours au lancement de la Convention. Donc oui, il y a une forme de rupture dans le contrat. On entre maintenant dans la realpolitik...

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- Environnement - par Nafeez Ahmed, traduit par Sandra Proutry-Skrzypek, 27 juillet 2020

La "croissance verte" est un mythe

Aucun "scénario réaliste" ne permet de concilier la croissance économique exigée par le capitalisme avec un climat sûr.

Plus les sociétés s'enrichissent, plus elles consomment de ressources. Et plus elles consomment de ressources, plus elles génèrent de pollution, ce qui entraîne un réchauffement climatique et une destruction des écosystèmes naturels.

Nous devons, d'une manière ou d'une autre, rompre ce lien entre la richesse matérielle et la catastrophe environnementale. C'est pourquoi les institutions financières et les gouvernements reconnaissent la nécessité de "découpler" la croissance des pressions qu’elle exerce sur les ressources naturelles.

Pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C, il faut réduire considérablement notre empreinte matérielle et notre consommation des ressources de la Terre, peut-être en passant aux énergies renouvelables.

Andrew McAfee, chercheur principal à la Sloan School of Management du MIT, a récemment développé cette notion de découplage dans son livre More From Less. Selon lui, les données financières montrent que nous pouvons facilement réduire notre empreinte matérielle tout en continuant à faire croître nos économies dans un scénario gagnant-gagnant.

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28 Juillet 2020

     

- Jonathan Watts and Graham Readfearn, Wednesday 22 July 2020

Global heating: best and worst case scenarios less likely than thought

Uncertainty over climate outcomes reduced but experts warn urgent reduction in CO2 levels is essential

The study is likely to be the most influential yet because it is written by more than a dozen experts and draws upon the widest range of evidence. Photograph: Murdo MacLeod/The Guardian

Doomsayers and hope-mongers alike may need to revise their climate predictions after a study that almost rules out the most optimistic forecasts for global heating while downplaying the likelihood of worst-case scenarios.

The international team of scientists involved in the research say they have narrowed the range of probable climate outcomes, which reduces the uncertainty that has long plagued public debate about this field.

Their increased confidence about the sensitivity of the climate should ease the job of policymakers and diminish the scope for skepticism but it is far from reassuring for the future of the planet.

“The main message is that unfortunately we can’t expect that luck will save us from climate change,” Reto Knutti, professor of climate physics at ETH Zurich’s Institute for Atmospheric and Climate Science.

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- Enquête > 28 juillet 2020 / Héloïse Leussier (Reporterre)

Après les OGM, la nouvelle technique du forçage génétique inquiète écologistes et scientifiques

Les organismes issus du forçage génétique peuvent transmettre, sans autre intervention humaine, des gènes modifiés à tous leurs descendants. Cette technique permettrait d’éradiquer des espèces nuisibles, comme certains moustiques vecteurs de la malaria. Mais des associations, des scientifiques et des responsables politiques, inquiets de potentiels effets dévastateurs, réclament un moratoire international.

Après les OGM, voici les « GDO », pour gene drive organisms. En français, on parle d’organismes issus du forçage génétique. Cette technique de modification du génome est encore peu connue du grand public. Elle pourrait pourtant avoir des impacts considérables sur le vivant. Selon les lois de l’hérédité biologique, chez les espèces sexuées, les gènes transmis lors de la reproduction proviennent à 50 % d’une femelle et l’autre moitié d’un mâle. Le forçage génétique permet de contourner cette règle. Un fragment d’ADN, isolé en laboratoire, est introduit dans un être vivant et « force » un gène de manière à ce qu’il se transmette pratiquement systématiquement à sa descendance. Pour faire cette opération, on utilise un outil de découpage de l’ADN relativement rapide et peu coûteux, découvert en 2012, appelé [CRISPR|Prononcez « crispère »]-Cas9 [1]. Une population entière peut ainsi hériter d’un gène modifié, en une dizaine de générations.

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- Climate Change - By Daniel T Cross, on July 20, 2020

Climate change will make much of the planet too hot for us

There’s been much talk of climate change for years, yet for most people it still remains an abstract concept. That is because most of us have been spared its most devastating consequences. So far, that is.

In one manifestation of a warming planet billions of people could soon be exposed to such high levels of heat that spending longer periods outdoors during sweltering summer months could prove fatal.

Parts of the planet, such as the Sahara desert, are already largely unsuitable for people other than the hardiest souls. Yet other regions with currently temperate climates could also become too hot for much of the year. Once levels of heat stress rise to a certain threshold in these areas millions of people could suffer serious health effects, experts warn.

Across much of the planet, in other words, a warmer climate

“will pose greater risk to human health,”

says Tom Matthews, a climate scientist at Loughborough University in the United Kingdom.

“[W]e can say we are universally creeping close to this magic threshold of 35°C,” he elucidates. “It looks like, in some cases for a brief period of the day, we have exceeded this value.”

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- ECOLOGIE - Analyse - 28 juillet 2020 Par Jade Lindgaard

Relance "écologique" : derrière les chiffres, un grand vide

Chiffrage trompeur, injonctions contradictoires, mesures symboliques : le moment "important" de bascule vers "l’économie écologique" vanté par le gouvernement cache un grand vide politique. Les annonces de Bruno Le Maire, Barbara Pompili et Jean Castex ne pèsent pas grand-chose face à la réalité des dérèglements climatiques.

Trente milliards d’euros pour la "relance écologique", des "autoroutes ferroviaires", vers une obligation de travaux de rénovation dans les logements les plus énergivores, interdiction du chauffage des terrasses et des installations de chaudières au fioul dans les habitations, moratoire sur les zones commerciales : lundi 27 juillet, Barbara Pompili a présenté les principales décisions du Conseil de défense écologique.

Créé en 2019, c’est une sorte de conseil des ministres restreint aux portefeuilles en lien avec l’écologie. En cette fin juillet, il était chargé de préparer la mise en œuvre par voie réglementaire des propositions de la convention citoyenne sur le climat qui peuvent l’être sans délai.

Quant aux autres mesures choisies par les 150 personnes tirées au sort pour réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 dans un esprit de justice sociale, elles doivent faire l’objet d’un projet de loi présenté en Conseil des ministres en novembre, puis discuté au Parlement à partir de janvier 2021.

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- Info > 27 juillet 2020 / Adriana Carvalho (Reporterre)

La déforestation s’accélère en Amazonie, et l’agrobusiness est pointé du doigt

Qui abat illégalement des arbres et brûle les forêts en Amazonie ? Des études tracent des liens indéniables entre grandes sociétés agro-industrielles — et notamment producteurs de soja et de viande bovine — et déforestation. Elle atteint son pire niveau en dix ans.

Plus de 3.000 km2 de forêt ont été abattus les six derniers mois en Amazonie brésilienne selon les données de l’Institut national de recherche spatiale (Inpe), 26 % de plus que durant la même période en 2019. C’est le pire résultat de la décennie, D’après l’ONG WWF Brésil. Rien qu’en juin, 1.034 km2 ont été déboisés, une superficie 11 % supérieure à celle de juin 2019. C’est comme si une surface d’environ 200 terrains de football disparaissait toutes les heures. « Nous avons analysé les chiffres de chaque mois par rapport à la même période de l’année précédente et nous avons remarqué que depuis quatorze mois ils ont augmenté sans interruption, ce qui n’a pas été vu depuis le début de la série historique publiée par le système DETER, de l’INPE, en 2004 », dit à Reporterre Tasso Azevedo, coordinateur de MapBiomas, projet multi institutionnel qui cartographie les transformations du territoire.

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27 Juillet 2020

     

- Tribune > 27 juillet 2020 / Fédération nationale des associations d’usagers des transports

80 km/h, écotaxe, péage urbain... ces mesures dites « antisociales » le sont-elles vraiment ?

Défendre la justice sociale dans le secteur de la mobilité ne consiste pas seulement à rechercher le meilleur coût pour les plus modestes, expliquent les auteurs de cette tribune. Pour préserver leur intérêt à long terme, il faut réduire la dépendance automobile au profit de modes de mobilité écologiques et économes.

Bruno Gazeau et Jean Sivardière sont président et vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut).

La récente campagne électorale a mis en évidence la volonté de concilier écologie et justice sociale. Cela ne va pas toujours de soi, comme dans le domaine de la mobilité. Le transport public doit répondre aux besoins de tous les usagers, motorisés ou non. Il doit s’adapter aux horaires de travail décalés (secteurs de la santé, du nettoyage, de l’agroalimentaire, de la logistique…) et desservir tous les lieux de travail (weekends et 1er mai compris).

Mais certains arguments prétendument sociaux n’ont rien de social : ils instrumentalisent les ménages modestes, qui servent d’alibi pour justifier des choix démagogiques ou s’opposer à des mesures utiles à tous, citadins et ruraux, usagers des transports publics, cyclistes et automobilistes. La Fnaut préconise au contraire une politique écologique bénéfique pour tous.

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- Info > 27 juillet 2020 / Lysandra Chadefaux (Reporterre)

Face à la sécheresse, des citoyens réclament un partage équitable de l’eau

Confronté à des sécheresses plus fréquentes, un collectif du Puy-de-Dôme a interpellé la préfecture sur la répartition de l’eau en période de restriction. Les membres d’Eau bien commun 63 dénoncent notamment la priorité donnée à l’agro-industrie.

Pionsat (Puy-de-Dôme), reportage­ - Dans la parcelle du maraîcher Laurent Campos-Hugueney, située à Pionsat dans le Puy-de-Dôme, on trouve des coquelicots et autres fleurs de prairies juste à côté des tomates. Plusieurs bandes enherbées — « des réserves de biomasse » — poussent librement entre chacune des parties cultivées. Elles ont pour première fonction de servir de fertilisant organique après avoir été coupées et étalées au sol. « J’ai eu la surprise d’avoir des productions dans les parties non irriguées de mon terrain pendant la sécheresse de l’an dernier. Cela m’a fait prendre conscience de l’importance de pratiquer une agriculture organique. » La fertilisation, à laquelle il s’emploie, aurait permis au sol de mieux retenir l’eau des quelques orages de l’été 2019 et ainsi de sauver ses légumes.

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- - Politique - propos recueillis par Olivier Nouaillas, publié le 17/06/2013

Alain Caillé : "Le convivialisme, une idée neuve pour éviter la catastrophe"

Face aux quatre crises – morale, politique, économique et écologique – qui menacent l'humanité, 64 intellectuels issus de l’alter-mondialisme, de l'écologie et du christianisme social proposent un “Manifeste convivialiste”. Entretien avec son catalyseur, le sociologue Alain Caillé.

"Jamais l'humanité n'a disposé d'autant de ressources matérielles et de compétences techniques et scientifiques (...). Pourtant à l'inverse, personne non plus ne peut croire que cette accumulation de puissance puisse se poursuivre indéfiniment, telle quelle, dans une logique de progrès technique inchangée, sans se retourner contre elle-même et sans menacer la survie physique et morale de l'humanité".

Ainsi débutent les premières phrases du "Manifeste convivialiste", un petit livre de 40 pages mais à l'ambition intellectuelle élevée face à ce sentiment d’urgence.

A l'origine, on trouve la volonté d'Alain Caillé, sociologue fondateur du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales), qui a réussi à faire travailler ensemble 64 chercheurs et universitaires venus du monde entier, de sensibilité altermondialistes, écologistes ou issue du christianisme social (Edgar Morin, Susan George, Patrick Viveret, Serge Latouche, Elena Lassida, Jean Baptiste de Foucauld, Jean Pierre Dupuy, Jean Claude Guillebaud...). Le résultat est l'élaboration d'un nouveau fonds doctrinal philosophique, le convivialisme, chargé de répondre aux quatre grandes crises – morale, politique, économique et écologique – que connaissent nos sociétés en ce début du XXIe siècle.

Avant sa présentation lors d'une conférence de presse prévue à Paris le 19 juin (2013), Alain Caillé, en avant-première, a accepté de nous en commenter les grandes lignes dans un long entretien accordé à La Vie, chez lui, dans un appartement rempli de livres et situé à deux pas de la gare Montparnasse.

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26 Juillet 2020

     

- 25th July 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 22nd July 2020

Dysbiosis

The great majority of people do not want to return to business-as-usual after the pandemic, but our governments are determined to make us do so.

Out there somewhere, marked on no map but tantalisingly near, is a promised land called Normal, to which one day we can return. This is the magical geography we are taught by politicians, such as Boris Johnson with his “significant return to normality”. It is the story we tell ourselves, even if we contradict it with the very next thought.

There are practical reasons to believe that Normal is a fairyland, to which we can never return. The virus has not gone away, and is likely to keep recurring in waves. But let’s focus on another question. If such a land existed, would we want to live there?

The polls consistently suggest we would not. A survey by BritainThinks a fortnight ago showed that only 12% of people want life to be “exactly as it was before”. A poll at the end of June, commissioned by the nursery provider Bright Horizons, suggests that just 13% of people want to return to working as they did before the lockdown. A YouGov study in the same week revealed that only 6% of us want the same type of economy as we had before the pandemic. Another survey by the same pollsters in April showed only 9% of respondents wanted a return to “normal”. It’s rare to see such strong and consistent results on any major issue.

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- Entretien > 23 juillet 2020 / Entretien avec Mathilde Panot

"Les forêts sont un bien commun, on ne peut pas les laisser aux industriels"

La députée insoumise Mathilde Panot a présenté le 22 juillet une proposition de loi encadrant plus sévèrement les coupes rases pour ne pas "laisser aux mains des industriels un bien commun essentiel à notre survie".

Mathilde Panot est vice-présidente du groupe parlementaire la France insoumise.

Reporterre — Comment en êtes-vous venue à vous intéresser aux forêts ?

Mathilde Panot — Rappelons que dans le programme de la France insoumise il y a un livret thématique sur les forêts. Puis, à la suite du livre de votre collègue Gaspard d’Allens, "Main basse sur nos forêts" et du film de François-Xavier Drouet "Le temps des forêts", on a lancé une commission d’enquête citoyenne sur les forêts en septembre 2019. Elle regroupe des députés et sénateurs de différents bords, le collectif "SOS forêt" avec un certain nombre d’associations environnementales, des citoyens engagés et l’intersyndicale de l’Office national des forêts. On a fait plusieurs déplacements dans le Morvan, sur le plateau de Millevaches, dans la forêt d’Orléans et une quarantaine d’auditions de chercheurs, forestiers, coopératives citoyennes.

Quel est le but de cette commission d’enquête citoyenne — qui n’est donc pas une commission d’enquête "officielle" ?

L’idée est qu’aujourd’hui la forêt française est à la croisée des chemins, comme l’a été l’agriculture dans les années 1950-1960. C’est-à-dire que, dans les années à venir, il va falloir choisir entre le modèle industriel d’exploitation des forêts ou un modèle pérenne de sylviculture douce, qui respecte la multifonctionnalité des forêts. Et ce choix doit être un choix démocratique. Il est hors de question qu’on laisse faire le marché et qu’il n’y ait pas de débat démocratique sur cette question. Sinon, on est devant une catastrophe majeure pour notre pays.

L’enjeu de cette commission d’enquête citoyenne est de faire une proposition de loi cadre sur la forêt pour montrer qu’il y a une alternative à l’industrialisation. Et puis, la députée La République en marche Anne-Laure Cattelot a été chargée par le gouvernement de faire un rapport sur la question des politiques forestières. Donc il s’agit de faire pression sur cet exécutif qui veut démanteler le service public forestier et laisse les forêts se faire happer par des sociétés transnationales privées.

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- Alternatives > 24 juillet 2020 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

À Rennes, Terres de sources veut protéger l’eau tout en aidant les agriculteurs

Soutien aux filières locales grâce aux marchés publics, tarification sociale pour une alimentation accessible à tous, diminution des pesticides… À Rennes, pour préserver les ressources en eau, la métropole accompagne les agriculteurs situés à proximité des captages via l’ambitieux dispositif Terres de sources.

Rennes (Ille-et-Vilaine), reportage - Pour se rendre sur l’exploitation porcine de Jean-Pierre Huard, à Billé, cinquante kilomètres au nord de la capitale bretonne, le paysage est vert. Le vert flamboyant du maïs à perte de vue, sur des kilomètres. Le maïs est l’aliment indispensable pour nourrir les vaches. Les rares parcelles de blé sont quant à elles plutôt consacrées à l’élevage porcin, secondaire en Ille-et-Vilaine. C’est dans l’un d’entre eux que nous nous rendons.

Au début des années 2010, Jean-Pierre Huard a transformé son exploitation de porcs industriels en une production de porcs racés qui se vend à un bon prix. Un choix plus pragmatique qu’écologiste. À cette époque, la spéculation sur les céréales s’en donnait à cœur joie : "J’étais complètement dépendant des cours mondiaux, j’ai commencé à m’endetter." L’éleveur a changé de braquet. Désormais sa production part dans la restauration gastronomique, la vente directe et les cantines scolaires : “J’y ai pris goût, je réintroduis des races porcines avec les Duroc et les porcs blancs de l’Ouest.”

Il y a deux ans, il a amorcé un nouveau tournant en intégrant le dispositif Terres de sources porté par la collectivité Eau du bassin rennais, en charge de l’approvisionnement en eau potable de 500.000 habitants et de la préservation de la ressource. Cette démarche incite les agriculteurs situés à proximité d’un point de captage à améliorer leurs pratiques et modèle d’exploitation. En échange, les collectivités achètent une partie de leur production pour les cantines scolaires. Quant au label Terres de sources, c’est un logo estampillé sur les steaks et les yaourts dans les supermarchés environnants. Grâce à lui, les consommateurs connaissent l’origine du produit et l’engagement du producteur. À venir : une ristourne en caisse pour les bénéficiaires des aides sociales.

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- 28 juin 2019, Laurie Debove

La désobéissance végétale pour reverdir nos villes

Véritable activité politique pour ses membres, la Guerilla Green leur permet de se réapproprier l’espace public pour ne plus subir les décisions des aménageurs urbains et lutter contre la bétonisation à outrance. En France, ce sont 25m2/seconde qui sont noyés sous le béton, rien que pour les terres agricoles.

Les permis de végétaliser, c’est bien. Ne pas attendre d’étouffer sous le béton, c’est mieux. Voici un peu la philosophie de la Guerilla Green, mouvement de résistance urbaine qui végétalise l’espace public pour se réapproprier la ville. 

"Guerilla Green : le guide de survie végétale en milieu urbain" en donne les codes et les astuces, pour que chacun-e puisse se lancer.

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- #Société - #Féminisme - 13/10/2019, Annabelle Laurent

Eva Illouz : "Le développement personnel, c'est l'idéologie rêvée du néolibéralisme"

Eva Illouz s’est fait connaître pour avoir expliqué "pourquoi l’amour fait mal" et, plus récemment, comment la dictature du bonheur s’est infiltrée en douce dans nos vies. Alors faut-il en vouloir à notre Chief Happiness Officer ? A-t-on encore le droit de crier dans l’open space sans passer pour un fou ? Et à quel futur de l’égalité peut-on s’attendre après #MeToo ? De passage à Paris, la sociologue franco-israélienne a accepté de répondre à nos questions existentielles sans en vouloir à notre "happycondrie".

"Il est où le bonheur ? Il est où ?"

Sommes-nous en train de vous confier que cette chanson de Christophe Maé résonnait avec insolence dans nos têtes alors que nous nous apprêtions à rencontrer Eva Illouz ? Absolument.

Précisons que le bonheur est le thème d’Happycratie, essai édifiant paru à l’été 2018 (Premier Parallèle).

Halte à la dictature du bonheur, alertent la sociologue franco-israélienne et le docteur en psychologie Edgar Cabanas, car celle-ci se révèle piégeuse. Vous voulez être heureux ? Les livres de développement personnel, qui caracolent en tête des ventes, vous attendent. Et puisqu’il suffit de "voir les choses positivement", pourquoi plaider pour de meilleures conditions de travail, de meilleures écoles, un meilleur futur ?

Tel est le fil rouge de la pensée d’Eva Illouz, qu’elle écrive au sujet de l’animatrice vedette Oprah Winfrey ou sur la trilogie érotique Fifty Shades : la psychologie ne peut pas tout expliquer. Même ce qui nous semble relever de l’intime reflète des normes. Même la souffrance amoureuse peut être lue sociologiquement (Pourquoi l’amour fait mal, Seuil, 2012) : vous ne cessez d’enchaîner les ruptures, d’accord, mais la modernité des rapports amoureux (transformés notamment par le consumérisme) a aussi sa part de responsabilité. Enfin, nos émotions ne résisteraient pas à la mainmise du capitalisme : c’est la thèse d’un ouvrage collectif (Les Marchandises émotionnelles, Premier Parallèle, 2019) dirigé par Eva Illouz, qui analyse comment les industries du tourisme, du sexe ou du cinéma visent à nous transformer intimement.

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25 Juillet 2020

     

- Reportage > 25 juillet 2020 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Les cyanobactéries toxiques prolifèrent dans les étendues d’eau

La prolifération des cyanobactéries dans les étendues d’eau représente un danger pour la santé des humains et des animaux, au point que les autorités ferment régulièrement des points d’eau devenus toxiques. Empêchant jeunes et moins jeunes qui ne peuvent aller à la mer de se baigner. En cause : le changement climatique et les apports d’azote et de phosphate dus aux activités humaines.

Rennes (Ille-et-Vilaine), reportage - Shorts de bain colorés, serviettes de plage et peignes « pour se recoiffer après la baignade » : mardi 21 juillet, Ibrahim et ses amis s’apprêtaient à piquer une tête dans les étangs d’Apigné, à cinq kilomètres de Rennes. C’est une jolie étendue d’eau où ils sont arrivés en quelques coups de pédale, en longeant le chemin de halage qui part du centre-ville. Les températures avoisinaient les 30 °C. En arrivant au bord de l’eau, les jeunes hommes ont déchanté. Un panneau « Baignade interdite » et un filet de sécurité ont coupé leur élan. « C’est toujours pareil ici, la baignade est tout le temps interdite ! C’est quoi le problème, au juste ? » s’agace Ibrahim, apprenti dans une boulangerie.

Le « problème », ce sont les cyanobactéries, « des microorganismes invisibles à l’œil nu, qui apprécient les eaux douces, calmes, peu profondes et riches en nutriments », explique Cécile Bernard, chercheuse au Muséum national d’histoire naturelle, spécialiste dans l’écotoxicologie des cyanobactéries. Ces bactéries donnent une couleur verdâtre aux plages, aux lacs ou aux rivières où elles prolifèrent. Et quand vient l’été, avec la chaleur et la lumière, elles se démultiplient.

Au-delà de 100.000 cellules par millilitre, les agences régionales de santé (ARS) recommandent d’interdire la baignade et certaines activités nautiques présentant un risque de chute dans l’eau. « Aux étangs d’Apigné, la concentration de cyanobactéries est malheureusement très souvent supérieure à 100.000 cellules », regrette Yannick Nadesan, adjoint à la santé à la mairie de Rennes. Depuis le début de l’été, la baignade n’a pu être autorisée qu’une semaine entre le 20 juin et le 21 juillet.

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Histoire - 20.juillet.2020 - Sources : ARTE – YouTube

Les routes de l’esclavage

Domination, violence, profit : le système criminel de l’esclavage a marqué l’histoire du monde et de l’humanité. Au fil de ses routes, cette série documentaire retrace, en 3 épisodes,pour la première fois la tragédie des traites négrières. Captivant et implacable.

Premier volet : de la chute de Rome en 476 à la fin du XIVe siècle.

Deuxième volet : 1375-1620. À l’issue des croisades, l’Europe à son tour se tourne vers l’Afrique, source d’immenses richesses…

3ème volet : l’essor du ’Commerce triangulaire’ avec de nouveaux ’acteurs’

 

 

 


24 Juillet 2020

     

- By Abrahm Lustgarten, ProPublica - Photography by Meridith Kohut for The New York Times Magazine July 23, 2020

❐ For most of human history, people have lived within a surprisingly narrow range of temperatures, in the places where the climate supported abundant food production.  As the planet warms, those regions are shifting. Entire nations will lose their ability to farm grains and vegetables. Faced with starvation, those who can leave will have little other choice. Human movement is hard to predict, and political battles surround any discussion of migration. This is becoming a barrier to saving lives. That is why we are asking…

Where Will Everyone Go?

ProPublica and The New York Times Magazine, with support from the Pulitzer Center, have for the first time modeled how climate refugees might move across international borders. This is what we found.

PDF  (20 pages)

 

 

 

 

     

- Enquête > 24 juillet 2020 / Mathilde Dorcadie (Reporterre)

L’Europe favorisera-t-elle le nucléaire au nom de l’"urgence climatique" ?

La Commission européenne n’a jamais pris position au sujet du nucléaire — qui divise les États membres. Elle pourrait être amenée à le faire pour soutenir les objectifs de neutralité carbone de son Pacte vert. Dans l’est de l’Union, des projets de réacteurs sont programmés.

Bruxelles (Belgique), correspondance - Faut-il ou non compter sur l’énergie nucléaire pour réduire complètement les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 (l’objectif fixé par le Pacte vert, ou Green deal, de la Commission européenne), tout en assurant un niveau suffisant de production d’électricité pour les besoins des 27 États membres ? Le débat est relancé au niveau des instances européennes, alors que l’exécutif de l’Union doit montrer la voie à suivre à travers des mesures de soutien politique et financier du secteur énergétique. La question du nucléaire est depuis longtemps très clivante en Europe, voire taboue, et la position de la Commission européenne a toujours été de ne pas vraiment en prendre. Mais entre les États membres, la question est devenue brûlante, alors même que l’on discute « urgence climatique », « relance économique » et financements à y apporter.

Aujourd’hui, la moitié seulement des pays membres, soit quatorze, est alimentée, à différents niveaux, par la technologie nucléaire. Si depuis plusieurs années, la part de cette énergie en Europe connaît une tendance à la baisse (26 % de la production électrique de l’Union actuellement) et que des pays, comme l’Allemagne et l’Autriche, veulent en sortir complètement, il reste en Europe de fervents défenseurs de la fission atomique, la France en tête. Alors, depuis que l’ambition de faire de l’Europe le premier continent décarboné est affichée par Ursula van der Leyen et son équipe, des voix s’élèvent de plus en plus fortement pour affirmer que le nucléaire est une énergie « propre ». Ou qui, du moins, émet bien moins de gaz à effet de serre que le charbon et le gaz, et que cela devrait être pris en compte.

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- Entretien > 24 juillet 2020 / Entretien avec Clément Sénéchal

“Le gouvernement campe fermement sur une ligne anticlimat”

Un troisième plan de soutien à l’économie française a été adopté le 21 juillet par les parlementaires. Des centaines de milliards d’euros vont être injectés, modelant le « monde d’après ». Pour Clément Sénéchal de Greenpeace, « celui-ci ressemble au monde d’avant… en pire. Les plans de soutien préparent un rebond des émissions de gaz à effet de serre ».

Clément Sénéchal est porte-parole sur le climat à Greenpeace France.

Reporterre — Le troisième plan de soutien à l’économie française, le PLFR3 (projet de loi de finance rectificatif), a été adopté en commission mixte paritaire le 21 juillet. Depuis le confinement, gouvernement et Parlement ont injecté des centaines de milliards d’euros dans l’économie, de quoi modeler le fameux « monde d’après ». À quoi va-t-il ressembler selon vous ?

Clément Sénéchal — Au monde d’avant… mais en pire. Les plans de soutien à l’économie préparent un rebond des émissions de gaz à effet de serre. Cette session parlementaire a clairement posé la question du principe de réalité qui nous gouverne : qui doit nous guider ? la reprise en main de notre destin collectif ou les caprices des marchés ?

Le débat s’est notamment cristallisé à travers l’enjeu des conditionnalités attachées aux aides publiques. L’occasion était unique : en posant des conditions écologiques et sociales au versement d’argent public, on pouvait enfin repositionner nos industries sur des logiques durables. De surcroît, la puissance publique se trouvait dans une position de force inédite par rapport au secteur privé. Il fallait y aller et combler une lacune essentielle dans l’action climatique, car il n’existe pas en France de législation contraignante pour contraindre les entreprises à réduire leurs émissions.

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- Vivant - par Barnabé Binctin, 24 juillet 2020

"La Terre peut être autre chose qu’une simple mosaïque de champs, d’usines et de centres commerciaux"

Qu’est-ce que le "sauvage" ? Existe-t-il encore, et où le dénicher dans un monde de plus en plus anthropisé ? Quelle urgence face à sa destruction et quels outils pour le protéger ? Spécialisée sur les politiques de la nature, la philosophe Virginie Maris réfléchit à ces questions auxquelles elle a consacré tout un livre, intitulé La part sauvage du monde (Seuil, 2018). Deuxième partie de cette grande interview.

Basta ! :"Les animaux que nous n’avons pas domestiqués, les terres que nous n’avons pas rendues productives : il s’agit de lieux, d’êtres mais aussi de processus qui échappent au contrôle ". C’est ainsi que vous définissez la "part sauvage du monde" dans l’introduction de votre ouvrage éponyme. Existe-t-elle encore seulement, cette part sauvage du monde ?

☛ Virginie Maris : On entend souvent dire que les activités humaines ont un impact à l’échelle de la planète tout entière, la moindre espèce corallienne subissant par exemple les effets de l’acidification des océans induite par un changement climatique. C’est l’essence du discours de l’anthropocène : même dans les confins les moins exploités et les moins explorés du monde vivant, l’influence humaine se fait désormais sentir. Et ce faisant, il ne resterait donc plus de nature "sauvage" à proprement parler, le sauvage étant alors entendu comme quelque chose qui serait nécessairement vierge, indemne.

C’est une définition un peu maximaliste, à laquelle je n’adhère pas. Elle s’appuie sur une sorte de distinction ontologique, comme si l’influence humaine ne pouvait être vouée, irrémédiablement, qu’à souiller une certaine "pureté" de la nature. Or même dans des lieux considérés comme "vierges" dans l’imaginaire collectif, on sait aujourd’hui qu’ils ont été l’objet de nombreuses influences humaines, par exemple par les sociétés andines ou amazoniennes qui ont activement transformé leur milieu. Pour moi, se poser la question de ce que serait un monde sans la moindre influence humaine n’a pas beaucoup d’intérêt.

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❐  la premère partie en PDF, publiée le 28 Mai 2020 (Dazibao de Mai)

 

 


23 Juillet 2020

     

- Accueil > Info > 23 juillet 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Tir groupé contre l’écologie : la victoire des Verts provoque la rage des conservateurs

Après la vague verte aux municipales, l’offensive médiatique antiécolos n’a pas tardé. Sur les plateaux TV, dans les journaux conservateurs ou sur les réseaux sociaux, la virulence des attaques de la droite et des milieux économiques "montre que les écologistes deviennent des opposants dangereux qui menacent leur position".

Cet été, la peur a saisi l’autre camp. Après la victoire d’Europe Écologie — Les Verts aux municipales et la publication des propositions faites par la Convention citoyenne pour le climat, une déferlante d’insultes à l’encontre des écologistes a inondé les plateaux TV, les Unes des journaux conservateurs et les réseaux sociaux. Les thuriféraires de l’ordre établi ont déploré le grand retour de « l’écologie punitive" et de « l’autoritarisme vert". À en croire les éditorialistes — quasiment tous des hommes blancs de plus de 60 ans, bien installés dans leur position —, une ombre plane sur la France. Les "Khmers verts" sont aux portes du pouvoir et "les ayatollahs de la décroissance" menacent nos libertés.

"Idéologues", "marchands de peurs", "obscurantistes", "partisans du retour à la bougie" et même "nazi écologie"… La virulence des attaques de la droite et des milieux économiques a sûrement été à la mesure de leur sentiment d’insécurité. "Ils sont en train de perdre la bataille culturelle, estime le politologue Simon Persico. Ils sont aigris et déçus. Les écologistes deviennent des opposants dangereux qui menacent leur position. Aujourd’hui, tous les signes montrent que la dynamique est clairement du côté de l’écologie politique", précise le chercheur.

L’hostilité vis-à-vis des défenseurs de l’environnement a décuplé. On a assisté ces dernières semaines à un tir groupé, une salve de critiques, toutes associées au même registre argumentatif, dénigrant la radicalité de l’écologie, son supposé fondamentalisme ou son côté sectaire.

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- Agriculture - par Nolwenn Weiler, Sophie Chapelle, 23 juillet 2020

Les chartes prévues pour encadrer l’usage des pesticides qualifiées de "tartufferie"

Les distances de sécurité lors des épandages de pesticides ont été revues à la baisse à proximité des habitations et des écoles. Des maires, des associations, et même des paysans contestent ces mesures prises pendant le confinement.

"Une grande tartufferie". C’est ainsi que Valérie Murat, de l’association Alerte aux toxiques, définit "la charte du bien vivre ensemble en Gironde". Approuvée par le préfet le 29 juin, cette charte permet de diviser par deux les zones non traitées aux pesticides (dites ZNT). Ces bandes de plusieurs mètres de large sont censées séparer une culture aspergée de pesticides des lieux habités. On passe ainsi de cinq à trois mètres pour les cultures basses comme les céréales et les légumes, de dix à cinq mètres pour les cultures hautes comme la vigne ou les arbres fruitiers, et de vingt à dix mètres pour les produits les plus dangereux.

"La chambre d’agriculture prétend avoir collaboré avec les associations représentant les riverains alors que nous avons été totalement ignorés.”

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22 Juillet 2020

     

- Réforme agraire - par Lucile Leclair, 21 juillet 2020 - Cet article a été réalisé avant le confinement lié à la crise sanitaire puis actualisé.

La moitié des fermes en agroécologie en 2040 : mais qui va décider de leur attribuer des terres ?

Elle a la lourde mission d’attribuer les terres agricoles, que se disputent exploitations agricoles classiques ou bio, projets agro-industriels et, demain, fermes en agroécologie. Aucune réforme agraire "climato-compatible" ne se fera sans elle. Pourtant, on en parle peu : la Safer est une instance collective où siègent des élus et des représentants du monde agricole, qui a tous les attributs d’un Parlement pour partager le foncier. Sauf la transparence.

La ferme fait trente hectares. Une bâtisse, un hangar en bon état et des prairies en bordure de forêt.

"L’acheteur, M. Lainé, est chirurgien-dentiste. On a quatre autres candidats à l’achat", explique le conseiller technique à la vingtaine de personnes réunies.

Cet après-midi, ils vont décider de qui peut acheter la terre. Il faudra quelques heures pour délibérer et trancher, une trentaine de ventes vont être examinées.

"Parfois, nous avons plus de dix candidats pour une même parcelle."

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- Santé - Enquête - 22 juillet 2020 Par Rozenn Le Saint

Vaccin contre le Covid-19: la toute-puissance de l’industrie pharmaceutique

Subventions publiques, dons privés… L’industrie pharmaceutique, qui sort renforcée de la crise sanitaire, se fait financer de toutes parts la recherche et la production d’un éventuel vaccin contre le Covid-19 sans réelles contreparties, tant il est attendu. Deux laboratoires ont franchi une première étape dans cette compétition mondiale, le 20 juillet.

La course internationale au vaccin contre le Covid-19 s’accélère. Dans le peloton de tête, le laboratoire britannico-suédois AstraZeneca et le chinois CanSino. Leurs projets ont produit une réponse immunitaire importante et démontré leur sûreté pour les patients, selon les résultats de deux essais cliniques préliminaires publiés le 20 juillet dans la revue scientifique The Lancet. Leur efficacité devra encore être établie lors de nouveaux tests avant d’envisager leur commercialisation à grande échelle.

Les grandes puissances avaient déjà avancé leurs pions pour s’assurer une part du gâteau du laboratoire AstraZeneca dont le projet de vaccin est issu des recherches de l’université d’Oxford. Après l’énorme pré-commande des États-Unis dès le mois de mai, « America first » oblige, une alliance incongrue et incomplète de pays européens s’est créée, reflétant l’incapacité de l’Union européenne à élaborer une stratégie commune.

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- Santé - Note de veille - 22 Juillet 2020

Coronavirus: le monde craint une nouvelle vague

Partout dans le monde, les autorités restent en alerte face à la propagation du coronavirus. Dans certaines régions, une seconde vague semble se profiler et l’Afrique, qui avait été jusque-là épargnée, comptabilise de plus en plus de nouveaux cas.
 
La pandémie, qui touche 196 pays et territoires, continue de se propager. Selon les derniers chiffres du Centre européen de prévention et contrôle des maladies, 14 millions de personnes ont été atteintes du Covid-19 dans le monde et 616 317 personnes sont décédées des suites de la maladie. Par ailleurs, le nombre de morts liées au coronavirus a doublé en deux mois. Uniquement depuis le 28 juin, 100 000 nouveaux décès ont été comptabilisés. 

Dans cette comptabilité de l’horreur, les Américains restent en tête. Les États-Unis sont les plus endeuillés avec 144 173 décès sur près de 4 millions de cas confirmés. 

« Cela va sûrement, malheureusement, empirer avant de s’améliorer », a déclaré Donald Trump, mardi 21 juillet, lors de sa première conférence de presse depuis avril sur la crise sanitaire. Forcé par les circonstances, le président américain a, pour la première fois, admis la gravité de l’épidémie. « Nous demandons à tout le monde de porter un masque quand la distanciation physique n’est pas possible », a-t-il lancé, alors même qu’il ne l’a porté qu’une seule fois en public, le 11 juillet, soit plusieurs mois après le début de la pandémie.

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- Accueil > Brèves > 22 juillet 2020

L’accroissement du bétail est un facteur pandémique mondial, selon une étude

« La croissance mondiale d’élevage de bétail menace la biodiversité et augmente les risques sanitaires pour les humains et les animaux domestiques. » Ces liens sont au cœur d’une étude de Serge Morand, chercheur au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) en Thaïlande, détaché du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui a été publiée le 22 juillet dans la revue Biological Conversation.

Au niveau mondial, les recherches montrent une augmentation de l’émergence de maladies infectieuses et d’épidémies, une perte accélérée de la biodiversité et une augmentation importante de la production d’animaux domestiques. Mais quel est le lien entre ces différentes manifestations ? Cette question résurgente à la suite de la crise du Covid-19 trouve une première vague de réponses grâce à cette nouvelle étude en écologie des parasites.

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21 Juillet 2020

     

- Brèves > 20 juillet 2020

Donald Trump veut démanteler une loi environnementale capitale

Mercredi 15 juillet, le président Donald Trump a mis la dernière main au démantèlement de la loi environnementale historique du pays, le National Environmental Policy Act. Sa décision permettra d’accélérer l’approbation des projets fédéraux tels que les oléoducs, les autoroutes et les centrales électriques.

La NEPA a été promulguée par le président Richard Nixon il y a 50 ans et exige des agences fédérales qu’elles prennent en compte les conséquences environnementales des projets d’infrastructure avant de les approuver. Cette loi a également joué un rôle essentiel en permettant aux communautés de mettre en avant les conséquences de ces projets sur le changement climatique et sur leurs propres santé et sécurité.

Dans une victoire majeure pour l’industrie de l’énergie, les changements de l’administration viseront à réduire le nombre de projets d’infrastructure qui seront soumis à l’examen de la NEPA, raccourcissant ainsi les longues procédures d’autorisation qui ont historiquement retardé les projets.

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- Entretien > 21 juillet 2020 / Entretien avec Karima Delli

Karima Delli : "Le plan de relance européen n’est pas à la hauteur des enjeux climatiques et sociaux"

Les négociations pour un plan de relance européen post-crise du Covid-19 se sont achevées mardi 21 au petit matin. Les discussions achoppaient notamment sur la question de la modalité de financement (aides directes ou prêts), sans que la transition écologique soit prise en compte. Analyse par la députée européenne écologiste Karima Delli.

Alors que le sommet était officiellement prévu pour durer deux jours, vendredi 17 et samedi 18, les discussions sur le plan de relance européen se sont poursuivies à Bruxelles, jusqu’à un accord trouvé mardi 21 juillet à cinq heures du matin.

"Les États négocient actuellement sur deux dossiers essentiels”, indique Karima Delli, eurodéputée écologiste. “D’une part, il y a le budget de l’Union européenne — ce qu’on appelle le cadre financier pluriannuel —, autrement dit l’argent de l’Europe pour les sept prochaines années, de 2021 à 2027. D’autre part, les dirigeants planchent sur le plan de relance de l’Union européenne."

Ce plan s’élèvera, selon l’accord de mardi, à 750 milliards d’euros, dont 390 milliards sous forme d’aides directes aux pays et 350 milliards de prêts. Il serait financé par des contributions nationales ainsi que par un emprunt.

Karima Delli, députée européenne écologiste Europe Écologie-Les Verts et présidente de la commission Transports, nous livre son analyse des négociations en cours, "cruciales" pour l’avenir de l’Union européenne.

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- À découvrir > 28 mai 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Imaginons que les alternatives prennent le pouvoir

La pandémie du Covid-19 a multiplié les initiatives pour le "monde d’après". Parmi elles, "Et si… ?", du mouvement Alternatiba, à laquelle ont contribué notamment Alain Damasio, Fatima Ouassak, Cédric Herrou… Une exploration jubilatoire et vivifiante de l’avenir.

Dans le foisonnement d’initiatives pour "le monde d’après", il en est une particulièrement originale et revigorante : le recueil illustré "Et si… ?", porté par le mouvement Alternatiba. Plutôt que de plancher sur un énième plan de relance écolo, l’organisation a fait un pas de côté, et opté pour un exercice de projection utopique. Avec un leitmotiv, exposé en intro du recueil : "Il faut imaginer ce monde pour être en mesure de le faire advenir."

Et si la révélation soudaine de la grande vulnérabilité de nos sociétés avait été l’impulsion décisive pour remettre les pieds sur terre ? Et si la découverte imprévue que ce système pouvait être stoppé sans mettre en danger notre vie mais en la protégeant, nous avait conduits à envisager l’avenir sous un autre angle ? Txetx Etcheverry, cofondateur de Bizi et d’Alternatiba.

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20 Juillet 2020

     

- VivaCité - Publié le mardi 14 juillet 2020 - Parce que les bonnes nouvelles, ça se partage...

Une ville 100% énergies renouvelables ? A Sydney, le cap est franchi !

Il est effectivement des idées inspirantes, des actions qui invitent au respect ou à la curiosité et qui peuvent (r)animer notre enthousiasme. Plus que jamais, le monde s’interpelle sur le respect de l’environnement, sur ce "vivre autrement", sur ces perspectives plurielles de préservation de la nature, sur les économies d’énergie et la consommation durable.

Une ville 100% énergies renouvelables ? Pour Sidney, le cap est franchi ! - © Michael Dunning - Getty Images

Chacun a son niveau contribue,... ou pas,  fait sa part et tend ainsi à ce monde plus viable, plus respirable, plus raisonné.

Le secteur de l’énergie est souvent sous les projecteurs, se réinvente, se renouvelle, se cherche pour répondre à une demande plus consciencieuse, plus cohérente pour la préservation de la nature.

Des paris nous semblent cependant parfois illusoires comme celui, pour une ville, de tendre vers du 100% énergies renouvelables. A Sidney, c’est chose faite ! Une action affirmée en ce début juillet et qui devrait permettre à l’arrondissement City of Sydney d’économiser 300.000 euros par an et 20.000 tonnes d’émissions de CO2 par an ! Presque un SidneyWorld, un rêve réalité qui suscite l’admiration, ou tout au moins la curiosité.

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- Politique - Publié le 09/07/2020, Etienne Campion , Journaliste chez Marianne, @EtienneCampion

Jean Castex, "gaulliste social" ? Et pourquoi pas l'Abbé Pierre banquier d'affaires ?

Jean Castex s'est défini comme "gaulliste social" lors de sa première intervention de chef du gouvernement. Au-delà de la ligne politique affichée du Premier ministre, la formule est aujourd'hui utilisée dans une posture qui ramène le gaullisme à un centrisme, voire à un macronisme... A l'opposé de la pensée sociale réelle du Général de Gaulle.

"Je suis un gaulliste social", a affirmé d'un ton empreint de gravité Jean Castex, lors de sa première intervention au journal de TF1. Au gouvernement, il n'est pas le seul : son ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a lui aussi déjà professé un tel attachement. Ça alors, quels peuvent bien être les points communs entre la gouvernance d'Emmanuel Macron, et celle de l'homme du 18 Juin ? Il faut dire que la sémantique a des faux airs d'"en même temps" : "gaulliste", ça sonne un peu à droite, et puis "social", un peu à gauche. Donc, le "gaullisme social", c'est forcément un peu macroniste, non ?

Derrière le pléonasme "gaullisme social", la pensée sociale du Général de Gaulle

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- Tribune > 20 juillet 2020 / Léa Ferri et Louise Rouan

L’État mise sur les métropoles au détriment de l’intérêt général

Sous prétexte de "mutualisation" des ressources des communes et de présence "au plus proche du terrain", l’État favorise le développement des intercommunalités. Or, expliquent les autrices de cette tribune, l’augmentation de leur pouvoir se fait au détriment de l’intérêt général en renforçant le poids des métropoles, en favorisant une inégalité d’accès aux services publics et en fragilisant le lien politique entre les citoyens et leurs représentants.

Léa Ferri et Louise Rouan sont fonctionnaires territoriales en région parisienne et dans le nord de la France. Elles ont animé la rédaction de la note "De la libre association des communes et de leur contribution à la bifurcation écologique" du laboratoire d’idées Intérêt général, publiée avant le premier tour des municipales en mars 2020

C’est dans un contexte de campagnes électorales largement perturbées par la crise sanitaire qu’Emmanuel Macron a annoncé réfléchir à donner davantage de responsabilités aux échelons locaux.

Pourtant, loin de plaider pour un renforcement du pouvoir des collectivités, la crise sanitaire a souligné le besoin criant de redonner à l’État, surtout dans ses administrations déconcentrées, des moyens humains, d’expertise et de soutien aux collectivités.

Plutôt que de s’aventurer dans une nouvelle étape de décentralisation, le gouvernement et les municipalités nouvellement installées devraient faire le bilan des précédentes. Le phénomène de métropolisation de notre territoire, corollaire du dogme de la concurrence entre territoires et collectivités, a renforcé les inégalités d’accès aux services publics et ne permet pas de répondre aux urgences écologiques, sociales et démocratiques auxquelles nous faisons collectivement face.

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19 Juillet 2020

     

- Tribune > 18 juillet 2020 / Des sociologues

Après la convention citoyenne pour le climat, à quand celle sur la police ?

Face à la défiance croissante de la population à l’égard de la police, comment refonder celle-ci ? Une convention citoyenne sur la sécurité — inspirée de la convention citoyenne sur le climat — et des expérimentations pratiques au niveau local pourraient aider à sortir de l’impasse, assurent les auteurs de cette tribune.

Cette tribune a été rédigée par Anaïk Purenne, sociologue, chargée de recherche à l’université de Lyon, École nationale des travaux publics de l’État (ENTPE), Hélène Balazard, chercheure en science politique à l’université de Lyon, ENTPE, Julien Talpin, chargé de recherche en science politique au CNRS, université de Lille, Marie-Hélène Bacqué, sociologue, urbaniste, université Paris-Nanterre – Université Paris Lumières, et Marion Carrel, maîtresse de conférences en sociologie, habilitée à diriger des recherches, université de Lille.

Service public de première ligne, la police peut-elle rester sourde au renforcement des exigences démocratiques à son égard ? Dans un contexte de crise de la démocratie représentative et de foisonnement des voix mettant en cause l’usage de la force, la participation des citoyens peut-elle aider à refonder démocratiquement les politiques de sécurité ? Une convention citoyenne sur la sécurité au niveau national, inspirée de la récente convention citoyenne sur le climat, et des expérimentations pratiques au niveau local pourraient aller de pair pour sortir de l’impasse.

S’il reste, en France, un domaine perçu comme l’apanage des professionnels et de l’État, c’est bien celui de la sécurité. Comme les politiques de maintien de l’ordre, la sécurité se caractérise par un « splendide isolement », qui concourt à une véritable sclérose des recettes d’action publique et à une défiance croissante de la population. Cet isolement se déploie sur plusieurs fronts.

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- Enquête > 18 juillet 2020 / Hortense Chauvin (Reporterre)

L’’amnésie environnementale, clé ignorée de la destruction du monde

Le climat se réchauffe, la biodiversité s’effondre, mais il est pourtant difficile de prendre conscience de l’ampleur de la crise environnementale. La raison ? Notre amnésie environnementale. Décryptage d’un mécanisme psychologique essentiel mais ignoré.

En fermant les yeux, on pourrait presque avoir l’impression d’être à la campagne. À une dizaine de mètres de la route principale, on peut encore entendre quelques grillons chanter dans les herbes hautes qui ont survécu à l’asphalte. De rares chardons griffent les pieds des passants. Le passage d’un poids lourd ou le bruit strident d’un avion au décollage ramènent cependant rapidement les visiteurs de la zone d’aménagement concerté (ZAC) des Tulipes à la réalité. Située dans le Val-d’Oise, à quelques kilomètres de l’aéroport du Bourget, cette zone industrielle s’étend sur près de 80 hectares. D’immenses entrepôts grillagés s’y étalent à perte de vue, entrecoupés par de longues artères bétonnés. Seul le ballet des camions et des voitures brise la monotonie du lieu.

Il y a un demi-siècle, l’aspect de ce terrain, situé à cheval entre Gonesse et Bonneuil-en-France, était pourtant bien différent. Un habitant de la commune voisine de Villiers-le-Bel, âgé de 64 ans, se rappelle les « millions et millions de tulipes » qui y poussaient dans son enfance. Avant que ces champs ne soient recouverts de bureaux et de bâtiments logistiques, il allait souvent y cueillir des fleurs, ou jouer à attraper des musaraignes. Mireille et son mari, artisans traiteurs à Gonesse, se souviennent également avec émotion de cette époque. « C’était impressionnant, raconte Jacques. À mon arrivée en 1979, ça m’avait fait drôle de voir des tulipes partout. » Des plantations de fleurs sur lesquelles elle a été construite, la ZAC n’a gardé que le nom. En à peine deux générations, ces champs de tulipes ont complètement disparu de la mémoire collective des riverains. À Gonesse, la plupart des adultes ont seulement vaguement entendu parler de cette période. Les adolescents, quant à eux, expliquent « ne rien savoir » sur le passé agricole de la ZAC.

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- By George Monbiot, published in the Guardian 15th July 2020 - 19th July 2020

Contract Killers

Coronavirus deals worth billions of bounds have been awarded by the government to “unusual” companies, without advertising or competition.

This stinks. It stinks worse than any of the other carrion this government has buried. Every day for the past fortnight, I’ve been asking myself why this scandal isn’t all over the front pages. Under cover of the pandemic, the government has awarded contracts worth billions of pounds for equipment on which our lives depend, without competition or transparency. It has trampled its own rules, operated secretly and made incomprehensible and – in some cases – highly suspicious decisions.

Let’s begin with the latest case, unearthed by investigative journalists at the Guardian and openDemocracy. It involves a contract to test the effectiveness of the government’s coronavirus messaging, worth £840,000. It was issued by the Cabinet Office, which is run by Michael Gove. The deal appears to have been struck on March 3, but the only written record in the public domain is a letter written on June 5, retrospectively offering the contract that had already been granted. There was no advertisement for the work, and no competition. No official notice of the award has yet been published. The deal appears to have been done with a handshake and a slap on the back.

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18 Juillet 2020

     

- Interventions létales - par Ivan du Roy, Ludovic Simbille, 17 juillet 2020 - Photo : © Anne Paq

"Le non-lieu, ça veut dire qu’il s’est tué tout seul ?" : la fabrique de l’impunité des violences policières

Les enquêtes faisant suite à des interventions létales controversées impliquant des forces de l’ordre aboutissent majoritairement à des classements sans suite ou des non-lieux. Le sentiment d’impunité qui s’en dégage interroge fortement. Proches des victimes, avocats et collectifs militants témoignent de cette réalité.

"À partir du moment ou un policier fait usage d’une arme à feu, il est normal que la justice vérifie si cela est justifié", confie un magistrat à Basta !. "Si le caractère proportionné est incontestable, alors il n’y a pas de suite. Si les choses paraissent confuses ou contestées par des témoins ou par l’examen de vidéos, cela doit faire l’objet d’une enquête pour s’en assurer."

Or, sur les 213 affaires d’interventions létales dont nous connaissons les suites judiciaires (de janvier 1977 à juin 2020), les deux-tiers n’ont eu aucun prolongement (classée sans suite ou non-lieu). Cela signifie-t-il que "le caractère proportionné" de l’usage de la force est "incontestable" ? Et ce, quelles que soient les circonstances et les modalités de l’intervention – personnes non armées tuées par balle, par une grenade, par une clef d’étranglement ou suite à des coups et blessure ? Cette forte proportion d’enquêtes non menées à terme interroge.

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- 17 juillet 2020, Laurie Debove

Des manifestants reçoivent des amendes "sans contact" : fichés puis identifiés par vidéosurveillance

Cette affaire, présentée comme “une histoire qui n’en est pas une” par la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP), pose pourtant de nombreuses questions démocratiques sur la possibilité d’exercer son droit d’expression et de manifestation sans crainte de répression, et le fait de circuler dans la rue sans se retrouver fiché par les services de renseignements généraux.

A Millau, en Aveyron, des dizaines de citoyen.ne.s ont eu la mauvaise surprise de recevoir une ou plusieurs amendes de 135€ pour avoir manifesté à la sortie du confinement, alors que les rassemblements à plus de 10 personnes étaient interdits. Seulement, aucune de ces personnes n’a été interpellée ou arrêtée durant lesdits événements. Elles ont toutes été verbalisées à posteriori, les services de renseignement les ayant repérées de visu puis confirmé leurs identité grâce aux caméras de vidéosurveillance de la ville. Une première politique en France qui inquiète sur la portée liberticide de ces dispositifs.

C’est un article de Numerama, site spécialisé dans l’information liée au numérique, qui a lancé l’alerte sur cette étrange histoire politique. A Millau (Aveyron), plus d’une centaine de citoyens exaspérés par la gestion gouvernementale de la crise sanitaire se réunissent le lendemain du déconfinement, soit le 12 mai, pour faire part de leur mécontentement dans un concert de casseroles.

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- Usbek & Rica - #Climat - #Technologie - 18/07/2020, Annabelle Laurent

Comment les règles de Facebook favorisent les propos climatosceptiques

Sur le réseau social, les propos climatosceptiques - par exemple, affirmer qu’il faut non pas réduire mais augmenter les émissions de CO2 - peuvent être classés comme relevant de l’"opinion" et être exemptés de vérification : ces principes créent une brèche qui profite largement aux climatosceptiques, explique une enquête du New York Times.

Depuis la mi-avril, sur Facebook, toute personne ayant lu, vu, commenté ou partagé des fausses informations sur le Covid-19 dans son fil d'actu est alertée par la plateforme.

Le contenu peut également être supprimé lorsqu’il "pourrait représenter un danger imminent pour la santé", comme par exemple l’affirmation selon laquelle l’eau de Javel permettrait de guérir du virus.

Facebook a depuis annoncé avoir étiqueté des millions de contenus (50 millions en avril) comme étant de la désinformation, et a resserré au fur et à mesure la vis. La plateforme a donc fait preuve de volontarisme pour accroître la modération. En revanche, en parallèle, une ONG peut, sans que la plateforme n’y voit d’inconvénient, continuer d’y affirmer que les émissions croissantes de CO2 sont… bonnes pour la planète. 

C’est ce qui s’est passé en septembre 2019. La CO2 Coalition, un think tank américain créé en 2015 qui rejette le consensus scientifique sur le réchauffement climatique affirmait qu’il était important de brûler encore davantage d’énergies fossiles.

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- - Actualité Politique - Publié le 28/11/2018, modifié le 17/07/2020

Le "décolonialisme", une stratégie hégémonique : l'appel de 80 intellectuels

Ils sont philosophes, historiens, professeurs… Ils dénoncent des mouvances qui, sous couvert de lutte pour l'émancipation, réactivent l'idée de "race".

Parmi les 80 signataires de l’appel contre le "décolonialisme", Boualem Sansal, Jean-Claude Michéa, Dominique Schnapper, Mona Ozouf (en bas), Elisabeth Badinter et Alain Finkielkraut.

C'est au rythme de plusieurs événements universitaires et culturels par mois que se multiplient les initiatives militantes portées par le mouvement "décolonial" et ses relais associatifs.

Ces différents groupes sont accueillis dans les plus prestigieux établissements universitaires, salles de spectacle et musées. Ainsi en est-il, par exemple, du séminaire "Genre, nation et laïcité" accueilli par la Maison des sciences de l'homme début octobre, dont la présentation regorge de références racialistes : "colonialité du genre", "féminisme blanc", "racisation", "pouvoir racial genré" (comprendre : le pouvoir exercé par les "Blancs", de manière systématiquement et volontairement préjudiciable aux individus qu'ils appellent "racisés").

Or, tout en se présentant comme progressistes (antiracistes, décolonisateurs, féministes…), ces mouvances se livrent depuis plusieurs années à un détournement des combats pour l'émancipation individuelle et la liberté, au profit d'objectifs qui leur sont opposés et qui attaquent frontalement l'universalisme républicain : racialisme, différentialisme, ségrégationnisme (selon la couleur de la peau, le sexe, la pratique religieuse). Ils vont ainsi jusqu'à invoquer le féminisme pour légitimer le port du voile, la laïcité pour légitimer leurs revendications religieuses et l'universalisme pour légitimer le communautarisme. Enfin, ils dénoncent, contre toute évidence, le "racisme d'Etat" qui sévirait en France : un Etat auquel ils demandent en même temps - et dont d'ailleurs ils obtiennent - bienveillance et soutien financier par le biais de subventions publiques.

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17 Juillet 2020

     

- Brèves > 17 juillet 2020

La déforestation en Amazonie est liée à l’exportation vers l’Europe de bœuf et de soja, montre une étude scientifique

Un article paru vendredi 17 juillet dans la revue Science, intitulé The rotten apples of Brazil’s agribusiness (Les fruits pourris de l’agrobusiness brésilien), établit un lien entre de grandes chaînes d’approvisionnement en soja et en viande bovine — les principales exportations agricoles du Brésil — et les activités illégales de déforestation dans les régions de l’Amazonie et du Cerrado.

Alors que la plupart des exportations agricoles du Brésil sont exemptes de déforestation, une petite partie du secteur, très destructrice, menace de compromettre l’avenir économique de l’agroalimentaire du pays tout en contribuant à l’aggravation de la crise environnementale et climatique régionale et mondiale. Extrait de "Science"

Le chercheur Raoni Rajão et ses collègues ont compilé un ensemble complet de cartes sur l’usage des terres et sur la déforestation au Brésil, comprenant 815.000 parcelles et ont modélisé le niveau de conformité à la loi pour chacune d’entre elles afin d’évaluer les activités de déforestation légales et illégales liées au soja et au bœuf exportés vers l’Union européenne (UE).

Les résultats montrent que si seulement 2 % des propriétés sont responsables de 62 % de la déforestation illégale dans leur région d’étude, une part importante de cette déforestation est liée aux produits agricoles d’exportation. Les auteurs estiment que jusqu’à 22 % du soja et plus de 60 % de la viande bovine exportée annuellement vers l’UE peuvent être liés à la déforestation illégale.

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- World - climate change - By Justin Worland, July 9, 2020 - Trent Parke—Magnum Photos

2020 Is Our Last, Best Chance to Save the Planet

Sunrise over a power station in Adelaide, Australia, in 2019. City skies across the world have been clearer during the COVID-19 pandemic, but that’s unlikely to last.

From our vantage point today, 2020 looks like the year when an unknown virus spun out of control, killed hundreds of thousands and altered the way we live day to day.

In the future, we may look back at 2020 as the year we decided to keep driving off the climate cliff–or to take the last exit. Taking the threat seriously would mean using the opportunity presented by this crisis to spend on solar panels and wind farms, push companies being bailed out to cut emissions and foster greener forms of transport in cities. If we instead choose to fund new coal-fired power plants and oil wells and thoughtlessly fire up factories to urge growth, we will lock in a pathway toward climate catastrophe.

There’s a divide about which way to go.

In early April, as COVID-19 spread across the U.S. and doctors urgently warned that New York City might soon run out of ventilators and hospital beds, President Donald Trump gathered CEOs from some of the country’s biggest oil and gas companies for a closed-door meeting in the White House Cabinet Room. The industry faced its biggest disruption in decades, and Trump wanted to help the companies secure their place at the center of the 21st century American economy.

Everything was on the table, from a tariff on imports to the U.S. government itself purchasing excess oil.

“We’ll work this out, and we’ll get our energy business back,” Trump told the CEOs. “I’m with you 1,000%.”

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- Marion Police - Publié vendredi 17 juillet 2020 - Interview

"C’est à la parole de la victime qu’on n’accorde pas le bénéfice du doute"

Les nominations de Gérald Darmanin et d’Eric Dupond-Moretti au gouvernement français ont entraîné une vague de mécontentement sur les réseaux, suivie de manifestations féministes dans tout l’Hexagone. La sociologue Eléonore Lépinard et l’avocate Lorella Bertani analysent ce phénomène

"Gouvernement de la honte",

"Vous vous torchez avec nos plaintes?",

lisait-on vendredi 10 juillet sur des pancartes dans les rues de nombreuses villes françaises. Les collectifs féministes ont ainsi réagi à la nomination à la tête du Ministère de l’intérieur de Gérald Darmanin, qui fait à nouveau l’objet d’une enquête judiciaire après une plainte pour viol, et du sulfureux avocat Eric Dupond-Moretti, souvent pointé du doigt pour ses propos sexistes et ses diatribes antiféministes dans les médias.

Une pétition pour destituer les deux ministres a été lancée, et la presse étrangère, du New York Times à El País, s’en est fait l’écho. Pour les manifestantes, qui continuent de protester via les réseaux sociaux, il s’agit de dénoncer la symbolique de ces nominations, et non pas leur validité juridique. Les faits: Gérald Darmanin a été accusé en 2017 de viol par une femme avec laquelle il a reconnu avoir eu une relation sexuelle, mais selon lui, librement consentie. Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d’appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations. Pourquoi, alors que l’enquête qui vise ce dernier est encore en cours, d’une part, et que la libération de la parole des femmes est enfin saluée, d’autre part, choisir deux personnalités aussi clivantes à des postes clés? Quel message Emmanuel Macron envoie-t-il à la société française, lui qui avait fait de l’égalité hommes-femmes une des "grandes causes de son quinquennat"?

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- Accueil > Tribune > 17 juillet 2020 / William Clapier

L’écologie n’est pas punitive, mais libératrice

Alors que les questions écologiques occupent une place centrale du débat politique, ses détracteurs caricaturent un "autoritarisme vert" ou encore des "élucubrations écototalitaires". L’auteur de cette tribune s’attache à prendre le contrepied de ces expressions à l’emporte-pièce.

❐ Essayiste, William Clapier vient de publier Effondrement ou révolution ? au Passeur éditeur.

Alors que la Convention citoyenne pour le climat a publié ses propositions et que l’aggravation de la crise socioécologique pousse la société civile vers l’urgence d’un changement "d’imaginaire culturel" et de mode de vie, des voix affirment leur opposition, dénonçant les dérives d’un "autoritarisme vert" ou les "élucubrations écototalitaires".

Le saut civilisationnel auquel nous appelle la crise socioenvironnementale ne relève en aucun cas d’une répression des attentes fondamentales de l’être humain. Guide sur les voies de la résilience sociétale, l’écologie communique une attitude respectueuse et empathique à l’égard du vivant, initie à l’intelligence de ses écosystèmes et prédispose à l’émerveillement de son mystère. Compétente en sciences de la nature et protectrice du vivant, l’écologie est enseignante de vie, non pas une mère fouettarde. Son bon sens nous dissuade de rester complices d’une trajectoire suicidaire. Elle nous alerte sur les conséquences écocides de l’actuel système extractiviste-productiviste-consumériste, qui tourmentent l’humanité de maux toujours plus dévastateurs.

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16 Juillet 2020

     

- Écologie - Idées & Débats - Par Caroline Sourzac-Lami, 16 juillet 2020

Condamner l’écocide et reconnaître nos dépendances à la terre : l’héritage d’Aldo Léopold

La proposition de la Convention Citoyenne pour le Climat de pénaliser le crime d’écocide dans le cadre des limites planétaires n’est pas une idée nouvelle. En 1949, Aldo Léopold affirmait déjà la nécessité de préserver l’intégrité du vivant et invitait à reconnaître la dépendance des humains à la terre. Il déplorait les conséquences d’une gestion de la nature selon des normes économiques, et posait ainsi les fondements de l’écologie politique. Rejeter la proposition des 150, c’est préférer une gestion comptable à une approche systémique de la nature, refuser de comprendre le vivant et ne pas se préparer aux crises en cours et à venir. 

Ce qu’ignorer le vivant fait aux humains

La crise du coronavirus a rappelé à ceux qui veulent bien le voir que l’humain n’est qu’un chaînon dans un système de liens biologiques composé d’autres animaux, plantes, champignons et bactéries. Modifier un écosystème sur une planète globalisée, par exemple en ayant détruit 81 millions d’hectares de forêts depuis 1990, c’est forcer le vivant qui le compose à disparaître ou à s’adapter. Nous ignorons sans peine la disparition de nombreux vivants sur terre, telle que 60 % des populations d’animaux sauvages en quarante ans. En revanche, nous n’avons pas pu ignorer les changements du vivant qui ont permis au virus d’être transmis d’animaux à humains.

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- By Georgina Gustin, July 7, 2020 - Top Photo Credit: Joe Raedle / Getty Images

Think Covid-19 Disrupted the Food Chain? Wait and See What Climate Change Will Do

The pandemic has revealed deep flaws in the world’s food system and food leaders are calling for global coordination and climate resilient agriculture.
In the months since Covid-19 convulsed the globe, the world's food system has undergone a stress test—and largely failed it.

The pandemic disrupted global supply chains, induced panic buying and cleared supermarket shelves. It left perfectly edible produce rotting in fields, and left farmers no choice but to gas, shoot and bury their livestock because slaughter plants were shut down. 

It also revealed a glaring problem: Though researchers have known for decades that climate change will roil farming and food systems, there exists no clear global strategy for building resilience and managing risks in the world's food supply, nor a coherent way to tackle the challenge of feeding a growing global population, on a warming planet where food crises are projected to intensify.

"We need to make sure food is safe, nutritious and sustainable, not just for today but for the future," said Emily Broad Leib, director of the Harvard Law School Food Law and Policy Clinic. "There's growing acknowledgement that this has been something that's not been addressed in a coordinated way."

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- Tribune > 15 juillet 2020 / Maud Morel

Répression antinucléaire : "J’ai été envahie dans mon refuge, sans motif légitime"

L’autrice de cette tribune raconte le traumatisme de la perquisition que son compagnon et elle ont subi en 2018, en raison de leur solidarité avec la lutte contre le projet Cigéo à Bure. Elle dénonce la criminalisation des écologistes et la disproportion de la répression qui s’abat sur eux.

Maud Morel est la compagne de Christophe, un jeune homme solidaire de la lutte contre Cigéo à Bure. Leur appartement de Romans-sur-Isère (Drôme) a été perquisitionné en juin 2018 dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en juillet 2017 contre les opposants à ce projet d’enfouissement des déchets nucléaires.

Il est 6 h du matin, le réveil résonne dans la chambre épurée du modeste appartement que je loue à Romans-sur-Isère. À mes côtés, Christophe semble encore dormir profondément, il est nu. Nous sommes le 20 juin 2018 et l’été a déjà pris ses quartiers. Depuis un an et demi, je travaille pour une association qui œuvre pour la réduction des déchets. C’est mon premier emploi porteur d’une éthique puissante, le premier qui a du sens pour moi. Quelques mois avant mon embauche, j’avais mis un pied dans le maelstrom des questionnements liés à l’écologie, dans son acception la plus large : recherche de réduction des déchets, certes, mais aussi remise en cause des procédés industriels, du marketing, de la grande distribution…

Mais il faut bien reconnaître qu’en matière de prise de conscience, je tombe du nid : très peu politisée, sans culture militante, ignorante de l’histoire de la plupart des luttes passées et à l’œuvre aujourd’hui. Pas de manif à mon actif, jamais lu autre chose que l’histoire des puissants écrite par eux-mêmes. Prenant à peine la mesure de la complexité des rouages socio-économiques et de leur portée culturelle, je papillonne de découverte en microaction. Nécessairement, je commence à entendre parler des grands chantiers inutiles, coûteux et dangereux, comme celui de Cigéo, à Bure.

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- Info > 16 juillet 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Malgré la déforestation en Amazonie, l’Europe veut signer le traité avec le Mercosur

En discussion depuis 1999, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays membres du Mercosur, le marché commun sud-américain, pourrait entrer en vigueur avant la fin de l’année 2020. Au prix de conséquences écologiques majeures, notamment la déforestation.

Il serait "le principal accord commercial jamais conclu" par l’Union européenne : après vingt ans de négociations souvent houleuses, l’Europe s’apprêterait à signer un nouveau traité de libre-échange avec le plus grand marché commun d’Amérique latine — le Mercosur, réunissant le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. C’est ce qu’a annoncé Phil Hogan, commissaire européen au Commerce : "Nous avons terminé le nettoyage juridique et nous sommes maintenant dans la phase de traduction, que nous terminerons en octobre", a-t-il indiqué, lundi 6 juillet, à quelques eurodéputés. En clair : la ratification, étape finale avant l’entrée en vigueur de l’accord, pourrait avoir lieu avant fin 2020.

Ce traité, qui s’appliquerait à plus de 770 millions de personnes de part et d’autre de l’Atlantique, entre ainsi dans sa dernière ligne droite. Une fin de course cependant semée d’obstacles, car le texte a suscité une levée de boucliers. "L’accord est anachronique dans ses principes même, observe Maxime Combes, économiste et porte-parole d’Attac. En 1999, quand ont débuté les discussions, le réchauffement climatique et la crise écologique n’étaient pas une préoccupation majeure : le mandat de la Commission européenne, qui a négocié l’accord, n’évoquait ni le climat ni la biodiversité". Résultat, deux décennies plus tard : le chapitre "commerce et développement durable", qui contient des dispositions contre la déforestation ou pour le respect de l’Accord de Paris, est la seule partie du traité non contraignante. "Aucun mécanisme de sanction n’est prévu si une des parties ne respecte pas ses engagements environnementaux et sociaux", résume Samuel Leré, de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH).

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15 Juillet 2020

     

- Débats & Reportages -  Alexis Buisson, publié le 13/07/20

Rushdie, Chomsky, Atwood, Daoud... nouveaux réacs ou authentiques défenseurs de la liberté d’expression ?

Un collectif de plus de cent cinquante écrivains, artistes et intellectuels s’inquiètent dans une tribune de la menace que ferait peser sur le débat public certains interdits posés par les mouvements en faveur de la justice sociale. Nouveaux réactionnaires ou défenseurs de la liberté d’expression, le débat fait rage au sein de la gauche américaine.

Aux États-Unis, la question de la censure et de la liberté d’expression fait rage au sein de la gauche - Getty Images

Salman Rushdie, Noam Chomsky, Wynton Marsalis, Gloria Steinem, Mark Lilla… Ils font partie des 153 universitaires, artistes, intellectuels, journalistes et militants d’horizons divers signataires de la “Lettre sur la justice et le débat ouvert” publiée sur le site du magazine américain Harper’s le 7 juillet (et reprise par Le Monde).

Le but de cette tribune, dont l’intellectuel Thomas Chatterton Williams est à l’initiative : mettre en garde la gauche contre le "climat intolérant" qui a emergé dans le sillage de la mort de George Floyd.

"On renvoie des rédacteurs en chef pour avoir publié des articles controversés ; on retire des livres sous le prétexte d’un manque d’authenticité ; on empêche des journalistes d’écrire sur certains sujets", écrit le collectif.

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- Info > 15 juillet 2020 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

L’inquiétude monte autour du méthane, l’autre bombe climatique

Les émissions de méthane, un gaz à effet de serre très puissant, flambent à cause de nos modes d’élevage, du traitement de nos déchets et de l’extraction d’énergies fossiles. Ce phénomène amplifie considérablement le dérèglement climatique et ses conséquences.

C’est un gaz à effet de serre très puissant, souvent qualifié de "bombe climatique". Les concentrations de méthane (CH4) dans l’atmosphère ne cessent d’augmenter, accélérant les dérèglements climatiques déjà palpables aux quatre coins de la planète : c’est le principal enseignement d’une analyse publiée, mercredi 15 juillet, par le Global Carbon Project (GCP), qui veille sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Cette étude fait l’objet de publications dans les revues scientifiques Environmental Research Letters et Earth System Data. Elle a été pilotée par une équipe de recherche internationale, menée en France par le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE).

Depuis le début de la révolution industrielle, les concentrations de méthane dans l’atmosphère ont augmenté de plus de deux fois et demie. Elles atteignent désormais 1.875 parties par milliard, un taux inégalé depuis au moins 800.000 ans. Ces chiffres sont préoccupants, car si le méthane est le deuxième gaz à effet de serre en quantité dans l’atmosphère, après le dioxyde de carbone (CO2), il a un effet de réchauffement 28 fois plus important que ce dernier. “Aujourd’hui, on estime que le méthane contribue à hauteur de 23 % du réchauffement lié aux émissions de gaz à effet de serre anthropiques", précise Marielle Saunois, enseignante-chercheuse au LSCE et coordinatrice de l’étude.

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- Tribune > 13 juillet 2020 / Jacques Brissaud, Frédéric Pagès et Olivier De la Soujeole

Comme en Mai 68, tout est prêt pour un élan collectif, vital et nécessaire

Mai 68, Gilets jaunes, coronavirus, mort de George Floyd… Autant de "convulsions" car la planète est aujourd’hui "au bord de la crise de nerfs", écrivent les auteurs de cette tribune. Qui ajoutent : "La dynamique qui s’est enclenchée en 68 doit, enfin, accoucher des ruptures effectives, entraperçues à l’époque, devenues vitales aujourd’hui".

Jacques Brissaud, Frédéric Pagès, Olivier de La Soujeole, coauteurs de Mai 68 est devant nous (éd. Yves Michel, 2018).

"Je ne peux pas respirer…" Qui parle ? George Floyd ? La planète ? Ces peuples pris dans l’étau et qui tournent dans "l’essoreuse à vies" ?... Nous-mêmes, menacés chaque jour par cette espèce de harcèlement existentiel qui nous incite à avancer en constant déséquilibre à la superficie des choses tandis que le discours dominant orchestre cette course ?

Aujourd’hui, qu’est-ce qui serait, qu’est-ce qui est révolutionnaire ? Ralentir… s’arrêter. Pour voir. Discerner. Écouter.

Ce qui relie, entre autres choses, Mai 68 et le moment singulier que nous venons de traverser, c’est, outre le caractère imprévisible de ces événements, cet arrêt ou ce quasi arrêt de l’agitation sociale et de l’affairement… et ce qui surgit, ce qui affleure à la faveur de cette pause.

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- Gabrielle Debono - Extinction Rebellion - Liberté d'expression et d'information sans CENSURE - 12 Juillet 2020

Réponse d'une consœur de Me Dupont Moretti avocate au Barreau de Charleroi,

Mon Cher Confrère,

Monsieur - le tout fraîchement - Ministre,

Moi je n'aime pas la corrida.

Et je ne permets à PERSONNE de me juger pour cette aversion que j'ai de ce macabre, archaïque et sanglant spectacle.

Moi, voyez-vous, je ne me reconnais pas dans les personnages qui ressentent une jouissance "émotionnellement artistique" à la vue du sang qui coule sur le sable...

Vous voyez de la noblesse et de la virilité dans le torero. Chacun sa vision...Moi, je vois de la noblesse dans l'animal, le seul qui a des couilles - des vraies - dans cette arène.

Voyez-vous, Monsieur le Ministre, j'estime que la mise à mort, quelle qu'en soit la victime, n'est jamais un art. Parce que l'art est indissociable de la beauté. Subjective certes. mais une beauté quand même.Et que rien n'est beau dans la mort. Absolument rien. Jamais! Surtout quand elle est le point final d'une boucherie. Oui, oui, une vraie boucherie, ne vous en déplaise...

Et je considère aussi que la souffrance d'un animal ne doit pas être relativisée quand elle ne sert qu'à offrir du plaisir et de la distraction à de "riches bobos" (ah, ce n'est pas moi qui ai utilisé ce terme en premier, c'est vous!)

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14 Juillet 2020

     

- July 7, 2020

A Letter on Justice and Open Debate

❐ The below letter will be appearing in the Letters section of the magazine’s October issue. We welcome responses at letters@harpers.org

Our cultural institutions are facing a moment of trial. Powerful protests for racial and social justice are leading to overdue demands for police reform, along with wider calls for greater equality and inclusion across our society, not least in higher education, journalism, philanthropy, and the arts. But this needed reckoning has also intensified a new set of moral attitudes and political commitments that tend to weaken our norms of open debate and toleration of differences in favor of ideological conformity. As we applaud the first development, we also raise our voices against the second. The forces of illiberalism are gaining strength throughout the world and have a powerful ally in Donald Trump, who represents a real threat to democracy. But resistance must not be allowed to harden into its own brand of dogma or coercion—which right-wing demagogues are already exploiting. The democratic inclusion we want can be achieved only if we speak out against the intolerant climate that has set in on all sides.

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- Politique - Publié le 06/07/2020, Henri Peña-Ruiz

Chronique intempestive : le monde en noir et blanc ? Lettre ouverte à Danièle Obono

❐ Philosophe et écrivain. Auteur de Karl Marx penseur de l’écologie (Seuil, 2018), de Marx quand même (Plon, 2012), Entretien avec Marx (Plon, 2012). Egalement auteur de nombreux essais sur la laïcité, dont un Dictionnaire amoureux de la laïcité (Plon, 2014), qui s'est vu décerner le Prix national de la laïcité 2014.

"#remaniement Nom : Jean #Castex Profil : homme blanc de droite bien techno & gros cumulard Fonction : gérer l'intendance de fin de règne de la #Macronie comme il a préparé le déconfinement, en mode "Démerdez-vous, c'est chacun·e pour sa gueule, Jupiter reconnaîtra les sien·nes"", a tweeté Danièle Obono. Henri Peña-Ruiz lui répond.

Madame Obono, je ne doute pas le moins du monde de votre volonté d'émancipation humaine. Mais je pense que vous faites fausse route. Renverser le racisme, ce n'est pas l'inverser. Dire de Monsieur Castex, nouveau Premier ministre, que c'est un "homme blanc de droite", c'est inaugurer une typologie éthiquement scandaleuse et politiquement inepte.

N'oubliez pas que le combat antiraciste de Nelson Mandela s'est fait au nom de l'universalisme émancipateur, qui rend les droits des uns inséparables des droits des autres. La notion d'universalisme est facile à comprendre. A condition de la distinguer de l'ethnocentrisme colonialiste, qui érigeait une civilisation particulière en référence prétendue universelle pour mieux l'imposer aux peuples dominés. Est universel ce qui vaut ou peut valoir pour toutes et tous. Ainsi de la liberté, de l'égalité, de l'émancipation, de l'instruction qui fonde l'autonomie de jugement.

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- Par Catherine Kintzler, le 30 juin 2020

Antiracisme, accusation identitaire et expiation en milieu académique

Sommaire

La politique antiraciste d’une société savante dix-septiémiste

Une démarche de type inquisitorial

Dix commandements aux universitaires blancs.

Annexe. Document : Lettre du président de la SSCM sur la diversité

L’exemple d’une société savante

Voici un exemple – probablement banal – de la vague (prétendument) antiraciste et "inclusive" qui déferle sur le monde universitaire, de la recherche et de la culture, à grand renfort de culpabilisation et d’auto-flagellation. Cet article commente la Lettre (publiée ci-dessous) que le président de la Society For Seventeenth-Century Music, société savante basée aux États-Unis, a adressée récemment à ses adhérents.

Consécutive à l’horreur qu’a inspirée la mort atroce de George Floyd, elle entend affirmer une politique antiraciste au sein des activités et des chercheurs de cette société. Tout en rappelant opportunément l’antiracisme comme principe universel, le programme exposé s’engage dans une entreprise d’auto-accusation identitaire qui a quelque chose d’expiatoire et propose, pour orienter aussi bien ses objets d’étude que ses participants, de recourir à un critère discriminatoire.

Mais le texte de référence dont la Lettre se réclame, et qu’elle encourage ses destinataires à lire, la surpasse largement.

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- Sciences - dimanche, 5 juillet 2020, de Alejandra Borunda

Poussière du Sahara : précieuse pour le climat, nocive pour notre santé

Un panache de poussière, en provenance du Sahara, traverse l’océan Atlantique, transportant des particules qui irritent les poumons mais sont d’une importance vitale pour les plantes et les océans.

Le dimanche 21 juin, un énorme nuage de poussière a envahi Porto Rico, conférant au ciel un aspect blanc laiteux. Au cours des deux jours qui ont suivi, la qualité de l’air s’est nettement détériorée. Olga Mayol-Bracero, experte en chimie de l’atmosphère à l’université de Porto Rico a consulté les relevés de la station météorologique qu’elle dirige à l’extrémité nord-est de l’île. C’est la première fois que la chimiste voit des valeurs aussi élevées en 16 ans d’observation.

"Je ne voyais ni le ciel ni les nuages. Rien qu’une couche grisâtre à perte de vue", dit-elle. "Nous n’avons jamais rien vu de tel."

Il s’agit d’un immense panache de poussière provenant du désert du Sahara. Il a traversé plus de 8 000 kilomètres, dérivant à travers l’océan Atlantique avant de recouvrir les cieux en Amérique du Nord et même ailleurs.

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- 12 juillet 2020 - Par COLLECTIF DES MALADES COVID-19 au LONG COURS - Blog : Le blog de COLLECTIF DES MALADES COVID-19 au LONG COURS

Qui veut jouer à la roulette russe avec le virus?

C’est le début des vacances, quelques semaines après le déconfinement et la reprise de l’école, l’augmentation des cas de Covid-19 est exponentielle. Les masques ne dissimulent pourtant que la bouche et le nez, comment se fait-il que certains semblent également se cacher les yeux ?

C’est le début des vacances, quelques semaines après le déconfinement et la reprise de l’école, l’augmentation des cas de Covid-19 est exponentielle. Les cas de consultations se sont multipliés chez les moins de 15 ans. Étrange corrélation car les enfants après avoir été considérés comme les plus contagieux (fermeture immédiate des écoles comme premier acte du confinement), les autorités ont finalement décidé qu’ils ne l’étaient pas. Et ce malgré les études allemandes montrant que le taux de contamination des enfants était bien -au moins- aussi important que celui des adultes.

La recrudescence du taux de contamination (nombre théorique de personnes qu’un infecté contamine en moyenne) dépasse 1 dans de plusieurs régions de France et les foyers (clusters) se multiplient. Ailleurs dans le monde, on reconfine à tour de bras (en Chine et en Espagne entre autres)…

En France cependant "tout va bien", notre fête de la musique, puis plus récemment encore des concerts, rassemblent des foules immenses, les terrasses, les soirées plus ou moins privées sans aucune mesure barrière, les bars, pubs.. font office de discothèques, ces dernières, elles, restant toujours fermées car jugées trop dangereuses?

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13 Juillet 2020

     

- 11 juillet 2020, par Revue Délibérée - Blog : Le blog de Revue Délibérée

Ce que les médias font à la justice

Le traitement médiatique de la justice en France révèle un renoncement démocratique à faire connaître et comprendre la justice. La culture de l’information-spectacle concourt à installer une forme de sous-représentation de la justice, où la distorsion du réel l’emporte sur les faits, et in fine, entretient une dépolitisation mortifère des enjeux judiciaires.

Ce texte a été publié dans le numéro 9 de la revue, numéro spécial consacré à la thématique Justice & Médias, réalisé en partenariat avec Acrimed. Il a été co-rédidigé par Elsa Johnstone, Vincent Sizaire (magistrate et magistrat, membres du Syndicat de la magistrature et de la rédaction de Délibérée), Frédéric Lemaire et Blaise Magnin (membres d'Acrimed). 

Acrimed est une association fondée en 1996 pour remplir les fonctions d'observatoire des médias. Elle réunit des journalistes et salarié.es des médias, des chercheurs et universitaires, des acteurs du mouvement social et des "usagers" des médias et cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante.

Les médias, par leur double souci de cultiver le pluralisme des idées et de dévoiler l’exercice du pouvoir, sont parfois glorieusement quali­fiés de quatrième pouvoir ou de chiens de garde de la démocratie, et placés ainsi sur le même plan que les institutions, gouvernementales, parlementaires et judiciaires. Malheureusement, il s’en faut de beaucoup pour que la contribution médiatique à la vie publique corresponde un tant soit peu à cette construction séduisante. En témoignent, par exemple, les travers bien connus de la couverture médiatique de l’actualité politique : personnalisation à outrance, omniprésence des petites phrases, complaisances voire connivences à l’égard des puissants, dépolitisation et spectacularisation des échéances électorales transformées en "course de petits chevaux". On évoque cependant plus rarement ce que les mêmes travers médiatiques font à un autre "contre-pouvoir" : la justice.

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- EVRA pour la protection de l'enfance - Posté par Francine Sporenda (Human Rights), 13 Juillet 2020

Une psy qui a affronté Dupond Moretti en cour de justice, révèle ses tactiques d'intimidation des victimes:

"Rappelons ici que douze enfants ont été considérés victimes de viols lors du procès de Paris et que, depuis, certains des acquittés ont été de nouveau mis en cause pour des affaires similaires, ce dont la presse a bien peu parlé."

Revenons à Rennes, mai 2015.

Le mis en cause, jeune adulte, tenait à peine debout vu son état de délabrement physique et avait, rien que pour lui, sept avocats et pas des moindres. Nous pourrions nous demander ici qui a payé ces ténors du barreau aux émoluments conséquents pendant un procès pénal qui a duré plusieurs semaines, et pour quelles raisons ils étaient si nombreux, si ce jeune homme ne représentait pas un enjeu qui le dépasse, alors que la majorité des mis en cause n'ont le droit qu'à un unique avocat commis d'office.

Là il ne "bénéficie" pas du jeune avocat commis d'office et qui fait de son mieux avec son expérience limitée mais il a le droit à sept "pointures" des prétoires, rien que pour lui alors qu'il est présenté sans revenu fixe et que tout citoyen "classique" n'a pas la possibilité d'avoir plusieurs avocats réglés par le contribuable....

En mai 2015 je suis donc convoquée par le Tribunal de Grande Instance, comme témoin, par les parties civiles - ou, plus précisément, comme "expert-sachant" pour expliquer aux jurés ce qu’est la mémoire traumatique et pourquoi des enfants victimes ne peuvent pas témoigner de façon linéaire, en raison des reviviscences traumatiques. Près de trois heures face à un jury et des magistrats attentifs, sans avoir la moindre note, pour expliquer toute cette complexité clinique.

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12 Juillet 2020

     

- Analyse - 11 juillet 2020 Par Joseph Confavreux

Savoir et pouvoir: ce que la crise sanitaire nous enseigne

La question des rapports entre experts et politiques ne se règlera pas à l’aune du Covid-19. Mais on peut déjà tirer des enseignements, pour moins de centralisme, plus de transparence et de démocratie.

Les auditions parlementaires sur la gestion de la crise du Covid-19 prétendent ouvrir la boîte noire des relations entre le politique et le scientifique. Mais permettront-elles de comprendre pourquoi et comment l’exécutif s’est appuyé sur des comités scientifiques ad hoc plutôt que de recourir aux structures déjà existantes et nombreuses ? De saisir les raisons de la visite d’Emmanuel Macron au professeur Raoult deux semaines après que celui-ci eut quitté avec fracas le conseil scientifique mis en place par Emmanuel Macron lui-même, en jugeant au passage qu’"on ne peut pas mener une guerre avec des gens consensuels [car] le consensus, c’est Pétain" ? De donner définitivement tort ou raison au patron britannique du Lancet qui commence à s’y connaître en fiasco et juge que "c’est le système de conseils scientifiques qui a failli dans votre pays [la France] comme dans le mien" ?
Arrivée d’un malade du Covid-19 de région parisienne à Périgueux en hélicoptère du SAMU, le 10 Avril 2020. © Romain Longieras / Hans Lucas via AFP

En tout cas, la pandémie de Covid-19 vient rappeler la nécessité de se pencher à nouveau sur les relations entre savoir et pouvoir. Et il serait dommage de se cantonner à ce qui a déjà été analysé : les discours fallacieux sur l’intérêt ou non de porter un masque grand public, les failles de l’administration sanitaire et de son organisation, le manque de préparation et d’anticipation… Tout comme il serait insuffisant de réduire cette crise au reflet de décennies de politiques qui ont fait de la santé une variable d’ajustement budgétaire comme une autre.

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- 12 juillet 2020 - Par Pascale Fourier, Blog : C'est pas moi qui l'dis....

Les open badges dans l'Education Nationale: le mépris et le contrôle

En rire ? En pleurer ? Les Open Badges se développent de façon rampante à tous les étages de l'Éducation Nationale, des élèves jusqu'aux enseignants. Destructeurs de la valeur des diplômes, ils réorganiseront à terme les modalités de recrutement en usant d'une arme redoutable : l'intrusion dans la vie personnelle du salarié et le contrôle des modalités d'engagement du citoyen dans la cité

Il serait malvenu de croire que les open badges qu'ont voulu mettre en valeur les académies de Montpellier ou Poitiers à la sortie de la période de confinement n'étaient que lubie de tel ou tel recteur, colifichets que les enseignants devraient s'auto-attribuer pour valoriser les compétences acquises en particulier lors de ce temps singulier d'enseignement à distance – colifichets dont il aurait convenu de se gausser en les pastichant, ce qui a été fait amplement par les enseignants – cédant en cela par trop à la tendance délétère contemporaine consistant à tourner en dérision les choses plutôt qu'à les passer au crible de l'analyse.

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11 Juillet 2020

     

- France - Parti pris - 3 juillet 2020 Par Edwy Plenel

Le présidentialisme français, cet abêtissement politique

En France, un président démonétisé peut seul changer la donne gouvernementale pour son bon plaisir politique. Ce présidentialisme nous abêtit et nous infantilise. Dans une démocratie intelligente et adulte, ces changements relèveraient de choix collectifs, ceux de la majorité parlementaire ou du parti majoritaire.

Tous les pédagogues le savent : l’enseignement, c’est la répétition. Alors, à Mediapart, nous ne nous lassons pas de répéter, sous Emmanuel Macron aujourd’hui comme sous Nicolas Sarkozy puis François Hollande hier, que le présidentialisme français est l’ennemi foncier d’une République démocratique et sociale, tant il ne cesse de la miner de l’intérieur, de la corrompre et de l’affaiblir.

Le présidentialisme est au régime présidentiel ce que l’intégrisme est aux religions, ce que l’absolutisme est aux monarchies, ce que le sectarisme est aux convictions. Ce n’est pas le fait qu’il y ait une présidence de la République, c’est que la République soit aux mains du président. Legs du bonapartisme français, ce césarisme qui laïcisa la monarchie de droit divin sur les décombres d’une révolution démocratique trahie et inachevée, notre présidentialisme est un régime d’exception devenue la norme. Une norme dont l’excès n’a cessé de s’étendre depuis que, dans les années 1980, François Mitterrand a transformé la présidence en fortin de résistance aux déroutes électorales et au discrédit populaire.

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- Tribune > 11 juillet 2020 / Maud Coudrais et Ugo Mattei

Antennes téléphoniques : des enfants italiens invoquent le principe de précaution

Le tribunal de Turin examinera lundi 13 juillet le recours d’enfants qui dénoncent l’installation d’antennes-relais près de leur école pendant le confinement. S’il leur donne raison, le principe de précaution pourrait devenir en Europe un véritable instrument au service de la protection de la santé publique, expliquent les auteurs de cette tribune.

Ugo Mattei est professeur de droit civil, auteur de plusieurs publications sur les biens communs et l’écologie du droit, et avocat cosignataire du recours avec Me Edoardo Valentino, avocat au barreau de Turin. Maud Coudrais est docteure en droit, avocate au Barreau de Paris. Les auteurs remercient Philippe Billet, professeur agrégé de droit public à la faculté de droit Jean-Moulin de Lyon 3 et directeur de l’Institut de droit de l’environnement de Lyon.

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, dans différents pays européens dont la France, des antennes-relais de télécommunication ont été la cible d’activistes les suspectant de favoriser la propagation du virus. De fait, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit. L’épidémie de Covid-19 aura clairement favorisé la propagation des antennes-relais.

En France, l’ordonnance n° 2020-320 du 25 mars 2020 relative à l’adaptation des délais et procédures applicables à l’implantation ou à la modification d’une installation de communications électroniques a quasiment supprimé tout contrôle sur l’installation d’antennes-relais, au nom de la "continuité du fonctionnement des services et des réseaux". Cette libéralisation extrême est posée comme temporaire, supposément limitée à la période d’urgence sanitaire. Toutefois, le texte prévoit déjà des possibilités de régularisation des ouvrages installés.

En Italie, les textes n’ont pas été modifiés. Mais la même logique a prévalu dans la pratique, comme à Frossasco, petite commune piémontaise d’environ 3.000 habitants.

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- Juillet 2020, pages 1, 8 et 9, par Laurent Bonelli 

Violences policières, les racines d’une défiance

Les forces de l’ordre social

"Tout le monde déteste la police." Courant dans les manifestations françaises, ce slogan exprime une exaspération qui n’est plus cantonnée aux groupes les plus militants. Trop souvent requises pour réprimer des mouvements sociaux, avec une brutalité remarquée, les forces de l’ordre ont vu leur mission se confondre avec celle d’une garde prétorienne du pouvoir. Leur popularité n’y a pas résisté.


Michel Tabanou. — "La violence fait toujours partie du répertoire de l’État", 2019 - © Michel Tabanou

Les images de l’agonie de George Floyd, étouffé par un policier de Minneapolis sous le regard impassible de ses collègues, ont déclenché une vague de protestation d’une ampleur inhabituelle aux États-Unis. Des centaines de milliers de personnes se sont réunies un peu partout sur le territoire pour dénoncer avec véhémence, parfois avec violence, le traitement discriminatoire des minorités par la police. Quelques jours plus tard, des dizaines de milliers de manifestants se rassemblaient à Paris et dans plusieurs villes françaises, à l’appel du comité Vérité et justice pour Adama, constitué en mémoire d’Adama Traoré, qui avait trouvé la mort en juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes. Aux côtés de simples citoyens défilaient des personnalités politiques de premier plan, alors que le mouvement recevait le soutien de vedettes du cinéma, du football ou de la chanson. Il a même rapidement arraché au ministre de l’intérieur, M. Christophe Castaner, une mise en cause des pratiques d’étranglement et la promesse d’améliorer la déontologie des forces de l’ordre, particulièrement pour ce qui touche au racisme.

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- ECOLOGIE - 10 juillet 2020 Par Héléna Berkaoui

Pollution de l’air: le Conseil d'Etat somme le gouvernement d’agir

Le Conseil d’État ordonne au gouvernement de prendre des mesures pour réduire la pollution de l’air et prononce une astreinte de 10 millions d’euros par semestre de retard. Un montant inédit destiné à contraindre l’État à respecter cette décision.

Jamais le Conseil d’État n’a prononcé d’astreinte aussi lourde contre le gouvernement. Vendredi 10 juillet, la plus haute juridiction administrative a ordonné à l’État de prendre des mesures pour réduire la pollution de l’air sous astreinte de 10 millions d’euros par semestre de retard.

Le Conseil d’État rappelle que le gouvernement a déjà été condamné le 17 juillet 2019 pour dépassements répétés des normes d’émissions de particules fines et de dioxyde d’azote. Le juge administratif condamne aujourd’hui l’État pour son inaction. L’astreinte connaît "le montant le plus élevé qui ait jamais été imposé pour contraindre l’État à exécuter une décision prise par le juge administratif", indique la juridiction. 

Si l’astreinte venait à être liquidée, elle serait reversée "non seulement aux associations requérantes mais aussi à des personnes publiques disposant d’une autonomie suffisante à l’égard de l’État et dont les missions sont en rapport avec la qualité de l’air ou à des personnes privées à but non lucratif menant des actions d’intérêt général dans ce domaine", précisent-ils. 

"On est très contents que le Conseil d’État nous suive dans nos écritures", réagit Louis Cofflard, le conseil des Amis de Terre, association requérante dans cette affaire. Néanmoins, l’éventuel versement de l’astreinte à des personnes publiques ne le satisfait pas : "Ce que le Conseil d’État donne d’une main, il le reprend de l’autre main."

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10 Juillet 2020

     

- Info > 10 juillet 2020 / Émilie Massemin (Reporterre)

EPR : la Cour des comptes étrille la filière nucléaire

Dans un rapport très critique dévoilé ce jeudi, la Cour des comptes attaque les dérives et les surcoûts des EPR français et étrangers. Elle préconise une remise à plat des coûts et de la rentabilité de la filière avant de décider de nouvelles constructions.

"Un échec opérationnel, des dérives de coûts et de délais considérables." C’est par ces mots très sévères que le rapport de la Cour des comptes consacré à la filière EPR, présenté jeudi 9 juillet par son premier président Pierre Moscovici, tance le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche). "La construction de ce réacteur a été décidée en 2004 par EDF et elle devait être achevée en 2012. Il ne sera mis en service, au plus tôt, que mi-2023", a indiqué M. Moscovici. Le rapport pointe ainsi la multiplication par 3,3 du coût de construction, estimé par EDF à 12,4 milliards d’euros, et par au moins 3,5 du délai de mise en service de ce réacteur nouvelle génération. "Ce sont des éléments qui constituent, même pour un réacteur dit de "tête de série" et comportant de nombreuses innovations, une dérive considérable."

Comment en est-on arrivé là ? Le rapport évoque d’abord un projet d’EPR conçu dans des "conditions défavorables". "L’EPR, à l’origine, est un projet franco-allemand, a rappelé M. Moscovici. En 1998, suite à un changement de politique avec l’arrivée des Grünen au gouvernement, l’Allemagne s’est retirée du nucléaire. Le projet est donc devenu uniquement français, mais les études d’ingénierie et les options de conception [...] étaient déjà très avancées." Pour le premier président de la Cour des comptes, cette "double paternité" a constitué une "source importante de complexité".

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- Enquête > 9 juin 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Malgré le Covid, la santé environnementale reste aux oubliettes

Le lien entre santé et environnement est apparu au grand jour à l’occasion de la pandémie du Covid-19. Pourtant, les autorités sanitaires se désintéressent des questions de prévention et de santé environnementale, parents pauvres des politiques publiques.

Cet article est le second de notre enquête sur les liens entre maladies chroniques, exposition aux virus et santé publique. Lire ou relire le premier : « Malbouffe et sédentarité… notre mode de vie a aggravé la pandémie".

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a lancé en grande pompe le 25 mai dernier le « Ségur de la santé" : un mois de concertation pour tirer le bilan de la crise sanitaire. L’objectif est ambitieux, il s’agit rien de moins que de "bâtir les fondations d’un système de santé encore plus moderne, plus résilient, plus innovant, plus souple". Mais l’exercice semble déjà mis à mal. Le syndicat Sud Santé a quitté la table des négociations une semaine seulement après sa création et des collectifs de soignants appellent déjà à une mobilisation dans la rue le 16 juin.

En outre, les associations écologistes déplorent "le périmètre restreint des concertations". "Le gouvernement se focalise sur la refonte du système de soin mais ne prend pas en compte les mesures liées à la prévention et à la santé environnementale, regrette François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures. Pourtant, elles sont indispensables pour comprendre la crise que nous traversons."

Le Covid-19 aura, en effet, révélé le lien intime entre environnement et santé. Non seulement sa propagation est directement issue de la dégradation des écosystèmes mais il a aussi prospéré sur les maux de notre époque. L’obésité, le diabète et les cancers ont été des facteurs aggravants de l’épidémie. L’hôpital a craqué sous la déferlante d’une population déjà fragilisée par des maladies causées par notre mode de vie, l’alimentation industrielle et la pollution.

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-  Tribune > 9 juillet 2020 / Collectif de défense des vieux objets non connectés

L’étau du tout-numérique se resserre, luttons contre la 5G

"Ce n’est pas uniquement à la 5G que nous nous opposons, mais à tout un projet de société qui ne cesse de provoquer la dévastation du vivant", écrivent les auteurs de cette tribune, qui appellent à ne pas laisser se dérouler les procès contre les saboteurs d’antennes-relais "dans l’indifférence".

Ce jeudi 9 juillet deux hommes seront jugés par le tribunal correctionnel de Lons-le-Saunier, accusés d’avoir incendié le 15 avril dernier un relais téléphonique à Foncine-le-Haut dans le Jura.

Ces derniers mois des antennes-relais ont brûlé dans le monde entier. Tandis que les médias s’engouffrent dans la piste du complotisme pour dépolitiser les raisons de s’attaquer aux antennes-relais et à la 5G, la police fait son sale boulot, et a déjà arrêté quelques personnes. Le procès des deux Jurassiens est l’un des premiers médiatisés en France. Les inculpés auront à passer un examen psychiatrique avant l’audience. Il semble pourtant que cette folie soit largement partagée.

Le 16 juin, deux autres personnes ont été interpellées par des gendarmes en planque, alors qu’elles pénétraient sur le site de l’antenne-relais 5G de Contes (Alpes-Maritimes) en pleine construction. Le dispositif de 21 mètres avait déjà été plusieurs fois la cible d’attaques. La contestation menée depuis près d’un an par les habitants de la commune, le maire et le collectif Narf (Non à l’antenne-relais Free) contre son installation s’exprimait par ailleurs lors de nombreuses discussions publiques et de recours en justice.

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09 Juillet 2020

     

- Info > 9 juillet 2020 / Marie Barbier (Reporterre) et Jade Lindgaard (Mediapart)

À Bure, les contrôles d’identité systématiques jugés illégaux

Dans un jugement rendu le 11 juin, la cour d’appel de Nancy estime que les réquisitions du procureur de Bar-le-Duc autorisant les gendarmes à contrôler de manière quasi permanente les habitants portent atteinte aux « libertés individuelles », selon une enquête de Mediapart et Reporterre.

La cour d’appel de Nancy a infligé, dans un jugement rendu le 11 juin dernier, un revers important à la politique de contrôle des populations pratiquée depuis plusieurs années à Bure et ses environs par le procureur de la République. Ce village de la Meuse et ses communes environnantes sont devenues un haut lieu de la contestation antinucléaire depuis que l’État a décidé d’y installer un site d’enfouissement des déchets nucléaires, Cigéo, dont la mise en service est promise pour 2035.

Pour mater cette contestation, justice et gendarmerie ont mis en place une surveillance massive du territoire, surveillance qui s’appuie notamment sur les contrôles d’identité constants de la population locale. Depuis la loi Pasqua de 1993, les contrôles d’identité sont autorisés sur simple réquisition du procureur de la République. Autrement dit, les gendarmes n’ont plus besoin de suspecter une infraction pour effectuer un contrôle, il leur suffit de brandir les réquisitions qui les autorisent à contrôler tout le monde sans raison. « Un nid à contrôles discriminatoires envers les sans-papiers et les personnes racisées dans les villes, et envers des militants à Bure », résume l’avocat Raphaël Kempf.

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- France - Reportage - 9 juillet 2020 Par Nejma Brahim

A  Aubervilliers, le collectif de sans-papiers Schaeffer dans l’angoisse d’une énième expulsion

Reportée dans le contexte de l’état d’urgence sanitaire, la trêve hivernale prend fin vendredi 10 juillet ; les populations les plus précaires risquent désormais une remise à la rue. À Aubervilliers, le collectif Schaeffer, composé de sans-papiers, se prépare à une expulsion prochaine sans proposition de relogement, alors qu’il a fait valoir son droit à l’hébergement.

18 heures, rue de Valmy, début juillet. Il faut longer une route cabossée par les travaux, reliant la commune de La Courneuve à celle d’Aubervilliers, pour entrevoir le portail vert donnant sur le hangar de l’ancien magasin Promocash. C’est ici que le collectif Schaeffer, né en 2016 à l’initiative de plusieurs sans-papiers originaires d’Afrique de l’Ouest, a élu domicile un an et demi plus tôt – après son expulsion d’un premier squat avenue Victor-Hugo, puis d’un second rue Schaeffer.

Totalement réaménagé depuis, le magasin abrite aujourd’hui entre 150 et 180 personnes, majoritairement des hommes isolés de nationalité ivoirienne. Une fois le pas de la porte franchi, la grandeur des lieux donne le tournis. À gauche, les anciens bureaux de l’enseigne ont été transformés en chambres. Le couloir qui dessert chacune d’elles donne aussi accès à des sanitaires en piteux état, bouchés faute d’entretien.

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- France - 9 juillet 2020 Par Romaric Godin

Comment peut-on être “gaulliste social” ?

Dans sa première intervention télévisée le 3 juillet, Jean Castex, le nouveau premier ministre, s’est défini d’emblée comme “gaulliste social”. Faut-il n’y voir qu’une formule creuse de communication ? Et si oui, pourquoi ?

Voilà une semaine, les Français qui connaissaient Jean Castex en dehors du petit bourg catalan de Prades (Pyrénées-Orientales) étaient fort peu nombreux. La première question, après sa nomination comme premier ministre, était donc naturelle et a été posée lors de son intervention sur TF1 le 3 juillet : “Qui êtes-vous ?” La réponse du nouveau chef du gouvernement a été sans doute plus déroutante qu’éclairante : "Je suis un gaulliste social.” Mais qu’est-ce donc qu’un “gaulliste social” ?

Avant d’essayer d’expliquer la signification historique et politique de ce terme, il faut souligner combien il est pratique sur le plan de la communication. La figure de Charles de Gaulle étant devenue, à mesure que l’on s’éloignait de la réalité du gaullisme, une figure consensuelle au sein de la société française, se déclarer “gaulliste” revient à chercher à récupérer ce consensus. Il est difficile aujourd’hui de s’opposer à un “gaulliste”, précisément parce que le terme a perdu de sa signification réelle. 

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08 Juillet 2020

     

- Remaniement - par Nolwenn Weiler, Rachel Knaebel, Sophie Chapelle, 8 juillet 2020

"C’est sidérant de mépris" : ce que les acteurs du mouvement social pensent du nouveau gouvernement

Avec un nouveau ministre de l’Intérieur accusé de viol, un garde des sceaux qui a affiché des positions résolument anti-féministes, une ministre du Travail qui inquiète les syndicats, un ministre de l’Education décrédibilisé ou le retour en grâce des "réformateurs" de l’hôpital public, la composition du nouveau gouvernement ne passe pas.

rassemblement le 7 juillet 2020 "pour enterrer définitivement partout en France la grande cause du quinquennat". / © Nous Toutes

Les nominations de Eric Dupont Moretti au ministère de la Justice, et de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur ont été perçues comme une véritable gifle par les mouvements féministes.

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- 8 juillet 2020, Par Amal Bentounsi - Blog : Le blog de Amal Bentounsi

«J'ai vu le chagrin de victimes dévastées»: lettre ouverte au garde des Sceaux

Monsieur le garde des Sceaux, vous êtes désormais membre du Gouvernement et à la tête d'un ministère que vous voulez être celui "de l'antiracisme". Pour cette fois, ne plaidez donc pas l'acquittement. Le racisme d'État et le tout carcéral doivent être condamnés. Lettre ouverte en forme de plaidoirie au nouveau ministre de la justice.

Monsieur le garde des Sceaux,

Je m'exprime dans cette lettre, car vous vous êtes exprimé à mon sujet ce matin. Certes, vous n'avez pas évoqué mon nom en particulier, car vous avez tenu un discours général de passation de pouvoir.

Mais, j'insiste, vous vous êtes exprimé à mon sujet ce matin.

"J'ai vu (…) le chagrin de victimes dévastées".

Peut-être ne pensiez-vous pas à moi, à nous, en évoquant le sort des "victimes" dans ce pays. Ce nous, ce moi, c'est celui des familles victimes de violences policières. Cette lettre sera ma plaidoirie, alors veuillez acceptez, dans votre nouveau rôle et vos nouvelles attributions, d'écouter celle qui, cette fois, porte la robe devant vous.

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- Portfolio - 8 juillet 2020, Par Alessandra d'Angelo - Blog : Le blog de Alessandra d'Angelo

Violences sexuelles: pour en finir avec le porc et la pute!

Ecrire sur les violences sexuelles, c’est s’attaquer à un gros dossier. Je n’ai pas été violée, mais aux vues des statistiques, je devrais peut-être dire "pas encore". Chaque jour, en effet, en France comme en Belgique, c’est plus d’une dizaine d’agressions qui sont perpétrés dans l’hypocrisie sociétale générale. Demain, ce pourrait être moi, ma fille, ma sœur ou mon amie.

Si l’égalité des sexes est, dans nos contrées dites démocratiques, érigée en loi, force est de constater que dans les faits, elle est loin d’être acquise. Entre celles qui n’osent pas porter plainte, celles que les médias rendent coupables et celles, rares courageuses, dont l’affaire est classée sans suite, le vers est confortablement installé dans la pomme: les violences trouvent leurs justifications et le crime est entretenu.

Mais, cela va plus loin qu'un moment de plaisir volé à devoir sanctionner. Le phénomène est endogène. Les racines du mal sont socio-culturelle. De victimes, les femmes en deviennent coupables et le viol, qu’il soit psychologique ou physique, est érigé au rang d’une Rape culture (culture du viol) dans laquelle nous baignons tous et à laquelle nous participons tous. 

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- Posted on: 26 juin 2020 26 juin 2020, Author: Pierrick Tillet - Categories: Les mots des autres

Emmanuel Todd : « Pendant l’épidémie, on a vu le mensonge en direct »

Aussi cinglant que du Raoult : dans une interview à France Culture, Emmanuel Todd évoque la gestion politique de la crise sanitaire, le retour de l’idée nationale et les limites du souverainisme étroit. Morceaux choisis.

Maintenant en France, gouverner c’est mentir

Le fonctionnement des élites françaises est un fonctionnement de déni, de surréel, d’annonces. Être élu en France, c’est passer à la télé, être meilleur à la télé. Et puis on arrive au pouvoir, à l’Élysée pour faire simple, et on ne peut rien faire. La France n’a pas de possibilité de création monétaire. Les règlements commerciaux européens empêchent toute action de protection d’industries nationales. Et on se retrouve au final avec une désindustrialisation massive, avec un taux de chômage de 10%. Et on ne peut rien faire.

Gouverner, c’est choisir, pour reprendre la formule de Mendès-France. Mais maintenant en France, gouverner, c’est mentir. On ment sur les bénéfices de l’euro. On ment sur le bien-être que va nous apporter la globalisation, sur la nécessité de l’ouverture des frontières… C’est difficile pour les gens de comprendre. Mais là on a vu le mensonge en direct. Le virus, quand il n’y a pas de masques parce qu’on n’a plus d’industrie, on est pris en flagrant délit de mensonge. Jérôme Salomon [directeur général de la Santé] apparaissait tous les soirs avec un nouveau mensonge et j’étais très surpris que son nez ne s’allonge pas.

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07 Juillet 2020

     

- By George Monbiot, published in the Guardian 3rd July 2020, 7th July 2020

Something Wicked This Way Comes

Are Trump and Johnson paving the way for fascism, or for something different, but just as bad?

The anger that should be directed at billionaires is instead directed by them. Facing inequality and exclusion, poor wages and insecure jobs, people are persuaded by the newspapers billionaires own and the parties they fund to unleash their fury on immigrants, Muslims, the EU and other “alien” forces.

From the White House, his Manhattan tower and his Florida resort, Donald Trump tweets furiously against “elites”. Dominic Cummings hones the same message as he moves between his mansion in Islington, with its library and tapestry room and his family estate in Durham. Clearly, they don’t mean political or economic elites. They mean intellectuals: the students, teachers, professors and independent thinkers who oppose their policies. Anti-intellectualism is a resurgent force in politics.

Privileged grievance spills from the pages of the newspapers. Opinion writers for the Telegraph and the Spectator insist they are oppressed by a woke mafia, by the rise of Black Lives Matter and other cultural shifts. From their national newspaper columns and slots on the Today programme, they thunder that they have been silenced. The president of the United States portrays himself as a martyred hero, the victim of oppressive liberalism. This politics of resentment is taken up by the footsoldiers of the nascent far right on both sides of the Atlantic.

Myths of national greatness and decline abound. Make America Great Again and Take Back Control propose a glorious homecoming to an imagined golden age. Conservatives and Republicans invoke a rich mythology of family life and patriarchal values. Large numbers of people in the United Kingdom regret the loss of empire.

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- Info > 7 juillet 2020 / Émilie Massemin et Marie Astier (Reporterre)

Barbara Pompili, la caution écolo de Macron, ne fera pas de vague

Barbara Pompili a succédé à Élisabeth Borne au ministère de la Transition écologique, lundi 6 juillet. Soutien de longue date d’Emmanuel Macron, elle ne laisse pas présager un virage écolo. Autre fidèle du Président, Julien Denormandie est nommé à l’Agriculture. Annick Girardin est nommée à la Mer, un ministère dont on ne connaît pas encore le périmètre.

Son nom est tombé lundi 6 juillet peu après 19 h parmi ceux des ministres nouvellement nommés : Barbara Pompili devient la quatrième ministre de la Transition écologique sous Emmanuel Macron, après Nicolas Hulot, François de Rugy et Élisabeth Borne. À noter que son ministère, placé en deuxième position de présentation du gouvernement, perd le qualificatif de "solidaire". Elle sera entourée d’Emmanuelle Wargon et de Jean-Baptiste Djebbari, qui restent respectivement secrétaires d’État au Logement et aux Transports. Quant à Brune Poirson, auparavant secrétaire d’État qui avait notamment porté la loi anti-gaspillage et économie circulaire, elle n’a pour le moment récupéré aucun portefeuille, mais pourrait poursuivre son action au sein du gouvernement. Élisabeth Borne, elle, est nommée ministre du Travail, de l’emploi et de l’insertion. "Au travail !" , a sobrement tweeté Barbara Pompili vers 19 h 30, juste après sa nomination.

Une bonne nouvelle pour l’écologie ? Barbara Pompili est un soutien de longue date d’Emmanuel Macron, qu’elle a rallié en mars 2017. Elle a ainsi été réélue en juin 2017 députée de la 2e circonscription de la Somme sous la bannière non plus d’Europe Écologie — Les Verts (EELV), comme en juin 2012, mais sous celle de La République en marche (LREM).

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- GENRE - Parti pris - 7 juillet 2020 Par Lénaïg Bredoux

Droits des femmes: le gouvernement de la honte

En nommant l’avocat Éric Dupond-Moretti à la justice, Gérald Darmanin à l’intérieur et Élisabeth Moreno aux droits des femmes, Emmanuel Macron inflige un camouflet à toutes celles et tous ceux qui promeuvent des rapports plus égalitaires et luttent contre les violences sexuelles.

Le soir de la cérémonie des César, on avait pris une gifle. La deuxième est arrivée lundi 6 juillet, quand le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler a prononcé ces mots : Éric Dupond-Moretti, ministre de la justice, garde des Sceaux.

À cette nomination, il faut joindre celle de Gérald Darmanin à Beauvau, ainsi que celles, à un degré moindre, d’Élisabeth Moreno à l’égalité entre les femmes et les hommes, et de Barbara Pompili à la transition écologique, pour mesurer à quel point le gouvernement de Jean Castex est une déclaration de guerre aux droits des femmes.

C’est une claque portée à tous ceux et toutes celles qui espèrent que les inégalités de genre diminuent, que les violences qui tuent une femme tous les trois jours reculent. Que le nombre de viols ne régresse pas rien qu’un peu.

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06 Juillet 2020

     

- Perspectives > Les blogs du "Diplo" > La pompe à phynance

Perspectives (6) - par Frédéric Lordon, 04 Juillet 2020

Fermer la finance

Donc (retour à l’épisode précédent) : pensons notre heure à partir de la proposition de Friot, et pour trois raisons.

1) Elle répond directement aux deux principes de soustraire les hommes à la précarité, et la planète à la destruction ;

2) Elle instaure au surplus la souveraineté des producteurs en abolissant la propriété lucrative ;

3) C’est une proposition macro-sociale, donc à la hauteur des enjeux de la division du travail, mais pensée pour être diffractée à toutes les échelles et faire leur plein droit aux auto-organisations locales.

Dans cette proposition d’ensemble, des choses peuvent être mises en place instantanément : toutes celles qui ont à voir avec le statut de la propriété (abolition de la propriété lucrative, instauration de la propriété d’usage), la suppression du marché du travail capitaliste et son remplacement par le système « salaire à vie / qualification », l’institution juridique de la souveraineté politique des collectifs de production. D’autres choses offrent des difficultés plus importantes, notamment tout ce qui relève de la transformation radicale du financement de l’investissement. Car, radical, le schéma de Friot n’oublie pas de l’être en cette matière qui propose de confier la totalité du financement à la cotisation, via une caisse dédiée (la caisse économique), c’est-à-dire d’en finir purement et simplement avec la dette.

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Perspectives (5) - par Frédéric Lordon, 29 mai 2020

Ouvertures

Il n’y a pas de plan tout armé. Il n’y a que des exercices de méthode, et de conséquence. D’abord poser ce que nous tenons pour nos orientations fondamentales ou nos urgences catégoriques. Ensuite, enchaîner logiquement nos idées à partir de là, c’est-à-dire en tentant autant que possible de les tenir à la hauteur de ce que nous avons posé.

Or nous disposons d’un point de départ très assuré : le capitalisme détruit les hommes, et il détruit la planète (et par-là re-détruit les hommes, mais d’une autre manière). Nous en tirons immédiatement les impératifs directeurs d’une autre organisation sociale :

1) dans le processus nécessairement collectif de la reproduction matérielle, les individus sont convoqués en égaux  : ils n’ont pas à être soumis à des rapports de subordination hiérarchique qui les maltraitent ;

2) une organisation sociale digne de ce nom se donne pour devoir de relever chacun de l’inquiétude de subsistance et de lui garantir, dans des conditions collectivement déterminées, la plus grande tranquillité matérielle sur toute la vie ;

3) la production globale, si elle est nécessaire, est décrétée a priori ennemie de la nature, donc subordonnée, dans cette mesure, à de rigoureux compromis, ce qu’on exprimera autrement en disant que l’activité économique doit tendre à sa propre minimisation relative.

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Perspectives (4) - par Frédéric Lordon, 16 mai 2020

Problèmes de la transition

Nicolas Hulot, passé à l’état de flaque de sirop, est répandu partout dans la presse. Macron laisse entendre qu’il réfléchit à un "green deal à la française". Sur l’échelle ouverte de Richter du foutage de gueule, on se prépare des sommets — et les "jours heureux" nous sembleront comparativement un modèle de sincérité. Pendant ce temps, des économistes rêvent éveillés de "monnaie verte". Benoît Hamon sort de son catafalque. On ne parlera plus bientôt que de "transition", comme déjà l’Union européenne sous les avisés conseils de BlackRock. Comme avec "l’Europe sociale et démocratique", mais un niveau au-dessus, on essaye de nouveau d’estimer le temps que toutes ces imbécillités vont nous faire encore perdre.

La transition n’est pas une question "écologique" (pour "écologistes"). Il ne s’agit pas de transiter vers un "capitalisme-respectueux-de-l’environnement" — on appelle "quadrature du cercle" les projets de transition vers les cercles carrés, et ça n’a jamais très bien fonctionné. Il ne s’agit pas de sortir du capitalisme "pas encore vert". Il s’agit de sortir du capitalisme tout court.

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Perspectives (3) - par Frédéric Lordon, 10 mai 2020

"En sortir" — mais de quoi et par où ?

Comme tout ce qu’il y a à dire sur la situation économique présente, et ses éventuelles issues, tiendrait difficilement en un seul texte, l’idée d’une sorte de (mini) série a semblé une possibilité, depuis la formulation de quelques hypothèses simples jusqu’à l’esquisse de voies de sortie, en passant par des essais de clarification du "problème" comme il se pose (ou comme on pourrait le poser).

Sauf les demeurés, tout le monde comprend maintenant qu’on ne se tirera pas véritablement de la situation présente par des rustines de politique monétaire ou de report de taxes. L’origine de ce virus, son lien de plus en plus clair avec l’écocide capitaliste, l’espèce de némésis virale déchaînée qui nous attend si nous continuons dans le mépris de toute chose qui n’est pas l’argent, suggèrent de poser enfin quelques questions sérieuses sur la manière, non dont nous produisons à domicile des respirateurs, mais dont nous vivons.

Demander, par exemple, s’il n’est pas temps de "sortir de l’économie", ou de choisir entre "l’économie ou la vie", c’est poser à nouveau des questions sérieuses. Sérieuses mais peu claires.

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Perspectives (2) - par Frédéric Lordon, 5 mai 2020

Ils ne lâcheront rien

Partout de salutaires appels, des tribunes, des textes : après devra être différent, nous ne retournerons pas à la normale, il faut ne pas redémarrer comme avant. C’est bien. L’ennui peut-être, c’est qu’on ne trouve pas la première analyse des conditions concrètes dans lesquelles ce "il faut" aura à se mouvoir. Disons-le tout de suite, elles sont adverses. En fait même : hostiles.

Des pour qui le problème n’existe même pas comme une possibilité d’inconvénient, ce sont les gens de partis "de gauche", excités comme poux dans la paille fraîche à l’idée de 2022, collés à Skype ou à Zoom pour un grand "brainstorming" sympa. Objectif : "le retour de la gauche (dont-les-idées-triomphent)". "Les gars et les filles, voilà ce qu’on va faire : on va faire un chouette remue-méninge, tiens un Festival des idées où on se retrouvera tous, après on aura un programme, on trouvera un candidat, on sera tous unis autour de lui, du coup on va gagner les élections, et après, le monde, il sera plus comme avant". Une vraie farandole — ils sont trop mignons.

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Perspectives (1) - par Frédéric Lordon, 28 avril 2020

Quatre hypothèses sur la situation économique

Comme tout ce qu’il y a à dire sur la situation économique présente, et ses éventuelles issues, tiendrait difficilement en un seul texte, l’idée d’une sorte de (mini) série a semblé une possibilité, depuis la formulation de quelques hypothèses simples jusqu’à l’esquisse de voies de sortie, en passant par des essais de clarification du "problème" comme il se pose (ou comme on pourrait le poser). Pour l’instant on a en vue trois volets. On verra bien, en cours de route, s’il en vient d’autres, ou pas, et à quel rythme.

❐ Hypothèse 1 : Ce qui vient est énorme

En matière d’économie, la seule hypothèse raisonnable d’où partir, c’est que ce qui s’annonce est énorme, titanesque et dévastateur. Alain Minc qui, début 2008, annonçait, pourtant après le premier coup de bélier de la crise des subprimes, que le système financier absorberait parfaitement ce choc finalement bénin et tout à fait dans ses cordes, prédit aujourd’hui que la crise sera relativement aisée à contenir et que "le système capitaliste ne va pas disparaître puisqu’il n’y a pas d’alternative".

Il a raison d’accrocher l’une à l’autre les deux propositions car, en effet, elles sont assez solidaires. Et finalement, en tout cas mises dans la bouche de Minc, porteuses d’espoir : car, providence logique, la boussole qui indique le Sud nous donne le Nord du même coup.

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- Tribune > 6 juillet 2020 / Désobéissance écolo Paris

Ne nous parlez plus de transition écologique

Les auteurs de cette tribune s’appliquent à démontrer, en seize arguments, pourquoi la transition écologique est une impasse. Ce passage est extrait du livre "Ecologie sans transition" publié aux éditions Divergences.

Le groupe Désobéissance écolo Paris s’exprime sur sa page Facebook et sur un blog.

Considérant les faits suivants :

1. L’idée de transition n’est apparue qu’assez récemment. Dans les années 1970, au moment des chocs pétroliers, on parlait plutôt de "crise énergétique". Mais l’idée d’un manque d’hydrocarbures était une perspective trop anxiogène. On sait aujourd’hui à quel point l’augmentation du prix à la pompe a tendance à susciter des révoltes. Le terme de "crise énergétique" est donc remplacé à la fin des années 1970 par celui de "transition énergétique" sous l’influence d’institutions gouvernementales et d’organisations internationales. À l’idée d’une rupture, on substitue l’idée d’un passage en douceur. Le discours de la transition est donc un discours de gouvernement, qui nous dit : "La situation est sous contrôle, ne vous inquiétez pas. Il suffit de “transitionner”, et nous allons nous en sortir." Si le cœur de l’idée de transition reste la transition énergétique, cette dernière se décline aujourd’hui sous d’autres formes : écologique, sociale, industrielle.

2. L’idée de transition rend opportunément le futur moins inquiétant, en laissant penser qu’une rationalité planificatrice et gestionnaire pourrait nous sauver du ravage écologique. Au contraire, c’est précisément cette rationalité, qui délègue notre salut à la technologie, au pilotage étatique et au progrès de la science, qui est à l’origine de la présente situation.

3. Depuis déjà cinquante ans, on parle de "transition", sans qu’il y en ait la moindre amorce. Au contraire, toutes les courbes vont dans le sens inverse de la transition attendue. ...

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05 Juillet 2020

     

- Environnement - lundi, 29 juin 2020, De Mehdi Benmakhlouf

Aurélien Barrau : "Il faut absolument être alarmiste"

Astrophysicien spécialisé dans la physique des astro-particules, particules du milieu interstellaire et des trous noirs, Aurélien Barrau invite par ses écrits le grand public à prendre conscience de l'urgence écologique.

Un incendie fait rage à travers un champ de blé dans l'Etat de Madhya Pradesh, en Inde. La région connaît des épisodes de sécheresse de plus en plus graves chaque année. - Photographie de Matthieu Paley, Nat Geo Image Collection

Aurélien Barrau a accepté de livrer à National Geographic son point de vue sur la crise climatique et sur les défis auxquels font face la faune et la flore. Cet astrophysicien du laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble, auteur de nombreux livres dont "Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité", dénonce l’urgence à laquelle nous devons tous faire face.
 

Il y a quelques jours, Fatih Birol, le directeur de l’Agence internationale de l'énergie a déclaré à nos confrères du Guardian que le monde disposait de 6 mois pour éviter la crise climatique. Ma question est simple : n’est-il pas déjà trop tard ?

☛ Je pense que cette question, de savoir ou non s’il est trop tard, n’a aucun sens pour la raison suivante : il est trop tard pour quoi ? Si on se demande s’il est trop tard pour éviter tout problème, bien-sûr qu’il est trop tard ! De façon absolument certaine, nous avons déjà tué l’essentiel des populations d’animaux sauvages, nous avons déjà tué l’essentiel des insectes, nous avons déjà ratiboisé l’essentiel des forêts, nous avons déjà vidé une grande partie des océans, déjà un grand nombre de pays sont dans une situation de stress hydrique fort ou extrême et on commence à voir apparaître des réfugiés climatiques et des pandémies.

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04 Juillet 2020

     

- Politique - Publié le 02/07/2020, Natacha Polony - Directrice de la rédaction

Municipales : carnage démocratique et peinture verte pour le Président

On voit venir la suite. Pour retrouver un souffle, Emmanuel Macron se repeint en vert. On s'accroche à la seule bouée qui surnage. Le "nouveau chemin" sera "écologique, social et solidaire" . Avec pour point d'appui les propositions de la convention citoyenne sur le climat…

À partir de quel pourcentage d'abstention considérerons-nous que nos représentants sont illégitimes ? Parmi les maires qui ont été élus dimanche dernier, un grand nombre n'avait pas obtenu 10 % des inscrits au premier tour. Beaucoup n'ont finalement pas réuni 20 % des inscrits à l'issue du second. Le maire de Lyon - troisième ville de France, 516 000 habitants -, Grégory Doucet, qui incarne désormais la "vague verte" décrite à l'envi par les médias, a recueilli 53 000 voix.

À ce niveau, on peut parler d'un carnage. L'élection dont on nous disait qu'elle marquait l'attachement des Français à leurs élus locaux, la foi en la démocratie de proximité, rejoint toutes les autres dans l'océan de l'indifférence. On peut, certes, tenter de se rassurer en attribuant ce vide au coronavirus. La façon erratique dont s'est décidée l'organisation du premier puis du second tour, la fermeture brutale des restaurants la veille du 15 mars, les hésitations autour de la date du 28 juin… toutes ces aberrations ont finalement jeté le discrédit sur ce scrutin.

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03 Juillet 2020

     

- Info > 3 juillet 2020 / Émilie Massemin (Reporterre)

Face à l’opposition, EDF déplace son projet de déchets nucléaires de Belleville-sur-Loire à La Hague

EDF voulait construire une nouvelle piscine de déchets radioactifs à Belleville-sur-Loire, comme l’avait révélé Reporterre. Coup de théâtre : le projet pourrait finalement se faire… près de La Hague, dans le Cotentin, une des régions les plus nucléarisées de France. Le problème : les déchets nucléaires continuent de s’accumuler.

C’est un rebondissement de taille dans la stratégie de gestion des combustibles nucléaires usés en France. Lundi 29 juin, le quotidien régional Le Berry républicain a annoncé qu’EDF renonçait à installer ses nouvelles piscines d’entreposage dans la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher). Reporterre avait révélé ce projet en février 2018. EDF dit s’intéresser désormais à l’usine Orano (ex-Areva) de retraitement de La Hague (Manche). Mercredi 1er juillet, EDF a confirmé l’information à Reporterre : "L’étude de faisabilité pour l’implantation d’une nouvelle piscine d’entreposage à La Hague (Manche) sera remise à EDF fin 2020. Sur la base de ces éléments, EDF prendra la décision du lieu d’implantation final." "Si [cette piscine] se faisait à La Hague, ce serait une très bonne nouvelle pour le territoire avec de l’activité économique en plus, a de son côté écrit Orano à Reporterre mercredi. En effet, le site Orano de La Hague a l’expertise industrielle pour l’entreposage et le retraitement des combustibles nucléaires usés, en vue de recycler des matières valorisables. Orano La Hague dispose d’espace disponible sur son site pour l’implantation de la piscine en cas de décision favorable d’EDF."

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- France - Parti pris - 3 juillet 2020 Par Edwy Plenel

Le présidentialisme français, cet abêtissement politique

En France, un président démonétisé peut seul changer la donne gouvernementale pour son bon plaisir politique. Ce présidentialisme nous abêtit et nous infantilise. Dans une démocratie intelligente et adulte, ces changements relèveraient de choix collectifs, ceux de la majorité parlementaire ou du parti majoritaire.

Tous les pédagogues le savent : l’enseignement, c’est la répétition. Alors, à Mediapart, nous ne nous lassons pas de répéter, sous Emmanuel Macron aujourd’hui comme sous Nicolas Sarkozy puis François Hollande hier, que le présidentialisme français est l’ennemi foncier d’une République démocratique et sociale, tant il ne cesse de la miner de l’intérieur, de la corrompre et de l’affaiblir.

Le présidentialisme est au régime présidentiel ce que l’intégrisme est aux religions, ce que l’absolutisme est aux monarchies, ce que le sectarisme est aux convictions. Ce n’est pas le fait qu’il y ait une présidence de la République, c’est que la République soit aux mains du président. Legs du bonapartisme français, ce césarisme qui laïcisa la monarchie de droit divin sur les décombres d’une révolution démocratique trahie et inachevée, notre présidentialisme est un régime d’exception devenue la norme. Une norme dont l’excès n’a cessé de s’étendre depuis que, dans les années 1980, François Mitterrand a transformé la présidence en fortin de résistance aux déroutes électorales et au discrédit populaire.

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- Enquête > 3 juillet 2020 / Justine Guitton-Boussion (Reporterre)

Sous la "vague verte" des municipales, le surprenant succès des listes citoyennes

Les analyses des résultats du second tour des élections municipales 2020 ont souligné la victoire des écologistes. Mais ce succès a recouvert une tendance nouvelle, l’émergence de listes participatives et d’innovations démocratiques, qui ont remporté 66 communes.

"Avec EELV, une vague verte historique déferle sur les grandes villes françaises", "La déferlante écologiste ressuscite la gauche", "La nouvelle vague écolo". Au lendemain du second tour des élections municipales de 2020, les journaux — Reporterre y compris — ont tous titré sur une consécration des écologistes, et a fortiori sur une victoire du parti Europe Écologie-Les Verts. Pourtant, derrière cette "vague verte" qui a attiré l’attention médiatique, se cache une autre réussite : celle des listes citoyennes et participatives. Soixante-six d’entre elles ont remporté une victoire au second tour.

Certes, leur succès reste minime à l’échelle nationale. Mais un mouvement de fond a su émerger, puis s’imposer dans certains territoires. "Ce sont des listes qui ont pour but de vraiment changer la posture de l’élu, de faire en sorte que le maire ne décide pas tout seul, qu’il décide avec les habitants", rappelle Thomas Simon, coordinateur de l’association Action commune qui accompagne ces listes participatives dans leur évolution.

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02 Juillet 2020

     

- climat - Pascaline Minet, publié jeudi 2 juillet 2020

La Sibérie en proie aux flammes, brûlant symptôme du réchauffement

Le Grand Nord russe fait actuellement l’expérience de températures exceptionnellement hautes et de virulents incendies. Des conditions singulières qui pourraient devenir plus communes dans cette région qui se transforme à grande vitesse

Notre imaginaire associe plus volontiers la Sibérie aux frimas qu’aux canicules. Et pourtant, le nord de la Russie est actuellement confronté à une intense vague de chaleur, qui s’accompagne d’incendies. Une température exceptionnelle de 38°C – la plus haute jamais enregistrée en Arctique – aurait été atteinte le 20 juin dans la ville arctique de Verkhoïansk, d’après l’agence météorologique russe. Un record qui porte la marque des changements climatiques.

Il n’est pas inhabituel que le mercure dépasse les 30°C en plein été en Sibérie, mais cette année les températures y ont grimpé précocement: en mai, elles se situaient à environ 10°C de plus que la normale. Cela a contribué à faire du mois de mai 2020 le plus chaud jamais enregistré au niveau planétaire, d’après le service européen d’observation satellitaire Copernicus. La canicule perdure depuis lors.

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- Info > 2 juillet 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Railcoop, la coopérative qui fait renaître les lignes de train abandonnées

C’est un nouvel acteur qui bouscule le petit monde ferroviaire : Railcoop a choisi une gouvernance coopérative et de relancer des lignes abandonnées par la SNCF, plutôt que de se tourner vers celles considérées comme rentables. Une initiative permise par l’ouverture à la concurrence du ferroviaire prévue pour la fin de l’année.

La proposition est inattendue : dans un monde ferroviaire qui demande des investissements aussi lourds que des locomotives, un poids léger a décidé de tenter de se faire une place. Railcoop, comme son nom l’indique, est une société coopérative ferroviaire. Si les amoureux du train l’avaient rêvée, ils n’auraient sans doute pas fait mieux. Elle compte réinvestir plusieurs pans de l’offre ferroviaire peu à peu délaissée par la SNCF et les politiques publiques ces dernières années : trains entre régions permettant d’éviter la centralisation parisienne, fret et train de nuit.

Ses premiers trains de fret pourraient rouler dès 2021, et surtout, la première ligne voyageurs devrait s’ouvrir mi-2022, entre Bordeaux et Lyon. Tout un symbole, alors que la liaison avait été abandonnée par la SNCF en 2014. Le projet est permis par l’ouverture totale à la concurrence du trafic ferroviaire, prévue pour fin 2020. "C’est l’occasion de proposer un modèle alternatif, estime Alexandra Debaisieux, directrice générale déléguée de la société. Nous partons du principe que le ferroviaire est un maillon important de la transition énergétique."

L’idée a germé début 2019. À la manœuvre, un conseil d’administration rassemblant des personnes issues de l’économie sociale et solidaire, de l’associatif, un ancien cheminot, ou encore des consultants sur les questions de climat et de mobilité (mais seulement des hommes...). Les compétences se sont associées, pour aboutir à la création d’une Scic (société coopérative d’intérêt collectif). Dans cette coopérative, une personne égale une voix, quel que soit le nombre de parts de la société qu’elle possède

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L'Allemagne prend la présidence de l'UE pour 6 mois...

 

 


     

- Analyse - 2 juillet 2020 Par Caroline Coq-Chodorge

Chloroquine et "French protocol": l’image ternie de la recherche médicale française

La gestion de la crise du Covid-19 a été parasitée par la controverse sur la chloroquine. La probabilité de trouver rapidement un médicament efficace contre ce nouveau coronavirus était en réalité presque nulle. La recherche médicale française sort humiliée et divisée.

C’est tout le problème avec le professeur Didier Raoult : il est aussi capable de saillies brillantes, comme ce 24 juin devant la commission d’enquête sur le Covid-19 : "Tout était bizarre dans cette maladie, a-t-il expliqué aux députés. Il fallait l’étudier pour comprendre le traitement." Il distingue "quatre étapes" : "La maladie au départ, c’est le virus. Puis ça devient une association virus et réponse immunitaire. Ensuite, c’est essentiellement une réponse immunitaire." À la fin, ce n’est "même plus une réponse immunitaire : les tissus sont détruits". Et il conclut ainsi, brillamment : "L’idée de donner le même médicament pendant les quatre étapes est une fantaisie.”

L’infectiologue est-il alors conscient qu’il vient de tailler en pièces sa "fantaisie" du 25 février, point de départ d’un emballement médiatique autour d’un vieux médicament contre le paludisme ? Il annonçait alors sur la page Facebook de son Institut hospitalo-universitaire (IHU) un "scoop" : le nouveau "coronavirus chinois" était, selon lui, à l’origine de "l’infection respiratoire la plus facile à traiter. Pas la peine de s’exciter !". Grâce à 500 mg de chloroquine par jour pendant dix jours, il promettait "une amélioration spectaculaire", dans "tous les cas cliniquement positifs".

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01 Juillet 2020

     

- Histoire - Propos recueillis par Barnabé Binctin, photo : © Anne Paq, 1er juillet 2020

"La France a sa propre tradition de la racialisation des pratiques policières"

Alors que de nouveaux rapports, de Human Rights Watch et d’Amnesty International, dénoncent les nombreux abus du contrôle au faciès en France ou les préjugés racistes dans la police, la question continue pourtant de faire débat : l’institution policière se distingue-t-elle par une pratique raciale, en France ? Cela ne fait aucun doute, estime l’historien Emmanuel Blanchard.

Basta ! : S’il puise dans une histoire longue de drames en France, le mouvement actuel de dénonciation du racisme dans la police a été déclenché par un nouveau cas aux Etats-Unis, avec la mort de George Floyd. Les situations françaises et américaines sont-elles pour autant similaires, à ce sujet ?

☛ Emmanuel Blanchard : Au ministère de l’Intérieur, dans l’institution policière comme au plus haut-sommet de l’État, on entend de façon récurrente qu’il n’est pas pertinent, voire même déplacé, de comparer les situations américaines et françaises – comme si, d’ailleurs, les personnes qui s’intéressent à ce qu’il se passe de l’autre côté de l’Atlantique considéraient que les situations sont identiques. Bien sûr, ce n’est pas le cas : ainsi, les niveaux de violence raciale des polices états-uniennes renvoient historiquement au rôle qu’elles ont joué dans l’ordre esclavagiste et pendant la période de la ségrégation. Il ne faut cependant pas oublier que si la France hexagonale ne fut pas une société esclavagiste, elle a connu au 18e siècle ses "lois sur les noirs" et une police des "gens de couleur". Et dans les Antilles françaises, jusqu’à nos jours, la répression des conflits du travail y est d’ailleurs marquée par des antagonismes et affrontements plus violents qu’en métropole – on peut par exemple penser aux nombreux morts de "Mé 67" en Guadeloupe.

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- Info > 1er juillet 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Les autorités sanitaires minorent la contamination aux pesticides de l’eau du robinet

En l’espace de quelques jours, deux associations, Nous voulons des coquelicots et Générations futures, ont lancé l’alerte sur la qualité de l’eau du robinet, polluée par les pesticides et ses résidus. Les associations appellent les autorités sanitaires à chercher ces substances toxiques, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Et rappellent que l’eau en bouteille n’est pas la solution.

C’est une belle bombe (chimique) qu’a lâché hier l’association Nous voulons des coquelicots. L’eau du robinet pourrait être polluée par les pesticides à des taux bien plus importants qu’on ne l’avait imaginé.

 

 

En cause ? Les métabolites, c’est-à-dire des molécules dérivées des pesticides, qui se forment lorsque ces derniers se retrouvent dans l’environnement. La plupart des analyses de qualité de l’eau ne les cherchent pas, ou très peu. Mais si on les cherchait ? Il faudrait alors additionner les quantités de pesticides et de métabolites trouvées. "Je crains qu’on explose les normes de qualité de l’eau dans des milliers de points en France", a estimé Fabrice Nicolino, président de l’association. "Par exemple, à Massérac [Loire-Atlantique], un collectif s’est mobilisé pour des dépassements de normes de qualité qui étaient dues à un seul métabolite." Le journaliste a longuement enquêté sur ces molécules peu étudiées et inconnues du grand public, avant d’en faire le nouveau cheval de bataille des Coquelicots.

"Dans le meilleur des cas, les ARS [agences régionales de santé, notamment chargées de la surveillance de la qualité de l’eau potable] cherchent 10 à 15 métabolites, a-t-il poursuivi. Mais on estime que chaque pesticide produit entre 5 et 7 métabolites. Si on multiplie cela par les 500 ou 600 matières actives de pesticides présentes en France, on arrive à des milliers de métabolites, dont on ne sait presque rien, mis à part que certains sont aussi toxiques, voire plus, que les pesticides dont ils sont issus !" Il estime ainsi que de nombreux captages d’eau risqueraient d’être fermés si les métabolites étaient pris en compte dans les analyses de qualité de l’eau.

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- Entretien > 1er juillet 2020 / Entretien avec Sylvie Tissot

La stigmatisation du "bobo" tente de disqualifier les luttes écologistes

La "vague verte" aux élections municipales a donné lieu à une multiplication de l’usage du mot "bobo", notamment sur les réseaux sociaux, pour discréditer les écologistes. La sociologue Sylvie Tissot explique l’origine de ce terme et les motivations de son utilisation alors même que le concept est très imprécis sociologiquement.

Sylvie Tissot est sociologue et professeure de sciences politiques à l’université Paris-8. Elle travaille sur la réforme des espaces urbains et leurs représentations, des quartiers d’habitat social aux quartiers dits gentrifiés, en France et aux États-Unis. Elle est coautrice du livre Les bobos n’existent pas (éd. PUL, 2018).

Reporterre — Quelques heures après la "vague verte" des municipales, le terme "bobos" était dans les tendances Twitter : il a été utilisé, à de nombreuses reprises, pour disqualifier les candidats et les électeurs écologistes. Pourquoi ?

Sylvie Tissot — Le tour de passe-passe, c’est qu’en qualifiant tous les électeurs et les élus écologistes de "bobos", on disqualifie les valeurs qui ont été plébiscitées lors de ce scrutin : l’attention à l’environnement, à la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution. Parler de "vague bobo", c’est une manière de faire passer l’idée que ces questions sont secondaires, qu’elles sont éloignées des considérations du "vrai peuple", qui serait donc lésé par les résultats de ce scrutin. L’écologie serait une préoccupation de privilégiés, éloignée des questions essentielles qui seraient économiques et sociales et, par ailleurs, les classes populaires n’auraient aucune sensibilité écologique.

Pourtant, on sait bien que ces questions sont intriquées, que celles et ceux qui subissent le plus durement la pollution sont des populations pauvres, qui vivent près du périphérique pour prendre l’exemple de la région parisienne. Mais le terme "bobos" permet de "désintriquer" ces enjeux, et, ce faisant, de dénier aux écologistes toute sincérité et toute préoccupation pour l’intérêt général.

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- LIVRES - Chronique - 30 juin 2020 Par Antoine Perraud

John Bolton dépeint, sans le vouloir, les derniers feux de l’Amérique

Le livre de John Bolton publié à grand bruit le 23 juin, The Room Where It Happened, est une bombe à exploser dans les coins. L’auteur voulait dézinguer Trump au nom de l’Amérique : il discrédite l’Amérique sous prétexte de Trump.

Entendons-nous d’emblée : il ne s’agit pas de sanctifier, d’aduler, ni même de priser John Bolton, histoire de faire flèche de tout bois contre Trump. L’ancien conseiller à la sécurité nationale (avril 2018-septembre 2019) des États-Unis d’Amérique a rédigé un livre empli de fiel vétilleux : The Room Where It Happened ("La Pièce où c’est arrivé").

Le titre fait penser à ce qu’écrit Freud, dans L’Homme au loup, sur la scène primitive (Urszene), quand un enfant surprend un rapport sexuel entre ses parents et en garde la vision d’un acte de violence pour le moins traumatisant. Or l’inconscient étant ce qu’il est, Peter Navarro, un actuel conseiller du président Trump, a comparé l’ouvrage de son ancien collègue Bolton à de la "pornodivulgation" (revenge porn, disent les franglaisants).

Navarro, qui fait donc de la psychanalyse sans le savoir, a bien vu les choses en tout aveuglement républicain : The Room Where It Happened aide à déceler ce que recherchait la perspective freudienne : "Des événements archaïques réels, capables de fournir le fondement dernier des symptômes névrotiques" (Jean Laplanche & Jean-Bertrand Pontalis : Vocabulaire de la psychanalyse).

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