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22, (Juin 2020)

 

dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 928 communes s'opposent au 'Linky'




30 Juin 2020

     

- Info > 29 juin 2020 / Justine Guitton-Boussion (Reporterre)

Convention climat : les propositions que le gouvernement a déjà refusées

Emmanuel Macron doit recevoir lundi 29 juin les membres de la Convention citoyenne pour le climat, et apporter une réponse officielle à leurs 149 propositions pour réformer la société. Le chef de l’État avait promis de soumettre au Parlement ou à référendum ces mesures, mais certaines d’entre elles ont déjà été refusées par le gouvernement depuis le début du quinquennat.

L’heure n’est plus aux promesses, mais aux engagements. En janvier 2020, Emmanuel Macron avait rendu visite aux 150 participants de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) et s’était engagé à soumettre « sans filtre » leurs propositions soit au vote du parlement, soit à référendum, soit à application réglementaire directe. Ces propositions sont désormais prêtes.

Pendant neuf mois, les membres de la CCC ont travaillé sur 150 mesures (149 d’entre elles ont été adoptées par la Convention à la majorité le 21 juin) pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, dans un esprit de justice sociale. Le chef de l’État doit recevoir les citoyens à l’Élysée ce lundi 29 juin et apporter une réponse officielle à ces propositions.

Une question s’impose : que va décider Emmanuel Macron ? Des organisations environnementales et sociales ont d’ores et déjà affiché leur soutien aux « 150 » et enjoignent le président de la République à tenir sa parole. Les associations veulent garder espoir, mais il convient de constater que si ces 149 propositions sont ambitieuses, elles ne sont pas nouvelles. Nombre d’entre elles ont déjà été portées dans le débat public, par des ONG comme par des parlementaires. Et surtout, nombre d’entre elles ont déjà été refusées par le gouvernement depuis le début du quinquennat. On rembobine.

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- Services publics - par Rachel Knaebel, 30 juin 2020

Comment transformer l’hôpital en bien commun, géré par les soignants et les usagers, non par les financiers

Les collectifs de soignants et de patients ont des idées très concrètes pour sauver l’hôpital. Alors que le gouvernement poursuit les discussions avec le secteur de la santé, ils se mobilisent à nouveau ce 30 juin puis le 14 juillet.

"Au Ségur, il y a des professionnels du lobbying très efficaces, la Fédération de l’hospitalisation privée surtout."

Anne Gervais est médecin en hépato-gastro-entérologie et en maladies infectieuses dans deux hôpitaux parisiens. Elle n’est pas tout à fait convaincue par le "Ségur de la santé".

Cette consultation, lancée par le gouvernement fin mai, doit dessiner des mesures à prendre pour l’hôpital. Après le long mouvement de grève des urgences, puis la mobilisation des médecins hospitaliers, et enfin la démission collective d’un millier de chefs de service, la crise sanitaire du Covid a finalement obligé le gouvernement à ouvrir, au moins, une discussion. Celle-ci est pilotée par Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT. Les débats doivent se conclure le 10 juillet.

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- Info > 29 juin 2020 / Émilie Massemin (Reporterre)

Après l’arrêt définitif de la centrale de Fessenheim, beaucoup de questions subsistent

Dans la nuit de lundi 29 juin, le deuxième réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim sera définitivement arrêté. Quelles sont les conséquences sociales de cette fermeture ? Comment se déroulera le démantèlement ? Quel avenir pour le site ? Reporterre fait le point.

Pourquoi le second réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim est-il mis à l’arrêt ?

Il aura fallu huit ans. En 2012, François Hollande, alors candidat à l’élection présidentielle, promettait de fermer la doyenne des centrales nucléaires françaises, d’ici la fin de son mandat – conformément à un accord signé entre le Parti socialiste (PS) et Europe Écologie — Les Verts en novembre 2011. Une fois élu, il n’avait fait que repousser l’échéance, notamment en conditionnant l’arrêt de Fessenheim à la mise en service de l’EPR de Flamanville. C’est finalement Emmanuel Macron qui, reprenant à son compte les objectifs de la loi de transition énergétique de 2015, a tranché : en février 2019, son ministre de la transition écologique François de Rugy a annoncé la fermeture de la centrale alsacienne en 2020. C’est désormais chose (presque) faite : un premier réacteur a été mis à l’arrêt dans la nuit du 21 au 22 février, et le second devrait s’éteindre définitivement ce lundi 29 juin à 23 h 30.

EDF et les opposants à cette fermeture – certains élus locaux et les salariés de la centrale en tête – ont fustigé une décision politique sacrifiant un équipement en parfait état de fonctionnement et rentable. Faux, répliquent les antinucléaires. « La centrale accumule les problèmes non résolus : les générateurs de vapeur ont été forgés dans un acier défectueux, ce qui l’oblige à fonctionner en mode dégradé ; les piscines d’entreposage du combustible ne sont pas bunkérisées alors qu’il y a un aérodrome juste à côté de la centrale, énumère à Reporterre André Hatz, président de l’association Stop Fessenheim.

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- Actualités - 26 juin 2020

Fermeture de Fessenheim : en finir avec les idées reçues

À l’occasion de la fermeture des réacteurs de Fessenheim, certains discours reviennent en boucle. Revenons sur certaines idées reçues.

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29 Juin 2020

     

- ECOLOGIE - 28 juin 2020 Par Jade Lindgaard

«Ecocide»: histoire d’une idée explosive

De la guerre du Viêtnam au scandale du chlordécone, la définition de l’écocide est au cœur de revendications écologistes depuis une quarantaine d’années. Reçus lundi 29 juin à l’Élysée, les représentant·e·s de la Convention citoyenne pour le climat réclameront à Emmanuel Macron un référendum pour l’inscrire dans la loi.

Comme une claque au visage des institutions, le mot a surgi de la Convention citoyenne sur le climat : écocide. Dimanche 21 juin, les 150 personnes tirées au sort pour élaborer des propositions de réduction des gaz à effet de serre ont demandé que soit soumise à référendum une loi criminalisant l’acte de détruire massivement l’écosystème. Le chef de l’État doit recevoir leurs représentant·e·s lundi 29 juin et annoncer ce qu’il retient de leurs travaux. 

En attendant la décision d’Emmanuel Macron, beaucoup de voix se sont élevées pour vilipender cette hypothèse : impossibilité constitutionnelle, flou juridique, soupçons d’extrémisme. À peine entrouverte, la porte de l’avancée juridique devrait être hermétiquement refermée. Comme s’il ne s’agissait que d’une lubie populiste.

En réalité, la question de l’écocide est au cœur de revendications écologistes depuis une quarantaine d’années. Elle fut d’emblée contestataire et chargée d’exigence morale. L’expression aurait été formulée pour la première fois par Arthur W. Galston, un scientifique scandalisé par l’utilisation de l’agent orange, un défoliant particulièrement toxique que l’armée américaine a déversé en quantités astronomiques sur les forêts et mangroves du Viêtnam, entre 1964 et 1975 – 77 millions de litres, selon l’universitaire et militant Barry Weisberg dans son livre Écocide en Indochine, paru en 1970.

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28 Juin 2020

     

- Info > 26 juin 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Halte au péril vert ! Quand la droite et les macronistes s’allient contre l’écologie

Marseille, Lyon, Tours, Toulouse… À l’approche des municipales, les candidats de droite ou macronistes mettent en garde les habitants contre la menace écolo-socialiste, à grand renfort de clichés. Toutes les villes "en danger" ont un point commun : des listes d’union de la gauche, souvent menées par les écologistes, sont en passe de l’emporter, face à des notables locaux.

L’apocalypse est pour demain. Enfin, pour le dimanche 28 juin. Et ses cavaliers casqués chevaucheront des vélos, la clé à molette entre les dents. Car le péril en 2020 — sachez-le — n’est ni le réchauffement climatique, ni même le coronavirus : il est rouge et vert et s’apprêterait à prendre le pouvoir municipal. Du moins, si l’on en croit les barons de la droite, à l’approche du second tour des élections locales.

À Marseille, "l’ultragauche est là", clame partout la candidate Martine Vassal, dauphine de Jean-Claude Gaudin, pour qui la liste d’union de la gauche du Printemps marseillais symboliserait "le chaos, la violence, les collectifs qui cassent tout dans le centre-ville". Et pour associer le choc des images au poids des mots, des tracts et des montages ont circulé dans les rues et sur les réseaux sociaux, montrant des voitures en feu, des vitrines cassées et des hordes de "black blocs".

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- Info > 27 juin 2020 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)

Malgré la répression, les actions contre l’avion se multiplient

Vendredi 26 juin, 28 militants d’Extinction Rebellion ont bloqué un avion, dénonçant les conséquences de ce mode de transport sur le climat. Ils ont été interpellés et placés en garde à vue, de même que notre journaliste Alexandre-Reza Kokabi, présent sur place pour relater l’événement.
Alors que les actions de dénonciation de l’aérien se multiplient, la répression semble se durcir.

Pour dénoncer le rôle du transport aérien dans le réchauffement climatique, des militants d’Extinction Rebellion ont envahi l’une des pistes de l’aéroport d’Orly, hier vendredi 26 juin au matin. La plupart ont été placés en garde à vue, tout comme notre journaliste Alexandre-Reza Kokabi, avant d’être relâchés une dizaine d’heures plus tard.

Pour la première fois en France, des militants écologistes ont réussi à bloquer — temporairement — un aéroport. L’action s’est déroulée vendredi 26 juin, premier jour de reprise à Orly après trois mois de fermeture. Une trentaine d’activistes du mouvement Extinction Rebellion (XR) ont envahi l’une des pistes du terminal 3, bloquant pendant deux heures un avion de la compagnie Air Corsica. Équipés de gilets réfléchissants et de casques sur les oreilles, ils ont déployé des banderoles « Orly c’est fini » pour dénoncer dénoncer les « largesses de la part de l’État » envers le transport aérien. Une allusion aux 7 milliards d’euros d’aides au secteur sans réelles contreparties sociales ou écologiques, comme Reporterre l’avait expliqué.

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- Édito > 27 juin 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)

Les autorités piétinent de nouveau la liberté d’informer

Un journaliste de Reporterre, Alexandre-Reza Kokabi, a été retenu dix heures en garde à vue vendredi 26 juin. Envoyé par sa rédaction, il avait suivi un groupe de militants du collectif Extinction Rebellion France qui avait bloqué une piste et empêché le décollage d’un avion à l’aéroport d’Orly, en Île-de-France, dans l’objectif de réaliser un article sur cette action.

Ces activistes dénoncent les conséquences du trafic aérien sur le climat et, dans la foulée de la Convention citoyenne sur le climat et de la recommandation du Haut Conseil sur le climat de réduire le trafic aérien, demandent l’arrêt des vols intérieurs en France. Alexandre-Reza Kokabi était le seul journaliste sur place, le seul donc à pouvoir témoigner de ce qui se passait, pour présenter au public un récit qui ne soit ni la version officielle des faits ni celle des militants.

À Reporterre, nous sommes fréquemment amenés à raconter des actions de protestation contre la destruction écologique du monde et des manifestations. Nous le faisons dans le cadre de notre mission d’informer, parce que ces actions contribuent au débat public en mettant en lumière tel ou tel problème d’intérêt collectif. La règle impérative que nous suivons scrupuleusement est de n’intervenir d’aucune manière dans ce qui se passe. Nous ne cherchons qu’à rapporter le plus honnêtement et précisément possible ce que nous voyons et entendons.

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27 Juin 2020

     

- Politique - Publié le 25/06/2020, Natacha Polony, directrice de la rédaction

Convention climat : la démocratie est révolutionnaire

"Prenons un pari : les propositions de cette convention finiront pour leur très grande majorité dans un classeur, après quelques discours lyriques visant à remercier les 150 auteurs pour ce merveilleux travail qui honore la démocratie. Il y a pourtant beaucoup plus dans ces propositions."

Tout cela finira-t-il encore en eau de boudin ? Encore une bonne idée abîmée par les instrumentalisations politiciennes ? Une chose est sûre : les réactions outrées de certains économistes bon teint aux propositions de la convention citoyenne sur le climat laissent penser que, malgré tout, mettre des citoyens tirés au sort autour d'une table peut être révolutionnaire. Reste à savoir ce qu'Emmanuel Macron tirera d'un objet politique non identifié qu'il a lui même sorti du chapeau pour contrer les revendications démocratiques nées avec les "gilets jaunes”.

Prenons un pari : les propositions de cette convention finiront pour leur très grande majorité dans un classeur, après quelques discours lyriques visant à remercier les 150 auteurs pour ce merveilleux travail qui honore la démocratie. Comme l'a déjà esquissé la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, on retiendra quelques éléments anecdotiques qui - heureux hasard - correspondent à des décisions déjà engagées par le gouvernement. On interdira la publicité pour les véhicules les plus polluants. On incitera à la rénovation thermique des bâtiments (sans la rendre obligatoire : beaucoup trop volontariste). Au mieux verra-t-on fleurir un référendum sur quelques éléments symboliques destinés à montrer que le pouvoir se soucie du climat et croit en la démocratie.

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26 Juin 2020

     

- By George Monbiot, June 26 2020, published in the Guardian 24th June 2020

Road to perdition

How did wildlife groups start collaborating in the destruction of nature?

Out of this horror comes hope. In the backwash of the pandemic’s first wave, we see the shingled ruins of the old economy, and the chance to construct a new one. As we rebuild our economic life, we should do it on green principles, averting a crisis many times greater than the coronavirus: climate breakdown and the collapse of our life-support systems.

This means no more fossil fuel-based infrastructure. Even existing infrastructure, according to climate scientists, could push us past crucial thresholds. It means an end to mega-projects whose main purpose is enriching construction companies.

Perhaps the definitive example of such projects in the UK is the Oxford – Cambridge Arc. It’s a plan to build a conurbation twice the size of Birmingham (1 million homes) from Oxford to Cambridge. This is far beyond the region’s housing demand. Its purpose, government agencies admit, is not to meet the need for homes, but “to maximise [the area’s] economic potential”.

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25 Juin 2020

     

- Droit au logement - par Franck Dépretz, 25 juin 2020

Exilés et sans-abri : les politiques locaux ont-ils prévu de leur épargner la rue et la misère ?

En Alsace-Moselle, le droit local oblige la commune à mettre à l’abri "toute personne dénuée de ressources". À Metz, cela n’a pas empêché des milliers de personnes de vivre dans un camp de fortune. Si l’indifférence ou le déni priment chez plusieurs candidats à la mairie, d’autres pourraient mettre en oeuvre une vraie politique locale d’hébergement pour toutes et tous. Reportage.

Depuis quatre mois, Pol-Olivier héberge une famille d’origine albanaise, une mère, Adana, ses trois filles, adolescentes et à peine adultes et leur petit frère. Les quatre femmes ont subi les violences du père et mari. Cela faisait deux ans que la petite famille vivotait à Metz.

"Adana et ses enfants se partageaient une minuscule chambre d’hôtel à cinq, sans télé, sans rien à faire, ils tuaient l’ennui toute la journée”, nous explique Pol-Olivier dans un bar. “Dès qu’elles ont appris qu’un gymnase était occupé par le Collectif mosellan de lutte contre la misère, elles y sont allées.”

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- Enquête > 25 juin 2020 / Fanny Pigeaud (Reporterre)

ENQUÊTE 3/3 - Cesser toute exploitation industrielle, seul moyen de protéger les forêts tropicales

La protection des forêts tropicales est un enjeu écologique majeur qui suppose de renoncer à leur exploitation industrielle à grande échelle. Se contenter de la production des plantations comme de considérer le juste prix du bois font partie des moyens pour y parvenir.

Cet article est le dernier d’une enquête en trois volets consacrée à l’exploitation des forêts tropicales. Pour lire ou relire les premiers articles : « L’Europe exploite les forêts tropicales… et multiplie les risques d’épidémie" et « Dans le bassin du Congo, la fable de la “gestion durable” des forêts".

Pour un certain nombre de scientifiques et des organisations de la société civile du Nord et du Sud, l’exploitation industrielle des forêts tropicales, l’un des moteurs de la déforestation, doit être abandonnée. L’exploitation à grande échelle dans les pays tropicaux "ne peut pas être durable et économiquement rentable" dans une forêt primaire, parce qu’il faut un temps extrêmement long — au moins 65 ans et probablement plutôt 100 ans — pour qu’elle se régénère après une première coupe d’arbres, dit à Reporterre Cyril Kormos, directeur exécutif de Wild Heritage, une ONG étasunienne qui se consacre à la protection des forêts primaires : "Les sociétés d’exploitation forestière ne peuvent évidemment pas attendre 65-100 ans avant de procéder à une deuxième coupe. La plupart n’attendent même pas 25-30 ans, ce qui est la durée habituelle des rotations d’exploitation des forêts tropicales : elles se contentent d’exploiter illégalement." Cette réalité est la même pour toutes les forêts primaires, qu’elles soient tropicales, tempérées ou boréales : elles ont toutes des arbres très vieux qui ne peuvent pas être remplacés pendant la durée d’une rotation d’exploitation forestière ordinaire, précise Cyril Kormos.

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- Par Joséphine MAUNIER, 25 Juin 2020

Pourquoi cette nouvelle photo de l’Univers va occuper la science pendant plusieurs décennies

Le télescope en orbite eROSITA a permis de réaliser une spectaculaire image panoramique à rayons X de l’Univers. Le résultat est un régal pour les yeux et a surtout un potentiel énorme pour les astrophysiciens.

 


L’image obtenue grâce à l’assemblage des données capturées par le télescope eROSITA est exceptionnelle. Offrant un panorama complet de l’Univers, c’est une véritable carte, effectuée par rayonnement X. Nos yeux ne perçoivent pas cette longueur d’onde, seul un télescope dans l’espace est capable d’une telle prouesse technique.

All-Sky Survey : une observation panoramique

Le télescope à rayonnement X eROSITA est hébergé à bord d’un autre télescope spatial russe. La mission Spectrum-Roentgen-Gamma (SRG), lancée le 13 juillet 2019 de Baïkonour (Kazakhstan), est le fruit d’une collaboration germano-russe.

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24 Juin 2020

     

- Info > 24 juin 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Face à la crise sociale, ce que peuvent les maires

La crise sociale s’annonce sévère et ses premières conséquences se font sentir chez les plus précaires. Les mairies, au plus proche des difficultés des gens, se trouvent en première ligne. Si leurs moyens ne sont pas tout puissants, elles disposent tout de même de multiples leviers d’action.

Après la crise sanitaire, une crise sociale d’envergure se profile en France. Les prévisions économiques tombent, lourdement, les unes à la suite des autres, et dressent en pointillés un horizon peu réjouissant. À commencer par celles du chômage : reparti à la hausse dès le mois d’avril, le nombre de personnes sans emploi pourrait continuer de grimper, jusqu’à toucher plus de 10 % de la population active fin 2020, et 11,5 % à la mi-2021, un niveau « au-dessus des précédents historiques », projetait la Banque de France début juin. Autre signal : dans tous les départements, le nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) est en augmentation.

Un constat corroboré sur le terrain par les associations de solidarité, comme le Secours catholique : « Dès le début du confinement, on a vu des gens dans la précarité qui se débrouillaient tant bien que mal, avec un petit boulot et un soutien associatif, basculer dans la pauvreté, relate Véronique Fayet, directrice de l’ONG. Une maman qui avait le RSA, faisait quelques heures de ménages, avec trois ados qui normalement mangeaient à la cantine, s’est retrouvée face à une augmentation des dépenses et une baisse de ses ressources dramatiques. » Les associatifs voient également débarquer lors de leurs distributions alimentaires de nouveaux publics : étudiants, familles avec enfants, travailleurs indépendants…

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- Enquête > 24 juin 2020 / Fanny Pigeaud (Reporterre)

ENQUÊTE 2/3 – Dans le bassin du Congo, la fable de la "gestion durable des forêts"

Le bassin du Congo abrite le deuxième massif forestier de la planète. Ses écosystèmes exceptionnels permettent à 75 millions de personnes de vivre et sont indispensables au climat mondial et à la santé humaine. Pourtant, l’Europe ne cesse, depuis l’époque coloniale, d’y encourager l’industrie forestière.

Cet article est le deuxième d’une enquête en trois volets consacrée à l’exploitation des forêts tropicales. Le premier, « L’Europe exploite les forêts tropicales… et multiplie les risques d’épidémie", a montré le lien entre la déforestation des massifs tropicaux et les pandémies qui se répètent depuis une vingtaine d’années et le rôle de la France et de l’Europe.

"Protéger les écosystèmes permet de prévenir l’apparition d’épidémies comme celle du Covid-19", a déclaré M. Macron le 21 mai 2020, annonçant la tenue d’un One Planet Summit à Marseille (Bouches-du-Rhône), en janvier prochain (en fait, il s’agira de la tenue de la Conférence des Nations unies sur la biodiversité, qui devait se tenir en juin à Marseille et qui a été reportée en raison du confinement mondial). Les autorités françaises vont-elles en profiter pour remettre en cause leur politique vis-à-vis des forêts tropicales du bassin du Congo, deuxième massif forestier de la planète ?

Depuis des décennies, la France fait partie des pays et institutions qui soutiennent l’exploitation forestière industrielle dans cette région. Elle justifie cette politique en affirmant que l’industrie forestière est porteuse de développement économique pour les pays producteurs et qu’elle ne présente pas de menace pour les écosystèmes, voire aide à les préserver — un projet philanthropique, en somme.

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- - Entretien > 23 juin 2020 / Entretien avec Anne Vignot

"Il était temps que les gens se disent que l’écologie est bien une pensée politique"

À Besançon, l’adjointe à l’environnement et aux espaces verts Anne Vignot conduit une liste mêlant quatre partis politiques et une association citoyenne. Estimant avoir "fait le rassemblement au premier tour", elle est favorite dimanche, l’écologie en étendard.

Avec 31,2 % des voix, Anne Vignot est arrivée en tête du premier tour à Besançon (Doubs, 116.000 habitants) avec une liste regroupant les écologistes et une partie de la gauche. Engagée dans une triangulaire face à Ludovic Fagaut (Les Républicains), et Éric Alauzet (La République en marche), elle fait figure de favorite.

Reporterre — Vous étiez adjointe à l’environnement et aux espaces verts au sein de la majorité sortante, en quoi votre élection pourrait-elle constituer un tournant écologique pour Besançon ?

Anne Vignot — Même si on a été très investis depuis 2001 à Besançon, l’écologie restait malgré tout en périphérie, ou cantonnée sur des points particuliers. L’objectif, c’est que l’écologie, qui est un modèle de société, soit désormais au cœur de toutes les politiques de la ville. C’est la part que l’on veut apporter à cette transformation forte et urgente qu’il reste à mettre en œuvre.

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- 10 juillet 2018, La Relève et La Peste

Bac +5 ,+6 "Bullshit" : Les métiers manuels… l’avenir de la nouvelle génération

Derrière ce changement de voie, il y a en effet une désillusion caractéristique de cette génération : le sentiment de "ne pas se sentir à sa place" dans un grand groupe, le ras-le-bol face à un "patron tyrannique" ou un "travail qui n’a aucun sens" d’un côté, l’envie de "faire quelque chose, créer un produit de bout en bout" de l’autre.

Bardés de diplômes, sortis des plus grandes écoles, ils sont nombreux à se tourner ensuite vers un métier manuel. Une tendance à la rupture qui traduit un malaise général face au travail chez les jeunes diplômés, qui peinent à trouver du sens à leur quotidien.

Vers les métiers manuels

Suite à un appel à témoignages du Monde, de nombreux jeunes diplômés ont décrit au journal leur reconversion professionnelle, issue d’un dégoût de leur premier métier, souvent ressenti comme dépourvu de sens. Ils sont ainsi des milliers chaque année à mettre leur diplôme de grande école au placard pour se tourner vers un métier manuel. Souvent guidés par une passion d’enfance, mise de côté pour les études, ils espèrent trouver plus de gratification dans une condition plus simple.

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- Enquête - 23 juin 2020 Par Martine Orange

L’affaire Kohler a été classée après une lettre d’Emmanuel Macron

Passant outre la séparation des pouvoirs, Emmanuel Macron a écrit au PNF à l’été 2019 pour disculper Alexis Kohler, au lendemain d’un rapport de police l’accablant. À la suite de cette lettre, un second rapport d’enquête a été écrit, aboutissant à des conclusions inverses. Un mois plus tard, l’enquête sera classée sans suite.

Au mépris de la séparation des pouvoirs, le président de la République est intervenu directement dans une procédure judiciaire individuelle. Une entrave à la justice visant à protéger son collaborateur le plus proche, Alexis Kohler, et à couvrir un mensonge d’État. 

Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron ne se sent pas tenu par l’ordre constitutionnel de la séparation des pouvoirs, consacré par l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. C’est même devenu une habitude sous ce quinquennat, comme le rappelle Ellen Salvi. Mais cette fois, il a choisi d’outrepasser toutes les règles.

Alors qu’un premier rapport d’enquête accablant avait été rédigé par la police le 7 juin 2019, un second rapport, disant exactement l’inverse, est signé le 18 juillet 2019. Entre-temps, le 1er juillet, une attestation d’Emmanuel Macron a atterri au Parquet national financier chargé de mener l’enquête.

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- - Chronique > 9 novembre 2018 / Isabelle Attard

Transition écologique : faire sa part ou faire le nécessaire ?

Quelles actions sont les plus efficaces pour limiter les effets du réchauffement climatique ? se demande notre chroniqueuse. Si la transformation individuelle et les gestes du quotidiens ne sont pas inutiles, leurs effets resteront trop anodins s’ils ne sont pas couplés à des actions de résistance collectives.

Régulièrement, à la lecture d’articles traitant d’écologie, de transition énergétique ou du réchauffement climatique, je me pose les mêmes questions : s’agit-il d’actes isolés, d’actions et de prises de conscience individuelles ou bien d’actions collectives menées dans l’intérêt général ? Comment les deux peuvent-ils s’articuler, interagir, faire boule de neige ?

Les motivations ne sont pas toujours les mêmes, qu’il s’agisse des premières ou des secondes. Les conséquences sur notre environnement non plus.

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23 Juin 2020

     

- Les blogs du Diplo > Régime d’opinion - par Alain Garrigou, 15 juin 2020

La peste blanche

Dans son livre La lucidité, José Saramago imagine des élections où les électeurs ne jouent pas le jeu. Un jour de scrutin sous une pluie diluvienne, le bureau de vote n° 14 de la capitale portugaise attend en vain les citoyens. Émoi des scrutateurs…

On devine les mêmes scènes dans les autres bureaux. À la fin de la journée, quelques-uns arrivent mais le compte n’y est pas.

"Le pourcentage des bulletins valides n’atteignait pas vingt-cinq pour cent, distribué entre le parti de droite avec treize pour cent, le parti du centre avec neuf pour cent, et le parti de gauche avec deux et demi pour cent. Très peu de bulletins nuls, très peu d’abstention. Tout le reste, plus de soixante-dix pour cent du total était constitué de bulletins blancs".

Sentiments mêlés dans la population :

"La perplexité, la stupéfaction, mais aussi la raillerie, le sarcasme balayèrent le pays de bout en bout".

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- - Accueil > On en parle > 23 juin 2020 / Observatoire des multinationales

Face à la crise, “remunicipalisons” les services publics :

 

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En pleine campagne des municipales et alors que la crise du Covid-19 a remis en lumière le rôle essentiel du secteur public et de ses agents, la publication "L’avenir est public" détaille 1.400 exemples de "remunicipalisation" de services publics locaux dans 58 pays.

 

     

- Enquête > 23 juin 2020 / Fanny Pigeaud (Reporterre)

ENQUÊTE 1/3 – L’Europe exploite les forêts tropicales… et multiplie les risques d’épidémie

La pandémie de Covid-19 a rappelé que la destruction des forêts tropicales augmente les risques de transmission de virus de la faune sauvage aux humains. Une partie de cette déforestation est motivée par la demande européenne en produits tropicaux, dont le bois.

☛ Cet article inaugure une série de trois consacrés à l’exploitation des forêts tropicales.

L’un des derniers blocs forestiers encore intacts du golfe de Guinée, la forêt d’Ebo, au Cameroun, est menacé : le gouvernement camerounais a décidé il y a quelques semaines de l’ouvrir en partie à l’exploitation industrielle sur 120.000 hectares. Riverains, scientifiques, organisations non gouvernementales locales et internationales s’inquiètent, car ce territoire abrite une biodiversité exceptionnelle, dont plusieurs espèces animales en danger d’extinction, telle que des chimpanzés qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Paradoxalement, la pandémie de Covid-19 pourrait aider les opposants à ce projet forestier à se faire entendre des autorités camerounaises : le virus qui a provoqué l’épidémie est venu rappeler que le risque d’apparition de maladies émergentes s’accroit lorsqu’il y a une augmentation des contacts entre la faune sauvage et les humains, ce que provoquerait une exploitation de la forêt d’Ebo.

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22 Juin 2020

     

- 22 juin 2020 / Gaspard d’Allens et Tommy (Reporterre)

Les citoyens de la Convention climat mettent Macron au pied du mur

Les 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le climat ont voté ce week-end leurs propositions, qu’ils ont remises à l’exécutif. Le chef de l’État s’est engagé à leur donner une réponse lundi 29 juin mais les incertitudes restent grandes quant aux débouchés politiques de ces mesures.

"La France vous attend." Avec emphase, Laurence Tubiana a ouvert, vendredi 19 juin, la dernière session de la Convention citoyenne pour le climat. Après neuf mois de travail, les 150 membres ont voté tout au long du week-end leurs propositions. Plusieurs sont audacieuses. Au-delà de l’objectif initial de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les citoyens et citoyennes ont tenu à dessiner "un nouveau modèle de société", un horizon plus sobre et plus écologique pour la France.

Réduction du trafic aérien intérieur, interdiction de la vente de voitures fortement émettrices de CO2, régulation de la publicité, renégociation des accords de libre-échange, taxe sur les produits alimentaires ultratransformés, baisse des pesticides, obligation de rénovation thermique… L’ensemble des propositions a pour ambition de former "un tout cohérent", rassemblé au sein d’un rapport de plus de 600 pages. Garant de la Convention, Cyril Dion vante"le plan le plus ambitieux du monde". Mathilde Imer, membre du comité de gouvernance, évoque "un socle minimum pour engager une transition écologique à la hauteur des enjeux".

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Info > 22 juin 2020 / Gaspard d’Allens et Sacha Pessin (Reporterre)

[Infographies] – Les mesures transformatrices de la Convention citoyenne pour le climat

Du 19 au 21 juin, les 150 tirés au sort de la Convention citoyenne pour le climat ont adopté plus d’une centaine de mesures qui pourraient transformer l’écologie du pays. Reporterre les présente en infographies.

Après neuf mois de travail, les 150 membres ont voté tout au long du week-end leurs propositions. Au-delà de l’objectif initial de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les citoyens et citoyennes ont tenu à dessiner “un nouveau modèle de société”, un horizon plus sobre et plus écologique pour la France.

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- By George Monbiot, published in the Guardian 17th June 2020 - 21st June 2020

Lying in state

History, as the government tells it, is one long lie, airbrushing a host of atrocities.

When Boris Johnson claimed last week that removing statues is “to lie about our history”, you could almost admire his brass neck. This is the man who was sacked from his first job, on The Times, for lying about our history. He fabricated a quote from his own godfather, the historian Colin Lucas, to create a sensational front-page fiction about Edward II’s Rose Palace. A further lie about history – his own history – had him sacked from another job, as shadow arts minister under the Conservative leader Michael Howard.

But, Johnson tells us,

“We cannot now try to edit or censor our past. We cannot pretend to have a different history.”

Yet lies and erasures are crucial to the myths on which Britain’s official self-image is founded, and crucial to hiding the means by which those who still dominate us acquired their wealth and power.

Consider the concentration camps Britain built in Kenya in the 1950s.

“What concentration camps?”, you might ask.

If so, job done.

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21 Juin 2020

     

- 15 avril 2020, Laurie Debove

L’Etat commande 651 drones de surveillance pour un coût de 3,5 millions d’euros HT

3,5 millions d’euros peut paraître une "petite somme" par rapport aux milliards dégagés pour le "plan de relance" de la France, les moyens mis en œuvre pour étayer et renforcer la surveillance de la population sont-ils cependant vraiment nécessaires alors que notre système de santé public est aux abois ?

Lancée par “Cerveaux Non Disponibles”, l’information a vite fait le tour des réseaux : l’Etat passe un marché public pour commander 651 "micro-drones du quotidien" pour surveiller la population, dont certains sont équipés de capteurs thermiques.

Si Place Beauvau a assuré que cette commande n’est pas en lien avec la crise sanitaire actuelle, cet appel d’offres interroge une fois de plus sur la part des dépenses publiques accordées à la surveillance de la population, contre les moyens nécessaires à apporter aux populations les plus précaires.

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20 Juin 2020

     

- Technologies - Florian Delafoi, publié vendredi 19 juin 2020

Nicolas Nova: “Le smartphone n’incarne pas seulement une forme de repli sur soi”

Le chercheur genevois décortique cet objet ambivalent dans une enquête anthropologique méticuleuse. Son ouvrage, qui vient de paraître, se distancie d’une vision alarmiste

❐ Nicolas Nova, professeur associé à la Haute Ecole d’art et de design de Genève et cofondateur d’une agence de prospective, a longuement étudié un objet familier: le téléphone portable. Cet appareil technologique, qui nous accompagne dans nos tâches quotidiennes et nous suit à la trace, fascine autant qu’il inquiète. Dans son ouvrage Smartphones, une enquête anthropologique, qui vient de paraître aux éditions MétisPresses, le chercheur explore ses différentes facettes.

Ce travail minutieux est alimenté par des entretiens avec des utilisateurs de tous horizons, de Genève à Tokyo, et une fine observation des usages dans l’espace public. Des photographies, prises sur le vif, ponctuent ce récit découpé en six parties qui correspondent aux grandes caractéristiques du smartphone, toutes résumées en une métaphore parlante: la laisse, la prothèse, le miroir, la baguette magique, le cocon et la coquille vide.

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- Entretien - 20 juin 2020 Par Joseph Confavreux et Pauline Graulle

François Ruffin: "La République se situe plus dans la manifestation “Adama” que chez Castaner"

Si chez lui "les questions de classe dominent", le député de La France insoumise François Ruffin revient sur son rapport à la lutte antiraciste et aux violences policières. Il propose la création d’une chambre de tribunal spécialisée dans les rapports entre la police et la population.

Comment François Ruffin aurait-il été accueilli s’il s’était rendu à la manifestation parisienne organisée par le comité Adama samedi 13 juin ? Beaucoup de militants des quartiers populaires se souviennent de sa rencontre, en septembre 2017, avec la famille d’Adama Traoré.

À l’époque, l’élu de La France insoumise avait tenté d’expliquer qu’il voulait attendre que soit réalisée "l’enquête" sur le décès de cet habitant de Beaumont-sur-Oise – mort des suites de l’intervention des gendarmes – avant de se "positionner". Depuis, les images du député refusant d’enfiler le T-shirt "Vérité et justice pour Adama" sur l’estrade de cette salle sombre du Havre ont créé pas mal d’émoi dans le petit milieu de l’antiracisme.

Trois ans plus tard, le député de la Somme fait un début de mea-culpa. S’il s’interroge toujours sur les circonstances, encore non éclaircies, de la mort d’Adama Traoré, il reconnaît dans un rapport parlementaire sur les violences policières publié en mars – et passé inaperçu pour cause de Covid-19 – sa "prudence, voire [s]a nullité" dans cette l’affaire.

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- Tribune > 20 juin 2020 / Marine Calmet

Convention climat : C’est le moment de reconnaître le crime d’écocide

Quelles réponses apporter à la crise climatique ? Pour l’autrice de cette tribune, une solution est de créer une Haute autorité des limites planétaires et d’inscrire le crime d’écocide dans la loi. Cette proposition, portée par la convention citoyenne pour le climat, est présentée et défendue ce samedi 20 juin.

❐ Marine Calmet, avocate de formation, juriste en droit de l’environnement est présidente de l’association Wild Legal.

Les mesures issues des réflexions de la convention citoyenne pour le climat (CCC), démarrées en octobre 2019, sont soumises au vote de ses 150 membres réunis du 19 au 21 juin. C’est l’occasion de revenir sur deux propositions phares dont l’adoption pourrait constituer un véritable tournant dans la protection du climat et de la nature : la création d’une Haute autorité des limites planétaires et l’inscription du crime d’écocide dans la loi.

Alors que la CCC a pour objectif de formuler des propositions visant une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre françaises d’ici à 2030, ces deux mesures pourraient non seulement apporter une réponse transversale aux enjeux climatiques mais aussi provoquer une refonte de l’ensemble de nos politiques écologiques en misant sur l’adoption d’outils juridiques nouveaux issus de la collaboration entre scientifiques, juristes et citoyens.

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- Info > 19 juin 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Les citoyens de la Convention Climat choisissent des mesures transformatrices

La Convention citoyenne sur le climat a commencé à travailler vendredi 19 juin. Les 150 participants ont adopté nombre de mesures qui ont le potentiel de transformer l’écologie du pays.

 Paris, reportage - Dernier round pour la Convention citoyenne pour le climat. Après huit mois de travail, la session finale a commencé vendredi 19 juin et va durer le week-end. Les 150 citoyens et citoyennes composant la Convention, tirés au sort, vont voter l’ensemble de leurs propositions avant de les remettre à la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, dimanche après-midi. Le Président de la République, Emmanuel Macron, s’est engagé à répondre lui-même aux citoyens le 29 juin. Il ne s’est pas dit opposé à l’idée d’un référendum et a rappelé l’importance des travaux de la Convention lors de sa dernière allocution aux Français.

Les propositions de la Convention ont été dévoilées à la presse jeudi 18 juin. Présentées comme « un tout cohérent", elles n’ont pas seulement pour ambition de réduire les émissions de CO2 mais de dessiner "un socle minimum qui permettra de construire un nouveau modèle de société et une transition écologique à la hauteur des enjeux", a estimé sur France inter Mathilde Imer, membre du comité de gouvernance.

Plusieurs mesures sont, en effet, audacieuses. De la renégociation du CETA à la régulation de la publicité, de la réduction du trafic aérien à la mise en place de la semaine de 28 heures, "les 150 citoyens ont fini par pondre un programme 100 % écolo", s’est félicité la juriste Valérie Cabanes.

"Nous ne sommes ni des khmers verts ni à la solde du gouvernement. Nos mesures sont un mélange de bon sens et de technicité pour réduire les émissions de gaz à effet de serre", défendait Sylvain un citoyen tiré au sort. Plusieurs membres de la Convention ont pris leur rôle très à cœur. "Je ne suis pas là pour plaire mais pour sauver la planète, si je passe pour un fou furieux, je m’en fiche", lâchait un participant au cours du débat sur la publicité. "On n’est pas des barbares, toutes nos mesures ont été construites dans un esprit de justice sociale", se justifiait une autre.

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- Tribune > 18 juin 2020 / Jonathan Dubrulle

La maison individuelle, un fantasme individualiste hors-sol

Le retour à la campagne des populations urbaines peut avoir des conséquences délétères sur l’environnement, la faune et les petits agriculteurs, explique l’auteur de cette tribune. Qui voit dans la maison individuelle l’incarnation coûteuse d’un individualisme hors-sol.

Jonathan Dubrulle est étudiant en agriculture comparée et développement agricole à AgroParisTech.

Un portail de deux mètres de hauteur s’ouvre sur une cour cerclée de brise-vues vert foncé, ne laissant même pas passer les rayons du soleil. Après une dure journée de labeur passée en ville, la voiture rentrée au garage et la porte fermée à double tour, tout est calme, comme si une cloche isolait le lopin de 1.000 m2 de son environnement. Mais, sitôt les pantoufles enfilées, une odeur nauséabonde envahit le jardin, accompagnée d’une armada de mouches. "Ciel, le voisin a eu la satanée idée de mettre ses vaches dans le pré d’à côté !"

Nous ne poursuivrons pas plus longtemps cette fable caricaturale. Néanmoins, elle permet d’illustrer le décalage qui existe entre certains ruraux et leur environnement. Ces derniers résident, mais n’habitent pas le petit village où vient de pousser un coquet pâté de maisons individuelles, sur l’air de "il faut sauver l’école du village". Oui, les enfants de ce couple de jeunes cadres sont bien scolarisés à l’école élémentaire située entre la mairie et l’église. Mais c’est à peu près tout ce qui les unit à leur commune de résidence, car les parents travaillent à l’extérieur, se divertissent en ville et consomment dans la zone artisanale fraîchement inaugurée, à 10 minutes de voiture.

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19 Juin 2020

     

- Environnement - De Jenny Howard, 19 Juin 2020

En Alaska, les glaciers fondent 100 fois plus vite que prévu

Grâce à l'application novatrice d'une ancienne technologie, les scientifiques ont pu observer la fonte sous-marine des glaciers de marée, et leurs résultats sont surprenants.
Les glaciers de marée, comme celui-ci en Alaska, enregistrent une fonte sous-marine 100 fois plus rapide que les prévisions antérieures établies par les scientifiques à partir de modèles théoriques. - Photographie de Jim Mone/ AP

Une nouvelle méthode de mesure de la fonte des glaciers sous le niveau de la mer a permis d'aboutir à une découverte surprenante : certains glaciers fondent cent fois plus vite que ne l'avaient prévu les scientifiques.

Dans une étude parue dans la revue Science, une équipe d'océanographes et de glaciologues élargit notre compréhension des glaciers de marée, ces glaciers soumis au mouvement des marées qui se jettent dans l'océan, et de leur dynamique.

"Ils ont découvert qu'en réalité, la fonte de ces glaciers était radicalement différente des théories que nous avions établies," explique Twila Moon, glaciologue au National Snow and Ice Data Center de l'université du Colorado à Boulder, non impliquée dans l’étude.

Le vêlage et la fonte glaciaire qui s'y déroulent s'inscrivent en partie dans un processus normal suivi par les glaciers lors des transitions saisonnières de l'hiver à l'été et parfois même pendant l'été. Cependant, le réchauffement climatique accélère le recul des glaciers à travers leur fonte en surface mais également à travers leur fonte sous-marine.

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- France - 8 juin 2020 Par Lise Barnéoud

Covid-19: et si la cible du virus n’était pas les poumons?

Alors que les équipes médicales s’attendaient à soigner des pneumonies sévères et que les pays se ruaient sur les respirateurs, le mode opératoire du virus a rapidement dérouté les réanimateurs. Certes, le Sars-CoV-2 étouffe certaines de ses victimes. Mais les poumons seraient une victime collatérale, non sa cible.

Au début, il s’agissait d’une "mystérieuse épidémie de pneumonie virale", rapidement baptisée "pneumonie de Wuhan" par certains. Après le séquençage du virus en cause, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le baptise "Coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère", ou Sars-CoV-2. Dans tous les cas, le poumon apparaît d’emblée comme la cible centrale de ce nouveau virus. Toutefois, au fur et à mesure que l’Europe voit affluer ses premiers cas, surprise : il ne s’agit pas d’une pneumonie classique, loin de là. Plus étonnant encore : les poumons pourraient ne pas être la cible principale. Mais alors, comment ce microbe tue-t-il exactement ? Les détails de son mode opératoire commencent tout juste à s’esquisser.

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18 Juin 2020

     

- - Mai 2004, page 25, par Jean Ferrat

Voix de la résistance

Chanson française et diversité culturelle

Il ne s’agit pas d’un postulat : la connaissance de la chanson française que j’ai depuis plusieurs années et celle de rapports et d’études de syndicats et d’organisations professionnelles m’ont poussé aux conclusions suivantes.

Tout d’abord j’ai la conviction qu’on ne peut rien comprendre à ce qui se passe dans la chanson française si l’on ne tient pas compte avant tout de quelques données incontestables : d’après un rapport de la Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) paru fin 2002, le nombre d’interprètes français qui sont passés sur les ondes, toutes radios confondues, entre 1996 et 2000 a été divisé par quatre !

Et, pour le quart restant, voici d’après une enquête du Figaro Entreprise du 10 janvier 2003 le nombre de passages radio des cinq premiers pour l’année 2002 :

— Jean-Jacques Goldman : 37 200 passages (plus de 100 par jour) ;
— Gérald de Palmas : 28 700 passages ;
— Pascal Obispo : 14 800 passages sur un titre ;
— Johnny Halliday : 12 900 passages ;
— Renaud et Axelle Red : 14 800 passages sur un titre.

Dans la même période, sur les cinquante titres les plus programmés, quarante-deux ont bénéficié de campagnes publicitaires des producteurs atteignant parfois plusieurs millions (en francs).

Le nombre de titres différents diffusés est passé en quatre ans de 56 300 à 24 400, soit une diminution de 60 %.

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17 Juin 2020

     

- Mai 2020, pages 1, 20 et 21 - Dossier : Covid-19, après la crise… les crises, par Philippe Descamps & Thierry Lebel

Un avant-goût du choc climatique

L’abîme dans lequel un coronavirus a précipité de nombreux pays illustre le coût humain de la négligence face à un danger pourtant parfaitement identifié. Évoquer la fatalité ne peut dissimuler l’évidence : mieux vaut prévenir que guérir. Les atermoiements actuels dans la lutte contre le réchauffement climatique pourraient conduire à des phénomènes bien plus dramatiques.
 
John Crossley. – "The Lookout" (Le Guetteur), 2015 - © John Crossley - Eames Fine Art Gallery, Londres

En mars 2020, la crise sanitaire a relégué l’actualité climatique loin des titres. Pourtant, ce mois fera date comme le dixième de suite avec une température moyenne au-dessus des normales.

"Une telle série de dix mois “chauds” consécutifs à l’échelle du pays est inédite", note Météo France, dont les données permettent de remonter jusqu’à 1900.

L’hiver écoulé a battu tous les records avec des températures supérieures aux normales de 2 °C en décembre et janvier, puis de 3 °C en février. Pour se rassurer, on a préféré retenir l’amélioration spectaculaire de la transparence atmosphérique. Lueurs d’espoir : l’Himalaya redevenait visible à l’horizon des villes du nord de l’Inde, ou le mont Blanc depuis les plaines lyonnaises.

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16 Juin 2020

     

- 15th June 2020 , by George Monbiot, published in the Guardian 10th June 2020

Sold Out

The government intends to use a US trade deal to bypass democracy, override Parliament and rip down our public protections.

The Conservative manifesto made a clear promise. It pledged that in the government’s trade talks,

“we will not compromise on our high environmental protection, animal welfare and food standards”.

Just six months after the election, the promise has been ditched. Our government is now proposing that chlorine-washed chicken, beef treated with growth hormones, pork from animals injected with ractopamine and scores of other foods produced in the United States by dangerous, cruel and disgusting means will be allowed into this country, as long as higher trade taxes (tariffs) are applied to them.

The trade secretary, Liz Truss, has made it clear that any such tariffs would be removed within 10 years. It’s impossible to see the US negotiators allowing them to pass in the first place. The US intends to secure “comprehensive” access to our food markets, while “reducing or eliminating tariffs”. This nonsense about higher tariffs is a blatant attempt to soften us up, to sugar the toxic pill of US imports that don’t meet our standards. When I say sugar, I mean high fructose corn syrup.

It’s not as if our standards are wonderful. But by comparison to the revolting practices in the US, our food rules, laid down by the EU, are a haven of sanity. As well as washing chicken flesh with chlorine, to compensate for the filthy conditions in which it is raised and processed, and injecting dangerous substances into cattle and pigs, Big Farmer and Big Food in the US use 72 pesticides that are banned here and food colourings that have been linked to hyperactivity in children, impose no limits on the amount of sugar baby food contains, and permit cow’s milk to contain twice the amount of pus that the UK allows.

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- Info > 16 juin 2020 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

La mobilisation contre la "réintoxication du monde" est lancée

Mercredi 17 juin, des manifestations, des blocages et des occupations seront menées dans plusieurs lieux, en France, où des activités et des projets "toxiques" perdurent.

"Pendant le confinement, pour la première fois depuis le début de l’ère industrielle, la machine infernale s’est enrayée : des pans entiers du monde marchand ont été mis à l’arrêt, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué… Nous devons agir, sans plus attendre, pour qu’elle ne se relance pas de plus belle !" tonne Benoît, habitant de la zone à défendre (Zad) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Rassemblements, blocages, occupations… Mercredi 17 juin, une série d’actions sera menée aux quatre coins de la France pour éviter une "réintoxication du monde" dont les signes de reprise sont déjà bien visibles. Car si Emmanuel Macron s’est engagé à ce que "le monde d’après soit résolument écologique", tout est prêt pour que tout empire : comme l’a fait remarquer le Réseau Action Climat (RAC), le gouvernement a ouvert le "monde d’après" en finançant "des activités économiques à l’origine de la crise climatique sans contreparties écologiques et sociales fortes et contraignantes" et en n’apportant pas "l’argent nécessaire pour accélérer la transition écologique et baisser les émissions et les inégalités sociales".

"Comme en Chine où les émissions reprennent à un rythme effréné, nos dirigeants ont pour objectif de faire de la surproduction de biens et de services polluants pour éponger les dettes contractées pendant la pandémie. En ce sens, on assiste déjà à la réintoxication du monde, même si le gouvernement se cache derrière le mythe d’une décarbonation de l’économie", dit Alma Dufour, porte-parole des Amis de la Terre. "Nos dirigeants sont déterminés à relancer tout ce qui nous empoisonne. Rien ne les fera bifurquer si on ne les y contraint pas", estime Pascal Frémont, porte-parole des syndicats Sud et Solidaires de Loire-Atlantique.

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15 Juin 2020

     

- Isabelle Lagny  Via Gérard Cartier - Via Anna Alter. - 14 Juin 2020

Le point de vue de Jean-Pierre Luminet à propos de la posture du Pr Didier Raoult.

Il répond à d'autres scientifiques détracteurs du médecin et chercheur de Marseille.

Voilà ce qu’écrit l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet à un de ses pairs qui s’était empressé de partager l’étude du Lancet :

"C'est bien de s'indigner maintenant cher Olivier, mais tu as été prompt, comme bien d'autres amis FB et collègues que j'apprécie beaucoup par ailleurs, à relayer la publication sans l'avoir vraiment lue, tellement elle vous confortait dans vos certitudes préétablies et un peu trop "scientistes" (d'où la déception plus vive aujourd'hui qui est vôtre; mais c'est de la naïveté que de croire à la parfaite intégrité du milieu scientifique!). Il était évident dès les premières paragraphes que l'étude était bidon. Je vous invite donc tous à mieux vous informer (c'est-à-dire vérifier vos sources) avant de prendre des positions péremptoires, à ne pas considérer ceux qui ne suivent pas strictement la doxa comme des complotistes, des illuminés, des "cranks", pire encore comme des connards, des guignols, des charlatans ou encore des bons pour l'asile, comme j'ai pu le lire avec ahurissement sous la plume de certains, pour qui j'avais quelque estime. Amitiés." .

Et il ajoute...

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14 Juin 2020

     

- - Les masques du racisme - “Manière de voir” #09 • octobre 1990, par Claude Julien; Directeur du Monde diplomatique de 1973 à 1990.

Le festival du mépris

Non sans mal, une idée simple a fini par s’imposer, à tel point que nul n’ose plus la contester, du moins ouvertement : tout geste de dédain a l’égard d’un groupe ethnique particulier constitue un affront pour l’ensemble des êtres humains.

Chacun, désormais, veut bien en convenir : lorsqu’ils proclamaient que les juifs, les Tsiganes, les Slaves, etc., étaient "inférieurs" aux peuples germaniques, les nazis n’offensaient pas seulement leurs victimes. En refusant d’admettre que la dignité humaine est indivisible, ils avilissaient la "race supérieure" elle-même, la ravalaient au rang, sordide et peu enviable, des bourreaux, qui n’ont jamais occupé une place de choix dans l’échelle sociale.

Pour lui faire accepter cette déchéance, il avait d’abord fallu la convaincre d’abdiquer une culture éblouissante, à laquelle un pouvoir dément substituait une propagande grossière, des slogans primitifs, vulgaires, des expressions "artistiques" pompeuses, grandiloquentes. Tromperie suprême : cette prétendue "race des seigneurs" marchait au pas, se laissait domestiquer, obéissait au doigt et à l’œil ; acceptant stupidement d’être embrigadée, elle renonçait au privilège de l’homme, s’abstenait de penser par elle-même. Elle acquiesçait à son propre abaissement.

Le racisme, nul ne l’ignore plus, fait toujours deux victimes.

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- 12 juin 2020, par carolinedehaas - Blog : Caroline De Haas

Merci. Du fond du cœur.

A toi, l'enseignant.e

À toi, la maîtresse du grand, qui a mis seulement quelques jours à t’adapter à la crise et nous envoies trois fois par semaine des choses à faire (et les corrections) pour qu’il ne perde pas le fil. Tu pars à la retraite dans quelques jours et tu m’impressionnes.

A toi, la maîtresse de la petite, qui a envoyé plein d'activités pédagogiques et a lancé des concours de tour Kapla entre les enfants pour maintenir le lien.

A toi, l’école qui a organisé un planning impossible pour leur permettre de retourner un jour ou deux à l’école, voir leurs ami.e.s et retrouver les enseignantes.

A toi, la maîtresse chargée de l’enseignement à distance, qui a envoyé une histoire lue à voix haute lorsque ma fille était hospitalisée.

A toi, la directrice de l’école qui m’a appelé pour me rassurer et avec laquelle on a parlé de vos galères.

A toi, l’autre directrice, qui m’a engueulée le premier jour de rentrée par que j’étais en retard (coeur sur toi).

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13 Juin 2020

     

- Société - Info Marianne - Par Paul Conge, publié le 12/06/2020

Violences policières : un agent de la BAC accusé d'avoir "travesti la réalité", débouté par le tribunal de Paris

Le 3 juin dernier, le tribunal de Paris a blanchi une femme de 43 ans, accusée à tort de violences volontaires contre un agent de la BAC. Elle a été relaxée. Les juges ont démantelé la version des faits des policiers, pourtant consignée sur procès-verbal. Marianne a eu accès au dossier.

Etranglée, frappée au tibia par un agent de la brigade anti-criminalité (BAC), accusée elle-même de violences à l'encontre du policier, puis convoquée devant la justice : depuis la fin de l'été 2019, Leila N. est embarquée malgré elle dans une affaire ubuesque. Alors qu'elle venait à la rescousse de la victime d'une agression, elle a terminé sa nuit en garde à vue, ciblée par une plainte pour "violences volontaires contre personne dépositaire de l'autorité publique" par un policier de l'équipe d’intervention.

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- Tribune > 13 juin 2020 / Observatoire des inégalités

Il y a un seuil de pauvreté. Créons un seuil de richesse !

Qui est riche en France ? Combien gagnent les riches et combien sont-ils ? Dans son « Rapport sur les riches en France », l’Observatoire des inégalités dresse un portrait social des privilégiés et interroge les mécanismes de reproduction des inégalités d’une génération à l’autre.

Le premier Rapport sur les riches en France de l’Observatoire des inégalités vient de paraître. Dans ce document inédit, l’organisme indépendant propose notamment de fixer un seuil de richesse à 3.470 euros par mois pour une personne seule, après impôts. Selon cette définition, 8,2 % des Français sont riches.

Qui est riche en France ? Combien gagnent les riches et combien sont-ils ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’information manque à leur sujet. Dans notre pays, personne n’aime être qualifié de riche. On se réfugie le plus souvent dans une définition très étroite de la richesse. Pour vivre heureux, vivons cachés. Dans ce Rapport sur les riches, une première en France, l’Observatoire des inégalités propose de fixer un seuil de richesse comme il existe un seuil de pauvreté. Ce préalable est indispensable pour identifier les plus aisés et décrire leur nombre, leur niveau de vie et leur patrimoine à travers un ensemble de tableaux et de graphiques commentés.

Nous tentons aussi d’établir un premier portrait social des privilégiés en France et nous nous interrogeons sur les mécanismes de reproduction des inégalités d’une génération à l’autre. Autant de connaissances indispensables pour comprendre notre société et fonder la solidarité de demain. Destiné à un très large public, cet ouvrage cherche à nourrir le débat, sans minimiser, ni exagérer les écarts.

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évolution de la richesse

portraits robots de riches

 

 


     

- Pauvreté extrême - par Sophie Chapelle, 8 juin 2020

Crise alimentaire mondiale : "Nous sommes au bord d’une pandémie de faim"

Un risque de pénurie alimentaire n’est, pour le moment, pas à craindre. Mais des dizaines de millions de personnes sont menacées de ne plus pouvoir manger à leur faim, du fait de l’absence de revenus, de protections sociales et de rupture des chaînes d’approvisionnement.

C’est une donnée qui résonne comme un terrible avertissement.

Le nombre de personnes au bord de la famine pourrait doubler, de 135 millions en 2019 à 265 millions d’ici la fin de l’année 2020, a prévenu l’ONU dans un rapport publié fin avril.

"Alors que nous affrontons une pandémie de Covid-19, nous sommes également au bord d’une pandémie de faim", déclarait alors le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial.

Les zones de conflits – dont le nord-est du Nigeria, le Soudan du Sud, la Syrie et le Yémen – sont particulièrement sujettes à la famine, ainsi que l’Inde et plusieurs pays d’Afrique de l’Est (Soudan, Éthiopie, Somalie) confrontés au ravage de toutes les cultures par la pire invasion de criquets pèlerins depuis 25 ans. Début juin, des manifestations au Sénégal demandent la fin du couvre-feu instauré depuis bientôt trois mois pour raison sanitaire.

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- Alternatives > 13 juin 2020 / Hortense Chauvin (Reporterre)

Les villes réfléchissent à rendre les rues aux piétons... et à la marche

Voies piétonnisées, élargissement des trottoirs... Les initiatives en faveur de la marche se multiplient dans les villes françaises et étrangères. Associations et urbanistes espèrent que les mesures de distanciation pourront donner un nouvel élan à cette pratique, et bousculer le monopole de l’automobile en ville.

Paris, reportage - Le vélo connaît un nouvel âge d’or depuis le début du déconfinement. En France, son usage a augmenté de 44 % dès la première semaine de déconfinement, selon l’association Vélo et territoires. À Paris, Calgary, Bogotá, Mexico ou Berlin, des centaines de kilomètres de pistes cyclables ont été aménagées en urgence afin d’éviter un retour massif de la voiture en ville. La marche à pied, autre moyen de transport écologique, pourrait-elle également bénéficier de ce nouvel état d’esprit ?

"Le déconfinement représente une opportunité de développer la marche en ville d’abord parce que nous avons besoin de place pour nous distancier physiquement", analyse Paul Lecroart, urbaniste à l’Institut Paris Région. Plus globalement, la crise pourrait également être une occasion de "changer de paradigme et de manière de concevoir nos mobilités et nos modes de vie". "Beaucoup de gens ont été séduits par la possibilité de redécouvrir leurs quartiers, d’être moins stressés, de moins prendre les transports", explique l’urbaniste. "Auparavant, la marche n’était pas très valorisée, ajoute Anne Faure, urbaniste et présidente de l’association Rue de l’avenir. Pendant le confinement, les gens ont redécouvert que marcher était pratique, efficace, et surtout agréable."

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12 Juin 2020

     

- Publication - par Olivier Petitjean, 12 juin 2020

Encadrer la pub et l’influence des multinationales : un impératif écologique et démocratique

La publicité et la com’ des multinationales ne servent pas seulement à vendre toujours plus de produits, souvent pas très bons pour le climat ou la santé. Elles servent aussi à influencer, sans le dire, l’opinion publique et les décideurs pour protéger leurs modèles de profit. Une nouvelle publication, dont l’Observatoire des multinationales est partenaire, propose plusieurs mesures pour protéger notre démocratie de l’intoxication.

Le 20 mai dernier, quelques jours après la première étape du déconfinement, le groupe Orange a inauguré à sa manière le "monde d’après" en lançant une opération de communication de grande envergure dans plusieurs médias. Profitant de la chute du prix des espaces publicitaires, il s’est acheté des pages dans plusieurs grands quotidiens. Pas moins de six rien que dans Le Figaro, affichant fièrement sur fond noir la nouvelle "raison d’être" adoptée par l’entreprise héritière du service public des télécommunications :

"être l’acteur de confiance qui donne à chacune et à chacun les clés d’un monde numérique responsable".

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11 Juin 2020

     

- - Interview - Coronavirus outbreak - Jonathan Watts, Saturday 6 June 2020

Bruno Latour: 'This is a global catastrophe that has come from within'

The influential French thinker explains the politics of the Gaia principle, the problems of post-truth and how coronavirus gives us a model for spreading ideas

‘The lockdown forced everyone into a kind of retreat, a moment for reflection’: Bruno Latour at his home in Paris. Photograph: Benoît Tessier/Reuters

In the early days of the lockdown, philosopher Bruno Latour wrote an essay for the AOC cultural online newspaper.

“The first lesson the coronavirus has taught us,” he wrote, “is also the most astounding: we have actually proven that it is possible, in a few weeks, to put an economic system on hold everywhere in the world…”

That essay, translated since into at least 12 languages, has encouraged many to reimagine how different the world could look if we learned from this experience.

It has also solidified the reputation of the Paris Institute of Political Studies (Sciences Po) emeritus professor as one of the most influential thinkers of our age.

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- 10 juin 2020, Régis de Castelnau

Affaire Traoré : Macron et Belloubet bafouent la séparation des pouvoirs et humilient police et justice.

La séparation des pouvoirs, pour quoi faire ?

On peut supposer que règne une saine ambiance au sein des organisations syndicales de policiers, de gendarmes et de magistrats. La séquence qui vient de se dérouler sur fond d’emballement mondial après la mort de Georges Floyd relayée chez nous par les manifestations autour du cas d’Adama Traoré, est une sacrée leçon pour ces gens-là.

Le président de la république vient de tranquillement demander à son Garde des Sceaux de bien vouloir "se pencher" (!) sur un dossier actuellement à l’instruction, c’est-à-dire entre les mains de magistrats du siège normalement indépendants et impartiaux. Celle-ci a immédiatement obtempéré à l’ordre jupitérien, et a poliment demandé audience à la famille d’Adama Traoré offrant même ses propres bureaux de la place Vendôme pour la rencontre. Habilement Yassine Bouzrou leur avocat, n’a pas laissé passer l’occasion d’humilier la Ministre de la justice en la rappelant aux convenances républicaines, c’est-à-dire le respect de la séparation des pouvoirs. Était-il possible de descendre plus bas, en se discréditant à ce point ? Enfoncé François Hollande ferraillant avec Leonarda !

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- Entretien > 11 juin 2020 / Entretien avec Ian B.

"La police n’a pas lieu d’exister dans un monde qui va bien"

Les mobilisations mondiales contre les violences policières après la mort de George Floyd ont conduit le gouvernement français à faire des annonces concernant la police française : "Tolérance zéro" contre le racisme et abandon de certaines méthodes d’interpellation. Pour le collectif Désarmons-les, ces mesures ne s’attaquent cependant pas au problème de fond.

Déclenchées par la mort de George Floyd aux États-Unis, les mobilisations contre les violences policières et le racisme dans la police se poursuivent. En réponse, lundi 10 juin le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a demandé une « tolérance zéro" du racisme au sein des forces de l’ordre, en précisant qu’il n’y avait "pas d’institution raciste ou de violence ciblée". Il a aussi annoncé l’abandon de la méthode de la "prise par le cou", dite de “l’étranglement”" et l’interdiction, lors d’une interpellation d’une personne, de s’appuyer "sur sa nuque ou son cou". Autant d’annonces qui ne s’attaquent pas au problème de fond de la police française, estime Ian B., du collectif Désarmons-les. Né en 2012, ce collectif mène un important travail de documentation, de recherche et d’information sur les armes de la police et les techniques de maintien de l’ordre. Il accompagne également les personnes blessées par la police, et les familles de personnes tuées par des membres des forces de l’ordre.

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- - Reportage > 11 juin 2020 / Valérie Lassus et Alain Pitton (Reporterre)

Le printemps inouï des plantes sauvages citadines

Le confinement a permis à la nature de vivre un printemps exceptionnel, peut-être plus encore en ville. C’est ce qu’a montré à Reporterre le naturaliste Boris Presseq le temps d’une balade dans les rues de Toulouse où s’épanouissent les plantes sauvages.

Toulouse (Haute-Garonne), reportage - Au cœur de la vieille ville, rue des Pénitents-Gris, un polypode commun, ou réglisse des bois, embrasse un orpin de Palmer sur une canalisation. Boris Presseq, appareil photo en bandoulière et chaussures de rando aux pieds, emmène les curieux sous une gouttière "pour montrer qu’avec de l’eau et de la lumière, ça suffit". Cela suffit pour que des plantes s’installent, parfois pendant des années selon la bienveillance, la paresse ou tout simplement le manque d’attention des humains. Ce naturaliste mène depuis 2004 un inventaire de la flore toulousaine dans le cadre de sa mission au Muséum de Toulouse [1]. En ce début du mois de mai, deuxième mois de confinement imposé pour lutter contre la pandémie de Covid-19, la balade était l’occasion de régaler sa propre curiosité et, peut-être, d’ajouter quelques noms à son herbier.

Boris s’interroge sur l’espèce de ce jeune plant d’arbre (un bouleau déformé ?).

En farfouillant dans de larges jardinières en béton muées en coffres-forts verts au pied d’un jeune pêcher, nous dénichons la giroflée des murailles, l’andryale à feuilles entières et la lampsane sauvage. Juste à côté, dans la cour d’un hôtel particulier, à hauteur d’yeux, un muflier gueule de loup exhibe fièrement ses fleurs fuchsia. Pour cette plante qui aime le calcaire, le mur enduit d’un mortier à la chaux à l’ancienne est une aubaine. Un résident témoigne du fait que tout n’est pas "raclé", volontairement. L’écologie urbaine, c’est aussi le fait des citadins qui acceptent le "laisser-être".

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10 Juin 2020

     

- Info > 10 juin 2020 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Comment se libérer de la publicité, arme de séduction massive des multinationales

Dans un rapport sur la publicité publié mardi 9 juin, des associations montrent comment les multinationales s’en servent pour pousser à la surconsommation, blanchir leur image, et faire pression sur les médias. Des solutions pourraient endiguer cette influence néfaste.

"Il est temps de signifier aux multinationales que la fête est finie, qu’elles ne peuvent plus maintenir un modèle économique insoutenable de surconsommation : régulons leurs activités publicitaires !" tonne Renaud Fossard, responsable du programme Système publicitaire et influence des multinationales (Spim). Mardi 9 juin, les trois organisations membres de Spim — Résistance à l’agression publicitaire (RAP), Les Amis de la Terre France et Communication sans frontières (CSF) — ont publié un rapport en ce sens, intitulé Big Corpo. Encadrer la pub et l’influence des multinationales : un impératif écologique et démocratique.

Dans ce document de plus de 200 pages, élaboré avec 22 associations et des experts universitaires, les auteurs décortiquent le rôle central de la publicité et la communication des multinationales dans la surconsommation, et dressent des recommandations pour réguler les activités d’influence de ces entreprises.

En France, 31 milliards d’euros seraient dépensés, annuellement, dans la publicité, la communication commerciale et le marketing promotionnel. Pour les auteurs du rapport, ces dépenses suscitent la surconsommation, c’est-à-dire la consommation de produits et de services dont l’acheteur n’a pas réellement besoin. "La publicité influence lourdement les goûts et les aspirations des individus, leur fait éprouver de nouveaux besoins", dit Renaud Fossard. Elle provoque "des phénomènes de consommation de masse qui n’auraient pas eu lieu sans stimulation publicitaire, précise le rapport. Dès lors, ceux qui orientent réellement l’économie, ce sont les industriels ; des marques capables de produire ce qu’elles désirent et de faire massivement désirer ce qu’elles produisent."

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le rapport "Big Corpo" (pdf - 227 pages)

 



     

- Tribune > 10 juin 2020 / Damien Carême

"Nous hurlerons, et vous n’aurez d’autre choix que d’entendre"

"Nous avons besoin d’un cri commun, d’un hurlement pacifiste", écrit Damien Carême, dans cette tribune. Le député européen Vert plaide non pour un jour d’après, mais pour une ère d’après. Et en profite pour lancer une charge lourde contre les dirigeants qui n’"ont écouté qu’une seule voix, celle des économistes”.

Damien Carême a été maire de Grande-Synthe (Nord) pendant 18 ans, il est désormais député européen (Europe Écologie — Les Verts) et président de l’Association nationale des villes et territoires accueillants.

Il y a eu des tribunes, des prises de parole diverses et variées. Il y a eu des appels, des lettres ouvertes. Depuis ce début de mars 2020, nous avons crié, nous avons appelé, nous avons supplié aussi. Nous voulons l’après. Pas seulement le jour d’après, non, nous voulons l’ère d’après. Nous sommes prêtes, nous sommes prêts. Que deviennent nos appels et nos cris ? Où vont-ils s’échouer ?

Beaucoup d’entre nous ont appelé à un plan Marshall. Beaucoup d’entre nous ont évoqué le Conseil national de la résistance. Nous avons besoin de parler d’une voix puissante. Nous avons besoin de nous rassembler, de dire notre colère et de coaguler notre énergie. Nous avons besoin d’un cri commun. Nous avons besoin d’un hurlement pacifiste. Nous avons besoin d’un Chant des partisans de la reconstruction. Nous avons besoin d’un chant des artisans de la reconstruction.

… Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

Le vol noir des corbeaux, c’était les avions allemands qui bombardaient. Aujourd’hui, le vol noir des corbeaux, ce sont les choix de libre-échange. L’ultra libéralisme qui génère un système mortifère et qui entraîne le changement climatique qui, en effet, plane sur nos plaines.

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- Relance - Mathilde Farine, publié mercredi 10 juin 2020

A Amsterdam, un donut pour sortir de la crise

Au sortir du confinement, la ville d’Amsterdam s’est inspirée de la théorie du donut, développée par l’économiste britannique Kate Raworth, pour relancer l’économie tout en tenant compte de l’environnement et des besoins sociaux

❐ La crise mondiale du Covid-19 va-t-elle changer la pratique politique, l’économie, la société, la culture? Nous consacrons une série de près de 30 articles à ce sujet, durant plusieurs jours sur notre site, et dans un numéro spécial le samedi 13 juin.

❐ Retrouvez, au fur et à mesure, les articles dans ce dossier.

A Amsterdam, la théorie du donut doit servir à faire repartir l’économie de façon plus durable. — © EPA/KOEN VAN WEEL

C’est un donut qui doit aider Amsterdam à sortir de la crise. Pas une orgie de la pâtisserie américaine elle-même, mais sa forme, qui a inspiré une théorie économique récente. Développée par une chercheuse britannique, Kate Raworth dans un livre devenu un best-seller, l’idée est de sortir de l’obsession de la croissance et de se fixer d’autres objectifs.

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- Tribune - Par Louis Bonnefond, 7 juin 2020

Diminuer les salaires mirobolants versés par l’ONU : une solution au sous-financement de l’aide humanitaire

La communauté humanitaire internationale s’est réunie en 2016 pour résoudre les problèmes de sous-financement qui existent depuis de nombreuses années. Plusieurs réformes structurelles du système ont été évoquées, qui ont connu des succès divers et mitigés. Une chose est cependant restée absente des débats : un examen minutieux de l’aspect non-lucratif du travail humanitaire.

Le système humanitaire international est en crise de sous-financement

Le système humanitaire d’urgence est en crise. En effet, entre 2005 et 2017, le nombre de crises nécessitant une réponse humanitaire internationale a presque doublé (de 16 à 30). La durée moyenne de chaque crise a aussi beaucoup augmenté. Notamment à cause du réchauffement climatique, les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes. Les conflits armés se multiplient et/ou ne trouvent pas de fin. En 2020, l’ONU cherche ainsi à venir en aide à plus de 167 millions de personnes.

La conséquence de tout cela est que l’aide humanitaire coûte, chaque année, de plus en plus cher. En 2007, l’ONU estimait qu’il faudrait 5 milliards de dollars pour mettre en œuvre ses programmes humanitaires internationaux. Pour 2020, elle estimait qu’il faudrait désormais trouver 28,8 milliards, tandis que les plans se chiffrent déjà à plus de 30 milliards.

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09 Juin 2020

     

- Enquête sur les liens entre maladies chroniques, exposition aux virus et santé publique.

 

  # 2 > 9 juin 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Malgré le Covid, la santé environnementale reste aux oubliettes

Le lien entre santé et environnement est apparu au grand jour à l’occasion de la pandémie du Covid-19. Pourtant, les autorités sanitaires se désintéressent des questions de prévention et de santé environnementale, parents pauvres des politiques publiques.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a lancé en grande pompe le 25 mai dernier le « Ségur de la santé » : un mois de concertation pour tirer le bilan de la crise sanitaire. L’objectif est ambitieux, il s’agit rien de moins que de « bâtir les fondations d’un système de santé encore plus moderne, plus résilient, plus innovant, plus souple ». Mais l’exercice semble déjà mis à mal. Le syndicat Sud Santé a quitté la table des négociations une semaine seulement après sa création et des collectifs de soignants appellent déjà à une mobilisation dans la rue le 16 juin.

En outre, les associations écologistes déplorent "le périmètre restreint des concertations". "Le gouvernement se focalise sur la refonte du système de soin mais ne prend pas en compte les mesures liées à la prévention et à la santé environnementale, regrette François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures. Pourtant, elles sont indispensables pour comprendre la crise que nous traversons."

Le Covid-19 aura, en effet, révélé le lien intime entre environnement et santé. Non seulement sa propagation est directement issue de la dégradation des écosystèmes mais il a aussi prospéré sur les maux de notre époque. L’obésité, le diabète et les cancers ont été des facteurs aggravants de l’épidémie. L’hôpital a craqué sous la déferlante d’une population déjà fragilisée par des maladies causées par notre mode de vie, l’alimentation industrielle et la pollution.

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  # 1 > 8 juin 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Malbouffe et sédentarité… notre mode de vie a aggravé la pandémie

Les malades chroniques ont bien davantage succombé au Covid-19 que les autres, comme le montrent plusieurs études. Or, le développement de l’obésité, du diabète, du cancer, de l’hypertension… est directement lié aux facteurs environnementaux, que les politiques de santé publique ne prennent pas en compte.

Une épidémie peut parfois en cacher une autre, plus profonde, moins visible. Car le virus Sars-CoV-2 a crû sur un terreau fertile, il a proliféré sur les dérives de notre société d’abondance, son modèle agro-industriel et ses pollutions chimiques. Depuis plusieurs décennies, les maladies dites "de civilisation" comme l’obésité, le diabète, l’hypertension ou les cancers ont explosé du fait de notre mode de vie — la malbouffe, le stress, la sédentarité. Elles nous ont rendus collectivement plus vulnérables aux chocs, moins résilients aux virus.

On estime que 90 % des personnes qui sont mortes du Covid-19 présentaient une ou plusieurs comorbidités. Les patients atteints de pathologies chroniques ont plus de risque de souffrir de complications. Début avril, une étude parue dans la revue Obesity, révélait que 75 % des patients admis aux soins intensifs du CHU de Lille étaient obèses et que 85 % des obèses sévères avaient dû être intubés. En d’autres mots, ce n’est pas seulement l’âge mais surtout l’état de santé métabolique des personnes infectées qui a compté. Et les obèses et les diabétiques, même jeunes, ont été en première ligne. Ils ont subi, selon les mots d’Anne-Sophie Joly, présidente du Collectif national des associations d’obèses, "un massacre, une véritable détresse".

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- Environnement - Opinion - Par Dominique Bourg, philosophe, 04 Mai 2020

Arrêtons le progrès !

L’épidémie de coronavirus vient mettre à mal la célèbre rengaine : le progrès capitaliste et néo-libéral est bien mis en pause un peu partout dans le monde. La question sera celle du redémarrage, car une relance brutale de l’économie aurait des conséquences gravissimes pour la planète. Il est grand temps de penser une refonte de notre appareil productiviste.

Des chauves-souris qui n’ont cure de l’économie mondiale, cependant contraintes du fait de la destruction de leur habitat de s’approcher du nôtre, un pangolin étourdi n’ayant pu échapper à la pharmacopée chinoise puis, soudain, c’est l’atelier du monde, la Chine, à l’arrêt. La raison : la seconde immixtion d’un coronavirus dans les affaires nationales, le Covid-19 après le SRAS de 2002, Covid-2.

Ce sont alors des Européens compatissants face à une épidémie lointaine, vaquant à leurs occupations économiques, sans la moindre velléité de veillée sanitaire, alors même que des décennies de gestion néolibérale ont mis à mal les dispositifs publics de santé. Des Américains fustigeant un virus chinois, puis les Européens pour s’être laissés envahir, guidés par un Président combattant le virus par Twitter. C’est un Boris Johnson appelant les Britanniques à refuser le confinement, avec des trémolos churchilliens dans la voix, finissant aux soins intensifs, victime de l’immunité collective qu’il prônait.

Et patatras ! La quasi-totalité de la planète est condamnée au confinement et l’économie mondiale, réduite à quelques chaînes logistiques. Nous croyions avoir construit une fatalité économique, la globalisation économique avait en effet pour dessein de créer un marché quasi-universel, et partant une machine hyper-puissante à laquelle aucun État n’était censé pouvoir résister… et quelques brins d’ARN sont parvenus à la stopper ! La rengaine “On n’arrête pas le progrès” a été pour la première fois prise en défaut.

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08 Juin 2020

     

- Accueil>Politique - Publié le : 07/06/2020, par Rebecca Fitoussi

Dominique Rousseau : "Maintenir l’état d’urgence, c’est permettre de réprimer les manifestations"

Entretien avec Dominique Rousseau, constitutionnaliste, professeur à l'école de droit de la Sorbonne Paris 1.

Pour le moment, l’état d’urgence sanitaire est prévu jusqu'au 10 juillet, mais le gouvernement envisagerait de le maintenir deux mois de plus. Or, qui dit état d'urgence dit aussi restriction des libertés. Pourtant, lors de l'annonce de la phase 2 du déconfinement, Édouard Philippe a déclaré : "la liberté va redevenir la règle et l'interdiction constituera l'exception." Y a-t-il une contradiction ?
 
☛ Oui, je crois que prolonger l'état d'urgence serait contraire à la Constitution. L’état d'urgence, c'est quoi ? La loi du 23 mars 2020 dit état d'urgence parce que catastrophe sanitaire et parce que gravité pour la santé de la population. Que nous dit aujourd'hui le Premier ministre ?

1/ L'épidémie est sous contrôle,

2/ La liberté redevient le principe.

Autrement dit, les conditions objectives de la prorogation de l'état d'urgence ne sont pas réunies. La proclamation de l'état d'urgence, c'est la cause qui permet de prendre des mesures qu'on ne pourrait pas prendre en temps normal. Or, à quoi assiste-t-on aujourd’hui ? On peut désormais aller à l'école, dans les bars, aller au-delà des 100 km. Bref, toutes les mesures qui étaient rattachées à l'état d'urgence sanitaire tombent, donc l'état d'urgence sanitaire doit disparaître. D'ailleurs, dans l'hypothèse où la prorogation de l'état d'urgence serait votée, je pense qu'il y aurait un recours devant le Conseil constitutionnel et il y a un fort risque qu'elle soit censurée. Le Conseil Constitutionnel a déjà donné quelques petits signaux.

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- Entretiens - Par Dorian Bianco, 26 avril 2020

Emmanuel Todd : "Macron n’est plus républicain"

À l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Les luttes de classes en France au XXIe siècle, Emmanuel Todd nous a consacré le 8 février dernier un entretien fleuve dans lequel il revient sur les principaux concepts développés dans son livre, le macronisme, la violence d’État et la situation géopolitique internationale. Depuis cette entrevue, la pandémie a bouleversé nos observations sur le monde et il a tenu à nous livrer quelques réflexions lors de nos derniers échanges le 3 avril. Entretien réalisé par Lorenzo A. et Dorian Bianco, retranscrit par Guillaume Caignaert et Augustin Bouvet.

LVSL : L’opposition entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen serait un trompe-l’œil. Elle demeure pourtant très visible dans de nombreuses cartes, comme celles développées dès 2017 par le démographe Hervé Le Bras. Cette opposition a finalement dépassé la polarité traditionnelle droite-gauche, qui se traduisait par le couple Fillon-Mélenchon en 2017. Que pensez-vous du dépassement d’une opposition par une autre ?

☛ Emmanuel Todd : Sur les cartes de 2017, les 30 départements où l’on a voté le plus Le Pen ou le plus Macron apparaissent totalement disjoints, donnant un coefficient de corrélation extraordinaire de -0,93. Le maximum aurait été -1 ; or en sciences sociales un coefficient supérieur à + ou – 0,85 évoque une tautologie plutôt qu’une association entre deux variables distinctes, une redondance. La prétendue polarisation est comme un arc électrique entre deux choses contraires, qui passe au-dessus des 55 % du corps électoral qui n’ont voté ni pour l’un, ni pour l’autre. Seulement 45 % du corps électoral ne définissent pas une polarité.

PDF (22 pages)

 



07 Juin 2020

     

- par Frédéric Lordon, 5 juin 2020

Clusters

Il faut être capable de le reconnaître : il y a des clusters en France.

Des clusters de violence institutionnelle, de racisme, de mensonge et de déni.

Nous ne sommes pas complètement démunis : nous pouvons les localiser avec une grande certitude : la préfecture de police, la Place Beauvau, l’Élysée — on a repéré également des super spreaders Quai du Point du Jour (CNews, LCI), dans le 15e (France Télévision, BFM) et à Radio France (notamment à l’étage de France Info).

Nous devons aussi admettre que nous n’avons pas été assez vigilants pendant trop longtemps : nous n’avons pas appliqué convenablement les gestes barricades, pas assez porté nos masques. Et voilà où nous en sommes. Mais nous pouvons nous ressaisir. Nous le devons même : nous sommes en guerre.

Nous pouvons compter sur la science. Dans les clusters les plus infestés — la police —, la recherche a montré comment les comportements racistes et violents se transmettaient de proche en proche à partir d’un individu particulièrement virulent. Celui-ci doit être rigoureusement confiné — et en réalité sans doute mis en quarantaine définitive tant qu’on n’a pas trouvé de vaccin (ne nous cachons pas la vérité, l’élaboration d’un vaccin contre le racisme et la violence dans la police risque de prendre beaucoup de temps).

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- Le 03 juin 2020, par Jonathan Dupriez

Ordonnances : une décision du Conseil constitutionnel vue comme "une bombe à retardement"

Au détour d’un tout autre sujet, les sages de la rue de Montpensier ont semé le trouble sur la nature juridique des ordonnances consacrées par l’article 38 de la Constitution. Des juristes redoutent, entre autres, un affaiblissement notable des pouvoirs du Parlement.

Depuis plusieurs jours, quelques lignes d’une décision rendue le 28 mai dernier par le Conseil constitutionnel passionnent et questionnent les plus éminents juristes. Au détour de cette décision concernant une installation éolienne, les sages de la rue de Montpensier spécifient qu’en "des termes inédits", une ordonnance qui n’a pas été ratifiée par le Parlement pourrait avoir rétroactivement force de loi une fois passé le délai d’habilitation, à la seule condition que le projet de loi de ratification de l’ordonnance ait été déposé dans le temps imparti.

En d’autres termes, passé leur date limite, les ordonnances "doivent être regardées comme des dispositions législatives" à part entière selon le Conseil constitutionnel. Benjamin Morel, maître de conférences à l’Université Paris-2 Panthéon-Assas, parle d’une "sorte de ratification implicite qui tait son nom.”

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- #concours #Développement Durable #Ecologie #innovation - Sarah Sabsibo, Le 26 mai 2020

Et si on confiait la relance aux acteurs de l’économie circulaire ?

Tandis que le confinement n’a que partiellement épargné l’environnement et que certains lobbies travaillent à revenir au monde d’avant, les acteurs de la transition écologique, mais aussi certaines entreprises ont une toute autre idée de ce que pourrait être notre relance économique…

Ah, Amsterdam, ses vélos, ses coffee shops, son marché aux tulipes… et si l’on vous disait que la capitale des Pays-Bas a récemment fait parler d’elle et pour autre chose que son tourisme ?

Les élus de la ville ont décidé d’appliquer les principes du "donut". Kesako ? Il s’agit de la théorie de l’économiste Kate Raworth, un modèle de développement inclusif et durable. La philosophie de ce concept repose sur la conciliation de la justice environnementale (l’anneau extérieur) et de la justice sociale (l’anneau intérieur).

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- environnement - Publié dimanche 7 juin 2020

Pollution en Arctique: la Russie ordonne la vérification de structures bâties sur le permafrost

Au moins 20 000 litres de carburant se sont déversés par accident dans un cours d'eau du Grand Nord, fin mai, poussant les autorités à décréter une “situation d’urgence". La justice russe a ordonné vendredi la vérification de toutes les infrastructures dangereuses situées dans des zones sujettes à la fonte du permafrost

La Russie a ordonné vendredi une vérification complète de ses infrastructures à risque bâties sur le permafrost, fragilisé par le changement climatique, après l'effondrement d'un réservoir de carburant ayant entraîné une grave pollution en Arctique.

Vendredi, une semaine jour pour jour après le drame, les autorités russes ont dit avoir enfin stoppé la progression des hydrocarbures qui se sont déversés en particulier dans la rivière Ambarnaïa. Il s'agit de la pire catastrophe écologique du genre dans la région, visible depuis l’espace.

Pour éviter la "répétition" d'un tel incident, le Parquet général a ordonné une "vérification complète" à travers la Russie des "infrastructures dangereuses situées dans des zones sujettes à la fonte du permafrost", le sous-sol habituellement gelé toute l'année des régions arctiques et sibériennes, selon un communiqué.

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- 4 juin 2020, Par Pierre Contesenne - Blog : Le blog de Pierre Contesenne

Du mésusage de Darwin…

Ces tous derniers mois on a pu constater l’utilisation récurrente dans les medias et les réseaux sociaux d’expressions telles que "darwinien", "sélection naturelle" ou "lutte pour la vie", souvent à contresens et quelle que soit l’orientation idéologique des sources par ailleurs.

L’apparition d’un nouveau virus y est certainement pour quelque chose dans ces évocations polysémiques de l’idée de sélection darwinienne : ironie macabre d’un "cluster" qui aurait été déterminant dans la propagation du Covid 19 en France constitué d’un rassemblement en mars de plus de 2000 chrétiens protestants évangéliques à Strasbourg, par ailleurs communauté religieuse parmi les plus imperméables à la théorie darwinienne de l’évolution

➠ Ainsi, dans l’émission C Politique, l’idée d’immunité de groupe avancée au début par Boris Johnson est qualifiée de "darwiniste" ; de même dans le magazine Le Point :

"Le Premier ministre britannique a dû rapidement renoncer à la voie darwinienne mais dangereuse qu'il avait tracée pour lutter contre la pandémie." ;

➠ sur un site Facebook privé, un commandant de police en retraite propose de laisser s’exercer la "sélection naturelle" par élimination des plus fragiles contaminés par le virus, en cloisonnant totalement certaines cités où, soi-disant, le confinement n’est pas respecté ;

➠ un journaliste évoque que : "dans une bonne logique de darwinisme d’entreprises, l’administration Trump laisserait les plus faibles des entreprises mourir";

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06 Juin 2020

     

- Politique - 02 Juin 2020, par Bruno Latour, philosophe et sociologue

Êtes-vous prêts à vous déséconomiser ?

Que le Président s’entoure d’un conseil d’experts économistes ne peut, après la Covid-19, que susciter l’effroi. Nombreux étaient les chercheurs et les activistes qui savaient déjà combien l’économie peut apparaître détachée de l’expérience usuelle des humains mais la douloureuse expérience de la pandémie a popularisé ce décalage. Ce sont des millions de gens qui ont vécu la même expérience que Jim Carrey, le héros du Truman Show : ils ont fini par crever le bord du plateau et réalisé que le décor se détachait de l’armature métallique qui le faisait tenir debout. De cette expérience, de ce décalage, de ce doute, on ne se remet pas.

"Le chef de l’État met en place une commission d’experts internationaux pour préparer les grands défis", écrit  Le Monde dans son édition du 29 mai et les journalistes d’ajouter : "“Le choix a été fait de privilégier une commission homogène en termes de profils et d’expertise, pour avoir les réponses des académiques sur les grands défis. Mais leurs travaux ne seront qu’une brique parmi d’autres, cela n’épuisera pas les sujets”, rassure-t-on à l’Elysée".

Pourquoi ne me suis-je pas senti "rassuré" du tout ? M’est revenu le souvenir de la Restauration, à laquelle la Reprise après le confinement risque de plus en plus de ressembler : comme les Bourbons de 1814, il est bien possible que la dite commission, même composée d’excellents esprits, n’ait "rien oublié et rien appris"…

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- Déconfinement - Par Thomas Rabino, publié le 05/06/2020

Travailler pour perdre de l'argent : d'Aix-en-Provence à Paris, le choix courageux de ces restaurateurs

Le 2 juin, des milliers de restaurants ont rouvert, tenus de respecter une longue liste de règles sanitaires qui les met face à un dilemme : travailler et perdre l’argent, ou rester fermé. Une thématique que vous retrouverez dans notre numéro spécial alimentation, disponible ce vendredi en kiosque : "La révolution est au bout de la fourchette".

En ce mardi 2 juin, sur la place des Tanneurs, à Aix-en-Provence, les terrasses des restaurants sont de retour, comme partout en France. Mais à bien y regarder, quelque chose a changé : plus espacées qu’avant le confinement, les tables du Boudoir s’inscrivent désormais dans des rectangles faits de scotch alternant des diagonales jaunes et noires, apposées sur le sol. Cette signalétique, que l’on avait l’habitude d’apercevoir sur des scènes de crime hollywoodiennes, n’a, dans ce petit restaurant, d’autre but que de répondre aux normes d’espacement des clients, fixées à 1 mètre par le nouveau "protocole sanitaire". Résultat : une terrasse amputée de 30 % de ses couverts, tandis qu’à l’intérieur – accessible dans les établissements, sauf en Île-de-France –, 50% des places ont sauté. Des chiffres que l’on retrouve, peu ou prou, dans la plupart des restaurants contactés par Marianne, exception faite du Drugstore des Champs-Élysées à Paris, où les 240 couverts de la terrasse ont été divisés par trois. Comment, dans ces conditions, faire tourner un commerce à l’équilibre financier souvent fragile ? Tel est le défi relevé par nos restaurateurs, certes ravis de retrouver leur clientèle, mais aussi très inquiets face à l’avenir.

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- 5th June 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 3rd June 2020

Rings of Power

The Prime Minister of the United Kingdom is not so much a democratic leader as a monarch with a five-year term.

Do we live in a democracy?

You may well ask. An unelected adviser seems to exercise more power than the Prime Minister, and appears unanswerable to people or Parliament. The Prime Minister makes reckless public health decisions that could put thousands of lives at risk, apparently to dig himself out of a political hole. Parliament is truncated, as the government arbitrarily decides that MPs can no longer join remotely. As the government blunders from one disaster to the next, there seem to be no effective ways of holding it to account.

Established power in this country is surrounded by a series of defensive rings. As soon as you begin to name them, you see that the UK is a democracy only in the weakest and shallowest sense.

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- Égalités / Monde - Julien Suaudeau, 5 juin 2020

La confusion très française autour de l'universalisme

Tel qu'il est radoté sur les talk-shows, c'est une dangereuse imposture. L'universalisme, le vrai, commence où finit cette fiction. 

Un homme noir meurt, à Minneapolis, asphyxié par un policier blanc. Trois jours passent avant que celui-ci soit arrêté et inculpé pour homicide involontaire. L'Amérique s'embrase.

Ce crime est requalifié en homicide volontaire et les trois autres policiers présents sur les lieux sont poursuivis pour complicité? Des centaines d'articles et de reportages documentent la culture de l'impunité et le racisme institutionnel de la police américaine? Non, vu de France, on appelle ça un “tragique fait divers”.

Vu de France, où comme ailleurs les habitué·es des plateaux télé servent inepties et lapalissades réchauffées à la louche, on assène qu'aux États-Unis “80% des Blancs sont tués par des Noirs”.

C'est n'importe quoi, cela atteste d'une ignorance parfaitement crasse du sujet sur lequel on pérore, mais peu importe: il n'y a personne autour de la table pour contredire.

Vu de France, on professe qu'il y a "une espèce de défiance entre la police blanche et l'homme en survêtement noir" (25'20 sur la vidéo).

Les torts seraient donc partagés?

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05 Juin 2020

     

- Coronavirus – latest updates - Fiona Harvey Environment correspondent, Wednesday 3 Jun 2020

Jane Goodall: humanity is finished if it fails to adapt after Covid-19

Primatologist calls for overhaul of food habits to prevent a future pandemic

Jane Goodall has blamed the Covid-19 pandemic on the exploitation of the natural world. Photograph: Alessandro della Valle/AP

Humanity will be “finished” if we fail to drastically change our food systems in response to the coronavirus pandemic and the climate crisis, the prominent naturalist Jane Goodall has warned.

She blamed the emergence of Covid-19 on the over-exploitation of the natural world, which has seen forests cut down, species made extinct and natural habitats destroyed. The coronavirus is thought to have made the jump from animals to humans late last year, possibly originating in a meat market in Wuhan, China.

Intensive farming was also creating a reservoir of animal diseases that would spill over and hurt human society, said Goodall, one of the world’s foremost experts on chimpanzees and a longtime conservation campaigner, speaking alongside two European commissioners at an online event held by the campaigning group Compassion in World Farming, on Tuesday.

“We have brought this on ourselves because of our absolute disrespect for animals and the environment,” she said. “Our disrespect for wild animals and our disrespect for farmed animals has created this situation where disease can spill over to infect human beings.”

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- Opinion - James Heathers, Friday 5 Jun 2020

The Lancet has made one of the biggest retractions in modern history. How could this happen?

The now retracted paper halted hydroxychloroquine trials. Studies like this determine how people live or die tomorrow

The Lancet is one of the oldest and most respected medical journals in the world. Recently, they published an article on Covid patients receiving hydroxychloroquine with a dire conclusion: the drug increases heartbeat irregularities and decreases hospital survival rates. This result was treated as authoritative, and major drug trials were immediately halted – because why treat anyone with an unsafe drug?

Now, that Lancet study has been retracted, withdrawn from the literature entirely, at the request of three of its authors who “can no longer vouch for the veracity of the primary data sources”. Given the seriousness of the topic and the consequences of the paper, this is one of the most consequential retractions in modern history.

It is natural to ask how this is possible. How did a paper of such consequence get discarded like a used tissue by some of its authors only days after publication? If the authors don’t trust it now, how did it get published in the first place?

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- Gestion de crise - par Olivier Petitjean, 5 juin 2020 - Photos : © Anne Paq; Paule Bandilis CC BY via flickr

Covid-19 : ces consultants au cœur de la “défaillance organisée” de l’État

Après avoir accompagné et encouragé la réduction du nombre de personnels et la soumission de l’hôpital public aux contraintes gestionnaires, les grands cabinets de conseil – Boston Consulting Group, Capgemini, McKinsey… – se sont assuré un rôle clé auprès du pouvoir exécutif et de l’administration pour façonner la réponse à la crise sanitaire.
Ce sont des acteurs méconnus de la gestion de l’épidémie du Covid-19. On les retrouve partout : auprès des hôpitaux et des autorités de santé pour les conseiller sur leur organisation, auprès du pouvoir exécutif pour aider à mettre en place le confinement et le déconfinement et à faire face à l’urgence et aux pénuries, auprès du ministère de l’Économie aujourd’hui pour flécher les aides aux entreprises et contribuer à l’élaboration des plans de relance. C’est l’un des grands enseignements du rapport “Lobbying : l’épidémie cachée” que l’Observatoire des multinationales a publié le 3 juin en partenariat avec les Amis de la Terre France.

"Ils", ce sont le grands cabinets de conseil en gestion : McKinsey basé à New York, Boston Consulting Group (BCG) et Bain à Boston, Accenture à Dublin, Roland Berger à Munich, Capgemini à Paris, ou encore Strategy& (ex Booz, appartenant aujourd’hui à PwC) et Parthenon (filiale d’Ernst & Young). Leur rôle est de conseiller leurs clients – des entreprises, des institutions publiques et privées, et même des États - sur leur stratégie et leur organisation.

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- Enquête > 4 juin 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Le train, grand oublié des plans de relance

Le trafic des trains et métros devrait être revenu à son niveau habituel au plus tard fin juin, a annoncé le secrétaire d’État aux Transports. Mais les voyageurs, eux, mettront du temps à reprendre ces transports en commun. Le rail souffre lui aussi, mais le gouvernement semble moins empressé à le soutenir qu’il ne l’a été pour l’auto ou l’avion.

Pour le train, c’est presque un retour à la normale qui se dessine. Le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a annoncé, dimanche 31 mai sur BFMTV, que la RATP assurerait 100 % des métros dès la semaine prochaine, que 100 % des trains de la SNCF circuleraient à la mi-juin, la totalité des sièges pouvant être commercialisés. Le port du masque, en revanche, reste obligatoire. Pour les TER, le maintien de certaines mesures sanitaires est laissé au choix des régions.

Ces annonces étaient attendues alors que les départs en vacances se profilent, et que le train apparaissait comme discriminé par rapport à l’avion, qui, lui, n’avait pas à appliquer la règle exigeant que seul un siège sur deux soit occupé et donc vendu.

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- Enquête > 5 juin 2020 / Marie Barbier (Reporterre) et Jade Lindgaard (Mediapart)

À Bure, l’agence des déchets nucléaires se paie des gendarmes

D’après les informations obtenues par Mediapart et Reporterre, une convention a été signée en 2018 entre la gendarmerie nationale et l’Andra, l’agence chargée de l’enfouissement des déchets nucléaires, dans ce village de la Meuse. Depuis, l’agence a payé des dizaines de millions d’euros pour assurer, via des gendarmes, la surveillance des habitants. Ce partenariat pose des problèmes éthiques et juridiques.

Autour de Bure, dans la Meuse, là où les déchets nucléaires les plus dangereux des centrales françaises doivent être enfouis dans une gigantesque mine 500 mètres sous terre, les villages ne sont plus habités que par une poignée de personnes. Et pourtant, 75 gendarmes y patrouillent jour et nuit, 24 heures sur 24. Depuis près d’un an et demi, selon les informations recueillies par Mediapart et Reporterre, ces militaires sont rémunérés par l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, qui a installé un laboratoire sur le futur site d’enfouissement.

En octobre 2018, une convention a été signée entre l’Andra et la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) "afin de garantir sur le long terme la sécurité du personnel et des installations" nous a confirmé l’agence, en réponse à nos questions. D’après les chiffres donnés par l’agence elle-même, une “dizaine de millions d’euros" sont dépensés chaque année par l’Andra, un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), pour rémunérer les militaires engagés et couvrir les charges afférentes, notamment de restauration. À ce jour, ce sont donc au moins vingt millions d’euros qui ont été dépensés — ou sont en passe de l’être — dans ce cadre. Les gendarmes mobiles sont hébergés directement sur le site de l’Andra, dans un cantonnement construit à cet effet. Ils y dorment, y stockent leurs matériels et leurs véhicules et y prennent leurs journées de récupération avant de repartir patrouiller. Ces militaires, souvent très jeunes, y restent entre trois et six semaines avant de partir sur une autre affectation. Ils sont aussitôt remplacés par de nouveaux arrivants. La DGGN a refusé de nous communiquer le contenu exact de la convention, malgré nos multiples demandes.

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04 Juin 2020

     

- Édito > 3 juin 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)

Il n’y a pas d’écologie sans justice

Le meurtre de George Floyd et l’embrasement de la colère aux États-Unis rappellent que le racisme se traduit également dans le champ écologique, les plus pauvres — souvent les non-blancs — étant les plus exposés à toutes les nuisances du "développement" économique.

Depuis une semaine, la révolte embrase les États-Unis. Le meurtre de George Floyd le 25 mai, lent, filmé, conscient, a été le crime de trop. Le crime qui s’ajoute aux 264 morts noirs tués par la police dans ce pays en 2019, aux vingt mille morts causés par le Sars-CoV-2 dans la communauté noire dans une proportion très supérieure à celle des autres communautés, aux 2,3 millions de Noirs emprisonnés dans une proportion cinq fois supérieure à celle des Blancs, au taux de pauvreté double de celui de la moyenne nationale. Le crime de trop qui témoigne du racisme systématique, continu, permanent, qui conjugue l’injustice avec le mépris de l’autre.

Ce racisme se traduit aussi dans le champ écologique. Car il y a un lien direct entre la couleur de peau, la pauvreté et l’exposition aux polluants, aux déchets dangereux, aux nuisances causées par un "développement" économique qui profite surtout aux plus riches. Pendant que la pandémie de Covid-19 faisait plonger des millions d’Étasuniens dans le chômage — comme George Floyd, qui a perdu son emploi de vigile dans un restaurant le jour où le confinement a été déclaré dans le Minnesota —, les milliardaires étasuniens ont vu leur pactole enfler de 282 nouveaux milliards de dollars.

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- Du bout du lac - Alexis Favre, producteur d'"Infrarouge" (RTS), publié jeudi 4 juin 2020

Nous sommes d’accord

OPINION. D’accord sur quoi? Sur l’idée qu’une dose de justice et de solidarité pour protéger les plus faibles est un plus pour tout le monde. Ou que nous aspirons ultra-majoritairement à la sérénité plutôt qu’à l’inconfort. Mais cela peut être ennuyeux, ou effrayant, se méfie notre chroniqueur

Quelle est la distance entre Paris et New York? Question posée à une quinzaine de cobayes dans une des innombrables vidéos qui nous font perdre trois minutes vingt fois par jour sur les réseaux sociaux (ça fait beaucoup de minutes). L’objectif de cette expérience était, je crois, de démontrer quelque chose sur l’esprit humain et l’intelligence collective.

Chacun des 15 cobayes écrit donc son estimation sur une feuille de papier, on pose les résultats sur une table, et l’on élimine, des deux côtés, les deux estimations les plus extrêmes. Passent donc à la trappe: 80 000 et 65 000 kilomètres, de même que 250 et 400 kilomètres. Restent 11 estimations un peu moins farfelues, dont on fait la moyenne pour aboutir à 6000 kilomètres. Soit peu ou prou la bonne réponse, la distance entre Paris et New York étant de 5838 kilomètres à vol d’oiseau. Magique.

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   &  - Dans Monde - Publié le 25/05/20

Chomsky : “On se remettra de la pandémie, pas de la fonte des glaces”

Les Etats-Unis courent à la catastrophe, en raison de l’absence de stratégie fédérale contre la pandémie, d’assurance-santé pour tous, et de leur mépris pour le changement climatique, a indiqué le philosophe américain Noam Chomsky, considéré comme l’un des pères de la linguistique moderne.

Très engagé à gauche, cet influent intellectuel de 91 ans, auteur d’une centaine d’ouvrages et professeur à l’Université d’Arizona, est confiné depuis deux mois dans sa ville de Tucson, avec sa femme brésilienne, leur chien et leur perroquet. Extraits de l’entretien.

Noam Chomsky, économiste influent de la gauche américaine, livre son regard sur la crise sanitaire actuelle (Photo : AFP).

Comment analysez-vous ce qui se passe aux Etats-Unis, pays le plus durement touché par le coronavirus ?

☛ Réponse : Il n’y a pas de direction cohérente. La Maison Blanche est tenue par un sociopathe mégalomane, qui ne s’intéresse qu’à son propre pouvoir, aux échéances électorales. Il faut bien sûr qu’il maintienne le soutien de sa base, qui comprend les grandes fortunes et les grands patrons.

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- 2 juin 2020, J.M.

L’ultra-riche Pierre Cardin transforme Lacoste en village fantôme

Face à un multimillionnaire qui collectionne les maisons vides comme des jouets, un écrivain se bat pour sauver le village de son enfance. En achetant un tiers des bâtisses pour ensuite les laisser inhabitées, Pierre Cardin a ainsi dépeuplé en grande partie une cité historique et culturelle sous le regard meurtri des habitants impuissants. Poussé par son fils, Cyril Montana a décidé de se dresser contre ce célèbre couturier français dont la fièvre acheteuse a transformé Lacoste en village fantôme. Son combat a donné vie à un documentaire poignant réalisé par Thomas Bornot, à visionner sur la plateforme “La Vingt-Cinquième Heure”.

Lacoste, c’est un village médiéval peuplé d’à peine quelques centaines d’habitants.

Situé dans le Vaucluse, il est surplombé d’un château qui appartenait jadis au marquis de Sade.

Il y a une vingtaine d’années, le haut-couturier Pierre Cardin en est devenu propriétaire dans le but de le restaurer, au grand bonheur des habitants. Le hic, c’est que le mégalomane ne s’est pas arrêté là. Une fois son dévolu jeté sur ce village historique, il a poursuivi la privatisation de ce dernier, acquérant petit à petit près de cinquante propriétés à ce jour.

Ces maisons rénovées, décorées puis, laissées inhabitées, sont aujourd’hui un véritable crève-coeur pour les habitants de Lacoste qui ont assisté impuissants à la désertification croissante de cette cité auparavant emplie de vie. Car le but de Pierre Cardin est de collectionner les maisons telles de simples maquettes, quitte à détruire le village.

Mais qu’est-ce qu’une cité historique sans ses habitants ?

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- lematin.ch - Créé: 02.06.2020, Vincent Donzé

Jura “Il faut s’attendre à voir disparaître des forêts entières”

Le bostryche pullule et décime le pâturage boisé franc-montagnard, emblème identitaire du canton avec ses sapins.

Le bostryche assèche les épicéas jurassiens. Image: Office jurassien de l'environnement

Le bostryche dans le Jura, c'est la cata:

"L’épidémie de bostryche s’aggrave et menace forêts et pâturages boisés du canton", ont indiqué ce matin les autorités cantonales.

La propagation de l'insecte ravageur s’accélère aussi bien dans les forêts résineuses que dans les pâturages boisés.

Les efforts entrepris depuis deux ans sont mal récompensés. L'heure est grave:

"Bien des peuplements de résineux ne pourront être préservés".

Une menace qui pèse sur la survie du pâturage boisé franc-montagnard, emblème identitaire du canton avec ses sapins.

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03 Juin 2020

     

- Home - News - By Rafi Letzter - Staff Writer, May 20, 2020

Hurricanes really are getting stronger, just like climate models predicted

The authors of a new paper studied 4,000 tropical cyclones spanning 39 years.

Hurricanes are getting stronger as the world gets warmer, according to a new analysis.

Studying how hurricanes have changed over time is difficult. The tools scientists use to study them change constantly and. measurements made with one instrument can't be compared easily to measurements made with another. So though research has suggested the warming world would produce wilder and stronger hurricanes, it's been difficult to say that with certainty. Until now, the data just hasn't been complete enough.. A new paper, published online May 18 in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences, aims to change that — studying a period of 39 years, between 1979 and 2017. Looking at the full four-decade span and normalizing their data in a certain way, the researchers found a clear trend: Storms are getting stronger in general, and major tropical cyclones are coming more often.

The 39-year period the researchers studied covers an era when climate change dramatically accelerated, according to the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) reports. The world has warmed significantly in every year of those 39, and the 39 years include eight of the 10 warmest ever recorded (2018 and 2019 also make the warmest-years list but were too recent for this study, and the 2020 season isn't over yet).

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- Accueil > Reportage > 3 juin 2020 / Alexandre-Reza Kokabi et NnoMan (Reporterre)

"Laissez-nous respirer" : un rassemblement massif dénonce les violences policières en France et aux États-Unis

Hier mardi 2 juin, plus de 20.000 personnes étaient réunies à Paris pour rendre hommage aux victimes de violences policières. Ce rassemblement, à l’initiative des proches d’Adama Traoré, faisait écho à la mort de George Floyd, un Américain noir lui aussi mort des suites d’un plaquage ventral.

Paris, reportage - "Pas de justice, pas de paix" : mardi 2 juin, le slogan était scandé par plus de 20.000 personnes et s’élevait tout autour du tribunal de grande instance de Paris, dans le 17e arrondissement. En fin de journée, le parvis de l’édifice et ses rues adjacentes étaient bondés de manifestants, dont beaucoup d’adolescents et de jeunes adultes. Masques chirurgicaux accrochés aux oreilles, ils ont protesté contre les violences et l’impunité policières. Ils ont levé le poing vers le ciel bleu, sous un soleil flamboyant, pour rendre hommage aux victimes et aux blessés de France et des États-Unis, où des émeutes ont éclaté après la mort de George Floyd, tué le 25 mai à Minneapolis par des policiers. Des rassemblements similaires étaient organisés, dans le même temps, à Marseille et à Lille.

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- 2 juin 2020 - Par fouré.cécile - Blog : Le blog de fouré.cécile

Soignants au front, enseignants aux galères!

M. Blanquer dans une interview à Paris Match s’est vanté, à propos de la crise que nous venons de passer, d’être le capitaine d’un navire malmené ayant passé avec brio le Cap Horn. Pendant ce temps, les enseignants, la tête sous l’eau continuent à ramer, mais pour combien de temps encore ?

M. Blanquer, dans une interview à Paris Match - est-ce vraiment la place d’un ministre, c’est une autre question - a déclaré à propos de la crise sanitaire que nous venons de traverser et de la gestion de son ministère :

"Ici, on a vécu comme un passage du cap Horn avec un navire bien malmené, entouré de bateaux pirates qui n’avaient qu’une idée : nous faire couler plutôt que de s’intéresser à l’intérêt général. Mais on l’a passé.”

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- France - 3 juin 2020 Par Romaric Godin

Le chantage à l’emploi s’impose comme politique économique

Plusieurs entreprises utilisent les ordonnances de 2017 pour instituer un chantage à l’emploi : baisser les salaires ou accepter les licenciements. Le gouvernement s’en défend, mais c’est là la pierre angulaire de sa politique économique. Et c’est une logique dangereuse.

Place au chantage à l’emploi. Bruno Le Maire a annoncé ce 2 juin que la contraction du PIB attendu par le gouvernement serait finalement de 11 %, contre les 8 % prévus jusqu’ici. De son côté, la ministre du travail Muriel Pénicaud s’attend à une remontée à plus de 10 % du taux de chômage, ce qui lui ferait atteindre les plus hauts niveaux de 2015 (10,4 %) et même de 1997 (10,7 %). La crise sociale prend donc la place de la crise sanitaire et, avec elle, la violence à l’encontre du monde du travail.

Récemment, deux entreprises au moins ont posé un ultimatum à leurs salariés : accepter une baisse des salaires ou des licenciements. Ryanair a ainsi proposé une baisse de 10 % des salaires de 180 personnes jusqu’en 2025 en échange d’un engagement à sauvegarder l’emploi. Selon les syndicats, les personnels du quotidien L’Équipe font face au même chantage. D’autres sociétés, comme Derichebourg, réfléchiraient à cette possibilité.

Les propositions de ces entreprises s’appuient sur la possibilité, ouverte par les ordonnances, de modification du droit du travail de 2017 : les “accords de performances collectives”. Ces accords représentent une forme de légalisation explicite du chantage à l’emploi. En échange d’une baisse de rémunération ou d’une réorganisation du temps de travail, les entreprises peuvent s’engager à sauvegarder une partie des emplois. Ces accords sont présentés comme une alternative aux plans sociaux conduisant à une préservation de l’emploi.

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02 Juin 2020

     

- Accueil > Info > 2 juin 2020 / Hortense Chauvin (Reporterre)

Au sein des foyers, les tâches écologiques retombent sur les femmes

Au quotidien, les femmes sont bien souvent les principales initiatrices des comportements écoresponsables. Le phénomène s’explique par la persistance des stéréotypes de genre et peut devenir pesant pour certaines femmes qui aimeraient partager cette charge au sein de leur foyer.

En 2017, à la naissance de son premier enfant, Marie [1] a décidé de se lancer dans une démarche zéro déchet. Après avoir longuement tâtonné, elle s’est progressivement mise à acheter en vrac, à faire ses produits d’entretien elle-même, et à utiliser des couches lavables. "Ça me semblait une évidence pour léguer à mon enfant une meilleure planète. Mon conjoint était d’accord, ça lui semblait logique, mais le moment venu, j’étais la seule qui le faisait." Trois ans plus tard, la situation n’a pas changé : "Quand on en parle avec des amis, il prêche la bonne parole en disant que c’est trop facile le zéro déchet. En réalité, à la maison, je suis toute seule à le faire !"

Le cas de Marie n’est pas isolé : au sein des foyers hétérosexuels, les femmes ont davantage tendance à s’engager dans des comportements liés à la protection de l’environnement que les hommes, dit Magali Trelohan, enseignante-chercheuse à la South Champagne Business School et spécialiste des questions de genre et de comportements pro-environnementaux. Une tendance qui se vérifie lorsque l’on se penche sur la fréquentation des ateliers consacrés à la fabrication de produits écologiques. "On ne peut pas le cacher, nos ateliers attirent en grande majorité un public de femmes", dit Claire Duliere, salariée de l’association Zéro Déchet Lyon. À Paris, les femmes constituent 88 % du public de la Maison du zéro déchet. "J’ai environ 95 % de femmes dans mes ateliers, renchérit Joséphine Dabilly, animatrice d’ateliers zéro déchet à Nantes. La présence d’un homme est donc exceptionnelle. De même, ce sont majoritairement des femmes qui me suivent sur les réseaux sociaux."

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- Contre-pouvoir citoyen - par Barnabé Binctin, Vanina Delmas, 2 juin 2020

Priscillia Ludosky – Marie Toussaint : "Nous voulons une justice libre, impartiale et indépendante"

Elles mènent désormais leur combat en commun : Priscillia Ludosky, l’une des figures du mouvement des gilets jaunes, et Marie Toussaint, euro-députée écologiste, unissent leur force pour la justice sociale et environnementale. Une convergence ici qui fait écho aux mouvements de protestation qui montent ailleurs dans le monde. Entretien.

Lors de la marche des solidarités, le 30 mai à Paris, en soutien notamment aux travailleurs migrants et aux sans-papiers / © Serge d’Ignazio

❐ La première a lancé la pétition dénonçant les inégalités sociales de la taxe carbone qui a donné naissance au mouvement des gilets jaunes. La seconde est à l’origine de la pétition l’Affaire du siècle, avec l’association Notre affaire à tous, qui a lancé une action en justice climatique contre l’État français. Priscillia Ludosky et Marie Toussaint, aujourd’hui eurodéputée EELV, poursuivent leur combat pour la justice sociale et climatique en publiant Ensemble nous demandons justice, pour en finir avec les violences environnementales (éd. Massot, 2020). Une mise en commun de leurs observations et de leurs réflexions, articulées autour des témoignages de victimes et de militants : les populations tsiganes polluées suite à l’incendie de l’usine Lubrizol, les algues vertes en Bretagne, les boues rouges à Cassis, les ouvriers du bâtiment face au réchauffement climatique… Un "tour de France" des injustices sociales et environnementales qui dessine aussi une envie de créer un vrai contre-pouvoir citoyen.

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- France - 2 juin 2020 Par Pascale Pascariello

Le Défenseur des droits dénonce la discrimination systémique pratiquée par la police

Dans une décision du 12 mai, le Défenseur des droits dénonce des contrôles et des violences policières discriminatoires systémiques. Ces faits relèvent d’un système mis en place par la hiérarchie policière, visant délibérément des jeunes qualifiés d’"indésirables" dans un quartier du XIIe arrondissement de Paris. 

Voilà une décision décisive non seulement pour un collectif de jeunes d’une cité parisienne, mais pour l’ensemble des quartiers populaires qui subissent régulièrement des pratiques policières similaires de harcèlement discriminatoire. 

Les "indésirables". C’est par ce qualificatif que, dans une cité du XIIe arrondissement de Paris, des fonctionnaires de police désignaient dans les registres de mains courantes de jeunes Français issus de l’immigration. Selon le Défenseur des droits Jacques Toubon, les contrôles d’identité répétés et abusifs, ainsi que les violences commises à leur encontre, relevaient non pas d’initiatives individuelles mais d’un système, d’une "discrimination systémique". Il demande dès lors à la justice "d’interroger le ministre de l’intérieur sur la justification […] de telles violations", sur ce "harcèlement discriminatoire" mis en place.

Pourtant, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner réfutait encore le 24 mai toute pratique policière discriminatoire. Des déclarations aujourd’hui largement remises en question par cette décision du Défenseur des droits.

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- Notre série: le monde d’après (23/25) - Entretien - 1 juin 2020 Par Amélie Poinssot

Gaël Giraud: “La reconstruction écologique nous ouvre un monde de la surabondance”

Pour Mediapart, l’économiste Gaël Giraud décrit, exemples à l'appui, le monde sans pétrole de demain : fret maritime écologique, densification des centres urbains, réhabilitation du ferroviaire… À la condition d’avoir un État stratège, qui revienne dans le capital de certaines entreprises.

Renverser la perspective en termes d’emplois : voilà à quoi nous invite l’économiste Gaël Giraud pour penser le monde de demain. La reconstruction écologique qu’il appelle de ses vœux n’est pas incompatible avec l’urgence sociale dans laquelle nous a plongés la crise du coronavirus. Tout au contraire : elle sera créatrice d’emplois, à la différence du monde d’hier, fondé sur un chômage structurel et du sous-emploi.

Pour y parvenir, d’importantes mesures sont nécessaires. Entrée du capital de l’État dans les entreprises, désendettement du secteur privé, effacement des dettes publiques… Le défi est grand mais pas impossible pour ce prêtre jésuite, directeur de recherches au CNRS et également président de l’Institut Rousseau.

Le coronavirus a provoqué une crise économique et sociale sans précédent en France comme en Europe… Est-ce que les plans de relance sans conditions annoncés notamment pour l’automobile et l’aérien sont la bonne réponse ?

Gaël Giraud : Évidemment non. On est en train de reproduire la même erreur qu’en 2008, c’est-à-dire qu’on utilise l’État comme compagnie d’assurance en dernier ressort : on laisse une partie du secteur privé faire les mêmes bêtises sans régulation, et quand cela nous conduit dans le mur, on demande à l’État de socialiser les pertes.

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- 2 juin 2020, par Maud Morel - Blog : Le blog de Maud Morel

Projet Cigéo: comment la violence d’État a fait irruption dans mon salon

Au moment d’écrire ce texte, j’ai cherché en vain dans mes carnets de note de quoi rafraîchir ma mémoire. J’ai pris l’habitude d’y consigner tout un tas de choses mais rien sur la perquisition qui a eu lieu chez moi, il y a deux ans. Il va donc falloir puiser dans l’amas confus de mes souvenirs. Or, ils sont tous empreints d’un malaise épais et d’une rage latente. il s’agit là d’un cri et non d’un écrit documentaire.

Au moment d’écrire ce texte, j’ai cherché en vain dans mes carnets de note de quoi rafraîchir ma mémoire. J’ai pris l’habitude d’y consigner tout un tas de choses : projets réalisés ou rêvés, observations naturalistes, notes de lectures, etc. Mais rien sur la perquisition qui a eu lieu chez moi, il y a deux ans. Il va donc falloir puiser dans l’amas confus de mes souvenirs. Or, ils sont tous empreints d’un malaise épais et d’une rage latente. Amies lectrices, amis lecteurs, vous voilà prévenu.es ; il s’agit là d’un cri et non d’un écrit documentaire.

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01 Juin 2020

     

- Culture. - Parti pris - 31 mai 2020 par Antoine Perraud

Le virus, les vieux et l’impensé

Nombre de décès dans les Ehpad résultent des errements d’un gouvernement qui se montra ensuite surprotecteur, pour faire oublier son cynisme initial. Le destin réservé aux anciens, voilà notre angle mort anthropologique et démocratique.

Paul Doumer, au début des années 1900, avec ses cinq fils. Seul l'ainé, Fernand (deuxième à gauche, en tenue militaire), ne devait pas "mourir pour la France", selon l'expression consacrée. Paul Doumer avait également trois filles, ici invisibles, comme il se devait peut-être à l'époque...

Le sort fait aux vieilles gens, au plus fort de la pandémie, doit être appréhendé en un double mouvement contradictoire. D’une part le monde a semblé s’arrêter de tourner pour les préserver ; d’autre part leur sacrifice est apparu patent.

Dans les sociétés industrielles, les pères avaient l’habitude d’envoyer leurs fils se faire tuer au front à date fixe. C’était une sorte de titre de gloire macabre : en témoignent les articles longtemps consacrés au président Paul Doumer (1857-1932), auquel la Première Guerre mondiale avait enlevé quatre de ses cinq garçons.

Quand la paix s’est durablement installée dans le monde occidental – après les conflits coloniaux –, les pères ont trouvé un châtiment de substitution pour leur progéniture : le chômage de masse. Ainsi s’écoule la vie de la cité dans les sociétés patriarcales au temps du capitalisme, où les mâles dominants compriment la relève, avec la férocité d’un clan de lions filmé pour un documentaire animalier de la BBC.

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- 31 mai 2020 par Isabelle Boni-Claverie - Blog : Le blog de Isabelle Boni-Claverie

George Floyd est mort et l'Amérique s'embrase. Mais en France aussi, le racisme tue

George Floyd est mort et l'Amérique s'embrase. Mais en France aussi, la police tue. Les médias français, toujours prompts à évoquer le racisme systémique des Etats-Unis, deviennent curieusement beaucoup plus timides quand il s’agit de regarder ce qui se passe en France. Entre classe, race, effets structurels du racisme et de la pauvreté, violences policières, on retrouve exactement le même cocktail délétère en France qu’aux Etats-Unis. 

George Floyd est mort et l’Amérique s’embrase.

Derek Chauvin, le policier qui l’a tué, a été arrêté et inculpé. Sera-t-il condamné ? 

De Eric Garner à Tamir Rice, de nombreux policiers, qui ont tué des hommes, des femmes, des enfants noirs dans des circonstances similaires, ont été acquittés. Il semble difficile toutefois, vu l’évidence des preuves, que cette fois encore ce soit le cas. Mais qu’en est-il des trois autres policiers présents ? Ils n’ont rien fait pour empêcher leur collègue de tuer George Floyd. N’est-ce pas de la complicité de meurtre ? A minima de la non-assistance à personne en danger ? Pourquoi ne sont-ils pas inculpés eux aussi ?

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- Tribune > 30 mai 2020 / Aurélien Boutaud et Natacha Gondran

La transition c’est trop tard, il faut une politique d’urgence climatique

Face au péril climatique et à l’inaction politique, les auteurs de cette tribune prônent une mobilisation d’urgence climatique. Avec un plan inspiré de celui lancé par les États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale : réorientation de la production industrielle et taxation des fortunes illégitimes .

Aurélien Boutaud et Natacha Gondran sont membres de l’unité de recherche Environnement, ville, sociétédu CNRS. Ils publient Les Limites planétaires (La Découverte, 2020).

Afin que l’expansion de la pandémie de Covid-19 n’excède pas la capacité d’accueil des hôpitaux, les gouvernements ont déclaré l’urgence sanitaire et mis en place des politiques ambitieuses qui paraissaient inimaginables il y a encore quelques mois. Afin de respecter les limites écologiques planétaires, ne devrions-nous pas aussi mettre en œuvre une politique d’urgence climatique ?

Qu’il s’agisse du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité, de la perturbation des cycles biogéochimiques, de l’introduction de substances toxiques dans les écosystèmes ou encore du changement d’affectation des sols, cela fait plus d’une dizaine d’années que les scientifiques travaillant dans le domaine des sciences du système Terre ont établi une liste des limites planétaires qui, si elles étaient outrepassées, pourraient provoquer l’effondrement de la biosphère.

Les scientifiques du Giec, dans leur rapport spécial de 2018, ont comparé les effets du changement climatique avec des réchauffements respectifs de + 1,5 °C et de + 2 °C. La conclusion du Giec était alors sans appel : les risques de basculement sont tellement élevés dans le cas d’un réchauffement de 2 °C que la seule solution raisonnable consiste à contenir l’augmentation des températures à + 1,5 degré.

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- Tribune > 29 mai 2020 / Plus de 400 personnes et collectifs

Face au capitalisme, se fédérer pour le "salut commun"

Alors qu’ont lieu les premières escarmouches de la guerre sociale, des personnes et des collectifs lancent un appel à "se fédérer". Se fédérer pour combattre le système capitaliste dans lequel "nos vies vaudront toujours moins que leurs profits" ; se fédérer pour mettre en commun "des alternatives crédibles et tangibles pour des vies humaines" ; se fédérer pour organiser "une force collective" prête à "la nécessité de l’affrontement".

La liste des premiers et premières signataires de cet appel se trouve en bas de la page.

Nous sommes nombreuses, nous sommes nombreux : nous sommes tant et tant à penser et éprouver que ce système a fait son temps. Mais nos voix sont dispersées, nos appels cloisonnés, nos pratiques émiettées. Au point que quelquefois nous doutons de nos forces, nous succombons à la détresse de l’impuissance. Certes, parfois cette diffraction a du bon, loin des centralisations et, évidemment, loin des alignements. Il n’empêche : nous avons besoin de nous fédérer. Sans doute plus que jamais au moment où une crise économique, sociale et politique commence à verser sa violence sans faux-semblant : gigantesque et brutale. Si "nous sommes en guerre", c’est bien en guerre sociale. D’ores et déjà les attaques s’abattent, implacables : le chantage à l’emploi, la mise en cause des libertés et des droits, les mensonges et la violence d’État, les intimidations, la répression policière, en particulier dans les quartiers populaires, la surveillance généralisée, la condescendance de classe, les discriminations racistes, les pires indignités faites aux pauvres, aux plus fragiles, aux exilé-es. Pour une partie croissante de la population, les conditions de logement, de santé, d’alimentation, parfois tout simplement de subsistance, sont catastrophiques. Il est plus que temps de retourner le stigmate contre tous les mauvais classements. Ce qui est "extrême", ce sont bien les inégalités vertigineuses, que la crise creuse encore davantage. Ce qui est "extrême", c’est cette violence. Dans ce système, nos vies vaudront toujours moins que leurs profits.

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- Accueil - Émissions - Social Lab - dimanche 31 mai 2020 par Valère Corréard - Social Lab

Un collectif de boutiques “made in France” pour imaginer le monde d’après

Une vingtaine de boutiques installées un peu partout en France se sont fédérées pour proposer une alternative à la consommation mondialisée : le fabriqué en France. Explications.

A quoi va ressembler le "monde d’après" cette crise du Covid-19 que nous traversons ?

Si on regarde avec objectivité ce qu’il se passe depuis le 11 mai dernier, il y a des chances que le monde d’après ressemble sur de nombreux aspects au monde d’avant.

Pas question pour certains, le choc du confinement, notre rapport à la mort, au temps, la fragilité de notre modèle de société ont montré les limites du système, il est temps de changer les choses en profondeur.

Et cela pourrait commencer par nos choix de consommation : acheter local ou made in très très loin ce n’est pas la même chose !

Le "made in France" est présenté comme une façon de consommer responsable

En effet, et à juste titre d’ailleurs. Acheter une lampe fabriquée dans les Vosges, un sac confectionné à Lille, ou un jean fabriqué dans la Drôme ce n’est pas pareil, cela change même tout.

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- 29 octobre 2019, Laurie Debove

En 2021, la forêt amazonienne ne pourra plus générer de pluie pour assurer sa survie

Selon les calculs de Monica De Bolle, économiste et auteure du rapport, ce point de bascule pourrait être atteint en 2021. La forêt amazonienne ne pourrait alors plus générer suffisamment de pluie pour assurer sa survie.

A force de brûler, la déforestation de la forêt amazonienne l’empêche de générer sa propre pluie. Au rythme actuel, elle pourrait parvenir à un point de bascule irréversible où elle serait condamnée en… 2021, menaçant tous les êtres vivants qui en dépendent.

Déforestation, feux de forêts et précipitations

Dans un nouveau rapport, le Peterson Institute, un observatoire des enjeux économiques mondiaux qui se revendique indépendant et apartisan, fait le lien entre les feux, la déforestation et la baisse dramatique des précipitations dans la forêt amazonienne.

En effet, tout comme en Indonésie, la forêt amazonienne déclenche sa propre pluie grâce à l’évapotranspiration. Avec l’accélération de sa destruction ces cinq dernières années, l’Amazonie se rapproche de plus en plus vite du seuil critique de 20 % à 25 % de sa superficie totalement détruite.

Selon les calculs de Monica De Bolle, économiste et auteure du rapport, ce point de bascule pourrait être atteint en 2021. La forêt amazonienne ne pourrait alors plus générer suffisamment de pluie pour assurer sa survie.

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