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18, (Février 2020)

 

 


 

 

dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 928 communes s'opposent au 'Linky'

 

 

 

 

 

 


29 Février 2020

     

- Mars 2020, pages 1, 16 et 17, par Benoît Bréville

Au nom du progressisme

Quand les grandes villes font sécession

Dans la plupart des pays occidentaux, les habitants et les gestionnaires des métropoles sont mécontents. Apôtres du progressisme, de l’ouverture et de l’innovation, ils n’apprécient pas la trajectoire prise par le reste du pays, par les petites villes et les campagnes, qui se laissent gagner par l’extrême droite et le "populisme". Aussi ont-ils commencé à se liguer pour organiser la riposte.

Pour espérer remporter la mairie d’une grande ville française en 2020, tout candidat sérieux doit se plier à certaines règles. Par exemple, s’engager à planter des arbres. À Paris, Mme Anne Hidalgo propose d’en semer 170 000 en six ans, quand son concurrent Cédric Villani, animateur en juillet 2019 d’une "Nuit des arbres" à la Fondation Cartier, défend un vaste projet de promenades plantées. À Marseille, la candidate Les Républicains (LR) Martine Vassal veut en ajouter autant qu’il naît d’enfants — environ 70 000 si les Marseillais conservent leur niveau de fécondité de la mandature précédente, soit trois fois plus que sa concurrente socialiste, la sénatrice Samia Ghali. À Lille, les candidats rivalisent de "forêts urbaines" et de "places végétalisées”.

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- Info > 29 février 2020 / Héloïse Leussier (Reporterre)

Les luttes contre les "grands projets inutiles" de l’Ouest convergent à Nantes

À l’appel de plusieurs collectifs, une "manifest’action" est organisée ce samedi 29 février à Nantes "contre les projets inutiles" tels que des contournements routiers, centres commerciaux, zones industrielles, ports ou encore surf park. Ils espèrent rassembler plusieurs milliers de personnes.

Les terres non-artificialisées sont précieuses : elles garantissent la biodiversité, l’absorption des crues et stockent du carbone. Pourtant, de nombreux projets dédiés aux loisirs, à l’industrie et aux commerces les grignotent un peu plus chaque jour. Dans l’ouest de la France, ce sont par exemple deux autoroutes à péage à l’est de Rouen, des poulaillers géants dans le Morbihan, une zone industrielle le long de la Loire, un surf park près de Saint-Nazaire, un port de plaisance à Brétignolles-sur-mer ou encore des bassines de rétention d’eau dans le marais poitevin. Contre cette "bétonisation", les collectifs locaux ont décidé d’unir leurs forces. Ils défileront ce samedi 29 février à Nantes (Loire-Atlantique) lors d’une manifestation "carnavalesque", dans le but de faire "le plus de bruit possible”.

Cette convergence s’organise depuis plusieurs mois. "Tout a commencé lors d’un weekend à la Zone à protéger de Chauvet [un terrain occupé durant l’automne pour organiser la lutte contre le projet de surf park près de Saint-Père-en-Retz], en septembre, où sont venus des opposants à d’autres projets comme le port de Brétignolles ou les bassines. On s’est rendu compte qu’on se connaissait peu alors qu’on avait tout intérêt à faire des choses ensemble", dit Loïc, militant impliqué dans plusieurs luttes de Loire-Atlantique.

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28 Février 2020

     

- Une charte ambitieuse et exigeante

Absolument tous nos produits dans la cuisine ou la réserve du restaurant , du sel au vin en passant par le beurre ou la viande respectent cette charte.

N° 1. Offrir un produit qui a réellement du goût.
N° 2. Respecter le bien-être animal et les cycles naturels (« Laisser le temps au temps »).
N° 3. Choisir un système de production durable, respectueux de l’environnement et extensif.
N° 4. Respecter strictement les normes sanitaires en vigueur.
N° 5. Appliquer une transparence totale vis-à-vis du citoyen, traçabilité et méthodes de production.
N° 6. Travailler en agriculture biologique / durable.
N° 7. Commercialiser des produits à un prix raisonnable.
N° 8. Respecter des méthodes de production traditionnelles.
N° 9. Valoriser les ressources agricoles, humaines et techniques présentes localement.

☛  la charte

 

 

     

- Mars 2020, page 3, par Sébastien Broca

Technologies de demain, énergie d’hier

Le numérique carbure au charbon. 

Partenariats des géants de la Silicon Valley avec l’industrie pétrolière, consommation massive d’énergie et de ressources : contrairement à ce qu’on a longtemps affirmé, l’économie numérique n’est ni “immatérielle" ni “verte". Elle produit des dommages écologiques importants, dont les conséquences sont très inégalement réparties à la surface du globe.
 
C’est l’histoire d’un ingénieur de Microsoft que son employeur envoie à Atyraou, sur le plus grand site pétrolier du Kazakhstan, exploité par Chevron en partenariat avec l’État kazakh. Là, il participe à un séminaire sur la manière dont l’intelligence artificielle et l’informatique en nuage (cloud computing) peuvent rendre l’industrie pétrolière plus efficace. Devant des cadres dirigeants qui ne comprennent pas grand-chose au jargon dont il les abreuve, il joue, en se forçant un peu, la partition que Microsoft lui a demandé d’interpréter.

Les enjeux sont importants. En 2017, Chevron a signé avec l’entreprise fondée par M. Bill Gates un partenariat de sept ans, afin d’en faire son fournisseur de services à distance. Depuis cette date, Microsoft stocke et analyse les téraoctets de données que recrachent chaque jour les puits de pétrole couverts de capteurs. À Atyraou, le séminaire prend toutefois un tour un peu inattendu. Les cadres de Chevron questionnent l’ingénieur sur la possibilité d’installer des outils de surveillance sophistiqués, qui permettraient de détecter algorithmiquement les comportements suspects parmi les travailleurs du site ou d’analyser leurs courriers électroniques personnels !

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- - Enquête > 28 février 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

En France, le municipalisme libertaire trace son chemin

La démocratie directe fait son retour en France : une bataille culturelle dont les soubassements théoriques reposent en grande partie sur la pensée de l’intellectuel américain Murray Bookchin. Son "municipalisme libertaire" inspire les listes citoyennes aux municipales, comme il a inspiré les Gilets jaunes ou la révolution kurde du Rojava.

On ne sait pas comment une idée surgit. Elle flotte dans l’air du temps, volatile, avant de s’arrimer au réel. C’est le cas de la pensée de l’écologiste Murray Bookchin, qui connaît un écho grandissant. Un foisonnement éditorial entoure son œuvre que l’on redécouvre et traduit massivement. Depuis 2012, ses écrits alimentent aussi la révolution kurde du Rojava, au nord de la Syrie, où se dessine un modèle de société alliant multiculturalisme, démocratie directe et écologie. L’intellectuel américain, mort en 2006, semble désormais inspirer plusieurs des listes citoyennes qui se lancent dans le combat des élections municipales en France. Certaines d’entre elles se sont rencontrées fin janvier à Commercy (Meuse) pour poser les premiers jalons du municipalisme et réfléchir à une possible Confédération, baptisée "la Commune des communes".

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27 Février 2020

     

- Mars 2020, page 2, par Pierre Rimbert 

Le centre est encore fécond…

Mille voix hypnotiques psalmodient cette antienne : les extrêmes se rejoignent, la gauche radicale fait le lit du fascisme. Au Royaume-Uni, "il faut vouer aux gémonies l’horrible M. Corbyn, qui a compromis le socialisme avec la haine des juifs", décrète le journaliste Claude Askolovitch, sans avancer le moindre fait à l’appui de sa divagation (Slate.fr, 14 décembre 2019).

En France, "Jean-Luc Mélenchon a franchi la ligne rouge de l’antisémitisme. Quelques jours auparavant, il tressait des louanges à… Marine Le Pen", accuse l’éditorialiste Maurice Szafran, sans plus d’éléments (Challenges, 15 décembre 2019).

Et quand Jean-Jacques Bourdin analyse la situation outre-Rhin, c’est pour dénoncer "les discours de la gauche radicale, de la droite populiste, qui finalement se retrouvent un peu. J’ai vu l’émergence en Allemagne — ça m’interroge, d’ailleurs — de cette extrême gauche anti-immigrés !" — une fake news alors en vogue au sein des rédactions parisiennes (RMC, 4 septembre 2018).

Élément central du cordon sanitaire qui vise à rendre infréquentable toute proposition politique en rupture avec l’ordre économique, l’assimilation de la gauche à l’extrême droite vient au commentateur aussi spontanément que le braiment à l’âne, si bien qu’on attend sans être jamais déçu la prochaine balourdise.

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- - Reportage > 26 février 2020 / par Gaspard d’Allens (Reporterre)

À Saillans, la démocratie participative nourrit la transition écologique

Voilà six ans que Saillans, village drômois, expérimente les joies — et les frustrations — de la démocratie participative. Électricité verte, épiceries bio, urbanisme réduit, compost collectif... Ce mode de décision citoyen a permis de mettre l’écologie au centre des préoccupations.

Saillans (Drôme), reportage - Depuis la dernière visite de Reporterre en automne 2015, le village de Saillans n’a rien perdu de son caractère, à la fois rebelle et enchanteur. Lovée au creux de la vallée où coule la Drôme, sous l’ombre imposante du massif des Trois Becs, la commune expérimente depuis maintenant six ans une forme de démocratie directe où les habitants se réapproprient ensemble la politique locale. "Cette aventure participative" s’est vite retrouvée sous les feux des projecteurs, observée et scrutée comme une souris de laboratoire. Le petit bourg de 1.300 âmes incarnait, à l’échelle de la France, une lueur d’espoir et une alternative concrète face aux dérives de la représentation politique.

"Cette hypermédiatisation a peut-être mis la barre un peu trop haute", commente avec le recul Vincent Belliard. Le "maire citoyen" du village nous accueille chez lui dans une petite maison à l’orée du centre. "Nous avons moins vécu une révolution qu’un changement d’état d’esprit. On a essayé une nouvelle méthode de gouvernance", convient-il. Sans cravate ni chemise, cet éducateur spécialisé à l’allure décontractée arbore un pull où il est écrit "voyage, voyage". Une manière d’illustrer "le chemin parcouru et celui qui reste à faire", dit-il.

À l’approche des élections municipales, Reporterre s’est réinstallé un temps au cœur du bourg pour dresser le bilan de cette mandature originale. Quel rôle a pu jouer la démocratie participative dans la transition écologique du territoire ? Ce mode de prise de décision a-t-il été efficace pour faire face à l’urgence climatique ?

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- Enquête > 23 janvier 2019 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

La méthanisation, l’usine à gaz qui séduit les gros agriculteurs

Séduits par la perspective de garantir leurs revenus, les éleveurs se lancent dans la production de biogaz et installent des méthaniseurs. Reporterre a enquêté sur cette pratique subventionnée, qui suscite aussi plusieurs inquiétudes.

☛ Cet article est le premier des trois de l’enquête de Reporterre sur la méthanisation. Retrouver la compilation des trois articles de notre enquête ici.

 

Rennes (Ille-et-Vilaine), correspondance - Éleveur depuis vingt ans, François Trubert fait partie de la première génération à avoir investi dans la méthanisation. C’était en 2011, après cinq ans de réflexion. "Je suis d’abord producteur de lait, c’est ma passion, mais financièrement ça n’allait pas, raconte-t-il. Je voulais augmenter mes revenus et gagner en qualité de vie, avoir des week-ends." Sept ans plus tard, le pari est tenu.

D’abord producteur de lait, de céréales et éleveur de poules, il génère désormais du gaz, en l’occurrence du méthane. Son système de méthanisation lui a coûté un million d’euros d’investissement. Sa ferme, située à 15 km au nord de Rennes, à Gévezé, a bien changé et son rythme de vie aussi. "Grâce à la méthanisation, j’ai embauché deux personnes, acheté un robot de traite et j’ai trois week-ends de libres par mois. Sans elle, la ferme n’existerait plus, raconte celui qui était menuisier avant d’être éleveur. Je n’aurais pas pu continuer à cause de la charge de travail et du prix du lait trop faible." Pourtant, selon Hervé Gorius, conseiller technique au sein de la chambre d’agriculture de Bretagne, "la méthanisation n’est pas une solution miracle. Elle s’adresse d’abord aux éleveurs dont l’exploitation est en assez bonne santé financière pour pouvoir investir".

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- Enquête > 24 janvier 2019 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

Méthanisation : un digestat bien indigeste pour les sols et les eaux

Côté pile, la méthanisation permet de produire du gaz renouvelable et d’assurer aux éleveurs d’importants compléments de revenus. Côté face, elle présente une vraie menace de pollution des sols et d’émission de gaz à très grand effet de serre. Voici le deuxième volet de notre enquête sur ce mode de production d’énergie.

 

 

Rennes (Ille-et-Vilaine), correspondance - En 2014, lorsque son méthaniseur est entré en fonctionnement, l’éleveur Stéphane Bodiguel a révolutionné sa pratique. Il élève des vaches laitières, des allaitantes, il fait aussi de l’engraissement et des céréales à Sixt-sur-Aff, dans le sud de l’Ille-et-Vilaine. "J’ai repris la ferme de mes parents avec mon frère, mais je n’ai jamais eu la passion pour les animaux, encore moins du lait. À 300 euros la tonne, on est en dessous du prix de revient, c’était intenable." C’est un reportage sur la méthanisation en Allemagne qui lui a donné l’envie de se lancer. Après cinq ans de réflexion, il a installé un méthaniseur sur sa ferme, et récemment un nouveau moteur pour atteindre une puissance de 610 kW. Autant dire un gros méthaniseur, qui ingurgite pas moins de 30 tonnes de matières par jour. La moyenne des méthaniseurs à la ferme en Bretagne tourne autour des 100, 150 kW.

Comme dans toute exploitation équipée de ce système de production de gaz, le décor change. La première chose qui saute aux yeux est le stockage des matières à injecter dans le méthaniseur, aussi appelé "digesteur". À droite, une montagne de fumier, à gauche un tas de marc de pommes, ici des graisses issues de l’agroalimentaire. Étonnamment, ces tas de déchets ne dégagent pas d’odeur gênante. Vient ensuite le dôme, le couvercle de cette marmite géante qu’est le digesteur. Stéphane Bodiguel n’en a qu’un ; mais, au nord de Rennes, l’éleveur François Trubert en a deux. "J’ai un digesteur et un post-digesteur. Cela permet d’avoir une fermentation plus longue et d’obtenir un digestat de meilleure qualité", explique ce dernier.

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- Enquête - 25 janvier 2019 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

La méthanisation risque d’accélérer la concentration des fermes

Produire du gaz à partir de l’agriculture offre une nouvelle source de revenus pour les éleveurs, mais rebat aussi les cartes du monde agricole. Le développement des méthaniseurs bouscule le marché des déchets, intensifie la concurrence entre les cultures, pousse à la concentration des exploitations…

 

 

Rennes (Ille-et-Vilaine), correspondance - La méthanisation permet de produire du méthane à partir des effluents agricoles. Elle constitue ainsi une nouvelle source d’énergie et dégage de nouveaux revenus pour les éleveurs. Elle ne présente donc a priori que des avantages. Sauf que le digestat, la substance produite une fois le méthane extrait, peut contenir des pathogènes et permettre à des micro-organismes de devenir plus résistants. Et le digestat est épandu sur les champs comme engrais. Voilà un hic. Au contact de l’air, le digestat libère également des molécules qui vont se transformer en gaz à effet de serre, mais aussi des polluants responsables de la pollution de l’air. Deuxième problème.

Les difficultés de ce mode de production d’énergie se révèlent dans l’air et le sol, comme on l’a vu dans le deuxième volet de notre enquête, mais aussi dans le paysage agricole. Stéphane Bodiguel, comme François Trubert, les deux agriculteurs que nous avons rencontrés, et une petite centaine d’éleveurs bretons, ont décidé de se lancer dans la méthanisation. “Entre un prix du lait non garanti qui, depuis un moment, est passé en dessous du prix de revient et un prix du gaz stable et garanti, il n’y a pas photo”, dit Stéphane Bodiguel.

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26 Février 2020

     

- Société - 21/02/2018, Jérôme Fourquet

1985-2017 : quand les classes favorisées ont fait sécession

La cohésion de la société française est mise à mal aujourd’hui par un processus presque invisible à l’œil nu, mais néanmoins lourd de conséquences : un séparatisme social qui concerne toute une partie de la frange supérieure de la société, les occasions de contacts et d’interactions entre les catégories supérieures et le reste de la population étant en effet de moins en moins nombreuses. Analyse de la « sécession des riches » par Jérôme Fourquet pour la Fondation Jean-Jaurès.

Ces dernières années, de nombreux observateurs ont souligné le développement du communautarisme ethnoreligieux dans certains quartiers, dans le monde du travail, et même à l’école. Si ce phénomène est bien réel, la cohésion de la société française est également mise à mal par un autre processus, moins visible à l’œil nu, mais néanmoins lourd de conséquences. Il s’agit d’un processus de séparatisme social qui concerne toute une partie de la frange supérieure de la société. Les occasions de contacts et d’interactions entre les catégories supérieures et le reste de la population sont en effet de moins en moins nombreuses. De manière plus ou moins consciente et plus ou moins volontaire, les membres de la classe supérieure se sont progressivement coupés du reste de la population et ont construit un entre-soi confortable. Cette situation n’est certes pas totalement nouvelle et il ne s’agit pas de glorifier une période révolue où aurait existé une osmose parfaite entre les élites et le peuple. Mais, comme nous allons le voir, un processus protéiforme s’est mis en place depuis une trentaine d’années, creusant un fossé de plus en plus béant entre la partie supérieure de la société et le reste de la population. Cette distance croissante explique le fait que les élites ont de plus en plus de mal à comprendre « la France d’en bas ». Mais elle aboutit également à une autonomisation d’une partie des catégories les plus favorisées, qui se sentent de moins en moins liées par un destin commun au reste de la collectivité nationale, au point que certains de leurs membres ont fait sécession.

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- ENVIRONNEMENT - Publié le 24 février 2020, Concepcion Alvarez

Inondations, feux, sécheresse : la cartographie des menaces qui pèsent sur l’Europe dans un monde à +4°C

La Suède en feu, Venise sous les eaux, des inondations meurtrières dans l’Aude. Cela n’est que la bande-annonce d'un monde à +4°C. Même en respectant les objectifs de l’Accord de Paris, les impacts du changement climatique bousculeront notre quotidien. L’Agence européenne de l’environnement lance l’alerte avec une série de cartes sur les principales menaces qui pèsent sur l’Europe.

Ce qui était jusqu’ici considéré comme exceptionnel risque de devenir la norme demain.

Inondation des littoraux européens sous l’effet de l'élévation du niveau de la mer, feux de forêts plus fréquents et sécheresses intenses : voici ce qui nous attend.

L’Agence européenne de l'environnement a publié une série de cartes montrant l’ampleur des menaces qui pèsent sur l’Europe. Et la France n’est pas épargnée.

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☛  le site de l'Agence Européenne de l'Environnement

 

 

 

     

- 24 février 2020 - Par Les invités de Mediapart- Blog : Le blog de Les invités de Mediapart

Nous sommes toutes des “petites connes”

Après les insultes du député UDI Meyer Habib, qui a qualifié des parlementaires de “petites connes” suite à leur participation à une danse pour dénoncer l’impact de la réforme des retraites sur les femmes, un collectif d'élues et militantes affirme que “les ‘petites connes’ n’ont pas fini de faire enrager les sexistes de tout poil”. Elles appellent à “faire du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, la meilleure réponse qui soit”. 

"Indigence", "ridicule", "pitreries", "harpies" … ces derniers jours, des hommes, internautes, animateurs d'émission ou politiques, s’en sont donné à cœur joie pour exprimer en toute décomplexion leur sexisme, jusque dans des émissions grand public. Le comble est atteint quand le député UDI Meyer Habib déclare en plein hémicycle que quelques parlementaires, Clémentine Autain, Elsa Faucillon, Esther Benbassa, Manon Aubry, sont de "petites connes" parce qu’elles ont osé chanter et danser pour dénoncer l’impact de la réforme des retraites sur les femmes.

Face à une réforme des retraites qui va aggraver les inégalités entre femmes et hommes, refuser de céder au désespoir et s’attaquer par l’humour et la parodie au pouvoir apparaît comme insupportable pour toute la phallocratie. La majorité ne ferait-elle mieux pas de s’émouvoir du fait que syndicalistes, universitaires, expertes de l’égalité femmes/hommes, alertent depuis des mois, arguments et chiffres à l’appui, sur le danger que représente la réforme des retraites pour l’autonomie économique des femmes ?

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25 Février 2020

     

Publié le 30 janvier 2020

Comprendre la méthanisation agricole

La méthanisation agricole suscite de nombreuses interrogations. C’est une technologie de production d’énergie renouvelable qui permet le retour au sol d’une grande partie des matières organiques pour nourrir le sol et les plantes. Elle prend place dans un agro-système préexistant, régi par de multiples interactions entre la faune, la flore et les micro-organismes vivants dans le sol, lesquels sont en compétition ou en symbiose. La méthanisation modifie cet équilibre, et cela d’autant plus que l’agriculteur doit ajuster ses pratiques et son système pour un tirer le meilleur parti possible.

 

En quelques mots

La méthanisation est une technologie de dégradation contrôlée des matières organiques en anaérobie (milieu fermé)qui produit de l’énergie renouvelable (le biogaz) et un résidu (le digestat) possédant un caractère fertilisant et amendant. Elle est une des solutions pour réduire nos importations de gaz naturel fossile, diversifier notre mix énergétique et réduire les émissions de gaz à effet de serre engendrées par nos consommations d’énergie. La typologie des projets dans le monde agricole est très variée. Les matières méthanisées sont, dans des proportions variables, des déjections d’élevage, des résidus de cultures, des couverts d’inter-cultures, des tontes, des déchets vertes et plus rarement des biodéchets ou des cultures dédiées. Le digestat produit se substitue aux fumiers et aux lisiers bruts ; il limite le cas échéant l’utilisation d’engrais chimique ou d’azote organique produit hors du territoire. Son utilisation appropriée nécessite de modifier les pratiques agricoles. À la croisée de l’énergie, de l’agriculture et des enjeux climatiques, la méthanisation est traversée par des enjeux parfois complexes à combiner. Un corpus d’études agronomiques mais aussi socio-économiques ainsi que des outils d’aide au positionnement des acteurs écologistes ont été produits ces dernières années. Ils alimentent les réflexions et aident à questionner la méthanisation de manière de plus en plus adaptée à la réalité des sites et de leur contexte.

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- Témoignages Autonomie - par Michèle Roux (Campagnes Solidaires), 25 février 2020

Grâce à la méthanisation, un paysan veut faire vivre "une ferme sans pétrole"

Jules Charmoy, paysan en Dordogne, a créé une unité de méthanisation sur sa ferme, pour ne plus être dépendant du pétrole sur son exploitation.

Jules s’installe comme paysan en 1999. Il est alors très impliqué dans les luttes écologiques. Avec des copains paysans, il réfléchit à utiliser diverses sources d’énergie locales et renouvelables, via leur coopérative d’utilisation de matériel agricole (Cuma) : récupération du bois des taillis et des haies, récupération des huiles usagées...

Puis vient l’idée de la méthanisation des déchets de la ferme, donc en premier du fumier – mélange des litières (paille, fourrage,....) et des excréments des animaux de son élevage.

Habituellement, que devient le fumier sur une ferme ? Il est mis en tas et se transforme en compost. Lors de cette opération, 40 % de sa richesse sont perdus par vaporisation, donc avec émission de gaz à effet de serre – dont le redoutable méthane –, et par infiltration. Même dans le cas d’installations aux normes, ces pertes sont importantes.

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- - Enquête > 25 février 2020 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)

La 5G se déploie alors que ses effets sur la santé ne sont pas évalués

Face à l’absence d’évaluations sanitaires sur la 5G, les experts sont divisés. Les plus prudents réclament un moratoire, afin de donner du temps à la recherche scientifique. Mais la santé du grand public ne pèse pas lourd face au rouleau compresseur de l’innovation.

Il faisait gris sur la place Royale de Nantes. Ce samedi 25 janvier, quelques dizaines de personnes s’étaient réunies autour de la fontaine centrale et brandissaient panneaux et banderoles accusateurs. "5G Nocide" ou "5G danger pour notre santé". Il s’agissait de la première manifestation internationale contre la 5G. Dans le monde entier, des centaines d’associations et collectifs — en France beaucoup d’anti-Linky — se sont rassemblés pour dénoncer le déploiement de cette cinquième génération de réseau téléphonique qui se présente comme une révolution de la vie quotidienne.

Car face au matraquage publicitaire et médiatique, les voix discordantes sont chaque jour plus nombreuses pour demander un moratoire. En mars 2019, Céline Fremault la ministre de l’Environnement au gouvernement de la région de Bruxelles-Capitale, déclarait au journal L’Écho que les Bruxellois "ne sont pas des souris de laboratoire dont je peux vendre la santé au prix du profit. On ne peut pas laisser planer de doute".

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- Info > 25 février 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Étendre la durée de la chasse ne limitera pas la prolifération du gibier

Le gouvernement s’apprête à autoriser la chasse deux mois plus tôt qu’avant. Énième concession au lobby de la chasse ? Mesure nécessaire pour réguler les populations de sangliers, qui détruisent les cultures ? Reporterre a interrogé des chasseurs, des naturalistes et des paysans.

Un nouveau cadeau aux chasseurs ? L’État s’apprête à faciliter la chasse des sangliers, chevreuils et renards dès le 1er juin, au lieu du 15 août aujourd’hui. C’est l’objet d’un décret gouvernemental qui suscite un vif débat sur le site du ministère de l’Écologie, que l’on peut consulter jusqu’au 4 mars. Plus de 13.000 internautes ont déjà réagi, dont une large majorité pour s’opposer à une mesure qui allongerait encore la période de chasse. Bientôt, prévient la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) dans un communiqué, "il ne restera bientôt plus que les mois d’avril et de mai pour profiter d’une nature sans chasse en France".

Abattre des sangliers à partir du 1er juin était déjà possible, mais conditionné à l’obtention d’une "autorisation individuelle préfectorale de chasse anticipée". "Dans les faits, la majorité des chasseurs attendait la fin des vacances d’été pour ressortir le fusil, indique la LPO. Grâce à un nouveau décret en préparation, plus besoin d’autorisation préalable : feu à volonté dès le 1er juin." Une inquiétude que dément Nicolas Rivet, de la Fédération nationale des chasseurs : "Cette mesure ne va rien changer, il s’agit juste d’une simplification administrative." Un avis partagé par David Pierrard, gestionnaire du domaine de Belval, où la protection de la nature s’allie à une pratique raisonnée de la chasse. "Chasser au début de l’été n’est pas dans la culture des chasseurs, glisse-t-il. Ce n’est pas parce qu’on facilite la chose qu’on aura des mecs dans des miradors partout en France au 1er juin." Contacté à ce propos, le ministère de la Transition écologique ne nous a pas répondu à temps avant la publication de l’article.

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24 Février 2020

     

- Tribune > 22 février 2020 / Jean Sivardière

Le changement climatique fragilise de plus en plus les infrastructures de transport

Canicules, inondations, sécheresses, éboulements se multiplient à mesure que le climat change. Comme l’explique l’auteur de cette tribune, les infrastructures de transport, tous modes confondus, s’en trouvent fragilisées.

Jean Sivardière est vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut).

Une conséquence du réchauffement climatique est peu connue de l’opinion : les infrastructures de transport sont directement affectées et fragilisées. Tous les modes de transport sont concernés : ferroviaire, routier, aérien, fluvial.

La menace est spécialement grave pour les voies ferrées, car le trafic s’est peu à peu massifié sur un petit nombre de lignes et le réseau ferré classique est aujourd’hui faiblement maillé : de nombreux itinéraires de détournement possible des trains ont disparu. Quant aux flux routiers, ils se concentrent sur un nombre limité d’axes routiers ou autoroutiers, souvent situés dans des zones à risques, telles que les vallées alpines.

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- Février 2020, page 7, par Xavier Vigna 

Les stratagèmes du mouvement ouvrier européen

Tenir une grève longue

À la mi-janvier, plus de 4 millions d’euros avaient été récoltés pour soutenir les travailleurs mobilisés contre le projet de réforme des retraites. Apparues au XIXe siècle, les caisses de solidarité ont rarement suffi à compenser les pertes de salaire dues à la grève. C’est pourquoi le mouvement ouvrier a imaginé, au fil des décennies, de multiples autres subterfuges pour faire face aux conflits longs.

Le vaste mouvement de contestation contre le projet gouvernemental de réforme des retraites connaît une durée remarquable, qui confronte les grévistes au coût d’un long conflit. Comment faire face aux pertes de salaire ? Au cours de l’histoire, les travailleurs français et européens ont imaginé diverses solutions.

L’une d’elles consiste à espérer la solidarité des proches, la grève révélant alors la solidité des communautés professionnelles — ou leurs failles. Un conflit qui s’étire sur plusieurs mois suppose une entraide puissante, spécialement dans les groupes ouvriers les plus homogènes. Ainsi, chez les mineurs britanniques, les mouvements de 1926, puis de 1984-1985, obligent les couples à recourir à toutes sortes de combines et d’expédients. Les femmes, alors considérées comme les "ministres des finances" de chaque foyer, sont en première ligne et organisent le ravitaillement, notamment grâce à des colis alimentaires envoyés de tout le pays. Les mineurs, eux, n’hésitent pas à tuer pour leur propre consommation les cochons et les poulets élevés par les "jaunes" qui ne font pas grève.

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- FINANCES PUBLIQUES - Enquête - 22 février 2020 par Pierre Januel

Un nouveau dispositif de formation des élus vire au fiasco

Dérapages financiers, formations douteuses, paiements à l’étranger… trois ans après sa création, le "DIF élu", censé être géré par la Caisse des dépôts, échappe à tout contrôle. Un rapport d’inspection au contenu sévère, que Mediapart a consulté, vient d’être remis au ministre Sébastien Lecornu.

Le financement de la formation des élus locaux suscite une nouvelle fois l’inquiétude. Au cabinet du ministre des collectivités territoriales Sébastien Lecornu, qui vient de recevoir les conclusions d’une mission d’inspection diligentée en juillet, l’urgence est palpable.

À l’origine de cette panique : le dérapage d’un nouveau dispositif, le "DIF élu", censé être géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), mais qui a échappé à tout contrôle ces deux dernières années. Près de 40 % des 17 millions d’euros dépensés dans le cadre de ce dispositif aux intentions louables sont allés directement vers deux organismes, au propriétaire identique. Celui-ci a sous-loué son agrément à une structure non agréée, domiciliée en Belgique mais qui agissait à Paris et qui avait recruté des élus locaux comme "apporteurs d’affaires".

Cette dernière structure est aujourd’hui soupçonnée d’avoir fourni des formations au rabais, ne pouvant pas assumer seule le nombre de prestations vendues. Le dirigeant de l’entreprise se défend, mettant en avant le fait qu’il voulait défendre des formations individualisées pour les élus.

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- Environnement - jeudi 20 février 2020, de Craig Welch

Arctique : le dégel du pergélisol libère d'impressionnants volumes de gaz à effet de serre

Ce "dégel brutal" affecte 5 % du pergélisol de l'Arctique, mais il pourrait doubler sa contribution au réchauffement climatique.

À l'est de la Sibérie, le cratère de Batagaika causé par le dégel du pergélisol s'étale sur plus de 800 m et n'en finit pas de grandir. Il renferme les restes organiques des feuilles, végétaux et animaux morts il y a des milliers d'années. - Photographie de Katie Orlinsky, Nat Geo Image Collection

Dans les forêts d'épicéa noir qui bordent la rivière Tanana en plein centre de l'Alaska, les scientifiques Miriam Jones et Merritt Turetsky assistent depuis des années à un triste spectacle au ralenti : les arbres s'affaissent, s'inclinent puis se couchent sur un sol devenu peu à peu marécageux. Avec le temps, la terre qui les soutenait s'est affaiblie et gorgée d'eau. Ce sol autrefois impénétrable, consolidé par la glace, a fini par se réchauffer, s'enfoncer et se remplir de pluie et de neige fondue.

Les scientifiques ont conscience depuis des années que l'augmentation des températures aux latitudes nord entraîne la libération de gaz à effets de serre à mesure que fond le pergélisol, ce qui contribue à l'accélération du changement climatique mondial.

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- By AJ Dellinger, February 19, 2020

Climate change poses “ecological and existential threats” to children across the globe: U.N. report

Last year, millions of kids took part in a global climate protest. The premise of their argument was simple: they are going to inherit an earth that, because of massive amounts of greenhouse gas emissions produced and insufficient environmental policies and action taken by the generations before them, will be in a dire state. As it turns out, the kids are (of course) correct. According to a new research paper from the World Health Organization and the United Nations Children’s Fund (UNICEF), children in every country in the world face “environmental and existential threats” related to human-caused climate change.

A group of 40 scientists analyzed data from 180 countries to determine what nations have done the best job preparing for the future and laying the groundwork to ensure future generations have all of the resources and protections they will need to thrive.

They examined a variety of threats, ranging from the degradation of ecosystems, concerns of war, growing levels of inequality, and other issues that are often caused or exacerbated by climate change.

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23 Février 2020

     

- Brèves > 22 février 2020

Le gouvernement veut libérer dans l’environnement les déchets à très faible radioactivité

Le gouvernement prévoit une évolution du « cadre réglementaire applicable à la gestion des déchets de très faible activité, afin d’introduire une nouvelle possibilité de dérogations ciblées ». En clair, il pourrait être bientôt possible de revaloriser des métaux légèrement radioactifs, « après fusion et décontamination », alors que ces derniers étaient jusqu’à présent automatiquement considérés comme des déchets radioactifs et traités comme tel. Un premier pas vers l’introduction d’un « seuil de libération » pour les déchets radioactifs de très faible activité, revendication de longue date des acteurs de la filière nucléaire ?

En outre, le gouvernement veut poursuivre le projet de nouvelle piscine centralisée pour l’entreposage des déchets radioactifs, dont Reporterre avait révélé qu’elle pourrait être construite dans la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire.

Ces nouveautés émanent des décisions envisagées dans le cadre du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), dévoilées par Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, et par Bernard Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), vendredi 21 février. Cette étape supplémentaire vers la définition d’un nouveau plan fait suite au débat public qui s’est déroulé en 2019, dont les conclusions ont été présentées par la commission particulière du débat public le 25 novembre 2019.

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- World - February 21, 2020, Bill Chappell

'Antarctica Melts,' NASA Says, Showing Effects Of A Record Warm Spell

 


Satellite images show the effects of a prolonged warm spell on Eagle Island, in the far north of the Antarctic Peninsula, NASA says. An inch of snowpack melted in just one day, the agency says. The blue areas in snow on the right are ponds of melted water. - NASA

Where there was a white ice cap, there are now brown blotches of land; melted snow and ice have created ponds of water. Those are the effects of the recent record high temperatures in Antarctica, according to NASA, which on Friday released stunning before-and-after satellite images of the northern Antarctic Peninsula.

The photos center on Eagle Island, part of the northern tip of the Antarctic Peninsula that stretches toward South America. Satellites took the images just nine days apart, on Feb. 4 and Feb. 13. But dramatic changes took place in that time span. Two days after the first photo was taken, the area hit 18.3 degrees Celsius (64.9 degrees Fahrenheit) — matching that day's temperature in Los Angeles, NASA notes.

"The warm spell caused widespread melting on nearby glaciers," the space agency says. "Such persistent warmth was not typical in Antarctica until the 21st century, but it has become more common in recent years."

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- Environnement - De Andrew Revkin, Février 2020

On parle du changement climatique depuis plus de 30 ans. Pourquoi n'avons-nous rien fait ?

Dans le temps qu'il a fallu pour justifier que le changement climatique est en grande partie lié à la pollution et l'activité humaine, la crise s'est profondément aggravée.

Il y a trente ans, l'impact potentiellement perturbateur des émissions carbone produites par la combustion fossile et la déforestation agressive qui commençait faisait la une de plusieurs journaux.

Il a fallu un siècle d'accumulation de faits scientifiques et une évolution majeure dans la perception de l'enjeu environnemental pour que cela se produise. Svante Arrhenius, scientifique suédois pionnier qui, en 1896, estimait pour la première fois l'ampleur du réchauffement dû à la combustion généralisée du charbon, voyait en ce changement une aubaine, une évolution vers "des climats plus équitables qui favorisera les climats terrestres les plus froids.”

Plusieurs reportages se sont succédé au fil des années, y compris un article remarquablement clair publié en 1956 dans le New York Times qui indiquait comment l'accumulation des émissions de gaz à effet de serre lié à la production d'énergie entraînerait des changements environnementaux durables. 

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- Julien Lausson, 10 février 2020 - Tech

La France compte presque 500 stations expérimentales en 5G

Le dernier bilan de l'Agence nationale des fréquences annonce que les stations expérimentales dédiées à la 5G approchent du seuil des 500 installations autorisées. Le coup d'envoi commercial du très haut débit mobile est attendu pour 2020.

Les stations expérimentales consacrées à la 5G continuent de fleurir sur tout le territoire métropolitain. C’est en effet ce que montre le dernier pointage de l’Agence nationale des fréquences (ANFR), dans son observatoire paru le 4 février. Pas moins de 447 stations ont été comptabilisées en date du 1er février. Il s’agit du nombre d’installations qui ont été autorisées à fonctionner : celles effectivement en marche peuvent être en réalité moins nombreuses.

 

Les expérimentations en 5G sont indiquées par des marqueurs rouges.
Les marqueurs bleus désignent les sites autorisés à tester une autre bande de fréquences, celle des 26 GHz.
Source : ANFR

 

La très grande majorité de ces supports appartient à Orange. L’opérateur historique en gère 338, soit 75 % du total. Suivent ensuite Bouygues Telecom (62), SFR (38) et Free Mobile (9). Elles sont principalement situées à Paris et en Île-de-France, mais aussi dans le Nord, en Loire-Atlantique, dans l’Hérault, en Gironde, en Haute-Garonne et dans les Bouches-du-Rhône. Aucune station expérimentale n’est déployée dans l’un des territoires de la France d’outre-mer.

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- OPINION - Pas de compteurs communicants dits intelligents

À lire de toute urgence

STOP 5G Montréal

QUELS SONT LES MEILLEURS MOYENS DE SE PROTÉGER DE LA 5G?

Telle est la question que j’ai vue ce matin sur une page Facebook. Voici ce qu’elle m’a inspirée...

Préambule

Sachez d'abord que la 5G n'est pas activée encore nulle part au Canada, mais ça se fera cette année car Vidéotron et Rogers installent présentement un réseau 5G qui ne fonctionnera pas avec des fréquences millimétriques (celles entre 24 et 90 gigahertz), mais centimétriques, soit la bande des 600 mégahertz et celle des 2500 MHz.

Je pourrais proposer divers moyens de se protéger personnellement, comme ne pas utiliser d'appareils compatibles avec la 5G, ni s’abonner à un quelconque forfait 5G; ou dire d'investir 10 000$ minimum pour se créer un espace à l'abri du rayonnement actuel mortel des antennes 3G et 4G, ce qui reviendrait à accepter de vivre en reclus, isolé du monde, un triste sort que subissent les personnes électrohypersensibles.

Aussi bien s’enfermer dans un bunker et attendre la fin du monde, car avec le déploiement prévu de millions de nouvelles antennes 5G et de plus de 40 000 satellites 5G d'ici 5 ans, plus aucun endroit sur Terre ne sera vraiment à l'abri de ces rayonnements.

Continuer à penser que l'on peut se protéger, c'est faire fausse route car en pensant ainsi, on laisse le chemin libre aux fous qui veulent faire du fric en détruisant tout.

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22 Février 2020

     

- Enquête > 22 février 2020 / Marie Astier et Isabelle Rimbert (Reporterre)

Déméter, la cellule de la Gendarmerie qui surveille les opposants à l’agriculture productiviste

Le ministère de l’Intérieur a créé Demeter, une cellule de renseignement dédiée aux "atteintes au monde agricole". Ce dispositif policier et judiciaire risque de servir à surveiller militants animalistes et écologistes opposés à l’agriculture industrielle.

La photo fait sourire. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avec un porcelet dans les bras. C’était le 13 décembre 2019, dans le Finistère. Le ministre était venu visiter deux élevages et présenter la création de la toute nouvelle cellule de la Gendarmerie nationale dédiée à la "protection" des agriculteurs, et nommée d’après la déesse grecque des moissons, Déméter. À ses côtés se trouvait le directeur général de la Gendarmerie nationale, mais également Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole majoritaire, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).

Reprenant à son compte le discours du syndicat, le ministre a dénoncé "l’agribashing". Le dossier de presse de présentation de Déméter donne le ton : "De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes (…). Ces phénomènes, nous devons les prendre très au sérieux", y déclare le ministre en introduction. La cellule Déméter doit ainsi "assurer la sécurité des agriculteurs". Pour cela, elle va les aider à sécuriser leurs exploitations, mais aussi centraliser au niveau national toutes les informations concernant les "atteintes au monde agricole", depuis les vols "crapuleux" jusqu’aux actes "idéologiques", comme les intrusions de militants animalistes dans les élevages. Cette activité de renseignement doit notamment permettre d’empêcher les actions de ces groupes, qualifiés d’ "extrémistes".

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- Agriculture - Enquête - 21 février 2020 Par Amélie Poinssot

Fonds pour la gestion de l’emploi agricole: un système de prélèvements sociaux au bénéfice de la FNSEA

Deuxième volet de notre enquête sur la FNSEA, à la veille de l'ouverture du Salon de l'agriculture. Selon nos informations, un fonds destiné à un observatoire de l’emploi agricole, financé par des cotisations obligatoires, alimenterait les caisses du syndicat majoritaire.

Ce sont trois lettres apparemment inoffensives. GPE, pour Gestion Prévisionnelle de l’Emploi en agriculture. Trois lettres qui pèsent pourtant lourd dans les comptes de la FNSEA, le syndicat majoritaire du monde agricole.

Derrière ces trois lettres, ce sont en effet plus de sept millions d’euros qui transitent chaque année. Selon des informations de Mediapart, une partie de ce fonds financé par les cotisations sociales des employeurs agricoles, et censé contribuer à des expertises sur l’emploi dans l’agriculture, permettrait de payer des frais de fonctionnement et de renflouer les caisses du syndicat, en déficit depuis quelques années. Le 29 novembre dernier, au cours d’une réunion interne, des pertes à hauteur de 1,5 million d’euros sur 2019 ont été annoncées au personnel du syndicat.

Au départ, quand le dispositif est créé en 2002, l’idée ne manque pourtant pas d’intérêt : il s’agit de créer un observatoire de l’emploi agricole, de rendre les métiers du secteur plus attractifs, et de mettre en place des axes de développement dans l'une des branches de l’économie française qui a connu le plus vaste plan social de ces dernières décennies.

Depuis, la situation a continué de se détériorer : ces vingt dernières années, selon les statistiques du ministère de l'agriculture et de la MSA (Mutuelle sociale agricole), près du quart des exploitations agricoles ont cessé leur activité. Une vague de suicides a profondément affecté le secteur – qu’Édouard Bergeon raconte dans son film Au nom de la terre, qui a fait plus de 1,5 million d’entrées à l’automne dernier – et les salariés agricoles, souvent saisonniers, connaissent une grande précarité. Si certains grands céréaliers tirent leur épingle du jeu, de plus en plus d’exploitations sont dépassées par un système très profitable aux industries agroalimentaires et, surendettés, de nombreux agriculteurs ne parviennent plus à dégager un revenu décent.

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- Opinion - Posted February 19, 2020, by Guest Columnist Imelda Dacones

Opinion: Climate change is a public health crisis

❐ Imelda Dacones, M.D. is president and chief executive of Northwest Permanente, which cares for more than 600,000 Kaiser Permanente members Oregon and Southwest Washington.

Let’s face it. We know that our health is less about what physicians do in clinics or hospitals and is shaped more by the conditions of our daily lives. More than 60 percent of our health is determined by how and where we live, work, play, and age.

The air we breathe, the food we eat, the water we drink, the roofs (or absence of) over our heads, and the love and care of our family and friends all set the stage for our health.

It is time to connect the dots. Climate change, with its increasingly devastating impacts on these basic building blocks of health, is the biggest public health crisis we’ve ever faced. Climate change is about more than what’s happening to the planet. It’s about what’s happening to people.

Recently, government researchers announced that the past decade was the hottest on record. In addition to the rising number of deaths and human suffering from more severe and prolonged heat waves and droughts, year-over-year we see longer and more intense wildfire seasons. Earlier this month, NASA satellite imaging revealed smoke encompassing up to 70 percent of the planet from the most widespread wildfires on the globe to date: dozens of people and over a billion animals have perished since fires in Australia erupted last September. We’re breathing that air in Oregon.

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- Agro-chimie - par Nolwenn Weiler, 19 février 2020

Le combat d’un collectif contre les pesticides, et pour transformer les campagnes

Tandis que les industriels vendent des pesticides par millions de litres, agriculteurs et riverains comptent leurs malades et leurs morts. Depuis quatre ans, dans l’ouest de la France, un collectif se bat aux côtés de ces sacrifiés de l’agrochimie, multipliant les actions. Rencontre.

Le 15 janvier dernier, une quarantaine de personnes ont occupé les bureaux de la Sécurité sociale de Saint-Brieuc, dans les Côtes d’Armor. Objectif : obtenir le rétablissement des indemnités journalières de Gisèle, 57 ans, atteinte de la maladie de Parkinson.

"Cette ancienne agricultrice a déposé un dossier de demande de reconnaissance en maladie professionnelle fin novembre”, retrace Michel Besnard, membre très actif du Collectif de soutien aux victimes de pesticides de l’Ouest. “Elle s’est aperçue peu après que ses indemnités journalières, perçues jusqu’alors au titre de son arrêt maladie, avaient été suspendues.”

"Gisèle est une femme seule, malade, pour qui tout est compliqué au quotidien, et on lui coupe sans la prévenir le peu d’argent qu’elle reçoit ? C’est inacceptable", s’indigne Michel Besnard.

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- ATS - Publié samedi 22 février 2020

Le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim est désormais débranché

France - Le premier des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus ancienne en activité en France à 50 km de Bâle, a été débranché du réseau électrique samedi à deux heures du matin, a annoncé Electricité de France

Le premier des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim a été débranché du réseau électrique national samedi à deux heures du matin. La procédure s'est déroulée sans problème, mais pas sans amertume pour les salariés et les habitants de la petite commune.

"Le réacteur a été débranché vers deux heures du matin et il faut saluer le travail remarquable des équipes, ça a été un moment très fort en émotion dans la salle de commande", a-t-on précisé du côté d'EDF. "La procédure s'est déroulée sans aucun problème”.

Opposés à la fermeture de ce premier réacteur, avant l'arrêt du second le 30 juin, des salariés menaçaient de désobéir et de ne pas appliquer les procédures permettant le découplage du réacteur. Mais tout s'est finalement déroulé sans anicroche.

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21 Février 2020

     

- 21 février 2020, Régis de Castelnau

La Justice aux petits soins pour Hollande et Griveaux

❐ J’ai donné une interview à Sputnik, toujours à propos de l’instrumentalisation de la justice dont nous avons eu une nouvelle illustration avec la façon dont a été traitée l’affaire Griveaux sur le plan judiciaire. Un service public de la justice au bord de l’effondrement, des pans entiers de la délinquance quasiment dépénalisés pendant que les amis du pouvoir bénéficient de tous les soins.

SPUTNIK - Piotr Pavlenski a été interpellé en quelques heures, son statut de réfugié remis en cause ; le cambrioleur de Julie Gayet s’est retrouvé sous les verrous en trois jours. Une efficacité loin d’être vécue au quotidien par les Français. L’avocat Régis de Castelnau revient au micro de Sputnik sur cette justice à deux vitesses.

Devant la justice, serions-nous inégaux… au pays de l’égalitarisme ? Piotr Pavlenski a été arrêté le 14 février, le jour même du retrait de Benjamin Griveaux de la course à la mairie de Paris. Le 19 février sur France Inter, Christophe Castaner évoquait une remise en cause du statut de réfugié politique du performer. L’expulsion manu militari, un sort également réservé au jeune cambrioleur algérien de l’appartement de Julie Gayet, la compagne de François Hollande, arrêté et placé en détention trois jours seulement après les faits. Un zèle, une réactivité, que l’on ne constate pas dans des affaires similaires –parfois criminelles– qui affectent chaque jour les Français.

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- Reportage > 21 février 2020 / Sarah Lefèvre et Christoph de Barry (Reporterre)

Fermeture de Fessenheim : après la centrale, le saut dans le vide

À Fessenheim, la "doyenne" des centrales nucléaires françaises arrêtera le premier de ses deux réacteurs dans la nuit de vendredi à samedi, le second à la fin du mois de juin. Un saut dans le vide pour toute une région et les centaines de personnes qui vivaient de cette activité industrielle.

Fessenheim (Haut-Rhin), reportage - Ce mardi 18 février 2020, devant la centrale, les caméras de télévision attendent leur tour. Debout à l’entrée du site, chapeau, veste et pantalon noirs, Alain Besserer, délégué Force ouvrière, se prête au bal des entretiens express. Derrière lui, deux banderoles blanches sont déployées sur les grilles. "La centrale de Fessenheim est sûre, qu’elle dure !" En rouge délavé, les lettres donnent le ton : "Produire du courant propre est notre métier, la sûreté notre devoir !"

Assis à l’arrière de la voiture, au calme, le représentant du personnel refait le film de cette guerre des nerfs. Lui a démarré sa carrière à Fessenheim en 1992 et a rejoint le syndicat en 2016, quand la fermeture s’est précisée. "C’est vraiment ce défi d’accompagner les collègues qui m’a motivé." 

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- Agro-chimie - Propos recueillis par Nolwenn Weiler, 21 février 2020 - Photo : Wikimedia Commons

SDHI, ces pesticides épandus massivement qui s’attaquent à tous les êtres vivants

Connaissez-vous les SDHI ? Ces nouveaux fongicides, censés s’attaquer seulement aux champignons qui menacent les récoltes, s’en prennent en fait à tous les êtres vivants. Un "danger immense" selon des scientifiques. Le journaliste Fabrice Nicolino leur consacre son dernier ouvrage, Le crime est presque parfait. Entretien.

Basta ! : Épandus massivement depuis 2013 en France, les pesticides SDHI "inquiètent au plus haut point", dites-vous, car ils s’attaquent à la fonction respiratoire de tous les êtres vivants. Pouvez-vous nous décrire ces pesticides ?

☛ Fabrice Nicolino : Les SDHI sont des fongicides : ils s’attaquent aux champignons et moisissures. Arrivés en France surtout après 2013, ces pesticides sont épandus sur environ 80% des surfaces de blé et d’orge, mais aussi sur les tomates, les semences, les pommes de terre, la vigne, les arbres fruitiers. On en trouve également sur les terrains de foot et sur les terrains de golf.

Comment opèrent-ils ?

Ils s’attaquent à la fonction respiratoire des cellules des champignons – la "SDH", ou succinate déshydrogénase.

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- 21st February 2020, by George Monbiot, published in the Guardian, 19th February 2020

In Defence of Speciesism

Why might it be right to shoot deer, but not human beings?

Though the protest was against me, I sympathised. When demonstrators outside the theatre where I was speaking last week asked the audience to call me out as a killer, I didn’t dispute their claim. I am a killer.

While making our film for Channel 4, Apocalypse Cow, I shot a deer. If it helps (though it didn’t help the deer), I hated every minute of it, from picking up the rifle and learning to use it, to finding and stalking the innocent animal, then shooting it through the chest from 180 metres, watching it rear into the air, stumble, spasm and die. It was a gruesome, horrible experience. I was seeking to demonstrate the realities of ecological restoration. If, I reasoned, we believe something is right, we should be prepared to do it ourselves. But do we really have the right to take another life?

The problem arises in this case because of humanity’s disastrous intervention in the ecology of the Scottish Highlands. By exterminating wolves and lynx, we released the deer from predation, and their numbers exploded. Because tree seedlings are highly nutritious, the deer selectively browse them out. A rich mosaic of habitats becomes a drab monotony of heather and rough grass. The deer I shot was one of thousands killed on the Glenfeshie estate in the Cairngorms. As a result of this cull, the trees are returning. The regenerating forests are full of birds and other mammals.

Surely, as the protesters insisted, there is an alternative? Some of us have campaigned for years for the return of wolves and lynx, but it cannot happen without widespread public consent, and this takes time. In the meantime, what should be done? Their favoured alternatives are contraception or fencing.

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20 Février 2020

     

- SCIENCE - 20/02/2020, Par Paul Guyonnet

Pour le climat, 1.000 scientifiques appellent à la "désobéissance civile"

Dans une tribune publiée par "Le Monde", près d'un millier de scientifiques spécialisés dans des disciplines diverses expliquent que la "rébellion est nécessaire".

Face à l'urgence écologique actuelle, un millier de scientifiques appellent les citoyens français à la "désobéissance civile". 

SCIENCES - Ils sont spécialisés en neurosciences computationnelles, en planétologie ou en épidémiologie, et ils ne voient plus d’autre recours possible que la désobéissance civile face au changement climatique. 

Ce jeudi 20 février, Le Monde publie une tribune éloquente, signée par un collectif de pratiquement un millier de scientifiques, originaires de disciplines variées. Dans ce texte, les éminences grises dénoncent l’inaction des gouvernements face à l’urgence écologique, et incitent les citoyens à se manifester et à chercher des alternatives au système actuel. 

“Les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours”, débute le texte.

D’emblée, les signataires rappellent les niveaux de pollution alarmants partout dans le monde, la disparition quotidienne d’espèces animales, la hausse de la température sur Terre, l’explosion de la concentration de CO2 dans l’atmosphère, et ainsi de suite. 

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- Changement climatique et risques - Publié le 14 février 2020

Changement climatique et zones arides dans le monde : identification de trois seuils de réponse des écosystèmes

COMMUNIQUE DE PRESSE - Le changement climatique ne se résume pas à une simple augmentation de la température. Il implique des changements modifiant de manière drastique le fonctionnement des écosystèmes et les paysages qui nous entourent. C’est ce que montre une étude publiée le 14 février 2020 dans la revue Science par un consortium international de chercheurs dont INRAE est partie prenante. Cette étude indique comment une augmentation de l'aridité globale sur notre planète - telle que prévue dans le cadre du changement climatique actuel - conduit à des changements abrupts dans le fonctionnement des écosystèmes des zones arides du monde entier, limitant leur capacité à maintenir la vie et fournir des services écosystémiques essentiels aux populations humaines qui en dépendent. Trois seuils de transition ont ainsi été mis en évidence. 20% des terres émergées actuelles seraient concernées d’ici 2100.

illustration Changement climatique et zones arides dans le monde : identification de trois seuils de réponse des écosystèmes © INRAE - Nicolas GROSS

L’aridité - l'équilibre entre les précipitations et l'évapotranspiration - contraint fortement les capacités de production des écosystèmes.

Actuellement les surfaces terrestres dites arides recouvrent 41% de la planète et accueillent un habitant sur trois. Les scénarios de changement climatique prévoient une augmentation importante de l’aridité à l’échelle planétaire qui aggravera le déficit hydrique déjà connu dans ces zones et étendra leur influence au-delà d’autres écosystèmes qui ne connaissent pas encore ces conditions.

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- Agriculture - Enquête - 19 février 2020, Par Amélie Poinssot

A la FNSEA, le train de vie hors sol des dirigeants

☛ Cet article est le premier d’une enquête en plusieurs volets consacrée à la FNSEA.

L’entretien avec le directeur général de la FNSEA, Clément Faurax, s’est déroulé en deux temps, jeudi 30 janvier et lundi 3 février 2020. Les deux fois, le temps était limité à une heure d’entretien. La directrice de la communication de la FNSEA, Christine Claudon, était présente et a enregistré l’entretien. Elle a amendé les citations que j’avais retenues de mon entretien avec Clément Faurax avant publication. De mon côté, j’ai également enregistré l'entretien.

Le 4 février, j’ai également écrit respectivement à Catherine Lion, ancienne directrice générale de la FNSEA, et à Jean-Louis Chandellier, directeur général adjoint. Je leur ai posé des questions relatives à leurs fonctions et à leur niveau de rémunération. Ils n'ont pas répondu à mes courriels. Christine Claudon, la directrice de la communication de la FNSEA, a répondu à ces deux mails le 7 février.

Le 22 novembre 2019, apprenant que Mediapart travaillait sur la FNSEA, Clément Faurax avait envoyé un courriel à l’ensemble de ses collaborateurs, ainsi qu’aux présidents et directeurs des FDSEA, FRSEA, et « Associations spécialisées » adhérentes de la FNSEA. « Pour la bonne circulation de l’information dans notre réseau, je tenais à vous informer que nous venons d’apprendre que Mediapart mène actuellement une enquête sur la FNSEA, peut-on lire dans ce mail. Il se peut donc que vous soyez contacté dans ce cadre par des journalistes de ce média ou travaillant pour son compte. Si cela devait être le cas, afin de nous aider à mieux appréhender cette enquête, je vous remercie de nous tenir informé de ces contacts. »

Le syndicat majoritaire du monde agricole dénonce régulièrement les conditions de vie de plus en plus difficiles du secteur. Mais ses cadres dirigeants se sont rarement portés aussi bien. Mediapart s’est plongé dans les arcanes de la FNSEA. Premier volet de notre enquête.

À trois jours de l’ouverture du Salon de l’agriculture, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a tracé les grandes lignes thématiques de cette édition 2020 : faiblesse des revenus et retraites agricoles, changement climatique et lutte contre les zones de non-traitement aux pesticides (ZNT) sont au cœur de ses préoccupations. « On ne peut pas faire plus vert quand on est dans le rouge, a déclaré la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, lors de la conférence de presse préparatoire au salon, ce mardi 19 février. Or un certain nombre d’agriculteurs ont l’économie de leur exploitation dans le rouge. 30 % des agriculteurs n’ont pas pu se dégager de revenu durant l’exercice 2017. »

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- Info > 20 février 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Les travailleurs du soin, malades du néolibéralisme

Ce jeudi, les personnels de santé seront à nouveau dans la rue pour dire leur opposition à la réforme des retraites. Soignants et soignantes crieront aussi leur colère face à la dégradation de leurs conditions de travail depuis que le soin et la relation aux personnes sont soumis à la logique de la performance.

Tout de blanc vêtus, ils et elles seront à nouveau dans la rue ce jeudi 20 février. Car la réforme des retraites, "c’est la cerise sur le gâteau", pour Philippe Peretti, infirmier à Montpellier (Hérault) et syndicaliste à la CGT-Santé. "Cette réforme nie complètement la pénibilité de nos métiers de soignants, estime-t-il. On travaille de nuit, au contact de maladies, on porte des charges lourdes, on est exposé à des produits toxiques… Beaucoup d’infirmières et d’aides-soignantes partent en commission d’invalidité à la fin de leur carrière. Et on voudrait nous faire bosser encore plus longtemps !" Une aide-soignante sur trois termine en effet sa vie professionnelle avec un handicap. D’après le Syndicat national des professionnels infirmiers, qui s’appuie sur un rapport de la caisse de retraites du secteur, "l’âge moyen des femmes hospitalières décédées est de seulement 78,8 ans" contre 85,3 ans en moyenne pour les femmes françaises.

Surtout, la réforme des pensions inonde le vase déjà bien rempli de la contestation des blouses blanches. Depuis plus de dix mois, les hôpitaux bouillonnent : débuté aux urgences, le mouvement a rapidement gagné l’ensemble des soignants. Les manifestations se succèdent partout en France, comme celles organisées le 14 février dernier. Marche à Paris pour "déclarer leur amour à l’hôpital public", chaîne humaine à Compiègne (Oise), "cœur géant" à Poitiers (Vienne), lâcher de "ballons roses" à Douai (Nord)… 300 personnes qui ne pouvaient pas faire grève ont envoyé symboliquement un avis d’arrêt de travail fictif pour épuisement à l’agence régionale de santé. En janvier, 800 médecins-chefs ont renoncé à leurs fonctions administratives, désertant les instances de direction pour se consacrer exclusivement aux soins. Certains praticiens mènent aussi une "grève du codage", et ne transmettent plus à l’Assurance maladie les données permettant d’établir les factures.

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- Tribune > 19 février 2020 / Forum vies mobiles

Pour diminuer les transports, redonnons vie aux territoires

Les auteurs et autrices de cette tribune proposent une vingtaine de mesures dans le domaine des déplacements. Cela dans le but de rendre les territoires "résilients, c’est-à-dire avec une plus grande autonomie énergétique et alimentaire, qui permettent de vivre en plus grande proximité".

Le Forum vies mobiles est un institut de recherche qui s’intéresse à la place que les déplacements occupent dans les rythmes de vie et à leurs conséquences territoriales et environnementales. Il prépare la transition vers des modes de vie désirés et durables. Le comité d’orientation et de prospective du Forum vies mobiles est composé de 18 personnalités du monde de la recherche, du secteur des transports et de la politique.

La convention citoyenne pour le climat rassemble 150 citoyens tirés au sort, chargés de faire des propositions permettant une réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, dans une perspective de justice sociale. Les réflexions que les citoyens ont lancées font écho à nos recherches, notamment lorsqu’ils envisagent des moyens de réduire les déplacements contraints ou lorsque qu’ils appellent à la démocratisation des processus de décision en matière de mobilité. Au Forum vies mobiles, nous croyons en la capacité des citoyens à se projeter dans un futur désirable pour imaginer des modes de vie plus sobres et plus justes. Pour ces raisons, nous avons partagé avec les membres de la convention des propositions issues de nos travaux de recherche, qui, sans viser l’exhaustivité, peuvent enrichir leurs délibérations.

Nos recherches sur les déplacements nous amènent à considérer que face à l’urgence climatique — mais aussi aux enjeux sociaux et de santé —, il faut repenser l’organisation des territoires, du travail et des rythmes de vie en accordant une place centrale aux aspirations des habitants. Nous faisons l’hypothèse que le désir des citoyens de vivre en plus grande proximité, à un rythme apaisé et avec plus de temps libre rencontre ces objectifs environnementaux et sociaux. Il est grand temps de prendre au sérieux ces aspirations et de mettre sur la table des propositions fortes pour la transformation de nos organisations sociales, productives et territoriales.

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☛ Télécharger les 20 propositions pour la Convention Citoyenne sur le Climat

 

 

 

     

- Culture - Par Le Comptoir Redouane Kermane, le 21 janvier 2020

Le monde arabe déchu d’Amin Maalouf

Si nous connaissons l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf pour ses romans historiques tels que "Samarcande" ou "Léon l’Africain", qui nous ont plongés dans les merveilles de l’Orient millénaire, sa série d’essais sur le monde contemporain mérite tout autant notre attention. Dans "Le dérèglement du monde" (2009) puis dans "Le naufrage des civilisations" (2019), celui-ci met son érudition au service d’une compréhension profonde et lucide des événements qui bouleversent notre époque. Son avis, sage et mesuré, peut servir de repère pour une jeunesse qui entre dans un monde marqué par les bouleversements et les tensions.

Comme les titres de ses ouvrages l’indiquent, l’académicien porte clairement un regard inquiet sur l’état de nos civilisations. Un regard qui est aussi celui d’une génération "progressiste" qui a cru que l’accroissement des connaissances et le développement des sciences et techniques modernes allaient forcément conduire vers plus de progrès humain, plus de solidarité et de compréhension entre les peuples, et enfin, plus d’universalisme.

Or, de l’Orient à l’Occident aujourd’hui, notre monde constitue une désillusion alarmante. Pour lui, le conservatisme triomphe du progressisme dans un mouvement unanime dans divers lieux de la planète. Les crises identitaires, le repli sur soi et le communautarisme enveniment les relations sociales. L’effondrement éthique des plus grandes puissances conduit à une "perte de légitimité" sans précédent dans l’histoire.

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- Opinions - Contribution externe - Publié le mercredi 19 février 2020

ULB et Charlie Hebdo : lettre ouverte aux nouveaux censeurs de gauche

❐ Une opinion de Manuel Abramowicz, journaliste indépendant pour RésistanceS, cofondateur du MRAX-Jeunes, ex-étudiant de l’ULB (voir la liste des cosignataires au bas de l’article).

Après les pressions vaines pour empêcher l’ULB d’accueillir, le 13 février, deux membres de “Charlie Hebdo”, nous tirons le signal d’alarme face à la dérive de certains militants antiracistes qui se comportent en nouveaux censeurs.

Vous vomissez Charlie Hebdo. Trop impertinent. Trop iconoclaste. Trop libre. Après lui avoir fait un procès à charge, les preuves de votre verdict à sens unique se basent sur quelques dessins et prises de position de ce journal satirique. Ce 13 février, avec une poignée de syndicalistes étudiants et de féministes de l’ULB, vous avez lancé votre cri dogmatique : “Pas de réactionnaires sur nos campus !”. Les “réactionnaires” pour vous ce sont, sans rire – vous n’avez pas d’humour – les rescapés de la tuerie du 7 janvier 2015 contre Charlie, les journalistes et les dessinateurs qui ont échappé aux balles de deux “fous de Dieu”. Les affreux réactionnaires, pour vous, sont ceux qui vivent toujours sous protection policière permanente parce qu’ils sont menacés de mort. Traqués, comme des bêtes. Pour avoir commis le crime de dessiner des caricatures !

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19 Février 2020

     

- Brèves > 18 février 2020

Pour protéger le climat et la biodiversité, une autre politique forestière est nécessaire, assure un rapport.

Ce mardi 18 février, trois associations de protection de l’environnement, Canopée, Fern et les Amis de la Terre France ont publié un rapport sur le rôle des forêts françaises dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il a été remis à la députée Anne-Laure Cattelot, nommée par le Conseil de défense écologique pour établir la politique nationale pour les forêts.

☛ Télécharger le rapport : Rapport Gestion forestière et changement climatique

Ses auteurs l’ont écrit en réaction à la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) publiée le 20 janvier, qui est présentée par le ministère de la Transition écologique comme "la feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique".

L’objectif principal est de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Parmi les étapes définies pour y arriver, l’une a retenue l’attention des associations : "Récolter davantage de bois (augmentation de la commercialisation de bois de 12 Mm3 par an à l’horizon 2026, et poursuite de l’augmentation…)", peut-on lire dans le projet de stratégie nationale bas-carbone soumis au public.

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- biodiversité - 15 février 2020, N. Falempin

Proposition 

Réimplanter des haies le long des chemins et des champs

Dire que les populations d’insectes, d’oiseaux et de petits mammifères s’effondrent est devenu un lieu commun depuis quelques années. Les rapports et statistiques s’accumulent et énoncent des chiffres tous plus alarmants que les autres.

Il existe une solution simple et esthétique pour lutter localement contre la disparition de la faune, et ce sans évoquer la lutte contre les pesticides qui fera l’objet d’un article ultérieur, et ainsi restaurer une continuité écologique terrestre : les haies.

Les avantages méconnus des haies

On estime que 70% des haies existantes en France dans les années 50 ont été détruites, soit 1.4 million de kilomètres, essentiellement pour supprimer les bocages et instaurer des grandes parcelles agricoles unifiées idéales pour la monoculture.

C’est ce phénomène de destruction qui est responsable de l’érosion que subissent les sols agricoles exploités intensivement, ainsi que de la disparition de la faune, qui n’a plus d’habitat pour subsister dans ces plaines.

Mais il ne faut pas pour autant se décider à replanter n’importe quelles haies non plus.

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& Actualité - Sciences & Environnement - Par ANNE-LAURE FREMONT et Service Infographie, 19 Février 2020

Climat, santé, malbouffe: aucun pays au monde ne protège vraiment les enfants

INFOGRAPHIES - Le monde ne parvient pas à offrir aux plus jeunes une vie saine et un climat propice à leur avenir, selon le rapport d’une commission créée par l’OMS, l’UNICEF et la revue The Lancet.

Nous ne fournissons pas à nos enfants une vie épanouie et un avenir sûr... et aucun pays ne déroge à la règle.

Dans un rapport publié ce mercredi, une commission réunissant des experts internationaux sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Unicef et de la revue The Lancet met en garde les pays développés comme ceux aux économies les moins avancées contre leurs politiques actuelles, en classant 180 d’entre eux en fonction de leur action en faveur des plus jeunes.

 

 

"Malgré des améliorations dans la santé de l’enfant et de l’adolescent au cours des 20 dernières années, les progrès stagnent et devraient s’inverser", va jusqu’à déclarer Helen Clark, ex-première ministre de Nouvelle-Zélande et coprésidente de cette commission.

La nouveauté de ce classement? Au-delà des politiques nationales en matière de santé ou d’éducation, il prend en compte la menace imminente que représente le changement climatique en listant les États en fonction de leurs émissions de CO2, le principal responsable du réchauffement global.

☛  le rapport publié par the Lancet - PDF, 7,2 MO

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- Reportage > 19 février 2020 / Garance Diaconu (Reporterre)

"L’Écologie du XXIe siècle" : lutter avec rage et beauté

Mardi 4 février, Corinne Morel Darleux, Claire Nouvian et François Ruffin étaient invités par Reporterre à discuter d’écologie, de dissidence et de modèles d’action politique dans la lignée de la parution du livre "L’Écologie du XXIe siècle".

Paris, reportage - Dans le sous-sol de Ici librairie, la salle déborde de monde jusqu’aux escaliers, qui sont occupés par les derniers arrivants. Pourtant, le silence règne et l’attention est focalisée sur les quatre personnes qui leur font face, Corinne Morel Darleux, Claire Nouvian, François Ruffin et Hervé Kempf.

Un livre les réunit : L’Écologie du XXIe siècle, publié aux éditions du Seuil en partenariat avec Reporterre.

À travers ses pages, on y découvre des entretiens avec douze acteurs et actrices de l’écologie âgés de moins de 45 ans, dont Fatima Ouassak, Alessandro Pignocchi, Pablo Servigne ou Angélique Huguin, et bien sûr, les trois intervenants de ce soir. Une nouvelle génération, qui va tracer le chemin des prochaines décennies.

Rapport sur le climat par le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), rapport sur la biodiversité par l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques)… les données scientifiques sur l’urgence écologique s’accumulent, sont reprises et médiatisées. Quasiment inévitables, elles occupent les esprits de l’époque. Pour la première fois, des générations sont confrontées à l’effondrement écologique. Alors, que faire ?

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18 Février 2020

     

- Tribune > 18 février 2020 / Des universitaires, scientifiques, écrivains, cinéastes, artistes et politiques

Après le blocage de BlackRock : nous sommes fiers de cette jeunesse !

Lundi 10 février, des manifestantes et manifestants pour le climat, certains mineurs, ont envahi le siège français de BlackRock, empêchant quelques heures le numéro un mondial de la gestion d’actifs financiers de fonctionner. Les multiples signataires de cette tribune, “fier.e.s” de la mobilisation de la jeunesse pour le vivant, se déclarent solidaires avec eux dans les poursuites auxquelles ils et elles pourraient avoir à faire face.

Près de 250 personnalités, universitaires, scientifiques, écrivains, cinéastes, artistes et politiques sont signataires de cette tribune. Parmi eux Jean Jouzel, Cyril Dion, Pablo Servigne, Aurélie Trouvé, Aurélien Barrau, Mathilde Panot, Corinne Morel Darleux, Étienne Davodeau, Frédéric Lordon, Olivier Besancenot, Alain Damasio, Mathilde Larrère, Michèle Rivasi, etc. La liste complète, toujours ouverte à signature, est à retrouver ici.

En juillet 2019, Emmanuel Macron exhortait les manifestant-e-s pour le climat à “rendre la vie impossible aux dirigeants”. Lundi 10 février, il a été pris au mot : des centaines de manifestant-e-s Youth for Climate et d’autres collectifs ont envahi le siège de la multinationale BlackRock et l’ont bloqué pendant deux heures en empêchant son fonctionnement.

Alors que la contestation de la réforme des retraites se poursuit depuis deux mois, cette action est un bel exemple d’alliance des luttes sociales et écologistes. Avec 7.400 milliards de dollars étasuniens dans son portefeuille, BlackRock est le plus grand gestionnaire d’actifs au monde. Sa succursale française attend avec impatience la destruction du système de retraites par répartition pour mettre la main sur l’épargne des retraités. Malgré son éco-blanchiment, elle est le premier investisseur des bétonneurs et des compagnies pétrolières, à commencer par Vinci et Total.

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- Entretien > 17 février 2020 / Propos recueillis par Lorène Lavocat

Barbara Stiegler : “Le néolibéralisme est confronté à un mur. Même les élites commencent à douter”

Selon la vision néolibérale, « l’emploi doit être hyper mobile et hyper flexible », dit la philosophe Barbara Stiegler, et il s’agit donc « d’adapter le système de retraites à cette immense précarisation ». Mais face à cette mise en compétition généralisée se dresse un mur de contestations, qui met le néolibéralisme en échec.

☛ Barbara Stiegler est professeure de philosophie politique à l’université Bordeaux-Montaigne et autrice de Il faut s’adapter — Sur un nouvel impératif politique, (éd. Gallimard, 2019).

Reporterre — Pourquoi êtes-vous opposée au projet de réforme des retraites ?

Barbara Stiegler — Je m’y suis opposée parce que j’y reconnais les grands marqueurs du projet néolibéral. Cette réforme vise à adapter notre système de retraites jugé — par la vision néolibérale — comme « archaïque » et « inadapté ». Et ce nouvel environnement auquel il faudrait s’adapter est celui d’un monde globalisé dans lequel chaque individu est sommé d’être performant et compétitif.

Il faudrait donc réadapter notre système de retraites à ce nouveau monde-là, en suivant deux fils conducteurs. D’une part, « l’individualisation du parcours » signifie qu’on ne serait plus protégé par un système de solidarité collective entre classes et entre générations. Avec ce système de « points » à capitaliser, c’est l’individu qui est l’unique porteur de ses succès et de ses échecs. D’autre part, on projette un scénario dans lequel la mort ne ferait que reculer. On serait de plus en plus en forme et en bonne santé de plus en plus longtemps, et ceci vaudrait quelque soit notre classe sociale. Comme si le travail était dépourvu de toute pénibilité, comme s’il n’était pas un facteur supplémentaire du stress responsable des maladies chroniques. À partir de là, le néolibéralisme tente de rendre l’idée même de retraite en bonne santé totalement archaïque. Comment se payer le luxe de payer une retraite à des gens productifs et en pleine forme, alors même qu’on est soumis à une compétition mondiale dans laquelle nous jouons tous notre survie ?

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in La Tribune de Genève

 

 

     

- #Économie. - #Société - 18/02/2020, Pablo Maillé

"Il faut sortir de l’idée que la pauvreté est une punition"

Dans son livre Où va l’argent des pauvres ? (Payot, 2020), le sociologue Denis Colombi déconstruit notre perception de la pauvreté, source récurrente de fantasmes et de stigmatisations dans les discours politiques. Entretien.

Parfois un détail, presque rien, réveille notre attention.

"Ce peut être un vêtement un peu trop propre, une paire de chaussures d’apparence neuve, un sac de sport dernier cri."

Dans son livre Où va l’argent des pauvres ?, paru le 15 janvier aux éditions Payot, le sociologue Denis Colombi part de ces scènes quotidiennes, où des personnes en difficulté financière demandent de l’argent aux hommes et aux femmes qu’elles croisent.

Surviennent alors, dans la tête de ceux à qui il est demandé "une petite pièce", un certain nombre d’interrogations : ce discours est-il crédible ?

Pourquoi devrait-on le croire ?

Ce pauvre est-il vraiment pauvre ?

En partant de ce réflexe inavouable mais répandu, l’auteur entame dans son ouvrage une déconstruction en règle de notre perception de la pauvreté. Des “émeutes du Nutella" à la baisse des APL en passant par le “steak doré" de Franck Ribéry, c’est le rapport à la consommation de l’ensemble de la société qu’il interroge.

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- Fabienne Pasau, le mardi 17 octobre 2017

"À partir du moment où on obéit comme des machines, désobéir devient un acte d'humanité" - Frédéric Gros

Est-il devenu urgent de désobéir ? Jusqu’à quel point désobéir est-il responsable ?

 
☛ Le philosophe Frédéric Gros questionne la désobéissance dans son ouvrage Désobéir (Albin Michel). Dans quel Monde on vit ? l'a rencontré.

Frédéric Gros fait état de la désespérance du monde: la montée en puissance des inégalités, la dégradation de notre éco-sphère, le système de production de richesse par la dette, devant lesquels on reste passif. Ces problèmes sont globaux, mondiaux.
 
Alors pourquoi se résigne-t-on à l'inacceptable ?

"Il faut arrêter de hisser le spectre de l'anarchie dès qu'on parle de désobéir. On est coupable aussi de ne pas avoir envie de savoir, pour ne pas se sentir responsable. J'essaie de définir une désobéissance sur fond de responsabilité politique.”

Notre éducation nous a obligé à penser que l'obéissance est une bonne chose. Et effectivement, obéir trace la voie de l'humanité, s'il s'agit de ne pas être prisonnier de ses pulsions égoïstes, de ses désirs anarchiques. Mais à partir du moment où on obéit comme des machines, sans vouloir savoir, alors désobéir devient un acte d'humanité.

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  Écoutez l'intégralité de l’entretien :

Télécharger l’interview en mp3 (3’24” — 1,2 MO)


pm22100.net/docs/MP3/Frederic_Gros_RTBF.mp3

 

 


17 Février 2020

     

-   Enquête > 17 février 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Exclusif : le kit de Reporterre pour aider les maires (et les citoyens) à devenir écolo

Les 15 et 22 mars prochains, les quelques 36.000 communes françaises renouvelleront leur conseil municipal. Si les communes et les intercommunalités n’ont pas tous les leviers pour agir en faveur de la transition écologique, elles sont cependant bien outillées. Dans ce dossier fouillé, Reporterre propose un "kit" de ce que peuvent – ou pas – les communes en matière écolo. Maires, candidats, citoyens, c’est à vous d’agir, maintenant !

 

 

les FICHES (transport, agriculture et alimentation, étalement urbain, énergie, déchets, autres actions) DE NOTRE KIT :

fiche 1 : transports

fiche 2 : agriculture & alimentation

fiche 3 : étalement urbain

fiche 4 : énergie

fiche 5 : déchets

fiche 6 : autres mesures

 

À la question "que peut un maire pour l’écologie ?", Mohamed Gnabaly, maire sans étiquette de l’Île-Saint-Denis répond sans ambages : "Énormément !" Également vice-président à la transition écologique au sein de l’Association des maires de France, il est intarissable quant aux réalisations vertes des communes. Consommation énergétique, mobilité, restauration scolaire, espaces verts, mobilité… À l’écouter, les édiles seraient des superhéros de la transition écologique. D’autres communes — de Grande-Synthe, dans le Nord, à Muttersholtz, dans le Bas-Rhin — qui ont fait de l’écologie leur cheval de bataille depuis plusieurs années, semblent lui donner raison.

Il suffit d’ailleurs de parcourir les programmes des candidats pour s’en convaincre : l’écologie est au cœur des élections municipales et intercommunales de mars prochain. Tous bords politiques confondus, chacun rivalise d’inventivité afin de se poser en champion vert. Mais que peuvent-ils vraiment faire face à la crise écologique ? Reporterre s’est plongé dans les rouages de la politique locale, et vous propose quelques clés de compréhension.

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- Le peuple des ronds-points - "Manière de voir" #168 • décembre 2019 - janvier 2020, par Olivier Pironet 

Aux armes, maillotins !

C’est un épisode méconnu de l’histoire de France. Il fit pourtant grand bruit à l’époque et marqua les mémoires durablement. À la fin du XIVe siècle, une révolte anti-fiscale — l’une des plus importantes du Moyen Âge — déboucha sur la remise en cause de l’ordre social.

Le 28 février 1382, le petit peuple parisien est abasourdi par la nouvelle : les quatre ducs qui assurent la régence du pays depuis la mort de leur frère Charles V, en 1380, font savoir que l’impôt sur les denrées alimentaires est rétabli. Peu avant sa disparition, Charles V avait consenti à supprimer les fouages, une taxe sur les comestibles applicable à chaque ménage du royaume, touché par des disettes et des famines à répétition depuis des décennies.

Mais les princes, peu sensibles aux difficultés de la population, entendent renflouer les caisses de l’État, grevées notamment par la guerre contre les Anglais.

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- Revues de presse Climat Environnement Europe - Olivier Perrin, publié lundi 17 février 2020

Après ce nouveau week-end très très doux de février, y a-t-il encore un climato-sceptique dans la salle?

Les observateurs du réchauffement pointent le doigt sur les preuves tangibles de ce qu'ils avancent: leurs prévisions sont en train de devenir réalité, disent-ils

En montagne comme en plaine, le moins que l’on puisse dire est que le temps qu’il a fait ce week-end en Suisse a été printanier.

Avec les crocus et les perce-neige en fleurs, certains arbres fruitiers aux bourgeons pas loin d’éclater…

A plusieurs endroits du pays, relève l’ATS, on n’avait pas connu de telles températures depuis près de soixante ans à la mi-février. Meteonews a ainsi mesuré jusqu’à 21,2°C à Delémont. ...

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- Livres Psychologie - Célia Héron, publié samedi 15 février 2020

Grande Interview : Fabrice Midal: “La philosophie nous rend moins naïfs face aux défis de l’époque”

Le philosophe et chantre de la méditation sans chichis Fabrice Midal était en Suisse pour présenter son nouveau livre "3 minutes de philosophie pour redevenir humain". Il répond aux questions du "Temps"

Fabrice Midal chez lui en janvier 2020. - © Antoine Doyen pour Le Temps

Pas du genre à faire semblant, et c’est (entre autres) pour ça qu’on l’apprécie. Le pragmatisme qu’il prône, le philosophe français Fabrice Midal l’incarne jusqu’au bout du fil, sans fioritures ni bavardage, fidèle au ton de ses textes: cash.

Quand on lui demande de combien de temps il dispose:

"Vous avez besoin de combien de signes pour votre article?"

Plus tard:

"Cette question au sujet de la croisière ne me semble pas pertinente."

Pour finir:

"Je voudrais valider la photo avant publication."

On peut admirer sa franchise, on repassera en revanche pour le lâcher-prise.

C'est qu'il se sait lu, écouté, attendu: ses conférences font le plein, ses ouvrages "déculpabilisants" et "libérateurs", selon la presse, se suivent et se vendent très bien. Une réflexion philosophique contemporaine garantie sans prise de tête, précisément ce dont l’époque semble avoir besoin. Après les récents succès internationaux de Foutez-vous la paix! (2017) et Sauvez votre peau! (2018), le fondateur de l’Ecole occidentale de méditation délaisse impératifs et points d’exclamation pour son dernier opus, 3 minutes de philosophie pour redevenir humain, qu’il présentait dernièrement à Lausanne.

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- Consommation - 17 Février 2020

Filtres anti-plastiques dans les lave-linge: Brune Poirson réunit les fabricants

Ces filtres doivent empêcher le passage dans les eaux usées des fibres plastiques microscopiques libérées par les vêtements. "Une première mondiale", selon la secrétaire d'État.

"C'est une première mondiale, ça veut dire qu'en France, en 2025, vous ne pourrez plus commercialiser des machines à laver sans filtre, c'est un immense défi", a déclaré Brune Poirson, ce lundi matin au micro de Sud-Radio.

Renforcer le combat écologique dans les gestes du quotidien, comme celui de la machine à laver. C'est le message que souhaite porter la secrétaire d'État à la Transition écologique, dans son projet de loi sur l'économie circulaire. Ce lundi, elle réunit les fabricants de lave-linge pour préparer l'application d'une mesure adoptée dans cette loi : l'installation de filtres à microfibres plastiques dans les machines à laver neuves.

À compter du 1er janvier 2025, les lave-linge neufs devront en effet être munis de ces filtres, qui sont destinés à empêcher le passage dans les eaux usées des fibres plastiques microscopiques libérées par les vêtements au cours du lavage, explique-t-on au ministère de la Transition écologique.

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16 Février 2020

     

- 15th February 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 12th February 2020

Washout

Despite growing awareness, our government still allows landowners to help flood the homes of people living downstream.

On Friday, campaigners in Calderdale, West Yorkshire issued an urgent warning. The peat bogs in the hills that drain into their valley were burning. The fires had been set by gamekeepers working for a grouse shooting estate. Burning peatlands, research suggests, is likely to exacerbate floods downstream. Towns in the Calder Valley, such as Todmorden, Hebden Bridge and Mytholmroyd have been flooded repeatedly, partly, local people argue, because the upper catchment is able to hold back little of the rain that falls on it. On Sunday, Storm Ciara landed in the UK. The River Calder rose higher than it had ever done before, and Todmorden, Hebden Bridge and Mytholmroyd duly flooded.

The following day, the UK’s diaphanous environment secretary, Theresa Villiers, made a statement in the House of Commons expressing her “support and sympathy to all those whose homes or businesses have been flooded over the weekend.” She assured the house that “every effort is being made to keep people safe”. But she said nothing about the land management that might have caused the flood.

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- - Energy - Pollution - The Observer - Climate change - Christiana Figueres and Tom Rivett-Carnac, Saturday 15 February 2020

‘The only uncertainty is how long we’ll last’: a worst case scenario for the climate in 2050

The Future We Choose, a new book by the architects of the Paris climate accords, offers two contrasting visions for how the world might look in thirty years (read the best case scenario here)

❐ Christiana Figueres, author: ‘This is the decade and we are the generation’

‘The air can taste slightly acidic, sometimes making you feel nauseated.’ Photograph: Arctic-Images/Corbis

It is 2050.

Beyond the emissions reductions registered in 2015, no further efforts were made to control emissions. We are heading for a world that will be more than 3C warmer by 2100

The first thing that hits you is the air. In many places around the world, the air is hot, heavy and, depending on the day, clogged with particulate pollution. Your eyes often water. Your cough never seems to disappear. You think about some countries in Asia, where, out of consideration, sick people used to wear white masks to protect others from airborne infection. Now you often wear a mask to protect yourself from air pollution. You can no longer simply walk out your front door and breathe fresh air: there might not be any. Instead, before opening doors or windows in the morning, you check your phone to see what the air quality will be.

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- - Tech - Business - Apps - Alex Hern, Sunday 16 February 2020

Internet privacy: the apps that protect you from your apps

Worried about the data collected about you? A new generation of startups is making apps to put your privacy settings straight

Tech companies don’t have favourite songs, but if they did, they would all pick Radiohead’s Just –

“You do it to yourself, you do
And that’s what really hurts,”

they would croon, staring their users dead in the eye. And strictly speaking, they’d be right: many of the worst excesses of the industry are, technically, optional. The world isn’t actually a binary choice between living in a surveillance state and opting out of all technological development since the turn of the millennium.

You can opt out – you just have to know how.

Of course, that knowledge is not always easily acquired, nor is it necessarily easy to apply. So a new breed of services has arrived to try to help normal users take control of their digital lives. Companies including Disconnect.Me and Jumbo act as something like a digital concierge for their users, tweaking privacy settings, deleting sensitive data and throwing a spanner into the inner workings of surveillance capitalism.

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- February 13, 2020, by Karen Pinchin Tow Journalism Fellow, FRONTLINE/Columbia Journalism Fellowship, Anya Bourg, & James Jacoby FRONTLINE

Exclusive: Amazon’s First Employee Calls Company a “Huge and Unstoppable Force”

Twenty-six years ago, programmer Shel Kaphan helped build the foundation for the world’s largest internet retailer. Now, in an exclusive interview with FRONTLINE, Kaphan said he is concerned about the “huge and unstoppable force” he says the company has become.

“I think that the characterization of Amazon as being a ruthless competitor is true,” Kaphan said. “And under the flag of customer obsession, they can do a lot of things, which might not be good for people who aren’t their customers.”

Kaphan spoke to FRONTLINE for the upcoming documentary Amazon Empire: The Rise and Reign of Jeff Bezos, which airs Feb. 18. In the interview, highlights of which are excerpted below, he expresses his concerns about the impact of Amazon on competition and innovation and says it “could potentially make sense” to break up parts of the company. He says he’s “proud” of the company and the services it provides, and also casts new light on Amazon’s earliest days and its founder Jeff Bezos — now the planet’s richest person.

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- via: ancient-origins.net

 

La carte des tribus amérindiennes : un morceau d'histoire qui n'apparaît JAMAIS dans les livres scolaires

Nous savons que l'histoire est écrite par les vainqueurs et dès le début de notre scolarité, nous nous habituons à lire les faits et les événements du passé de ce point de vue unique, où les héros, quels qu'ils soient et qu'importe les atrocités qu'ils ont commises, sont toujours les sauveurs du pays.

L'histoire du continent américain en est un exemple : un territoire déjà existant, re-découvert en 1492 par Christophe Colomb, qui apparaît dans les livres d'histoire comme le grand explorateur qui a découvert l'Amérique. Les peuples indigènes qui habitaient ces lieux ont été presque complètement exterminés les siècles suivants et, à ce jour, l'historiographie américaine a encore tendance à omettre la violence avec laquelle la conquête a été menée à bien (...)

 

Northern American Indian Tribes

 

Northern American Indian Cultures



     

- Parti pris - 15 février 2020, Par René Backmann

Israël: la liste noire de l’ONU

La publication par les Nations unies d’une liste d’entreprises impliquées dans la colonisation de la Cisjordanie, en violation du droit international, a provoqué en Israël des réactions violentes, de la gauche à la droite. Qui révèlent l’adhésion de la majorité des Israéliens à la colonisation et à l’annexion des territoires occupés palestiniens.

La haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Michelle Bachelet, a publié mercredi 12 février un rapport de dix pages contenant la liste des entreprises présentes, en violation du droit international, dans les colonies israéliennes de Cisjordanie. Colonies dont l’existence, en vertu des mêmes lois et règles, est tout aussi illégale. Attendue depuis 4 ans, annoncée, puis retardée à de multiples reprises, cette liste qui comportait à l’origine plus de 200 noms, puis 188, en compte dans sa version actuelle 112.

lire le rapport ici.

Elle a vocation à s’allonger ou se réduire en fonction de l’arrivée de nouvelles sociétés ou du départ de certaines de celles qui viennent d’être recensées. Il s’agit en fait d’une base de données dont l’ONU assurera, en principe, une mise à jour régulière.

On y trouve aujourd’hui 94 firmes israéliennes, 6 américaines, 4 néerlandaises, 3 françaises, 3 britanniques, 1 luxembourgeoise et 1 thaïlandaise. (...)

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15 Février 2020

     

- Science & Environment - By Roger Harrabin, BBC environment analyst, 6 February 2020

Climate change: Clean tech 'won't solve warming in time'

Breakthrough technologies such as carbon capture and hydrogen cannot be relied on to help the UK meet its climate change targets, a report says.

The government had hoped that both technologies would contribute to emissions reductions required by 2050.

But the report’s authors say ministers should assume that neither carbon capture and storage (CCS) nor hydrogen will be running "at scale" by 2050.

They say the government must start a debate on other, controversial steps.

These actions, which they say would need to be implemented in the near-term, include cutting down on flying and eating red meat.

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- Reportage > 15 février 2020 / Augustine Peny (Reporterre)

En Finlande, l’hiver est si chaud que les oiseaux ne migrent plus

Dans le sud de la Finlande, les habitants vivent un hiver "noir", sans neige et avec des températures particulièrement douces. À Vaasa, la compétition de sculpture sur glace annuelle a même été remplacée par une compétition de sculpture… sur sable.

 Helsinki, correspondance - En ce mois de février, une atmosphère étrange règne à Helsinki, la capitale finlandaise. Des bourgeons ont fait leur apparition sur les arbres. Pas un centimètre de neige n’est visible et l’herbe est verdoyante. La mer Baltique, à proximité des côtes, est encore à l’état liquide et toute la journée les oiseaux chantent à pleine gorge. En temps normal, au milieu de l’hiver, la nature semble figée et endormie. Le sol est enrobé d’une épaisse couche de neige et l’on peut aisément traverser les eaux gelées à pied ou en patins à glace pour rejoindre les différentes îles.

Cette année, bien loin de la carte postale enneigée, le sud de la Finlande connaît un hiver particulièrement doux. Le mois de janvier a été entre 7 et 8 degrés plus chaud que les moyennes de saison et des records de température ont été enregistrés dans plusieurs zones du pays. Si bien que l’on peut dire que l’hiver n’a pas encore commencé. En effet, les chercheurs finlandais utilisent le terme "d’hiver thermal" pour définir l’hiver, qui correspond à au moins dix jours de températures négatives.

Bien qu’il y ait déjà eu des hivers doux auparavant, le mois de janvier a été "exceptionnel", précise Ilona Lang, chercheuse à l’Institut météorologique finlandais. Elle attend tout de même de voir si le mois de mars, normalement froid et neigeux, confirmera la tendance.

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14 Février 2020

     

- - Édito > 14 février 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Élections municipales, la course à l’écologie

Les 16 et 23 mars prochains, les près de 36.000 communes françaises renouvelleront leur conseil municipal. Le discours de tous les candidats vire au vert pour de bonnes raisons mais l’éco-blanchiment n’est jamais loin. Alors que s’impose l’urgence de la transition écologique et du renouveau démocratique, Reporterre vous aide à y voir clair dans les enjeux de ce scrutin.

Impossible d’y échapper. Sur les tracts ou les programmes, l’écologie s’affiche en épaisses couches vertes. Chaque candidat aux municipales y va de son pinceau éco-responsable, suivant une stratégie culinaire éprouvée : la fibre environnementale, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale.

Si l’écologie s’épanouit ainsi sous les projecteurs électoraux, ce n’est pas sans raison. La dégradation des écosystèmes et les dérèglements climatiques sont étroitement liés à nos modes de transport, d’alimentation ou de construction. Autant de domaines qui dépendent directement des choix politiques locaux. La transition écologique passera donc par l’échelle communale… ou ne se passera pas. L’aventure s’annonce ardue — aucune commune n’agit suffisamment aujourd’hui pour rester sous les 1,5 °C — mais belle, à en croire les expériences enthousiasmantes d’ores et déjà menées par de multiples municipalités à travers la France.

Mais il s’agit également de préparer la résilience des territoires face aux conséquences du changement climatique. En 2018, notre chroniqueuse Corinne Morel Darleux, conseillère régionale en Auvergne-Rhône-Alpes, jugeait ainsi que sa "responsabilité d’élus [était] de prendre en compte [l’effondrement], et de ne pas laisser courir le risque aux populations de le subir sans préparation ni dispositifs d’adaptation". Or, construire l’autonomie alimentaire ou énergétique de nos communes ne se fera pas en un jour. Le temps presse. À l’heure où les dérèglements s’accélèrent, des actions entreprises les six prochaines années dépendra notre capacité commune à faire face à la crise écologique. Du paysage politique sorti des urnes du 22 mars prochain dépendront les écosystèmes de demain.

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By Umair Irfan, February 13, 2020,

Antarctica broke two temperature records in a week

“We have never seen anything like this.”

The Antarctic region has set another stunningly high temperature record: 69.35 degrees Fahrenheit (20.75°C).

Brazilian scientists detected the balmy temperature on February 9 on Seymour Island, just off the tip of the Trinity Peninsula, the section of Antarctica closest to South America, first reported by The Guardian (read at the end of this article).

“We are seeing the warming trend in many of the sites we are monitoring, but we have never seen anything like this,” said Carlos Schaefer, a Brazilian government scientist who studies the Antarctic, told The Guardian.

The new record came less than two days after a temperature of 64.9 degrees F (18.3°C) was recorded on the continent — which broke the previous record set in 2015.

 

Jonathan Watts, Thursday 13 February 2020

Antarctic temperature rises above 20C for first time on record

Scientists describe 20.75C logged at Seymour Island as ‘incredible and abnormal’

The Antarctic has registered a temperature of more than 20C (68F) for the first time on record, prompting fears of climate instability in the world’s greatest repository of ice.

The 20.75C logged by Brazilian scientists at Seymour Island on 9 February was almost a full degree higher than the previous record of 19.8C, taken on Signy Island in January 1982.

It follows another recent temperature record: on 6 February an Argentinian research station at Esperanza measured 18.3C, which was the highest reading on the continental Antarctic peninsula.

These records will need to be confirmed by the World Meteorological Organization, but they are consistent with a broader trend on the peninsula and nearby islands, which have warmed by almost 3C since the pre-industrial era – one of the fastest rates on the planet.

les 2 articles ci-dessus en 1 PDF

 

 

 

 

 

 


13 Février 2020

     

- Édito > 13 février 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)

Macron, le bouffon de l’écologie

M. Macron joue l’intérêt pour l’écologie en allant voir fondre la Mer de glace sous l’œil des caméras. Mais si le thème est électoralement porteur, la réalité est que l’action du gouvernement fait régresser la protection de l’environnement et du climat en France.

M. Macron prend tellement tout le monde pour des imbéciles qu’il continue à vouloir faire croire que la question écologique le concerne vraiment et qu’il veut agir à ce propos. On va donc ce jeudi 13 février le voir observer gravement la Mer de glace à Chamonix et l’entendre pontifier sur la biodiversité devant un parterre de fonctionnaires convoqués à grands frais pour faire la claque. Et les caméras de filmer le président et les éditorialistes de commenter « le défi écolo de Macron » (Aujourd’hui, journal du milliardaire Bernard Arnault).

Au risque de lasser, puisque l’exercice est hélas répétitif, il faut dire que, non seulement le gouvernement de M. Macron ne fait pas avancer la France sur le terrain écologique, mais qu’il la fait reculer :

☛ la France ne respecte pas ses engagements sur le climat, comme l’a révélé Reporterre ;

☛ l’Office national de la biodiversité (OFB), lancé à grands sons de trompe à Chamonix, démarre avec un budget en baisse par rapport aux organismes qu’il réunit ;

☛ autre outil public essentiel de la protection de la biodiversité, l’Office national des forêts (ONF) est en voie de privatisation, comme l’a révélé Reporterre, et se voit orienté vers la productivité au détriment de l’équilibre écosystémique des forêts ;

☛ les normes environnementales sont continûment et souterrainement affaiblies, au nom de la « simplification » ;

☛ la rénovation énergétique, outil essentiel de l’indispensable transition énergétique, reste dramatiquement en retard ;

☛ l’artificialisation des sols se poursuit avec le soutien du gouvernement, qui encourage par le biais des autorisations préfectorale la majorité des projets inutiles, du port de Port-la-Nouvelle aux entrepôts d’Amazon, du « grand contournement ouest » de Strasbourg à l’autoroute Toulouse-Castres, du Terminal T4 de Roissy au Charles-de-Gaulle Express ; en fait, dans les dizaines de projets destructeurs des terres agricoles que recense notre Carte des luttes à travers la France, les préfets sont presque toujours en appui du bétonnage ;

☛ et l’on pourrait énumérer des mesures moins frappantes, qui toujours révèlent un choix au détriment de l’environnement : mise en péril de Terre de liens, soutien à l’importation d’huile de palme par Total, report de l’interdiction du plastique à usage unique à 2040, etc.

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- Entretien > 12 février 2020 / Entretien avec Sylvain Michel

"Le gouvernement n’a pas de réelle volonté de préserver la biodiversité”

Changement climatique et biodiversité sont au programme de la visite d’Emmanuel Macron à Chamonix. Il va notamment lancer, jeudi 13 février, le tout nouvel Office français de la biodiversité. Au sein de cet établissement, les employés dénoncent une politique d’austérité qui affaiblit leur mission de protection de la nature.

Dîner avec des experts du climat ce mercredi 12 février au soir, passage sur la Mer de glace, "témoin de l’ampleur du dérèglement climatique" précise l’Élysée : Emmanuel Macron débute une visite présidentielle de deux jours à Chamonix (Haute-Savoie) sur le thème de la biodiversité et de la transition écologique. Autre temps fort, jeudi matin, il prononcera un discours afin de lancer l’Office français de la biodiversité (OFB), nouvel organisme né de la fusion de l’Agence française pour la biodiversité et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). À cette occasion, le nouvel office a organisé un séminaire réunissant ses cadres dans la station alpine. Un événement fortement critiqué par les syndicats de personnels de l’OFB. Reporterre a interrogé Sylvain Michel, secrétaire adjoint du syndicat CGT environnement.

Reporterre — Pourquoi protestez-vous contre ce séminaire ?

Sylvain Michel — Il a été décidé à la hâte, sans préciser d’objectif ou d’ordre du jour. On réunit 360 cadres mais sans leur préciser dans quel but. Il semble que la venue d’Emmanuel Macron à Chamonix soit la principale raison puisque l’invitation a été lancée il y a à peine deux semaines. Et on a appris quelques jours plus tard dans les médias que M. Macron allait venir.

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- Partage des richesses - par Sophie Chapelle, 13 février 2020

Un meilleur revenu pour les paysans : encore une promesse non tenue du gouvernement

La loi Alimentation adoptée en 2018 devait permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier. Un an et demi après les annonces présidentielles, rien n’a changé. Les négociations commerciales se sont même durcies, au profit des industriels et de la distribution dont les marges continuent de progresser.

C’est depuis le marché de Rungis qu’Emmanuel Macron avait promis en octobre 2017 une revalorisation des revenus des agriculteurs. La loi Alimentation (dite loi “EGalim”) adoptée en octobre 2018 devait permettre à ce que la valeur soit mieux répartie au sein de la filière.

notre décryptage.

Concrètement, générer de meilleurs revenus pour les agriculteurs implique une modération des marges par les industriels et la distribution. Un an et demi après, quel bilan ?

"Depuis, rien n’a changé : les prix payés aux producteurs s’effondrent", déplore Émilie Jeannin, éleveuse de viande bovine en Côte d’Or.

Le même constat est tiré par les producteurs dans toutes les filières, qu’ils soient éleveurs laitiers, de volailles, maraichers ou arboriculteurs.

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12 Février 2020

     

- ENVIRONMENT - Marlowd HOOD, AFP, 5 February 2020

Scientists Warn Multiple Overlapping Crises Could Trigger 'Global Systemic Collapse'

Overlapping environmental crises could tip the planet into "global systemic collapse," more than 200 top scientists warned Wednesday.

Climate change, extreme weather events from hurricanes to heatwaves, the decline of life-sustaining ecosystems, food security and dwindling stores of fresh water – each poses a monumental challenge to humanity in the 21st century.

Out of 30 global-scale risks, these five topped the list both in terms of likelihood and impact, according to scientists surveyed by Future Earth, an international research organisation.

In combination, they "have the potential to impact and amplify one another in ways that might cascade to create global systemic collapse," a team led by Maria Ivanova, a professor at the Center for Governance and Sustainability at the University of Massachusetts, said in a 50-page report.

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- 11th February 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 5th February 2020

The Roots of Fascism

When political leaders brazenly flout the law, we are heading towards a very dark place.

It is not a sufficient condition for fascism to take root, but it is a necessary one. The willingness of political leaders not only to break the law, but to revel in breaking it, is a fatal step towards the replacement of democracy with authoritarian terror.

We see this at work in the United States today, where the Republican Party’s blatant disregard for the constitution will allow Donald Trump to escape impeachment. If Trump is elected for a second term, he will test the potential for wielding unconstitutional power to the limit. But the phenomenon is not confined to the US. Several powerful governments now wear illegality almost as a badge of honour.

Fascist and pre-fascist governments share (among others) two linked characteristics: they proudly flout the laws that are supposed to restrain them, while introducing new, often unconstitutional laws to contain political opponents or to oppress minorities.

In Brazil, outrages against indigenous people, opposition politicians and journalists are encouraged and celebrated at the highest levels of government. Jair Bolsonaro won the presidential election with the help of a judicial coup, in which due process was abandoned to secure the imprisonment of the front-runner, Luiz Inacio Da Silva (Lula). He has been photographed embracing two of the suspects in the murder of the left-wing councillor Marielle Franco, and has sought to block corruption investigations into his son Flávio, who allegedly has close links with members of the paramilitary gang accused of killing her.

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- 10 févr. 2020, par Pascale Fourier - Blog : C'est pas moi qui l'dis....

Education Nationale: des sous-salariés?

Les enseignants, des "sous-salariés"? Il faut le croire. Sous-payés, méprisés par leur Ministre qui leur propose des augmentations indignes supposées compenser les pertes à venir de leur retraite, passés pour pertes et profits pour les grandes centrales syndicales, et en premier lieu celle de Monsieur Berger qui soutient la réforme. 870.000 “sous-salariés”, dont chacun se contre-fiche. A tort.

Ils pourraient en rire si ce n'était tragique... Des pertes de retraite hallucinantes dans le système de retraites par points envisagé  - 30% pour les nouveaux entrants dans la carrière... Monsieur Blanquer qui dit pouvoir compenser ces pertes par des augmentations “de dingue”.... Et des scénarios présentés aux syndicats enseignants le 7 Février dernier dont l'un annonce en 2021 pour un enseignant à l'échelon 2 une prime de 157 euros nets mensuels (c'est 0 pour l'échelon 6).

2200 euros bruts annuels au mieux rapportant...2,55 euros de retraite brute mensuelle ( alors que les pertes sont d'environ 1000 euros sur une carrière complète d'un nouvel entrant dans la carrière....). Sous forme de prime non pérenne sur l'ensemble de la carrière. A l'échelon 5, dans ce scénario 1, c'est 900 euros bruts annuels, rapportant 1,04 euros bruts de pension mensuelle.

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- Publié sur www.revue-ballast.fr le 07 février 2020 - Entretien inédit pour le site de Ballast

Arié Alimi : "Il ne reste plus à ce pouvoir que la violence" par Ballast

Aux opposants à ses contre-réformes libérales, Emmanuel Macron rétorque qu’ils n’ont qu’à “essayer la dictature”. De l’Élysée à la place Beauvau, on exalte l’usage “légitime” de la violence contre les manifestants et l’on nie vigoureusement le caractère systémique des violences policières. Pendant ce temps, les avocats jettent leurs robes dans les tribunaux, aux pieds de la garde des Sceaux. Arié Alimi n’a pas choisi le droit par vocation : cet avocat de 42 ans s’est pourtant imposé comme une figure de la défense des libertés publiques et du combat contre l’impunité des auteurs de violences policières. C’est ainsi qu’il a défendu la famille de l’étudiant écologiste Rémi Fraisse — tué en 2014 par un tir de grenade —, les lycéens molestés durant la loi Travail, une vingtaine de gilets jaunes ou encore Geneviève Legay — militante d’ATTAC hospitalisée après avoir croisé la route des forces de l’ordre. Il nous reçoit dans son cabinet du XVIIe arrondissement de Paris. Sous nos yeux, prévient-il, une “démocratie autoritaire prend corps.

De Rémi Fraisse à Cédric Chouviat, quels traits communs se dégagent des affaires de violences policières que vous avez eu à traiter ?

Ces affaires ont en commun plusieurs caractéristiques. La première tient à la communication éta- tique, avec la mobilisation d’une sémantique destinée à masquer la réalité, c’est-à-dire la mort, la mutilation causées par des agents des forces de l’ordre. Prenons le cas de Rémi Fraisse. Un communiqué de presse, dont on ne connaissait pas vraiment les auteurs au départ, était repris dans la presse au lendemain de son décès. On devait apprendre plus tard que le ministère de l’Intérieur était à l’origine de cette dépêche. Elle signalait un corps retrouvé sur le chantier de Sivens. C’est tout. Comme pour suggérer un décès accidentel... Dans un second temps, pour instiller le doute, on a évoqué l’usage de drogues, la présence d’explosifs dans son sac. Tout cela était faux, évidemment : l’objectif était d’orienter le public vers l’hypothèse de faits accidentels, vers un scénario acceptable (...)

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- Privatisation - par Ivan du Roy, 11 février 2020

"Le futur démantèlement d’EDF serait une spoliation d’un bien public sans amélioration du service rendu"

"Hercule" : c’est le nom du projet par lequel le gouvernement envisage de démanteler EDF, et d’en privatiser une partie. Quelles en seraient les conséquences ? Que serait un véritable service public de l’énergie, face à l’enjeu climatique ? Entretien avec François Dos Santos, ex-responsable (CGT) du comité central d’entreprise.

En quoi quoi consiste le projet Hercule, présenté par le gouvernement comme une "nouvelle régulation économique du nucléaire", et critiqué comme un démantèlement et une privatisation su service public de l’énergie ?

☛ François Dos Santos : Le projet Hercule coupe EDF en deux morceaux. D’un côté, on met la production nucléaire et le thermique à flammes – les centrales au gaz, au charbon, les turbines à combustion – regroupés dans une entité "bleu" qui serait détenue à 100 % par l’État. De l’autre, on crée une société, dont le nom de code est "vert", dans laquelle on place Enedis (la distribution), EDF Renouvelables, Dalkia (une filiale d’EDF), EDF en Outre-mer et en Corse, certaines activités internationales, ainsi que la direction commerciale – soit les 8500 salariés qui gèrent la facturation et les contrats d’électricité en France. Cette société "verte" pourra être ouverte à la privatisation jusqu’à 35% du capital. Une inconnue demeure : dans quelle entité sera placée l’hydroélectricité [10 % de la production en France, ndlr], alors qu’il est question de privatiser les concessions de barrages ? J’ai posé la question. On ne m’a jamais répondu.

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- 11 février 2020, Par Hélène Elouard, Blog : Le blog de Hélène Elouard

Conférence sur le Handicap: Tartufferie de Macron et de son ministre Blanquer

Faisant croire à la priorité de l’inclusion de l’élève alors qu’elles reposent sur une politique budgétaire quantitative et restrictive, le président Macron et son ministre de l'Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer se moquent des Accompagnants d’élèves en Situation de Handicap (AESH).


Comme tou·tes mes collègues Accompagnant·es d’Elèves en Situation de Handicap (AESH), j’ai écouté avec attention la conférence sur le handicap. Notre ministre Blanquer et le président Macron se sont exprimés sur notre fonction d’AESH. Merveilleux, me direz-vous, d’entendre que nous soyons cité·es, nous, les invisibles, les oublié·es de l’Education Nationale. Cité·es ? Mais comment ?

“Tou·tes concerné·es, tou·tes mobilisé·es” selon la formule de M. Macron. Je dirais : Tou·tes concerné·es, tou·tes exploité·es.

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- Info > 12 février 2020 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

La France ne respecte pas ses engagements de l’Accord de Paris sur le climat

M. Macron se pose en champion du climat. Mais la France ne respecte toujours pas l’accord de Paris et n’a pas remis les textes d’engagements prévus par l’accord. Seuls trois pays l’ont fait. La France doit aussi livrer sa "feuille de route Climat" à l’Union européenne : on l’attend toujours.

Les États du monde avaient théoriquement, selon l’Accord de Paris, jusqu’au 9 février pour déposer auprès des Nations unies leurs nouveaux plans climatiques (NDCs, Nationally determined contributions, Contributions déterminées au niveau national). À ce jour, seuls trois pays ont rendu leur copie : les îles Marshall, le Suriname et la Norvège.

Adopté en 2015, l’Accord de Paris vise à contenir le réchauffement climatique "bien en-dessous" de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, afin de limiter les perturbations du système Terre. Or, les promesses actuelles des États (exprimées en contributions déterminées au niveau national, ou NDCs) suivent une trajectoire conduisant à un réchauffement supérieur à 3 °C. Elles sont insuffisantes, et elles ne sont même pas tenues : selon les auteurs du Global Carbon Project, les émissions mondiales de CO2 ont encore augmenté de 0,6 % en 2019.

Le cycle de renouvellement de ces promesses, destiné à rehausser l’ambition des États, est prévu tous les cinq ans. La prochaine échéance ? 2020. Nous y sommes.

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- Santé Chine - Marie Maurisse, Publié lundi 10 février 2020

Coronavirus - Trois scénarios de sortie d’épidémie

Dix jours après que l’OMS l’a déclarée "urgence mondiale", l’épidémie de coronavirus a déjà fait plus de morts que le SRAS en 2002-2003. Alors que les nouvelles contaminations semblent marquer le pas pour la première fois, trois scénarios se dessinent

Malgré la reprise du travail, le métro de Pékin affichait lundi une fréquentation de 50% inférieure à la normale, d’après les médias publics. - © Andrea Verdelli/Getty Images

Après avoir été cloîtrés à domicile pendant plusieurs semaines, les travailleurs chinois sont repartis au travail lundi matin. Pékin a levé les restrictions de circulation afin de faire redémarrer l’activité, alors qu’une partie du pays est toujours placée en quarantaine à cause de l’épidémie de coronavirus.

Le virus 2019-nCov a contaminé plus de 40 000 personnes en Chine et y a fait, selon les derniers chiffres livrés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 910 morts, soit déjà plus que le SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003. Lors d’une conférence de presse, l’OMS a cependant relevé que le nombre de nouveaux cas semblait se stabiliser. Si elle est confirmée, cette tendance pourrait indiquer que le pic épidémique a été atteint.

Que va-t-il advenir ensuite? Le virus va-t-il continuer à se propager, ou au contraire se faire plus discret? Les épidémiologistes dégagent, sur la base des expériences passées, trois scénarios possibles.

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11 Février 2020

     

- Matthew Taylor and Jessica Murray, Monday 10 February 2020

‘Overwhelming and terrifying’: the rise of climate anxiety

Experts concerned young people’s mental health particularly hit by reality of the climate crisis

Clover Hogan grew up in Australia and said she was heartbroken when she heard about the number of animals killed by recent bushfires. Photograph: Jill Mead/The Guardian

Over the past few weeks Clover Hogan has found herself crying during the day and waking up at night gripped by panic. The 20-year-old, who now lives in London, grew up in Queensland, Australia, cheek by jowl with the country’s wildlife, fishing frogs out of the toilet and dodging snakes hanging from the ceiling.

The bushfires ravaging her homeland over the past few weeks have taken their toll.

“I’ve found myself bursting into tears … just seeing the absolutely harrowing images of what’s happening in Australia – it is overwhelming and terrifying.”

Hogan said her lowest point came when she heard about the death of half a billion animals incinerated as the fires swept through the bush.

“That was the moment where I felt my heart cleave into two pieces. I felt absolutely distraught.”

The physical impact of the climate crisis is impossible to ignore, but experts are becoming increasingly concerned about another, less obvious consequence of the escalating emergency – the strain it is putting on people’s mental wellbeing, especially the young.

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- Olivier Passet le 10/02/2020

Le fiasco paranoïaque de la politique sociale de Macron

Comment est-on parvenu à un climat social aussi dégradé en France ? Il s’agit d’une colère perlée : les étudiants, le personnel hospitalier, les enseignants, les avocats, les salariés de la RATP ou de la SNCF, les pompiers, la police, les éboueurs, les dockers… Sans compter la longue traine des «gilets jaunes».

Tout se passe comme s’il n’y avait plus personne de satisfait en France. Mais tout se passe aussi comme si chacun poursuivait sa cause catégorielle, sans véritable convergence des luttes, faisant écho au diagnostic d’une atomisation du corps social. Le gouvernement se trouve ainsi confronté à une guérilla sociale, contre laquelle il s’use.

Comment en est-on arrivé-là ?

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- Grand projet inutile ? - par Isabelle Bourboulon, 11 février 2020 - Photo de une : Mobilisation contre Iter à Pertuis, août 2009 / CC BY-SA 4.0

"Le fantasme de l’énergie illimitée" : enquête sur Iter, réacteur nucléaire expérimental en Provence

"Une source d’énergie propre et quasiment inépuisable" pour ses promoteurs, une chimère scientifique doublée d’un gouffre financier pour ses détracteurs. Que penser d’Iter, ce réacteur nucléaire expérimental installé à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône ? C’est ce que décrypte le livre-enquête Soleil trompeur, Iter ou le fantasme de l’énergie illimitée, dont nous publions ces extraits.

Une grande partie de la communauté internationale est associée au projet Iter. Pas moins de trente-cinq pays : le Japon, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, les États-Unis, la Russie et les vingt-huit États membres de l’Union européenne (Grande-Bretagne incluse) plus la Suisse. Pourtant, on en entend très peu parler. Comment est-ce possible ? À ses débuts, Iter a été qualifié par ses opposants de "grand projet inutile et imposé", comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le site d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure, le barrage de Sivens, etc.

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- Home. - News & Opinion - February 5, 2020, Ruth Williams

Global Ocean Circulation Is Speeding Up

The movements of water within the ocean basins has been increasing in speed over the last 20 years, a new study shows, conflicting with prior models of climate change.

 


ABOVE: Map showing areas of ocean circulation acceleration (orange) and deceleration (blue) - SHIJIAN HU

Contrary to previous predictions, the circulation of water in the world’s oceans appears to be accelerating, according to a study published in Science Advances today (February 5). Although the implications for this trend are, as yet, unknown, the discovery will be critical for informing future models of climate change, researchers say.

“This is quite an exciting paper,” says Joellen Russell, a geoscientist at the University of Arizona who was not involved in the study. “I think the results are robust, I think they’re important, and I think they are a little shocking,” she says.

The water of the Earth’s oceans is continuously circulating around the planet via currents, gyres, and eddies. These movements regulate the Earth’s climate by dispersing heat—they transport warm water from the tropics to the polar regions and drive cooler water back via the oceans’ depths. They also transport dissolved atmospheric gases, such as oxygen and carbon dioxide, and churn up nutrients from below. Ocean circulation is thus a fundamental process for life on Earth.

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- Enquête > 11 février 2020 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Sciences Po se rêve écolo mais copine avec Total

La prestigieuse école Sciences Po Paris entend afficher une politique de transition écologique volontariste. À mesure que grandit l’intérêt pour cette question, le partenariat de financement de l’institution avec Total devient incompréhensible.

Dans un monde bouleversé par le changement climatique, les grandes écoles, qui forment leurs étudiants aux enjeux de gouvernance présents et futurs, peuvent-elles encore nouer des partenariats avec des multinationales polluantes ? Le débat est vif sur le campus de la prestigieuse École polytechnique, où Total va installer sa direction Recherche et innovation et va financer une chaire d’enseignement. Il l’est également dans les couloirs de Sciences Po, dont le partenariat avec la compagnie pétrolière est décrié. D’après une enquête publiée par le Guardian en octobre 2019, Total fait partie des vingt entreprises du secteur des énergies fossiles responsables d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre ces 50 dernières années.

Depuis la COP21, en 2015, Sciences Po affiche une politique volontariste en matière d’écologie. Au printemps 2019, quand ses étudiants se sont mobilisés dans les manifestations de la jeunesse pour le climat, l’école a accéléré la cadence et annoncé un programme intitulé « Climate Action : Make it Work ». L’objectif : établir une feuille de route pour la « transition écologique » à Sciences Po, pour les trois prochaines années.

Cette initiative s’appuie sur trois piliers : « la transformation des campus et des activités » de l’école à travers une consultation et un « plan d’action sur la transition écologique » ; la revue des enseignements et des travaux de recherches par un comité piloté par l’anthropologue et sociologue Bruno Latour ; et la sensibilisation des communautés et du grand public à travers l’organisation d’évènements.

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10 Février 2020

     

- Publié le 7 janvier 2020 - par Front de Gauche Pierre Bénite, Contact

Les femmes, grandes perdantes de la réforme des retraites. Exigeons le retrait !

Cette réforme va tirer les droits de l’ensemble des salarié.e.s vers le bas, mais elle sera particulièrement défavorable aux femmes pour plusieurs raisons. Edouard Philippe a menti en affirmant que les femmes seraient gagnantes avec leur réforme. A l'examen, il s'avère que les femmes seront les grandes perdantes.

Chiffres et arguments à l'appui l'UGICT CGT le démontre.
 
1- Une situation déjà très dégradée aujourd’hui :

Les femmes sont payées 26% de moins que les hommes du fait

➠ du plancher collant : Les temps partiels (30% des femmes y sont enfermées) et la précarité

➠ du plafond de verre : les femmes ont peu ou pas de déroulement de carrière;

➠ Des parois de verre : la moindre rémunération des métiers dans lesquels les femmes sont concentrées (tertiaire, éducation, social, santé…)

➠ De la part variable de la rémunération, c’est ce qui explique que les inégalités soient encore plus importantes chez les cadres (...)

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- Société - J.C., publié le mardi 21 janvier 2020

Boris Cyrulnik, survivant de l'Holocauste: "La planète est bourrée de dictateurs démocratiquement élus"

❐ Boris Cyrulnik, neuropshychiatre français et auteur de nombreux livres, était ce mardi matin l'invité de La Première.

❐ Lui qui a survécu à l'Holocauste en se cachant avant d'être déporté, mais dont les parents ont péri à Auschwitz, s'inquiète de la monté des totalitarismes partout dans le monde.

Morceaux choisis (le MP3 de l’interview est au-bas de l’article)

"Quand le négationnisme est apparu, j’ai été stupéfait. Se taire, c’est se faire complice. L’écriture, pour moi, c’était le moyen de reprendre le contrôle de mon monde interne, mais aussi de partager, de dire aux gens : 'Attention il y a des régimes totalitaires qui s’installent avec l’assentiment de la majorité'. Actuellement il y a des gens qui prétendent avoir la vérité, qui affirment 'je suis votre chef idéologique ou religieux ou scientifique, si vous répétez ma parole, vous aurez un poste. Les autres sont déportés, rééduqués, fusillés", constate-t-il.

"Partout réapparaissent des discours totalitaires. L’explication que je donne, c’est qu'on reçoit trop d'informations. J’adore le doute, mais ça angoisse beaucoup de gens. Si à ce moment-là arrive un sauveur… La planète est bourrée de ces dictateurs démocratiquement élus".

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- Info > 10 février 2020 / Garance Diaconu (Reporterre)

Tomates, poivrons et piments français menacés par un virus ultra-contagieux

Le ToBrFV, un "nouveau virus émergent" selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, s’attaque aux tomates, poivrons et piments. Aucun cas de contamination n’a été déclaré en France mais il inquiète.

Parsemées de taches brunes ou jaunes, comme décolorées bien qu’elles ne soient pas mûres, rugueuses par endroits... Voilà les dégâts subis par les tomates touchées par le virus ToBFV — pour Tomato brown rugose fruit virus, ou virus de la tomate marron et rugueuse — tel que décrit le 4 février par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Le virus est "un organisme nuisible nouveau et émergent", indiquait-elle déjà dans l’évaluation du risque du virus, publiée en janvier.

Certes, le virus est inoffensif pour les humains mais sa vitesse de contamination effraie. "Cela dépend de la densité de plantation, le virus se transmet par contact. Plus il y a de proximité entre les plants, plus la contamination sera rapide. Cela dépend aussi du nombre de passages et de manipulations humaines", explique à Reporterre Christine Tayeh, coordinatrice de l’expertise sur la santé des végétaux de l’Anses. Sa dangerosité réside dans l’absence de solution pour l’endiguer et dans sa stabilité : il peut vivre des années dans des plants contaminés. Jusqu’à présent, la France est épargnée — en Europe, elle est le cinquième pays producteur de tomates. Poivrons et piments peuvent également être touchés.

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- CONTRETEMPS- REVUE DE CRITIQUE COMMUNISTE - Contretemps, 9 février 2020

En 10 citations, la destruction néolibérale de l’Université publique

Si elle est adoptée, la Loi de programmation pluriannuelle pour la recherche (LPPR) devrait assurément accélérer la destruction néolibérale de l’Université et de la recherche publiques, en particulier en accroissant une précarité déjà endémique (en termes de statuts d’emploi), en accentuant les inégalités entre établissements universitaires et entre laboratoires, et en rognant toujours un peu plus l’autonomie (relative) des chercheurs·ses et des enseignant·e·s-chercheur·se·s.

Mais, comme on le verra à travers les dix citations que nous avons sélectionnées, la LPPR vient de loin et constitue une étape dans le projet stratégique des classes dominantes d’une inféodation toujours plus étroite de l’ensemble du système d’enseignement et de la recherche publique aux intérêts du capital, qu’il s’agisse de soumettre la production de connaissances aux intérêts immédiats des entreprises, de faire de l’Université un nouveau terrain d’accumulation (notamment via l’instauration de frais d’inscription élevés, tendant à une privatisation de son financement) ou de marginaliser tout ce qui pouvait limiter la fabrication scolaire ou universitaire du consentement à l’ordre social.

Sur tout cela et pour aller plus loin, on pourra consulter notre dossier : « L’Université saisie par le néolibéralisme, entre marchandisation et résistances ».

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09 Février 2020

     

- France - Richard Werly, publié vendredi 7 février 2020

Essai

Emmanuel Todd: “Presque tous les Français sont aujourd’hui engagés dans une lutte de classes”

Emmanuel Todd aime jeter des pavés dans la mare intellectuelle française. Le dernier ouvrage de ce démographe engagé, “Les Luttes de classes en France au XXIe siècle”, dénonce l’appauvrissement généralisé d’une grande partie de la population, contrainte d’entrer en lutte sociale. Avec deux grands responsables, selon lui: l’euro et Emmanuel Macron

Le démographe et essayiste Emmanuel Todd. - © Wikimedia Commons

Il nous l’a dit plusieurs fois: même s’il dresse dans son livre un bilan cataclysmique de la société française, broyée selon lui par les inégalités et l’appauvrissement généralisé, Emmanuel Todd ne veut pas être rangé dans la catégorie des "catastrophistes".

"Ecrivez bien que je ne cherche ni à semer la panique ni à désigner des coupables. Je brosse juste un tableau engagé de la France, car elle m’inquiète. Nous ne sommes pas face à un pays-archipel mais face à un pays qui s’affaisse, et face à un peuple qui n’a plus que la lutte comme horizon de résistance", répète celui qui, en 2016, avait signé Qui est Charlie?, un autre essai en forme de miroir des plaies sociales françaises.

Sa thèse peut être contestée. Son hostilité de toujours envers la monnaie unique et ses critiques véhémentes de l’Allemagne méritent évidemment débat. Mais dans une France inquiète, son diagnostic résonne. Entretien alarmé.

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- By Gisela Crespo, CNN, February 4, 2020

Scientists find another threat to Greenland's glaciers lurking beneath the ice

https://edition.cnn.com/videos/world/2019/06/19/greenland-ice-sheet-melt-dog-photo-sot-nr-vpx.cnn

(CNN) Scientists have long known that higher air temperatures are contributing to the surface melting on Greenland's ice sheet.

But a new study has found another threat that has begun attacking the ice from below: Warm ocean water moving underneath the vast glaciers is causing them to melt even more quickly.

The findings were published Monday in the journal Nature Geoscience by researchers who studied one of the many "ice tongues" of the Nioghalvfjerdsfjorden Glacier -- also known as the 79° North Glacier -- in northeast Greenland.

 

 

     

- 20 janvier 2020, Augustin Langlade

LVMH, Vinci, Total, BNP Paribas, Carrefour… Ces rois incontestés de la corruption

LVMH : le gigantisme ; Vinci, Eiffage : le pillage des biens communs ; Total : la pollution ; BNP Paribas, Danone : la corruption ; Carrefour : l’inégalité ; Sanofi : l’immoralisme ; Areva-Orano : le néo-colonialisme ; Lafarge : la compromission

L’effondrement approche, mais la course folle pour le profit continue. L’année dernière, les entreprises du CAC40 ont versé 60 milliards de dividendes à leurs actionnaires (un record) : c’est 12 % de plus qu’en 2018 et trois fois plus qu’en 2003. Dans ce contexte, il nous paraît pertinent de nous remettre à l’esprit qui sont réellement les dénommés fleurons de la bourse française. Car pour être une multinationale lucrative, compromission, corruption, déprédation s’exigent. Voici donc ce qu’illustrent de notre système les têtes de file du CAC40.

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08 Février 2020

     

- Lettre ouverte - 7 février 2020, par Setsuko Thurlow, survivante d'Hiroshima et militante de l'Ican (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires), organisation Prix Nobel de la paix 2017.

"Emmanuel Macron, vous n'avez jamais fait l’expérience de l’inhumanité absolue des armes nucléaires. Moi, oui."

❐ Survivante d'Hiroshima et militante pour l'abolition des armes atomiques, Setsuko Thurlow interpelle le président de la République, qui a prononcé ce vendredi matin un discours sur la dissuasion.

Lettre ouverte.

Le président Emmanuel Macron a prononcé aujourd’hui un discours sur les centaines d’armes nucléaires de la France, refusant le désarmement nucléaire et invoquant le manque de réalisme des efforts en vue de les abolir au niveau mondial. Mais il n’a jamais fait l’expérience de l’inhumanité absolue de ces armes. Moi, oui. Et j’ai passé ma vie entière à avertir le monde de la menace réelle que ces armes posent, et à faire comprendre l’illégalité et le mal ultime qu’elles représentent.

Le président Macron n’a pas répondu à ma demande de le rencontrer à Paris la semaine prochaine afin de partager avec lui les réalités de ce que sont les armes nucléaires et de ce qu’elles font aux personnes et à l’environnement. Mais les Français, et notamment les jeunes, méritent de connaître l’entière vérité sur les armes nucléaires.

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C'était en 1997.

 

     

- Tribune > 8 février 2020 / Catherine Marin (Reporterre)

"Penser à l’envers" avec André Gorz et s’interroger : pour quoi luttons-nous, plutôt que contre quoi ?

Avec le documentaire "Lettre à G. — Repenser notre société avec André Gorz", quatre jeunes gens se sont improvisés réalisateurs pour parler du pionnier de l’écologie politique en France. Son projet de refondation sociale et écologique — la "civilisation du temps libéré" — ouvre des perspectives enthousiasmantes.

Imaginez une société où l’on vivrait mieux qu’aujourd’hui, de façon plus libre, plus détendue, plus riche de sens. Une société où l’on travaillerait moins, et où il serait possible de développer plusieurs activités : devenir musicien, jardinier, créer un habitat collectif… ou tout autre chose que le temps libre nous permettrait de concevoir. Il y a tant de "vraies richesses" relationnelles, spirituelles, manuelles… à vivre, au lieu "d’épuiser sans joie nos forces à produire ce que, entre le métro et le dodo, nous espérons trouver le temps d’user", disait en substance André Gorz (1924-2007), qui écrivit une quinzaine de livres au croisement de la critique sociale, de la philosophie et de l’écologie politique.

Cette société dite du temps libéré n’est pas une rêverie futile. C’est celle que cet essayiste et journaliste atypique imaginait la plus à même de répondre à l’urgence de réduire drastiquement notre consommation matérielle et énergétique, pour préserver l’habitabilité de la Terre.

La plus à même aussi de déjouer la précarité sociale, conséquence d’une gestion "perverse" de la réduction du nombre d’emplois suite aux mutations techniques. Une réduction irrémédiable, selon les derniers chiffres : "14 % des emplois devraient [encore] disparaître dans les prochaines années sous l’effet de l’automatisation", avançait l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2019.

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- Faits divers, France - Monde, Environnement - Publié le 08/02/2020

Incendie de l'usine Lubrizol : l'hallucinant rapport rédigé par l'assureur quelques jours avant la catastrophe

l'essentiel Des failles avaient été pointées par l'assureur de l'américain Lubrizol le 13 septembre 2019. L'inspection de l’assureur avait révélé des manquements dans le dispositif anti-incendie de l’usine chimique qui ont conduit à l’accident.

Tout était écrit noir sur blanc. Les responsables de l'usine Lubrizol classée Seveso à Rouen savaient et connaissaient les risques selon un rapport révélé par nos confrères du Monde et de Mediapart. Deux experts de la société, spécialisée dans la prévention des risques, avaient effectué une visite du site Seveso le 13 septembre, soit treize jours avant l’incendie. 

Dans ce document, de nombreux manquements avaient été pointés. “Lors d’un incendie, les conteneurs intermédiaires en plastique (IBC) fondraient rapidement et le liquide combustible et/ou inflammable se répandrait sur le sol, créant comme un grand feu de piscine”, y était-il par exemple écrit.

Autant dire que malheureusement les experts avaient vu juste. 

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- Actualité, Planète - Clément Fournier - Rédacteur en chef, publié le 3 janvier 2020

Écologie : 10 questions qui vont compter pour la prochaine décennie

❐ Formé à Sciences Po Bordeaux et à l'École des Mines de Paris aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques, Clément est depuis 2015 rédacteur en chef de Youmatter.

Dans les années 2010, l’écologie a été au coeur de bien des débats. Sur la scène politique, sur les réseaux sociaux, dans les média, on a parlé d’écologie partout. Pourtant, sur le plan des résultats, la dernière décennie a plutôt brillé par le manque de progrès.

Les émissions de CO2 ont continué à augmenter, la destruction des écosystèmes et des espèces vivantes s’est accélérée, les ressources naturelles continuent d’être surexploitées. Malgré les grands accords internationaux (comme l’Accord de Paris de la COP21) la décennie 2010 est parfois considérée comme "la décennie perdue" de l’écologie.

Mais qu’en sera-t-il donc pour la décennie 2020 ? Depuis longtemps, 2030 est vue comme une date butoir en ce qui concerne l’écologie. C’est une date pivot dans les rapports du GIEC, dans les scénarios du rapport Meadows… C’est aussi une date clef dans la loi de transition énergétique. Bref, dans les 10 prochaines années, il va falloir mettre en oeuvre des transformations importantes dans le domaine de l’écologie. Quelles seront ces transformations ? Quels secteurs sont appelés à évoluer ? Quelles technologies sont en jeu ? En clair, quelles sont les grandes questions qui se posent au monde pour les 10 prochaines années ? Tentons de comprendre.

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07 Février 2020

     

témoignage reçu par François Ruffin

 

 

- 5 février 2020, par Saïd Benmouffok, professeur de philosophie à Aulnay-Sous-Bois (Seine-Saint-Denis), cofondateur du mouvement Place publique - Tribune

Lettre d'un père endeuillé aux députés LREM

Parce que chaque tentative de justification est une injure supplémentaire faite aux parents qui ont perdu un enfant, l'heure est à l'action, celle qui privilégie l'humain.

Au service de réanimation pédiatrique de l'hôpital Trousseau, à Paris, en décembre 2019. Photo Marin Driguez pour Libération

Mesdames et messieurs les députés,

Je vous écris en tant que père d’un petit garçon, Elias, qui a vécu neuf jours avant de nous quitter. Je vous écris également en tant que citoyen, pour vous demander une chose simple : cessez de vous justifier pour votre vote sur le congé pour deuil parental, et agissez enfin comme vous devez le faire.
Rien n’excusera votre refus de porter de cinq à douze jours la règle légale.

Absolument rien.

Arrêtez d’improviser des explications contradictoires.

 

les 2 articles ci-dessus en 1 PDF

 

 

     

- Février 2020, page 6 - par Sophie Eustache

Des journalistes en mission dans les banlieues et les campagnes

Quand les médias rééduquent les lycéens

L’éducation aux médias et à l’information existe depuis des décennies, mais l’attentat contre "Charlie Hebdo", en 2015, a marqué un tournant. Désormais, il s’agit moins de développer le recul critique sur les grands moyens d’information que de rétablir la confiance vis-à-vis du journalisme et d’inculquer les "valeurs de la République" aux jeunes des quartiers populaires.
 

Fin de semaine au lycée Guy-de-Maupassant de Colombes (Hauts-de-Seine). Installés derrière leurs bureaux, les élèves de seconde assistent à la première séance d’InterClass’, le programme d’éducation aux médias et à l’information de Radio France.

La discussion s’instaure entre les journalistes et les adolescents.

Les critiques formulées par ces derniers concernent la course à l’audience, l’image donnée des quartiers populaires, l’homogénéité des informations. Sarah, 15 ans, regrette que les médias se focalisent sur le voile au détriment de "sujets plus intéressants, comme le mouvement à Hongkong", dont elle a entendu parler sur les réseaux sociaux. La fin du cours approche. Après une heure trente de discussions, Nadine Epstain, reportrice à France Inter, aborde un sujet qui lui tient à cœur :

"Qu’est-ce que vous pensez de l’humour dans les médias ?"

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- ça bouge ! Epreuves du Bac - par Rédaction, 7 février 2020

Face au déni du gouvernement, des enseignants documentent la réalité des blocages contre le "bac Blanquer"

Les lycéens et enseignants mobilisés contre les "E3C" sont aussi ciblés par des sanctions et des interventions policières disproportionnées.

Le mouvement commence à s’étendre aux universités, sur fond de guérilla sociale contre la réforme des retraites. Les nouvelles épreuves du baccalauréat, baptisées "E3C" (pour épreuves communes de contrôle continu, s’étalent de mi-janvier à mars).

La controverse enfle sur l’ampleur du mouvement de contestation des modalités de mises en œuvre de ce nouveau bac, dans un contexte de guérilla sociale contre la réforme des retraites.

Combien de lycées sont réellement concernés par des perturbations et des blocages ?

"Dans la grande majorité des lycées, les épreuves se passent normalement", assure le 3 février le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

Le 20 janvier par exemple, 400 lycées devaient passer des épreuves. Selon le ministère, seule une quarantaine aurait été bloquée.

Le syndicat enseignant Snes-FSU en a recensé près de 40 % ce même jour. Des chiffres qui recoupent ceux du syndicat des proviseurs qui a lui aussi annoncé des perturbations dans plus de quatre lycées sur dix.

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- Pollution -Environment - Fiona Harvey, Environment correspondent, Thursday 6 February 2020

Humanity under threat from perfect storm of crises – study

Climate, extreme weather, biodiversity, food and water crises could lead to ‘systemic collapse’

Storm clouds over Sydney. Confronted with multiple emergencies that amplify one another’s impacts, communities around the world are struggling to cope. Photograph: Peter Parks/AFP via Getty Images

The world is facing a series of interlinked emergencies that are threatening the existence of humans, because the sum of the effects of the crises is much greater than their individual impacts, according to a new global study.

Climate breakdown and extreme weather, species loss, water scarcity and a food production crisis are all serious in themselves, but the combination of all five together is amplifying the risks of each, creating a perfect storm that threatens to engulf humanity unless swift action is taken.

The links among the crises are clear in many cases, but the methods the world has chosen to try to solve them do not take account of these connecting factors. For instance, extreme heatwaves can add to global heating, because they release vast amounts of stored carbon from affected ecosystems, in a feedback loop. It has been seen clearly in the Australian bushfires, which are already contributing significantly to the store of carbon in the atmosphere.

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06 Février 2020

     

- Entretien > 5 février 2020 / Entretien avec Arnaud Gossement

❐ Reporterre est un espace de débat pour toutes celles et ceux qui pensent que l’écologie est la question centrale de l’époque. Nous publions aujourd’hui le point de vue d’Arnaud Gossement auquel Mathilde Imer répondra demain.

"La convention citoyenne pour le climat est profondément monarchique”

La convention citoyenne pour le climat n’a pas d’existence juridique, explique l’avocat Arnaud Gossement. Choix des membres, rôle des garants, objectivité de l’information environnementale, force de loi des décisions… tout dépend de la volonté présidentielle. Pendant ce temps, les instruments de la démocratie environnementale sont affaiblis par le gouvernement.

❐ Arnaud Gossement est docteur en droit, avocat spécialisé dans le droit de l’environnement et professeur à l’université Paris 1.

Reporterre — Dans une série de tweets, dimanche 12 janvier, vous avez émis de nombreuses critiques à l’encontre de la convention citoyenne pour le climat. Pourquoi vous a-t-il paru nécessaire de prendre position ?

Je voudrais d’abord préciser plusieurs choses. Je critique le cadre que constitue la convention citoyenne pour le climat (CCC) et non la sincérité ou l’investissement des personnes qui y travaillent, que cela soit les 150 citoyens ou les membres du comité de gouvernance. J’ai une analyse de juriste et non de militant politique ou d’opposant à Emmanuel Macron.

Je constate simplement que cette nouvelle institution est une régression par rapport au droit existant. Elle ne respecte pas le "principe de participation du public", pourtant inscrit dans la Constitution, via l’article 7 de la Charte de l’environnement. En réalité, la convention citoyenne pour le climat n’a aucune existence juridique. Aucun juge ne peut être saisi. Ses membres ont moins de droits que les participants à une enquête publique sur un poulailler industriel !

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- Entretien > 6 février 2020 / Entretien avec Mathilde Imer

❐ Reporterre est un espace de débat pour toutes celles et ceux qui pensent que l’écologie est la question centrale de l’époque. Nous publions aujourd’hui le point de vue de Mathilde Imer, qui répond à l’entretien avec l’avocat Arnaud Gossement publié hier.

“Pour une fois qu’on remet les citoyens au centre du jeu, osons leur faire confiance”

❐ Mathilde Imer est membre du comité de gouvernance de la convention citoyenne pour le climat. Elle est cofondatrice des Gilets citoyens.

La convention citoyenne pour le climat est une innovation démocratique majeure, explique Mathilde Imer dans cet entretien. Elle y explique aussi où en sont les travaux de l’assemblée et commente les garanties politiques proposées par le chef de l’État.

Reporterre — En quoi, selon vous, la convention citoyenne pour le climat est-elle une innovation démocratique ?

Mathilde Imer — En France, c’est un processus complètement inédit, car on n’a jamais rassemblé au niveau national une assemblée de citoyens tirés au sort, qui est représentative de la diversité de la société française. C’est très important sur la question climatique car on voit qu’il y a aujourd’hui un décalage fort entre les politiques publiques mises en place et ce que semblent véritablement souhaiter les citoyens français en la matière. Le tirage au sort et la démocratie délibérative viennent donc compléter notre système représentatif, qui à lui seul ne parvient pas à trouver les réponses adéquates à l’urgence climatique.

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- Info > 6 février 2020 / Grégoire Souchay (Reporterre)

Éolien : contestée à terre, la filière française prend le large

Fini, le triomphalisme ? Le secteur éolien se porte bien en France et se voit tenté par le gigantisme, notamment concernant les futurs projets d’éolien marin. À terre, les "nuisances" ne sont plus seulement dénoncées par les seules associations anti-éoliennes et commencent lentement à être prises en compte, au moins dans les discours, par le pouvoir et la filière.

"Soyons lucides : la capacité à développer massivement l’éolien terrestre est réduite." C’est ainsi que le président Emmanuel Macron s’est exprimé le 14 janvier dernier, à Pau, lors d’une table ronde consacrée à l’écologie. Il a poursuivi : "Le consensus sur l’éolien est en train de nettement s’affaiblir dans notre pays. De plus en plus de gens ne veulent plus voir d’éolien près de chez eux. Ils considèrent que leur paysage est dégradé."

Que l’argument numéro 1 des anti-éolien soit repris au sommet de l’État peut surprendre, alors que la filière se porte plutôt bien. Après des années d’éolien jugé "à la traîne", le total de la puissance installée fin 2018 a franchi la barre des quinze gigawatts (GW), soit au-delà de l’objectif fixé par la loi, et représente désormais plus de 6,5 % de la consommation électrique nationale.

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05 Février 2020

     

- Alternative > 25 janvier 2017 / Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

Les circuits courts alimentaires créent de nombreux emplois

La vente de produits agricoles en circuit court crée bien des emplois, conclut une étude menée dans la métropole rennaise. Ce mode de commercialisation possède aussi la vertu de rendre au producteur son autonomie et de répondre au souhait de transparence des consommateurs.

Rennes (Ille-et-Vilaine), correspondance - Déambuler entre les étals pour faire son marché de fruits, légumes, fromage, poisson et viande est souvent une activité du week-end ; mais vous l’avez peut-être remarqué, il est de plus en plus aisé de trouver un marché en semaine, ouvert en fin d’après-midi. Un moment idéal pour se ravitailler après le travail. Ainsi entre 2009 et 2013, 18 nouveaux marchés ont vu le jour sur le territoire de Rennes métropole, créant par la même occasion une soixantaine d’emplois.

Il en est de même avec l’explosion des Amap et des livraisons de paniers. Dans la métropole rennaise, leur nombre a doublé en quatre ans, passant de 16 à 31 points de vente et engendrant soixante équivalents temps plein.

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- Nucléaire - Le 23 janvier 2020, par Bernard Laponche - Bernard Laponche préside l’association Global Chance.

"Couvrez cet uranium, que je ne saurais voir”, d’après “Tartuffe ou l’Imposteur" de Molière

ANALYSE. Alors que l’uranium est la matière première source de 70 % de la production d’électricité en France, comment se fait-il que cet élément n’est pas cité dans le bilan énergétique officiel français ? Cette dissimulation étonnante permet de ne pas dire que l’uranium est totalement importé et d’affirmer que la production d’électricité d’origine nucléaire est "nationale", ce qui conforte l’idée d’un “taux d’indépendance énergétique" élevé, notion par ailleurs largement discutable.
 
Le Commissariat général au développement durable (CGDD) a publié en février 2019 le Bilan énergétique de la France pour 2017. Ce document de 176 pages constitue la référence officielle la plus complète sur le sujet et présente à la fois les données physiques et monétaires des sources et produits énergétiques produits, importés et consommés en France pour l’année 2017, ainsi que leur bilan monétaire.

Rien de plus normal par conséquent pour un lecteur intéressé par ces questions que de consulter ce document réalisé par le Service de la donnée et des études statistiques (SDES). Le lecteur dont il s’agit ici a lu avec attention l’ensemble du rapport et s’est particulièrement intéressé à la façon dont y est traitée la production d’électricité d’origine nucléaire. Celle-ci fait donc le principal objet des commentaires qui vont suivre.

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- Idées débats / Tribunes. - démocratie - gilets jaunes - Mercredi, 29 Janvier, 2020, Texte collectif.

Non monsieur Macron, nous ne sommes plus en démocratie

 Signataires : Jacques Bidet, philosophe, Christine Delphy, sociologue, Elsa Dorlin, politiste, Jean-Baptiste Eyraud, Droit au Logement, Eric Fassin, sociologue, Bruno Gaccio, artiste, Frédéric Lordon, philosophe, Jean-Luc Nancy, philosophe, Xavier Mathieu, syndicaliste, Gérard Mordillat, écrivain et réalisateur, Willy Pelletier, sociologue, Monique et Michel Pinçon-Charlot, sociologues, Jérôme Rodrigues, gilet jaune, Malika Zediri, association de Chômeurs APEIS.

On connaît la formule : "la dictature, c’est ferme ta gueule ; la démocratie, c’est cause toujours".

Normalement, ce devrait être pour rire. Le problème, depuis longtemps déjà, c’est que beaucoup de supposés "démocrates" se contentent très bien de la formule : causez toujours. Et c’est vrai : trente ans que "ça cause" – dans le vide : aux gouvernements successifs, tous différents paraît-il, mais qui font tous la même chose. Et tous d’aller de stupéfaction en stupéfaction : TCE 2005, FN 2002 et 2017, Gilets Jaunes. Pour tous ces prétendus médiateurs, les alarmes n’auront pourtant pas manqué depuis vingt ans. Qu’ils s’examinent et s’interrogent : "quel compte réel en aurons-nous tenu ?" Et la réponse à la question éclairera aussitôt le présent politique et ses formes.

Du côté des pouvoirs, ce ne sont à l’évidence plus celles de la démocratie. Car il n’y a plus de démocratie là où plus rien de ce qui monte de la population n’est écouté.

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- Entretien - 3 février 2020 Par Fabien Escalona

Rémi Lefebvre: "Ces élections municipales sont un trompe-l’œil démocratique”

De la commune à la région, le pouvoir s’éloigne des citoyens et se concentre dans les mains de quelques édiles. Entretien avec le politiste Rémi Lefebvre, pour mieux cerner les failles démocratiques du système de pouvoir local en France.

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, les discours convenus vont se multiplier sur “le maire, l’élu préféré des Français”, autant que sur la proximité appréciable entre gouvernants et gouvernés à l’échelon communal. Dans un ouvrage à paraître le 20 février, Municipales : quels enjeux démocratiques ? (La Documentation française), le politiste Rémi Lefebvre démontre la naïveté, voire l’inanité de telles considérations. 

Auteur de nombreux travaux sur le pouvoir local et le socialisme français, il revient pour Mediapart sur les causes d’une démocratie dégradée dans les collectivités territoriales. Son diagnostic est sombre mais pas fataliste. Pour le professeur de science politique à l’université de Lille, les pistes sont connues – et nombreuses – pour démocratiser un système local français qui n’est pas épargné par la logique présidentialiste. 

Vous avez signé récemment une tribune annonçant la “dénationalisation” du scrutin municipal de mars prochain, en raison d’une offre politique brouillée et plus éclatée que d’ordinaire. L’illisibilité des résultats au niveau national, anticipée et parfois même voulue par les acteurs politiques, est-elle un problème démocratique ?

Rémi Lefebvre : Ma réponse sera nuancée. D’un côté, je reconnais que la tendance à la nationalisation du scrutin municipal, qui se déployait depuis trois ou quatre décennies, n’était pas satisfaisante sur le plan démocratique. …

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- Parti des Travailleurs de Belgique - Rédaction en ligne, 3 février 2020

Une nouvelle étude le confirme : le transport en commun gratuit est l’alternative sociale et écologique de mobilité

Une étude de Beobank sur les alternatives en matière de mobilité vient de sortir et confirme que la première mesure à prendre pour que les gens utilisent moins la voiture est la gratuité des transports en commun.

Depuis longtemps, le PTB plaide pour cette mesure qui est à la fois "sociale et écologique". Le parti de gauche avance ses plans de financement et critique également les différents gouvernements qui augmentent les tarifs et mènent des politiques de mobilité tant antisociales qu’anti-écologiques.

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04 Février 2020

     

- Info > 4 février 2020 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Après l’abandon d’EuropaCity, l’espoir d’une agriculture locale et écologique

EuropaCity enterré, la construction du métro du Grand Paris Express repoussée... Belle victoire pour les opposants à l’urbanisation des terres de Gonesse, qui préparent l’"après" depuis de longs mois : ils défendent le projet alternatif Carma, un "pôle d’excellence, tourné vers l’agriculture, la santé et l’alimentation".

Longtemps menacé d’urbanisation, le triangle de Gonesse peut-il devenir un pôle d’excellence de l’agroécologie périurbaine ? Depuis le 7 novembre 2019 et l’abandon, par le gouvernement du projet de mégacentre commercial EuropaCity, l’horizon s’est éclairci pour le projet Carma (Coopération pour une ambition rurale métropolitaine et agricole), qui va en ce sens.

Lovées entre les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et Le Bourget, les terres fertiles du triangle de Gonesse (Val-d’Oise), au nord de Paris, ne seront pas sacrifiées au bénéfice d’un demi-millier de boutiques, de quatre hôtels, d’une piste de ski, d’une salle de spectacle, des cinémas, d’un centre aquatique et d’un palais des congrès. C’était pourtant le dessein des promoteurs d’EuropaCity, le groupe Auchan et le conglomérat chinois Wanda, qui souhaitaient attirer près de 30 millions de visiteurs par an. La ténacité de leurs opposants, prêts à s’opposer physiquement à l’avancée des machines, a eu raison de ce projet gargantuesque.

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- Février 2020, page 3, par Vincent Sizaire -

Une condition de l’État de droit

Réprimer la délinquance des puissants

D’un côté, l’idéologie sécuritaire augmente la répression que subissent les classes populaires. De l’autre, police et justice se désintéressent de la criminalité des puissants, qu’il s’agisse de représentants de l’État ou d’intérêts privés. Loin de rendre la société plus sûre, ce déséquilibre augmente son niveau d’injustice et de violence, laissant se propager une tolérance générale à l’égard des pratiques illégales.
 
Depuis plus de vingt ans s’est imposée dans le débat public l’opinion selon laquelle notre sécurité — entendue, très restrictivement, comme la prévention des atteintes à notre intégrité physique — serait garantie au prix d’une emprise toujours plus grande du pouvoir répressif sur nos existences. Autrement dit, la lutte contre la criminalité impliquerait de réduire toujours davantage l’encadrement juridique et le contrôle juridictionnel des autorités pénales, en particulier de la police. À l’heure où l’omniprésence de la question terroriste interdit tout dialogue serein, il est difficile de remettre en cause ce qui se présente sous les traits d’un incontestable bon sens.

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- Reportage > 3 février 2020 / Gaspard d’Allens et Alain Pitton (Reporterre)

Des humains plutôt que des machines : usagers et cheminots contestent la numérisation des gares

Alors que la mobilisation continue contre la réforme des retraites, des militants, rejoints par des cheminots ont protesté vendredi 31 janvier contre la disparition des guichets de gare. Selon eux, le numérique contribue à dégrader les services publics. Il favorise les logiques marchandes et supprime des postes.

Toulouse (Haute-Garonne), reportage - Vendredi 31 janvier, à Toulouse dans le hall de la gare Matabiau, une voix métallique résonne : “Chers voyageurs, la présence de manifestants nous oblige à limiter les accès et les entrées de la gare”. Sur place, les gendarmes sont aux aguets. Dispersés dans la foule, les manifestants se font des clins d’œil et attendent le signal. Au milieu des passagers pressés et des valises à roulettes, ils seront vite démasqués.

Soudain, la sono retentit. Une dizaine de personnes se lancent dans une drôle de danse. Tels des automates, avec des sourires forcés, ils miment « le chat bot », le robot orange qui conseille les usagers sur le site internet de la SNCF.

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- 18 juin 2019 - dbuffault

Achetons ensemble un terrain de 1,4 ha et plantons-y une forêt !

Nous venons de trouver un magnifique terrain dans l’Oise, il se situe à Juvignies, un petit village entouré de champs où les forêts sont plutôt rares.

La parcelle de près de 1,4 ha (14 000 m2), nous permettra de planter pas loin de 40 000 arbres! Ceci en ferait la plus grande forêt Miyawaki plantée en Europe.

Bien entendu, nous avons besoin de financement pour concrétiser ce beau projet et vous pouvez nous y aider. L’achat de la parcelle représente un montant, frais de notaire compris, de 26 360€ que nous avons réunis 15 octobre 2019 en prêts et dons.

Une fois cet objectif de financement atteint, les fonds supplémentaires seront utilisés pour la plantation des 30 à 40 essences sélectionnées.

 

- Methode Miyawaki (en anglais)

  le site > https://www.afforestt.com/methodology

  la méthode (en anglais, PDF)

  la méthode, traduction (allégée) en français

 

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03 Février 2020

     

- - Editorial > Info > 5 juin 2014 / Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

La dette de la France résulte des cadeaux fiscaux fait aux riches, révèle une étude

Le discours dominant sur la dette publique prétend qu’elle découle d’une croissance excessive des dépenses publiques. Or un examen des faits montre que la dette publique a été largement constituée par des politiques économiques favorables aux créanciers et aux riches.

Cette étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. Elle se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales : d’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? Les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.

Télécharger la version complète du rapport.

Résumé du rapport : 59 % de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

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02 Février 2020

     

- Entretien > 1er février 2020 / Propos recueillis par Hervé Kempf

Philippe Descola : “La nature, ça n’existe pas"

L’anthropologue Philippe Descola nous a fait reconsidérer l’idée de nature. Sa pensée a profondément influencé l’écologie, et dessine la voie d’une nouvelle relation entre les humains et le monde dans lequel ils sont plongés. Reporterre a conversé avec lui : voici son interview, à écouter en podcast et/ou à lire.

Philippe Descola est titulaire de la chaire d’Anthropologie de la nature au Collège de France et directeur du Laboratoire d’anthropologie sociale (ENS/EHESS). Il est l’auteur des Lances du crépuscules (Plon, 1993) et de Par delà nature et culture (Gallimard, 2005).

☛ Ecoutez l’émission, enregistrée au Ground Control, à Paris

Reporterre – Philippe Descola, vous êtes un penseur ‘cardinal’ dans l’évolution de la pensée écologique depuis 20 à 30 ans. Jeune étudiant, dans les années 1970, vous êtes parti au fin fond de l’Amazonie, entre l’Equateur et le Pérou, à la découverte des Achuars. Vous y avez passé deux à trois ans en immersion et plus tard plusieurs séjours. Comment avez-vous vécu chez ce peuple, que s’est-il passé ?

Philippe Descola - Je suis parti parce que j’avais de l’intérêt pour la façon dont les sociétés entretiennent des liens de diverses sortes avec leur environnement. Il m’avait semblé que pour étudier cela d’une façon complète et minutieuse, il fallait : séjourner au sein d’une société qui avait eu peu de contacts avec le monde extérieur. Leurs premiers contacts pacifiques, les Achuars les ont entretenus avec quelques missionnaires à la périphérie de leurs territoires à la fin des années 60. Cela garantissait que je pouvais observer un système que j’appelais alors de ‘socialisation de la nature’ qui n’avait pas été trop affecté par l’économie de plantation, le capitalisme marchand et toutes les formes dévastatrices d’utilisation des forêts tropicales que l’on connaît.

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Tribune de Genève, 2/2/2020



     

- Reportage - 29 janvier 2020 Par Jordan Pouille

Grand âge: "On me dit qu’il y a des aides, mais où sont-elles?!"

"Il va falloir me croire..." Lors de ses vœux à la presse, mardi 28 janvier, Agnès Buzyn a promis pour "cet été" son projet de loi "grand âge et dépendance", maintes fois repoussé. Son objectif : "Maintien à domicile le plus longtemps possible." Ce qui suppose un soutien renforcé aux proches "aidants", moral comme financier. Reportage dans un groupe de soutien dédié, dans le Pas-de-Calais.

Cuinchy (Pas-de-Calais), de notre envoyé spécial.– Nicolas a installé délicatement son épouse sur une chaise, à ses côtés. Mathilde semble avachie, les yeux mi-clos. Il interpelle un homme qui s’approche :
"Et ta femme, ça va ?
– Tu parles, toujours hospitalisée et ça ne s’améliore pas.
– Je comprends. Ma nénette, elle marchait sans arrêt entre la véranda et le salon, puis du jour au lendemain, plus rien. Il paraît que c’est une phase de la maladie…
– Moi, je ne sais pas bien ce qui lui arrive.
– Alzheimer, c’est vaste, tu sais. Par contre, tous finissent pareil…"

Nicolas, la soixantaine, s’est récemment résigné à placer son épouse en maison de retraite, dans une résidence confortable de Cuinchy (Pas-de-Calais), à 3 000 euros par mois, où un "café des aidants" se déroule ce matin-là. "Ce sont nos deux filles qui m’ont poussé. Elles voyaient bien l’évolution de leur maman, elles avaient du recul. Moi j’étais vigilant 24 h sur 24 mais je ne réfléchissais plus, j’étais comme noyé." Nicolas vient au chevet de Mathilde chaque midi et repart chaque soir vers 20 heures. "Ma femme ne sait plus manger toute seule. Les aides-soignantes s’en chargent comme il faut, mais j’aime bien être là."

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- - The Observer - Smartphones -  Interview - Andrew Anthony, Saturday 1 February 2020

Amy Orben: ‘To talk about smartphones affecting the brain is a slippery slope’

The psychologist talks about the widespread fear that smartphones are harmful to our wellbeing – and the difficulty of proving it

❐ Amy Orben is a research fellow at Emmanuel College and the MRC Cognition and Brain Sciences Unit at the University of Cambridge. She works in the field of experimental psychology and her speciality is analysing large-scale datasets to determine how social media and the use of digital technology affect the wellbeing of teenagers. Her latest paper, co-written with Prof Andrew Przybylski, looks at teenage sleep and technology engagement.

In recent years there has been a great deal of speculation about the possible harmful effects of digital technology, particularly smartphones, on mental health, the ability to concentrate, and sleep patterns. Is there any sound evidence to support these concerns?

☛ In relation to how much societal debate and coverage these questions get, there is very little evidence for these concerns, and even less high-quality, robust and transparent evidence. I think that lack of high-quality evidence makes the question really difficult to answer.

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01 Février 2020

     

- Collectif Valjean-Vautrin, 31 janvier 2020 - Actualités, Tribunes

Lettre ouverte à Emmanuel Macron

Monsieur le Président de la République,

"Tout commence par une interruption", dit le poète.

Et si, par un impossible dialogue, nous interrompions un moment l’ordre désastreux du monde, pour le rendre à la vraie vie ?

Depuis près de trois ans maintenant, nous vous avons beaucoup entendu, et même écouté. Nous ne vous avons que trop bien compris.

Mais depuis plusieurs mois, nous nous exprimons aussi, tant à l’intention de notre ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer, qu’à la vôtre. Nous demandons qu’enfin, nos idées, nos principes, nos arguments opposés au projet de réforme du système des retraites, à la réforme des lycées, et d’une façon plus générale, au démantèlement consciencieux, appliqué et systématique du service public et de l’État social, soient eux aussi entendus.

Entendus vraiment, sans être balayés d’un revers de la main.

Entendus sans être méprisés, jugés naïfs ou erronés, par les mieux-sachants que vous pensez être.

Entendus et pris en considération.

Entendus et exaucés.

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- Par Catherine Kintzler, le 28 janvier 2020

"It hurts my feelings" : l’affaire Mila et le nouveau délit de blasphème

Du respect érigé en principe, derechef

"L’affaire Mila", lycéenne harcelée et menacée de mort pour avoir diffusé une vidéo "insultante" envers l’islam, pose à nouveau la question du “blasphème” sous une forme contemporaine qui n’est plus celle qu’ont connue nos aïeux, et pour deux raisons. L’une est le retournement victimaire qui inverse le schéma classique où l’on voyait des procureurs accuser les blasphémateurs au nom d’une autorité transcendante. L’autre, noyau profond de ce retournement, est une redéfinition subreptice de la personne juridique, laquelle inclurait comme essentielles les convictions, de sorte qu’insulter une conviction serait insulter les personnes qui la partagent.

Sommaire

☛ “It hurts my feelings". Le retournement subjectif victimaire et l’impératif de censure

☛ Brève histoire du retournement de l’incrimination de blasphème

☛ Du respect envers les personnes au respect envers les doctrines

☛ "La France… respecte toutes les croyances" : qu’est-ce que cela veut dire ?

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- 31st January 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 29th January 2020

The Most We Can Do

Climate targets seem sensible, but are actually impeding effective action. Let’s do something completely different.

The crisis is not imminent. The crisis is here.

The recent infernos in Australia, the storms and floods in Brazil, Madagascar, Spain and the US, the economic collapse in Somalia, caused in part by a devastating cycle of droughts and floods, are not, or not only, a vision of the future. They are signs of a current and escalating catastrophe.

This is why several governments and parliaments, the UK Parliament among them, have declared a climate emergency. But no one in government acts as if it is real. They operate within the old world of incremental planning for a disaster that has yet to arrive.

Nowhere is this clearer than in the reports of the Committee on Climate Change (CCC), the official body that began with such hope and promise of holding the government to account, but that has now abandoned scientific realities in favour of political priorities.

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- Tribune > 31 janvier 2020 / Cathy Clerbaux et Pierre Coheur (The Conversation)

Le voyage des millions de tonnes de CO₂ des feux australiens

Les incendies en Australie qui ont brûlé plus de 10 millions d’hectares de végétation ont rejeté dans l’atmosphère près de 400 millions de tonnes de CO₂, qui circulent depuis autour de la Terre, comme l’expliquent les auteurs de cette tribune.

Cathy Clerbaux est directrice de recherche au CNRS, laboratoire Latmos, Institut Pierre Simon Laplace (IPSL), Sorbonne Université. Pierre Coheur est professeur, chimie de l’environnement, Université Libre de Bruxelles.

Après des mois d’un temps exceptionnellement chaud et sec, des centaines d’incendies ont carbonisé une superficie de l’Australie dépassant les 10 millions d’hectares, soit trois fois la surface de la Belgique. Des milliers de maisons ont été détruites et on déplore, selon un dernier bilan, une trentaine de morts.

Outre les dégâts incommensurables causés à la faune et à la flore, les feux émettent également une quantité massive de gaz et de particules dans l’atmosphère. Vu de l’espace, le spectacle est impressionnant : en deux semaines, depuis le 31 décembre 2019, les fumées portées par les vents ont fait le tour de la Terre et sont revenues près de leur point de départ, dans la région de Sydney.

 

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- Nouvelles frontières - Frédéric Koller, publié samedi 1 février 2020

Huawei, un Pearl Harbor technologique

OPINION. Les Européens se déterminent sur leur réseau 5G. Avec Huawei, ils s’attirent les foudres de Washington. Sans Huawei, Pékin menace de rétorsion. La bataille fait rage

Le 14 janvier, le secrétaire d’Etat américain, Michael R. Pompeo, rencontrait les patrons de la Silicon Valley à San Francisco. On était entre camarades, "Mike" évoquant son parcours d’entrepreneur, les garages de Palo Alto et les dortoirs de Mountain View "où les titans de la tech" sont nés, comme le veut la légende.

Mais le Californien avait un message à faire passer, beaucoup plus grave. Il venait parler du défi technologique chinois. La Silicon Valley – qui a tant voulu séduire les consommateurs chinois – doit aujourd’hui se mettre en ordre de marche pour mener le combat, a-t-il expliqué. Car on est en guerre.

"L’Amérique fait face à une menace qui nécessite chaque fibre de votre capacité d’innovation", a-t-il insisté.

Après avoir été les chantres de la mondialisation, il est temps pour les GAFAM and Co. de se rallier à la "cause patriotique" du président Trump.

"Je ne veux pas être menaçant", a ajouté Mike, mais souvenez-vous de l’"arsenal de la démocratie".

L’arsenal de la démocratie? C’est l’expression de Roosevelt pour convaincre les entreprises, fin 1940, de soutenir l’effort de guerre des alliés contre les nazis. C’était un an avant Pearl Harbor et l’entrée en guerre des Etats-Unis contre Hitler et le Japon.

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