index des jours

01

02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31  

 




17, (Janvier 2020)

 


 

 

dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 928 communes s'opposent au 'Linky'

 






17 Janvier 2020

     

- Entretien > 16 janvier 2020 / Entretien avec Romain Pudal

Les pompiers, des héros fatigués par un État néolibéral

Incendies de forêts, inondations... "L’État français ne donne pas aux pompiers les moyens d’être à la hauteur des enjeux" nés de la crise climatique, assure le sociologue Romain Pudal. Au contraire, les pompiers, qui répondent "à tout le mal-être de cette société", subissent de plein fouet les politiques de rigueur.

Romain Pudal est sociologue. Chargé de recherche au CNRS, au laboratoire Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société (IDHES), il s’est engagé en 2002 comme pompier volontaire, après un service militaire à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris en 1999-2000. Il a écrit le livre Retour de flammes — Les pompiers, des héros fatigués (éd. La Découverte, 2016), une enquête qui s’appuie sur quinze années d’engagement.

Reporterre — Depuis presque trois mois, des incendies ravagent l’Australie. En tant qu’ancien pompier volontaire, que vous inspire cette catastrophe ?

Romain Pudal — J’imagine que les pompiers australiens ressentent en ce moment un sentiment d’utilité maximal, mais, vu l’ampleur des flammes, ils doivent en même temps traverser des situations de terreur professionnelle. Ces incendies montrent à quel point, face aux conséquences du changement climatique, les pompiers sont en première ligne et toujours plus sollicités, partout dans le monde. Il n’est plus possible d’ignorer les risques de voir subvenir des catastrophes majeures, et il est nécessaire de développer des services extrêmement équipés, puissants et avec beaucoup de personnel pour pouvoir lutter efficacement.

PDF

 

 

 

 

     

- 16 janvier 2020, Augustin Langlade

La viande "spaghetti" ou la dégénérescence des poulets industriels. Conséquence de l’élevage en batterie

La viande “spaghetti” est la conséquence de dizaines d’années de sélection génétique, les poulets les plus gros et les plus résistants étant croisés entre eux, afin de créer des mastodontes ultra-lucratifs, prototypes commercialisés ensuite par quelques entreprises d’envergure mondiale.

Depuis une dizaine d’années, les poulets sortant des élevages industriels sont atteints d’une dégradation de leurs tissus musculaires inquiétante. Ce phénomène est celui de la "viande spaghetti", nommée ainsi car la chair ne s’agrège plus normalement et se décompose en filaments blancs, qui non seulement nuisent à la consommation mais sont aussi la preuve que notre système industriel a depuis longtemps franchi la ligne rouge. 

Grâce aux enquêtes et aux vidéos choc de l’association L214, notamment, les conditions d’élevage des poulets et le traitement qui leur est réservé à l’abattoir commencent à être connus du grand public.

Moins célèbres mais tout aussi épouvantables sont les conséquences de cette industrie à l’intérieur du corps des poulets et des dindes, sur leur squelette, leurs organes et leur viande. Depuis une dizaine d’années, les éleveurs et les consommateurs sont forcés de constater que de plus en plus "d’anomalies" apparaissent sur la viande de la filière avicole, résultat direct et évident de l’élevage en batterie sur un mode industriel effréné. Car ces effets secondaires, qui étaient impensables il y a quelques décennies, sont peu à peu en train de devenir la norme.

PDF

 

 

 

     

- Technologies Opinion - Ngaire Woods, doyenne de l’école d’administration publique Blavatnik de l’université d’Oxford, publié vendredi 17 janvier 2020

Huawei est-il vraiment plus dangereux que Facebook?

OPINION. Les inquiétudes des gouvernements occidentaux au sujet de Huawei sont légitimes, mais sont-elles si différentes de celles qui devraient être les nôtres à l’égard des sociétés américaines du secteur technologique et de celles qui gèrent des réseaux sociaux? s’interroge Ngaire Woods, doyenne de l’école d’administration publique Blavatnik de l’Université d’Oxford

Les Etats-Unis, accompagnés par certains de leurs alliés, ont pris des mesures drastiques pour exclure de leurs marchés nationaux la société du secteur des technologies Huawei, mais ils continuent d’ignorer les menaces pourtant similaires que font peser Facebook et d’autres géants du secteur numérique. Les gouvernements des démocraties doivent désormais faire preuve du même empressement à parer ce danger grandi en leur sein.

PDF

 

 

 

 

     

- Christophe Bourdoiseau, 22.09.2019

L’Allemagne se prépare à l’arrivée d’une pauvreté de masse

Retraites - Les bas salaires progressent fortement en Allemagne. Plus d’un retraité sur cinq vivra sous le seuil de pauvreté dans 20 ans

"Les retraités sont de plus en plus nombreux à venir chez nous", déplore la directrice de la soupe populaire de Berlin.

Malgré la pauvreté qui augmente chez les personnes âgées, l’Allemagne n’a toujours pas engagé une réforme de fond de son système de retraite par répartition. Plus les années passent, plus le nombre de retraités qui vivent dans la précarité progresse.

Selon le dernier rapport de l’Institut de conjoncture à Berlin (DIW), plus d’un retraité sur cinq (21,6%) vivra sous le seuil de pauvreté dans vingt ans, contre 16% aujourd’hui.

Ces chiffres sont d’autant plus alarmants qu’ils sont calculés avec l’hypothèse d’une économie évoluant "positivement".

"Le fond du problème n’a pas été réglé", constate Johannes Geyer, l’auteur de l’étude. "Les ajustements, comme une meilleure prise en compte du congé maternité ou la retraite à 63 ans à partir de quarante-cinq ans de cotisations, n’apportent rien de significatif sur le fond. Ce ne sont que des réformes cosmétiques", poursuit l’expert du DIW.

PDF



16 Janvier 2020

     

- Juin 2017, pages 1, 12 et 13, par Jean-Michel Dumay

De l’idéal autogestionnaire au culte du compromis

CFDT, un syndicalisme pour l’ère Macron

Pressé de réécrire le code du travail, le nouveau président français, M. Emmanuel Macron, espère s’appuyer sur les syndicats dits "réformistes", et en premier lieu la Confédération française démocratique du travail (CFDT). Alors qu’elle incarna un profond renouvellement de l’action collective dans les années 1960 et 1970, celle-ci accompagne depuis trente ans le détricotage du droit social, tout en jurant rester fidèle à ses valeurs.
 
C’est une première dans l’histoire du syndicalisme français : la nouvelle mesure de la représentativité syndicale dans le secteur privé vient de placer la Confédération française démocratique du travail (CFDT) devant la Confédération générale du travail (CGT). Construit sur la base des 5,2 millions de voix exprimées lors des scrutins intervenus entre 2013 et 2016 — soit celles de trois salariés du privé sur dix seulement —, le nouveau calcul traduit moins une progression fulgurante de la première (passée de 26 à 26,37 %) que l’érosion continue de la seconde (aujourd’hui à 24,85 %) (...)

PDF


 

 

     

- Enquête - par Pierre Bonneau, 16 janvier 2020

"On nous appelait les prisonniers politiques" : des gilets jaunes incarcérés racontent

Plus de 400 gilets jaunes, condamnés à de la prison ferme, purgent ou ont purgé leurs peines. Certains ont accepté de raconter à Basta ! leur découverte de l’univers carcéral, une expérience qui marque les personnes et souvent déstabilise les familles. Tout en laissant une trace profonde sur le mouvement.

En plus d’un an près de 440 gilets jaunes ont été incarcérés pour des peines de un mois à trois ans. Cette répression, menée sur le plan judiciaire et carcéral, a bouleversé leurs vies et celles de leurs proches, et affecté l’ensemble du mouvement.

À Montpellier, Perpignan, Narbonne, Le Mans et d’autres villes, Bastamag a rencontré plusieurs prisonniers et leurs soutiens, qui nous ont raconté leur expérience.

"Je n’aurais jamais cru aller en prison !"

PDF

 

 

     

- Info  - 16 janvier 2020 / Émilie Massemin (Reporterre)

Le nucléaire, bon pour le climat ? Orano poursuivi pour "publicité mensongère”

Le réseau Sortir du nucléaire porte plainte contre une campagne publicitaire d’Orano, qui présente l’énergie nucléaire comme une solution contre le changement climatique. Une affirmation fausse destinée à relancer les investissements dans une filière en déclin, dénonce l’association.

"Nucléaire : eh non, on ne réchauffe pas la planète !"

"Pour faire du CO2 avec du nucléaire, il va falloir charbonner"

"95 % d’électricité décarbonée en France"...

Pour sa dernière campagne publicitaire, diffusée dans la presse papier (telle que le supplément Femina du Télégramme) entre le 18 et le 24 novembre 2019 et sur sa page "idées reçues", le groupe spécialisé dans le cycle du combustible nucléaire Orano a frappé fort. Objectif, démontrer à "69 % des Français [qui] pensent que le nucléaire produit du CO2 et contribue au dérèglement climatique" qu’ils ont tort et que "l’énergie nucléaire fait partie des solutions pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre”.

"Une campagne fallacieuse", réagit le réseau Sortir du nucléaire. Qui, en guise de riposte, porte plainte ce jeudi 16 janvier devant le Jury de déontologie publicitaire pour toute une série de manquements d’Orano : défaut de véracité des actions, défaut de proportionnalité du message, défaut d’explicitation, défaut de vocabulaire approprié, défaut de responsabilité sociale.

PDF

 

 


15 Janvier 2020

     

- par Frédéric Lordon, 14 janvier 2020

Quelle "violence légitime" ?

Ils auront matraqué des personnes âgées, frappé des handicapés en chaise roulante, tiré au LBD sur des ados, agenouillé des classes entières, lancé des grenades à l’intérieur des appartements, tué une vieille dame — et puis bien sûr visé les yeux, lancé les GLI-F4 en cloche, arraché des mains. Ils auront tout fait — la police de Macron. Maintenant la haine de la population est sortie, et elle ne rentrera pas de sitôt dans le tube. Sa légitimité est constituée, entière, incontestable. La population hait la police et personne ne pourra lui dire qu’elle n’a pas raison.

Les violents dans les institutions de la violence

Qu’on trouve surreprésentés des individus violents à l’embauche des institutions de la violence, il ne devrait y avoir là rien pour étonner. Toute la question est celle de savoir ce que les institutions de la violence font de leurs violents. La combinaison de la nullité burlesque de Castaner et de la complète étrangeté de Macron au monde réel, associées à la situation du régime ne tenant plus que par la force armée, ont conduit à tout lâcher là où il était impérieux de tout tenir.

C’est que la prérogative exorbitante d’exercer la violence ne peut aller sans la contrepartie d’une responsabilité et d’une surveillance exorbitantes. Si le macronisme restera dans l’histoire comme la bascule dans l’État policier, c’est parce qu’à la prérogative exorbitante, il aura au contraire ajouté les autorisations exorbitantes : faites ce que vous voulez.

Il faut se représenter la décharge biochimique qu’entraîne dans des têtes violentes cette parole à peine murmurée : faites ce que vous voulez. C’est la décharge de la pulsion à laquelle d’un coup il est donné libre cours. On ne reprend pas facilement le bouillonnement sadique après l’avoir libéré. Chez les sujets dont nous parlons, l’expérience de la licence absolue, comme un Salò à ciel ouvert, licence de brutaliser, d’insulter, d’humilier, d’exercer par la violence un pouvoir unilatéral sans borne, puisque l’impunité est devenue une garantie implicite, cette expérience est de celle dont on ne revient pas facilement.

PDF

 

 

 

 

     

- - Vincent Gabrielle, Knoxville News Sentinel, published January 12, 2020

Traces of Manhattan Project can be found in every single living thing — even you

Deep off the East Coast of the United States, nestled among the rocks, ravines and reefs of the continental shelf, the Warsaw grouper lives in twilight. The dull brown reclusive fish are obscure outside of deep-sea sport fishing and notable mostly for their massive size — adults can grow almost 8 feet long.

But Warsaw groupers contain a secret in their bones, a mark that originated in the science labs of Oak Ridge and was inscribed by the atomic weapons testing made possible by the Manhattan Project. The ear bones of fish born during the Cold War contain elevated levels of the harmless radioactive isotope carbon-14. 

Fisheries biologists study fish ear bones or otoliths in the same way that botanists study tree rings. Whatever material is laid down in an otolith will stay there for the fish’s entire life in a stony, chemical archive. If something changes in the environment it will echo in the fish’s ears.

During the Cold War, the environment changed dramatically as hundreds of atomic weapons were detonated during the frantic arms race for nuclear supremacy. The local and regional consequences of atomic weapons are well-known, but the global reach of fallout is not. 

PDF

 

 

 

 

     

- SOCIAL - Publié le 10 janvier 2020, Arnaud Dumas

La grève risque d'accentuer la tendance émergente des Français à la déconsommation

Le commerce de centre-ville commence à montrer des signes de fatigue. La grève contre la réforme des retraites s’est traduite par des baisses sévères de leurs chiffres d’affaires en décembre, qui menace de se poursuivre pendant la période des soldes. Le coup est d’autant plus dur qu’il accompagne une tendance émergente à la déconsommation par une partie des Français, soucieux de consommer moins mais mieux.

Le mouvement de grève contre la réforme des retraites se traduit par une réduction de l'activité des commerces en ville. - @Alain Jocard / AFP

"Avec 1,3 % pour 2019 et pour 2020, la croissance est plus élevée que pour la moyenne de la zone euro", se félicitait Bruno Le Maire lors de la présentation de ses voeux aux acteurs économiques.

La grève contre la réforme du régime des retraites, malgré sa durée inédite, ne semble pas avoir de prise sur les chiffres macroéconomiques qui demeurent largement positifs.

PDF

 

 

 

     

- Info > 15 janvier 2020 / Héloïse Leussier (Reporterre)

Le déclin de la filière du papier recyclé, un drame social et écologique

L’arrêt des activités des usines du groupe papetier Arjowiggins, courant 2019, a signé la fin de production de certains papiers recyclés en France. Les papeteries françaises, globalement, se portent mal. Une situation regrettable sur le plan social et écologique puisque les imprimeries locales doivent alors se fournir en papier à l’étranger.

Au printemps 2019, Arjowiggins Papiers Couchés et Arjowiggins Creative Papers, filiales du groupe papetier international Sequana, ont été placées en liquidation judiciaire. Un chamboulement de plus dans l’industrie papetière française. Une usine située à Saint-Mars-la-Brière, dans la Sarthe, a été reprise partiellement par une société spécialisée dans la ouate, permettant de sauver 120 emplois sur 270. Une autre usine, qui produit de la pâte à papier recyclée, à Château-Thierry, avec 75 salariés, a été reprise par une entreprise allemande qui fabrique des serviettes de table en papier. En revanche, le plus gros site de production, qui employait 570 salariés, à Bessé-sur-Braye, dans la Sarthe n’a pas trouvé repreneur. Cette usine était la seule, en France, à produire certains types de papier recyclé, pour la bureautique et l’édition. « Désormais, nous devons nous tourner vers l’Allemagne ou l’Autriche pour nous approvisionner en papier recyclé. C’est dommage d’avoir tout ce transport de marchandise, alors que nous étions dans une chaîne courte et vertueuse », regrette ainsi Gilles Fouquet, de l’imprimerie ITF, près du Mans. Cet imprimeur utilisait notamment les papiers d’Arjowiggins pour l’édition de bulletins municipaux.

PDF

 

 

 

 



14 Janvier 2020

     

- Info > 14 janvier 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Travailleuses détachées dans l’agriculture, elles racontent leur calvaire en France

Les "travailleurs détachés" — qui viennent de Pologne, d’Espagne, de Roumanie... — fournissent une grande part de la main d’œuvre dans les campagnes françaises. Ce statut vulnérable et précaire permet de nombreux abus, dont sont notamment victimes les femmes, que certaines ont courageusement décidé de dénoncer.

Pour Yasmine, la date de son arrivée en France est facile à retenir : "C’était le 31 décembre 2011", se souvient-elle. Une nouvelle année pour un nouveau départ, espérait-elle avec son amie K. – qui préfère reste anonyme. D’origine marocaine, vivant en Espagne depuis leur enfance, elles travaillaient comme vendeuses dans le prêt-à-porter, avant que la crise ne les mette au chômage. Elles pensaient venir en France pour un an. "Nous avons souscrit un contrat avec l’entreprise Laboral Terra, pour travailler dans l’agriculture, dans l’emballage de fruits et légumes", raconte Yasmine. Travailler dur, certes, mais aussi gagner un salaire en conséquence, plus élevé en France qu’en Espagne. Elles ne se sont pas méfiées. "Nous nous sommes dit, c’est l’Europe ! Mais dès notre arrivée en France, à Avignon, le calvaire a commencé", poursuit-elle. Un calvaire qu’elle raconte désormais le regard haut et déterminé, pour dénoncer, en espérant que cela l’évitera à d’autres.

Huit ans plus tard, elles sont toujours en France, et attendent le procès de leurs anciens employeurs aux prud’hommes, peut-être même au pénal. De 2012 à 2017, les cinq années où elles ont vécues en tant que travailleuses détachées, K. les appelle "mes années noires en France", dit-elle, la gorge serrée. "Je laisse parler Yasmine, pour moi c’est trop douloureux." Cinq ans pendant lesquels elles disent n’avoir cessé de se demander : "On est en France, pays des droits de l’Homme. Est-il possible que tout cela nous arrive ici ?"

PDF

 

 

 

 

 

 

     

- Climat Tennis - Arnaud Jamin, écrivain, publié mardi 14 janvier 2020

La joueuse de tennis et le feu

Les images de l'abandon de la Slovène Dalila Jakupovic, victime de la pollution de l'air à Melbourne, au premier tour des qualifications de l'Open d'Australie, ont fait le tour de la planète et fait réagir l'écrivain Arnaud Jamin: "désormais, on ne peut littéralement plus jouer"

Je ne connais rien de la joueuse de tennis Dalila Jakupovic.

Son Instagram dévoile une Slovène de 28 ans appliquée qui parcourt le monde pour faire son métier: lancer une balle, courir, perdre ou gagner mais avant tout, jouer.

Cette nuit dans un match de qualification de l'Open d'Australie à Melbourne, alors qu'elle mène un set à zéro et qu'elle se bat en fin de deuxième set, une terrifiante quinte de toux l'assaille. C'est l'abandon soudain. L'image fait le tour de la planète en quelques minutes.

Que s'est-il passé?

PDF

 

 

 

 

     

- Chronique > 14 janvier 2020 / Corinne Morel Darleux (Reporterre)

La vie sauvage arrive dans les villes, repensons les frontières

Les villes s’étendent et "l’espace rétrécit", écrit l’autrice de cette chronique. Désormais les rencontres entre humains et vie sauvage — ours, sangliers, renards... — vont se multiplier et il faut "trouver de nouveaux mécanismes de préservation de la nature sauvage, sans pour autant gommer son altérité".

Mercredi matin [le 8 janvier], une dépêche AFP nous apprenait que "des snipers vont abattre depuis des hélicoptères 10.000 dromadaires sauvages en Australie, en raison de la menace que constituent pour les populations ces animaux qui, du fait de la sécheresse, s’approchent de plus en plus de certaines localités pour y trouver de l’eau". Les conflits de territoire entre humains et non-humains ont toujours existé. Mais ils sont peut-être appelés à se multiplier. Car aujourd’hui, l’espace habitable rétrécit. En Alaska, on voit ainsi de grands ours sauvages fouiller les poubelles en ville pour survivre. De plus en plus d’animaux sauvages risquent d’être condamnés à partager les mêmes zones que nous. Nous qui avons mité leurs territoires d’axes routiers, d’oléoducs et de mégalopoles [1]. Nous qui avons coupé les forêts, dépeuplé les rivières et fait fondre la banquise.

PDF

 

 



13 Janvier 2020

     

- Enquête > 13 janvier 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Mégafeux : la France pourrait aussi être touchée

En 2050, la moitié des forêts françaises sera soumise au risque d’incendie, avec des feux plus réguliers et plus violents du fait des sécheresses et de la hausse des températures. Se préparer à ce phénomène est indispensable.

Nos yeux sont tournés vers l’autre bout du monde. En Australie, le ravage causé par les flammes offre un spectacle cauchemardesque. Nous assistons médusés à une forme d’effondrement. La population fuit les villes, les écosystèmes sont réduits en cendres et le brasier, attisé par le réchauffement climatique, devient incontrôlable.

Il serait confortable de croire la situation australienne isolée. La France est, elle aussi, menacée à l’avenir par des feux plus intenses et plus fréquents. À une proportion évidemment moindre qu’en Australie mais le péril inquiète tout de même les autorités, les sapeurs-pompiers et les scientifiques. "Les mégafeux pourraient s’étendre à notre pays", expliquait dans un entretien à Reporterre, la philosophe Joëlle Zask.

Un rapport interministériel, publié en 2010, partage le constat. Il prévoit qu’en 2050, "plus de la moitié des forêts françaises seront classées à risque contre un tiers aujourd’hui" . Le phénomène pourrait s’accélérer. "Dès 2040, les surfaces menacées par le feu sont susceptibles d’augmenter de 30 % par rapport à 2008", alertent les experts de Météo France, de l’Office national des forêts (ONF), et de l’Institut national de l’information géographique et forestière ( IGN), à l’origine de l’étude.

PDF

Rapport de la mission interministérielle « Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêts », juillet 2010.

 

 

 

 

     

- Justice Climat Environnement Médias - Boris Busslinger, publié lundi 13 janvier 2020

Les manifestants pour le climat mettent Credit Suisse à terre

Au terme d’une audience historique, 12 activistes condamnés pour avoir occupé une banque sans autorisation ont été innocentés. Le juge a considéré que leur action de désobéissance civile se justifiait au vu de l’urgence climatique

Un tonnerre d’applaudissements a accueilli la lecture du verdict: l’acquittement.

Les militants se prennent dans les bras, les avocats aussi. Des deux côtés du banc, beaucoup sont en pleurs. Venue en nombre pour soutenir les activistes, la foule exulte également.

"Personne n’y croyait", glisse l’un des défenseurs du barreau, visiblement sous le choc d’une telle réussite. "C’est une journée historique", appuie l’une de ses collègues.

La décision prise ce lundi fera en effet date.

Pour la première fois, la justice suisse reconnaît que la désobéissance civile pratiquée par les manifestants pour le climat se justifie. Invoqué par les avocats, l’état de "nécessité licite" – une exception juridique qui rend légale une action punie par la loi si elle est justifiée par la sauvegarde d’intérêts prépondérants – a été retenu. Oui, la gravité du changement climatique peut justifier de briser la loi.

Retour sur un jugement déjà célèbre.

PDF

 

 

 



12 Janvier 2020

     

- Belga, publié le jeudi 28 novembre 2019

La planète bascule vers un désastre irréversible, avertissent les scientifiques

La moitié des points de basculements qui pourraient entraîner la planète vers un désastre irréversible ont été activés, ont averti des scientifiques dans un article publié dans la revue Nature. Neuf de ces étapes du changement climatique pourraient entraîner un effet boule de neige.

"Dès qu'un ou deux 'dominos climatiques' sont renversés, ils poussent la terre vers d'autres points de basculement", déclare le professeur Will Steffen de la Australian National University à Canberra (Australie) dans un communiqué diffusé jeudi. "Nous craignons qu'il ne devienne impossible d'empêcher cette rangée de dominos de tomber, ce qui pourrait menacer l'existence des civilisations humaines.”

PDF

L'article de Nature

 

 

 

 

 

 

 

 

     

- Reportage > 9 janvier 2020 / Mathilde Sire (Reporterre)

Les coopératives funéraires veulent "réenchanter la mort"

Rennes, Nantes, Bordeaux... Les "coopératives funéraires" fleurissent en France : les prix se veulent plus "justes", quiconque peut devenir sociétaire et tous les bénéfices sont réinvestis. En plus, ces structures proposent des obsèques plus respectueuses de l’environnement.

Nantes, (reportage)

"En 2015, j’ai assisté à des obsèques. Quand je suis rentrée dans une entreprise de pompes funèbres, j’ai eu l’impression d’entrer dans un magasin et je n’avais pas envie qu’on me vende des choses… Je trouvais qu’on rajoutait de la tristesse sur la tristesse, dans un environnement sombre", se souvient Isabelle Georges. Avec un collectif de quinze personnes et structures, elle a monté la coopérative funéraire rennaise qui ouvrira ses portes au mois de janvier 2020. "C’est pour ça que les coopératives sont dans des lieux plus chaleureux, d’écoute, d’accueil..."

À Nantes, depuis trois ans, c’est au cœur d’un bâtiment regroupant plusieurs coopératives qu’est installée la coopérative funéraire. Dans une pièce lumineuse et sobrement décorée, Sabine Le Gonidec, Brigitte Brodin et Sophie Dronet, toutes trois salariées de l’établissement et conseillères funéraires, reçoivent les clients, avec une promesse inscrite sur leur site internet : "Notre agence de pompes funèbres propose des prestations de qualité à des prix justes."

Comme pour une entreprise de pompes funèbres "classique", les coopératives organisent les obsèques, mais on peut aussi y venir en amont, pour s’informer, préparer ses funérailles ou celles de ses proches. "On a de plus en plus de gens séparés, sans enfants, ceux dont les proches ont le même âge... Ils se demandent comment faire si je pars en dernier ?", raconte Sabine Le Gonidec, conseillère funéraire et présidente de la coopérative nantaise qui propose des entretiens pour les aider à se poser les bonnes questions.

PDF

La SCIC Coopérative funéraire de Rennes a été inaugurée hier, 11/1/2019

3 rue du Morbihan

35000 Rennes

‭07 63 63 55 25

www.lacoopfunerairederennes.fr

bienvenue@lacoopfunerairederennes.fr

 

- - Alternative > 15 mars 2016 / Odile Floutié (Silence)

Cercueils en carton et corps rendus à l’humus : le cimetière devient écolo

La mort fait partie de la vie. Et comme elle, dans notre monde, elle peut prendre, en ce qui concerne l’inhumation, un tour écologique. C’est ce qu’explique l’enquête de la revue Silence.

La première contrainte est le choix entre inhumation et crémation, les deux seuls modes d’obsèques autorisés en France actuellement. Dans les deux cas, vous aurez obligatoirement à choisir un cercueil. La majorité des pompes funèbres vous vendent alors un modèle en bois qui aura bien souvent parcouru des milliers de kilomètres, doté de poignées de portage non biodégradables et recouvert de peintures et de vernis. Ces entreprises ont tout intérêt à proposer aux familles, dans ces moments de profonde détresse, l’ardoise la plus élevée possible. En effet, le montant alloué aux obsèques peut atteindre plus de 6.000 euros. Il est important de se renseigner.

Cette lourde facture affecte également notre Terre. Le modèle économique actuel de nos funérailles est énergivore et polluant. Outre la consommation de bois qui augmente la déforestation, les stèles en marbre sont en provenance de Chine et d’Inde dans 80 % des cas, et le béton de nos sépultures altère les sols. S’y ajoutent les pesticides utilisés dans les cimetières, qui ne sont pas concernés par la loi du 22 juillet 2015 sur l’interdiction de produits phytosanitaires. Ainsi que le rejet dans l’atmosphère des dioxines, mercure, plomb, cadmium et autres métaux lourds par les crématoriums non équipés de filtres. Un arrêté de février 2010 fixe « les quantités maximales de polluants contenus dans les gaz rejetés » au plus tard en février 2018, or le décret n’a toujours pas été publié et nombre de crématoriums ne seront pas équipés à cette échéance. De plus, les professionnels du funéraire recommandent les soins de conservation des corps auprès des familles alors que cette pratique fait usage de formol (France et Grande-Bretagne exceptées, la thanatopraxie [2]) est interdite en Europe ou restreinte à des cas exceptionnels de transports de corps), et cela se rajoute aux polluants accumulés dans nos corps tout au long de nos vies.

PDF

 

 

 

 

     

- On en parle > 9 janvier 2020

Dans un monde globalisé, parer le localisme de toutes les vertus est une arnaque

On ne nous a jamais autant parlé de "relocalisation", de "décentralisation"... et jamais la prise de décision sur les grandes questions économiques et sociales n’a été aussi éloignée des citoyens. Dans "L’illusion localiste", Aurélien Bernier dénonce cette "arnaque de la décentralisation dans un monde globalisé”.

Présentation du livre par son éditeur :

Rapprocher le pouvoir du citoyen, instaurer la "démocratie participative", soutenir le développement territorial et l’économie "de proximité"...

A l’approche des élections municipales, on assiste à une surenchère des mots d’ordre localistes et décentralisateurs. On les retrouve dans tous les discours politiques, de la gauche à l’extrême-droite en passant par la droite et les socio-démocrates.

La participation des habitants et les promesses de changement "par en bas" sont dans tous les programmes. Les démarches et les listes "citoyennes", plus ou moins instrumentalisées par les partis traditionnels, se multiplient. Même le président de la République s’affiche localiste : en réponse à la crise de "Gilets jaunes", il promet une nouvelle phase de décentralisation pour la deuxième moitié de son mandat. A en croire nos élites, c’est donc par l’action municipale ou régionale que les problèmes économiques, sociaux, environnementaux ou démocratiques pourraient être résolus...

PDF

 

 

 



11 Janvier 2020

     

- À découvrir > 10 janvier 2020 / Jonas Lum

La non-violence, "une résistance molle" qui ne provoque pas de changement profond

Dans "Comment la non-violence protège l’État", Peter Gelderloos tacle la non-violence, une forme de « résistance molle » qui met en danger les militants plus offensifs en en faisant des cibles de choix pour la répression. Loin de prôner la violence à tout prix, il plaide pour « une diversité des tactiques » dans les luttes.

Peut-on résister à un système aussi violent que le capitalisme par la non-violence ? Non, répond l’activiste libertaire Peter Gelderloos. Dans son livre Comment la non-violence protège l’État ?, il explique pourquoi la non-violence seule ne permet pas (et n’a jamais permis) de provoquer des changements profonds dans la société et ne fait qu’asseoir les privilèges de celles et ceux qui participent à ces mouvements.

Alors que l’État réprime avec une violence grandissante les personnes qui le contestent, les mouvements non violents se multiplient. Cela n’étonne pas l’activiste et auteur libertaire Peter Gelderloos qui déplore que « la plupart des gens qui en viennent à s’impliquer dans des mouvements radicaux n’ont jamais entendu de bons arguments, ni même de mauvais, contre la non-violence ». Il avance au contraire que la non-violence « sert immanquablement les intérêts de l’État ».

C’est pourquoi il a écrit en 2005, Comment la non-violence protège l’État — Essai sur l’inefficacité des mouvements sociaux (How Nonviolence Protects the State). Le livre a été traduit en français en 2016 par un collectif qui l’a publié en accès libre et il est sorti en librairie en 2018 aux Éditions Libre [[Gelderloos a vivement critiqué le traducteur français de son livre pour ses positions transphobes]. Dans cet ouvrage, il démonte méthodiquement les arguments utilisés par les militant.e.s non violents pour présenter leur tactique comme supérieure moralement et stratégiquement.

PDF

 

 

 

     

- Entretien > 9 janvier 2020 / Entretien avec Pablo Servigne

Pablo Servigne : "Avec les mégafeux, le projet moderne a trouvé plus fort que lui"

Le penseur Pablo Servigne, qui a forgé le concept de collapsologie, parle d’un "effondrement de la normalité" et d’un "basculement rapide et massif de l’opinion publique" en Australie, car les mégafeux montrent bien que les catastrophes ne sont ni lointaines ni hypothétiques.

Pablo Servigne est chercheur indépendant et essayiste, coauteur de l’ouvrage Comment tout peut s’effondrer (2015, Seuil) avec Raphaël Stevens. Son domaine d’étude est ce qu’il appelle la « collapsologie », l’étude de l’effondrement.

Reporterre — Un brasier incontrôlable, 100.000 personnes évacuées, un milliard d’animaux tués... L’Australie vit-elle une forme d’effondrement ?

Pablo Servigne — Il y a un côté destructeur, gigantesque, imprévu et irréversible dans ce que vit l’Australie. On pourrait parler d’effondrement, mais c’est encore trop tôt pour dire si l’Australie se relèvera ou pas de tels mégafeux. Nommer un effondrement à grande échelle est une question pour les historiens du futur.

À l’échelle locale des écosystèmes forestiers, il s’agit clairement d’effondrements. Ces forêts sont habituées aux feux de savane, ça fait partie du cycle de vie, mais dans ces mégafeux il y a une puissance nouvelle qui risque de mettre à mal le côté réversible des choses… Attendons de lire les études des écologues.

PDF

 


     

- CLIMAT - Entretien - 10 janvier 2020 Par Jade Lindgaard

Mégafeux en Australie: le philosophe Clive Hamilton redoute un “holocauste des animaux”

Plus de 8 millions d’hectares ont brûlé en Australie depuis le mois d’octobre, un milliard d’animaux pourraient avoir perdu la vie. Pour le philosophe Clive Hamilton, le climato-scepticisme fanatique du premier ministre Scott Morrison est en cause.

Plus de 8 millions d’hectares ont brûlé en Australie depuis le mois d’octobre, début d’une saison catastrophique de mégafeux qui ont consommé un territoire aussi grand que la Belgique. Vingt-six personnes humaines sont mortes, des dizaines de milliers ont dû être déplacées mais la faune du bush australien est la plus touchée, au-delà des mots et des images : un milliard d’animaux pourraient avoir perdu la vie. Des scènes macabres de cadavres d’animaux prisonniers de paysages calcinés hantent les médias australiens. Alors que des volontaires se relaient pour porter secours à des koalas assoiffés et blessés par les incendies, des snipers en hélicoptère pourraient abattre des milliers de dromadaires afin de protéger des réserves en eau au sud du pays.

Face à cette catastrophe sans précédent, le philosophe et économiste australien, auteur des Apprentis sorciers du climat (Seuil, 2013) et de Requiem pour l’espèce humaine (Presses de Sciences Po, 2013), incrimine le climato-scepticisme fanatique du premier ministre australien, Scott Morrison. Épouvanté par le terrible bilan pour la faune du bush australien, il compare cette tragédie à un « holocauste des animaux », en référence aux sacrifices antiques d’animaux par le feu. Il ne faut pas lire de volonté de polémique facile dans cette expression, et encore moins une intention de relativiser le génocide du peuple juif. Face à l’horreur de l’écocide en cours dans l’un des pays les plus hostiles aux politiques climatiques, Hamilton, comme nous tou·te·s, recherche désespérément quels mots employer pour décrire l’ampleur de la catastrophe en cours.

PDF

 

 

 

     

- China - Reuters in Shanghai, Saturday 11 January 2020

First death from China mystery illness outbreak

Man dies in outbreak that has infected 41 people as early tests point to new type of the coronavirus responsible for Sars epidemic

South Korean quarantine officials use thermal cameras to measure the temperatures of air passengers arriving in Incheon from China on 9 January. A man in China has become the first fatality in the outbreak of an unidentified illness. Photograph: Yonhap/EPA

A 61-year-old man has died from pneumonia in the central Chinese city of Wuhan in an outbreak of a yet to be identified virus while seven others are in critical condition, Wuhan health authorities say.
In total 41 people have been diagnosed with the pathogen, which preliminary lab tests cited by Chinese state media earlier this week pointed to a new type of coronavirus, the Wuhan Municipal Health Commission said on Saturday in a statement on its website.

PDF

 

 

     

- Experience - Life and style - Les Knight, Friday 10 January 2020

Experience: I campaign for the extinction of the human race

With us gone, other species will have a chance to recover

Les Knight: ‘A medical school gave me a discounted vasectomy in exchange for being a student doctor’s first one.’ Photograph: Leah Nash/The Guardian

Fifty years ago, I concluded that the best thing for the planet would be a peaceful phase-out of human existence. We’re causing the extinction of hundreds of thousands of other species. With us gone, I believe ecosystems will be restored and there will be enough of everything. No more fighting over resources.

The idea wasn’t as well received as I had hoped.

PDF

 

 



10 Janvier 2020

     

- 10th January 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 8th January 2020

Saving Our Bacon

Farm-free foods might be the only thing that gets us – and much of the rest of the living world – through this century.

It sounds like a miracle, but no great technological leaps were required. In a commercial lab on the outskirts of Helsinki, I watched scientists turning water into food. Through a porthole in a metal tank, I could see a yellow froth churning. It’s a primordial soup of bacteria, taken from the soil, using hydrogen extracted from water as its energy source. When the froth was siphoned through a tangle of pipes, and squirted onto heated rollers, it turned into a rich yellow flour.

This flour is not yet licensed for sale. But the scientists, working for a company called Solar Foods, were allowed to give me some. I asked them, filming our documentary Apocalypse Cow, to make me a pancake: I would be the first person on Earth, beyond the lab staff, to eat such a thing. They set up a frying pan in the lab, mixed the flour with oat milk, and I took my small step for man. It tasted … just like a pancake.

But pancakes are not the intended product. Such flours are likely soon to become the feedstock for almost everything.

PDF

 

 


     

- Enquête - 10 janvier 2020 Par Laurent Mauduit

L’Ecole polytechnique partiellement privatisée au profit de Total

C’est un pas de plus dans la privatisation de l’enseignement supérieur : Total va installer sa direction Recherche et innovation sur le campus et va financer une chaire d’enseignement, au mépris de la mission de l’école, qui est de former des ingénieurs au service de l’intérêt général. La neutralité scientifique de la formation est menacée.

Un pas de plus, hautement révélateur, dans la privatisation rampante de l’enseignement supérieur : la compagnie pétrolière Total va installer sa direction Recherche et innovation sur le campus de la prestigieuse École polytechnique et financer une chaire d’enseignement, au mépris de la mission de l’établissement, qui est de former des ingénieurs au service de l’intérêt général.

Le projet est maintenant ancien, puisque c’est le 21 juin 2018 que le conseil d’administration de l’école a donné son feu vert à sa réalisation, mais il n’avait pas jusque-là été rendu public. Relevant du statut militaire, les élèves sont astreints à l’obligation de réserve, et aucun d’eux n’a donc souhaité s’exprimer, même s’ils sont très majoritairement hostiles au projet.

En effet, un document – visiblement rédigé à l'encontre du projet – circule pourtant au sein de l’école, présentant tous les détails du schéma prévu, ainsi que ses risques. Grâce à un membre du corps professoral, Mediapart a pu en obtenir une copie…(consultable dans l’article en ligne).

PDF

 

 

 

 

     

- Info > 10 janvier 2020 / Grégoire Souchay (Reporterre)

Mort de Rémi Fraisse : "Quand la justice ne souhaite pas faire l’enquête, il est logique qu’elle aboutisse à un non-lieu"

Jeudi 9 janvier, la cour d’appel de Toulouse a confirmé le non-lieu dans l’affaire Rémi Fraisse. Cette décision ne permet toujours pas de répondre aux nombreuses questions entourant la mort du jeune homme à Sivens en 2014. Les avocats de la famille ont annoncé un pourvoi en cassation et un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme.

Difficile de ne pas voir dans la date une simple coïncidence. Deux ans jour pour jour après la délivrance d’une ordonnance de non-lieu, le 9 janvier 2018, dans l’affaire Rémi Fraisse, le jugement de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Toulouse, rendu le 9 janvier 2020, est identique : non lieu. Le jeune homme, étudiant de 21 ans, botaniste bénévole au sein de Nature Midi-Pyrénées, avait été tué dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 par un gendarme mobile.

Le 25 octobre, plusieurs milliers de manifestants étaient rassemblés sur le site de Sivens, dans le Tarn, pour une grande manifestation contre un projet de barrage qui menaçait une zone humide riche en biodiversité. Après deux mois de présence militaire permanente, l’afflux de soutiens avait conduit une partie des manifestants à s’interposer face à des forces de maintien de l’ordre restées sur place pour parer à toute tentative de blocage du chantier. Des affrontements avaient alors éclaté en fin de journée et s’étaient poursuivis jusqu’au milieu de la nuit, avec un usage disproportionné de la force de la part des gendarmes mobiles selon de nombreux témoins. C’est une grenade offensive lancée par un gradé de gendarmerie qui tua Rémi Fraisse en explosant après avoir atterri sur le sac à dos du jeune homme.

PDF

 

 

 
 


 

     

- Info > 10 janvier 2020 / Alexandre-Reza Kokabi et NnoMan Cadoret (Reporterre)

"Reculer, nous ?" : la motivation intacte des manifestants contre la réforme des retraites

Le 9 janvier, les manifestants contre la réforme des retraites restaient déterminés, malgré la répression policière — lacrymos, coups de matraque — et face à un gouvernement qui ne cède pas. "Mobilisation forte du privé", "extension de la grève à d’autres secteurs" : dans les cortèges, on réfléchit à la suite du mouvement.

Paris (reportage) — Jeudi 9 janvier 2020, au trente-sixième jour consécutif de la grève contre la réforme des retraites, se tenait une nouvelle journée de mobilisation nationale interprofessionnelle. Les opposants à la réforme ont répondu présent, à des niveaux de mobilisation proches — bien qu’inférieurs — de ceux de la manifestation du 5 décembre. La préfecture de police de Paris a décompté 452.000 manifestants en France et 56.000 à Paris, la CGT 1,7 million en France et 370.000 dans la capitale.

Dans les rues de Paris, cheminots, agents RATP, enseignants, étudiants, infirmières, artistes ou encore salariés de la Bibliothèque nationale de France ont exprimé leur colère et leur rejet du projet gouvernemental. Les forces de l’ordre ont répliqué à coups de matraque, ont aspergé la foule de gaz lacrymogène et ont interpellé de nombreux manifestants et journalistes.

En début d’après-midi, un petit groupe d’irréductibles cheminots de Sud-Rail, en grève reconductible depuis le 5 décembre, l’assurait d’une même voix : s’ils ne sont pas "lâchés" par les autres secteurs en lutte, ils tiendront "évidemment" jusqu’au passage de la réforme des retraites à l’Assemblée nationale, à partir du 17 février. "Si le gouvernement ne plie pas avant ! s’exclament-ils. Reculer, nous ? Pas après tous les sacrifices consentis... Le gouvernement devra d’abord abandonner sa réforme ! La retraite à points nous fera plus de mal financièrement que des mois de grève."

PDF

 

 



09 Janvier 2020

     

- Janvier 2020, pages 1, 14 et 15, par Serge Halimi

Réforme des retraites, corruption, coût de la vie…

De Santiago à Paris, les peuples dans la rue

Est-ce déjà la troisième ou la quatrième vague de protestations de masse contre l’ordre néolibéral et ses gouvernants ? De Beyrouth à Santiago, sans oublier Paris, le pouvoir politique paraît en tout cas incapable de rétablir la situation. Y compris quand il recourt à la manière forte.
 
A comme Algérie, B comme Bolivie, C comme Colombie, E comme Équateur, F comme France… Le point de départ des protestations a parfois peu d’importance un mois plus tard. Et la satisfaction de l’exigence initiale des manifestants, peu d’effet. En annulant une augmentation de 4 % du prix du métro, M. Sebastián Piñera n’a pas davantage dégagé les rues de Santiago que le gouvernement de Hongkong n’avait désarmé ses opposants en retirant un projet de loi d’extradition.

Une fois le mouvement lancé, il faut céder plus. Le cas échéant, envoyer la police, l’armée. Promettre, en Irak, au Chili, en Algérie, qu’on modifiera la Constitution.

Mais, sitôt le feu apaisé quelque part, il se rallume ailleurs. Les exigences sont immenses : "Le peuple veut la chute du régime." Comment peut-il y parvenir ? Pour faire quoi ? Il ne le sait pas toujours, et il avance. En Algérie, cela fera bientôt un an qu’il manifeste. À Hongkong, il s’est mis en marche en avril dernier. Son mérite est grand : la crainte d’une répression féroce pourrait paralyser les contestataires. Pourtant, ils ne lâchent rien. Et que se passe-t-il en Iran, où même le nombre des manifestants assassinés est tenu secret ?

PDF

 

 

 


     

- International - Analyse - 8 janvier 2020 par Romaric Godin

Le «moment Thatcher» d’Emmanuel Macron

La stratégie du gouvernement ressemble beaucoup à celle de Margaret Thatcher lors de la grève des mineurs, au mitan des années 1980. Emmanuel Macron est clairement tenté de s’inscrire dans ce mythe fondateur du néolibéralisme, quels qu’en soient les risques.

Dans les cortèges, sur les piquets de grève et dans les assemblées générales, le mot se répète souvent : cette grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites résonne pour Emmanuel Macron comme l’équivalent de la grande grève des mineurs de 1984-1985 pour Margaret Thatcher. C’est une forme de combat décisif, celui par lequel le gouvernement français, comme jadis l’ont fait les tories britanniques, cherche à abattre une ligne défensive contre le projet néolibéral. Mais en quoi cette analogie est-elle pertinente ? Pour le savoir, il faut se replonger dans la logique qui a présidé au principal conflit social britannique de la fin du XXe siècle.

Les mineurs britanniques, ligne de défense du monde du travail

La grève des mineurs britanniques est le grand moment de la transformation néolibérale du Royaume-Uni par Margaret Thatcher. C’est l’aboutissement d’une lutte de quinze années dont l’issue va entièrement modifier le paysage politique, économique et social du pays. L’ambition de la première ministre n’a jamais été cachée : il s’agissait d’en finir avec le modèle mis en place après la victoire surprise des travaillistes en juillet 1945. Et les mineurs représentaient le nœud réel et symbolique autour duquel s’organisait ce modèle.

PDF

 

 


 

     

- 21 novembre 2019, Augustin Langlade

L’arnaque ubuesque des bio-carburants qui sacrifient nos forêts

Les bienfaits écologiques des biocarburants sont un mythe. Et comme les mauvaises herbes qui nous le vendent, ce mythe a la vie dure.

Dans le domaine du greenwashing, l’industrie pétrolière a touché le gros lot : les biocarburants. Présentés comme une solution miracle aux problèmes écologiques, ils polluent de deux à trois fois plus que l’essence classique et participent à la déforestation accélérée de la planète. Et comme toujours, le trophée de l’éco-tartufferie est aujourd’hui décerné à Total. 

Vous en avez peut-être entendu parler, les biocarburants sont devenus ces dernières années à la mode. Ce sont des huiles végétales extraites de plantes comme le colza, le tournesol, la betterave, le soja ou le palmier, et que l’on mélange au diesel ou à l’essence pour augmenter leur prétendue "performance écologique".

Dans les journaux, à la télévision et jusqu’à certains rangs du Parlement, on les présente servilement comme des alternatives magiques aux énergies fossiles, à l’aide d’un argument fallacieux qui falsifie complètement la réalité. Ces plantes, pendant leur croissance, capteraient le CO2 et le transformeraient en oxygène. Brûlées dans nos voitures, les huiles biologiques auraient donc un bilan carbone réduit "en amont" par la photosynthèse…

PDF

 

 

 

     

- Retraites - par Rachel Knaebel, 9 janvier 2020 - Photo : ©Anne Paq

Bernard Friot : un droit au salaire à vie pour "libérer le travail de la folle logique capitaliste"

Pour le sociologue et économiste Bernard Friot, il faudrait en finir avec l’existence de régimes complémentaires à points et instaurer un salaire à vie pour tout le monde dès cinquante ans, dans le cadre d’un régime général unifié, qui éradique vraiment les inégalités entre hommes et femmes. Entretien.

Basta ! : Pourquoi le principe même de la retraite à points, au cœur du nouveau projet de réforme du gouvernement, pose-t-il autant problème à vos yeux ?

☛ Bernard Friot : Parce qu’il a été construit par le patronat en réponse au droit au salaire des retraités que les communistes ont commencé à poser en 1946. Maurice Thorez [ministre de la fonction publique entre 1945 et 1947, ndlr] a fait voter le statut de la fonction publique qui, en distinguant le grade du poste, fondait la pension de retraite comme la poursuite du dernier et donc du meilleur salaire. Marcel Paul [ministre de la production entre 1945 et 1946, à l’origine de la création d’EDF-GDF] a institué le statut des électriciens et gaziers sur ce modèle. Ambroise Croizat [ministre du Travail et de la Sécurité sociale entre 1945 et 1947] a, lui, mis en place un régime général assurant à l’ensemble des retraités du privé un remplacement de leur salaire de référence en fonction de leurs trimestres d’activité validés. (...)

PDF

 

 



08 Janvier 2020

     

- Entretien > 7 janvier 2020 / Entretien avec Glenn Albrecht

"Les feux en Australie sont un message pour le monde : si votre hypocrisie continue, vous allez tous brûler"

Il est désormais clair que "le changement climatique n’épargne pas les pays riches", souligne Glenn Albrecht. Pour "décrire des sentiments jamais ressentis dans l’histoire de notre espèce", ce philosophe australien a élaboré des nouveaux concepts, comme la solastalgie, la détresse qui nous saisit face à la destruction de notre environnement, ou la météoanxiété.

Glenn Albrecht est un philosophe de l’environnement australien, connu pour avoir inventé le néologisme "solastalgie" , soit la détresse psychologique causée par des changements environnementaux. Il habite aujourd’hui proche de Newcastle, dans la Nouvelles-Galles du Sud.

Reporterre — Vous vivez en Nouvelles-Galles du Sud et deviez peut-être être évacué. Comment allez-vous ? 

Glenn Albrecht — Bien. Dans cette partie de la Nouvelle-Galles du Sud, il fait bien plus frais, aucun feu ne nous menace à proximité. Je suis allé dans le jardin pour arroser mes légumes et mes arbres — ils sont en vie – et je suis plutôt optimiste aujourd’hui. Hier samedi, la situation était terriblement risquée, à cause d’une extrême chaleur et d’une sécheresse très dangereuse. Ces dernières semaines, un feu près de chez nous nous avait amenés à prendre quelques affaires et à quitter la propriété, en espérant que nous n’allions pas brûler...

PDF

 

 


     

- Monde - Antoine Pignarre, Marcel Mione, publié le 05 octobre 2019

"La concentration obscène des richesses rend le monde insupportable"

L'ancienne Garde des Sceaux et ministre de la Justice française, Christiane Taubira, était de passage en Suisse mardi et mercredi, l’occasion pour elle de réaffirmer haut et fort ses convictions.

Christiane Taubira a le coeur ancré à gauche. Son indignation est inépuisable face aux inégalités et aux injustices, quelles qu'elles soient, où qu'elles soient. En France, l’écart entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres a augmenté de près de 25% en une vingtaine d’années.

"Il y a des inégalités dont on peut plus ou moins s’accommoder, mais cette concentration vulgaire, grossière, obscène des richesses […] rend le monde très très violent et particulièrement insupportable", s'insurge l'ancienne ministre de la Justice française dans Géopolitis.

PDF

 

 

 

     

- Enquête > 8 janvier 2020 / par Lorène Lavocat (Reporterre)

Aux municipales, les citoyens se lancent à l’assaut des mairies

Des listes dites "participatives" bourgeonnent dans toute la France. Un "contre-pouvoir citoyen" pour les élections municipales de 2020 ? "Un raz-de-marée se prépare", affirme un convaincu. Et si cette vivacité démocratique touche toute la France, les campagnes seraient pionnières.

Margot m’avait prévenue par téléphone : "Nous viendrons à plusieurs pour avoir plusieurs voix." C’est donc sans chef ni programme politique que les trois porte-parole ont déboulé ce soir-là dans un petit café du centre-ville de Montpellier. Margot Bouvier, Nathalie Oziol et Alenka Doulain sont membres de Nous sommes, un collectif qui porte une liste participative en lice pour les élections municipales dans la capitale languedocienne. Entre une réunion, une manifestation et une tournée de porte-à-porte, elles sont venues dérouler le fil de leur dynamique citoyenne.

"À l’été 2018, nous étions un petit groupe de militants écolos, sociaux, de l’éducation populaire, commence Margot Bouvier, et nous nous sommes rendus compte que les alternatives et les espaces où l’on s’engageaient étaient insuffisants." Un sentiment d’impuissance qui aboutit, au fil des discussions, à une question : comment peser plus fortement sur la vie locale ? "On a passé beaucoup de temps à débattre et à enquêter avec les habitants, sur leurs besoins, leurs problématiques, poursuit Alenka Doulain. Dans les quartiers populaires, beaucoup de gens se sentaient trahis par les élus locaux, résignés, ou pris dans des systèmes clientélistes. On s’est rendu compte qu’aucun des partis n’était à la hauteur, tous dans l’entre-soi et la gestion des egos. Donc on a décidé de faire une liste." Mais pas question de reproduire les méthodes traditionnelles : "Nous voulons faire avec et pour les habitants", résume Margot Bouvier.

PDF

 

     

- Info > 5 juin 2014 / Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

La dette de la France résulte des cadeaux fiscaux fait aux riches, révèle une étude

Le discours dominant sur la dette publique prétend qu’elle découle d’une croissance excessive des dépenses publiques. Or un examen des faits montre que la dette publique a été largement constituée par des politiques économiques favorables aux créanciers et aux riches.

Cette étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. Elle se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales : d’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? Les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.

Télécharger la version complète du rapport.

Résumé du rapport : 59 % de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le pacte dit « de responsabilité » qui prévoit cinquante milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif.

PDF

 

 

 

 

 

 

     

- 08 Janvier 2020 - Photo de couverture Olga Tropinina/ depositphotos

En cessant d’écrire à la main, on perd ces 7 aptitudes importantes

Le progrès est en marche pour éliminer pour toujours l'écriture de nos vies. À l'automne 2016 en Finlande, les enfants scolarisés n'avaient plus besoin d'écrire à la main. Et les scientifiques suédois pensent que les capacités motrices des enfants ne leur permettent plus d'écrire des lettres calligraphiées. Pourtant, les recherches affirment qu'en renonçant à l'écriture manuelle, on perd non seulement l'occasion d'écrire une lettre au Père Noël, mais aussi des choses beaucoup plus importantes.

Chez Sympa, nous avons découvert les conséquences que pouvaient avoir la perte de l'écriture manuelle sur 7 compétences importantes, et nous t'expliquons pourquoi il est important de pratiquer la calligraphie au moins une ou deux fois par semaine.

PDF

 

 

 

 

     

- Publié le 10 juillet 2019 - Par Nicolas - Catégorie: Les radars en général

La liste complète des voitures radars privatisées opérant en Normandie

Le déploiement des voitures radars privatisées en région Normandie qui a débuté en avril 2018 est maintenant terminé. Désormais, ce sont 26 voitures radars conduites par des employés de la société Mobiom qui sont en service dans les cinq départements de la région que sont le Calvados, l'Eure, la Manche, l'Orne et la Seine-Maritime. Ces véhicules effectuent des contrôles de vitesse 6 heures par jour, de jour comme de nuit, la semaine comme le week-end. Au total, chaque mois, ils parcourent 200 000 kilomètres sur des itinéraires désignés par les services des préfectures concernées.

La liste complète des radars privés : Attention, les numéros de département indiqués sur les plaques d'immatriculation ne permettent pas de définir les départements où vous allez les rencontrer. Toutes les voitures sont utilisées alternativement dans chaque département.

PDF

 

présentation anamorphiques des 100 plus gros pollueurs


07 Janvier 2020


     

- 6th January 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 2nd January 2020

Life Enhancing

Allowing the seas to recover from the outrageous assaults of commercial fishing can help heal our own wounded lives.

It’s going to be a rough year, perhaps the roughest I’ve ever witnessed.

The fatal combination of escalating climate breakdown and the capture of crucial governments by killer clowns provokes a horrible sense of inevitability. Just when we need determined action, we know that our governments, and the powerful people to whom they respond, will do everything they can to stymie it.

Witness the disasters in Australia. In mid-December, on the day the nation’s killer heatwave struck, Rupert Murdoch’s newspaper The Australian filled its front page with a report celebrating new coal exports and a smear story about the chiefs of the state fire services, who were demanding an immediate end to the burning of fossil fuels. The response of the Prime Minister, Scott Morrison, to the escalating catastrophe was to continue his overseas holiday, fiddling as his country burnt.

Some of the Earth’s largest land masses – Australia, Russia, the United States, Brazil, China, India and Saudi Arabia – are governed by people who seem to care little for either humankind or the rest of the living world. To maintain their grip on power, which means appeasing key oligarchs and industries, they sometimes appear prepared to sacrifice anything – including, perhaps, the survival of humanity.

PDF

 

 

 

 

     

- Europe - Rédaction en ligne, publié le mardi 07 janvier 2020

5 ans après “Charlie”

Après l'État et l'Église, Riss s'en prend désormais aux "nouveaux gourous de la pensée", rois du politiquement correct cachés derrière leur clavier

Si souvent acerbe en critiques à propos des religions, Riss de Charlie Hebdo s'en prend cette fois aux "nouveaux censeurs" dans son dernier édito "Les nouveaux visages de la censure", cinq ans après l'attentat qui a décimé la rédaction.

Les religions ont souvent été le cheval de bataille de Charlie Hebdo. Cette fois-ci, Riss, qui a survécu aux attentats de Charlie Hebdo il y a cinq ans, a une nouvelle cible dans le viseur:

"Nous avons cru que seules les religions avaient le désir de nous imposer leurs dogmes (NDLR de limiter leur liberté d'expression). Nous nous étions trompés."

PDF

 

 

 

     

- Opinions - Luc De Brabandère, publié le mardi 07 janvier 2020

Les ingénieurs de la Silicon Valley sont semblables aux alchimistes du Moyen-Âge

À lire certaines de leurs thèses, les ingénieurs de la Silicon Valley ressemblent à s’y méprendre aux alchimistes du Moyen Âge. D’ailleurs - regardez bien - leur double agenda n’est pas fort différent de celui de leurs prédécesseurs. Une opinion de Luc de Brabandère, philosophe d'entreprise, conférencier et auteur. 

Si, à l’aide d’un microscope électronique, on observe successivement un diamant, une fraise, une mésange et un philosophe, une chose est dans un premier temps surprenante : ils ont tous les quatre la même apparence !

Mais, à la réflexion, ce n’est pas si étonnant que cela, car ils sont en effet tous constitués d’atomes, et uniquement d’atomes.

Dès qu’on quitte le microscope par contre, on réalise évidemment qu’ils représentent quatre états bien différents de la "matière", respectivement le minéral, le végétal, l’animal, et l’humain. Disons familièrement qu’ils sont certes tous les quatre constitués d’atomes, mais "pas que" !

PDF

 



06 Janvier 2020


     

- Feux de forêt - Radio-Canada, publié le 4 janvier 2020

"Du jamais vu" : les incendies en Australie expliqués par des climatologues

L'Australie est en proie à une centaine d'incendies ravageurs depuis septembre. - Photo : Getty Images / Brett Hemmings

Pourtant habituée aux incendies, l’Australie vit depuis plusieurs mois une situation cauchemardesque sans précédent.

Depuis septembre, 23 personnes ont péri dans les feux de forêt aggravés par des conditions météorologiques catastrophiques, des dizaines d'autres sont portées disparues, et une surface équivalant à deux fois celle de la Belgique a été dévorée par les flammes.

Les feux ont été meurtriers aussi pour la vie sauvage, tuant quelque 480 millions d'animaux, dont des kangourous et des koalas, mais aussi des reptiles, selon une étude de l'Université de Sydney.

Et quatre mois après le début des incendies, la situation ne semble pas s’améliorer. Samedi, les températures ont dépassé les 40 degrés Celsius et des vents violents continuaient de souffler, attisant les centaines de feux, dont la plupart ne sont pas encore maîtrisés.

"C’est du jamais vu, c’est certain", tranche Mark Parrington, scientifique en chef au Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). Selon mon expérience, il est possible de voir des feux intenses sur de larges zones pour une semaine ou même quelques semaines, mais les voir pendant quatre mois dans une seule zone en particulier… c’est assez surprenant”. — Mark Parrington

PDF

 

 

 

 

     

- Info > 6 janvier 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Feux en Australie : 24 morts, 100.000 personnes évacuées, un demi-milliard d’animaux morts

Samedi 4 janvier, les feux de forêt en Australie ont été particulièrement intenses, entraînant la fuite de centaines de milliers de personnes. Les autorités locales comparent ces incendies à une catastrophe nucléaire et reconnaissent une forme d’impuissance.

Pas de répit en Australie. Les incendies qui ravagent le pays sont hors de contrôle. Il règne à l’autre bout de la planète comme un air de fin du monde. L’île continent a connu, samedi, sa pire journée depuis le début de la saison des feux, il y a quatre mois. Ce week-end, la météo a été catastrophique. Sydney a enregistré des températures record avec 48,9 °C. Les vents violents et la canicule ont attisé le brasier qui a déjà brûlé une surface grande comme deux fois la Belgique.

Dimanche, les conditions semblaient s’être relativement améliorées mais la plupart des feux restaient encore non maîtrisés. Les Australiens se préparent à une nouvelle vague de chaleur à la fin de la semaine. Comme l’expliquait la philosophe Joëlle Zask, dans un entretien à Reporterre, l’été austral est loin d’être terminé. Les températures les plus chaudes sont habituellement enregistrées fin janvier et début février.

Canberra est la ville la plus polluée au monde

Samedi, le brasier a tué une 24e personne. Des centaines de propriétés ont été détruites. L’état d’urgence a été décrété dans le sud-est de l’Australie, une zone fortement peuplée. Plus de 100.000 personnes vendredi ont reçu l’obligation de quitter ces trois États. Une forme d’exode a débuté. Avec de longues files de voitures bloquées sur l’autoroute, des stations services envahies dans la panique, des lieux de villégiature transformés en ville fantôme.

PDF

 

 

 

     

- Santé - par Alexandre Léchenet, Simon Gouin, 6 janvier 2020 -  Photo : CC Mark Bonica

Alors que l’hôpital se meurt, l’industrie pharmaceutique vend ses médicaments de plus en plus chers

Loin de se calmer, la fuite en avant dans le prix des nouveaux médicaments semble s’accélérer, avec des traitements chiffrant parfois à plusieurs centaines de milliers d’euros, financés par la sécurité sociale.

Malgré les alertes, la tendance semble inexorable. Des médicaments de plus en plus onéreux pourraient mettre en péril notre système d’assurance maladie. C’est ce qui ressort une nouvelle fois des données 2018 sur les médicaments les plus coûteux, que nous avons analysées pour la troisième année consécutive.

Plus de 7000 médicaments remboursés par la sécurité sociale sont vendus chaque année par les pharmacies. Une petite partie capte une grande part des remboursements : les dix médicaments les plus onéreux ont coûté 3,3 milliards d’euros à la Sécurité sociale, soit 12 % des dépenses totales (25,5 milliards d’euros en 2018).

PDF

 

 

 



05 Janvier 2020


     

- 4 janvier 2020 Par Joseph Confavreux

Les métamorphoses de la question raciale (6/6). L’art de la guerre ou l’art de perdre?

"Comment articuler une critique du racisme et du racial qui ouvre la porte à l’espérance ?", s’interrogeait récemment le philosophe Achille Mbembe. Sortir de l’impasse suppose des choix stratégiques et politiques qui entrent parfois en collision, mais se cristallisent autour de quatre objets : l’identité, l’autonomie, la réparation et le rapport entre minorités et majorité.

Abhorrée par la gauche et les sciences sociales parce qu’elle reviendrait à reconduire du biologique sous couvert d’identité profonde, la notion d’essentialisme est pourtant investie par une partie des intellectuels de l’antiracisme. L’essentialisme peut-il vraiment être à la base d’une stratégie politique ?

La chercheuse indienne Gayatri Spivak avait proposé la notion d’"essentialisme stratégique" pour résoudre la contradiction entre le fait que les identités, de genre, de classe ou ethniques, sont socialement construites et le fait que se sentir appartenir à un groupe dominé et œuvrer pour son émancipation passe souvent par l’affirmation de telles identités. La fixation provisoire d’une essence, dont on sait qu’elle est artificielle, pourrait ainsi être utile, car toute action suppose la formation de collectifs qui tendent à réifier les identités qui les structurent.

Depuis, en Inde, les subaltern studies et les études postcoloniales ont été enrôlées par le parti nationaliste au pouvoir pour valoriser la reconstitution fantasmée d’une Inde précoloniale pure et purifiée, afin de promouvoir une identité hindoue destinée avant tout à combattre les musulmans, notamment sous l’impulsion du sociologue Ashis Nandy. Et Gayatri Spivak elle-même a pris ses distances avec cette notion d’"essentialisme stratégique".

PDF

 

 

 

 

 

     

  - L’Internationale des riches - “Manière de voir” #99 • juin-juillet 2008 par Hervé Kempf 

Comment les riches détruisent le monde

Et si la dégradation de l’environnement était intimement liée à la crise sociale dans le monde ? En effet, ceux qui détiennent les leviers politiques et financiers sont aussi les promoteurs d’un modèle de consommation à outrance, dévastateur pour la planète... mais imité par les couches moyennes. Que ceux du haut de l’échelle misent sur la décroissance, et l’effet d’entraînement est assuré... La préservation de la terre passe par plus d’égalité.

Les trois ou quatre générations situées à la charnière du troisième millénaire sont les premières dans l’histoire de l’humanité, depuis que les bipèdes arpentent la planète, à se heurter aux limites de la biosphère. Cette rencontre ne se fait pas sous le signe de l’harmonie, mais sous celui d’une crise écologique majeure.

Soulignons-en quelques aspects.

Le premier d’entre eux est l’inquiétude nouvelle des climatologues : ils raisonnent depuis quelques années sur l’hypothèse d’une irréversibilité possible du changement climatique. Jusqu’à présent, on pensait qu’un réchauffement graduel interviendrait, mais que, quand l’humanité se rendrait compte de la gravité de la situation, il serait possible de revenir en arrière et de retrouver l’équilibre climatique. Les climatologues nous disent qu’il est possible qu’on atteigne un seuil tel que le système climatique dérape vers un désordre irréversible.

PDF

 

 

 

 

     

- Manlio Dinucci - Waking Times - Monday, 23 December 2019

The hidden military use of 5G technology

At the London Summit, the 29 member countries of NATO agreed to "guarantee the security of our communications, including 5G". Why is this fifth generation of mobile data transmission so important for NATO?

While the earlier technologies were perfected to create ever more advanced smartphones, 5G is designed not only to improve their performance, but mainly to link digital systems which need enormous quantities of data in order to work automatically. The most important 5G applications will not be intended for civil use, but for the military domain.

The possibilities offered by this new technology are explained by the Defense Applications of 5G Network Technology, published by the Defense Science Board, a federal committee which provides scientific advice for the Pentagon.

The emergence of 5G technology, now commercially available, offers the Department of Defense the opportunity to take advantage, at minimal cost, of the benefits of this system for its own operational requirements.

PDF

 

 

 

 

     

- Smarter energy - December 13, 2019, Anna Turns

The climate crisis is escalating: how can we get smarter with our energy?

As the climate crisis escalates, environmental journalist Anna Turns investigates what we can do to hit the UK’s ambitious 2050 carbon target to reduce emissions to net-zero

Awareness of the climate crisis is at a record high, with 85% of adults now concerned about global heating, according to a recent survey by Ipsos Mori.

“People seem to be a lot more engaged after having seen impacts of climate change here in the UK where they live. We’re increasingly experiencing unseasonal heatwaves, dangerous flooding and extreme weather,” explains WWF climate change specialist, Isabella O’Dowd. “The government, businesses and individuals have an important role to play in reaching the UK’s climate change targets. Right now, people want to know what they can do to help mitigate the effects of climate change.”

PDF

 

Cet article est payé par une agence de l'état britannique, "Smart Energy GB", qui fonctionne avec le WWF-UK avec pour objectif d'optimiser la consommation d'énergie au Royaume Uni. Ceci passe par la promotion des "compteurs intelligents", avec grosso modo les mêmes arguments que ceux employés par Enédis. Rien, en revanche, n'est explicité quant aux données recueillies ni à leur usage hors la maîtrise des flux.

 

     

- ACTU / AUSTRALIE / MONDE - 3 janvier 2020 - Contribution Externe

Classement Climate Change Policy 2019: L’Australie classée parmi les dernières nations au monde

Politique du changement climatique : l’Australie est le pays le moins performant en matière de politique de changement climatique, selon un nouveau classement international de 57 pays.

L’indice de performance du changement climatique 2020, préparé par un groupe de groupes de réflexion comprenant

le NewClimate Institute,

le Climate Action Network

Germanwatch,

examine l’action climatique nationale à travers les catégories d’émissions, les énergies renouvelables, la consommation d’énergie et les politiques.


Dans les quatre catégories, l’Australie a été classée dans les six derniers rangs des 57 pays les moins performants. En ce qui concerne l’évaluation de la politique climatique nationale et internationale, l’Australie est désignée comme la moins performante, le rapport indiquant que le gouvernement Morrison réélu "a continué à détériorer les performances aux niveaux national et international".

PDF

le classement CCPI 2019 (pdf)

 

 

 



04 Janvier 2020


     

- Entretien > 4 janvier 2020 / Entretien avec Joëlle Zask

Méga feux : "Nous ne vivons pas seulement dans l’Anthropocène mais dans le Pyrocène"

Pour Joëlle Zask, auteure de "Quand la forêt brûle", les feux géants qui se multiplient dans le monde ne sont pas des phénomènes naturels. C’est bien le réchauffement climatique qui nourrit ces incendies et maintenant que ces derniers sont rentrés dans les villes, "on ne peut plus en faire abstraction".

Joëlle Zask enseigne au département de philosophie de l’université Aix-Marseille. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont Quand la forêt brûle (Premier Parallèle, 2019).

Reporterre — Que vous évoquent les incendies qui ravagent en ce moment l’Australie ?

Joëlle Zask — Ces incendies vont au-delà même de tout ce que j’avais pu imaginer et décrire dans mon livre. C’est d’une gravité extrême. Le désastre est devant nous : plus les zones brûlées s’étendent et plus les feux deviennent intenses, moins la réversibilité de la situation semble envisageable. On parle de 500 millions d’animaux carbonisés. Des milliers de personnes sont obligées de se réfugier sur les plages pour éviter le brasier. On voit un pays littéralement partir en fumée. Cela crée un choc psychologique. Nous entrons dans une époque où les conséquences du réchauffement climatique sont particulièrement palpables. Le feu détruit non pas la planète, mais les conditions d’existence des êtres humains et de nombreux animaux sur Terre.

Un autre aspect me révolte : l’attitude négationniste du Premier ministre Scott Morrison. Le gouvernement, qui a longtemps était climato-sceptique, refuse d’arrêter la production de charbon. Ces feux ne sont pourtant pas un phénomène naturel. Le croire est criminel.

PDF

 

Pauvreté des séniors, une excéption à préserver

 

 

     

- Tribune - Par Aurélien Barrau, professeur à l’université Grenoble-Alpes, astrophysicien au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie — 26 décembre 2019

Nous manquons tellement d’audace…

Les anomalies de notre système politico-économique doivent mener à la révolution. Pas pour couper les têtes, mais pour changer radicalement de modèle.

Tribune. Les résistances et contestations sont nombreuses. Elles fleurissent partout. Mais, pour l’essentiel, elles visent à tempérer des réformes, à infléchir des dérives, à corriger des erreurs. C’est heureux. Mais n’est-il pas temps de demander beaucoup plus ? Ou plutôt : d’exiger tout autre ?

Le philosophe Thomas Kuhn décrivait l’avancée des sciences comme une succession de périodes "normales", suivies par l’amoncellement d’anomalies conduisant aux révolutions qui mènent à des changements de paradigmes. Il semble difficile de ne pas considérer aujourd’hui que notre modèle politico-économique, loin du fonctionnement "normal", est grevé de tant d’anomalies que tout plaide pour un changement radical de paradigme.

Ces anomalies ne sont pas marginales, mais existentielles. La vie sur Terre est en train de s’effondrer, et tous les chiffres sont affolants. La catastrophe dépasse largement le problème du réchauffement climatique : elle exige une révolution de notre rapport à l’espace, à la nature, à l’altérité. D’indécentes, les inégalités sociales sont devenues obscènes. Elles engendrent même une baisse de l’espérance de vie dans plusieurs des pays les plus riches. L’Occident moderne n’est plus que prédateur, il est maintenant suicidaire.

PDF

 

 

 

 

     

- Capitalisme - Sandrine Foulon, 31/12/2019

Le retour du tâcheronnage

Péché n° 6 : Avec les "slasheurs", ces travailleurs payés à la tâche qui jonglent avec les boulots et les statuts, le capitalisme renoue avec l’un de ses péchés originels.

Enchaîner les missions et les employeurs, jongler avec les factures de sa micro-entreprise et ses feuilles de paie de salarié… Il existe un mot tout neuf pour désigner ces travailleuses et travailleurs qui cumulent petits boulots et différents statuts : slasheur.

Le capitalisme renoue ici avec l’un de ses péchés originels : ne rémunérer que l’activité purement productive.

Et revenir aux XVIIIe et XIXe siècles, à l’époque de la proto-­industrie et des ouvriers payés à la pièce, travaillant depuis chez eux. Les employeurs avaient ensuite eux-mêmes refermé cette parenthèse en décidant de regrouper dans un même lieu de production ces manutentionnaires. La volonté de mieux contrôler leurs horaires et d’accroître les gains de productivité avait alors fait naître une nouvelle forme de subordination, mais aussi, avec elle, un syndicalisme et des luttes sociales à l’origine d’un droit du travail et de protections solides.

PDF

 

 

 

     

- Vincent Grimault, 14/11/2019

Revenus : Pauvre jeunesse

Les actions se multiplient à travers le pays pour dénoncer la précarité étudiante. Ces difficultés dépassent les murs de l’université et touchent toute une classe d’âge.

Un jeune homme de 22 ans s'est immolé devant le Crous de Lyon le 8 novembre. Il avait perdu sa bourse et son logement universitaire. - PHOTO : © Stephane AUDRAS/REA

Le 8 novembre dernier, un étudiant de 22 ans s’est immolé par le feu devant le bâtiment du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) de Lyon. Depuis, plusieurs universités françaises sont bloquées par des manifestants, qui dénoncent la précarité étudiante. Ces difficultés ne sont pas circonscrites à la période des études. Entrée dans la vie active, revenus, conditions de vie… la situation socio-économique des jeunes en général s’érode lentement mais sûrement depuis plusieurs années.

Le premier facteur de précarité des jeunes est évidemment l’emploi. Les 15-24 ans d’aujourd’hui sont très souvent embauchés en contrat à durée déterminée (58 % d’entre eux, contre 13 % pour les 25-49 ans) ou à temps partiel (25 % d’entre eux, contre 16 % pour les 25-49 ans).

PDF

 

 



03 Janvier 2020


     

- 29 décembre 2019 Par Joseph Confavreux

Les métamorphoses de la question raciale (3/6). Les mutations de l’antiracisme

les 2 premiers articles de cette série ont été relayés dans le Dazibao #16 de Décembre 2019

 

Pierre-André Taguieff, ancien du Mrap ayant viré de bord, brocarde les "antiracistes racistes". Le sociologue Éric Fassin veut, lui, combattre un "racisme sans racistes". Voici pourquoi et comment le champ antiraciste a été bouleversé.

Les mutations de l’antiracisme contemporain se fondent en priorité sur le constat d’échec d’une stratégie antiraciale dite "colorblind", qui pense pouvoir combattre le racisme en niant la réalité biologique de la race, et sans mettre en œuvre de politiques spécifiques à destination des personnes de couleur, en s’attaquant aux motivations racistes davantage qu’aux conséquences du racisme.

Pour le sociologue Éric Fassin, l’élargissement de la définition "du racisme idéologique au racisme sociologique implique un changement de perspective : partir des effets, plutôt que des intentions (bonnes ou mauvaises), c’est adopter le point de vue des personnes qui subissent la domination raciale, et non de celles qui en sont, fût-ce à leur corps défendant, les bénéficiaires”.

De la même façon que les mouvements et les études féministes ont décentré le regard en adoptant le point de vue des femmes, il est nécessaire de changer le référentiel, car on peut être désormais confronté à un "racisme sans racistes", nous dit Éric Fassin, qui discrimine et méprise en toute bonne conscience.

PDF

 

 

     

- 1 janvier 2020 Par Joseph Confavreux

Les métamorphoses de la question raciale (4/6). Du social au racial et retour

Des "gilets jaunes" au "privilège blanc", le schisme entre le social et le racial semble n’avoir jamais été aussi important. Pourtant, l’opposition entre les ouvriers et les minorités telle qu’elle est constituée en France paraît à la fois obsolète et surjouée au moment où la gauche américaine aborde de front question sociale et question raciale.

«Reaganisme pour gauchistes » versus "trumpisme" intellectuel. La difficulté, en France, à articuler question sociale et question raciale s’est radicalisée sous la forme d’une polémique entre l’historien Mark Lilla, auteur d’une charge contre la "gauche identitaire" censée avoir abandonné les ouvriers au profit des minorités, et le sociologue Éric Fassin, théoricien des politiques minoritaires. Une polémique qui dessine les contours d’un schisme plus général.

Pour l’universitaire américain, "la politique identitaire c’est du reaganisme pour gauchistes" et le mouvement identitaire "ne vise plus que la découverte de soi et la reconnaissance sociale de l’identité choisie par chacun. La conscience identitaire a remplacé la conscience politique, particulièrement auprès des jeunes gens”.

Pour le professeur de l’université Paris VIII, on "aime croire qu’il faudrait choisir : les minorités ou les ouvriers ! Mais les minorités sont surreprésentées dans les classes populaires (et inversement !) et il n’y a donc aucune raison d’opposer les politiques de reconnaissance et de redistribution. Il faut donc cesser d’opposer le social au sociétal. Ce sont Trump et Le Pen qui jouent la race contre la classe, pas les minorités qui ont trop à perdre à ce jeu".

PDF

 

     

- 2 janvier 2020 Par Joseph Confavreux

Les métamorphoses de la question raciale (5/6). La culture percutée par la race

Pièces de théâtre, expositions, recettes de cuisine : la culture est devenue le territoire de polémiques autour de la prise en compte des identités ethniques, formulées en termes d’"appropriation culturelle" ou de "censure minoritaire". Parce que la culture constitue l’autre champ de la représentation – et de ses failles – avec la politique ? Ou parce que la race se dit désormais en termes "culturels" ?

À l’hiver 2014, une polémique aussi virulente politiquement que passionnante intellectuellement, enflamme l’installation-performance Exhibit B, du Sud-Africain Brett Bailey, lors de sa présentation au théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) puis au Centquatre-Paris. Alors que son auteur y voit une dénonciation des zoos humains, de l’esclavage et du colonialisme, elle suscite la protestation de groupes se réclamant de l’antiracisme qui y voient une représentation dévalorisante des Africains, à nouveau exposés passivement et violemment, sans avoir la parole.

Depuis, on ne compte plus les évènements culturels a priori bien intentionnés et pourtant voués aux gémonies par une fraction des racisés : spectacle Kanata du metteur en scène Robert Lepage présenté à la Cartoucherie de Vincennes, fresque de l’artiste Di Rosa à l’Assemblée nationale célébrant l’abolition de l’esclavage, ouvrage Sexe, race et colonies publié aux éditions La Découverte, représentation des Suppliantes d’Eschyle à la Sorbonne dans une mise en scène de Philippe Brunet…

PDF

 

 

 

 



02 Janvier 2020


     

- Édito > 2 janvier 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)

Une décennie pour tout changer

Bonne année, et merci aux lectrices et lecteurs de Reporterre de votre précieux soutien. Il y a du pain sur la planche. Car la question écologique sera vitale dans la décennie qui s’ouvre. Il s’agit de rien moins que d’éviter la catastrophe climatique. Et pour cela... il faut tout changer.

Bonne année, chères et chers amis de Reporterre ! Et un grand merci pour votre soutien continu, fidèle et encourageant. Vous avez répondu avec enthousiasme à notre campagne de Noël. Vos courriels et courriers nous ont autant réchauffé le coeur que vos aides financières.

Grâce à vous, le quotidien de l’écologie démarre l’année avec sérénité et enthousiasme. Et énergie pour accomplir la tâche essentielle que vous nous confiez : informer encore et encore, toujours mieux, sur l’actualité écologique pour placer cette préoccupation vitale au coeur du débat public, de la conscience collective, et de l’action commune.

Bonne année, et bonne décennie. 2020 s’ouvre et cette décennie sera décisive pour l’avenir de l’humanité. Le défi est simple et terrible. Le réchauffement climatique ne cesse de s’intensifier. Selon l’Organisation météorologique mondiale, "2019 conclut une décennie de chaleur globale exceptionnelle. Les températures moyennes pour la période 2015-2019 et pour la décennie 2010-2019 seront presque certainement les plus chaudes jamais enregistrées. Depuis les années 1980, chaque décennie a été plus chaude que la précédente."

PDF

 

 

     

- Info > 23 décembre 2019 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Retour sur 2019 : marches pour le climat, Gilets jaunes, retraites, une année dans la rue

En France, les Gilets jaunes ont opéré la jonction entre justice sociale et climatique, l’été a été brûlant, l’incendie de Lubrizol a provoqué la colère... Les rapports scientifiques sur le climat ou la biodiversité étaient alarmants, tandis que l’Amazonie brûlait. Partout dans le monde, les jeunes ont marché pour le climat, et les luttes se sont multipliées, du Liban au Chili. Reporterre revient sur les événements marquants de 2019.

Janvier — Les Gilets jaunes ont une Assemblée

Les 26 et 27 janvier, près de Commercy dans la Meuse, près de 75 délégations des Gilets jaunes de toute la France ont adopté un appel invitant à poursuivre et à amplifier le mouvement de révolte débuté en novembre 2018. Surtout, cette première "Assemblée des assemblées" ambitionnait de donner un cadre au mouvement, tout en respectant scrupuleusement son exigence démocratique. "Un moment d’histoire" de l’avis des délégués présents.

Plus de deux mois après le lancement des mobilisations, les Gilets jaunes poursuivaient leurs actions partout en France, créaient des liens de solidarité et des politisations d’une ampleur inédite, bousculant les organisations militantes traditionnelles par leurs modes d’action désobéissants, et rappelant le lien étroit entre écologie et justice sociale.

PDF

 

 

 

 

     

- À découvrir > 24 décembre 2019 / Maxime Lerolle (Reporterre)

Libertalia, l’utopie libertaire née des pirates et de femmes libres

L’anthropologue David Graeber, dans "Les Pirates des Lumières ou la véritable histoire de Libertalia", s’intéresse à cette utopie en actes et aux raisons de sa réussite. Notamment par la grâce d’une alliance avec les femmes malgaches et celle de la multiplicité des expériences qu’elle engendra.

Qui mieux que les éditions Libertalia pour publier un ouvrage sur le mythe de Libertalia ? Dans la préface à son nouvel ouvrage, l’anthropologue anarchiste étasunien David Graeber, auteur de Pour une anthropologie anarchiste (Lux, 2006), Dette, 5.000 ans d’histoire (Les liens qui libèrent, 2013) ou encore Bureaucratie, l’utopie des règles (Les liens qui libèrent, 2015), revient sur la genèse de son projet : "Le mythe de Libertalia, utopie pirate en actes, est resté une source inépuisable d’inspiration parmi la gauche libertaire. On y a toujours eu le sentiment que, même si elle n’avait jamais existé, elle aurait dû exister […] et qu’une sorte de promesse rédemptrice, le rêve d’une véritable alternative, se trouvait aux racines les plus profondes de ce qu’on allait nommer les Lumières."

Mais Graeber, fidèle à son esprit de déconstruction des concepts — jusqu’alors libéraux (la dette, la bureaucratie corporate) —, applique la même méthodologie à une légende libertaire pour mieux en montrer les soubassements et, surtout, son processus historique. Bien plus intéressante que l’utopie de Libertalia est le foisonnement de communautés utopiques issues du métissage des pirates européens et des femmes malgaches sur la côte nord-est de Madagascar au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles. Pour reprendre les mots de l’historienne française Michèle Riot-Sarcey à propos de l’expérience révolutionnaire de 1848, Graeber traque dans les rares archives sur le sujet "le réel de l’utopie", c’est-à-dire la mise en œuvre en actes de ces utopies métissées. À l’heure où, en France et partout dans le monde, chaque mouvement revendique la fameuse "convergence des luttes", (re)découvrir la première expérience des Lumières en y saisissant les rapports de forces et les alliances d’intérêts apporte de nouvelles perspectives stratégiques pour les conflits contemporains.

PDF

 

 

 


01 Janvier 2020


     

- #Économie. - #Politique - 29/09/2019, Vincent Lucchese

Joseph Stiglitz : “Sans croissance, ce ne sera pas la fin du monde”

Le prix Nobel d’économie et ancien économiste en chef de la Banque mondiale publie un nouvel ouvrage dans lequel il dénonce les dérives antidémocratiques et la corruption d’élites qui s’enrichissent en creusant les inégalités. Renverser la logique est toutefois possible, nous a-t-il assuré.

Une attaque en règle contre la politique de Donald Trump. C’est l’une des lignes directrices qui saute aux yeux dans le dernier ouvrage de Joseph E. Stiglitz paru le 25 septembre : Peuple, pouvoir & profits (Les liens qui libèrent).

Destruction de la démocratie, de la science, politique économique catastrophique, le président américain n’est pas épargné. Mais il n’est finalement qu’un avatar d’un mal plus profond, prévient le prix Nobel d’économie : celui d’une alliance entre les milieux d’affaires et les conservateurs qui dictent leurs politiques pour s’enrichir au détriment de la population, creusant d’abyssales inégalités au passage. Les 1 % d’Américains les plus riches possèdent plus de 40 % de la fortune américaine tandis que 26 super-riches détenaient en 2017 autant que la moitié de l’humanité, rappelle Joseph Stiglitz.

PDF

 

 

 



     

- mardi 31 décembre 2019, Mr Mondialisation, CG

Le cracking, ce nouveau fléau de notre alimentation

Depuis déjà quelques décennies, les aliments ultra-transformés ont envahi nos habitudes de consommation. Malgré les sonnettes d’alarme sur les effets néfastes qu’ils ont sur notre santé, de nouvelles techniques poussent toujours plus loin la dénaturation des produits. C’est le cas du craking. Technique issue de la pétrochimie adaptée à l’industrie agroalimentaire, il est aujourd’hui accusé de déséquilibre nutritionnel et même d’augmentation de la mortalité. Il se généralise pourtant en ce moment pour l’industrie alimentaire dans une indifférence collective qui fait froid dans le dos.

Qu’est-ce que le cracking dans l’industrie agroalimentaire ?

En pétrochimie, le craquage (“cracking”) désigne le procédé de raffinage qui casse une molécule complexe pour la diviser en éléments plus petits.

Cela permet d’isoler certains éléments du pétrole, qui vont servir à la composition d’hydrocarbures plus légers par exemple l’essence.

Le problème, c’est que dans la mouvance des aliments ultra-transformés, cette technique a été adaptée pour l’industrie agroalimentaire. Via ces techniques, il est désormais possible, par exemple, de faire du poulet sans aucune trace de viande de poulet, selon un directeur commercial interrogé dans un reportage d’Envoyé Spécial de septembre 2018.

PDF





     

- Recension Politique - par Pascal Marichalar, le 4 janvier 2019

Le sol toxique des villes

❐ À propos de : Scott Frickel & James R. Elliott,
Sites Unseen : Uncovering Hidden Hazards in American Cities.
New York,
Russell Sage Foundation

Le sol des villes est partout et gravement pollué, du fait d’activités industrielles aujourd’hui disparues. Une pollution invisible et indifférenciée, qui vient apporter une nuance de taille aux théories de la justice environnementale.

C’est à une "enquête policière environnementale" (p. 15) que nous invitent les sociologues Scott Frickel et James Elliott dans cet ouvrage. Les preuves sont sous nos pieds, et le crime est encore en cours.

Il s’agit de la pollution accumulée dans le sol des villes, au fil de décennies d’activités industrielles aujourd’hui disparues. C’est une pollution héritée, qualifiée en anglais de “relic pollution” ou “legacy pollution”, par des métaux lourds (plomb, mercure, arsenic, etc.), des hydrocarbures, des produits chimiques persistants (comme les polychlorobiphényles - PCB), dont les effets sur la santé des populations présentes et futures sont potentiellement graves.

PDF

 

 

 



     

- Mercredi 01 Janvier 2020

Aéroport de Toulouse : l’investisseur chinois s’en va déjà et réalise une énorme plus-value

Le groupe chinois Casil, qui détenait 49.9% des parts de l’Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), vient de les revendre en totalité au Français Eiffage. Il quitte ainsi la gestion de l’aéroport, et réalise au passage une plus-value de près de 200 millions d’euros, en à peine cinq ans d’exploitation. Si le coup économique est parfait pour le fond d’investissement, il l’est beaucoup moins pour l’aéroport lui-même et pour l’État français.

On s'est fait avoir

Un petit tour et puis s’en va… avec un gros chèque ! Voilà comment nous pourrions résumer le passage d’investisseurs chinois au sein de l’aéroport de Toulouse-Blagnac depuis 2015. À l’époque, cette arrivée avait provoqué un tollé tant l’investisseur semblait inapproprié. Pire encore, son PDG a été vite rattrapé par des affaires dans son pays. La vente tournait au fiasco et il fallait trouver une solution. En avril 2019, le tribunal administratif de Paris a même prononcé l’annulation de la vente initiale. Cependant, en mai, le groupe chinois a déclaré négocier exclusivement avec le groupe de BTP français Eiffage sur fond d’arrangement à l’amiable. La vente a été conclue hier, dans la soirée.

Le groupe chinois et le groupe Eiffage sont ainsi tombés d’accord sur un prix proche des 500 millions d’euros. C’est tout de même 200 millions d’euros de plus que le prix racheté à l’État il y a cinq ans !

PDF

 

 

 



     

- Ben Smee, Calla Wahlquist and Helen Davidson, Wednesday 1 January 2020

Australia fires: nine dead and hundreds of properties destroyed, with worse to come

Residents in Victoria and New South Wales count terrible cost during brief reprieve from disaster that has sent smoke as far as New Zealand

Nine people are confirmed dead, with four still missing, and more than 200 properties have been lost since Christmas Day in Australia’s catastrophic bushfires.

Smoke still hung thick over the south-east of the country on Wednesday evening, even as weather conditions offered a reprieve to take stock of the destruction.

On Wednesday afternoon, authorities in New South Wales and Victoria said another five people were confirmed dead, and another man presumed dead. They warned the death toll was likely to continue to rise.

At Malua Bay, on the NSW south coast, survivors spoke of how 1,000 people spent the night on the beach in a bid to seek shelter from the flames.

PDF

 

 

 

 











 


 

 

     

 

les 3 articles ci-dessus en 1 PDF