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17, (Janvier 2020)

 


 

 

dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 939 communes s'opposent au 'Linky'

 



31 Janvier 2020

     

- Gilles CLAVREUL, Jean GLAVANY - 31 Janvier 2020 - Identités et systèmes de valeurs

"La liberté, mais…", disent-ils

Que se passe-t-il au pays de Voltaire et Diderot ?

Une lycéenne de 16 ans, repoussant les avances d’un internaute et recevant des insultes racistes et homophobes – elle est lesbienne – poste une vidéo sur Instagram dans laquelle elle déclare sa détestation de la religion, en l’occurrence celle de son harceleur, l’islam :

"Je déteste la religion [...], le Coran, il n'y a que de la haine là-dedans, l'islam, c'est de la merde, c'est ce que je pense".

Cette jeune fille, c’est Mila, un nom qui a enflammé les réseaux sociaux. Car sitôt sa vidéo postée, ce n’est même plus un torrent de haine qui s’écoule sur elle, mais un déluge d’insultes (jusqu’à 200 à la minute !), de menaces, de promesses de venir lui régler son compte dans son lycée, dont la localisation est révélée, ainsi que sa véritable identité. Les menaces sont suffisamment précises pour que la jeune fille ne retourne pas au lycée, car sa sécurité n’y est plus assurée.

Que croyez-vous qu’il arriva ? Une jeune femme dont la vie est mise en danger pour avoir usé de sa liberté d’expression – on peut critiquer les religions en France, le délit de blasphème n’existe plus depuis 1881 -, pourchassée par des ignorants, des obscurantistes, allait immanquablement déclencher un élan de solidarité ? Pas du tout : silence des associations antiracistes (à part la LICRA), silence des associations LGBT, silence des féministes, silence des associations de défense des droits de l’Homme, silence de la quasi-totalité de la classe politique, à l’exception de l’extrême-droite qui, à son habitude, profite des vides laissés par la droite comme par la gauche pour poursuivre son agenda xénophobe contre les musulmans et les immigrés.

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& - Emma Graham-Harrison and Michael Standaert, Sunday 26 January 2020

Coronavirus: from one food market to global panic

China was praised for its early response to the disease

In the final days of 2019, Xia Qingqing joined her parents for a late-night dinner just 200 metres away from the now-notorious South China seafood market, in the central Chinese city of Wuhan.

It has since been identified as the source of the new coronavirus that has infected more than 1,400 people worldwide, killed more than 40 and plunged China into chaos. Just as hundreds of millions of people should be reuniting with their families to celebrate the biggest holiday of the year, the lunar new year, swathes of the country have been put on lockdown and celebrations all but called off.

As Xia and her parents tucked into a special winter rice and egg porridge on 27 December, even city authorities may not have known that the virus had started spreading around the city.

It was not until three days later that they put out a public warning about a “pneumonia of unknown cause” which doctors had identified in Wuhan, and four days later that national authorities filed their first report about the outbreak with the World Health Organisation...

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témoignage d'un patient US qui a reçu la facture pour une appendicectomie en urgence...

January 29, 2020 - Heard on All Things Considered - Julie Appleby

A $41,212 Surgery Bill Compounded A Patient's Appendicitis Pain

 

   

 

 

 

     

- Décryptage - Par Solveig Godeluck, publié le 30 janv. 2020

Le patronat réclame le maintien de la retraite par répartition pour les hauts salaires

Le plafond du futur système universel de retraite doit être fixé à 120.000 euros de revenus annuels, ce qui contraindra les actifs les mieux payés à recourir à la capitalisation pour compléter leur pension. Les employeurs, loin de s'en réjouir, craignent une perte de compétitivité et des coûts cachés.

Branle-bas de combat dans les milieux patronaux. 

La réforme des retraites inquiète les entreprises qui emploient  des cadres gagnant plus de trois plafonds de la Sécurité sociale, soit 120.000 euros par an.

Alors que ceux-ci cotisent actuellement jusqu'à huit fois le plafond (329.000 euros) pour la retraite (à l'Agirc-Arrco), ce qui leur permet de toucher une pension élevée dans le système par répartition, il ne leur restera plus demain qu'une cotisation de solidarité déplafonnée de 2,81 % ne leur donnant aucun droit à retraite au-dessus de 120.000 euros de revenus.

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- 22 janvier 2020, Sarah Roubato

Main basse sur l’eau : la nouvelle guerre a déjà commencé

"Il faut faire payer aux gens le véritable prix de l’eau pour qu’ils réalisent que chaque fois qu’ils en boivent une gorgées, il y a un coût. Il faut qu’ils le sentent au niveau du portefeuille. Comment les convaincre de réduire leur consommation si vous leur donnez gratuitement ?"

C’était le miracle de la vie : un étang où prédateurs et proies viennent s’abreuver, un puits où se retrouvent les habitants d’un village. Une source du voisin où on vient se fournir quand la sienne était à sec.

Aujourd’hui, elle est un bien financier retenu par des vannes qui s’ouvrent dès qu’on a acheté sur une application de téléphone portable.

L’eau est la ressource la plus convoitée de la planète.

70% de l’eau mondiale est utilisée pour nourrir les hommes. Sans eau, plus de vêtements, plus de voiture, plus de portable, plus de maison et plus de nourriture. Le reportage de Jérôme Fritel nous plonge dans une guerre qui a déjà commencé, et qui sera le grand enjeu de demain.

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30 Janvier 2020

     

- Info > 30 janvier 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Contre la réforme des retraites, la mobilisation inédite des travailleurs du nucléaire.

Dans les centrales nucléaires, les agents d’EDF restent très mobilisés contre la réforme des retraites. Piquet de grève, mise à l’arrêt de réacteurs, blocage.... Face à la dégradation du service public de l’électricité, les salariés et les sous-traitants ne veulent être « ni une chair à patron ni une chair à radiation ».

L’image est insolite. Depuis plusieurs semaines, des cabanes en palettes poussent aux abords des centrales nucléaires, comme une amorce de ZAD ou l’occupation d’un rond-point par les gilets jaunes. Les travailleurs du nucléaire ont installé des piquets de grève avec des bottes de paille, des banderoles et des braseros. Ils bloquent l’accès aux sites les plus sécurisés de France et multiplient les actions à deux pas des réacteurs, sous les panaches de fumée.

Moins visibles que leurs camarades de lutte cheminots, les agents d’EDF n’en restent pas moins mobilisés contre la réforme des retraites. Ils défendent leur statut et dénoncent plus généralement la privatisation des services publics et la dégradation de leurs conditions de travail.

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- Energie - par Sophie Chapelle, 29 janvier 2020

Ventes abusives, malfaçons, tarifs excessifs : ces fraudes qui gangrènent l’isolation à 1 euro

Des aides financières existent pour bénéficier d’une isolation à prix réduit, mais de plus en plus d’entreprises peu scrupuleuses font du forcing pour vendre aux particuliers des travaux de très mauvaise qualité. Premier volet de notre enquête sur les dessous des offres d’isolation à 1 euro.

Michel ne décroche plus son téléphone. En dépit de son inscription sur Bloctel, cet habitant d’Ille-et-Vilaine reçoit en moyenne deux appels par jour depuis un an pour faire isoler ses combles ou son sous-sol "pour 1 euro". Si cette offre peut sembler alléchante, de nombreuses entreprises se sont engouffrées dans le dispositif et multiplient les démarchages abusifs.

"Souvent, quand on décroche, il y a un message du ministère de la Transition écologique et solidaire", témoigne Michel.

"Ils se font passer pour le département, la région... Ils donnent des noms qui sont potentiellement faux", confirme un conseiller Faire en Bretagne, un service rattaché à l’Ademe qui guide les usagers dans leurs travaux de rénovation énergétique.

Toutes les institutions publiques que nous avons contactées confirment qu’elles ne font aucun démarchage à des fins commerciales.

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- Le véritable bilan - par Sophie Chapelle, 30 janvier 2020

Rénovation énergétique : le gouvernement obsédé par les chiffres, au détriment d’une vraie politique

Le gouvernement assure avoir fait de la rénovation des logements un pilier de son action. Qu’en est-il ? Après avoir pointé les malfaçons entourant la pseudo "isolation à un euro", le deuxième volet de notre enquête révèle une course aux chiffres. Un piège qui éloigne chaque jour un peu plus la France d’une véritable politique d’efficacité et de sobriété énergétique.

Le chauffage concentre la majeure partie de la consommation d’énergie des logements, loin devant l’eau chaude ou l’éclairage. Bien isoler maisons ou appartements est donc essentiel.

"Chaque année, plus d’un million de ménages engagent des travaux de rénovation énergétique", avance le ministère de la Transition écologique et solidaire, quand on l’interroge sur son objectif de rénover 500 000 logements par an.

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29 Janvier 2020

     

- Avril 2019, pages 14 et 15 - par Constantin Brissaud - Doctorant en sciences politiques à l’université de Strasbourg.

Genèse d’une idée reçue

Les extrêmes se rejoignent…

La formule a été tant rabâchée qu’on pourrait la croire fondée sur le bon sens géométrique : dans un cercle comme en politique, les extrêmes se rejoignent. Depuis la Révolution française, ce pseudo-théorème sert d’arme de disqualification massive, dont la liste des victimes ne cesse de s’étendre.
 
Un petit jeu très prisé dans le débat politique contemporain consiste à identifier un point commun entre deux individus ou deux courants opposés pour les renvoyer dos à dos et les condamner d’un même élan.

La France insoumise et le Rassemblement national (RN, ex-Front national) critiquent tous deux les traités européens ? C’est la preuve que les extrêmes se rejoignent. Ils soutiennent tous deux le mouvement des "gilets jaunes" ? Encore un signe d’une alliance objective.

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28 Janvier 2020

     

- Alternative > 27 janvier 2020 / Jérôme Le Boursicot (Reporterre)

Une commune bretonne impose l’agriculture bio et paysanne à 400 propriétaires

En recourant à une procédure méconnue du Code rural, le maire de Moëlan a permis de mettre en culture des parcelles agricoles privées laissées à l’abandon. En deux ans, une trentaine d’emplois ont été créés et l’autonomie alimentaire de la commune s’est renforcée.

Moëlan-sur-Mer (Finistère), reportage - Coup de force ou idée de génie ? À Moëlan-sur-Mer (7.000 habitants), dans le Finistère, la municipalité pousse plus de 400 propriétaires à louer d’anciennes terres agricoles inoccupées à des paysans. Objectif : stimuler l’économie locale via l’agriculture biologique, tout en luttant contre la forte spéculation foncière et l’artificialisation des sols.

Les élus utilisent une procédure méconnue du Code rural, jamais employée à une telle échelle : la mise en valeur de terres incultes. C’est une initiative publique enclenchée dans l’intérêt général, qui peut aller jusqu’à l’obligation de mise en culture. Résultat : des paysans s’installent en agriculture bio sur ces friches agricoles, trop heureux de passer outre la pression foncière qui constitue un frein majeur au développement de l’agroécologie.

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- lundi 27 janvier 2020, Jean-Luc Mélenchon

Corruption, pantoufflage, conflits d’intérêts : un rapport épingle la France de Macron.

La corruption néolibérale est la conséquence logique de l’appropriation privée de l’Etat. Dans cette forme de capitalisme, l’accaparement, par toutes les méthodes, de la sphère publique par quelques intérêts privés est une façon courante pour le capital d’ouvrir de nouveaux marchés, de faire de nouveaux profits. Une partie de l’accumulation primaire recyclée à l’infini dans la bulle financière provient du démantèlement de l’Etat social. Il est donc normal que l’accès à ceux qui dirigent l’Etat, fonctionnaires et élus, soit devenu une activité aussi importante et vitale pour les capitalistes modernes. On le voit par exemple en mesurant la part du patrimoine des milliardaires proches du pouvoir politique ou dont l’activité dépend de l’accès à des ressources contrôlées par l’Etat. Entre 1996 et 2014, il a augmenté partout dans le monde pour atteinte 33% du patrimoine total des milliardaires du Liban ou 20% en Europe.

La corruption n’est donc pas, contrairement à un préjugé, réservée à des contrées lointaines, étranges ou périphériques. Elle ronge au cœur du capitalisme mondial et donc en France.

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  - Politique - Par Elena Sender, le 29.12.2016

Comment le cerveau refuse de changer d’opinion politique

A lire avant les ultimes discussions précédant l'élection présidentielle du week-end prochain : une étude californienne montre que lorsque ses opinions politiques sont remises en question, le cerveau déclenche une réaction de résistance.  

En jaune / rouge, les zones cérébrales activées lorsque l'on défend ses opinions politiques.

"Tu n'écoutes rien, tu restes campé sur tes positions !"

Samedi prochain, à la veille du premier tour de l'élection présidentielle, peut-être votre beau-frère vous claironnera-t-il cela lors d'une discussion politique dans un repas de famille ? Répondez : 

"Ce n'est pas ma faute, c'est mon cerveau",

et vous aurez raison !

En effet, une étude de l'Institut du cerveau et créativité de l'université de Californie du Sud (Los Angeles) publiée en décembre 2016 dans Nature, l'affirme : le cerveau s'accroche à ses croyances politiques contre vents et marées !

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En jaune / rouge, les zones cérébrales activées lorsque l'on défend ses opinions politiques.



27 Janvier 2020

     

- Loïc Le Clerc, 23 Janvier 2020

Une semaine en Macronie : violences, mensonges, fraude et destruction de l’environnement

Était-ce une semaine comme une autre en Macronie ? Peut-être bien. Mais six informations nous ont littéralement sauté aux yeux. Comme six signes avant-coureurs de la fin d’un règne.

Commençons par les violences policières. Mercredi 15 janvier, on pouvait lire ceci sur le site Révolution permanente :

"L’agent RATP qui s’est interposé pour protéger une infirmière déféré au tribunal pour outrage et rébellion".
 
Le 9 janvier dernier, lors d’une manifestation, une infirmière est prise à partie par plusieurs "gardiens de la paix" qui la traînent par terre. Arnaud, agent RATP, s’interpose. Il sera roué de coups, au sol, blessé à la tête, avant d’être interpellé. S’en suivent 48h de garde à vue. Pendant ce temps-là, SUD santé AP-HP publie un communiqué sur sa page Facebook :

"Grâce à la protection d’un manifestant, notre collègue aide-soignante a évité le pire. Merci à lui."

Pour seul remerciement officiel, Arnaud sera déféré au tribunal. Il est accusé d’outrage et rébellion – une accusation classique à l’encontre des victimes de violences policières.

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- 29 oct. 2019 - Par Edmond.harle - Blog : Le blog de edmond.harle

Assassinat de la Sécurité Sociale par Macron

La Sécu, imaginée par les Résistants aux heures les plus noires de l’histoire de l’Europe pour sécuriser notre vie de la naissance à la mort et garantir la maternité, l’éducation des enfants, la santé et la vieillesse est condamnée par Macron a une mort programmée pour livrer notre santé et notre vieillesse à ses maîtres financiers.

Assassinat de la Sécurité Sociale par Macron

La Sécu, imaginée par les Résistants aux heures les plus noires de l’histoire de l’Europe pour sécuriser notre vie de la naissance à la mort et garantir la maternité, l’éducation des enfants, la santé et la vieillesse est condamnée par Macron a une mort programmée pour livrer notre santé et notre vieillesse à ses maîtres financiers. Il s’agit d’un meurtre avec préméditation, donc d’un assassinat.

Sa destruction masquée, parfois sous des aspects sympathiques, se fait de manière systématique, déterminée et accélérée en 2020.

Pour cela 5 techniques principales sont employées et le budget 2020, confirmé par  l’article 3 du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) marque une accélération dans cette destruction pierre par pierre.

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26 Janvier 2020

     

- Entretiens - Par Pierre Gilbert, 23 janvier 2020

"Les communes n’ont pas suffisamment de moyens humains pour développer des politiques énergétiques efficaces" – Entretien avec Géraud Guibert

Géraud Guibert, conseiller maître à la Cour des comptes, a notamment été directeur de cabinet de la ministre de l’Écologie à partir de 2012 et est actuellement le président de La Fabrique Écologique, un think tank pluraliste et trans-partisan dédié à la transition écologique et partenaire de Le Vent Se Lève à l’occasion du séminaire "Construire une écologie populaire" à la Sorbonne, le 23 novembre 2019. Dans cet entretien, nous revenons sur une de leurs dernières notes, consacrée au rôle des communes dans la réduction des émissions de carbone. L’occasion de constater les faiblesses de l’accompagnement des acteurs locaux, à quelques semaines des élections municipales. Entretien retranscrit par Dany Meyniel, réalisé par Pierre Gilbert.

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- Analyse - 23 janvier 2020 Par Martine Orange

Réforme des retraites: la capitalisation ou les fictions du financement de l’économie

En dépit des dénégations du gouvernement, le projet de réforme des retraites a bien pour objet de favoriser la capitalisation. Officiellement, c’est pour la bonne cause : assurer le financement de l’économie française. Dans les faits, il s’agit de transférer tous les risques sur les épargnants. Ce qui ne peut que créer un choc de défiance.

C’est le dernier article du projet de loi sur la réforme des retraites. Mais pour beaucoup, en tout cas pour les banquiers et les assureurs, c’est l’article essentiel : la voie royale de la retraite par capitalisation est ouverte !

Bien que le gouvernement se défende de vouloir toucher au régime de retraite par répartition, il met tout en œuvre pour installer la capitalisation. D’abord sur un mode volontaire – en attendant que la capitalisation devienne ensuite obligatoire. Dans le projet de loi touffu de la réforme, l’article 64 vient compléter à point le travail de sape engagé par la loi Pacte (lire notre article) : "Les organismes de retraite professionnelle supplémentaire constituent, dans ce cadre complété, des véhicules spécifiquement conçus et adaptés pour porter des engagements de retraite et pour financer l’économie sur le long terme, en dégageant une performance attractive pour les épargnants."

Mais naturellement c’est pour la bonne cause : "Le secteur de l’assurance est appelé à se mobiliser, afin que le recours à ces véhicules se généralise et que l’économie française puisse ainsi bénéficier pleinement du dynamisme de l’épargne retraite généré par la loi PACTE."

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- jeudi 23 janvier 2020

Macron crée un droit de censure policière sur les sites internet

Mercredi 22 janvier, la majorité LREM a adopté en seconde lecture la proposition de loi Avia visant soi-disant à lutter contre la haine sur internet. En juillet dernier, j’avais défendu une motion de rejet contre ce texte. En effet, derrière des intentions apparement louables, il ouvre la possibilité de pratiques dangereuses sur les réseaux sociaux, notamment la censure privée. Déjà, l’intervention des multinationales du numérique dans la vie politique est une réalité. En 2019, Facebook avait coupé la canal WhatsApp de Podemos en pleines élections générales en Espagne. En 2018, un changement dans l’algorithme de recherche de Google aux Etats-Unis avait pénalisé grossièrement les sites internet de gauche et anti-impérialistes.

Mais la seconde version de ce texte comporte une disposition plus grave encore. Le gouvernement a utilisé ce texte pour donner à la police un pouvoir arbitraire et absolu de censure sur internet. Et cela sans crier gare et en dernière minute ; il a proposé un amendement incroyable. Celui-ci oblige les plateformes numériques à retirer un contenu en moins d’une heure si la police française le demande au nom de la lutte anti-terroriste. Si elle ne le fait pas, la plateforme pourra être fermée administrativement. Evidemment, il revient entièrement à la police de déterminer ce qui est inclus dans la définition du “terrorisme”. On a l’habitude maintenant que ce prétexte soit utilisé pour réprimer des opposants sociaux et politiques. Les dispositions de l’état d’urgence avaient par exemple été largement utilisées pour maintenir assignés à résidence des militants écologistes et syndicalistes.

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- 24 janvier 2020 - Anne-Sophie Chazaud

Emmanuel Macron, l’ivresse des cimes et les "discours coupables"

Voici que, comme le souverain pontife qui se met fréquemment à raconter n’importe quoi sitôt qu’il est en avion, saisi par quelque ivresse des cimes, le président de notre Présipauté, s’en revenant d’être allé imiter Chirac à Jérusalem, fut saisi du même mal.

Celui, déjà, de cette mode des fausses confidences des hommes politiques où l’on feint d’être naturel et où tout est calculé.

Celui, ensuite, de proférer un nombre important de paroles éminemment contestables voire parfaitement stupides, et d’autres carrément graves.

Passons sur l’habituel couplet d’autoflagellation comparant grosso modo la Shoah et la guerre d’Algérie: que ne ferait-on pour glaner quelques voix communautaristes…

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- Loi Avia - Avec Anne-Sophie Chazau, 23 Janvier 2020

Pourquoi le projet de loi de lutte contre la cyber haine représente une menace aussi grave que la réalité qu’il entend combattre

Les députés ont adopté la proposition de loi contre la cyber haine. L'Assemblée nationale a voté pour un meilleur ciblage des contenus haineux en ligne. Ce texte pourrait toucher à la liberté de communication, d'information et d'expression.

Atlantico.fr : Avec la proposition de loi Avia contre la cyber haine, le gouvernement ne cède-t-il pas à la pression de la censure, en déléguant aux hébergeurs américains la modération de débats français sur internet ?

☛ Anne-Sophie Chazaud : En l’occurrence, le gouvernement et, à travers lui, l’exécutif, ne "cède" pas à la pression de la censure mais il l’organise délibérément : personne ne le lui impose et il a en a eu l’entière initiative.

Il est devenu classique de répéter que la censure dans nos sociétés post-modernes est exercée par les activistes militants, par les associations dans ce que l’on pourrait qualifier de "privatisation" de la censure.

En somme, on résume commodément la question de la censure contemporaine comme étant le fait d’une pression exclusivement sociétale, que l’on met sur le compte de minorités agissantes devenues tyranniques. 

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  - Céline Zünd - Publié jeudi 18 février 2016 - Société

“Un jour, nous nous demanderons comment nous avons pu vivre sans revenu universel de base”

Philippe Van Parijs, professeur à la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de l’Université catholique de Louvain, est à Zurich ce jeudi pour parler du revenu inconditionnel de base

Le philosophe belge Philippe Van Parijs considère le revenu inconditionnel de base comme un remède aux pathologies liées au travail. - © Franky Verdickt

Les Suisses voteront le 5 juin sur une initiative populaire réclamant la création d’un revenu de base inconditionnel.

L’idée? Attribuer à chaque citoyen, pauvre ou riche, une somme de base, sans contrepartie. Philippe Van Parijs, professeur ordinaire à la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de l’université de Louvain, observe le débat naissant en Suisse avec enthousiasme. Pour le philosophe qui a fondé le BIEN (Basic income earth network) dans les années 1980, le revenu de base est un vecteur d’émancipation. Il est de passage à Zurich ce jeudi pour croiser le fer avec un opposant à ce projet, l’économiste Reiner Eichenberger.

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25 Janvier 2020

     

- LIBERTÉS PUBLIQUES - 23 janvier 2020 Par Jérôme Hourdeaux

Antiterrorisme: la CNCDH fait le bilan de cinq années de dérives liberticides

Dans une note publiée à l’occasion de l’anniversaire de l’attaque contre Charlie Hebdo, la Commission nationale consultative des droits de l’homme dénonce une inflation législative, conduisant à un grave recul des libertés publiques, ainsi qu’à une stigmatisation des musulmans.

À l’occasion des cinq ans de l’attaque contre Charlie Hebdo, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a tiré, mercredi 22 janvier, le bilan des législations antiterroristes adoptées par la France et des dérives liberticides qu’elles entraînent.

"En matière de terrorisme, peut-être plus qu’ailleurs, les lois se succèdent : plus de vingt lois ont été adoptées depuis 1986", souligne la Commission en introduction de sa note, intitulée Cinq ans après l’attaque contre Charlie Hebdo, les droits de l’homme sacrifiés sur l’autel de la sécurité ?. "Depuis 2015, cette évolution a connu un emballement certain et pris un cours particulièrement inquiétant pour les droits et libertés fondamentaux", poursuit-elle. Cette "prolifération de textes législatifs", dénonce la Commission, "relève davantage de l’opportunité politique que du travail législatif réfléchi, et […] rend de surcroît le droit imprécis, voire indéchiffrable et contradictoire".

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  - 24th January 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 22nd January 2020

Extremophiles

Anyone seeking to defend life on Earth is now labelled an extremist. Yet the real extremists are those in power.

It’s not an “error” or an “accident”, as the police now claim. It’s a pattern. First, the Guardian revealed that counterterrorism police in south-east England have listed Extinction Rebellion (XR) and the youth climate strikes as forms of “ideological extremism”. Then teachers and officials around the country reported that they had been told, in briefings by the anti-radicalisation Prevent programme, to look out for people expressing support for XR and Greenpeace.

Then the Guardian found a guide by Counter Terrorism Policing to the signs and symbols used by various groups. Alongside terrorists and violent extremist organisations, the guide listed Greenpeace, XR, People for the Ethical Treatment of Animals, CND, the Socialist Party, Stop the War and other peaceful green and left organisations. Then the newspaper discovered that City of London Police had listed XR as a “key threat” in its counterterrorism assessment.

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- Actualités - La Grande table idées par Raphaël Bourgois, du lundi au vendredi de 12h55 à 13h30, 8/01/2020

Les influences nazies du management moderne

L'historien Johann Chapoutot publie "Libres d'obéir : le management, du nazisme à la RFA" chez Gallimard, dans lequel il explore les techniques de management du régime nazi.

Des cadres évaluant le succès de leurs employés• Crédits : boonchai wedmakawand - Getty

Le management, du nazisme à la mondialisation, ou l’art de produire le consentement et l’illusion d’autonomie chez des sujets aliénés.

S’il ne dresse pas un réquisitoire contre le management et s’il ne dit pas non plus qu’il s’agit d’une invention du IIIe Reich, Johann Chapoutot, notre invité, souligne une continuité entre les techniques d’organisation du régime nazi et celles que l’on retrouve aujourd’hui au sein de l’entreprise, en atteste la condamnation récente de l’entreprise France Télécom et de ses trois ex-dirigeants pour "harcèlement moral institutionnel".

Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Sorbonne, et après s’être intéressé au régime nazi dans des ouvrages comme Histoire de l’Allemagne (de 1806 à nos jours), paru aux PUF (Que sais-je) en 2014 ou La Révolution culturelle nazie (Gallimard, 2016), il revient avec Libres d'obéir : le management, du nazisme à la RFA (Gallimard, 2020), où il s’intéresse en particulier aux méthodes de la Menschenführung, qui traduit et germanise le terme américain de management.

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- 25 janvier 2020, Régis de Castelnau

Emmanuel Macron : Illégalité, illégitimité et imposture.

La France et le problème Macron.

La République française à un gros problème avec celui qui lui sert de président. Celui-ci est désormais perçu massivement par le peuple comme complètement illégitime à en occuper ce poste à diriger le pays.

Cette situation explique le rejet dont il est l’objet et ce au-delà de la politique mise en œuvre, la corruption qui l’entoure, sa nullité politique, ses traits de caractère insupportables et son arrogance personnelle. Toutes ses interventions quelles qu’elles soient, sont immédiatement disqualifiées avec une rage surprenante. Et il apparaît maintenant d’évidence qu’il ne pourra pas gouverner sans le recours à une répression féroce à l’aide de sa justice, sa police et les lois liberticides que son Assemblée nationale croupion adopte en cadence.

Interpellé sur les dérives de son régime Emmanuel Macron a voulu imprudemment nous donner une petite leçon en lançant à la volée “essayez la dictature et vous verrez !”, en définissant en parallèle dictature et démocratie.

Le problème est que sa description de la dictature colle à son système.

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24 Janvier 2020

     

- Tribune > 23 janvier 2020 / Geneviève Azam

La réforme des retraites ignore la dette écologique laissée aux générations futures

Dette sociale et dette écologique créent une solidarité entre générations. Mais la "réforme" des retraites promue par le gouvernement veut privatiser la première et ignore la seconde, dénonce l’autrice de cette tribune.

> Geneviève Azam est essayiste et membre d’Attac.

Le refus du sacrifice de la solidarité sociale cimente le mouvement présent pour la défense des retraites, au-delà des calculs comptables et des revendications catégorielles. Il témoigne d’une conscience diffuse que la valorisation du capital s’applique à conquérir tous les moments de la vie. Le système des retraites par répartition, fondé sur la solidarité entre les générations, repose sur la reconnaissance d’une dette sociale des générations actives vis-à-vis des générations à la retraite. Il inscrit les vies humaines dans un continuum entre passé, présent et futur. Dans son esprit, les générations anciennes ont contribué à l’édification d’un monde, d’une société, de « richesses » dont héritent les suivantes, appelées à cotiser avant de bénéficier de la retraite à leur tour. Nous y reviendrons.

Pensé pendant la Deuxième Guerre mondiale, dans un contexte d’effondrement de la civilisation européenne, le système des retraites dont nous héritons se voulait aussi une réponse aux menaces de dislocation dans des sociétés qui seraient massifiées, précarisées, sans repères collectifs, livrées aux lois du marché. C’est ce principe que nous défendons aujourd’hui. Il n’a pas de prix et nous y sommes d’autant plus attachés que les menaces se concrétisent.

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-  Analyse - 2 janvier 2020 Par Romaric Godin

En Allemagne, la retraite à points a accru la pauvreté des personnes âgées

Outre-Rhin, la question de la pauvreté des retraités est au cœur du débat politique et a conduit à la correction d’un système de retraite à points qui, combiné aux réformes néolibérales du marché du travail, est à l’origine du phénomène. Une leçon pour la France.

Ce tournant de l’année 2020 a également été marqué en Allemagne par un vif débat autour de la question des retraites. Mais la nature de ce débat est sensiblement différente de celui qui agite la France. L’enjeu est en effet de combattre un des phénomènes qui inquiète le plus la population allemande : la pauvreté des personnes âgées. Après d’intenses discussions, les membres de la grande coalition qui regroupe la CDU chrétienne-démocrate, les Bavarois de la CSU et le parti social-démocrate (SPD) sont parvenus à se mettre d’accord à la mi-décembre sur une « retraite de base » (« Grundrente ») destinée à réduire le risque de pauvreté des seniors et qui sera financée par un impôt sur les transactions financières. Ce compromis est loin d’être idéal et les nouvelles mesures, prévues pour 2021, ne sont pas finalisées. Mais cet intense débat, qui a duré toute l’année 2019, et l’insistance sur le sujet d’un SPD aux abois électoralement devraient amener à bien des réflexions sur les conséquences de la réforme envisagée de ce côté-ci du Rhin…

En Allemagne, le système de retraite obligatoire (GRV) concerne tous ceux qui ont cotisé au moins cinq années. C’est un système à points fondé sur un référentiel qui est le salaire moyen : un point est attribué pour une année de travail payé au salaire moyen. Si l’on est payé davantage, on gagne plus de points, si l’on est payé en dessous, on gagne une fraction de point. Des points sont attribués par enfant élevé par un des membres du couple. Comme dans le système proposé par le gouvernement français, la « valeur du point » est donc là aussi fondée sur la croissance moyenne des salaires. Mais on verra comment l’exemple allemand montre les limites de cette garantie.

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- Info > 24 janvier 2020 / Marie Astier et Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Retraites : sept semaines d’un mouvement social inédit

Vendredi 24 janvier, le Conseil des ministres étudiera le projet de réforme des retraites, tandis que des manifestations auront lieu l’après-midi. Reporterre revient sur sept semaines d’un fort mouvement social, où la question des retraites s’articule avec le problème écologique.

Les retraites et l’écologie, quel rapport ? Depuis le 5 décembre, soit plus d’un mois et demi, Reporterre vous raconte grèves et manifestations contre le projet de réforme des retraites. Une nouvelle journée de mobilisation, cruciale alors que le gouvernement présente le projet de loi en Conseil des ministres, s’annonce ce vendredi 24 janvier. L’occasion de revenir sur notre couverture du mouvement social, et de rappeler que l’écologie a toutes les raisons de ne pas rester en retrait sur ce dossier !

Les retraites, une question écologique

L’association basque Bizi ! a, dès le 27 novembre, dans une tribune, énoncé les principaux arguments qui ont mobilisé les écologistes contre ce projet de « réforme de la retraite individuelle — ne l’appelons pas universelle », précisait le texte. Outre le risque d’une diminution des pensions pour les plus précaires (notamment les femmes), elle soulignait que « si l’on fait travailler plus longtemps la population (…) cela ne peut se faire que d’une manière : en produisant plus ! » Or, « produire plus signifie tout simplement extraire plus de ressources de la planète ». Travailler plus pour polluer plus, en quelque sorte.

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23 Janvier 2020

     

- 22 janvier 2020 / Julien Baldassarra (Réseau Sortir du nucléaire)

L’Andra utilise des youtubeurs pour rendre "cool" les déchets radioactifs

L’Andra, l’agence publique qui pilote le projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, mise sur des influenceurs, notamment sur YouTube, pour faire sa promotion auprès des jeunes.

Julien Baldassarra est chargé de campagne pour le réseau Sortir du nucléaire.

Pour conquérir les 18-25 ans, l’Andra (l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) développe une stratégie numérique. En 2017, l’agence se targue par exemple d’"alimenter régulièrement ses sites Internet, et renforcer ses canaux de dialogue sur les réseaux sociaux (comptes Twitter, Facebook, Dailymotion, YouTube, Flickr...)". Puis de se féliciter qu’"entre 2014 et 2016, une quarantaine de blogueurs (…) ont été accueillis pour une découverte du laboratoire souterrain, de l’Écothèque et des démonstrateurs technologiques", avant d’ajouter — sans préciser s’il s’agit de publicité déguisée — que "ces visites peuvent donner lieu à la rédaction d’articles de blogs, des vidéos, des interactions en ligne, des reportages BD".

 


Sur YouTube, l’agence poste très régulièrement sur sa chaîne. Pourtant, celle-ci ne comptabilise que 390 abonnés, tandis que les vidéos suscitent rarement plus de 1.000 vues et engrangent peu de like et de commentaires. Alors, l’Andra externalise sa communication en collaborant avec des youtubeurs science largement plus visibles.

Depuis 2018, plusieurs youtubeurs ont ainsi visité le Centre Meuse/Haute-Marne à l’invitation de l’Andra. Situé à Bure (Meuse) et géré par l’agence publique, ce laboratoire/musée travaille sur le futur Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), projet d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux. Le lieu — qui accueille toute l’année sorties scolaires et visites guidées — sert également à communiquer sur un projet difficilement acceptable, tant scientifiquement qu’éthiquement.

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22 Janvier 2020

     

- Matthew Taylor - Tuesday 21 January 2020

Study finds shock rise in levels of potent greenhouse gas

Scientists had expected fall in levels of HFC-23 after India and China said they had halted emissions

HFC-23 is used in fridges, inhalers and air conditioners.

Efforts to reduce levels of one potent greenhouse gas appear to be failing, according to a study.

Scientists had expected to find a dramatic reduction in levels of the hydrofluorocarbon HFC-23 in the atmosphere after India and China, two of the main sources, reported in 2017 that they had almost completely eliminated emissions.

But a paper published in the journal Nature Communications says that by 2018 concentrations of the gas – used in fridges, inhalers and air conditioners – had not fallen but were increasing at a record rate.

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- 15 janvier 2020, par André Gunthert - Blog : Iconogrammes

Les violences policières passent au premier plan

Les vidéos de violences policières relevaient jusqu'à présent d’une opinion minoritaire. L’accumulation de témoignages accablants est en train de changer la donne. Désormais, ignorer la répression brutale qui accompagne les mouvements sociaux est devenu injustifiable.

Plus d’un an après le début du mouvement des Gilets jaunes et l'explosion des témoignages d'exactions policières, les médias représentatifs du bloc bourgeois commencent à ouvrir les yeux sur la régression des libertés publiques. La chronique des brutalités s’est ouverte dès ce début d’année par la mort de Cédric Chouviat, interpellé pour un contrôle de routine le 3 janvier, et qui a été étranglé et asphyxié au terme d’un plaquage ventral, dans des conditions atroces qui rappellent le décès d’Adama Traoré.

Mediapart publie le 7 janvier plusieurs vidéos de l’arrestation prises par des automobilistes, et reproduit des témoignages qui contredisent la version policière: le livreur de 42 ans

"n'était pas violent. Il filmait seulement les policiers. Il semblait le faire pour défendre ses droits et ça les agaçait. Puis l'un d'entre eux est passé par derrière et lui a fait une clé avec son bras autour de son cou, il est alors tombé au sol. Et là, ils se sont mis à trois sur lui alors qu'il était sur le ventre. C'était violent et incompréhensible"

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- Nos communiqués de presse - Communiqué du 21 janvier 2020

Programmation Pluriannuelle de l’Énergie : la prolongation du risque nucléaire nous emmène droit dans le mur !

Le texte de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), censé définir les grandes lignes de la politique énergétique française pour les années à venir, vient d’être mis en consultation. Déjà un an de perdu dans cette pseudo-programmation, à laquelle cette courte consultation servira de caution. Avec le recul à 2035 de l’échéance pour atteindre 50% de nucléaire dans le mix électrique, il acte une dangereuse prolongation de la durée de fonctionnement du parc nucléaire… et prévoit déjà une relance absurde. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement cette fuite en avant.

Un recul irresponsable de la fermeture des plus anciens réacteurs

Face à la difficulté d’atteindre les 50% de nucléaire dans le mix électrique en 2025, le gouvernement a carrément repoussé cette échéance de 10 ans. L’argument climatique a bon dos, au vu du recul en ce domaine acté par ce texte. Ce report ne relève pas du pragmatisme, mais d’attentisme pur et simple, et aura des conséquences lourdes sur la sûreté. 14 réacteurs seront fermés d’ici 2035, l’arrêt au moment de la 5ème visite décennale (soit plus de 50 ans de fonctionnement effectif !) devenant la norme.

Cela signifie qu’en 2035, 44 resteront en fonctionnement, sans que leur sort ultérieur n’ait été envisagé. Même en partant du principe que les plus anciens auront déjà été fermés, près de 20 auront alors atteint ou dépassé les 50 ans de fonctionnement effectifs.

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21 Janvier 2020

     

- 20th January 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 15th January 2020

Those Who Trespass Against Us

This proposed new law would make us strangers in our own nation, by criminalising trespass.

Every government of the past 30 years has promised freedom, and every government has taken it away. The general “freedom” they proclaim turns out to mean freedom for billionaires, the City of London, and the tax-avoiding, labour-exploiting, planet-poisoning chancers whose liberty is our captivity. Meanwhile, through further restrictions on housing, benefits, immigration, protest and dissent, they have snatched freedom from those who need it most.

Boris Johnson’s government intends to sustain this ignoble tradition. Its consultation document on unauthorised encampments proposes to criminalise the lives of some of Britain’s most vulnerable and persecuted groups. By enabling the police to confiscate the homes of “anyone whom they suspect to be trespassing on land with the purpose of residing on it”, it leaves Gypsies, Romanis and Travellers with nowhere to stop.

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- Célia Héron, publié mardi 21 janvier 2020 - Affaire Carlos Ghosn

Pierre Lascoumes: "Les élites trouvent légitime de choisir les règles qui leur sont applicables"

Carlos Ghosn, accusé de malversations financières au Japon, s’est "réfugié" au Liban. L’ancien PDG de Renault-Nissan justifie cette fuite par un "déni de justice". Retour avec Pierre Lascoumes, coauteur d’une "Sociologie des élites délinquantes", sur cet épisode rocambolesque et le sentiment d’impunité qui le sous-tend selon lui

"Je coopérerai pleinement avec la justice libanaise, avec laquelle je suis plus à l’aise que je ne l’étais avec la justice japonaise", annonçait au monde Carlos Ghosn lors d’une interview accordée le 10 janvier dernier depuis Beyrouth.

Détenteur des nationalités française, libanaise et brésilienne, Carlos Ghosn fait l’objet de quatre inculpations au Japon: deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (qui est aussi poursuivi sur ce volet), et deux autres pour abus de confiance aggravé. Interpellé en novembre 2018, celui qui fut le chef d’entreprise le mieux payé du pays avait été libéré sous caution en avril 2019, au terme de 130 jours d’incarcération. Assigné à domicile, il avait interdiction de quitter le Japon dans l’attente de son procès. Fin décembre, l’homme d’affaires a pris tout le monde de court en embarquant dans un avion privé, caché dans un caisson pour instrument de musique, afin de se rendre au Liban. L’objectif: fuir un procès selon lui inique.

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- Enquête > 20 janvier 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

La survie de Terre de liens entre les mains du gouvernement

L’association Terre de liens, qui aide à l’installation de paysans, ne peut plus permettre une réduction fiscale à ses épargnants. Le Sénat a corrigé l’erreur, mais le ministère des Finances ne signe pas les indispensables décrets d’application. Pourtant, il y a urgence : l’installation de jeunes paysans est vitale, alors qu’un tiers des agriculteurs vont prendre leur retraite prochainement.

En ce mois de janvier, nouvelle année oblige, vous avez pris une bonne résolution : soutenir l’agriculture paysanne ! À l’heure où le bétonnage et l’accaparement des terres agricoles se font galopantes, vous avez décidé d’aider le mouvement Terre de liens, qui achète des parcelles pour y installer des paysannes et paysans grâce à l’épargne citoyenne. Mais, au moment de concrétiser votre soutien en quelques clics — et plusieurs dizaines d’euros — sur le site du mouvement… impossible d’aller plus loin ! Un message précise juste que "la souscription d’actions en 2020 reprendra dès l’entrée en vigueur des décrets de la loi de finances 2020 nous concernant". Aussi obscur que frustrant. "On est dans un vide juridique qui nous empêche d’ouvrir les souscriptions pour 2020", tente d’éclaircir Émilie Wietzke, directrice de Terre de liens. Si la situation paraît confuse, le résultat, lui, est palpable : l’achat des fermes est bloqué, et toute l’activité de la structure s’est mise au ralenti.

Message sur le site de Terre de liens.

À l’origine de ce "no man’s land" périlleux, quelques circonvolutions fiscales dans la loi de finances adoptée fin 2019, et un flou réglementaire entretenu par le ministère de l’Economie. Mais, avant de plonger dans les sinuosités du budget de l’État, un détour s’impose sur le terrain agricole. Car le modèle de Terre de liens, pour ingénieux qu’il soit, mérite quelques explications.

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- Info > 21 janvier 2020 / Lilas-Apollonia Fournier (Reporterre)

Les feux menacent la santé mentale des Australiens

Les incendies qui détruisent la côte est australienne depuis septembre atteignent aussi le moral des habitants, en campagne et en ville. Les conséquences psychologiques des incendies du "samedi noir" de 2009 (173 morts) s’étaient fait sentir jusqu’à cinq ans après le drame.

Melbourne (Australie), correspondance - "Cet été est bizarre", constate Rob, la cinquantaine passée, qui fait face ce jour-là à la rivière Yarra, qui traverse Melbourne. "Les incendies qui touchent la côte est sont dramatiques. On en a eu des feux dans le pays, mais jamais d’une telle ampleur. Les gens sont tristes et ça change même le temps ici, en ville." Il raconte comment il s’est senti déprimé pendant les fêtes de fin d’années, car d’épais nuages recouvraient le ciel. "Je me demande s’ils vont maintenir les tournois, avec la pollution qu’on a eue", s’interroge-t-il, en montrant d’un signe de tête les infrastructures de l’Australian Open au loin. 

L’Australien fait référence au pic de pollution qui a frappé la ville et a atteint un "niveau dangereux" mardi 14 janvier. Plusieurs joueurs ont dû abandonner leurs matchs ou entraînements et les autorités ont conseillé aux habitants de rester chez eux. "Je me suis sentie déprimée et anxieuse. J’avais un peu de mal à respirer et j’ai imaginé la situation que vivent les gens dans les zones en danger", raconte Kat, une habitante du quartier de South Melbourne. 

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20 Janvier 2020

     

  - Classes sociales - par Agnès Rousseaux, 21 avril 2017

 

Pinçon-Charlot : "Emmanuel Macron est un extraordinaire porte-parole de l’oligarchie et de la pensée unique"

Pourquoi certains électeurs vont-ils voter pour un candidat qui ne leur ressemble pas et qui ne semble même pas défendre leurs intérêts ? Pourquoi acceptons-nous ce fossé qui s’élargit chaque jour davantage entre une classe dominante et les autres ? Comment l’argent est-il devenu une arme de destruction massive aux mains d’une oligarchie ? C’est à ces questions que tentent de répondre les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, dans leur ouvrage Les prédateurs au pouvoir, dans un style clair et corrosif. Pour eux, Marine Le Pen, François Fillon ou Emmanuel Macron ne sont que différents visages de cette oligarchie prédatrice qui a fait main basse sur notre avenir. Rencontre.

Basta ! : Face à l’augmentation des inégalités, à l’intolérable situation dans laquelle se trouvent une partie de la population qui subit le chômage, pourquoi la question du partage des richesses n’est-elle pas plus centrale dans cette campagne ?

☛ Monique Pinçon-Charlot : Il est difficile aujourd’hui de parler des inégalités abyssales, dont la concentration se fait pourtant à une vitesse complètement folle.

En 2010, 388 multimilliardaires possèdent la moitié des richesses de l’humanité. En 2016, cette richesse est concentrée entre les mains de seulement 8 super riches !

Mais cela reste tabou car ces richesses ne sont pas le résultat de mérites, de réalisations favorables à l’humanité, mais de spéculations, de prédations sur les ressources naturelles, dans tous les domaines d’activité économique et sociale. Elles sont destructrices pour la planète et pour l’humain, mais sont passées sous silence. Une partie du problème vient du fait que ce sont des patrons du CAC40 qui sont massivement propriétaires des grands médias, qui relaient volontiers la "voix de leur maître"...

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- Vaud (CH) - 20 janvier 2020, par Valentina San Martin

"Je ne veux pas la charité mais vivre décemment"

Des bénéficiaires des prestations complémentaires attendent une décision depuis cet automne. Pour l'instant, ils s'en sortent avec quelque 2000 francs mensuels. De son côté, l'administration affirme ne pas rencontrer de retard particulier.

"J'évite d'aller chez le médecin pour ne pas avoir de frais supplémentaires".

Voici comment Teresa commence son année 2020. Après avoir fêté ses 64 ans ans novembre dernier, cette ancienne bénéficiaire d'une rente-pont (prestation cantonale s'adressant aux personnes proches de la retraite n’ayant plus droit aux indemnités de chômage) de 2600 francs mensuels est passée à l'AVS, qui ne lui octroie que 1850 francs par mois. Elle s'est donc tournée vers les prestations complémentaires le mois de son anniversaire pour compléter son revenu. Elle n'a toujours pas reçu de décision à ce jour.

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19 Janvier 2020

     

- Football leaks - 18 janvier 2020 Par Yann Philippin et Miguel Prado (expresso)

Le lanceur d’alerte des «Football Leaks» sera jugé au Portugal pour 90 délits

Rui Pinto, le lanceur d’alerte portugais à l’origine des Football Leaks, a été renvoyé en correctionnelle au Portugal et doit être jugé cette année pour 90 délits. Il risque jusqu’à 25 ans de prison, alors qu’il a révélé comme jamais auparavant la face noire du foot business.

Rui Pinto s’attendait au pire. Il n’a pas été déçu. Il est 14 h 22, vendredi 17 janvier, lorsque le jeune Portugais à l’origine des Football Leaks entre dans la salle d’audience du tribunal de Lisbonne. Il est menotté et encadré par sept gardes armés. Rui Pinto a le visage calme et apaisé.

Le verdict tombe : l’homme qui a fait trembler les plus puissants acteurs du football mondial est renvoyé devant le tribunal pour une tentative d’extorsion, un sabotage informatique et une flopée d’actes présumés de piratage, accès illégitime à des données et violation du secret des correspondances. Son procès doit légalement se tenir au plus tard fin septembre.

La juge d’instruction Claudia Pina, chargée dans la procédure portugaise d’évaluer les charges, a retenu la bagatelle de 90 délits, alors que le procureur en réclamait 147. Mais elle a en réalité très largement soutenu l’accusation. Elle a simplement supprimé les charges pour lesquelles personne n’avait porté plainte.

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- Janvier 2020, page 11- par Martine Bulard

Retraites, la réforme de trop

Briser le collectif

On connaissait le chiffre d’or des 3 % de déficit public maximum fixé par le traité de Maastricht ; on découvre le nombre fétiche de 14 % du produit intérieur brut (PIB) pour les retraites. Après avoir servi d’argument contre tout progrès social et économique pendant trente ans, le premier a été mis en cause par M. Emmanuel Macron lui-même — "un débat dépassé", a-t-il déclaré, dans un éclair de lucidité, à The Economist (7 novembre 2019). Pourtant, le président de la République, son gouvernement et leurs porte-voix s’empressent de brandir le second pour la réforme des retraites. Le montant des pensions du système par répartition, nous assurent-ils, ne doit pas dépasser son niveau actuel, et donc ce nombre fatidique.

Pourquoi 14 %, et pas 15 %, ou 16 % ? Nul ne le sait.

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- Reportage > 17 janvier 2020 / Marie Astier et NnoMan Cadoret (Reporterre)

Déterminé, le mouvement social cherche à tenir dans la durée

"On lâche rien" : jeudi 16 janvier, les manifestants ont à nouveau défilé contre la réforme des retraites. Pour enrayer l’essoufflement face à l’inflexibilité du gouvernement, tous les secteurs professionnels en lutte explorent une diversité des modes d’action.

Paris, (reportage) - "On est déterminés" : la phrase est revenue plusieurs fois en quelques minutes dans la bouche de Gaëlle. Banderole, chants, slogans et tuniques faites maison, l’enseignante de maternelle dans les Yvelines n’est pas syndiquée mais est venue équipée, avec sa bande de collègues. "Avant, je n’étais pas une enseignante qui faisait grève. Là, j’en suis à mon sixième jour de mobilisation", dit-elle, le regard droit et sérieux encadré par ses lunettes et sa frange. "On lâche rien" : le mot d’ordre était largement répété par tous dans la manifestation parisienne contre la réforme des retraites jeudi 16 janvier.

La CGT a revendiqué 250.000 manifestants à Paris. Le gouvernement a compté seulement 187.000 personnes ayant battu le pavé en France ce jeudi dont 23.000 à Paris... Un chiffre qui semble minoré, au vu de ce qu’a pu constater Reporterre sur le terrain. Reste que si la détermination est intacte, insistent les centrales syndicales autant que les manifestants, les chiffres de la mobilisation déclinent doucement.

Dans le cortège, personne ne le niait, au 43e jour de grève. "C’est dur", témoignait Nicolas, conducteur sur la ligne 6 du métro, récoltant des sous pour la caisse de grève. "Il y en a qui ont repris le travail, mais ce n’est pas la majorité, assurait-il. Ce matin ils n’étaient que 10 sur 300 conducteurs." "La prise en compte des jours de grève est décalée, c’est la prochaine paye qui va être très très dure", anticipait Patrice, au service d’entretien des caténaires du RER B. "Mais tant que je peux je continue. J’ai un peu d’économies, elles risquent d’y passer..."

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- Reportage > 18 janvier 2020 / Héloïse Leussier et Yves Monteil (Reporterre)

Notre-Dame-des-Landes toujours debout contre “l’aménagement capitaliste du monde”

A Notre-Dame-des-Landes, l’anniversaire de l’abandon du projet d’aéroport est l’occasion de se rassembler, de festoyer, et de continuer à se battre, sur le terrain et ailleurs.

Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage - Il y a deux ans, le 17 janvier 2018, le Premier ministre Édouard Philippe annonçait l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ce jour-là, les habitants de la Zad (Zone à défendre) avaient suivi en direct son intervention à la télévision, entre stress et impatience, puis ce fut la fête aux quatre coins de ce vaste terrain de lutte. Il fut décrété que le 17 janvier resterait, ici, chaque année, un “jour de fête et férié”. Ce vendredi 17 janvier 2020, les habitants de la Zad et leurs soutiens ont donc célébré un deuxième anniversaire à leur image, convivial et militant.

Les opposants au projet d’aéroport qui ont souhaité poursuivre leurs activités agricoles, culturelles, sociales et/ou artisanales débutées pendant la lutte sont environ 150 à vivre sur place, avec dix-sept projets différents. Après l’abandon du projet d’aéroport, les expulsions, et les démolitions d’habitations qui ont suivi, il a fallu reconstruire, négocier avec l’État. Le début d’une nouvelle ère, plus apaisée, mais non sans-obstacle. Une longue bataille foncière leur a permis d’obtenir des baux agricoles sur 360 hectares, mais pas de résoudre toutes les questions liées à l’habitat ou aux autres activités. Ce 17 janvier était aussi l’occasion de le rappeler.

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18 Janvier 2020

     

- par Christiane Marty - re-publié le 6 janvier 2020, par Front de Gauche Pierre Bénite

Monde diplomatique : au nom de l'équité la réforme Macron va aggraver les inégalités

Jusqu’ici, les réformes des retraites ont été menées au nom de l’équilibre financier. Maintenant que le déficit est en voie de résorption — au prix d’une baisse continue du niveau des pensions —, c’est l’"équité" qui est mise en avant par M. Emmanuel Macron.

Piloté par un haut-commissariat dirigé par M. Jean-Paul Delevoye, le projet a pour objectif officiel de créer un système universel remplaçant les quarante-deux régimes actuels, et censé être plus juste, plus simple, plus lisible :

"Un euro cotisé donnera les mêmes droits. (…) À carrière identique et revenu identique, la retraite doit être identique", annonce un communiqué du haut-commissariat.

Ainsi, à carrière courte et faible salaire, faible retraite ! La même chose pour tout le monde…

Aujourd’hui, le système se compose de régimes de base en annuités et de régimes complémentaires à points — notamment l’Association pour le régime de retraite complémentaire (Arrco) pour tous les salariés et l’Association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc) pour les seuls cadres. Ce sont des régimes par répartition : les cotisations des actifs servent directement à payer les pensions des retraités.

Dans les régimes par capitalisation, elles alimentent des placements financiers dont le rendement futur (incertain) déterminera le montant de la pension. La capitalisation relève d’une logique d’assurance individuelle, aux antipodes de la solidarité qui est au fondement de la protection sociale française.

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- Marchés financiers - par Maxime Combes, Rachel Knaebel, 13 janvier 2020

BlackRock et les retraites : pourquoi et comment le gestionnaire d’actifs joue un rôle dans la réforme

Qu’est-ce que BlackRock ? Pourquoi cette société financière est-elle aussi puissante ? Quels sont ses liens avec les dirigeants politiques ? Et pourquoi s’intéresse-t-elle de si près à l’avenir de notre système de retraite ?

La polémique ne cesse d’enfler : BlackRock joue-t-il un rôle dans les projets de Macron et de son gouvernement sur les retraites ?

Le gouvernement s’en défend.

Pourtant, le lobbying de BlackRock et les déclarations même de ses dirigeants laissent penser le contraire.

Qu’est-ce que BlackRock ?

BlackRock n’est pas un fonds de pension et ne commercialise pas directement des plans d’épargne-retraites. Basé à New-York, BlackRock est un gestionnaire d’actifs, le plus gros du monde, avec près de 7000 milliards de dollars gérés.

Cet argent ne lui appartient pas en propre. Il lui est confié par ses clients. Ces clients sont en général ce qu’on appelle des "investisseurs institutionnels", des entités, privées ou publiques, disposant de grandes masses d’argent, dont des fonds de pension et des gestionnaires d’épargne-retraites.

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- LES BLOGS - 17/01/2020, par Michèle Rivasi Députée européenne EELV, co-fondatrice de la CRIIRAD, co-initiatrice de la Marche des cobayes contre la pollution et les crimes industriels & Damien Carême Député européen (EELV), ancien maire de Grande-Synthe (2001-2019), Président de l’Association Nationale Villes & Territoires Accueillants

Enfin le nucléaire ne passe pas en Europe !

Mercredi 15 janvier, le Parlement européen a adopté une résolution sur le Green Deal visant à définir les secteurs dans lesquels investir pour une production d'énergie propre et durable. Le nucléaire n'en fait pas partie. Une victoire: il est bel et bien une énergie du passé.

altmodern via Getty Images

Le paragraphe 24 de la résolution contient les éléments qui représentent une véritable avancée pour les écologistes:

"Pour atteindre les objectifs de l’Union en matière de climat et de durabilité, tous les secteurs doivent avoir davantage recours aux sources d’énergie renouvelables et éliminer progressivement les combustibles fossiles.”

Le 15 janvier 2020, le Parlement européen a adopté une résolution sur le Green Deal sans donner aucun rôle à l’énergie nucléaire. Ce vote traduit une réussite: celle d’avoir laissé à l’écart les lobbyistes pro-nucléaires qui cherchent, à chaque résolution parlementaire sur le changement climatique, à afficher le nucléaire comme une solution d’avenir. Alors qu’il n’en est rien. 

Le Green Deal, pour les écologistes, se veut l’amorce d’un changement de paradigme, pas simplement la relance du vieux système teinté de vert. Le nucléaire et les énergies fossiles sont l’épine dorsale d’un système énergétique très centralisé et peu flexible, qui incite au gaspillage d’énergie... et qui accapare les ressources nécessaires à l’essor rapide des énergies renouvelables. 

L’industrie nucléaire, à l’aide de ses nombreux relais politiques, tente de s’infiltrer dans tous les textes de loi européens.

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17 Janvier 2020

     

- Entretien > 16 janvier 2020 / Entretien avec Romain Pudal

Les pompiers, des héros fatigués par un État néolibéral

Incendies de forêts, inondations... "L’État français ne donne pas aux pompiers les moyens d’être à la hauteur des enjeux" nés de la crise climatique, assure le sociologue Romain Pudal. Au contraire, les pompiers, qui répondent "à tout le mal-être de cette société", subissent de plein fouet les politiques de rigueur.

Romain Pudal est sociologue. Chargé de recherche au CNRS, au laboratoire Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société (IDHES), il s’est engagé en 2002 comme pompier volontaire, après un service militaire à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris en 1999-2000. Il a écrit le livre Retour de flammes — Les pompiers, des héros fatigués (éd. La Découverte, 2016), une enquête qui s’appuie sur quinze années d’engagement.

Reporterre — Depuis presque trois mois, des incendies ravagent l’Australie. En tant qu’ancien pompier volontaire, que vous inspire cette catastrophe ?

Romain Pudal — J’imagine que les pompiers australiens ressentent en ce moment un sentiment d’utilité maximal, mais, vu l’ampleur des flammes, ils doivent en même temps traverser des situations de terreur professionnelle. Ces incendies montrent à quel point, face aux conséquences du changement climatique, les pompiers sont en première ligne et toujours plus sollicités, partout dans le monde. Il n’est plus possible d’ignorer les risques de voir subvenir des catastrophes majeures, et il est nécessaire de développer des services extrêmement équipés, puissants et avec beaucoup de personnel pour pouvoir lutter efficacement.

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- 16 janvier 2020, Augustin Langlade

La viande "spaghetti" ou la dégénérescence des poulets industriels. Conséquence de l’élevage en batterie

La viande “spaghetti” est la conséquence de dizaines d’années de sélection génétique, les poulets les plus gros et les plus résistants étant croisés entre eux, afin de créer des mastodontes ultra-lucratifs, prototypes commercialisés ensuite par quelques entreprises d’envergure mondiale.

Depuis une dizaine d’années, les poulets sortant des élevages industriels sont atteints d’une dégradation de leurs tissus musculaires inquiétante. Ce phénomène est celui de la "viande spaghetti", nommée ainsi car la chair ne s’agrège plus normalement et se décompose en filaments blancs, qui non seulement nuisent à la consommation mais sont aussi la preuve que notre système industriel a depuis longtemps franchi la ligne rouge. 

Grâce aux enquêtes et aux vidéos choc de l’association L214, notamment, les conditions d’élevage des poulets et le traitement qui leur est réservé à l’abattoir commencent à être connus du grand public.

Moins célèbres mais tout aussi épouvantables sont les conséquences de cette industrie à l’intérieur du corps des poulets et des dindes, sur leur squelette, leurs organes et leur viande. Depuis une dizaine d’années, les éleveurs et les consommateurs sont forcés de constater que de plus en plus "d’anomalies" apparaissent sur la viande de la filière avicole, résultat direct et évident de l’élevage en batterie sur un mode industriel effréné. Car ces effets secondaires, qui étaient impensables il y a quelques décennies, sont peu à peu en train de devenir la norme.

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- Technologies Opinion - Ngaire Woods, doyenne de l’école d’administration publique Blavatnik de l’université d’Oxford, publié vendredi 17 janvier 2020

Huawei est-il vraiment plus dangereux que Facebook?

OPINION. Les inquiétudes des gouvernements occidentaux au sujet de Huawei sont légitimes, mais sont-elles si différentes de celles qui devraient être les nôtres à l’égard des sociétés américaines du secteur technologique et de celles qui gèrent des réseaux sociaux? s’interroge Ngaire Woods, doyenne de l’école d’administration publique Blavatnik de l’Université d’Oxford

Les Etats-Unis, accompagnés par certains de leurs alliés, ont pris des mesures drastiques pour exclure de leurs marchés nationaux la société du secteur des technologies Huawei, mais ils continuent d’ignorer les menaces pourtant similaires que font peser Facebook et d’autres géants du secteur numérique. Les gouvernements des démocraties doivent désormais faire preuve du même empressement à parer ce danger grandi en leur sein.

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- Christophe Bourdoiseau, 22.09.2019

L’Allemagne se prépare à l’arrivée d’une pauvreté de masse

Retraites - Les bas salaires progressent fortement en Allemagne. Plus d’un retraité sur cinq vivra sous le seuil de pauvreté dans 20 ans

"Les retraités sont de plus en plus nombreux à venir chez nous", déplore la directrice de la soupe populaire de Berlin.

Malgré la pauvreté qui augmente chez les personnes âgées, l’Allemagne n’a toujours pas engagé une réforme de fond de son système de retraite par répartition. Plus les années passent, plus le nombre de retraités qui vivent dans la précarité progresse.

Selon le dernier rapport de l’Institut de conjoncture à Berlin (DIW), plus d’un retraité sur cinq (21,6%) vivra sous le seuil de pauvreté dans vingt ans, contre 16% aujourd’hui.

Ces chiffres sont d’autant plus alarmants qu’ils sont calculés avec l’hypothèse d’une économie évoluant "positivement".

"Le fond du problème n’a pas été réglé", constate Johannes Geyer, l’auteur de l’étude. "Les ajustements, comme une meilleure prise en compte du congé maternité ou la retraite à 63 ans à partir de quarante-cinq ans de cotisations, n’apportent rien de significatif sur le fond. Ce ne sont que des réformes cosmétiques", poursuit l’expert du DIW.

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16 Janvier 2020

     

- Juin 2017, pages 1, 12 et 13, par Jean-Michel Dumay

De l’idéal autogestionnaire au culte du compromis

CFDT, un syndicalisme pour l’ère Macron

Pressé de réécrire le code du travail, le nouveau président français, M. Emmanuel Macron, espère s’appuyer sur les syndicats dits "réformistes", et en premier lieu la Confédération française démocratique du travail (CFDT). Alors qu’elle incarna un profond renouvellement de l’action collective dans les années 1960 et 1970, celle-ci accompagne depuis trente ans le détricotage du droit social, tout en jurant rester fidèle à ses valeurs.
 
C’est une première dans l’histoire du syndicalisme français : la nouvelle mesure de la représentativité syndicale dans le secteur privé vient de placer la Confédération française démocratique du travail (CFDT) devant la Confédération générale du travail (CGT). Construit sur la base des 5,2 millions de voix exprimées lors des scrutins intervenus entre 2013 et 2016 — soit celles de trois salariés du privé sur dix seulement —, le nouveau calcul traduit moins une progression fulgurante de la première (passée de 26 à 26,37 %) que l’érosion continue de la seconde (aujourd’hui à 24,85 %) (...)

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- Enquête - par Pierre Bonneau, 16 janvier 2020

"On nous appelait les prisonniers politiques" : des gilets jaunes incarcérés racontent

Plus de 400 gilets jaunes, condamnés à de la prison ferme, purgent ou ont purgé leurs peines. Certains ont accepté de raconter à Basta ! leur découverte de l’univers carcéral, une expérience qui marque les personnes et souvent déstabilise les familles. Tout en laissant une trace profonde sur le mouvement.

En plus d’un an près de 440 gilets jaunes ont été incarcérés pour des peines de un mois à trois ans. Cette répression, menée sur le plan judiciaire et carcéral, a bouleversé leurs vies et celles de leurs proches, et affecté l’ensemble du mouvement.

À Montpellier, Perpignan, Narbonne, Le Mans et d’autres villes, Bastamag a rencontré plusieurs prisonniers et leurs soutiens, qui nous ont raconté leur expérience.

"Je n’aurais jamais cru aller en prison !"

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- Info  - 16 janvier 2020 / Émilie Massemin (Reporterre)

Le nucléaire, bon pour le climat ? Orano poursuivi pour "publicité mensongère”

Le réseau Sortir du nucléaire porte plainte contre une campagne publicitaire d’Orano, qui présente l’énergie nucléaire comme une solution contre le changement climatique. Une affirmation fausse destinée à relancer les investissements dans une filière en déclin, dénonce l’association.

"Nucléaire : eh non, on ne réchauffe pas la planète !"

"Pour faire du CO2 avec du nucléaire, il va falloir charbonner"

"95 % d’électricité décarbonée en France"...

Pour sa dernière campagne publicitaire, diffusée dans la presse papier (telle que le supplément Femina du Télégramme) entre le 18 et le 24 novembre 2019 et sur sa page "idées reçues", le groupe spécialisé dans le cycle du combustible nucléaire Orano a frappé fort. Objectif, démontrer à "69 % des Français [qui] pensent que le nucléaire produit du CO2 et contribue au dérèglement climatique" qu’ils ont tort et que "l’énergie nucléaire fait partie des solutions pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre”.

"Une campagne fallacieuse", réagit le réseau Sortir du nucléaire. Qui, en guise de riposte, porte plainte ce jeudi 16 janvier devant le Jury de déontologie publicitaire pour toute une série de manquements d’Orano : défaut de véracité des actions, défaut de proportionnalité du message, défaut d’explicitation, défaut de vocabulaire approprié, défaut de responsabilité sociale.

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15 Janvier 2020

     

- par Frédéric Lordon, 14 janvier 2020

Quelle "violence légitime" ?

Ils auront matraqué des personnes âgées, frappé des handicapés en chaise roulante, tiré au LBD sur des ados, agenouillé des classes entières, lancé des grenades à l’intérieur des appartements, tué une vieille dame — et puis bien sûr visé les yeux, lancé les GLI-F4 en cloche, arraché des mains. Ils auront tout fait — la police de Macron. Maintenant la haine de la population est sortie, et elle ne rentrera pas de sitôt dans le tube. Sa légitimité est constituée, entière, incontestable. La population hait la police et personne ne pourra lui dire qu’elle n’a pas raison.

Les violents dans les institutions de la violence

Qu’on trouve surreprésentés des individus violents à l’embauche des institutions de la violence, il ne devrait y avoir là rien pour étonner. Toute la question est celle de savoir ce que les institutions de la violence font de leurs violents. La combinaison de la nullité burlesque de Castaner et de la complète étrangeté de Macron au monde réel, associées à la situation du régime ne tenant plus que par la force armée, ont conduit à tout lâcher là où il était impérieux de tout tenir.

C’est que la prérogative exorbitante d’exercer la violence ne peut aller sans la contrepartie d’une responsabilité et d’une surveillance exorbitantes. Si le macronisme restera dans l’histoire comme la bascule dans l’État policier, c’est parce qu’à la prérogative exorbitante, il aura au contraire ajouté les autorisations exorbitantes : faites ce que vous voulez.

Il faut se représenter la décharge biochimique qu’entraîne dans des têtes violentes cette parole à peine murmurée : faites ce que vous voulez. C’est la décharge de la pulsion à laquelle d’un coup il est donné libre cours. On ne reprend pas facilement le bouillonnement sadique après l’avoir libéré. Chez les sujets dont nous parlons, l’expérience de la licence absolue, comme un Salò à ciel ouvert, licence de brutaliser, d’insulter, d’humilier, d’exercer par la violence un pouvoir unilatéral sans borne, puisque l’impunité est devenue une garantie implicite, cette expérience est de celle dont on ne revient pas facilement.

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- - Vincent Gabrielle, Knoxville News Sentinel, published January 12, 2020

Traces of Manhattan Project can be found in every single living thing — even you

Deep off the East Coast of the United States, nestled among the rocks, ravines and reefs of the continental shelf, the Warsaw grouper lives in twilight. The dull brown reclusive fish are obscure outside of deep-sea sport fishing and notable mostly for their massive size — adults can grow almost 8 feet long.

But Warsaw groupers contain a secret in their bones, a mark that originated in the science labs of Oak Ridge and was inscribed by the atomic weapons testing made possible by the Manhattan Project. The ear bones of fish born during the Cold War contain elevated levels of the harmless radioactive isotope carbon-14. 

Fisheries biologists study fish ear bones or otoliths in the same way that botanists study tree rings. Whatever material is laid down in an otolith will stay there for the fish’s entire life in a stony, chemical archive. If something changes in the environment it will echo in the fish’s ears.

During the Cold War, the environment changed dramatically as hundreds of atomic weapons were detonated during the frantic arms race for nuclear supremacy. The local and regional consequences of atomic weapons are well-known, but the global reach of fallout is not. 

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- SOCIAL - Publié le 10 janvier 2020, Arnaud Dumas

La grève risque d'accentuer la tendance émergente des Français à la déconsommation

Le commerce de centre-ville commence à montrer des signes de fatigue. La grève contre la réforme des retraites s’est traduite par des baisses sévères de leurs chiffres d’affaires en décembre, qui menace de se poursuivre pendant la période des soldes. Le coup est d’autant plus dur qu’il accompagne une tendance émergente à la déconsommation par une partie des Français, soucieux de consommer moins mais mieux.

Le mouvement de grève contre la réforme des retraites se traduit par une réduction de l'activité des commerces en ville. - @Alain Jocard / AFP

"Avec 1,3 % pour 2019 et pour 2020, la croissance est plus élevée que pour la moyenne de la zone euro", se félicitait Bruno Le Maire lors de la présentation de ses voeux aux acteurs économiques.

La grève contre la réforme du régime des retraites, malgré sa durée inédite, ne semble pas avoir de prise sur les chiffres macroéconomiques qui demeurent largement positifs.

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- Info > 15 janvier 2020 / Héloïse Leussier (Reporterre)

Le déclin de la filière du papier recyclé, un drame social et écologique

L’arrêt des activités des usines du groupe papetier Arjowiggins, courant 2019, a signé la fin de production de certains papiers recyclés en France. Les papeteries françaises, globalement, se portent mal. Une situation regrettable sur le plan social et écologique puisque les imprimeries locales doivent alors se fournir en papier à l’étranger.

Au printemps 2019, Arjowiggins Papiers Couchés et Arjowiggins Creative Papers, filiales du groupe papetier international Sequana, ont été placées en liquidation judiciaire. Un chamboulement de plus dans l’industrie papetière française. Une usine située à Saint-Mars-la-Brière, dans la Sarthe, a été reprise partiellement par une société spécialisée dans la ouate, permettant de sauver 120 emplois sur 270. Une autre usine, qui produit de la pâte à papier recyclée, à Château-Thierry, avec 75 salariés, a été reprise par une entreprise allemande qui fabrique des serviettes de table en papier. En revanche, le plus gros site de production, qui employait 570 salariés, à Bessé-sur-Braye, dans la Sarthe n’a pas trouvé repreneur. Cette usine était la seule, en France, à produire certains types de papier recyclé, pour la bureautique et l’édition. « Désormais, nous devons nous tourner vers l’Allemagne ou l’Autriche pour nous approvisionner en papier recyclé. C’est dommage d’avoir tout ce transport de marchandise, alors que nous étions dans une chaîne courte et vertueuse », regrette ainsi Gilles Fouquet, de l’imprimerie ITF, près du Mans. Cet imprimeur utilisait notamment les papiers d’Arjowiggins pour l’édition de bulletins municipaux.

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14 Janvier 2020

     

- Info > 14 janvier 2020 / Marie Astier (Reporterre)

Travailleuses détachées dans l’agriculture, elles racontent leur calvaire en France

Les "travailleurs détachés" — qui viennent de Pologne, d’Espagne, de Roumanie... — fournissent une grande part de la main d’œuvre dans les campagnes françaises. Ce statut vulnérable et précaire permet de nombreux abus, dont sont notamment victimes les femmes, que certaines ont courageusement décidé de dénoncer.

Pour Yasmine, la date de son arrivée en France est facile à retenir : "C’était le 31 décembre 2011", se souvient-elle. Une nouvelle année pour un nouveau départ, espérait-elle avec son amie K. – qui préfère reste anonyme. D’origine marocaine, vivant en Espagne depuis leur enfance, elles travaillaient comme vendeuses dans le prêt-à-porter, avant que la crise ne les mette au chômage. Elles pensaient venir en France pour un an. "Nous avons souscrit un contrat avec l’entreprise Laboral Terra, pour travailler dans l’agriculture, dans l’emballage de fruits et légumes", raconte Yasmine. Travailler dur, certes, mais aussi gagner un salaire en conséquence, plus élevé en France qu’en Espagne. Elles ne se sont pas méfiées. "Nous nous sommes dit, c’est l’Europe ! Mais dès notre arrivée en France, à Avignon, le calvaire a commencé", poursuit-elle. Un calvaire qu’elle raconte désormais le regard haut et déterminé, pour dénoncer, en espérant que cela l’évitera à d’autres.

Huit ans plus tard, elles sont toujours en France, et attendent le procès de leurs anciens employeurs aux prud’hommes, peut-être même au pénal. De 2012 à 2017, les cinq années où elles ont vécues en tant que travailleuses détachées, K. les appelle "mes années noires en France", dit-elle, la gorge serrée. "Je laisse parler Yasmine, pour moi c’est trop douloureux." Cinq ans pendant lesquels elles disent n’avoir cessé de se demander : "On est en France, pays des droits de l’Homme. Est-il possible que tout cela nous arrive ici ?"

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- Climat Tennis - Arnaud Jamin, écrivain, publié mardi 14 janvier 2020

La joueuse de tennis et le feu

Les images de l'abandon de la Slovène Dalila Jakupovic, victime de la pollution de l'air à Melbourne, au premier tour des qualifications de l'Open d'Australie, ont fait le tour de la planète et fait réagir l'écrivain Arnaud Jamin: "désormais, on ne peut littéralement plus jouer"

Je ne connais rien de la joueuse de tennis Dalila Jakupovic.

Son Instagram dévoile une Slovène de 28 ans appliquée qui parcourt le monde pour faire son métier: lancer une balle, courir, perdre ou gagner mais avant tout, jouer.

Cette nuit dans un match de qualification de l'Open d'Australie à Melbourne, alors qu'elle mène un set à zéro et qu'elle se bat en fin de deuxième set, une terrifiante quinte de toux l'assaille. C'est l'abandon soudain. L'image fait le tour de la planète en quelques minutes.

Que s'est-il passé?

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- Chronique > 14 janvier 2020 / Corinne Morel Darleux (Reporterre)

La vie sauvage arrive dans les villes, repensons les frontières

Les villes s’étendent et "l’espace rétrécit", écrit l’autrice de cette chronique. Désormais les rencontres entre humains et vie sauvage — ours, sangliers, renards... — vont se multiplier et il faut "trouver de nouveaux mécanismes de préservation de la nature sauvage, sans pour autant gommer son altérité".

Mercredi matin [le 8 janvier], une dépêche AFP nous apprenait que "des snipers vont abattre depuis des hélicoptères 10.000 dromadaires sauvages en Australie, en raison de la menace que constituent pour les populations ces animaux qui, du fait de la sécheresse, s’approchent de plus en plus de certaines localités pour y trouver de l’eau". Les conflits de territoire entre humains et non-humains ont toujours existé. Mais ils sont peut-être appelés à se multiplier. Car aujourd’hui, l’espace habitable rétrécit. En Alaska, on voit ainsi de grands ours sauvages fouiller les poubelles en ville pour survivre. De plus en plus d’animaux sauvages risquent d’être condamnés à partager les mêmes zones que nous. Nous qui avons mité leurs territoires d’axes routiers, d’oléoducs et de mégalopoles [1]. Nous qui avons coupé les forêts, dépeuplé les rivières et fait fondre la banquise.

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13 Janvier 2020

     

- Enquête > 13 janvier 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Mégafeux : la France pourrait aussi être touchée

En 2050, la moitié des forêts françaises sera soumise au risque d’incendie, avec des feux plus réguliers et plus violents du fait des sécheresses et de la hausse des températures. Se préparer à ce phénomène est indispensable.

Nos yeux sont tournés vers l’autre bout du monde. En Australie, le ravage causé par les flammes offre un spectacle cauchemardesque. Nous assistons médusés à une forme d’effondrement. La population fuit les villes, les écosystèmes sont réduits en cendres et le brasier, attisé par le réchauffement climatique, devient incontrôlable.

Il serait confortable de croire la situation australienne isolée. La France est, elle aussi, menacée à l’avenir par des feux plus intenses et plus fréquents. À une proportion évidemment moindre qu’en Australie mais le péril inquiète tout de même les autorités, les sapeurs-pompiers et les scientifiques. "Les mégafeux pourraient s’étendre à notre pays", expliquait dans un entretien à Reporterre, la philosophe Joëlle Zask.

Un rapport interministériel, publié en 2010, partage le constat. Il prévoit qu’en 2050, "plus de la moitié des forêts françaises seront classées à risque contre un tiers aujourd’hui" . Le phénomène pourrait s’accélérer. "Dès 2040, les surfaces menacées par le feu sont susceptibles d’augmenter de 30 % par rapport à 2008", alertent les experts de Météo France, de l’Office national des forêts (ONF), et de l’Institut national de l’information géographique et forestière ( IGN), à l’origine de l’étude.

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Rapport de la mission interministérielle « Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêts », juillet 2010.

 

 

 

 

     

- Justice Climat Environnement Médias - Boris Busslinger, publié lundi 13 janvier 2020

Les manifestants pour le climat mettent Credit Suisse à terre

Au terme d’une audience historique, 12 activistes condamnés pour avoir occupé une banque sans autorisation ont été innocentés. Le juge a considéré que leur action de désobéissance civile se justifiait au vu de l’urgence climatique

Un tonnerre d’applaudissements a accueilli la lecture du verdict: l’acquittement.

Les militants se prennent dans les bras, les avocats aussi. Des deux côtés du banc, beaucoup sont en pleurs. Venue en nombre pour soutenir les activistes, la foule exulte également.

"Personne n’y croyait", glisse l’un des défenseurs du barreau, visiblement sous le choc d’une telle réussite. "C’est une journée historique", appuie l’une de ses collègues.

La décision prise ce lundi fera en effet date.

Pour la première fois, la justice suisse reconnaît que la désobéissance civile pratiquée par les manifestants pour le climat se justifie. Invoqué par les avocats, l’état de "nécessité licite" – une exception juridique qui rend légale une action punie par la loi si elle est justifiée par la sauvegarde d’intérêts prépondérants – a été retenu. Oui, la gravité du changement climatique peut justifier de briser la loi.

Retour sur un jugement déjà célèbre.

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12 Janvier 2020

     

- Belga, publié le jeudi 28 novembre 2019

La planète bascule vers un désastre irréversible, avertissent les scientifiques

La moitié des points de basculements qui pourraient entraîner la planète vers un désastre irréversible ont été activés, ont averti des scientifiques dans un article publié dans la revue Nature. Neuf de ces étapes du changement climatique pourraient entraîner un effet boule de neige.

"Dès qu'un ou deux 'dominos climatiques' sont renversés, ils poussent la terre vers d'autres points de basculement", déclare le professeur Will Steffen de la Australian National University à Canberra (Australie) dans un communiqué diffusé jeudi. "Nous craignons qu'il ne devienne impossible d'empêcher cette rangée de dominos de tomber, ce qui pourrait menacer l'existence des civilisations humaines.”

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L'article de Nature

 

 

 

 

 

 

 

 

     

- Reportage > 9 janvier 2020 / Mathilde Sire (Reporterre)

Les coopératives funéraires veulent "réenchanter la mort"

Rennes, Nantes, Bordeaux... Les "coopératives funéraires" fleurissent en France : les prix se veulent plus "justes", quiconque peut devenir sociétaire et tous les bénéfices sont réinvestis. En plus, ces structures proposent des obsèques plus respectueuses de l’environnement.

Nantes, (reportage)

"En 2015, j’ai assisté à des obsèques. Quand je suis rentrée dans une entreprise de pompes funèbres, j’ai eu l’impression d’entrer dans un magasin et je n’avais pas envie qu’on me vende des choses… Je trouvais qu’on rajoutait de la tristesse sur la tristesse, dans un environnement sombre", se souvient Isabelle Georges. Avec un collectif de quinze personnes et structures, elle a monté la coopérative funéraire rennaise qui ouvrira ses portes au mois de janvier 2020. "C’est pour ça que les coopératives sont dans des lieux plus chaleureux, d’écoute, d’accueil..."

À Nantes, depuis trois ans, c’est au cœur d’un bâtiment regroupant plusieurs coopératives qu’est installée la coopérative funéraire. Dans une pièce lumineuse et sobrement décorée, Sabine Le Gonidec, Brigitte Brodin et Sophie Dronet, toutes trois salariées de l’établissement et conseillères funéraires, reçoivent les clients, avec une promesse inscrite sur leur site internet : "Notre agence de pompes funèbres propose des prestations de qualité à des prix justes."

Comme pour une entreprise de pompes funèbres "classique", les coopératives organisent les obsèques, mais on peut aussi y venir en amont, pour s’informer, préparer ses funérailles ou celles de ses proches. "On a de plus en plus de gens séparés, sans enfants, ceux dont les proches ont le même âge... Ils se demandent comment faire si je pars en dernier ?", raconte Sabine Le Gonidec, conseillère funéraire et présidente de la coopérative nantaise qui propose des entretiens pour les aider à se poser les bonnes questions.

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La SCIC Coopérative funéraire de Rennes a été inaugurée hier, 11/1/2019

3 rue du Morbihan

35000 Rennes

‭07 63 63 55 25

www.lacoopfunerairederennes.fr

bienvenue@lacoopfunerairederennes.fr

 

- - Alternative > 15 mars 2016 / Odile Floutié (Silence)

Cercueils en carton et corps rendus à l’humus : le cimetière devient écolo

La mort fait partie de la vie. Et comme elle, dans notre monde, elle peut prendre, en ce qui concerne l’inhumation, un tour écologique. C’est ce qu’explique l’enquête de la revue Silence.

La première contrainte est le choix entre inhumation et crémation, les deux seuls modes d’obsèques autorisés en France actuellement. Dans les deux cas, vous aurez obligatoirement à choisir un cercueil. La majorité des pompes funèbres vous vendent alors un modèle en bois qui aura bien souvent parcouru des milliers de kilomètres, doté de poignées de portage non biodégradables et recouvert de peintures et de vernis. Ces entreprises ont tout intérêt à proposer aux familles, dans ces moments de profonde détresse, l’ardoise la plus élevée possible. En effet, le montant alloué aux obsèques peut atteindre plus de 6.000 euros. Il est important de se renseigner.

Cette lourde facture affecte également notre Terre. Le modèle économique actuel de nos funérailles est énergivore et polluant. Outre la consommation de bois qui augmente la déforestation, les stèles en marbre sont en provenance de Chine et d’Inde dans 80 % des cas, et le béton de nos sépultures altère les sols. S’y ajoutent les pesticides utilisés dans les cimetières, qui ne sont pas concernés par la loi du 22 juillet 2015 sur l’interdiction de produits phytosanitaires. Ainsi que le rejet dans l’atmosphère des dioxines, mercure, plomb, cadmium et autres métaux lourds par les crématoriums non équipés de filtres. Un arrêté de février 2010 fixe « les quantités maximales de polluants contenus dans les gaz rejetés » au plus tard en février 2018, or le décret n’a toujours pas été publié et nombre de crématoriums ne seront pas équipés à cette échéance. De plus, les professionnels du funéraire recommandent les soins de conservation des corps auprès des familles alors que cette pratique fait usage de formol (France et Grande-Bretagne exceptées, la thanatopraxie [2]) est interdite en Europe ou restreinte à des cas exceptionnels de transports de corps), et cela se rajoute aux polluants accumulés dans nos corps tout au long de nos vies.

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- On en parle > 9 janvier 2020

Dans un monde globalisé, parer le localisme de toutes les vertus est une arnaque

On ne nous a jamais autant parlé de "relocalisation", de "décentralisation"... et jamais la prise de décision sur les grandes questions économiques et sociales n’a été aussi éloignée des citoyens. Dans "L’illusion localiste", Aurélien Bernier dénonce cette "arnaque de la décentralisation dans un monde globalisé”.

Présentation du livre par son éditeur :

Rapprocher le pouvoir du citoyen, instaurer la "démocratie participative", soutenir le développement territorial et l’économie "de proximité"...

A l’approche des élections municipales, on assiste à une surenchère des mots d’ordre localistes et décentralisateurs. On les retrouve dans tous les discours politiques, de la gauche à l’extrême-droite en passant par la droite et les socio-démocrates.

La participation des habitants et les promesses de changement "par en bas" sont dans tous les programmes. Les démarches et les listes "citoyennes", plus ou moins instrumentalisées par les partis traditionnels, se multiplient. Même le président de la République s’affiche localiste : en réponse à la crise de "Gilets jaunes", il promet une nouvelle phase de décentralisation pour la deuxième moitié de son mandat. A en croire nos élites, c’est donc par l’action municipale ou régionale que les problèmes économiques, sociaux, environnementaux ou démocratiques pourraient être résolus...

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11 Janvier 2020

     

- À découvrir > 10 janvier 2020 / Jonas Lum

La non-violence, "une résistance molle" qui ne provoque pas de changement profond

Dans "Comment la non-violence protège l’État", Peter Gelderloos tacle la non-violence, une forme de « résistance molle » qui met en danger les militants plus offensifs en en faisant des cibles de choix pour la répression. Loin de prôner la violence à tout prix, il plaide pour « une diversité des tactiques » dans les luttes.

Peut-on résister à un système aussi violent que le capitalisme par la non-violence ? Non, répond l’activiste libertaire Peter Gelderloos. Dans son livre Comment la non-violence protège l’État ?, il explique pourquoi la non-violence seule ne permet pas (et n’a jamais permis) de provoquer des changements profonds dans la société et ne fait qu’asseoir les privilèges de celles et ceux qui participent à ces mouvements.

Alors que l’État réprime avec une violence grandissante les personnes qui le contestent, les mouvements non violents se multiplient. Cela n’étonne pas l’activiste et auteur libertaire Peter Gelderloos qui déplore que « la plupart des gens qui en viennent à s’impliquer dans des mouvements radicaux n’ont jamais entendu de bons arguments, ni même de mauvais, contre la non-violence ». Il avance au contraire que la non-violence « sert immanquablement les intérêts de l’État ».

C’est pourquoi il a écrit en 2005, Comment la non-violence protège l’État — Essai sur l’inefficacité des mouvements sociaux (How Nonviolence Protects the State). Le livre a été traduit en français en 2016 par un collectif qui l’a publié en accès libre et il est sorti en librairie en 2018 aux Éditions Libre [[Gelderloos a vivement critiqué le traducteur français de son livre pour ses positions transphobes]. Dans cet ouvrage, il démonte méthodiquement les arguments utilisés par les militant.e.s non violents pour présenter leur tactique comme supérieure moralement et stratégiquement.

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- Entretien > 9 janvier 2020 / Entretien avec Pablo Servigne

Pablo Servigne : "Avec les mégafeux, le projet moderne a trouvé plus fort que lui"

Le penseur Pablo Servigne, qui a forgé le concept de collapsologie, parle d’un "effondrement de la normalité" et d’un "basculement rapide et massif de l’opinion publique" en Australie, car les mégafeux montrent bien que les catastrophes ne sont ni lointaines ni hypothétiques.

Pablo Servigne est chercheur indépendant et essayiste, coauteur de l’ouvrage Comment tout peut s’effondrer (2015, Seuil) avec Raphaël Stevens. Son domaine d’étude est ce qu’il appelle la « collapsologie », l’étude de l’effondrement.

Reporterre — Un brasier incontrôlable, 100.000 personnes évacuées, un milliard d’animaux tués... L’Australie vit-elle une forme d’effondrement ?

Pablo Servigne — Il y a un côté destructeur, gigantesque, imprévu et irréversible dans ce que vit l’Australie. On pourrait parler d’effondrement, mais c’est encore trop tôt pour dire si l’Australie se relèvera ou pas de tels mégafeux. Nommer un effondrement à grande échelle est une question pour les historiens du futur.

À l’échelle locale des écosystèmes forestiers, il s’agit clairement d’effondrements. Ces forêts sont habituées aux feux de savane, ça fait partie du cycle de vie, mais dans ces mégafeux il y a une puissance nouvelle qui risque de mettre à mal le côté réversible des choses… Attendons de lire les études des écologues.

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- CLIMAT - Entretien - 10 janvier 2020 Par Jade Lindgaard

Mégafeux en Australie: le philosophe Clive Hamilton redoute un “holocauste des animaux”

Plus de 8 millions d’hectares ont brûlé en Australie depuis le mois d’octobre, un milliard d’animaux pourraient avoir perdu la vie. Pour le philosophe Clive Hamilton, le climato-scepticisme fanatique du premier ministre Scott Morrison est en cause.

Plus de 8 millions d’hectares ont brûlé en Australie depuis le mois d’octobre, début d’une saison catastrophique de mégafeux qui ont consommé un territoire aussi grand que la Belgique. Vingt-six personnes humaines sont mortes, des dizaines de milliers ont dû être déplacées mais la faune du bush australien est la plus touchée, au-delà des mots et des images : un milliard d’animaux pourraient avoir perdu la vie. Des scènes macabres de cadavres d’animaux prisonniers de paysages calcinés hantent les médias australiens. Alors que des volontaires se relaient pour porter secours à des koalas assoiffés et blessés par les incendies, des snipers en hélicoptère pourraient abattre des milliers de dromadaires afin de protéger des réserves en eau au sud du pays.

Face à cette catastrophe sans précédent, le philosophe et économiste australien, auteur des Apprentis sorciers du climat (Seuil, 2013) et de Requiem pour l’espèce humaine (Presses de Sciences Po, 2013), incrimine le climato-scepticisme fanatique du premier ministre australien, Scott Morrison. Épouvanté par le terrible bilan pour la faune du bush australien, il compare cette tragédie à un « holocauste des animaux », en référence aux sacrifices antiques d’animaux par le feu. Il ne faut pas lire de volonté de polémique facile dans cette expression, et encore moins une intention de relativiser le génocide du peuple juif. Face à l’horreur de l’écocide en cours dans l’un des pays les plus hostiles aux politiques climatiques, Hamilton, comme nous tou·te·s, recherche désespérément quels mots employer pour décrire l’ampleur de la catastrophe en cours.

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- China - Reuters in Shanghai, Saturday 11 January 2020

First death from China mystery illness outbreak

Man dies in outbreak that has infected 41 people as early tests point to new type of the coronavirus responsible for Sars epidemic

South Korean quarantine officials use thermal cameras to measure the temperatures of air passengers arriving in Incheon from China on 9 January. A man in China has become the first fatality in the outbreak of an unidentified illness. Photograph: Yonhap/EPA

A 61-year-old man has died from pneumonia in the central Chinese city of Wuhan in an outbreak of a yet to be identified virus while seven others are in critical condition, Wuhan health authorities say.
In total 41 people have been diagnosed with the pathogen, which preliminary lab tests cited by Chinese state media earlier this week pointed to a new type of coronavirus, the Wuhan Municipal Health Commission said on Saturday in a statement on its website.

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- Experience - Life and style - Les Knight, Friday 10 January 2020

Experience: I campaign for the extinction of the human race

With us gone, other species will have a chance to recover

Les Knight: ‘A medical school gave me a discounted vasectomy in exchange for being a student doctor’s first one.’ Photograph: Leah Nash/The Guardian

Fifty years ago, I concluded that the best thing for the planet would be a peaceful phase-out of human existence. We’re causing the extinction of hundreds of thousands of other species. With us gone, I believe ecosystems will be restored and there will be enough of everything. No more fighting over resources.

The idea wasn’t as well received as I had hoped.

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10 Janvier 2020

     

- 10th January 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 8th January 2020

Saving Our Bacon

Farm-free foods might be the only thing that gets us – and much of the rest of the living world – through this century.

It sounds like a miracle, but no great technological leaps were required. In a commercial lab on the outskirts of Helsinki, I watched scientists turning water into food. Through a porthole in a metal tank, I could see a yellow froth churning. It’s a primordial soup of bacteria, taken from the soil, using hydrogen extracted from water as its energy source. When the froth was siphoned through a tangle of pipes, and squirted onto heated rollers, it turned into a rich yellow flour.

This flour is not yet licensed for sale. But the scientists, working for a company called Solar Foods, were allowed to give me some. I asked them, filming our documentary Apocalypse Cow, to make me a pancake: I would be the first person on Earth, beyond the lab staff, to eat such a thing. They set up a frying pan in the lab, mixed the flour with oat milk, and I took my small step for man. It tasted … just like a pancake.

But pancakes are not the intended product. Such flours are likely soon to become the feedstock for almost everything.

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- Enquête - 10 janvier 2020 Par Laurent Mauduit

L’Ecole polytechnique partiellement privatisée au profit de Total

C’est un pas de plus dans la privatisation de l’enseignement supérieur : Total va installer sa direction Recherche et innovation sur le campus et va financer une chaire d’enseignement, au mépris de la mission de l’école, qui est de former des ingénieurs au service de l’intérêt général. La neutralité scientifique de la formation est menacée.

Un pas de plus, hautement révélateur, dans la privatisation rampante de l’enseignement supérieur : la compagnie pétrolière Total va installer sa direction Recherche et innovation sur le campus de la prestigieuse École polytechnique et financer une chaire d’enseignement, au mépris de la mission de l’établissement, qui est de former des ingénieurs au service de l’intérêt général.

Le projet est maintenant ancien, puisque c’est le 21 juin 2018 que le conseil d’administration de l’école a donné son feu vert à sa réalisation, mais il n’avait pas jusque-là été rendu public. Relevant du statut militaire, les élèves sont astreints à l’obligation de réserve, et aucun d’eux n’a donc souhaité s’exprimer, même s’ils sont très majoritairement hostiles au projet.

En effet, un document – visiblement rédigé à l'encontre du projet – circule pourtant au sein de l’école, présentant tous les détails du schéma prévu, ainsi que ses risques. Grâce à un membre du corps professoral, Mediapart a pu en obtenir une copie…(consultable dans l’article en ligne).

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- Info > 10 janvier 2020 / Grégoire Souchay (Reporterre)

Mort de Rémi Fraisse : "Quand la justice ne souhaite pas faire l’enquête, il est logique qu’elle aboutisse à un non-lieu"

Jeudi 9 janvier, la cour d’appel de Toulouse a confirmé le non-lieu dans l’affaire Rémi Fraisse. Cette décision ne permet toujours pas de répondre aux nombreuses questions entourant la mort du jeune homme à Sivens en 2014. Les avocats de la famille ont annoncé un pourvoi en cassation et un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme.

Difficile de ne pas voir dans la date une simple coïncidence. Deux ans jour pour jour après la délivrance d’une ordonnance de non-lieu, le 9 janvier 2018, dans l’affaire Rémi Fraisse, le jugement de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Toulouse, rendu le 9 janvier 2020, est identique : non lieu. Le jeune homme, étudiant de 21 ans, botaniste bénévole au sein de Nature Midi-Pyrénées, avait été tué dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 par un gendarme mobile.

Le 25 octobre, plusieurs milliers de manifestants étaient rassemblés sur le site de Sivens, dans le Tarn, pour une grande manifestation contre un projet de barrage qui menaçait une zone humide riche en biodiversité. Après deux mois de présence militaire permanente, l’afflux de soutiens avait conduit une partie des manifestants à s’interposer face à des forces de maintien de l’ordre restées sur place pour parer à toute tentative de blocage du chantier. Des affrontements avaient alors éclaté en fin de journée et s’étaient poursuivis jusqu’au milieu de la nuit, avec un usage disproportionné de la force de la part des gendarmes mobiles selon de nombreux témoins. C’est une grenade offensive lancée par un gradé de gendarmerie qui tua Rémi Fraisse en explosant après avoir atterri sur le sac à dos du jeune homme.

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- Info > 10 janvier 2020 / Alexandre-Reza Kokabi et NnoMan Cadoret (Reporterre)

"Reculer, nous ?" : la motivation intacte des manifestants contre la réforme des retraites

Le 9 janvier, les manifestants contre la réforme des retraites restaient déterminés, malgré la répression policière — lacrymos, coups de matraque — et face à un gouvernement qui ne cède pas. "Mobilisation forte du privé", "extension de la grève à d’autres secteurs" : dans les cortèges, on réfléchit à la suite du mouvement.

Paris (reportage) — Jeudi 9 janvier 2020, au trente-sixième jour consécutif de la grève contre la réforme des retraites, se tenait une nouvelle journée de mobilisation nationale interprofessionnelle. Les opposants à la réforme ont répondu présent, à des niveaux de mobilisation proches — bien qu’inférieurs — de ceux de la manifestation du 5 décembre. La préfecture de police de Paris a décompté 452.000 manifestants en France et 56.000 à Paris, la CGT 1,7 million en France et 370.000 dans la capitale.

Dans les rues de Paris, cheminots, agents RATP, enseignants, étudiants, infirmières, artistes ou encore salariés de la Bibliothèque nationale de France ont exprimé leur colère et leur rejet du projet gouvernemental. Les forces de l’ordre ont répliqué à coups de matraque, ont aspergé la foule de gaz lacrymogène et ont interpellé de nombreux manifestants et journalistes.

En début d’après-midi, un petit groupe d’irréductibles cheminots de Sud-Rail, en grève reconductible depuis le 5 décembre, l’assurait d’une même voix : s’ils ne sont pas "lâchés" par les autres secteurs en lutte, ils tiendront "évidemment" jusqu’au passage de la réforme des retraites à l’Assemblée nationale, à partir du 17 février. "Si le gouvernement ne plie pas avant ! s’exclament-ils. Reculer, nous ? Pas après tous les sacrifices consentis... Le gouvernement devra d’abord abandonner sa réforme ! La retraite à points nous fera plus de mal financièrement que des mois de grève."

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09 Janvier 2020

     

- Janvier 2020, pages 1, 14 et 15, par Serge Halimi

Réforme des retraites, corruption, coût de la vie…

De Santiago à Paris, les peuples dans la rue

Est-ce déjà la troisième ou la quatrième vague de protestations de masse contre l’ordre néolibéral et ses gouvernants ? De Beyrouth à Santiago, sans oublier Paris, le pouvoir politique paraît en tout cas incapable de rétablir la situation. Y compris quand il recourt à la manière forte.
 
A comme Algérie, B comme Bolivie, C comme Colombie, E comme Équateur, F comme France… Le point de départ des protestations a parfois peu d’importance un mois plus tard. Et la satisfaction de l’exigence initiale des manifestants, peu d’effet. En annulant une augmentation de 4 % du prix du métro, M. Sebastián Piñera n’a pas davantage dégagé les rues de Santiago que le gouvernement de Hongkong n’avait désarmé ses opposants en retirant un projet de loi d’extradition.

Une fois le mouvement lancé, il faut céder plus. Le cas échéant, envoyer la police, l’armée. Promettre, en Irak, au Chili, en Algérie, qu’on modifiera la Constitution.

Mais, sitôt le feu apaisé quelque part, il se rallume ailleurs. Les exigences sont immenses : "Le peuple veut la chute du régime." Comment peut-il y parvenir ? Pour faire quoi ? Il ne le sait pas toujours, et il avance. En Algérie, cela fera bientôt un an qu’il manifeste. À Hongkong, il s’est mis en marche en avril dernier. Son mérite est grand : la crainte d’une répression féroce pourrait paralyser les contestataires. Pourtant, ils ne lâchent rien. Et que se passe-t-il en Iran, où même le nombre des manifestants assassinés est tenu secret ?

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- International - Analyse - 8 janvier 2020 par Romaric Godin

Le «moment Thatcher» d’Emmanuel Macron

La stratégie du gouvernement ressemble beaucoup à celle de Margaret Thatcher lors de la grève des mineurs, au mitan des années 1980. Emmanuel Macron est clairement tenté de s’inscrire dans ce mythe fondateur du néolibéralisme, quels qu’en soient les risques.

Dans les cortèges, sur les piquets de grève et dans les assemblées générales, le mot se répète souvent : cette grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites résonne pour Emmanuel Macron comme l’équivalent de la grande grève des mineurs de 1984-1985 pour Margaret Thatcher. C’est une forme de combat décisif, celui par lequel le gouvernement français, comme jadis l’ont fait les tories britanniques, cherche à abattre une ligne défensive contre le projet néolibéral. Mais en quoi cette analogie est-elle pertinente ? Pour le savoir, il faut se replonger dans la logique qui a présidé au principal conflit social britannique de la fin du XXe siècle.

Les mineurs britanniques, ligne de défense du monde du travail

La grève des mineurs britanniques est le grand moment de la transformation néolibérale du Royaume-Uni par Margaret Thatcher. C’est l’aboutissement d’une lutte de quinze années dont l’issue va entièrement modifier le paysage politique, économique et social du pays. L’ambition de la première ministre n’a jamais été cachée : il s’agissait d’en finir avec le modèle mis en place après la victoire surprise des travaillistes en juillet 1945. Et les mineurs représentaient le nœud réel et symbolique autour duquel s’organisait ce modèle.

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- 21 novembre 2019, Augustin Langlade

L’arnaque ubuesque des bio-carburants qui sacrifient nos forêts

Les bienfaits écologiques des biocarburants sont un mythe. Et comme les mauvaises herbes qui nous le vendent, ce mythe a la vie dure.

Dans le domaine du greenwashing, l’industrie pétrolière a touché le gros lot : les biocarburants. Présentés comme une solution miracle aux problèmes écologiques, ils polluent de deux à trois fois plus que l’essence classique et participent à la déforestation accélérée de la planète. Et comme toujours, le trophée de l’éco-tartufferie est aujourd’hui décerné à Total. 

Vous en avez peut-être entendu parler, les biocarburants sont devenus ces dernières années à la mode. Ce sont des huiles végétales extraites de plantes comme le colza, le tournesol, la betterave, le soja ou le palmier, et que l’on mélange au diesel ou à l’essence pour augmenter leur prétendue "performance écologique".

Dans les journaux, à la télévision et jusqu’à certains rangs du Parlement, on les présente servilement comme des alternatives magiques aux énergies fossiles, à l’aide d’un argument fallacieux qui falsifie complètement la réalité. Ces plantes, pendant leur croissance, capteraient le CO2 et le transformeraient en oxygène. Brûlées dans nos voitures, les huiles biologiques auraient donc un bilan carbone réduit "en amont" par la photosynthèse…

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- Retraites - par Rachel Knaebel, 9 janvier 2020 - Photo : ©Anne Paq

Bernard Friot : un droit au salaire à vie pour "libérer le travail de la folle logique capitaliste"

Pour le sociologue et économiste Bernard Friot, il faudrait en finir avec l’existence de régimes complémentaires à points et instaurer un salaire à vie pour tout le monde dès cinquante ans, dans le cadre d’un régime général unifié, qui éradique vraiment les inégalités entre hommes et femmes. Entretien.

Basta ! : Pourquoi le principe même de la retraite à points, au cœur du nouveau projet de réforme du gouvernement, pose-t-il autant problème à vos yeux ?

☛ Bernard Friot : Parce qu’il a été construit par le patronat en réponse au droit au salaire des retraités que les communistes ont commencé à poser en 1946. Maurice Thorez [ministre de la fonction publique entre 1945 et 1947, ndlr] a fait voter le statut de la fonction publique qui, en distinguant le grade du poste, fondait la pension de retraite comme la poursuite du dernier et donc du meilleur salaire. Marcel Paul [ministre de la production entre 1945 et 1946, à l’origine de la création d’EDF-GDF] a institué le statut des électriciens et gaziers sur ce modèle. Ambroise Croizat [ministre du Travail et de la Sécurité sociale entre 1945 et 1947] a, lui, mis en place un régime général assurant à l’ensemble des retraités du privé un remplacement de leur salaire de référence en fonction de leurs trimestres d’activité validés. (...)

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08 Janvier 2020

     

- Entretien > 7 janvier 2020 / Entretien avec Glenn Albrecht

"Les feux en Australie sont un message pour le monde : si votre hypocrisie continue, vous allez tous brûler"

Il est désormais clair que "le changement climatique n’épargne pas les pays riches", souligne Glenn Albrecht. Pour "décrire des sentiments jamais ressentis dans l’histoire de notre espèce", ce philosophe australien a élaboré des nouveaux concepts, comme la solastalgie, la détresse qui nous saisit face à la destruction de notre environnement, ou la météoanxiété.

Glenn Albrecht est un philosophe de l’environnement australien, connu pour avoir inventé le néologisme "solastalgie" , soit la détresse psychologique causée par des changements environnementaux. Il habite aujourd’hui proche de Newcastle, dans la Nouvelles-Galles du Sud.

Reporterre — Vous vivez en Nouvelles-Galles du Sud et deviez peut-être être évacué. Comment allez-vous ? 

Glenn Albrecht — Bien. Dans cette partie de la Nouvelle-Galles du Sud, il fait bien plus frais, aucun feu ne nous menace à proximité. Je suis allé dans le jardin pour arroser mes légumes et mes arbres — ils sont en vie – et je suis plutôt optimiste aujourd’hui. Hier samedi, la situation était terriblement risquée, à cause d’une extrême chaleur et d’une sécheresse très dangereuse. Ces dernières semaines, un feu près de chez nous nous avait amenés à prendre quelques affaires et à quitter la propriété, en espérant que nous n’allions pas brûler...

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- Monde - Antoine Pignarre, Marcel Mione, publié le 05 octobre 2019

"La concentration obscène des richesses rend le monde insupportable"

L'ancienne Garde des Sceaux et ministre de la Justice française, Christiane Taubira, était de passage en Suisse mardi et mercredi, l’occasion pour elle de réaffirmer haut et fort ses convictions.

Christiane Taubira a le coeur ancré à gauche. Son indignation est inépuisable face aux inégalités et aux injustices, quelles qu'elles soient, où qu'elles soient. En France, l’écart entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres a augmenté de près de 25% en une vingtaine d’années.

"Il y a des inégalités dont on peut plus ou moins s’accommoder, mais cette concentration vulgaire, grossière, obscène des richesses […] rend le monde très très violent et particulièrement insupportable", s'insurge l'ancienne ministre de la Justice française dans Géopolitis.

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- Enquête > 8 janvier 2020 / par Lorène Lavocat (Reporterre)

Aux municipales, les citoyens se lancent à l’assaut des mairies

Des listes dites "participatives" bourgeonnent dans toute la France. Un "contre-pouvoir citoyen" pour les élections municipales de 2020 ? "Un raz-de-marée se prépare", affirme un convaincu. Et si cette vivacité démocratique touche toute la France, les campagnes seraient pionnières.

Margot m’avait prévenue par téléphone : "Nous viendrons à plusieurs pour avoir plusieurs voix." C’est donc sans chef ni programme politique que les trois porte-parole ont déboulé ce soir-là dans un petit café du centre-ville de Montpellier. Margot Bouvier, Nathalie Oziol et Alenka Doulain sont membres de Nous sommes, un collectif qui porte une liste participative en lice pour les élections municipales dans la capitale languedocienne. Entre une réunion, une manifestation et une tournée de porte-à-porte, elles sont venues dérouler le fil de leur dynamique citoyenne.

"À l’été 2018, nous étions un petit groupe de militants écolos, sociaux, de l’éducation populaire, commence Margot Bouvier, et nous nous sommes rendus compte que les alternatives et les espaces où l’on s’engageaient étaient insuffisants." Un sentiment d’impuissance qui aboutit, au fil des discussions, à une question : comment peser plus fortement sur la vie locale ? "On a passé beaucoup de temps à débattre et à enquêter avec les habitants, sur leurs besoins, leurs problématiques, poursuit Alenka Doulain. Dans les quartiers populaires, beaucoup de gens se sentaient trahis par les élus locaux, résignés, ou pris dans des systèmes clientélistes. On s’est rendu compte qu’aucun des partis n’était à la hauteur, tous dans l’entre-soi et la gestion des egos. Donc on a décidé de faire une liste." Mais pas question de reproduire les méthodes traditionnelles : "Nous voulons faire avec et pour les habitants", résume Margot Bouvier.

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- Info > 5 juin 2014 / Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

La dette de la France résulte des cadeaux fiscaux fait aux riches, révèle une étude

Le discours dominant sur la dette publique prétend qu’elle découle d’une croissance excessive des dépenses publiques. Or un examen des faits montre que la dette publique a été largement constituée par des politiques économiques favorables aux créanciers et aux riches.

Cette étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. Elle se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales : d’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? Les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.

Télécharger la version complète du rapport.

Résumé du rapport : 59 % de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le pacte dit « de responsabilité » qui prévoit cinquante milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif.

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- 08 Janvier 2020 - Photo de couverture Olga Tropinina/ depositphotos

En cessant d’écrire à la main, on perd ces 7 aptitudes importantes

Le progrès est en marche pour éliminer pour toujours l'écriture de nos vies. À l'automne 2016 en Finlande, les enfants scolarisés n'avaient plus besoin d'écrire à la main. Et les scientifiques suédois pensent que les capacités motrices des enfants ne leur permettent plus d'écrire des lettres calligraphiées. Pourtant, les recherches affirment qu'en renonçant à l'écriture manuelle, on perd non seulement l'occasion d'écrire une lettre au Père Noël, mais aussi des choses beaucoup plus importantes.

Chez Sympa, nous avons découvert les conséquences que pouvaient avoir la perte de l'écriture manuelle sur 7 compétences importantes, et nous t'expliquons pourquoi il est important de pratiquer la calligraphie au moins une ou deux fois par semaine.

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- Publié le 10 juillet 2019 - Par Nicolas - Catégorie: Les radars en général

La liste complète des voitures radars privatisées opérant en Normandie

Le déploiement des voitures radars privatisées en région Normandie qui a débuté en avril 2018 est maintenant terminé. Désormais, ce sont 26 voitures radars conduites par des employés de la société Mobiom qui sont en service dans les cinq départements de la région que sont le Calvados, l'Eure, la Manche, l'Orne et la Seine-Maritime. Ces véhicules effectuent des contrôles de vitesse 6 heures par jour, de jour comme de nuit, la semaine comme le week-end. Au total, chaque mois, ils parcourent 200 000 kilomètres sur des itinéraires désignés par les services des préfectures concernées.

La liste complète des radars privés : Attention, les numéros de département indiqués sur les plaques d'immatriculation ne permettent pas de définir les départements où vous allez les rencontrer. Toutes les voitures sont utilisées alternativement dans chaque département.

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présentation anamorphiques des 100 plus gros pollueurs


07 Janvier 2020


     

- 6th January 2020, by George Monbiot, published in the Guardian 2nd January 2020

Life Enhancing

Allowing the seas to recover from the outrageous assaults of commercial fishing can help heal our own wounded lives.

It’s going to be a rough year, perhaps the roughest I’ve ever witnessed.

The fatal combination of escalating climate breakdown and the capture of crucial governments by killer clowns provokes a horrible sense of inevitability. Just when we need determined action, we know that our governments, and the powerful people to whom they respond, will do everything they can to stymie it.

Witness the disasters in Australia. In mid-December, on the day the nation’s killer heatwave struck, Rupert Murdoch’s newspaper The Australian filled its front page with a report celebrating new coal exports and a smear story about the chiefs of the state fire services, who were demanding an immediate end to the burning of fossil fuels. The response of the Prime Minister, Scott Morrison, to the escalating catastrophe was to continue his overseas holiday, fiddling as his country burnt.

Some of the Earth’s largest land masses – Australia, Russia, the United States, Brazil, China, India and Saudi Arabia – are governed by people who seem to care little for either humankind or the rest of the living world. To maintain their grip on power, which means appeasing key oligarchs and industries, they sometimes appear prepared to sacrifice anything – including, perhaps, the survival of humanity.

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- Europe - Rédaction en ligne, publié le mardi 07 janvier 2020

5 ans après “Charlie”

Après l'État et l'Église, Riss s'en prend désormais aux "nouveaux gourous de la pensée", rois du politiquement correct cachés derrière leur clavier

Si souvent acerbe en critiques à propos des religions, Riss de Charlie Hebdo s'en prend cette fois aux "nouveaux censeurs" dans son dernier édito "Les nouveaux visages de la censure", cinq ans après l'attentat qui a décimé la rédaction.

Les religions ont souvent été le cheval de bataille de Charlie Hebdo. Cette fois-ci, Riss, qui a survécu aux attentats de Charlie Hebdo il y a cinq ans, a une nouvelle cible dans le viseur:

"Nous avons cru que seules les religions avaient le désir de nous imposer leurs dogmes (NDLR de limiter leur liberté d'expression). Nous nous étions trompés."

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- Opinions - Luc De Brabandère, publié le mardi 07 janvier 2020

Les ingénieurs de la Silicon Valley sont semblables aux alchimistes du Moyen-Âge

À lire certaines de leurs thèses, les ingénieurs de la Silicon Valley ressemblent à s’y méprendre aux alchimistes du Moyen Âge. D’ailleurs - regardez bien - leur double agenda n’est pas fort différent de celui de leurs prédécesseurs. Une opinion de Luc de Brabandère, philosophe d'entreprise, conférencier et auteur. 

Si, à l’aide d’un microscope électronique, on observe successivement un diamant, une fraise, une mésange et un philosophe, une chose est dans un premier temps surprenante : ils ont tous les quatre la même apparence !

Mais, à la réflexion, ce n’est pas si étonnant que cela, car ils sont en effet tous constitués d’atomes, et uniquement d’atomes.

Dès qu’on quitte le microscope par contre, on réalise évidemment qu’ils représentent quatre états bien différents de la "matière", respectivement le minéral, le végétal, l’animal, et l’humain. Disons familièrement qu’ils sont certes tous les quatre constitués d’atomes, mais "pas que" !

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06 Janvier 2020


     

- Feux de forêt - Radio-Canada, publié le 4 janvier 2020

"Du jamais vu" : les incendies en Australie expliqués par des climatologues

L'Australie est en proie à une centaine d'incendies ravageurs depuis septembre. - Photo : Getty Images / Brett Hemmings

Pourtant habituée aux incendies, l’Australie vit depuis plusieurs mois une situation cauchemardesque sans précédent.

Depuis septembre, 23 personnes ont péri dans les feux de forêt aggravés par des conditions météorologiques catastrophiques, des dizaines d'autres sont portées disparues, et une surface équivalant à deux fois celle de la Belgique a été dévorée par les flammes.

Les feux ont été meurtriers aussi pour la vie sauvage, tuant quelque 480 millions d'animaux, dont des kangourous et des koalas, mais aussi des reptiles, selon une étude de l'Université de Sydney.

Et quatre mois après le début des incendies, la situation ne semble pas s’améliorer. Samedi, les températures ont dépassé les 40 degrés Celsius et des vents violents continuaient de souffler, attisant les centaines de feux, dont la plupart ne sont pas encore maîtrisés.

"C’est du jamais vu, c’est certain", tranche Mark Parrington, scientifique en chef au Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). Selon mon expérience, il est possible de voir des feux intenses sur de larges zones pour une semaine ou même quelques semaines, mais les voir pendant quatre mois dans une seule zone en particulier… c’est assez surprenant”. — Mark Parrington

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- Info > 6 janvier 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Feux en Australie : 24 morts, 100.000 personnes évacuées, un demi-milliard d’animaux morts

Samedi 4 janvier, les feux de forêt en Australie ont été particulièrement intenses, entraînant la fuite de centaines de milliers de personnes. Les autorités locales comparent ces incendies à une catastrophe nucléaire et reconnaissent une forme d’impuissance.

Pas de répit en Australie. Les incendies qui ravagent le pays sont hors de contrôle. Il règne à l’autre bout de la planète comme un air de fin du monde. L’île continent a connu, samedi, sa pire journée depuis le début de la saison des feux, il y a quatre mois. Ce week-end, la météo a été catastrophique. Sydney a enregistré des températures record avec 48,9 °C. Les vents violents et la canicule ont attisé le brasier qui a déjà brûlé une surface grande comme deux fois la Belgique.

Dimanche, les conditions semblaient s’être relativement améliorées mais la plupart des feux restaient encore non maîtrisés. Les Australiens se préparent à une nouvelle vague de chaleur à la fin de la semaine. Comme l’expliquait la philosophe Joëlle Zask, dans un entretien à Reporterre, l’été austral est loin d’être terminé. Les températures les plus chaudes sont habituellement enregistrées fin janvier et début février.

Canberra est la ville la plus polluée au monde

Samedi, le brasier a tué une 24e personne. Des centaines de propriétés ont été détruites. L’état d’urgence a été décrété dans le sud-est de l’Australie, une zone fortement peuplée. Plus de 100.000 personnes vendredi ont reçu l’obligation de quitter ces trois États. Une forme d’exode a débuté. Avec de longues files de voitures bloquées sur l’autoroute, des stations services envahies dans la panique, des lieux de villégiature transformés en ville fantôme.

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- Santé - par Alexandre Léchenet, Simon Gouin, 6 janvier 2020 -  Photo : CC Mark Bonica

Alors que l’hôpital se meurt, l’industrie pharmaceutique vend ses médicaments de plus en plus chers

Loin de se calmer, la fuite en avant dans le prix des nouveaux médicaments semble s’accélérer, avec des traitements chiffrant parfois à plusieurs centaines de milliers d’euros, financés par la sécurité sociale.

Malgré les alertes, la tendance semble inexorable. Des médicaments de plus en plus onéreux pourraient mettre en péril notre système d’assurance maladie. C’est ce qui ressort une nouvelle fois des données 2018 sur les médicaments les plus coûteux, que nous avons analysées pour la troisième année consécutive.

Plus de 7000 médicaments remboursés par la sécurité sociale sont vendus chaque année par les pharmacies. Une petite partie capte une grande part des remboursements : les dix médicaments les plus onéreux ont coûté 3,3 milliards d’euros à la Sécurité sociale, soit 12 % des dépenses totales (25,5 milliards d’euros en 2018).

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05 Janvier 2020


     

- 4 janvier 2020 Par Joseph Confavreux

Les métamorphoses de la question raciale (6/6). L’art de la guerre ou l’art de perdre?

"Comment articuler une critique du racisme et du racial qui ouvre la porte à l’espérance ?", s’interrogeait récemment le philosophe Achille Mbembe. Sortir de l’impasse suppose des choix stratégiques et politiques qui entrent parfois en collision, mais se cristallisent autour de quatre objets : l’identité, l’autonomie, la réparation et le rapport entre minorités et majorité.

Abhorrée par la gauche et les sciences sociales parce qu’elle reviendrait à reconduire du biologique sous couvert d’identité profonde, la notion d’essentialisme est pourtant investie par une partie des intellectuels de l’antiracisme. L’essentialisme peut-il vraiment être à la base d’une stratégie politique ?

La chercheuse indienne Gayatri Spivak avait proposé la notion d’"essentialisme stratégique" pour résoudre la contradiction entre le fait que les identités, de genre, de classe ou ethniques, sont socialement construites et le fait que se sentir appartenir à un groupe dominé et œuvrer pour son émancipation passe souvent par l’affirmation de telles identités. La fixation provisoire d’une essence, dont on sait qu’elle est artificielle, pourrait ainsi être utile, car toute action suppose la formation de collectifs qui tendent à réifier les identités qui les structurent.

Depuis, en Inde, les subaltern studies et les études postcoloniales ont été enrôlées par le parti nationaliste au pouvoir pour valoriser la reconstitution fantasmée d’une Inde précoloniale pure et purifiée, afin de promouvoir une identité hindoue destinée avant tout à combattre les musulmans, notamment sous l’impulsion du sociologue Ashis Nandy. Et Gayatri Spivak elle-même a pris ses distances avec cette notion d’"essentialisme stratégique".

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  - L’Internationale des riches - “Manière de voir” #99 • juin-juillet 2008 par Hervé Kempf 

Comment les riches détruisent le monde

Et si la dégradation de l’environnement était intimement liée à la crise sociale dans le monde ? En effet, ceux qui détiennent les leviers politiques et financiers sont aussi les promoteurs d’un modèle de consommation à outrance, dévastateur pour la planète... mais imité par les couches moyennes. Que ceux du haut de l’échelle misent sur la décroissance, et l’effet d’entraînement est assuré... La préservation de la terre passe par plus d’égalité.

Les trois ou quatre générations situées à la charnière du troisième millénaire sont les premières dans l’histoire de l’humanité, depuis que les bipèdes arpentent la planète, à se heurter aux limites de la biosphère. Cette rencontre ne se fait pas sous le signe de l’harmonie, mais sous celui d’une crise écologique majeure.

Soulignons-en quelques aspects.

Le premier d’entre eux est l’inquiétude nouvelle des climatologues : ils raisonnent depuis quelques années sur l’hypothèse d’une irréversibilité possible du changement climatique. Jusqu’à présent, on pensait qu’un réchauffement graduel interviendrait, mais que, quand l’humanité se rendrait compte de la gravité de la situation, il serait possible de revenir en arrière et de retrouver l’équilibre climatique. Les climatologues nous disent qu’il est possible qu’on atteigne un seuil tel que le système climatique dérape vers un désordre irréversible.

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- Manlio Dinucci - Waking Times - Monday, 23 December 2019

The hidden military use of 5G technology

At the London Summit, the 29 member countries of NATO agreed to "guarantee the security of our communications, including 5G". Why is this fifth generation of mobile data transmission so important for NATO?

While the earlier technologies were perfected to create ever more advanced smartphones, 5G is designed not only to improve their performance, but mainly to link digital systems which need enormous quantities of data in order to work automatically. The most important 5G applications will not be intended for civil use, but for the military domain.

The possibilities offered by this new technology are explained by the Defense Applications of 5G Network Technology, published by the Defense Science Board, a federal committee which provides scientific advice for the Pentagon.

The emergence of 5G technology, now commercially available, offers the Department of Defense the opportunity to take advantage, at minimal cost, of the benefits of this system for its own operational requirements.

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- Smarter energy - December 13, 2019, Anna Turns

The climate crisis is escalating: how can we get smarter with our energy?

As the climate crisis escalates, environmental journalist Anna Turns investigates what we can do to hit the UK’s ambitious 2050 carbon target to reduce emissions to net-zero

Awareness of the climate crisis is at a record high, with 85% of adults now concerned about global heating, according to a recent survey by Ipsos Mori.

“People seem to be a lot more engaged after having seen impacts of climate change here in the UK where they live. We’re increasingly experiencing unseasonal heatwaves, dangerous flooding and extreme weather,” explains WWF climate change specialist, Isabella O’Dowd. “The government, businesses and individuals have an important role to play in reaching the UK’s climate change targets. Right now, people want to know what they can do to help mitigate the effects of climate change.”

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Cet article est payé par une agence de l'état britannique, "Smart Energy GB", qui fonctionne avec le WWF-UK avec pour objectif d'optimiser la consommation d'énergie au Royaume Uni. Ceci passe par la promotion des "compteurs intelligents", avec grosso modo les mêmes arguments que ceux employés par Enédis. Rien, en revanche, n'est explicité quant aux données recueillies ni à leur usage hors la maîtrise des flux.

 

     

- ACTU / AUSTRALIE / MONDE - 3 janvier 2020 - Contribution Externe

Classement Climate Change Policy 2019: L’Australie classée parmi les dernières nations au monde

Politique du changement climatique : l’Australie est le pays le moins performant en matière de politique de changement climatique, selon un nouveau classement international de 57 pays.

L’indice de performance du changement climatique 2020, préparé par un groupe de groupes de réflexion comprenant

le NewClimate Institute,

le Climate Action Network

Germanwatch,

examine l’action climatique nationale à travers les catégories d’émissions, les énergies renouvelables, la consommation d’énergie et les politiques.


Dans les quatre catégories, l’Australie a été classée dans les six derniers rangs des 57 pays les moins performants. En ce qui concerne l’évaluation de la politique climatique nationale et internationale, l’Australie est désignée comme la moins performante, le rapport indiquant que le gouvernement Morrison réélu "a continué à détériorer les performances aux niveaux national et international".

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le classement CCPI 2019 (pdf)

 

 

 



04 Janvier 2020


     

- Entretien > 4 janvier 2020 / Entretien avec Joëlle Zask

Méga feux : "Nous ne vivons pas seulement dans l’Anthropocène mais dans le Pyrocène"

Pour Joëlle Zask, auteure de "Quand la forêt brûle", les feux géants qui se multiplient dans le monde ne sont pas des phénomènes naturels. C’est bien le réchauffement climatique qui nourrit ces incendies et maintenant que ces derniers sont rentrés dans les villes, "on ne peut plus en faire abstraction".

Joëlle Zask enseigne au département de philosophie de l’université Aix-Marseille. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont Quand la forêt brûle (Premier Parallèle, 2019).

Reporterre — Que vous évoquent les incendies qui ravagent en ce moment l’Australie ?

Joëlle Zask — Ces incendies vont au-delà même de tout ce que j’avais pu imaginer et décrire dans mon livre. C’est d’une gravité extrême. Le désastre est devant nous : plus les zones brûlées s’étendent et plus les feux deviennent intenses, moins la réversibilité de la situation semble envisageable. On parle de 500 millions d’animaux carbonisés. Des milliers de personnes sont obligées de se réfugier sur les plages pour éviter le brasier. On voit un pays littéralement partir en fumée. Cela crée un choc psychologique. Nous entrons dans une époque où les conséquences du réchauffement climatique sont particulièrement palpables. Le feu détruit non pas la planète, mais les conditions d’existence des êtres humains et de nombreux animaux sur Terre.

Un autre aspect me révolte : l’attitude négationniste du Premier ministre Scott Morrison. Le gouvernement, qui a longtemps était climato-sceptique, refuse d’arrêter la production de charbon. Ces feux ne sont pourtant pas un phénomène naturel. Le croire est criminel.

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Pauvreté des séniors, une excéption à préserver

 

 

     

- Tribune - Par Aurélien Barrau, professeur à l’université Grenoble-Alpes, astrophysicien au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie — 26 décembre 2019

Nous manquons tellement d’audace…

Les anomalies de notre système politico-économique doivent mener à la révolution. Pas pour couper les têtes, mais pour changer radicalement de modèle.

Tribune. Les résistances et contestations sont nombreuses. Elles fleurissent partout. Mais, pour l’essentiel, elles visent à tempérer des réformes, à infléchir des dérives, à corriger des erreurs. C’est heureux. Mais n’est-il pas temps de demander beaucoup plus ? Ou plutôt : d’exiger tout autre ?

Le philosophe Thomas Kuhn décrivait l’avancée des sciences comme une succession de périodes "normales", suivies par l’amoncellement d’anomalies conduisant aux révolutions qui mènent à des changements de paradigmes. Il semble difficile de ne pas considérer aujourd’hui que notre modèle politico-économique, loin du fonctionnement "normal", est grevé de tant d’anomalies que tout plaide pour un changement radical de paradigme.

Ces anomalies ne sont pas marginales, mais existentielles. La vie sur Terre est en train de s’effondrer, et tous les chiffres sont affolants. La catastrophe dépasse largement le problème du réchauffement climatique : elle exige une révolution de notre rapport à l’espace, à la nature, à l’altérité. D’indécentes, les inégalités sociales sont devenues obscènes. Elles engendrent même une baisse de l’espérance de vie dans plusieurs des pays les plus riches. L’Occident moderne n’est plus que prédateur, il est maintenant suicidaire.

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- Capitalisme - Sandrine Foulon, 31/12/2019

Le retour du tâcheronnage

Péché n° 6 : Avec les "slasheurs", ces travailleurs payés à la tâche qui jonglent avec les boulots et les statuts, le capitalisme renoue avec l’un de ses péchés originels.

Enchaîner les missions et les employeurs, jongler avec les factures de sa micro-entreprise et ses feuilles de paie de salarié… Il existe un mot tout neuf pour désigner ces travailleuses et travailleurs qui cumulent petits boulots et différents statuts : slasheur.

Le capitalisme renoue ici avec l’un de ses péchés originels : ne rémunérer que l’activité purement productive.

Et revenir aux XVIIIe et XIXe siècles, à l’époque de la proto-­industrie et des ouvriers payés à la pièce, travaillant depuis chez eux. Les employeurs avaient ensuite eux-mêmes refermé cette parenthèse en décidant de regrouper dans un même lieu de production ces manutentionnaires. La volonté de mieux contrôler leurs horaires et d’accroître les gains de productivité avait alors fait naître une nouvelle forme de subordination, mais aussi, avec elle, un syndicalisme et des luttes sociales à l’origine d’un droit du travail et de protections solides.

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- Vincent Grimault, 14/11/2019

Revenus : Pauvre jeunesse

Les actions se multiplient à travers le pays pour dénoncer la précarité étudiante. Ces difficultés dépassent les murs de l’université et touchent toute une classe d’âge.

Un jeune homme de 22 ans s'est immolé devant le Crous de Lyon le 8 novembre. Il avait perdu sa bourse et son logement universitaire. - PHOTO : © Stephane AUDRAS/REA

Le 8 novembre dernier, un étudiant de 22 ans s’est immolé par le feu devant le bâtiment du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) de Lyon. Depuis, plusieurs universités françaises sont bloquées par des manifestants, qui dénoncent la précarité étudiante. Ces difficultés ne sont pas circonscrites à la période des études. Entrée dans la vie active, revenus, conditions de vie… la situation socio-économique des jeunes en général s’érode lentement mais sûrement depuis plusieurs années.

Le premier facteur de précarité des jeunes est évidemment l’emploi. Les 15-24 ans d’aujourd’hui sont très souvent embauchés en contrat à durée déterminée (58 % d’entre eux, contre 13 % pour les 25-49 ans) ou à temps partiel (25 % d’entre eux, contre 16 % pour les 25-49 ans).

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03 Janvier 2020


     

- 29 décembre 2019 Par Joseph Confavreux

Les métamorphoses de la question raciale (3/6). Les mutations de l’antiracisme

les 2 premiers articles de cette série ont été relayés dans le Dazibao #16 de Décembre 2019

 

Pierre-André Taguieff, ancien du Mrap ayant viré de bord, brocarde les "antiracistes racistes". Le sociologue Éric Fassin veut, lui, combattre un "racisme sans racistes". Voici pourquoi et comment le champ antiraciste a été bouleversé.

Les mutations de l’antiracisme contemporain se fondent en priorité sur le constat d’échec d’une stratégie antiraciale dite "colorblind", qui pense pouvoir combattre le racisme en niant la réalité biologique de la race, et sans mettre en œuvre de politiques spécifiques à destination des personnes de couleur, en s’attaquant aux motivations racistes davantage qu’aux conséquences du racisme.

Pour le sociologue Éric Fassin, l’élargissement de la définition "du racisme idéologique au racisme sociologique implique un changement de perspective : partir des effets, plutôt que des intentions (bonnes ou mauvaises), c’est adopter le point de vue des personnes qui subissent la domination raciale, et non de celles qui en sont, fût-ce à leur corps défendant, les bénéficiaires”.

De la même façon que les mouvements et les études féministes ont décentré le regard en adoptant le point de vue des femmes, il est nécessaire de changer le référentiel, car on peut être désormais confronté à un "racisme sans racistes", nous dit Éric Fassin, qui discrimine et méprise en toute bonne conscience.

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- 1 janvier 2020 Par Joseph Confavreux

Les métamorphoses de la question raciale (4/6). Du social au racial et retour

Des "gilets jaunes" au "privilège blanc", le schisme entre le social et le racial semble n’avoir jamais été aussi important. Pourtant, l’opposition entre les ouvriers et les minorités telle qu’elle est constituée en France paraît à la fois obsolète et surjouée au moment où la gauche américaine aborde de front question sociale et question raciale.

«Reaganisme pour gauchistes » versus "trumpisme" intellectuel. La difficulté, en France, à articuler question sociale et question raciale s’est radicalisée sous la forme d’une polémique entre l’historien Mark Lilla, auteur d’une charge contre la "gauche identitaire" censée avoir abandonné les ouvriers au profit des minorités, et le sociologue Éric Fassin, théoricien des politiques minoritaires. Une polémique qui dessine les contours d’un schisme plus général.

Pour l’universitaire américain, "la politique identitaire c’est du reaganisme pour gauchistes" et le mouvement identitaire "ne vise plus que la découverte de soi et la reconnaissance sociale de l’identité choisie par chacun. La conscience identitaire a remplacé la conscience politique, particulièrement auprès des jeunes gens”.

Pour le professeur de l’université Paris VIII, on "aime croire qu’il faudrait choisir : les minorités ou les ouvriers ! Mais les minorités sont surreprésentées dans les classes populaires (et inversement !) et il n’y a donc aucune raison d’opposer les politiques de reconnaissance et de redistribution. Il faut donc cesser d’opposer le social au sociétal. Ce sont Trump et Le Pen qui jouent la race contre la classe, pas les minorités qui ont trop à perdre à ce jeu".

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- 2 janvier 2020 Par Joseph Confavreux

Les métamorphoses de la question raciale (5/6). La culture percutée par la race

Pièces de théâtre, expositions, recettes de cuisine : la culture est devenue le territoire de polémiques autour de la prise en compte des identités ethniques, formulées en termes d’"appropriation culturelle" ou de "censure minoritaire". Parce que la culture constitue l’autre champ de la représentation – et de ses failles – avec la politique ? Ou parce que la race se dit désormais en termes "culturels" ?

À l’hiver 2014, une polémique aussi virulente politiquement que passionnante intellectuellement, enflamme l’installation-performance Exhibit B, du Sud-Africain Brett Bailey, lors de sa présentation au théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) puis au Centquatre-Paris. Alors que son auteur y voit une dénonciation des zoos humains, de l’esclavage et du colonialisme, elle suscite la protestation de groupes se réclamant de l’antiracisme qui y voient une représentation dévalorisante des Africains, à nouveau exposés passivement et violemment, sans avoir la parole.

Depuis, on ne compte plus les évènements culturels a priori bien intentionnés et pourtant voués aux gémonies par une fraction des racisés : spectacle Kanata du metteur en scène Robert Lepage présenté à la Cartoucherie de Vincennes, fresque de l’artiste Di Rosa à l’Assemblée nationale célébrant l’abolition de l’esclavage, ouvrage Sexe, race et colonies publié aux éditions La Découverte, représentation des Suppliantes d’Eschyle à la Sorbonne dans une mise en scène de Philippe Brunet…

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02 Janvier 2020


     

- Édito > 2 janvier 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)

Une décennie pour tout changer

Bonne année, et merci aux lectrices et lecteurs de Reporterre de votre précieux soutien. Il y a du pain sur la planche. Car la question écologique sera vitale dans la décennie qui s’ouvre. Il s’agit de rien moins que d’éviter la catastrophe climatique. Et pour cela... il faut tout changer.

Bonne année, chères et chers amis de Reporterre ! Et un grand merci pour votre soutien continu, fidèle et encourageant. Vous avez répondu avec enthousiasme à notre campagne de Noël. Vos courriels et courriers nous ont autant réchauffé le coeur que vos aides financières.

Grâce à vous, le quotidien de l’écologie démarre l’année avec sérénité et enthousiasme. Et énergie pour accomplir la tâche essentielle que vous nous confiez : informer encore et encore, toujours mieux, sur l’actualité écologique pour placer cette préoccupation vitale au coeur du débat public, de la conscience collective, et de l’action commune.

Bonne année, et bonne décennie. 2020 s’ouvre et cette décennie sera décisive pour l’avenir de l’humanité. Le défi est simple et terrible. Le réchauffement climatique ne cesse de s’intensifier. Selon l’Organisation météorologique mondiale, "2019 conclut une décennie de chaleur globale exceptionnelle. Les températures moyennes pour la période 2015-2019 et pour la décennie 2010-2019 seront presque certainement les plus chaudes jamais enregistrées. Depuis les années 1980, chaque décennie a été plus chaude que la précédente."

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- Info > 23 décembre 2019 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Retour sur 2019 : marches pour le climat, Gilets jaunes, retraites, une année dans la rue

En France, les Gilets jaunes ont opéré la jonction entre justice sociale et climatique, l’été a été brûlant, l’incendie de Lubrizol a provoqué la colère... Les rapports scientifiques sur le climat ou la biodiversité étaient alarmants, tandis que l’Amazonie brûlait. Partout dans le monde, les jeunes ont marché pour le climat, et les luttes se sont multipliées, du Liban au Chili. Reporterre revient sur les événements marquants de 2019.

Janvier — Les Gilets jaunes ont une Assemblée

Les 26 et 27 janvier, près de Commercy dans la Meuse, près de 75 délégations des Gilets jaunes de toute la France ont adopté un appel invitant à poursuivre et à amplifier le mouvement de révolte débuté en novembre 2018. Surtout, cette première "Assemblée des assemblées" ambitionnait de donner un cadre au mouvement, tout en respectant scrupuleusement son exigence démocratique. "Un moment d’histoire" de l’avis des délégués présents.

Plus de deux mois après le lancement des mobilisations, les Gilets jaunes poursuivaient leurs actions partout en France, créaient des liens de solidarité et des politisations d’une ampleur inédite, bousculant les organisations militantes traditionnelles par leurs modes d’action désobéissants, et rappelant le lien étroit entre écologie et justice sociale.

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- À découvrir > 24 décembre 2019 / Maxime Lerolle (Reporterre)

Libertalia, l’utopie libertaire née des pirates et de femmes libres

L’anthropologue David Graeber, dans "Les Pirates des Lumières ou la véritable histoire de Libertalia", s’intéresse à cette utopie en actes et aux raisons de sa réussite. Notamment par la grâce d’une alliance avec les femmes malgaches et celle de la multiplicité des expériences qu’elle engendra.

Qui mieux que les éditions Libertalia pour publier un ouvrage sur le mythe de Libertalia ? Dans la préface à son nouvel ouvrage, l’anthropologue anarchiste étasunien David Graeber, auteur de Pour une anthropologie anarchiste (Lux, 2006), Dette, 5.000 ans d’histoire (Les liens qui libèrent, 2013) ou encore Bureaucratie, l’utopie des règles (Les liens qui libèrent, 2015), revient sur la genèse de son projet : "Le mythe de Libertalia, utopie pirate en actes, est resté une source inépuisable d’inspiration parmi la gauche libertaire. On y a toujours eu le sentiment que, même si elle n’avait jamais existé, elle aurait dû exister […] et qu’une sorte de promesse rédemptrice, le rêve d’une véritable alternative, se trouvait aux racines les plus profondes de ce qu’on allait nommer les Lumières."

Mais Graeber, fidèle à son esprit de déconstruction des concepts — jusqu’alors libéraux (la dette, la bureaucratie corporate) —, applique la même méthodologie à une légende libertaire pour mieux en montrer les soubassements et, surtout, son processus historique. Bien plus intéressante que l’utopie de Libertalia est le foisonnement de communautés utopiques issues du métissage des pirates européens et des femmes malgaches sur la côte nord-est de Madagascar au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles. Pour reprendre les mots de l’historienne française Michèle Riot-Sarcey à propos de l’expérience révolutionnaire de 1848, Graeber traque dans les rares archives sur le sujet "le réel de l’utopie", c’est-à-dire la mise en œuvre en actes de ces utopies métissées. À l’heure où, en France et partout dans le monde, chaque mouvement revendique la fameuse "convergence des luttes", (re)découvrir la première expérience des Lumières en y saisissant les rapports de forces et les alliances d’intérêts apporte de nouvelles perspectives stratégiques pour les conflits contemporains.

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01 Janvier 2020


     

- #Économie. - #Politique - 29/09/2019, Vincent Lucchese

Joseph Stiglitz : “Sans croissance, ce ne sera pas la fin du monde”

Le prix Nobel d’économie et ancien économiste en chef de la Banque mondiale publie un nouvel ouvrage dans lequel il dénonce les dérives antidémocratiques et la corruption d’élites qui s’enrichissent en creusant les inégalités. Renverser la logique est toutefois possible, nous a-t-il assuré.

Une attaque en règle contre la politique de Donald Trump. C’est l’une des lignes directrices qui saute aux yeux dans le dernier ouvrage de Joseph E. Stiglitz paru le 25 septembre : Peuple, pouvoir & profits (Les liens qui libèrent).

Destruction de la démocratie, de la science, politique économique catastrophique, le président américain n’est pas épargné. Mais il n’est finalement qu’un avatar d’un mal plus profond, prévient le prix Nobel d’économie : celui d’une alliance entre les milieux d’affaires et les conservateurs qui dictent leurs politiques pour s’enrichir au détriment de la population, creusant d’abyssales inégalités au passage. Les 1 % d’Américains les plus riches possèdent plus de 40 % de la fortune américaine tandis que 26 super-riches détenaient en 2017 autant que la moitié de l’humanité, rappelle Joseph Stiglitz.

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- mardi 31 décembre 2019, Mr Mondialisation, CG

Le cracking, ce nouveau fléau de notre alimentation

Depuis déjà quelques décennies, les aliments ultra-transformés ont envahi nos habitudes de consommation. Malgré les sonnettes d’alarme sur les effets néfastes qu’ils ont sur notre santé, de nouvelles techniques poussent toujours plus loin la dénaturation des produits. C’est le cas du craking. Technique issue de la pétrochimie adaptée à l’industrie agroalimentaire, il est aujourd’hui accusé de déséquilibre nutritionnel et même d’augmentation de la mortalité. Il se généralise pourtant en ce moment pour l’industrie alimentaire dans une indifférence collective qui fait froid dans le dos.

Qu’est-ce que le cracking dans l’industrie agroalimentaire ?

En pétrochimie, le craquage (“cracking”) désigne le procédé de raffinage qui casse une molécule complexe pour la diviser en éléments plus petits.

Cela permet d’isoler certains éléments du pétrole, qui vont servir à la composition d’hydrocarbures plus légers par exemple l’essence.

Le problème, c’est que dans la mouvance des aliments ultra-transformés, cette technique a été adaptée pour l’industrie agroalimentaire. Via ces techniques, il est désormais possible, par exemple, de faire du poulet sans aucune trace de viande de poulet, selon un directeur commercial interrogé dans un reportage d’Envoyé Spécial de septembre 2018.

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- Recension Politique - par Pascal Marichalar, le 4 janvier 2019

Le sol toxique des villes

❐ À propos de : Scott Frickel & James R. Elliott,
Sites Unseen : Uncovering Hidden Hazards in American Cities.
New York,
Russell Sage Foundation

Le sol des villes est partout et gravement pollué, du fait d’activités industrielles aujourd’hui disparues. Une pollution invisible et indifférenciée, qui vient apporter une nuance de taille aux théories de la justice environnementale.

C’est à une "enquête policière environnementale" (p. 15) que nous invitent les sociologues Scott Frickel et James Elliott dans cet ouvrage. Les preuves sont sous nos pieds, et le crime est encore en cours.

Il s’agit de la pollution accumulée dans le sol des villes, au fil de décennies d’activités industrielles aujourd’hui disparues. C’est une pollution héritée, qualifiée en anglais de “relic pollution” ou “legacy pollution”, par des métaux lourds (plomb, mercure, arsenic, etc.), des hydrocarbures, des produits chimiques persistants (comme les polychlorobiphényles - PCB), dont les effets sur la santé des populations présentes et futures sont potentiellement graves.

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- Mercredi 01 Janvier 2020

Aéroport de Toulouse : l’investisseur chinois s’en va déjà et réalise une énorme plus-value

Le groupe chinois Casil, qui détenait 49.9% des parts de l’Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), vient de les revendre en totalité au Français Eiffage. Il quitte ainsi la gestion de l’aéroport, et réalise au passage une plus-value de près de 200 millions d’euros, en à peine cinq ans d’exploitation. Si le coup économique est parfait pour le fond d’investissement, il l’est beaucoup moins pour l’aéroport lui-même et pour l’État français.

On s'est fait avoir

Un petit tour et puis s’en va… avec un gros chèque ! Voilà comment nous pourrions résumer le passage d’investisseurs chinois au sein de l’aéroport de Toulouse-Blagnac depuis 2015. À l’époque, cette arrivée avait provoqué un tollé tant l’investisseur semblait inapproprié. Pire encore, son PDG a été vite rattrapé par des affaires dans son pays. La vente tournait au fiasco et il fallait trouver une solution. En avril 2019, le tribunal administratif de Paris a même prononcé l’annulation de la vente initiale. Cependant, en mai, le groupe chinois a déclaré négocier exclusivement avec le groupe de BTP français Eiffage sur fond d’arrangement à l’amiable. La vente a été conclue hier, dans la soirée.

Le groupe chinois et le groupe Eiffage sont ainsi tombés d’accord sur un prix proche des 500 millions d’euros. C’est tout de même 200 millions d’euros de plus que le prix racheté à l’État il y a cinq ans !

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- Ben Smee, Calla Wahlquist and Helen Davidson, Wednesday 1 January 2020

Australia fires: nine dead and hundreds of properties destroyed, with worse to come

Residents in Victoria and New South Wales count terrible cost during brief reprieve from disaster that has sent smoke as far as New Zealand

Nine people are confirmed dead, with four still missing, and more than 200 properties have been lost since Christmas Day in Australia’s catastrophic bushfires.

Smoke still hung thick over the south-east of the country on Wednesday evening, even as weather conditions offered a reprieve to take stock of the destruction.

On Wednesday afternoon, authorities in New South Wales and Victoria said another five people were confirmed dead, and another man presumed dead. They warned the death toll was likely to continue to rise.

At Malua Bay, on the NSW south coast, survivors spoke of how 1,000 people spent the night on the beach in a bid to seek shelter from the flames.

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