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16, (Décembre 2019)

 

 

 

 

dans une autre page : Linky, EDF, Enedis (ex-ErDF), Areva  & co

à la date du jour, 928 communes s'opposent au 'Linky'

 

 

 


31 Décembre 2019

     

- Conjoncture - Par Jean-Baptiste de la Torre, publié le 30 Décembre 2019

Malgré leur fibre écolo, les jeunes sont plus consuméristes que leurs aînés

Plus concernés par le réchauffement climatique, les 15-24 ans n’adoptent pas pour autant un comportement plus écologique que leurs aînés.

Du désormais célèbre "how dare you?" lancé par Greta Thunberg aux Nations unies, au plus récent "OK BOOMER" repris en boucle sur les réseaux sociaux, l’année 2019 fût celle de l’invective, lancée par la jeunesse à un monde des adultes incapable d’agir face aux changements climatiques.

À voir ces adolescents défiler aux quatre coins du monde développé, on pourrait croire en l’émergence d’une jeunesse éclairée, philanthrope et prête au changement pour "sauver la planète". En voyant fleurir des slogans tels que "je sèche les cours pour ne pas que la planète sèche", on pourrait même imaginer qu’ils sont prêts à sacrifier leur confort pour la cause. Vraiment?

Selon une étude réalisée par le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) pour l’Ademe, les jeunes sont effectivement

"pénétrés de l’idée que le monde va être profondément bouleversé par le dérèglement climatique".

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- Par : Benoît Guillou - L'équipe de rédaction 28 novembre 2019, Olivier Ortelpa / CC BY 2.0

 


  La démocratie en suspens - Introduction

Le modèle démocratique libéral et représentatif se trouve remis en question, voire rejeté ou délégitimé, au niveau mondial. Ici, montée en force des populismes et rejet du pluralisme ; ailleurs, fossé croissant entre les élus et les électeurs ; parfois, remise en cause de l’indépendance de la presse et de la justice. On pense aux États-Unis, au Brésil, à la Russie, à la Hongrie, aux Philippines…

Quant à la France, la critique radicale des instances traditionnelles de médiation par le mouvement des "gilets jaunes" témoigne de cette crise du système représentatif.

Face à ce constat, qui n’est pas nouveau, qu’allons-nous faire ? Il est urgent et vital de redonner vie à la politique. La Revue Projet entend y contribuer en proposant une série de dossiers sur les fondements démocratiques : deux numéros par an, jusqu’à la présidentielle de 2022.

 

 

 

 

   Par : Bruno Latour, Chercheur, 26 décembre 2019

De la nécessité d'atterrir

Face à l’urgence, un nouveau régime climatique est en train de s’inventer. Mais les émotions que suscitent les inquiétudes sociales et environnementales peinent à s’incarner en politique. Et sans connaissance par les citoyens de leurs véritables intérêts, comment espérer une conduite politique cohérente ?

Les dernières élections européennes ont confirmé combien la question climatique, même quand on ne la mentionne pas directement, oriente toutes les positions. Nous entrons bien dans un nouveau régime climatique, au sens scientifique comme politique du terme. Les partis dits "de gouvernement" se sont effondrés, laissant face à face deux ensembles : l’un plus libéral et européen, l’autre clairement nationaliste et euro-sceptique.
Chacun pose, à sa façon, la question de l’espace dans lequel doit désormais se dérouler la politique et le type de peuple auquel il faut se référer. Mais, lors de ces mêmes élections, la montée des partis "verts" permet de montrer une troisième direction qui échappe en un sens au clivage habituel entre la gauche et la droite et qui pourtant définit clairement une différence entre progressistes et réactionnaires. Cette direction, que l’on peut appeler "l’attraction pour le terrestre", partage avec les deux précédentes l’angoissante question de savoir quels peuples habitent quels sols, mais la pose d’une façon entièrement différente.

 

les 2 articles ci-dessus en 1 PDF

 

 

 

 

    Par : Dimitri Courant, Chercheur, 30 décembre 2020


À chaque démocratie son débat

Représentative, délibérative, sauvage… À l’heure où des démocraties s’inventent et où d’autres s’ankylosent, revenons sur la place qu’occupe le débat au sein de chacune d’entre elles.

L'occupation de la Place du Châtelet par le mouvement Extinction Rebellion en octobre 2019 peut être considérée comme une forme de démocratie insurgeante. Bastian Greshake Tzovaras / CC BY-SA 2.0

Il flotte dans l’air un parfum de fin de règne.

Un peu partout dans le monde, les constats de crises profondes des systèmes politiques augmentent. Pour succéder au gouvernement représentatif, instauré au XVIIIe siècle par des "pères fondateurs" opposés à la démocratie, des modèles alternatifs sont mis en avant. La France des "gilets jaunes" en donne un parfait exemple.

Il existe une immense variété de conceptions de la démocratie, mais on distinguera ici, schématiquement, cinq grands modèles, différenciés notamment par leurs rapports respectifs au débat, à la délibération et à la décision.

➠ Le débat consiste en une succession de prises de parole plus ou moins opposées ;

➠ la délibération est un échange d’arguments et une évaluation de raisons pour préparer un choix ;

➠ la décision est l’action de choisir.

 

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    Par : Daniel Verger, Acteur de terrain, 22 décembre 2019


Quand les personnes en galère ont voix au chapitre

En parallèle au grand débat national, le Secours Catholique-Caritas France a organisé près de 200 débats dans toute la France pour écouter les préoccupations et les propositions des personnes en précarité. Une expérience inédite pour l’association.

Fin 2018, le Secours Catholique était interpellé par l’ampleur de la mobilisation des "gilets jaunes". Le mouvement exprimait des difficultés sociales dont les équipes locales du Secours Catholique sont les témoins tous les jours : fins de mois difficiles, problèmes de mobilité, disparition des services publics en zones rurales…

En décembre 2018, nos délégations territoriales sont interrogées par le siège national sur l’intérêt d’un débat interne portant sur le mouvement des "gilets jaunes". En vingt-quatre heures, une cinquantaine de délégations soutiennent l’initiative. Dès lors, sans attendre le lancement du grand débat national promis par le gouvernement, le Secours Catholique invite ses équipes à ouvrir des débats locaux sur la crise sociale.

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    Par : Damien de Blic - Réda Didi - Coup de projecteur, 29 novembre 2019

Savoir parler pour savoir débattre

Il n’est point de débat sans maîtrise du langage. Or l’accès à celui-ci est particulièrement inégalitaire en France, où le système scolaire peine à résorber les écarts créés par le milieu socio-économique des enfants. Mais face à une réelle prise de conscience des enjeux, les initiatives se multiplient.

Cahiers de doléances, réunions d’initiatives locales, conférences citoyennes… Le grand débat national, organisé en France début 2019, a manifesté un souci de rendre les dispositifs favorisant la prise de parole les plus accessibles possible.

Mais s’est-on interrogé sur la capacité des individus à formuler une parole délibérative ?

Car il s’agit d’une condition essentielle à l’avènement de nouvelles formes de participation, valorisées par les démocraties occidentales. Afin d’éviter que la démocratie participative n’aboutisse à ce résultat paradoxal d’un renforcement des inégalités citoyennes, une attention particulière doit être portée au langage, première des compétences politiques.

De fait, la simple formulation de revendications exige de disposer de

“mots suffisamment précis, de structures grammaticales suffisamment efficaces et de formes d’argumentations suffisamment organisées pour imposer [sa] pensée au plus près de [ses] intentions et pour accueillir celle des autres avec infiniment de lucidité et de vigilance”

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    Par : Hélène Dulin, Acteur de terrain, 4 décembre 2019

Vive la controverse !

Réinventer le débat, est-ce faire le deuil d’un consensus à tout prix ? Le CCFD-Terre Solidaire se risque à de nouvelles formes de discussion, en faisant confiance à l’intelligence collective. Retour d’expérience.

Quels sont nos grands questionnements et comment devons-nous en débattre pour préparer l’avenir ? Pour orienter son action, le CCFD-Terre Solidaire cherche à bâtir une méthode de débat la plus participative possible, fondée sur l’intelligence collective. Nous sommes accompagnés, à cette fin, par un prestataire extérieur, l’Institut des futurs souhaitables.

Cette démarche innovante, initiée en 2018, doit aboutir, fin 2020, au nouveau rapport d’orientation de l’association qui guidera notre action pour les six ans à venir. Pendant six mois, des ateliers ont été organisés avec les bénévoles, salariés, partenaires et services d’Église liés à l’association, pour converger vers neuf grandes questions précises, stratégiques et polémiques.

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30 Décembre 2019

     

- Economie - Energie - 18 décembre 2019, Auteurs : Boris Solier Maître de Conférences en économie, Chercheur associé à Art-Dev et Chaire Economie du Climat, Université de Montpellier; Jacques Percebois Professeur émérite en économie, chercheur associé à la chaire Économie du climat (Paris-Dauphine), Université de Montpellier

Déclaration d’intérêts
Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.
Partenaires
Université de Montpellier apporte un financement en tant que membre adhérent de The Conversation FR.
Voir les partenaires de The Conversation France

Accès régulé à l’énergie nucléaire : la bataille ne fait que commencer…

EDF estime que l'Arenh est devenu un privilège pour ses concurrents.

La loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité) de 2010 a mis en place le mécanisme dit de l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique) qui permet, depuis mi-2011, aux concurrents d’EDF d’acheter à prix coûtant un volume de 100 TWh d’électricité nucléaire, soit environ 25 % de la production française de nucléaire de l’époque, ceci jusqu’en 2025. L’objectif était de permettre aux fournisseurs alternatifs, concurrents d’EDF, qui produisaient de l’électricité thermique, à l’époque plus coûteuse, ou qui achetaient de l’électricité sur le marché de gros à un prix supérieur au coût du nucléaire, de pouvoir concurrencer EDF en proposant des offres à des prix proches de ceux de l’opérateur historique.

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- franceinfoRadio France - publié le 26/11/2019

"Ce n'est pas digne d'un président de la République" : Robert Guédiguian "choqué" par les propos d'Emmanuel Macron sur la France, "pays trop négatif”

Le réalisateur, invité de franceinfo à l'occasion de la sortie de son film "Gloria Mundi", estime que le temps des luttes sociales est revenu. "Il faut redescendre dans la rue, refaire de la politique, se réorganiser".

"Dire à des gens qui ont du mal à boucler leurs fins de mois qu'ils manquent d'optimisme, ça me semble un peu déplacé." 

Pour le cinéaste Robert Guédiguian, les mots qu'a tenus Emmanuel Macron devant des étudiants jeudi à Amiens ne passent pas. Le président de la République avait déploré que la France soit actuellement un "pays trop négatif", à quelques jours de la grève interprofessionnelle du 5 décembre.

"Je pense que ce n'est pas un propos digne d'un président de la République”, estime Robert Guédiguian, “je le dis franchement, j'ai été choqué",

Robert Guédiguian était invité de franceinfo, mardi 26 novembre, à l'occasion de la sortie Gloria Mundi, un film soutenu par franceinfo. Une fable sociale autour d'une famille modeste qui peine à s'en sortir. Tourné à Marseille, avec sa troupe d'acteurs habituelle – Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin notamment – le cinéaste dresse un constat accablant de la société, autour d'un individualisme forcené : un "film noir, avec des personnages en crise, dans une société en crise".

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- Climat Environnement - AWP - Publié lundi 30 décembre 2019

Les entreprises agissent trop lentement pour le climat, selon le futur envoyé spécial de l'ONU

L'actuel patron de la Banque d'Angleterre, qui quitte son poste en mars pour remplacer Michael Bloomberg auprès de l'ONU en tant qu'envoyé spécial pour le climat, a affirmé lundi qu'il serait bientôt “trop tard pour agir”

Les entreprises agissent trop lentement pour lutter contre la crise climatique au risque de dégâts irréversibles y compris pour leurs propres affaires, prévient Mark Carney, patron de la Banque d'Angleterre (BoE) et futur envoyé spécial de l'ONU pour le climat.

"Pour chaque entreprise, institution financière, gérant d'actifs, fonds de pension ou assureur, la question est: quel est votre plan?", a lancé le gouverneur de la BoE lors d'un entretien diffusé lundi par la radio BBC 4.

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- Mai 2003, pages 4 et 5, par Martine Bulard

Scandales financiers, chute des cours de la Bourse

Les retraités trahis par les fonds de pension

Une journée de grève générale est organisée par l’ensemble des syndicats français le 13 mai (2003) pour riposter au programme de régression sociale décidé par le gouvernement. Avec la hausse de la durée de cotisation de 37 ans et demi à 40 ans pour avoir droit à une retraite complète, la baisse du niveau des pensions par la grâce d’un changement de calcul et d’indexation et l’augmentation des cotisations sous prétexte d’inclure une petite partie de certaines primes, la retraite à 60 ans ne serait plus qu’un souvenir et la perte de revenu des retraités pourrait dépasser 20 %. Les salariés du privé ont subi la même purge à partir de 1993. Un allongement supplémentaire du temps de cotisation pour tous, à partir de 2008, devrait être planifié. Et M. Jean-Pierre Raffarin veut relancer les plans d’épargne-retraite, au moment où s’effondrent les fonds de pension anglo-saxons.

Pour beaucoup, non seulement les rêves de faire fortune en Bourse se sont évanouis, mais les espoirs d’une retraite paisible également.

M. Maurice Jones, citoyen britannique et salarié modèle, peut en témoigner. Ayant commencé à travailler à 16 ans, il a gravi à la force du poignet tous les échelons de la hiérarchie, au point de devenir directeur de la division filature du groupe textile Lister & Co. Il a cotisé toute sa vie au fonds de pension maison. Pourtant, à 64 ans, il ne songe même plus à la retraite : il doit, comme il le dit, continuer à "travailler pour joindre les deux bouts". Son entreprise a fait faillite, emportant au passage le fonds de pension qui y était rattaché ; l’argent qu’il y a versé pendant plus de trente ans s’est évaporé. Il n’a plus rien.

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- Semaine du 26 Décembre 2019

IL NIQUE LA FRANCE

Emmanuel Macron a la fâcheuse habitude de se mettre en position de soumission dans des pays étrangers qui furent jadis colonisés par la France. En Algérie, où c’est proprement mettre de l’huile sur le feu que de se présenter comme détestable aux yeux d’un certain nombre de gens qui nous haïssent déjà et n’attendent que de nouvelles raisons de nous mépriser, mais également en Côte d’Ivoire où il a récemment fait savoir que la colonisation était "une erreur profonde, une faute de la République”.

Or, si l’on veut vraiment examiner le passé de la France à cette aune, il va falloir ne pas se contenter de dire que le colonialisme fut "une erreur profonde, une faute de la République", ou que Vichy (qui, en passant, était une République ayant renoncé à elle même par voie parlementaire, via les députés de la chambre du Front populaire …) fut "une erreur profonde, une faute de la République", car ça ne suffira pas!  On va devoir en effet reprendre tout à zéro et affirmer aussi que l’assassinat de Louis XVI, de Marie-Antoinette, ainsi que la mort à petit feu de leur enfant de dix ans, Louis XVII, le tout organisé par les Jacobins, ont constitué "une erreur profonde, une faute de la République". Il faudra également dire que la Terreur, avec ses quarante mille morts, a été "une erreur profonde, une faute de la République", que le génocide vendéen, avec ses cent cinquante mille morts, a été "une erreur profonde, une faute de la République", que les guerres impérialistes de 14-18 avec leurs dix huit millions de morts ont été "une erreur profonde, une faute de la République". Ou bien encore, puisque l’anachronisme est de sortie, allons-y donc, estimer que les Croisades, avec leur presque trois millions de morts,  ont été "une erreur profonde, une faute de la République-monarchique…",  de même avec les guerres napoléoniennes qui, avec leurs trois millions de morts également, ont été "une erreur profonde, une faute de la République-impériale…”.

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29 Décembre 2019

     

- Économie - Entretien - 26 décembre 2019 Par Géraldine Delacroix

Thomas Philippon: "La concurrence est un bien commun"

Dans son dernier ouvrage, Thomas Philippon décrit l’affaiblissement "dramatique" de la concurrence aux États-Unis, qui se paie par des coûts élevés pour le consommateur. Tandis que l’Europe se montre, dans l’organisation de ses marchés, plus efficace. Un plaidoyer pour la régulation.

Vendredi 20 décembre, l’Autorité de la concurrence française a annoncé avoir adressé à Google une amende de 150 millions d’euros, pour avoir "abusé de la position dominante qu’elle détient sur le marché de la publicité liée aux recherches", grâce à des règles "opaques et difficilement compréhensibles", appliquées de surcroît "de manière inéquitable et aléatoire", au détriment des annonceurs.

Si son montant est faible, l’amende s’inscrit dans le fil de la politique menée par la Commission européenne, qui, en trois ans, a condamné l’entreprise à plus de 8 milliards d’euros d’amendes pour des pratiques anti-concurrentielles. C’est "l’ironie de l’histoire" : "Si les consommateurs européens sont aujourd’hui mieux lotis que les consommateurs américains, c’est parce que l’UE a adopté le modèle américain, que les États-Unis eux-mêmes ont abandonné", écrit l’économiste Thomas Philippon, dans un livre publié à l’automne en anglais sous le titre The Great Reversal: How America Gave Up on Free Markets (Le Grand Renversement : comment l’Amérique a renoncé aux marchés libres). Il essaie notamment de comprendre pourquoi le téléphone ou l’avion sont devenus si chers outre-Atlantique. 

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- Économie - Par Mario Fernandez, 17 décembre 2019

Vers une économie post-capitaliste ? Les communs et le pair-à-pair

L’économie traditionnelle, basée sur l’État et le marché, est à bout de souffle. Connu sous le nom de Commons-Based Peer Production (CBPP), un nouveau modèle de production numérique, ouvert et horizontal commence à émerger et pourrait bien donner à voir à quoi ressemblera l’économie de demain. Alors qu’il se heurte pour l’instant aux institutions, a-t-il le potentiel de s’imposer comme alternative au capitalisme et au pouvoir politique qu’il sous-tend, dans un contexte de raréfaction des ressources et de crise climatique ?

Depuis les révolutions industrielles, le capitalisme s’est consolidé progressivement comme le système économique dominant.

Pour l’économiste Karl Polanyi, ce processus s’inscrit dans un "double mouvement" : face à l’expansion du marché, la société utilise l’État pour contrôler ou éliminer l’influence de l’économie sur la vie collective.

De l’État-providence aux économies planifiées, les rapports de force entre les acteurs publics et privés ont profondément marqué le XXe siècle. Malgré l’hégémonie de l’État providence entre la Seconde Guerre mondiale et les années 1970, la chute de l’URSS et les politiques néoclassiques ont fini par favoriser le marché dans la plupart des économies mondiales.

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- 17 décembre 2019 - Sarah Roubato

La consigne des bouteilles en verre permet d’économiser 75 % d’énergie par rapport au recyclage

À l’heure où l’on parle plus que jamais d’écologie, on peut se demander pourquoi le système de consigne n’est pas envisagé plus sérieusement. Les critères à prendre en considération sont le transport et le poids de la marchandise à acheminer.

"Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans …"

Il y a encore trente ans en France, on pouvait ramener la bouteille de lait de jus ou de soupe au magasin, et récupérer le surplus qu’on avait payé dans le prix d’achat. La bouteille était alors réutilisée jusqu’à cinquante fois. En termes énergétiques, la réutilisation de la bouteille ne coûtait presque rien. 

Le système a été abandonné dans les années 90 avec la multiplication des emballages plastiques.

"Oui mais aujourd’hui on recycle !" dira-t-on.

Si on insiste beaucoup sur le recyclage aujourd’hui, c’est que ce geste simple et rapide peut donner bonne conscience, mais aussi empêcher de remettre en question le geste de départ qui est d’acheter des bouteilles en plastique.

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- Opinions - Contribution externe - Publié le samedi 28 décembre 2019 - Une opinion d'Eric De Plaen, juriste et guide-nature.

Voici pourquoi les combats écologiques sont souvent perdus

Les discours politiques parlent du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité mais les actes ne suivent pas. Les principaux leviers (urbanisme, aménagement du territoire, mobilité, énergie, logement) sont régionaux. Prenons quelques exemples.

Tout d’abord, la friche Josaphat, à Schaerbeek et Evere, est une cuvette humide traversée par une voie de chemin de fer, dans un quartier dépourvu d’espaces verts (sauf le parc Josaphat) et de transports en commun non saturés (tram 7). C’est une "prairie sauvage" d’une biodiversité rare.

La région (via la Société d’aménagement urbain) veut y construire des tours de 1600 logements (plus de 4000 habitants) et a conçu un "PAD" (plan d’aménagement directeur) qui évacue la plupart des contraintes (et garanties démocratiques) du droit commun de l’urbanisme. L’enquête publique s’est achevée … en même temps que la remise des offres pour les premiers marchés publics. Les mots savants "stratégie innovante", "espaces verts structurants", "tours iconiques", sont les paravents du béton.

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28 Décembre 2019

     

- Les blogs du « Diplo » > La pompe à phynance, par Frédéric Lordon, 13 décembre 2019

Le moment Potemkine

Comment explose une mutinerie ?

Comme tous les soulèvements : par l’abus de trop. Sur le cuirassé Potemkine, l’arrogance des officiers, leur mépris aristocratique et leur brutalité ne sont pas encore parvenus à dégoupiller les matelots. C’est la viande qui va s’en charger. Ou plutôt les vers. Car la viande en est tellement infestée qu’elle pourrait courir toute seule jusqu’au bastingage.

On approche du "point de trop" — mais ça l’officier supérieur ne le sait pas encore. Il pense simplement pouvoir ramener l’ordre en aboyant comme d’habitude, en compagnie du médecin-major venu engager son autorité scientifique pour certifier que la viande est parfaite — et que tout retourne à la normale. Gros plan sur la viande : elle n’est que grouillement. Le major : "Ce ne sont pas des vers”.

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- Chine - Enquête - 21 novembre 2019 - Par Jordan Pouille, Leïla Miñano, Nikolas Leontopoulos, Maria Maggiore et Jeff Poortmans (Investigate Europe)

Le jeu de go de la Chine autour des ports européens

Dans leur stratégie de conquête des « nouvelles routes de la soie », les ports européens sont des cibles privilégiées de la Chine. Depuis la prise de contrôle totale du Pirée en avril 2016, une douzaine de ports ont vu des opérateurs chinois investir leurs quais.

La Chine n’en fait pas mystère. Les ports européens font partie de ses cibles dans son grand projet de conquête des « nouvelles routes de la soie ». Méthodiquement, les sociétés chinoises investissent les quais et les terminaux à conteneurs délaissés par les opérateurs privés européens et les collectivités frileuses.

La prise de contrôle la plus symbolique est celle du port du Pirée, en Grèce, en avril 2016. Sous la pression de la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne), le gouvernement grec a privatisé l’ensemble du port voisin d’Athènes. Le repreneur est un groupe chinois, Cosco, qui détenait déjà 49 % du port.

Depuis cette privatisation sans précédent dans les transports en Europe, une douzaine d’autres ports de l’Union européenne ont vu récemment débarquer des opérateurs publics chinois en vue de prendre possession des terminaux portuaires. Ils détiennent désormais plus de 10 % des capacités portuaires européennes.

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27 Décembre 2019

     

- 25 décembre 2019 par Joseph Confavreux

Les métamorphoses de la question raciale (1/6). Les controverses de la race

Pourquoi les antiracistes tiennent-ils à employer le mot "race", quand les députés ne veulent plus en entendre parler, au point d’avoir voté le retrait de ce terme de la Constitution ? Cartographie des lignes de front d’une controverse publique et politique parfois décrite comme une guerre civile de basse intensité, prête à exploser. Premier volet de notre série sur la reconfiguration des débats intellectuels et militants autour du racisme et de la question raciale.

"L’offensive des obsédés de la race", titre Marianne. "Les décoloniaux à l’assaut des universités", enchaîne L’Obs. "Le décolonialisme, une stratégie hégémonique", dénonce un appel d’intellectuels dans Le Point, journal qui s’en prend à "ces idéologues qui poussent à la guerre civile". "Comment le racialisme indigéniste gangrène l’Université", prétend dévoiler le FigaroVox…

À lire de nombreux titres de la presse française, la France serait au bord de la guerre civile, en raison de l’activisme de minorités issues des anciennes colonies, décidées à dynamiter la République, disloquer l’Universel et mener la lutte des races. Si ces alertes pyromanes étaient réservées à des journaux prêts à flatter l’air du temps zemmourien pour pallier des ventes déclinantes, il serait facile de résumer ces saillies au retour régulier du refoulé raciste et colonial et de se contenter de déplorer la reprise, par des médias et intellectuels davantage mainstream, de l’offensive idéologique de Causeur ou Valeurs actuelles.

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- 27 décembre 2019 par Joseph Confavreux

Les métamorphoses de la question raciale (2/6). Les raisons d’une tension

Si les questions raciales se transforment sous nos yeux, c’est en raison à la fois de la montée de nouveaux publics qui s’en emparent, d’évolutions politiques et analytiques qui les entourent, et de mouvements tectoniques qui les rendent plus saillantes.

En 1984, le congrès du parti travailliste britannique dut se prononcer sur l’inscription officielle de "black sections" dans la constitution du parti. À l’initiative de cette motion, le député Bernie Grant déclara : "Nous sommes inquiets car on nous a rapporté que nos dirigeants sont opposés à la mise en place des black sections. L’un de nos camarades a dit qu’elles étaient vouées à devenir des ghettos noirs." La motion fut rejetée. Il n’est donc pas récent qu’une mobilisation fondée sur la couleur de la peau pose un souci au sein des forces de gauche. Mais la montée en puissance de ce que Nancy Fraser appelle des "contre-publics" change la donne. La philosophe américaine désigne ainsi ces publics qui émergent en réponse à leur marginalisation dans l’espace public. Pour elle, ils "contribuent à élargir l’espace discursif" puisque "les présupposés qui échappaient jusqu’alors à la contestation devront désormais être soumis au débat public".

Cette émergence s’est marquée en France par l’apparition de groupes d’activistes qui, à l’instar des afroféministes de Mwasi ou du collectif Rosa Parks, bousculent les cadres habituels et "raisonnables" de la discussion, avec d’autant plus de force qu’ils proclament, comme le fait Omar Slaouti, l’un des porte-parole du collectif Rosa Parks : "Nous ne sommes la marge de personne."

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- Climat - AFP, publié vendredi 27 décembre 2019

Quinze catastrophes à plus de 1 milliard de dollars répertoriées en 2019

Inondations en Inde du Nord, typhon “Lekima” en Chine, ouragan "Dorian" aux Etats-Unis, feux de forêt en Californie: autant de catastrophes qui ont causé des dégâts supérieurs à 10 milliards de dollars, selon l’ONG britannique Christian Aid

Au moins 15 catastrophes naturelles liées au changement climatique ont causé des destructions d’un coût de plus de 1 milliard de dollars en 2019, et sept d’entre elles d’au moins 10 milliards de dollars (8,99 milliards d’euros), selon des données rassemblées par l’ONG britannique Christian Aid dans une étude publiée vendredi.

"Des phénomènes météo extrêmes, alimentés par le changement climatique, ont frappé tous les continents peuplés en 2019, tuant et déplaçant des millions de personnes et causant des milliards de dollars de dégâts", souligne l’ONG.

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26 Décembre 2019

     

- 26 décembre 2019, par Les Économistes Atterrés - Blog : Le blog de Les Économistes Atterrés

La carrière de Christelle: vers une baisse de 36% de la retraite des enseignants

Henri Sterdyniak montre que les simulations présentées par le Haut-Commissariat à la Réforme des Retraites incorporent une baisse de 36% du niveau relatif des retraites des professeurs certifiés en 2050 par rapport à 2020.

Le Haut-Commissariat à la réforme des retraites (HCRR) a publié sur son site l’impact de l’introduction du système universel à points sur une vingtaine de cas-types. Dans la plupart des cas, l’impact est très faible, à la hausse ou à la baisse. En fait, ce résultat s’explique par le fait que le système à points n’est pas comparé au système actuel, mais au système tel qu’il serait après 25 ou 35 années de détérioration. Comme la détérioration du système actuel, telle qu’elle était déjà anticipée avant 2019 et le système à points envisagé aujourd’hui se donnent le même objectif de stabiliser (et même de baisser) les parts des dépenses de retraite dans le PIB malgré la hausse de 25% du ratio retraités/actifs, ce résultat n’est pas surprenant.

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- Reportage - 24 décembre 2019, Par Dan Israel

"Ça va être une longue course": les grévistes de Noël s’organisent pour tenir

Le gouvernement n’a pas réussi son pari : il n’y aura pas de trêve de Noël pour les grévistes qui s’opposent au projet de réforme des retraites. Les initiatives foisonnent, la mobilisation s’ancre à la SNCF et à la RATP. Mais les opposants ont presque trois semaines de grève derrière eux. Sans horizon pour le moment.

Au tout petit matin, la pluie tombe fine et froide. Mais sous l’auvent situé juste à côté de l’entrée du dépôt de bus RATP de la rue de Lagny, dans le XXe arrondissement de Paris, le café s’échappe fumant des thermos, la tarte aux pommes est généreusement servie et la galette des Rois sort tout juste du four. Ceux qui accueillent ont eu le temps de se roder : ce mardi 24 décembre, c’est le 20e jour d’affilée que les agents grévistes de la RATP se voient donner un coup de main à 5 heures du matin pour ralentir le trafic des bus qui sortent du dépôt.

À l’image de ceux qui se mobilisent depuis le 5 décembre dans son entreprise partout en Île-de-France, mais aussi sur tout le territoire à la SNCF, dans les établissements scolaires et ailleurs, Cédric le jure : " On va tenir. " Pour ce conducteur de bus depuis neuf ans, pas question d’arrêter la grève contre la réforme des retraites. Même en cette veille de Noël. Et même si la prochaine grosse étape de la mobilisation annoncée par l’intersyndicale n’arrivera pas avant le 9 janvier.

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Afp, 05/12/2019

Sept des huit raffineries françaises en grève, du “jamais vu”

Sept des huit raffineries françaises sont en grève dans le cadre du mouvement social contre la réforme des retraites ce jeudi 5 décembre.

Dépôt de Vern-sur-Seiche, à Rennes. Photo illustration AFP

Sept des huit raffineries françaises sont en grève ce jeudi contre la réforme des retraites :

"aucun produit ne sort, par pipeline ou par chargement de camion", a précisé Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral CGT Chimie.

Une situation qui illustre la mobilisation générale pour ce 5 décembre

 

- économie - le 26 décembre 2019, par Daniel Fortin, édité par Benjamin Bonneau

Pourquoi, malgré les blocages des raffineries, y-a-t-il toujours du carburant ?

Alors que des actions de blocage ont déjà été constatées ces dernières semaines sur plusieurs sites, la CGT veut entraîner l'intégralité des raffineries dans le mouvement de grève contre la réforme des retraites. Avec quelles conséquences ?

Y aura-t-il une pénurie d’essence pour le chassé croisé des vacances ce week-end ? C’est en tout cas la menace brandie par la CGT-chimie qui bloque des raffineries afin de protester contre la réforme des retraites.

 

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25 Décembre 2019

     

- Société - 6 août 2017

L’esclavage n’est pas aboli. Il n’a jamais été aussi rentable qu’au 21è siècle !

Selon une étude dont les principaux éléments ont été rapportés en exclusivité par The Guardian cette semaine, l’esclavage ne s’est jamais porté aussi bien qu’aujourd’hui. Le travail forcé rapporte 3978 dollars par an pour chaque personne exploitée. Au moins 21 millions de personnes vivent aujourd’hui dans des conditions d’esclavage moderne. Et combien d’autres en sont réduits à ne pouvoir que survivre de leur salaire ?

Dans de nombreuses régions du monde, l’esclavage est une réalité contemporaine à laquelle sont confrontés des habitants de manière quotidienne. La France n’est d’ailleurs pas épargnée si on en croit la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH).

Pour cause, rappellent les Nations-Unis sur leur site,

"les formes contemporaines d’esclavage – trafic de personnes, prostitution forcée, enfants soldats, travail forcé et asservi et utilisation des enfants dans le commerce international des stupéfiants – fleurissent encore aujourd’hui, en grande partie à cause de la vulnérabilité exacerbée par la pauvreté, la discrimination et l’exclusion sociale."

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- Par Guillaume de Calignon, publié le 24 décembre 2019

Les créations d'entreprises battent un nouveau record cette année en France

Sur les onze premiers mois de l'année, 750. 000 entreprises ont été créées, soit plus que sur toute l'année dernière. Alternative au salariat, nécessité pour s'intégrer dans le monde du travail, optimisation fiscale : les raisons de ce boom sont nombreuses.

"The trouble with the French is that they don't have a word for entrepreneur" ("Le problème avec les Français, c'est qu'ils n'ont pas de mot pour entrepreneur").

Cette phrase que George W. Bush aurait prononcée en aparté à Tony Blair en 2002 est démentie un peu plus chaque jour. Sur les onze premiers mois de 2019, les Français ont créé 750.000 nouvelles entreprises. 

Le record de l'an dernier sera nettement battu puisqu'il est déjà dépassé avant même la fin de l'année. Incroyable en ces temps de grèves et de discours populistes parfois teintés d’anti-capitalisme.

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- Janvier 2020, page 11, par Martine Bulard 

Retraites, la réforme de trop

Briser le collectif

On connaissait le chiffre d’or des 3 % de déficit public maximum fixé par le traité de Maastricht ; on découvre le nombre fétiche de 14 % du produit intérieur brut (PIB) pour les retraites.

Après avoir servi d’argument contre tout progrès social et économique pendant trente ans, le premier a été mis en cause par M. Emmanuel Macron lui-même — "un débat dépassé", a-t-il déclaré, dans un éclair de lucidité, à The Economist (7 novembre 2019).

Pourtant, le président de la République, son gouvernement et leurs porte-voix s’empressent de brandir le second pour la réforme des retraites. Le montant des pensions du système par répartition, nous assurent-ils, ne doit pas dépasser son niveau actuel, et donc ce nombre fatidique. Pourquoi 14 %, et pas 15 %, ou 16 % ? Nul ne le sait.

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- Politique - 24.décembre.2019, Les Crises

Le capitalisme ne rendra pas les clés gentiment – Par Frédéric Lordon et Joseph Andras

Source : Le Monde diplomatique, Fédéric Lordon, Joseph Andras, 22-11-2019

Ce texte est la version augmentée d’un entretien réalisé avec Joseph Andras pour "L’Humanité" sous le titre : "On ne demandera pas au capital d’envisager gentiment de rendre les clés" (9 novembre 2019), autour de l’ouvrage "Vivre sans ? Institutions, police, travail, argent…" (La Fabrique).

Vous vous dites "à contresens de (votre) époque". Vous mobilisez en effet un quatuor qui n’a plus très bonne presse à gauche : Lénine, Trotsky, dictature du prolétariat et grand soir. Quand l’idéal de "démocratie directe horizontale" s’impose avec force, pourquoi cette résurrection ?

☛ Par enchaînement logique. Si les données variées du désastre — désastre social, humain, existentiel, écologique — sont, comme je le crois, à rapporter au capitalisme, alors l’évitement du désastre ne passe que par la sortie du capitalisme.

Or je pense que les manières locales de déserter le capitalisme ne sont que des manières partielles. Car, évidemment, ces manières locales ne peuvent internaliser toute la division du travail, et elles demeurent de fait dépendantes de l’extérieur capitaliste pour une part de leur reproduction matérielle. Ce que je dis là n’enlève rien à la valeur de ces expérimentations. Du reste, je ne pense pas qu’elles-mêmes se rêvent en triomphatrices du capitalisme ! Comme expérimentations, précisément, elles nourrissent le désir collectif d’en triompher, et c’est considérable. ...

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24 Décembre 2019

     

- 23rd December 2019, by George Monbiot, published in the Guardian 18th December 2019

Rewilding Politics

It’s not just governments we need to change, but the entire, top-down, 19th Century political system. And we can start, right now, in our towns and cities.

You can blame Jeremy Corbyn for Boris Johnson, and Hillary Clinton for Donald Trump. You can blame the Indian challengers for Narendra Modi, the Brazilian opposition for Jair Bolsonaro, and left and centre parties in Australia, the Philippines, Hungary, Poland and Turkey for similar electoral disasters. Or you could recognise that we are witnessing a global phenomenon.

Yes, there were individual failings in all these cases, though the failings were very different: polar opposites in the cases of Corbyn and Clinton. But when the same thing happens in many nations, it’s time to recognise the pattern, and to see that heaping blame on particular people and parties fixes nothing.

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23 Décembre 2019

     

- Numéro 10 - Recension - Réfléchir - Jean Gadrey, 20 décembre 2019

Écologie et égalité : Piketty est-il resté au XXe siècle ?

Tandis que les riches font sécession, deux livres nous aident à reprendre le chemin de l’égalité. Mais comment articuler la nécessaire révolution égalitaire écologique ? Resocialiser les patrimoines monétaires des riches est essentiel, mais pas pour faire de chacun un petit capitaliste. Des politiques de sobriété juste et d’enrichissement des communs sont urgentes !

❐ A propos de Thomas Piketty, Capital et idéologie, Editions du Seuil, Paris, 2019 et Pierre Concialdi, Didier Gelot, Christiane Marty et Philippe Richard, Vers une société plus juste, manifeste pour un plafonnement des revenus et des patrimoines, Éditions Les liens qui Libèrent et Fondation Copernic.

Cela fait longtemps que les mouvements écologistes s’intéressent à l’égalité, à la "justice climatique" par exemple. Pour penser l’articulation de ces deux dimensions historiquement portées par des mouvements différents et parfois opposés, deux livres récents, pourtant fort peu écologistes, peuvent nourrir le débat.

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22 Décembre 2019

 

- ESSAIS - 21 décembre 2019, par Philippe Artières (En Attendant Nadeau)

Les slogans, objets vivants et agissants

Après être restée deux ans en Égypte, durant la révolution de 2011, la doctorante en littérature comparée Zoé Carle a écrit Poétique du slogan révolutionnaire. Elle y analyse cette forme brève qui peut prendre la forme d’un chant, d’un graffiti, d’une banderole, d’une performance, etc., et qui fait advenir une autre pensée de la chose politique.

Il est souvent des objets éphémères qui surgissent de l’actualité et sur lesquels soudain apparaît l’évidente nécessité de mener l’enquête. Ils demeurent, avouons-le, le plus fréquemment rêves de recherches. Parfois, comme ce fut le cas de Béatrice Fraenkel juste après les attentats du 11 septembre 2001, sur les écrits new-yorkais, on fonce. Quand l’Égypte s’est soulevée en 2011, Zoé Carle a foncé. Suivant d’abord en spectatrice lointaine la révolution égyptienne qui débuta en janvier 2011, elle plonge dans l’événement dès septembre en allant au Caire.

Elle y reste deux ans. Là, elle entreprend d’étudier avec la plus grande attention ce que Louis-Jean Calvet, presque 40 ans plus tôt, en 1976, dans l’après 68, avait nommé les "productions révolutionnaires". Zoé Carle a ainsi constitué un énorme corpus de graffitis, slogans, pancartes, récitations de poésies des contestataires. Ce geste est doublement salutaire : politiquement la collecte des archives d’une révolution en train de se faire et scientifiquement la construction d’un objet sensible passionnant.

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source : Grain.org (26 Novembre 2019)

 

     

- Politique - par Barnabé Binctin, 16 décembre 2019

Dix villes où des listes "citoyennes" affichent leurs ambitions pour les municipales

Des listes "participatives", ou rassemblant un large éventail de partis à gauche, comptent incarner l’alternative pour les élections municipales de 2020. Leur point commun : la justice sociale, l’écologie, et le désir de renouveler la démocratie locale. Tour d’horizon avec dix villes emblématiques.

Non, la politique n’est pas, toujours et partout, qu’un éternel recommencement. Une longue litanie de promesses de rassemblement et de vœux de participation se fracassant sans cesse à la table des négociations, à l’approche d’un nouveau scrutin.

Certes, dans les rangs de la gauche et des écologistes, les tentations autonomistes et les guerres d’ego n’ont pas disparu, loin de là – elles trouvent même cours, parfois, chez ceux-là même qui les dénonçaient il y a peu…

Pourtant, avec 35 000 communes au total, les élections municipales de mars 2020 offrent heureusement quelques espaces de dissidence.

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- Agriculture - Environnement - Société - 16 décembre 2017

3 gros producteurs de viande polluent autant que la France entière

Les chiffres laissent sans voix. Une étude publiée en novembre dernier par l’organisation internationale GRAIN et la Fondation Heinrich Böll dénonce "l’empreinte climatique démesurée des grandes entreprises du secteur de la viande et des produits laitiers". Ainsi, les trois plus gros producteurs de viande dans le monde émettent autant de pollution que la France entière. Pour espérer pouvoir atteindre les objectifs climatiques fixés par l’accord de Paris, des efforts importants sont à réaliser dans le secteur sous l’impulsion des États, seuls à pouvoir soutenir les modèles agricoles alternatifs qui peinent à se développer sans une intervention politique.

Chacun le sait aujourd’hui, l’élevage industriel est l’un des secteur les plus polluants parmi les activités industrielles humaines. Selon l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, toutes filières de production animale confondues, le secteur de l’élevage serait à l’origine de 14,5 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre de source anthropique. Pour que la lutte contre le changement climatique soit efficace, il s’agit donc de l’un des secteurs, au même titre que celui des énergies fossiles ou des transports, dans lequel les efforts à réaliser sont les plus importants. La critique est d’autant plus cruciale qu’il existe d’importants leviers pour faire évoluer la situation de manière positive, non seulement en se détournant de l’élevage intensif, mais également en réduisant la part de viande dans notre alimentation. Pour l’organisation Grain et la Fondation Heinrich Böll, l’engagement politique doit être le moteur de ce changement.

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- ART - 21 décembre 2019 Par Mehdi Derfoufi

Race, sexe et jeu vidéo

À l’instar du cinéma à ses débuts, le jeu vidéo est l’objet de paniques morales. On craint tour à tour la soumission au pouvoir des machines, la confusion entre « réel » et « virtuel », l’incitation à la violence… La panique se redouble de pièges et d’œillères quand il est question de sexe et de race. Une enquête sur les coulisses du gaming publiée dans le no 14 de la Revue du Crieur.


Aucune étude n’a jamais démontré que les formes médiatiques disposeraient d’un pouvoir direct de transformation des réalités sociales. Une approche critique un peu sérieuse préfèrera ainsi appréhender le jeu vidéo comme le site d’un ensemble de rapports de pouvoir opérant au sein de la culture dominante, traversé, à l’instar d’autres formes culturelles, par des contradictions, des résistances et des réappropriations – autrement dit par des circulations dans la production de sens, les formes et les affects, qui viennent renforcer, nuancer ou déstabiliser les normes de l’hégémonie culturelle.

Depuis le début des années 2010 et en particulier la polémique du #GamerGate en 2014, la communauté vidéoludique ne peut plus ignorer le sexisme. Les féministes n’ont pourtant pas attendu si longtemps pour se manifester. Mais c’est peut-être l’année 2012 qui marqua un réel tournant, lorsque Anita Sarkeesian lança une campagne de crowdfunding pour une série de vidéos sur sa chaîne YouTube feministfrequency. Sa démarche déclencha une vague de cyberharcèlement qui alla des insultes aux menaces de mort et jusqu’à la publication de données personnelles.

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- By Norimitsu Onishi, December 16, 2019

In France, Dying at Home Can Mean a Long Wait for a Doctor

It is illegal in France to move a body without a death certificate, which only a doctor can sign. But a doctor can be hard to find.

A scarcity of physicians is affecting Douai, a city of 40,000 in northern France.Credit...Dmitry Kostyukov for The New York Times

DOUAI, France — Her mother’s death had been expected. Terminally ill with breast cancer, she lay in a medical bed in her living room, visited daily by a nurse.

But when Sandra Lambryczak’s 80-year-old mother died earlier this year, in the predawn hours of a Saturday morning, the daughter suddenly discovered a growing problem in France’s medical system: By law, the body couldn’t be moved until the death was certified by a medical doctor, but a shortage of personnel can sometimes force families to keep their deceased loved ones at home for hours or even days.

“Madame, there’s nobody on weekends, there’s no doctor,” she was told when she called the emergency services.

“I pleaded, ‘This can’t be true. We can’t leave a body until Monday morning.’”

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21 Décembre 2019

     

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  International - Par Yohan Blavignat et AFP agence, 20 Décembre 2019

Températures record, incendies hors de contrôle... L'Australie confrontée à un enfer climatique

Le mercure a grimpé à 49,8°C jeudi en Australie occidentale. Une vague de chaleur qui attise les centaines d'incendies dévastateurs qui échappent à tout contrôle sur l'île-continent.

Un pompier australien à une centaine de kilomètres de Sydney. Saeed KHAN / AFP

L'Australie fait face à des températures records, flirtant avec les 50°C dans certaines zones, qui attisent les incendies dévastateurs qui ont détruit plus de 800 habitations et trois million d'hectares de brousse.

Les deux derniers jours ont été les plus chauds jamais enregistrés dans le pays, et le mercure pourrait encore grimper dans les prochains jours.

Dépassé, le gouvernement est accusé de ne pas mesurer la gravité de la situation alors que plus de 200 feux sont actuellement recensés dans le pays, dont 70 sont hors de contrôle, majoritairement dans l'État de Nouvelle-Galles du Sud.

 

 

  Par Charles Lescurier et AFP agenc, Publié le 19 décembre 2019

Incendies et canicule en Australie: deux infographies pour comprendre

INFOGRAPHIE - La Nouvelle-Galles-du-Sud vient de décréter, jeudi 19 décembre, l’état d’urgence pour une semaine face aux températures exceptionnellement élevées et aux incendies qui ravagent l’État du sud-est du pays.

L’Australie n’arrête pas de battre des records de températures. Le pays connaît des températures moyennes exceptionnelles: mardi 17 décembre, la moyenne nationale a atteint 40,9°C, journée la plus chaude depuis le début des relevés. Le lendemain, mercredi 18 décembre, le mercure est monté encore plus haut, jusqu’à 41,9°C. Jusqu’ici la journée la plus chaude avait été enregistrée en janvier 2013, avec 40,3°C. Jeudi 19 décembre, c’est le record absolu de température pour un mois de décembre qui est tombé. 49,8°C ont été relevés dans la localité d’Eucla, située au sud de l’Australie occidentale. Le précédent record datait de 1972, avec 49,5°C.

 

 

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 - Brèves > 19 décembre 2019

Concurrencé par les renouvelables, le nucléaire décline dans le monde

Rendue publique mardi 17 décembre, l’édition 2019 du World Nuclear Industry Status Report (WNISR2019) analyse l’état de l’industrie nucléaire dans le monde et consacre un nouveau chapitre à l’évaluation de l’option nucléaire comme moyen de combattre l’urgence climatique. Huit experts interdisciplinaires de six pays ont contribué aux travaux, indique Mycle Schneider Consulting, à l’initiative du rapport, dans un communiqué. Sa conclusion est sans appel : "Les options non-nucléaires permettent d’économiser plus de carbone par dollar (...) et par an" que le nucléaire. En effet, "dans de nombreux pays nucléaires, les énergies renouvelables peuvent désormais concurrencer le nucléaire existant."

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Le rapport de Mycle Schneider (abstract en français)

 

 

 

     

- Economie Economie suisse Energie - Aline Bassin, publié vendredi 20 décembre 2019

Les ruines des centrales nucléaires valent de l’or

Dans le sillage de Mühleberg, 297 réacteurs, dont plus de la moitié en Europe, arrivent en fin de vie. Le démantèlement de ces colosses de béton hautement radioactifs va coûter des dizaines de milliards, mais aussi profiter à une nouvelle filière dans laquelle BKW se positionne

Mars 2013. Engagée pour redresser le groupe énergétique Alpiq, confronté à de graves difficultés financières, la nouvelle directrice générale Jasmin Staiblin dévoile son plan de sauvetage. Parmi les mesures préconisées, celle qui dirigea ABB Suisse pendant six ans entend s’engouffrer dans le prometteur marché du démantèlement des centrales nucléaires. Deux ans plus tard, la société Swiss Decommissioning est créée à Olten (AG).

"Un marché très prometteur"

Aujourd’hui, Jasmin Staiblin n’est plus aux commandes d’Alpiq, qui s’apprête à quitter la bourse suisse. En 2017, Swiss Decommissioning s’est évaporée, cédée au groupe français Bouygues. Et pourtant, la physicienne allemande avait vu juste:

"Le marché du démantèlement de centrales nucléaires est un marché à prendre", affirme Stéphane Genoud, professeur de management des énergies à la Haute Ecole de Suisse occidentale.

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- Décembre 2019, pages 1, 22 et 23 - Un reportage de Julien Brygo

Réussite scolaire sur ordonnance

La pilule de l’obéissance

À l’origine, le remède ne devait concerner que les enfants "hyperactifs", une pathologie relativement rare. Mais depuis quelques années, aux États-Unis, tout bambin quelque peu turbulent peut se voir prescrire de la Ritaline, un médicament voisin des amphétamines qui fait également fureur sur les campus. Après avoir inondé le marché américain, la pilule miracle se répand en France.
 
Emmanuelle Thiercelin. — Jeux acrobatiques dans la cour de récréation, 2010 - © Emmanuelle Thiercelin / Divergence

En ce samedi 13 avril 2019, à Paris, Mme Claire Leblon, cheffe d’équipe dans un grand hôtel en région parisienne, s’installe dans la salle d’attente d’un cabinet de pédopsychiatrie avec Niels, son fils de 11 ans.

Dans quelques minutes, le garçon fera face au médecin, qui le questionnera encore sur ses résultats scolaires et son comportement.

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20 Décembre 2019

     

- 20 Décembre 2019

Examples of Ecocide

It is the task of the court to clarify if a certain case of environmental destruction is ecocide. Ecocide is the destruction of the global environment. End Ecocide on Earth is therefore defining Ecocide crime as “an extensive damage or destruction which would have for consequence a significant and durable alteration of the global commons or Earth’s ecological systems“ –  upon which rely all living beings in general  and humankind in particular – and in compliance with the known planetary boundaries.

End Ecocide on Earth means by global commons:

➠ the oceans and seas beyond territorial waters,

➠ the atmosphere, outer atmosphere and their respective chemistry,

➠ Arctic, Antarctica,

➠ cross-border rivers and lakes,

➠ ground water,

➠ migratory species,

➠ biogeochemical cycles,

➠ genetic heritages.

These spaces and species which belong to no one, and called Res nullius in law, should no longer be the scene of pollution and abusive predation. This would further the protection of the global ecosystem, and in any case the principle of national sovereignty should not be claimed to shirk all liability when they are impacted. Then, a test must be applied examining the size, duration and impact of the extensive damage, destruction, or loss of ecosystem(s).

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 - Info > 20 décembre 2019 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Loi économie circulaire : des mesures marginales qui n’enrayent pas la crise écologique

La loi sur l’économie circulaire, en cours d’examen, est censée incarner "l’accélération écologique du quinquennat". Peu ambitieuse, elle déçoit nombre d’associations écologistes, qui taclent : "le gouvernement n’a pas conscience de l’ampleur des changements qu’il faut apporter à notre modèle économique" pour enrayer la crise climatique.

Au cours de l’examen de la loi économie circulaire, la secrétaire d’État Brune Poirson a annoncé, fièrement, l’interdiction des emballages plastiques à usage unique d’ici… 2040. "C’est un signal très fort et concret que la France envoie au reste du monde", se gargarisait-elle sur Twitter.

Le gouvernement voit dans cette loi un "tournant majeur" qui incarnerait "l’accélération écologique du quinquennat". Sur les réseaux sociaux, certains ont eu beau jeu de rappeler qu’en 2040, la mer pourrait contenir plus de déchets plastiques que de poissons ou que nous ingérons cinq grammes de plastique par semaine soit l’équivalent du poids d’une carte bleue. La situation est urgente mais la secrétaire d’État persiste dans son calendrier extensible. "La transition se doit d’être radicale et non brutale, a-t-elle déclarée sur France 5. Cet enjeu est trop important pour faire les choses sans réfléchir et sans méthode."

Le projet de loi économie circulaire, dont la première lecture à l’Assemblée nationale s’achève vendredi 20 décembre, a le mérite de mettre en avant la vision de l’écologie défendue par la Macronie : une écologie libérale aux ambitions lointaines, consensuelle et focalisée sur les comportements individuels.

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- Société - Par Rédaction, 19 décembre 2019, Par Sarah De Fgd.

Le démantèlement du service public éducatif en marche

❐ Le vaste mouvement de libéralisation des services publics initié dans les années 1990 n’a pas épargné l’Éducation nationale, premier budget de l’État. De la maternelle à l’université, l’institution scolaire est gangrenée de façon croissante par les logiques néolibérales reléguant le savoir au rang de marchandise. Ce premier volet du dossier du Vent se Lève consacré au "crépuscule des services publics" analyse les tenants et les aboutissants de ce démantèlement progressif du service public éducatif.

L’éducation, une marchandise comme les autres ?

Jusqu’alors relativement protégé, le secteur de l’enseignement est depuis plusieurs décennies gangréné par la logique néolibérale, imposant une vision utilitariste du savoir qui s’inspire de la théorie du capital humain. Développée par les économistes néoclassiques Gary Becker, Jacob Mincer et Theodor W. Schultz, elle considère les activités humaines, et notamment l’éducation, comme un investissement permettant à chacun de maximiser ses profits dans l’avenir.

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- 18 décembre 2019, Sarah Roubato

La grève, une période de solidarité : des paysans nourrissent les grévistes

Certains ouvrent des “caisses de grèves” pour soutenir les grévistes, eux apportent des vivres. Dans l’Indre-et-Loire, des agriculteurs et artisans ont décidé d’apporter leur pierre à la mobilisation contre la réforme des retraites. Régulièrement, ces denrées sont donc collectées et remises aux grévistes locaux.

La grève que nous vivons actuellement va bien au-delà d’une grève habituelle. Nous le savons, depuis Nuit Debout, la ZAD, les Gilets Jaunes : les gens se rencontrent, étonnés et curieux d’entendre les mêmes inquiétudes exprimées par d’autres. 

Dans la période que nous vivons, chaque mouvement social apporte un autre acteur sur la scène de l’engagement.

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19 Décembre 2019

     

- Info > 19 décembre 2019 / Emilie Massemin (Reporterre)

Pendant la grève, le vélo est roi mais les pistes cyclables saturent

En cette période de grèves, les déplacements à vélo explosent. Jean-Sébastien Catier, de l’association Paris en selle, se réjouit du succès de cet "outil magique pour la qualité de vie en ville", et milite pour un "réseau de pistes larges, continues et sécurisées" en Île-de-France.

L’équipe parisienne de Reporterre compte plusieurs "vélotaffeuses" et "vélotaffeurs", qui pédalent tous les matins pour se rendre à la rédaction. Depuis le début du mouvement social contre la réforme des retraites, les observations concordent : embouteillages sur les pistes cyclables, dizaines de vélos à l’arrêt devant des feux rouges habituellement déserts, arceaux de stationnement pleins à craquer…

Alors que huit lignes de métro étaient encore totalement à l’arrêt et que seulement 30 % des liaisons en bus étaient assurées ce mercredi 18 décembre, de nombreuses Parisiennes et Parisiens ont opté pour la petite reine pour leurs déplacements quotidien. Les premiers chiffres dévoilés par la mairie de Paris donnent le tournis : deux fois plus de vélos et de trottinettes sur les pistes cyclables, presque autant de vélos (11.612) que de voitures (12.886) boulevard Voltaire le 13 décembre, record absolu de passages sur la piste de la rue de Rivoli (100.673, contre 74.905 en octobre 2019) !

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- 17 décembre 2019

Pourquoi LREM a bloqué la reconnaissance de l’écocide dans la loi (Interview)

Jeudi 12 décembre, le Parlement français manquait une belle chance de s’inscrire dans l’Histoire en rejetant une décision inédite pour la préservation des générations futures et des écosystèmes. L’Assemblée Nationale n’a pas adopté la proposition de loi sur la reconnaissance de l’écocide au même rang que les crimes contre l’humanité. Le groupe LREM, majoritaire à l’Assemblée, et la garde des Sceaux, l’ont déclinée au motif que le droit français sanctionnait déjà “les atteintes d’ampleur” à l’environnement. Le Sénat avait déjà refusé une proposition similaire au printemps dernier. Mais ce rejet semble en réalité le reflet d’une grande crainte des lobbies car son adoption permettrait de criminaliser soudainement de nombreuses activités considérées aujourd’hui comme légales et qui sont portées par des multinationales marchant main dans la main avec le monde politique français. Interview avec Valérie Cabanes, Juriste internationale, co-fondatrice de Notre affaire à tous et membre du mouvement End Ecocide on Earth.

Présentée par le groupe socialiste au Parlement à l’initiative du député Christophe Bouillon, cette proposition de loi a pu bénéficier du fruit d’un travail trans-partisan de longue haleine entre différents groupes politiques et associations qui y ont ajouté de nombreux amendements.

Juriste internationale, co-fondatrice de Notre affaire à tous et membre du mouvement End Ecocide on Earth, Valérie Cabanes a notamment été consultée pour la rédaction de cette proposition pour laquelle elle œuvre depuis 2013. Selon elle, reconnaître le crime d’écocide de la même manière que les crimes contre l’humanité permettrait de prévenir des désastres futurs alors que l’arsenal juridique actuel ne le permet pas. Toutefois, la bataille juridique est loin d’être perdue car les récents débats ambitieux à l’Assemblée ont révélé l’importance que la notion d’écocide prend dans les consciences. Une proposition de loi sera soumise une nouvelle fois avec le soutien de plusieurs groupes comme nous l’explique Valérie Cabanes dans cette interview pour Mr Mondialisation.

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- AFP, publié jeudi 19 décembre 2019

Australie

L'état d'urgence décrété dans le sud-est de l'Australie

Il a été instauré pour une durée de sept jours dans l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud (sud-est), où des températures record favorisent de gigantesques incendies. Une centaine de feux font rage dans l'Etat depuis des semaines

Les autorités australiennes ont décrété jeudi l'état d'urgence pour une durée de sept jours dans l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud (sud-est), dont Sydney est la capitale. La Première ministre de cet Etat oriental de l'île-continent, Gladys Berejiklian, a invoqué pour justifier cette décision des "conditions météorologiques catastrophiques". C'est la deuxième fois que l'état d'urgence est décrété en Nouvelle-Galles du Sud depuis le début de la saison des incendies, en septembre.

Une centaine de feux font rage dans l'Etat depuis des semaines, dont la moitié ne sont pas maîtrisés, provoquant des nuages de fumées toxiques qui recouvrent Sydney, la plus grande ville australienne avec ses plus de 5 millions d'habitants. 

Le Sud et l'Ouest de l'Australie sont également le théâtre de plusieurs incendies. Au moins trois millions d'hectares sont partis en fumée ces dernières semaines. Six personnes sont mortes et plus de 800 maisons ont été détruites.

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18 Décembre 2019

     

- Reportage > 18 décembre 2019 / Camille Martin (Reporterre)

Dans les villes de France, une colère qui va bien au-delà des retraites

Dans toute la France, des manifestations ont eu lieu mardi 17 décembre : un franc succès, avec 1,8 millions de manifestants selon la CGT, soit plus que le 5 décembre, mais un peu plus de 600.000 selon le gouvernement. Dans les cortèges, on contestait la réforme des retraites mais plus largement "Macron et son monde". Reporterre était à Paris, Toulouse et Alès. Récit.

À Paris, "Se battre contre Macron et son monde"

 

 

Paris, reportage - Noyée dans les fumigènes, la place de la République avait son allure rebelle des grands jours, mardi 17 décembre. Un groupe de Gilets jaunes avait escaladé la statue centrale, et enchaînait les slogans anti-Macron, entraînant la foule. Les ballons syndicaux encerclaient la place dans une ronde colorée, les sonos rivalisant de décibels. Les drapeaux oranges de la CFDT, pour la première fois de sortie depuis le début du mouvement social, suivaient à distance respectueuse les étendards rouges de la CGT.

Plus d’une heure avant le départ officiel de la manifestation parisienne, le cortège débordait déjà sur le boulevard Beaumarchais, en direction de la place de la Bastille. C’est là qu’une activiste d’Attac, dissimulée derrière un masque de Jean-Paul Delevoye et munie d’un tuyau, proposait aux passants de "pomper leur épargne pour la reverser au fonds de pension BlackRock". Explication : "À la première crise financière, vos économies s’évanouissent avec ces fonds de pension, c’est ce qui s’est passé en 2008 chez les Canadiens ou les Américains. Des gens se sont remis à travailler, à ramasser des canettes à 75 ans. Avec la retraite par points, le gouvernement veut nous pousser vers ces fonds de pension."

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- dimanche, 17.11.2019, Christophe Clavé

Baisse du QI, appauvrissement du langage et ruine de la pensée

L’effet de Flynn du nom de son concepteur, a prévalu jusque dans les année 1960. Son principe est que le Quotient Intellectuel (QI) moyen ne cesse d’augmenter dans la population. Or depuis les années 1980, les chercheurs en sciences cognitives semblent partager le constat d’une inversion de l’effet Flynn, et d’une baisse du QI moyen.

La thèse est encore discutée et de nombreuses études sont en cours depuis près de quarante ans sans parvenir à apaiser le débat. Il semble bien que le niveau d’intelligence mesuré par les tests de QI diminue dans les pays les plus développés, et qu’une multitude de facteurs puissent en être la cause.

A cette baisse même contestée du niveau moyen d’intelligence s’ajoute l’appauvrissement du langage. Les études sont nombreuses qui démontrent le rétrécissement du champ lexical et un appauvrissement de la langue. Il ne s’agit pas seulement de la diminution du vocabulaire utilisé, mais aussi des subtilités de la langue qui permettent d’élaborer et de formuler une pensée complexe.

La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps.

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- 17 décembre 2019, Régis de Castelnau

Affaire Delevoye : Emmanuel Macron et l’article 5 de la Constitution

L’invraisemblable feuilleton Delevoye constitue une illustration assez consternante de l’état de dégradation des institutions de notre République. Nous avons désormais atteint tel un niveau de corruption, au sens de corrosion, des pouvoirs publics que notre charpente institutionnelle est complètement délabrée.

Nous avons dit dans ces colonnes comment au plan juridique et en particulier pénal, se posait le problème des fonctions de Jean-Paul Delevoye depuis sa première nomination au poste de haut-commissaire il y a maintenant plus de deux ans. Rappelons que dans un premier temps celui-ci a assumé une fonction de "haut-commissaire aux retraites" sous un statut fabriqué ex nihilo par une décision du président de la République, sans théoriquement avoir le statut de "membre du gouvernement". Cela ne l’a pas empêché de conserver des responsabilités nombreuses dont certaines grassement rémunérées dans la sphère privée. Chargé de la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye en gardant des liens étroits avec le monde des assurances privées particulièrement intéressées par cette réforme s’est mis ainsi en situation plus que probable de "prise illégale d’intérêts", infraction qui sanctionne le mélange des casquettes publiques et privées. On ajoutera que les fonctions rémunérées ressemblent quand même à ce que l’on appelle en général et de façon impropre d’ailleurs des "emplois fictifs".

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- Par Damien Careme - Blog : Le blog de Damien Careme, 17 déc. 2019

M. le Président, j’ai honte pour mon pays…

❐ Ce mercredi 18 décembre, c’est la Journée Internationale des Migrants de l’ONU en même temps que la clôture, à Genève, du premier Forum Mondial des Réfugiés de l’UNHCR. Et c’est, pour moi, l’occasion de dire à Emmanuel Macron combien j’ai honte pour mon pays, incapable d’accueillir dignement les chercheur-se-s de refuge.

Monsieur le Président,

J’ai honte pour mon pays, incapable d’accueillir dignement les chercheur-se-s de refuge. J’ai honte de notre Europe, complice d’une grave crise humanitaire sur les îles grecques.

Alors que l’hiver approche, plus de mille enfants vivent dans des conditions inhumaines sur ces îles proches de la Turquie, manquant d’abri, de nourriture, de soins médicaux, de sanitaires. Certains ont récemment tenté de se suicider. Une situation abominable dans un décor de carte postale ; le sombre de l’humanité sur le continent des Lumières.

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- Par Coralie Schaub, 17 décembre 2019

AU RAPPORT

Le nucléaire, une option de plus en plus fumeuse contre le réchauffement

Trop cher, trop lent… l’atome ne fait plus le poids face aux énergies renouvelables pour lutter contre l’urgence climatique, selon le rapport Mycle Schneider 2019.

La centrale franco-chinoise de Taishan, au sud-ouest de Hongkong. Photo Peter PARKS. AFP

Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, a beau répéter à tout va que le nucléaire est une 

"énergie neutre en carbone", qui joue "pleinement son rôle dans la lutte contre le changement climatique". 

Le président Macron a beau faire le VRP de l’atome à Bruxelles, en le présentant comme une énergie "verte" et en faisant en sorte qu’elle soit reconnue par l’UE comme un moyen d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Rien n’y fait : non, l’énergie nucléaire n’est pas la panacée pour lutter contre le changement climatique. C’est l’une des principales conclusions de l’édition 2019 du World Nuclear Industry Status Report, présenté mardi à Paris par son coordinateur, le consultant indépendant Mycle Schneider, dont la réputation de sérieux n’est plus à faire dans les milieux "pro" comme "anti".

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 - Tribune > 17 décembre 2019 / Michel Lepesant

Battons-nous pour une retraite inconditionnelle, pour tous et toutes

L’auteur de cette tribune appelle de ses vœux une "contre-proposition générale" à la réforme des retraites pour retrouver "le véritable esprit d’une retraite par répartition", soit l’équité de la cotisation et de l’âge de départ et l’égalité de la pension.

Michel Lepesant est "(p)artisan de la décroissance". Il anime le blog Décroissance, où va-t-on et est l’auteur de Décroissances, où va-t-on ?, aux éditions Utopia, 2013.

Une grève des transports, c’est l’occasion de réfléchir à l’absurdité du temps quotidiennement perdu dans les trajets. Serait-il utopique d’espérer qu’une lutte contre une réforme des retraites devrait être la meilleure occasion pour poser la question du sens du travail et de la vie sociale ? Car c’est là que nous retrouverions le véritable esprit d’une retraite par répartition qui repose d’abord sur la solidité sociale d’une solidarité réellement partagée : équité de la cotisation et de l’âge de départ, égalité de la pension.

Qu’est-ce que la "retraite" ? C’est une période de la vie, sans travail, mais avec revenu. Voici la question : faut-il accepter de voir dans la retraite la prolongation du travail ?

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17 Décembre 2019

     

- Enquête > 17 décembre 2019 / Alexandre-Reza Kokabi et Émilie Massemin (Reporterre)

Jeunes et vieux : la guerre des générations n’aura pas lieu

Plein emploi, insouciance face à la crise climatique et désormais "clause du grand-père"... Les "baby-boomers", des chanceux égoïstes ? Pourtant, plus qu’à une guerre, c’est à une solidarité générationnelle que l’on assiste. Car les boomers ont eux aussi combattu et combattent la modernité destructrice.

Les jeunes en guerre contre les vieux ? La "clause du grand-père", intégrée à la réforme des retraites par le gouvernement d’Édouard Philippe et qui en minimise les conséquences sur les générations nées avant 1975, a jeté de l’huile sur le feu. Un mois plus tôt, en novembre 2019, la députée écologiste néo-zélandaise Chlöe Swarbrick, 25 ans, répliquait "OK boomer" à un parlementaire plus âgé qui cherchait à la déstabiliser alors qu’elle intervenait sur l’urgence climatique. La formule, qui tourne en dérision des propos ou des comportements perçus comme condescendants ou "ringards" de la part de personnes âgées est devenue virale. Nés entre 1946 et 1964, les "baby-boomers" sont pointés du doigt pour avoir connu plein emploi, progrès de tous ordres, mobilité sociale ascendante et insouciance face aux changements climatiques et environnementaux. Les "millenials" nés entre 1980 et la fin des années 1990 seraient, au contraire, confrontés à plus de chômage, plus de précarité et à l’éco-anxiété. Ces inégalités inter-générationnelles continueraient de se creuser. Qu’en est-il vraiment ? Reporterre a mené l’enquête.

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 - Alternative > 17 décembre 2019 / Justine Guitton-Boussion (Reporterre)

Réparer pour ne plus surconsommer, le boom des Repair Cafés

Réparer un objet cassé, aidé par un bénévole : c’est le principe d’un Repair Café. De plus en plus de personnes fréquentent ces lieux, par souci écologique ou parce qu’ils sont précaires. La loi sur "l’économie circulaire", actuellement discutée au Parlement, accompagnera-t-elle cet attrait pour l’auto-réparation ?

Paris, (reportage) — Comme chaque samedi matin, la salle du souvenir de la mairie du 5e arrondissement de Paris prend des allures d’atelier de bricolage. Des tournevis de toutes les tailles sont étalés sur une grande table, mélangés à des clés à molette et des paires de ciseaux. Tous ces outils sont mis à la disposition des participants du "Repair Café".

Les ateliers appartenant au réseau Repair Café sont totalement gratuits.

Le concept, originaire des Pays-Bas, fleurit un peu partout en France depuis plusieurs années. L’idée est simple : des bénévoles aident d’autres personnes à réparer leurs objets, en discutant et en partageant un repas ou une boisson. Dans le 5e arrondissement, cette antenne de l’association Repair Café Paris a vu le jour il y a deux ans, animée par Cyprien et Caroline. "Il y en a marre des déchets, explique d’emblée la jeune femme. On a créé ces ateliers dans l’idée d’arrêter de gaspiller et d’acheter, toujours acheter."

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16 Décembre 2019

     

  - Édito > 16 décembre 2019 / Hervé Kempf (Reporterre)

Climat : c’est notre mode de vie qu’il faut négocier

L’échec de la COP25 à Madrid témoigne d’un système diplomatique en crise. Aujourd’hui, face au péril climatique, l’humanité n’est pas unie. Plusieurs grands pays refusent le défi de la coopération. L’enjeu est, plus profondément, notre mode de vie dans les pays riches.

La sinistre conclusion de la COP25 à Madrid, dimanche 15 décembre en début d’après-midi, n’est pas un échec de plus de la diplomatie environnementale. Elle signe un échec plus grave encore, celui de l’idéal des Nations unies, l’idéal d’une société humaine capable d’être solidaire et de trouver ensemble la voie pour faire face à ses problèmes communs.

Les faits ? Ils sont simples, comme Reporterre vous l’a raconté depuis quelques jours et toute la matinée de dimanche. Les quelque 200 États représentés à Madrid à la 25e conférence de la Convention des Nations unies sur le changement climatique (COP25, COP signifiant Conference of parties) ont échoué sur tous les dossiers discutés : élever le niveau des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, renforcer le financement de l’aide aux pays les plus pauvres pour leur permettre de faire face au changement climatique, et avancer dans la mise au point d’un système d’échanges d’émissions (dit "marché du carbone", au demeurant très critiquable dans son principe). Cet échec intervient alors que depuis l’Accord de Paris signé en 2015 lors de la COP21, les recherches scientifiques montrant la gravité de la crise climatique se sont encore accumulées, soulignant l’accélération du phénomène, et que dans de nombreux pays, les effets du changement climatique sont maintenant sensibles (l’Australie, par exemple, subit en ce moment même une nouvelle vague de chaleur extrême).

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15 Décembre 2019

     

- Société - Par Pierre Gilbert, 14 décembre 2019

La réforme des retraites est climaticide

En détruisant le système par répartition, la réforme des retraites favorise très fortement les mutuelles complémentaires privées. Les fonds de pension qui gèrent l’argent des mutuelles, comme l’américain BlackRock, sont d’ailleurs extrêmement actifs auprès du gouvernement. Pour le monde de la finance, c’est non seulement l’opportunité de planter ses crocs dans près de 340 milliards d’euros par an, mais aussi de solidifier coûte que coûte un système instable à deux doigts d’une nouvelle crise financière majeure. Or, si nous devions prendre des mesures adéquates pour réguler le changement climatique, comme laisser 80 % des énergies fossiles dans le sol, le système financier deviendrait vulnérable, car beaucoup d’actifs perdraient de leur valeur (il s’agit des "stranded assets" ou "actifs échoués" en français). La crise financière qui s’en suivrait n’épargnerait personne et une partie de l’épargne des Français placée par les mutuelles privées se volatiliserait. Ainsi, cette réforme visant à passer à un système par capitalisation fait peser le double risque de remettre des pièces dans une finance organiquement anti-climat, et de rendre la protection de l’environnement incompatible avec le fait de toucher sa retraite. La véritable prise d’otage est là. Explications.

Les inégalités ont tué le dynamisme économique, la finance tente de cacher la réalité

A cause des politiques de rigueur qui nous ont conduits à la récession, la finance utilise de nouveaux procédés pour masquer la réalité et maintenir à flot le navire boursier. Le premier moteur qui pousse le système financier sur une pente très glissante, ce sont les inégalités.

En France, les rémunérations des dirigeants du CAC40 ont grimpé de 14,5 % au semestre dernier. Depuis 2013, les versements de dividendes ont bondi de 60 %. Parallèlement, on note une augmentation de 0,6 point du taux de pauvreté en France pour l’année 2018, et la précarité a explosé. L’essentiel de la classe moyenne est fragilisé : les prix des loyers augmentent dans les métropoles, la valeur patrimoniale des zones pavillonnaires, elle, s’écroule – la résidence principale, c’est 70 % du patrimoine des déciles intermédiaires. La facture énergétique bondit à cause de l’ouverture à la concurrence. Le coût de l’usage de la voiture augmente alors qu’il faut désormais brader les diesels dont personne ne veut – la voiture, c’est entre 20 % et 5 % du patrimoine des déciles inférieurs. L’épargne populaire rapporte moins que ce que l’inflation fait perdre, sans compter les autres dégâts liés à une économie atone en proie au chômage de masse.

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- 13 décembre 2019, La Relève et La Peste

La majorité présidentielle rejette la proposition de loi sur le crime d’écocide

Avec seulement 38 députés présents dans l’hémicycle au moment du vote (sur les 577), la majorité présidentielle continue d’agir à contre-sens de l’intérêt général et des aspirations de la société civile.

Jeudi 12 décembre, les députés de la majorité présidentielle ont rejeté la proposition de loi sur le crime d’écocide à l’assemblée nationale, malgré le soutien des groupes politiques d’opposition.

Dans la proposition de loi, l’écocide était défini comme

"toute action concertée et délibérée tendant à causer directement des dommages étendus, irréversibles et irréparables à un écosystème, commise en connaissance des conséquences".

Une définition pas assez précise aux yeux de la majorité présidentielle (LREM) qui a fait blocus à la proposition lors d’un vote à l’Assemblée Nationale jeudi 12 décembre.

"Il m’a été reproché en commission des lois de défendre une définition imprécise de l’écocide. En réalité, le présent amendement apporte une plus grande précision encore. Depuis le passage en commission et grâce aux travaux de la juriste en droit international Valérie Cabanes, j’ai tenu à retenir la notion de limites planétaires, c’est-à-dire d’atteinte aux phénomènes essentiels garantissant la bonne marche de la planète. Cette notion repose sur des centaines de pages de littérature scientifique. Le ministère de la transition écologique et solidaire en a d’ailleurs fait usage dans le rapport relatif à l’environnement en France, publié cette année. Ce rapport rappelle les neuf seuils écologiques de la planète en soulignant que la France obtient de mauvais résultats pour six d’entre eux. Cette notion est donc bien connue et reconnue." a ainsi défendu M. Christophe Bouillon, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.

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- par Acrimed, mardi 10 décembre 2019

Le mépris des médias : une raison de plus pour se mobiliser !

À chaque mouvement social, les médias dominants, leurs chefs et leurs éditocrates, soutiennent avec zèle les "réformes" libérales, et aboient contre celles et ceux qui font grève. La mobilisation contre la réforme des retraites ne fait pas exception. Nous serons présents ce mardi 10 décembre pour distribuer le tract suivant pendant les manifestations "contre le projet de réforme des retraites".

Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l’association.

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- Home - Géopolitique, 15.décembre.2019, Les Crises

Le plan colossal de la Chine pour se débarrasser des technologies américaines

Source : 01net, 09-12-2019

Une directive gouvernementale veut interdire les matériels et logiciels informatiques d’origine étrangère dans toutes les administrations. Un travail de remplacement colossal qui est étalé sur trois ans et qui affecte avant tout l’industrie américaine.

Le protectionnisme et l’autarcie technologique vont considérablement augmenter dans l’Empire du milieu ces prochaines années. Selon une directive révélée par The Financial Times, le gouvernement chinois ne veut plus voir de matériels ou de logiciels d’origine étrangère dans ses organisations et ses institutions d’ici à trois ans.

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14 Décembre 2019

     

- By George Monbiot, 13th December 2019 - published in the Guardian, 13th December 2019

Resist and Rebuild

Don’t despair : we will fight back, and, eventually, return stronger than before.

Yes, it’s dark. Darker, arguably, than at any point since the Second World War. We have a government not of conservatives, but of the radical right, who will now seek to smash the remaining restraints on capital and those who accumulate it. They will take their sledgehammers to our public services and our public protections. They cheated and lied to assist their victory; they will cheat and lie even more to implement their programme.

They are led by a man who has expressed overtly racist views, who won’t hesitate to stir up bigotry and xenophobia whenever he runs into trouble, scapegoating immigrants, Muslims, Romani Gypsies and Travellers, the poor and the weak. They will revel in outrage and affront, using every attack on common decency to normalise the unacceptable. This government has no vision for the country, only a vision for the oligarchs to whom it is bound, onshore and offshore.

So I don’t want to minimise the scale and horror of what we face.

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  - Reportage > 12 décembre 2019 / Baptiste Langlois (Reporterre)

COP25, dernières heures : les États se disputent, la crise climatique s’aggrave

Samedi 14 décembre : les négociations se prolongent

Alors que la société civile a donné de la voix, les discussions n’ont pas abouti, vendredi 13 décembre à Madrid, obligeant les délégations à faire des heures supplémentaires. Le gros point d’anicroche : les marchés carbone. Les discussions se poursuivent samedi matin.

Certains espéraient qu’un accord tomberait vendredi soir, et à une heure raisonnable, puisque cette conférence mondiale sur le climat ne semblait être qu’une transition la COP26. Espoirs douchés par Andrés Landerretche, coordinateur de la présidence chilienne, aux alentours de 19 heures : "Cette nuit, ou demain, mais on doit finir rapidement." Car deux semaines de COP, c’est long, et 2020 vient vite. En Écosse, un renouvellement des promesses visant à contenir le réchauffement sous le seuil des 2°C est de mise, cinq ans après l’Accord de Paris. Cette perspective n’empêchait pas Jennifer Morgan, présidente de Greenpeace international, d’être très irritée vendredi en fin de matinée par l’enlisement des négociations : "Le texte doit inclure un guide clair pour la science, pour la protection des droits humains, et ne peut certainement pas inclure quelconque trafic de carbone. Il y a toujours des pays comme l’Australie, le Brésil ou l’Arabie Saoudite pour chercher des failles dans l’Accord de Paris. Or ils doivent être ambitieux et travailler avec les États les plus vulnérables. Ils pourraient ainsi regarder leurs enfants droit dans les yeux une fois rentrés chez eux."

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13 Décembre 2019

     

  - Info > 13 décembre 2019 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

La Chine, une inquiétude pour le climat mondial

La Chine affiche sa prétention de prendre la tête de la lutte contre le changement climatique. Plus gros émetteur de gaz à effet de serre du monde, le pays est le premier à pâtir de la pollution qu’il génère. Pourtant, le gouvernement chinois privilégie la croissance économique.

La Chine se rêve en championne de la Terre. Elle ne cache plus ses ambitions de prendre la tête du combat contre le réchauffement climatique. Après le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, son influence grandit dans le jeu diplomatique. Tous les experts s’accordent, à l’échelle planétaire, aucune solution au désastre écologique ne pourra se réaliser sans son engagement réel.

Le pays compte près d’un milliard quatre cent mille habitants et émet 28 % du CO2 mondial. C’est le plus gros pollueur, avec une croissance exponentielle. Entre 1990 et 2017, la Chine a multiplié par 3,4 ses émissions de gaz à effet de serre. En cause ? Son appétit pour le charbon et sa modernisation économique. L’urbanisation accélérée qu’a connue la Chine reste sans précédent dans l’histoire de l’humanité. S’y sont concentrées en quatre décennies les mêmes conséquences environnementales que celles rencontrées en près de deux siècles en Europe, en Amérique du Nord ou au Japon.

Depuis quelques années, officiellement, le pays dirigé par le président Xi Jinping joue au bon élève. Après avoir défendu une position très dure en 2009 à Copenhague, en refusant les quotas d’émissions de gaz à effet de serre, la Chine a montré depuis un visage plus conciliant. En 2014, elle signait pour la première fois avec les États-Unis un accord de réduction des émissions. Un an plus tard, elle prenait part aux négociations de la COP21.

"Sa place dans l’économie mondiale ne lui permettait pas de continuer à refuser de participer à ces traités, estime Jean-Paul Maréchal, enseignant-chercheur à l’université de Rennes 2. De toute manière, la Chine avait atteint à l’époque son pic d’industrialisation. Elle avait besoin d’avoir une bonne image à l’international, sachant qu’elle ne pouvait pas l’obtenir avec les droits de l’Homme, elle l’a eu avec l’environnement."

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- 12 décembre 2019 Par Laurent Mauduit

Aéroport de Toulouse privatisé: le scandale rebondit avec Eiffage

L’Autorité de la concurrence a autorisé le groupe Eiffage à racheter la participation de 49,9 % de la société chinoise Casil dans la société gestionnaire de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Selon nos informations, l’État a secrètement reconduit le pacte d’actionnaires, permettant au vendeur de faire une plus-value et à l’acquéreur de détenir tous les pouvoirs.

Décidément, la privatisation de la société Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), organisée par Emmanuel Macron du temps où il était ministre de l’économie, n’est qu’une suite ininterrompue de scandales. Et le dernier épisode en date n’est pas des moindres. L’Autorité de la concurrence vient d’autoriser le groupe Eiffage à racheter la participation de 49,9 % de la société chinoise Casil dans ATB. Et d'après nos informations, l’État a secrètement reconduit le pacte d’actionnaires qu’il avait conclu initialement avec Casil, qui va maintenant jouer au profit du groupe de concessions et de travaux publics Eiffage. Ce qui permet au vendeur de faire une immense plus-value au détriment de l’intérêt général et à l’acquéreur de détenir tous les pouvoirs de la société, alors qu’il n’est qu’un actionnaire minoritaire.

L’opération symbolise jusqu’à la caricature tous les défauts des privatisations des biens publics pilotées par Emmanuel Macron, d’abord comme ministre de l’économie, ensuite comme chef de l’État. Affairisme, spéculations, mensonges publics, pactes secrets avec les puissances d’argent, mépris de l’intérêt général : l’histoire de cette opération financière conduite au détriment des collectivités locales et des citoyens montre une réalité qu’il faut bien appeler par son nom, le capitalisme de l’ombre.

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12 Décembre 2019

     

- On en parle > 12 décembre 2019

Pour construire un monde commun

Dans "Ce à quoi nous tenons", Émilie Hache propose une approche pragmatiste des questions écologiques. Pour se donner une chance de construire un monde commun, il s’agit de s’appuyer sur les multiples expérimentations en cours, engagées par des scientifiques, des éleveurs, des économistes ou encore des activistes.

• Présentation du livre par son éditeur :

Avec la crise écologique, l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, les forêts qui nous entourent ne sont plus des choses qui vont de soi et que l’on peut traiter avec indifférence. Nous découvrons qu’elles ne sont plus des ressources inépuisables ni des ressources tout court au sens de simples moyens au service de nos propres fins.

Nous n’en avons donc pas fini avec la morale. Mais fabriquer une morale qui inclue les relations que les humains entretiennent avec les animaux, les montagnes, les océans, le climat, etc. implique de nouvelles propositions. Celles-ci ne peuvent pas être la simple déclinaison de principes universels fondés a priori, mais elles doivent s’appuyer sur les multiples expérimentations en cours, engagées aussi bien par des scientifiques que des éleveurs, des économistes, des patients ou encore des activistes se mêlant souvent de ce qui n’est pas censé les regarder.

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- 16 novembre 2019, Laurie Debove

Dans un rapport gouvernemental, les anarchistes et les vegans sont désignés aussi dangereux que des djihadistes

En mutilant un individu, le gouvernement espèrerait ainsi terroriser tous les autres et étouffer les contestations sociales. Et cette méthode d’intimidation risque de se renforcer, comme en témoigne un article de Libé sur le futur "schéma national du maintien de l’ordre” dont les organisations nationales et internationales veillant au respect des droits de l’homme ont été exclues de l’élaboration.

Diviser puis réprimer : en associant dans un rapport les anarchistes et les vegans à des terroristes en puissance, le gouvernement pourrait bien préparer la justification à une répression de plus en plus violente envers les luttes sociales et écologiques.

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11 Décembre 2019

     

- By George Monbiot, published in the Guardian, 10th December 2019, 10th December 2019

News is the Propaganda of the Oligarch

We’ve taken drastic action to try to stop the election from being won by outrageous lies.

One of the golden rules of journalism is that you don’t break an embargo: a block on publication until a certain date. For the first time in my career, I’m breaking one now. The moral case for doing so outweighs the moral case for respecting it.

For five months, the press regulator, IPSO, that was set up by the newspapers, has been considering a complaint that could play a crucial role in this election. It concerns an outrageous lie about the Labour Party first published by the Mail on Sunday, and repeated many times by other newspapers and the Conservative party. Two weeks ago, IPSO ruled against the paper and imposed a major sanction. The Mail on Sunday asked for a review of the decision, delaying its publication.

The review upheld the decision, but it still hasn’t been published. So, as far as voters are concerned, the lie stands. A key claim used to tip the balance against Labour remains uncorrected. I owe more to the truth than I do to the embargo.

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10 Décembre 2019

     

  - Alternative > 9 décembre 2019 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Rénovation énergétique : comment passer à la vitesse supérieure ?

Le bâtiment compte pour 45 % de la consommation énergétique française et plus d’un quart de nos émissions de gaz à effet de serre. Une solution existe, qui profite au climat comme aux humains : la rénovation énergétique « globale et performante ».

Valence et Montmeyran (Drôme), reportage — En ce mois de novembre, une brise fraîche balaie la vallée du Rhône. Pourtant, dans la maison du couple Moreau, à Montmeyran, près de Valence, le chauffage n’est pas encore allumé… et il y fait étrangement doux. Dans le garage, des artisans s’activent afin d’achever l’isolation des murs. « C’est une bâtisse familiale qu’on a rachetée, mais il fallait absolument y faire des travaux de rénovation, car les hivers y étaient glacials », se rappelle Caroline Moreau. Comme elle, deux Français sur trois ont froid dans leur logement, malgré le chauffage. Résultat : nous montons allègrement le thermostat dès que le mercure diminue. Et, qui dit radiateur dit énergie, fossile ou nucléaire. À l’échelle nationale, l’habitat — résidentiel et tertiaire — compte ainsi pour 45 % de la consommation énergétique française et pour plus d’un quart de nos émissions de gaz à effet de serre.

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  - Entretien > 9 décembre 2019 / Entretien avec Geneviève Azam

"La grève est écologique : elle limite la production"

Économiste et engagée à Attac, Geneviève Azam tisse le lien entre le mouvement social et l’écologie. Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement "la retraite", mais "son monde". Et de repenser la justice et la solidarité sans la croissance.

❐ Geneviève Azam est chercheuse en économie à l’université Toulouse-Jean-Jaurès. Militante à Attac, elle vient de publier Lettre à la Terre (éd. Seuil, 2019).

Reporterre - Avez-vous manifesté jeudi 5 décembre ?

Geneviève Azam - Oui, j’étais en déplacement pour une conférence à Lorient et j’en ai profité pour manifester dans cette ville de tradition ouvrière. Le cortège était très syndical mais certains portaient aussi des Gilets jaunes. Il y avait 10.000 personnes. C’était historique ! On n’avait pas vu ça à Lorient depuis la grève générale de 1995 contre la réforme des retraites d’Alain Juppé. Pareil à Toulouse, là où j’habite, les retours ont été très positifs. 50.000 personnes ont défilé dans la rue, jeudi dernier. Le cortège faisait six kilomètres de long avec un public très varié, des syndicalistes, des écolos, des Gilets jaunes.

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 - Tribune > 10 décembre 2019 / Résistance à l’agression publicitaire (RAP)

En refusant de réglementer la publicité, le gouvernement sacrifie l’écologie

Depuis lundi 9 décembre, l’Assemblée nationale examine le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. Les auteurs de cette tribune déplorent que les principales mesures de réglementation de la publicité en aient été évacuées au prétexte d’attendre un rapport publié… après le vote de la loi.

Résistance à l’agression publicitaire (RAP) est une association qui lutte, depuis plus de 25 ans, contre le système publicitaire et ses effets négatifs, directs et indirects, sur l’environnement et les citoyens. RAP a publié lundi 9 décembre un rapport qui expose les principaux dommages environnementaux de la publicité et formule des préconisations pour les combattre.

C’était officiel depuis 2018 : la "feuille de route" de l’économie circulaire engageait le gouvernement à "renforcer la lutte contre la publicité incitant à la mise au rebut prématurée des produits et au gaspillage des ressources". En septembre 2019, le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire était voté au Sénat. Prenant acte des promesses de la feuille de route, des député.e.s de la majorité et de l’opposition ont déposé de nombreux amendements visant à interdire la publicité pour des produits climaticides (SUV, fast-food, textile, smartphones…), à réguler légalement et précisément les contenus publicitaires incitant au gaspillage, ou à interdire les supports publicitaires polluants comme les écrans ou les prospectus. Autant de mesures urgentes pour limiter le gaspillage de biens et d’énergie : on sait aujourd’hui que 88 % des Français.e.s changent leur smartphone alors qu’il fonctionne encore, que 9 % des produits textiles sont invendus, ou que la mode des SUV est à elle seule responsable du retour à la hausse des émissions carbone. Qui, sinon les agences publicitaires, lancent ces modes et encouragent ce renouvellement inutile de nos biens ? On sait également qu’un écran publicitaire numérique consomme autant d’électricité que trois familles françaises (hors chauffage électrique), et qu’un quart de la production française de papier est consacrée aux prospectus ! Des objets dont, bien souvent, personne ne veut : en plus d’être inutile, cette surconsommation d’énergie et de ressources nous est imposée. Elle est d’autant plus inacceptable que la précarité énergétique touche environ cinq millions de Français.e.s.

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09 Décembre 2019

     

- La Valise diplomatique, par Martine Bulard, 4 décembre 2019

Retraite à points... de non-retour

Selon les "éléments de langage" (expression branchée pour dire propagande) du gouvernement, les grèves de cette fin d’année dans les transports, l’enseignement, les universités, les hôpitaux, la radio publique, parmi les policiers, etc., seraient menées par des privilégiés qui défendent leurs régimes spéciaux de retraite.

Vieille tactique de division.

S’il est vrai que le droit de grève est mieux respecté dans les services publics — c’est aussi pour cela que les pouvoirs successifs s’acharnent à les démanteler —, la réforme des retraites concerne toute la population, salariés et chômeurs, et tous verront leur pension réduite — sauf les très, très, très gros salaires. La propagande n’a guère emporté la conviction. Et le mécontentement des couches populaires et moyennes, comme l’a montré la mobilisation des "gilets jaunes", est si profond que l’approbation ou le soutien à la grève l’emportent sur sa condamnation.

Pour faire passer la nécessité "incontournable" de la réforme, un énième rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) est tombé à pic le 21 novembre, qui conclut à un déficit d’ici à 2025 (0,7 point du produit intérieur brut).

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08 Décembre 2019

     

- Courrier international - Paris - Publié le 07/12/2019

Climat. - Les chutes Victoria à sec

Les chutes Victoria, côté zimbabwéen. Montage de photos prises le 17 janvier 2019 (en haut) et les mêmes vues prises le 4 décembre 2019.

Haut lieu touristique, ces chutes, qui marquent la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie, sont considérées comme parmi les plus puissantes de la planète avec celles du Niagara et celles d’Iguazu. Pourtant, cette année, le lit du fleuve Zambèze à cet endroit est presque asséché.    

“La fumée qui gronde”, tel est localement le nom donné à l’endroit où le Zambèze se jette, 100 mètres plus bas, dans un profond canyon. Au plus fort de la saison, les chutes – rebaptisées Victoria par l’explorateur Livingstone – s’étendent sur 1 700 mètres. Le débit est si puissant qu’il provoque un roulement continu et dégage une écume qui, tel un crachin, arrose des centaines de mètres à la ronde.

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  - Info > 7 décembre 2019 / Alexandre-Reza Kokabi et Baptiste Langlois (Reporterre)

COP25 : les négociations internationales sur le climat s’enlisent

La 25e conférence des Nations unies sur le climat (COP25) se déroule à Madrid depuis le 2 décembre. Mais les négociations n’avancent pas, tout semble bloqué, alors que l’urgence climatique est toujours plus grande. Comme l’ont rappelé plusieurs centaines de milliers de manifestants vendredi soir.

La 25e Conférence des parties (COP25) se déroule depuis le 2 décembre et jusqu’au 13 à Madrid, en Espagne. Un an avant la COP26 à Glasgow, cruciale, elle doit amorcer une dynamique ambitieuse et collective contre le changement climatique. Après une semaine de négociations, les différentes parties sont loin d’y parvenir.

Pourtant, la société est bien là pour rappeler l’urgence climatique. Près de 500.000 personnes ont manifesté vendredi 6 décembre dans les rues de Madrid

"Il n’y a jamais eu un moment plus important pour écouter la science, a déclaré lundi, en ouverture de la COP25, le Secrétaire général des Nations unies António Guterres. Ne pas tenir compte de ces avertissements et ne pas prendre de mesures drastiques pour inverser les émissions signifie que nous continuerons d’être témoins de vagues de chaleur mortelles et catastrophiques, de tempêtes et de pollution." Le Climate Vulnerable Forum, un partenariat mondial regroupant des pays fortement touchés par les conséquences du réchauffement de la planète a exhorté les États du monde à rehausser immédiatement leurs engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris.

Adopté en 2015, ce traité visait à contenir le réchauffement climatique "bien en-dessous" de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, afin de limiter les perturbations du système Terre. Or, les promesses actuelles des États (exprimées en contributions déterminées au niveau national, ou NDC) suivent une trajectoire conduisant à un réchauffement supérieur à 3 °C. Et elles ne sont même pas tenues : selon les auteurs du Global Carbon Project, les émissions mondiales de CO2 ont encore augmenté de 0,6 % en 2019.

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07 Décembre 2019

     

- Entretien > 7 décembre 2019 / Propos recueillis par Hervé Kempf

VIDÉO - Thomas Piketty : "Il va y avoir des crises sociales extrêmement violentes"

Dans cet entretien vidéo exceptionnel, l’économiste Thomas Piketty décrit la situation profondément inégalitaire qui mine les sociétés aujourd’hui. Si l’inégalité ne décroît pas rapidement, avertit-il, il se produira des "crises extrêmement violentes".

Thomas Piketty est un des économistes qui ont rendu visible l’abyssale inégalité qui caractérise les sociétés contemporaines. Auteur de Capital et idéologie (Seuil, 2019), mais aussi du rapport Carbon and inequality (2015), il décrit dans cet entretien les perspectives de chaos si rien ne change, les moyens de réduire l’inégalité, le lien entre changement climatique et inégalités, et enjoint aux écologistes de faire des choix clairs.

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  - Entretien > 6 décembre 2019 / Entretien avec Clive Hamilton

Géo-ingénierie : "La Terre est une bête incontrôlable. Vouloir la mettre en laisse, c’est chercher des ennuis"

La géo-ingénierie, soit la technologie comme réponse à la crise climatique, est "fortement séduisante pour les industries fossiles". Elles pourraient ainsi continuer à polluer, dit le philosophe australien Clive Hamilton. Mais si les humains tentent de "mettre la Terre en laisse, alors nous cherchons juste des ennuis".

Clive Hamilton, économiste et philosophe australien, est l’auteur de Requiem pour l’espèce humaine (Presses de Sciences Po, 2013) et Les Apprentis sorciers du climat (Seuil, 2013). Il y développait des critiques de la géo-ingénierie — qui permettrait selon ses partisans de remédier au changement climatique par la technologie sans modifier le système économique. "Jamais projet humain n’a égalé en audace celui des apprentis sorciers qui cherchent aujourd’hui à prendre le contrôle du climat et de la Terre", soutenait-il alors.

Reporterre — Qu’est-ce que la géo-ingénierie ?

Clive Hamilton — Les gens essayent constamment de la redéfinir mais la géo-ingénierie se divise en deux catégories : la gestion du rayonnement solaire et la capture de carbone. Pour la première, différentes techniques sont envisagées pour réduire la quantité de rayons solaires qui atteignent la surface ou l’atmosphère supérieure de la Terre. La plus dangereuse est la propulsion d’aérosols sulfatés dans la stratosphère, mais c’est aussi celle qui a reçu le plus d’attention. Au point où nous en sommes, elle est aussi la plus probable, si le monde ou une certaine partie de celui-ci décidait de faire usage de géo-ingénierie. La deuxième catégorie concerne les moyens d’extraire du dioxyde de carbone de l’atmosphère par des moyens mécaniques ou chimiques, et de trouver une manière soit de le stocker de manière permanente, soit de le réutiliser. 

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- 6 déc. 2019, par Henri Sterdyniak, Blog : Le blog de Henri Sterdyniak

Retraites: un ministre a-t-il le droit de mentir?

Le JDD, journal possédé par le groupe Lagardère, a publié le dimanche 1er décembre une interview atterrante de Gérald Darmanin, sur la réforme des retraites. Atterrante, oui car elle multiplie les mensonges. Nous les rectifions ici.

Le JDD, journal possédé par le groupe Lagardère, a publié le dimanche 1er décembre une interview atterrante de Gérald Darmanin, sur la réforme des retraites. Atterrante, oui car elle multiplie les mensonges.

Darmanin prétend que son gouvernement va "sauver nos retraites et celles de nos enfants". Pourtant, les retraites ont déjà été sauvées par Balladur en 1993, par Fillon en 2003, par Woerth en 2010. Les projections du COR (Conseil d'orientation des retraites) montrent que le système actuel peut fonctionner en quasi-équilibre jusqu’en 2070. Certes ces projections sont discutables puisqu’elles comportent une baisse de 26% du niveau des retraites par rapport aux salaires, mais, la réforme préconisée comporte une baisse identique puisqu’elle se plie à la même contrainte : ne pas augmenter le ratio dépenses de retraites/PIB.

Le principe de la retraite par répartition est que, chaque année, la part du PIB attribuée aux travailleurs doit être partagée entre les actifs et les retraités. De sorte que la question du partage en 2030 ou 2050 n’est guère modifiée par les choix fait en 2019.

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- Janvier 1996, pages 10 et 11 - par Claude Julien

La grande révolte française contre l’Europe libérale

"Réformes", "modernité", "globalisation"… vers l’explosion des mots piégés

Nul ne peut en douter : un simple replâtrage condamnerait à mort les systèmes d’assurance-maladie, les régimes de retraite, les services publics, la gratuité de l’enseignement, etc. Ces conquêtes sociales ne seront sauvegardées qu’au prix d’une profonde réforme, ouvrant la voie à une modernité qui, portée par le prodigieux dynamisme des marchés, garantira la prospérité de tous dans une économie globalisée. Cette nécessaire mutation suppose bien entendu l’abolition des privilèges et demande quelques efforts qui constituent le gage d’un avenir meilleur. Pour tous. Qui donc serait assez sot, ou assez égoïste, pour renâcler ?

D’aussi claires perspectives ne pouvaient que soulever un puissant espoir. Hélas ! leur ignorance interdisant aux "masses" d’apprécier à sa juste valeur la brillante stratégie élaborée par des "élites", l’enthousiasme ne tarda pas à vaciller avant de se briser. Il vacilla d’abord lorsque le gouvernement augmenta le taux de TVA, impôt particulièrement injuste mais qui assure à l’Etat 61 % de ses recettes fiscales. Impôt indolore, au dire des "experts". Tellement indolore que la consommation baissa de 4,4 % en octobre 1995… Puis vint l’explosion lorsque furent désignés les titulaires de ces privilèges qu’il convient d’abolir : d’abord, mais c’étaient là propos irréfléchis d’un ministre irresponsable, les RMistes paresseux et les faux chômeurs ; ensuite, et c’était alors un discours savamment mûri, ces castes huppées qui bénéficient à la fois de la stabilité de l’emploi et de confortables régimes de retraite.

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- Décembre 2019, pages 4 et 5, par Grégory Rzepski 

Plongée dans l’univers des think tanks français

Ces viviers où prolifèrent les “experts" médiatiques

Retraites, fonction publique, marché du travail : dans de nombreux domaines essentiels, les réformes libérales de ces dernières années ont été précédées par des études effectuées par des laboratoires d’idées. Privés mais financés, au moins en partie, par des subventions, ces think tanks ont profité du vide idéologique des partis pour quadriller le débat public.
   
Michel Seuphor. — "The Circle and the Right Angle" (Le Cercle et l’angle droit), 1970 - Bridgeman Images

En ce 17 novembre 2018, dans les rues de France, sur les ronds-points, quelque 300 000 personnes se mobilisent. C’est l’acte I du mouvement des "gilets jaunes", le début de la plus longue mobilisation en France depuis 1968. Le même jour, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris, quelques dizaines de personnes sont réunies afin de,

"face à la montée du populisme, dépasser [leurs] divisions et défendre un projet progressiste pour l’Europe".

La Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), la Fondation Jean-Jaurès, Les Gracques et Terra Nova organisent un "sommet des réformistes”.

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- Adrianna Zappavigna, AA, news.com.au, December 8, 2019

RFS fears ‘megafire’ raging on Sydney’s outskirts could burn for weeks

Firies are racing against the clock while battling the bushfires this weekend — with forecasts predicting a week of soaring temperatures.

Raging bushfires overwhelm firefighters in NSW.

NSW firefighters are hoping to get some critical backburning and containment work done before temperatures soar early next week, as dozens of bushfires continue to burn throughout the state.

There were almost 100 bush and grass fires in NSW on Saturday afternoon with more than 50 of them uncontained, and 16 burning at the “watch and act” alert level.

NSW Rural Fire Service commissioner Shane Fitzsimmons said firefighters were hoping to see some easing of conditions before temperatures climb on Tuesday.

“We’re certainly hoping to see … conditions easing over the next 24 hours with more of an easterly influence, which will hopefully allow firefighters … to really get in, consolidate and establish some containment lines,” he said. “Because we are expecting a return to another hot day, particularly Tuesday. We’re expecting to see temperatures climb into the high 30s or early 40s right across parts of NSW, so a lot of work ahead over the coming days, particularly in anticipation of what’s expected.”

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06 Décembre 2019

     

- Discriminations - par Rachel Knaebel, 5 décembre 2019

Les femmes seront encore les grandes perdantes de la réforme des retraites

L’actuelle réforme des retraites profiterait aux femmes, c’est l’un des arguments du gouvernement. Sauf que le projet risque d’aggraver encore leur situation, alors que les retraitées sont déjà victimes de grandes inégalités. Explications.

Une ouvrière de la coopérative ScopTI (Bouches-du-Rhône) / © Jean de Peña

Le 27 novembre, Édouard Philippe sort de réunions avec syndicats et représentants du patronat sur son projet de réforme des retraites. Il défend que son système serait bénéfique pour les femmes

"dont les pensions sont aujourd’hui en moyenne inférieures de 40 % à celles des hommes".

Sur ce point le Premier ministre a raison : les femmes sortent aujourd’hui de leur vie active avec des pensions retraites bien plus basses que celles des hommes. Pourtant, elles sont bien plus nombreuses que les hommes à partir plus tard, à l’âge où toute décote est annulée – 66 ans aujourd’hui, 67 ans dès 2022 : environ une femme sur cinq, contre un homme sur dix.

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- Chronique 5 décembre 2019 Par Antoine Perraud

Le 5 décembre à la télé: prédire le pire, masquer le réel, infantiliser les consciences

Perturbées par un "jeudi noir" et un espace public "noir de monde", les chaînes d’information en continu se sont attachées à ôter toute possibilité de comprendre ou d’être solidaire. Elles ont agi, CNews en tête, en cadenas mentaux intraitables.

Avez-vous déjà eu le loisir d’assister, en direct, à un putsch informatif ? Un tel pronunciamiento journalistique a eu lieu dans la matinée du jeudi 5 décembre, sur CNews (qui fut jusqu’en 2017 I-Télé), la chaîne tout info appartenant au groupe Canal + et donc propriété du groupe Bolloré via Vivendi.

Tout se passait normalement vers 10 heures, c’est-à-dire qu’un syndicaliste offensif et critique, Fabien Villedieu, de Sud-Rail, casquette vissée sur le crâne, était sur le gril en plateau : contredit, interrompu, ridiculisé, délégitimé, par un triste aréopage que Pascal Praud était censé animer – difficile d’imaginer que ce verbe animer vient du mot âme en regardant ça.

Il y a Gérard Leclerc, 68 ans, qui fut à la fin de l’autre siècle un fleuron du service public (directeur adjoint de la rédaction de France 2 choisi par Albert du Roy en 1997). Il y a Jean-Claude Dassier, 78 ans, journaliste depuis 1965 (il a commencé par commenter l’état de la circulation routière sur France Inter), actif pendant le mouvement de Mai-68 au point d’être renvoyé de la radio d’État – tout comme Jean-Pierre Elkabbach. Un bon demi-siècle plus tard, Dassier, accroché à son micro telle la moule à son rocher, grommelle avec rage contre le droit de grève : "Ça s’appelle emmerder le monde !"

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- 06/12/2019, #Climat - #Effondrement, Vincent Lucchese

6 Français sur 10 craignent l'effondrement (et ils n'ont pas forcément tort)

Chaque semaine, un(e) journaliste de la rédaction vous raconte, avec plus ou moins de détours, l’actualité des sept jours écoulés. Cette semaine, un sondage qui témoigne de la montée du thème de l'effondrement dans les consciences collectives, et une actualité climatique qui risque de renforcer le phénomène…

"Redoutez-vous un effondrement de notre civilisation dans l’avenir ?"

Si vous répondez oui à cette question, vous n’êtes pas un cas isolé. Dans une enquête de YouGov réalisé pour le HuffPost et publié le 2 décembre, 58 % des sondés disent redouter l’effondrement.

Dont 18 % qui le craignent "beaucoup" et 40 % "un peu".

Ces chiffres confirment l’émergence fulgurante de cette thématique, portée notamment par les collapsologues, dans le débat public ces deux dernières années. Et à regarder de plus près l’actualité des derniers jours, l’inquiétude des Français semble on ne peut plus raisonnable.

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05 Décembre 2019

     

  - Info > 5 décembre 2019 / Alexandre-Reza Kokabi, avec Marie Astier et Hervé Kempf (Reporterre)

Retraités, ils font vivre les luttes

Le temps de la retraite peut être aussi celui de l’activisme. Alors que la réforme des retraites s’apprête à réduire le "temps libéré" des retraités et à baisser leurs pensions, Reporterre dresse le portrait de cinq "retraités militants".

La première grande journée de mobilisation contre la réforme des retraites se déroule ce jeudi 5 décembre. Les contours définitifs de cette réforme — inspirée par le rapport Delevoye — sont encore l’objet d’une concertation. Néanmoins, le gouvernement ne s’est jamais caché de sa visée générale : le "régime universel" devrait faire basculer le système français vers un système par points, entraîner la disparition des régimes spéciaux et contraindre les actifs à travailler plus longtemps.

Les perdants risquent d’être nombreux. D’après les analyses d’un collectif citoyen, relayées par Mediapart, pour des carrières identiques, le niveau des pensions chutera de 15 à 23 % par rapport à aujourd’hui. Et pour conserver le même niveau de ressource, il faudra travailler trois ans de plus.

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  - Tribune > 5 décembre 2019 / NoFeeScience

Face au réchauffement climatique, pour une science ouverte à tous

Les scientifiques sont de plus en plus nombreux à se mobiliser en faveur de l’action contre le changement climatique. Pourtant, comme l’expliquent les auteurs de cette tribune, le savoir scientifique reste largement inaccessible au plus grand nombre car soumis à une tarification enrichissant des entreprises privées.


NoFeeScience est né de l’initiative de jeunes chercheu.r.se.s qui visent une profonde réforme culturelle en sciences, surtout en ce qui concerne les barrières économiques du modèle actuel de l’édition scientifique. Son manifeste réunit maintenant des scientifiques de tous les domaines et de tous les niveaux travaillant ou ayant travaillé sur le terrain français ou francophone.

Le 5 novembre, 11.000 scientifiques de 150 pays ont signé une tribune publiée dans la revue BioScience pour « lancer l’alerte sur l’urgence climatique ». Cette information, communiquée en même temps par Reporterre et par des centaines d’autres médias partout dans le monde, s’appuie sur l’urgence de notre situation planétaire actuelle afin de nous rappeler une énième fois et sans ambiguïté que « nous devons changer nos modes de vie », impliquant « des transformations majeures dans la manière dont fonctionne notre société mondiale et dont elle interagit avec les écosystèmes naturels ». Nous sommes on ne peut plus d’accord avec cette conclusion et avec cette injonction à l’action radicale.

Or, à y regarder de plus près, il y a quelque chose qui cloche entre cet appel à un basculement du fonctionnement de notre société mondiale et le fonctionnement des sciences vis-à-vis de cette même société : bien que la tribune elle-même soit librement accessible à tout le monde, plus de la moitié des études en science du climat issues des revues scientifiques qu’elle cite sont verrouillées derrière des péages de lecture numérique.

Ce constat fait de cette tribune un exemple paradigmatique de la mascarade qui hante la communication de la production scientifique depuis au moins l’avènement d’Internet : un.e citoyen.ne lit la tribune, veut en savoir plus, se reporte naturellement aux études citées et se retrouve aussitôt face à un péage de lecture numérique qui l’empêche d’avancer dans sa quête de connaissances scientifiques à moins de débourser entre 9 $ et 30 $ pour accéder à seulement l’un des articles.

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- Yasmine Motarjemi, publié mercredi 4 décembre 2019 - Opinion

Un projet de loi pour faire taire les lanceurs d’alerte

OPINION. Yasmine Motarjemi, lanceuse d'alerte au sein de son ancienne entreprise, estime que le projet de loi en discussion au parlement fédéral rate sa cible et n'offre aucune garantie aux individus qui veulent signaler un dysfonctionnement de leur société.

Le 16 décembre 2019, le Conseil des Etats discutera du projet de loi sur les lanceurs d’alerte.

A cette occasion, il serait utile de faire le point. 

Contrairement aux idées erronées, whistleblowing, le terme anglais pour "lancer l’alerte", vise essentiellement à protéger la société contre la corruption, les actes illicites ou les situations dangereuses. Si tel est bien l’objectif, pourquoi les Suisses ne bénéficieraient-ils pas d’une loi efficace qui non seulement permettrait les alertes, mais encouragerait également les employés à signaler les dysfonctionnements? N’est-il pas vrai que l’initiative pour des multinationales responsables a aussi comme objectif de prévenir les méfaits des entreprises multinationales? N’y aurait-il pas là de bonnes raisons pour que la Suisse adopte les meilleures lois possibles, comme l’ont fait plusieurs autres pays?

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04 Décembre 2019

     

  - Enquête > 4 décembre 2019 / Lorène Lavocat (Reporterre)

La réforme des retraites aggraverait la crise écologique

Diverses organisations écolos ont lancé un appel à rejoindre les manifestants du 5 décembre contre la réforme des retraites du gouvernement. Elles lui reprochent de défendre un modèle libéral et productiviste, par essence anti-écologique, alors que des pistes existent hors du dogme de la croissance économique.

Le jeudi 5 décembre s’annonce comme une journée de mobilisation inédite contre le projet de réforme des retraites porté par le gouvernement. Joignant leur voix à celle des syndicats, plusieurs organisations écologiques ont vite lancé un appel à rejoindre le mouvement social. Sur Reporterre, l’association basque Bizi invitait ainsi ses troupes à "participer pleinement" aux grèves et manifestations prévues, "pour défendre notre modèle de protection sociale et de solidarité, mais également pour ne pas laisser cette réforme aggraver [la crise] climatique". Allons bon ! Quel rapport peut-il bien exister entre retraite et écologie ?

"Le Premier ministre l’a dit, un des effets de cette réforme sera de pousser les gens à travailler plus longtemps, rappelle Txetx Etcheverry, militant de Bizi. Travailler plus longtemps, cela signifie produire plus, donc consommer plus d’énergies et émettre davantage de gaz à effet de serre." Plus précisément, la réforme voulue par Emmanuel Macron entend passer à un système de retraites par points : les cotisations des travailleuses et travailleurs seraient converties en points de retraite suivant la même formule pour tous et toutes — la formule en question n’est cependant pas encore connue, et pourrait être ajustée en fonction de la conjoncture économique. Seule certitude, d’après l’économiste Jean-Marie Harribey, membre d’Attac et de la fondation Copernic, "le niveau des pensions va nécessairement dépendre du temps partiel et du chômage", ainsi que de la durée de cotisation.

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  - Info > 4 décembre 2019 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)

Déprimé par la crise climatique ? Voici comment soigner l’éco-anxiété

L’éco-anxiété, déprime liée à la dégradation continue de l’environnement, touche de plus en plus de citoyens. Quelles solutions pour s’en sortir ? Reporterre a posé la question à des psychologues et des éco-thérapeutes.
On les appelle les éco-anxieux ou les climato-déprimés. Depuis quelques mois, leur souffrance s’étale dans médias généralistes, de Libération en passant par Le Monde ou encore France Inter.

Un engouement qui agace Jean-Pierre le Danff, psychothérapeute et spécialiste du sujet depuis une dizaine d’années : « Cela devient un phénomène de mode, comme si les personnes sensibles à l’environnement ne ressentaient que de l’anxiété. Mais elles ressentent aussi de la tristesse et de la colère. Et surtout, beaucoup sont encore dans le déni. » Il préfère ainsi utiliser l’expression « souffrance écologique », qui se rapproche de la solastalgie.

Le chercheur a étudié l’impact de l’activité minière sur les habitants de la région d’Upper Hunter, en Australie.

Le terme de solastalgie, qui désigne une forme de détresse psychique ou existentielle causée par les changements environnementaux, a été inventé en 2003 par le philosophe australien de l’environnement Glenn Albrecht. Le chercheur a étudié l’impact de l’activité minière sur les habitants d’une vallée en Australie. La pollution et la destruction de leur environnement a engendré une grande détresse et une nostalgie du territoire perdu.

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- Entretien 4 décembre 2019 Par Pauline Graulle et Fabien Escalona

Julien Bayou: "L’écologie n’est ni soluble dans la gauche ni compatible avec la droite"

Pour sa première grande interview après son élection à la tête du parti, le nouveau secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts revient sur son engagement dans le mouvement social contre la réforme des retraites. Et développe sa conception d’une écologie politique fédératrice de la société française.

Le parti écologiste a de grandes ambitions. Porté par une prise de conscience planétaire sur la question climatique, Europe Écologie-Les Verts (EELV) entend capitaliser sur le bon score des élections européennes du printemps dernier pour s’implanter aux prochaines municipales, puis se servir des régionales, qui auront lieu en 2021, comme d’un tremplin pour la présidentielle de 2022 où il ne déplaira pas à Yannick Jadot d’être candidat.

Dans sa première interview post-congrès, où il a été élu secrétaire national, Julien Bayou, qui prend la suite de David Cormand, développe sa conception de l’écologie politique, qu’il veut rassembleuse. Il s’insurge contre la réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron, dont il déplore le style "brutal" et "cynique". Et s'exprime sur les défis internationaux et européens de l'écologie.

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- Face aux régressions - par Collectif, 3 mars 2017

"Osons les jours heureux" : 25 mesures prioritaires vers une transition écologique, sociale et démocratique

S’inspirant des "Jours Heureux", le programme du Conseil national de la Résistance adopté en 1944, un collectif d’organisations de la société civile a élaboré une liste de vingt-cinq mesures prioritaires, destinées à engager immédiatement "une transition écologique, sociale et démocratique". Ils invitent citoyens et candidats à en prendre connaissance et à prendre position : "Nous sommes dans une démarche d’influence la plus grande possible, et nous encourageons le rassemblement des candidatures qui partagent ces mesures prioritaires."

Nous vivons l’une de ces périodes incertaines de l’Histoire que nous ne voulons pas regarder demain avec une immense colère et d’infinis regrets en disant : c’était encore possible et nous n’avons rien fait… Face aux régressions sociale, écologique et démocratique, l’inaction et le laisser-faire ne sont plus une option.

Conscient-e-s de ces périls, inspiré-e-s par de nombreux appels, nous avons souhaité nous rassembler et nous engager dans une nouvelle voie.

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03 Décembre 2019

     

  - Enquête > 3 décembre 2019 / Benjamin Hourticq (Reporterre)

Montée des eaux : en France, les maisons des riches en première ligne

La montée des eaux est une réalité à laquelle les littoraux mondiaux doivent s’adapter, ouvrages de protection ou plans de relocalisation. Pourtant, en France, en l’état actuel des consciences et de la loi sur la propriété privée, mettre en place des politiques ambitieuses est quasiment impossible.

Entre le rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) portant sur les océans, publié en septembre, et l’étude de l’organisation Climate Central parue début octobre, les scientifiques ont insisté ces derniers mois sur l’ampleur de la montée des océans, provoquée par le changement climatique. Dans les prochaines années, les sociétés seront mises au défi de se protéger ou d’habiter autrement la planète. Selon le Giec, développer les ouvrages de protection nécessitera "des investissements de plusieurs dizaines à centaines de milliards de dollars par année". Si c’est envisageable "pour les zones urbaines densément peuplées, les zones rurales ou les plus pauvres seront mises au défi de réaliser de tels investissements".

Les pays pauvres devront probablement réfléchir à des solutions. Mais les pays développés également. En France, des politiques de déplacement des infrastructures, qualifiées de "reculs stratégiques" ou "relocalisations d’activités", commencent à voir le jour. Envisageables pour des "petites communautés", estiment les scientifiques du Giec, "de telles relocalisations peuvent être culturellement, socialement, financièrement est politiquement contraintes", ajoutent-ils néanmoins. Les premiers cas français en sont une illustration.

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  - Info > 2 décembre 2019 / par Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Crise climatique : quels sont les enjeux de la COP25 ?

La COP25 débute ce lundi 2 décembre en Espagne. Alors que les États ne respectent pas leurs engagements et que les pays en développement pâtissent déjà des dégâts irréversibles dus au changement climatique, Reporterre détaille les enjeux de ce sommet international.

La 25e Conférence des parties (COP25) débute ce lundi 2 décembre à Madrid, en Espagne. Elle amorce une année charnière pour la relève des ambitions des États dans la lutte contre le changement climatique. Reporterre vous présente les enjeux de ce sommet international.

1. La COP25 amorcera-t-elle une dynamique ambitieuse, poussant les États à respecter leurs engagements ?

Les gouvernements du monde sont quasiment tous en retard sur leurs engagements pris dans l’Accord de Paris. Cet accord, adopté en 2015, fixait un objectif commun : contenir le réchauffement climatique "bien en-dessous" de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, afin de limiter les perturbations du système Terre. Or, les promesses actuelles des États suivent une trajectoire conduisant à un réchauffement supérieur à 3 °C. Et elles ne sont même pas tenues.

Le cycle de renouvellement de ces promesses est prévu tous les cinq ans. La prochaine échéance ? La COP26 à Glasgow, en 2020. Un an avant cet événement, la COP25 est censée amorcer une dynamique ambitieuse et collective.

"Cette COP25 est la dernière marche avant l’année 2020, qui sera décisive pour le climat, dit Lucile Dufour, du Réseau action climat. Il ne faudra surtout pas la rater, il faut à tout prix poser les bons jalons et notamment de la part des pays les plus émetteurs : les pays du G20 représentent 80 % des émissions de gaz à effet serre mondiales et, pourtant, aucun ne respecte les objectifs qu’il s’est fixé en 2015. Nous avons besoin que ces pays prennent leurs responsabilités, respectent leurs engagements et les renforcent."

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- 18 octobre 2019, Laurie Debove

Le gouvernement veut autoriser la mort de milliers de dauphins et de bars

La population française est très sensible au drame qui se joue chaque année dans les îles Féroé avec la tradition du Grindadráp qui chasse une centaine de globicéphales pour les manger. Pourtant, avec la pêche industrielle, c’est exactement la même scène qui se tient sur les côtes françaises, loin des caméras, et elle massacre 10 000 dauphins !

Chaque année, le Golfe de Gascogne est le théâtre d’une sanglante hécatombe. La pêche au chalut cause la mort de milliers de dauphins qui se retrouvent pris dans les filets, mettant en danger la survie de l’espèce.

Cette année encore, le gouvernement français veut autoriser cette pêche. Des ONG se mobilisent pour protester contre l’arrêté à travers la consultation publique et une action en justice.

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- Entretien - 3 décembre 2019 Par Joseph Confavreux

Jacques Rancière: "Défaire les confusions servant l’ordre dominant"

Quelles sont les racines de la crise démocratique actuelle ? Comment comprendre la simultanéité des révoltes contemporaines ? Quinze ans après la publication de son ouvrage analysant les contours de la "haine de la démocratie", éléments de réponse avec le philosophe Jacques Rancière.

Alors que des révoltes s’emparent de plusieurs pays sur tous les continents ; que la France s’apprête à un mouvement social contestant, au-delà de la réforme des retraites, l’accentuation des réformes d’inspiration néolibérale ; et que la politique traditionnelle ne semble guère offrir qu’une fausse alternative entre des "progressismes" et des "autoritarismes" dont le dénominateur commun est leur subordination aux intérêts financiers, le philosophe Jacques Rancière revient pour Mediapart sur ces basculements politiques et intellectuels pour tenter de "défaire les confusions traditionnelles qui servent l’ordre dominant et la paresse de ses prétendus critiques".

Quinze ans après la publication de La Haine de la démocratie (La Fabrique), quel tour a pris la mutation idéologique que vous décriviez alors ?

Jacques Rancière : Les thèmes du discours intellectuel "républicain" que j’avais analysés alors se sont diffusés largement et, en particulier, ils ont alimenté l’aggiornamento de l’extrême droite qui a bien vu l’intérêt qu’il y avait à recycler les arguments racistes traditionnels en défense des idéaux républicains et laïques. Ils ont également servi de justification à un certain nombre de mesures de restriction des libertés comme celles qui proscrivent tel habillement et demandent à chacun d’entre nous de s’offrir à visage nu au regard du pouvoir.

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02 Décembre 2019

     

- Climate change - Damian Carrington Environment editor, Wednesday 27 November 2019

Climate emergency: world 'may have crossed tipping points’

Warning of ‘existential threat to civilisation’ as impacts lead to cascade of unstoppable events

‘Part of the west Antarctic ice sheet may be in irreversible retreat,’ said one of the researchers. Photograph: Handout/AFP/Getty Images

The world may already have crossed a series of climate tipping points, according to a stark warning from scientists. This risk is “an existential threat to civilisation”, they say, meaning “we are in a state of planetary emergency”.

Tipping points are reached when particular impacts of global heating become unstoppable, such as the runaway loss of ice sheets or forests.

In the past, extreme heating of 5C was thought necessary to pass tipping points, but the latest evidence suggests this could happen between 1C and 2C.

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01 Décembre 2019

     

- Analyse - 29 novembre 2019 Par Martine Orange

De l’usage de la dette pour miner le service public hospitalier

Annoncée avec emphase par le gouvernement, la reprise partielle de la dette hospitalière par l’État se révèle dans les faits dérisoire. Cet endettement, alourdi parfois par des prêts toxiques, a été voulu, organisé depuis le début des années 2000. La paupérisation du service public hospitalier par la dette continue son œuvre.

C’est la seule mesure du plan d’urgence pour les hôpitaux qui a quelque mérite aux yeux des personnels hospitaliers. Dans la liste des annonces présentées par le gouvernement le 20 novembre, l’allègement de la dette des hôpitaux est la seule disposition qui fait consensus. Le dispositif peut permettre de soulager un peu l’hôpital, selon les soignants et les médecins. Au contraire de toutes les annonces faites par le gouvernement.

Après plus de neuf mois de grèves dans les services d’urgence, la réponse du gouvernement a été jugée si décevante, si inadaptée sur tous les autres points que les soignants et les médecins vont manifester à nouveau le 30 novembre. Le syndicat des internes hospitaliers a appelé à une grève reconductible à partir du 10 décembre.

Les chiffres avancés par le gouvernement se veulent pourtant convaincants : 1,5 milliard d’euros supplémentaires doivent être versés au secteur hospitalier d’ici 2022. Mais l’essentiel de cette aide est reporté à plus tard. Au lendemain de ses annonces, le gouvernement a fait un amendement au budget de la Sécurité sociale. Finalement, il ne sera versé que 200 millions de plus en 2020 aux hôpitaux, priés dans le même temps de réaliser 800 millions de plus d’économie (voir notre article « La charité pour l’hôpital »). Et c’est peut-être la même mauvaise surprise qui se prépare autour de la reprise partielle de la dette hospitalière.

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- International - Analyse - 24 novembre 2019 Par Donatien Huet

L’atlas planétaire des colères populaires

Face à l’accroissement des inégalités et l’affaissement des démocraties, des citoyens se mobilisent partout dans le monde depuis un an pour réclamer du changement à leurs dirigeants politiques. Tour d’horizon de contestations qui tendent à s’ancrer dans la durée.

De l’Amérique latine à l’Asie en passant par l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient, le monde connaît depuis la fin de l’année 2018 une flambée de soulèvements, tous continents confondus. Pour voir autant de colères surgir ainsi de façon quasi simultanée un peu partout sur le globe, il faut remonter à la fin des années 1980, au moment des révolutions populaires en Asie et en Europe de l’Est.

Entre novembre 2018 – point de départ du mouvement des « gilets jaunes » en France – et aujourd’hui, Mediapart a identifié 32 pays secoués par des contestations, qui tendent à s’ancrer dans la durée : à l’heure où nous écrivons ces lignes, plus de la moitié d’entre elles sont toujours en cours. Et l’automne 2019 a vu nettement s’accélérer le phénomène.

 

 

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- Enquête > 29 novembre 2019 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Le commerce par Internet est un désastre écologique

Symbole du délire consumériste, le Black Friday commence ce vendredi 29 novembre. Cette année, les ventes en ligne devraient battre tous les records. Avec des conséquences écologiques désastreuses.

Aujourd’hui débute la messe consumériste du Black Friday. Un événement commercial de quatre jours qui inaugure la période des achats de Noël. Les publicités racoleuses envahissent notre quotidien. La vente en ligne explose. Elle pourrait battre des records, pronostique la Fédération du e-commerce, en atteignant 1,7 milliard d’euros lors de cet événement. Rien qu’à Paris, on attend 2,5 millions de colis distribués par jour. Soit dix fois plus que d’ordinaire.

La capitale risque de se transformer en gigantesque plateforme de livraison à domicile. Avec une nuée de camions entraînant des embouteillages et des pics de pollution. En cause ? Les sites internet qui rivalisent d’offres promotionnelles et de prix cassés : "- 23 % chez Amazon pour la montre connectée", "20 % de remise sur les produits hygiène", "jusqu’à moins 80 % pour le robot pâtissier sur Cdiscount"…

Plusieurs études ont montré le caractère frauduleux de ces annonces qui poussent les consommateurs à des achats compulsifs. Aspect plus méconnu, l’explosion du commerce en ligne (ou e-commerce) a aussi des conséquences environnementales non négligeables. On aurait pu croire, à première vue, l’inverse. Affalé sur son canapé, l’individu qui passe sa commande sur internet dépense bien moins d’énergie que s’il prenait sa voiture. Mais cette immatérialité est un leurre. Derrière la facilité du clic et le culte de la vitesse se cache une lourde chaîne logistique et industrielle qui contribue au réchauffement climatique et pourrait très bien, à terme, rendre la ville invivable.

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http://pm22100.net/video/vendre_du_bio.mp4

 


 

 










 


 

 

     

 

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